Revision sheet: Histoire et théorie démographique

Plan du Cours

  1. Pensée démographique et définitions
  2. Population dans l’Antiquité grecque
  3. Platon et la cité idéale
  4. Aristote et l’optimum démographique
  5. Doctrines chrétiennes du Moyen Âge
  6. Mercantilisme et population laborieuse
  7. Physiocratie et transition démographique
  8. Dynamique de la population mondiale
  9. Godwin et Malthus
  10. Réponses anti-malthusiennes
  11. Landry et Sauvy
  12. Institutionnalisation de la démographie

1. Pensée démographique et définitions

Notions clés & Définitions

  • Démographie : La démographie est l’étude des populations, visant à expliquer les causes qui influencent leurs phénomènes et leur gestion à un moment donné.
  • Population utopique : La population utopique regroupe les approches cherchant une population idéale, pensée comme un modèle souhaitable.
  • Population réaliste : La population réaliste désigne les approches qui partent de la population observée à un instant donné pour en tirer des idées de gestion.
  • Variables démographiques : Les variables démographiques sont les trois axes autour desquels s’organise l’analyse : subsistances, population et travail.

Points essentiels

  • La pensée démographique cherche à mettre en évidence les causes qui influencent les phénomènes liés aux populations.
  • La démographie distingue deux types de démarches : utopique, centrée sur l’idéal de population, et réaliste, centrée sur la réalité observée.
  • Le terme démographie est utilisé pour la première fois par Achille Guillard en 1855 dans un ouvrage.
  • Le mot démographie renvoie à l’idée de décrire le peuple, via l’étymologie demos et graphe.
  • L’analyse de Guillard s’appuie sur trois variables : subsistances, population et travail.

2. Population dans l’Antiquité grecque

Notions clés & Définitions

  • Société nataliste : Vision démographique où la population est considérée comme un bien, donc la société encourage une forte natalité.
  • Utopie sociale : Représentation d’un monde idéal où les individus sont censés adhérer à l’organisation sociale proposée.
  • Modèles de population stationnaire : Idéal démographique visant à maintenir un effectif stable grâce au contrôle strict de la reproduction.
  • Optim um de population : Objectif politique d’un volume démographique « juste », ni trop faible ni trop élevé, pour assurer l’équilibre de la cité.

Points essentiels

  • Les cités grecques cherchent à renforcer la population pour réussir les conquêtes, notamment parce qu’il faut de nombreux hommes pour la réussite militaire.
  • Des dispositifs sociaux et législatifs visent à décourager les comportements réduisant la fécondité, comme les célibataires, pour favoriser le mariage et les naissances.
  • Dans la réflexion à partir du IVe siècle, Platon et Aristote restreignent l’idée d’une population seulement abondante au profit d’un contrôle lié à l’équilibre politique et à l’harmonie de la cité.
  • Platon propose une cité idéale gouvernée par les meilleurs, avec contrôle de la reproduction pour garder une population stable et « parfaite ».
  • Aristote distingue une population « bonne » par sa taille et surtout sa qualité, et cherche un équilibre pour éviter le surpeuplement et la paupérisation.

Astuce mémo

Natalité + conquêtes = plus d’hommes ; puis Platon/Aristote passent au contrôle pour garder l’équilibre (ni trop, ni trop pauvre).

3. Platon et la cité idéale

Notions clés & Définitions

  • Cité idéale : Une cité idéale vise la justice en rétablissant l’harmonie et l’ordre, où l’organisation politique sert l’intérêt général.
  • Cité stationnaire : Un modèle stationnaire repose sur un effectif maintenu grâce à un contrôle strict de la reproduction pour éviter la croissance déséquilibrante.
  • Élitisme aristocratique : Un système élitiste attribue le pouvoir à une minorité reconnue comme la plus sage et rationnelle, présentée comme la mieux qualifiée pour gouverner.
  • Éugénisme platonicien : Un dispositif eugéniste encadre la reproduction de l’élite et ne garantit pas la conservation de tous les nouveau-nés, au nom du bien collectif.

Points essentiels

  • Pour Platon, la population doit être ni trop petite (pour se défendre) ni trop grande (pour être gérable au quotidien) afin de préserver l’équilibre de la cité.
  • La reconnaissance de la cité ne doit pas dépendre de sa seule grandeur : le niveau de population est fixé en fonction du territoire et des états voisins pour rester « juste ».
  • La cité platonicienne comporte trois fonctions sociales, économiques, militaires et administratives, chacune attribuée à un groupe déterminé.
  • Le gouvernement est confié aux philosophes-rois, dans une logique d’aristocratie fondée sur la raison et la sagesse.
  • Dans la cité idéale, la propriété privée et la famille sont supprimées, ce qui vise un dévouement total au service commun.

Astuce mémo

ÉQUILIBRE : ni trop, ni trop peu, sinon la cité perd son ordre (défense possible vs gestion quotidienne).

4. Aristote et l’optimum démographique

Notions clés & Définitions

  • Optimum démographique : L’optimum démographique est une taille de population jugée idéale, trouvée pour éviter le surpeuplement tout en assurant à la cité sa suffisance.
  • Bonne population : La bonne population désigne une population choisie autant par sa qualité individuelle que par sa taille, pour servir l’intérêt politique de la cité.
  • Équilibre démographique : L’équilibre démographique consiste à ajuster le nombre d’habitants pour limiter le désordre social et préserver des conditions économiques stables.
  • Famille cellule de base : La famille reste la cellule de base de la société, mais l’ensemble des activités doit rester subordonné à l’intérêt de la cité.

Points essentiels

  • Aristote veut que le législateur limite la croissance démographique pour éviter le surpeuplement de la cité.
  • Aristote associe l’augmentation de la population à un risque de paupérisation, ce qui crée une articulation entre population et subsistances.
  • Aristote recommande de réglementer le mariage avec des âges précis : 37 ans pour les hommes et 18 ans pour les femmes.
  • Aristote fixe le nombre d’enfants par la loi pour éviter la surpopulation de la cité.
  • Aristote admet d’éviter l’éducation des enfants gravement malformés ou en mauvaise santé afin de former des citoyens vigoureux.

Astuce mémo

Qualité + équilibre : à la cité, taille contrôlée et individus solides pour éviter surpopulation et paupérisation.

5. Doctrines chrétiennes du Moyen Âge

Notions clés & Définitions

  • Saint Augustin : Écrivain chrétien des IVe-Ve siècles qui place la foi au-dessus de tout et influence fortement la pensée occidentale.
  • Saint Grégoire le Grand : Théologien des VIe-VIIe siècles dont les écrits marquent le Moyen Âge et où la question démographique devient centrale.
  • Célibat supérieur : Idée médiévale selon laquelle le célibat est préférable au mariage, car les rapports sexuels sont vus comme impurs.
  • Procréation comme justification : Doctrine médiévale selon laquelle la sexualité n’a sa place légitime que dans le mariage et sert uniquement à la procréation.
  • Virginités distinctes : Thèse opposant une virginité dite naturelle à une virginité acquise par la volonté, utilisée dans le débat médiéval sur le mariage et le nombre de personnes.

Points essentiels

  • Les doctrines médiévales cherchent à concilier le commandement de la Genèse « croître et multiplier » avec l’interdiction du plaisir charnel, assimilant la sexualité à l’impureté.
  • Au début du Moyen Âge, la priorité est la supériorité du célibat sur le mariage, avec des rapports sexuels perçus comme impurs plutôt que comme une pratique valorisée.
  • Quand la chrétienté se structure davantage, le mariage devient le seul cadre admis pour la sexualité, dont la finalité est strictement la procréation.
  • À la fin du Moyen Âge, Thomas d’Aquin (1225–1274) propose une approche plus favorable dans certaines situations, en reliant la sexualité à un bonheur et à une « douce société ».
  • Dans l’échange chevalier-clerc, le clerc répond qu’il existe deux virginités (naturelle puis acquise par la volonté) et affirme aussi que l’humanité est déjà suffisamment nombreuse pour ne plus chercher à croître.

6. Mercantilisme et population laborieuse

Notions clés & Définitions

  • Mercantilisme industriel : Doctrine où une population nombreuse est considérée comme une base de main d’œuvre, capable de soutenir la production et de générer de la richesse nationale.
  • Populationnisme : Courant qui place la population au centre de la puissance économique et militaire de l’État, en liant richesse et effectifs humains.
  • Population laborieuse : Catégorie de personnes (paysans et artisans) jugée souvent méprisée, mais présentée comme essentielle à la création de richesse et au bon fonctionnement du travail.
  • Antoine de Montchrestien : Auteur de l’économie politique adressée au roi et à la reine, qui développe un mercantilisme lié à la main d’œuvre et à l’organisation d’artisans dans la nation.
  • Sébastien Le Prestre de Vauban : Penseur rattaché au mercantilisme et au populationnisme, proposant des mesures fiscales et des dénombrements réguliers pour mieux connaître la population.

Points essentiels

  • Le mercantilisme de type industriel lie la richesse à une main d’œuvre abondante fournie par une population nombreuse.
  • Montchrestien recommande un soutien des manufactures par des artisans présents dans la nation pour éviter de chercher ailleurs, en renforçant aussi la stabilité politique.
  • Vauban propose la création de la dime royale qui remplace plusieurs impôts et devient proportionnelle aux personnes qui gagnent peu.
  • Vauban insiste sur la nécessité de dénombrer régulièrement la population afin de la connaître et la caractériser.
  • Vauban défend l’idée d’un meilleur traitement de la population laborieuse pour qu’elle vive mieux et travaille mieux.

7. Physiocratie et transition démographique

Notions clés & Définitions

  • Physiocratie : Courant économiste du XVIIIe siècle, considéré comme un début de la pensée libérale, qui relie l’économie aux évolutions de la population.
  • Populationnisme modéré : Vision démographique qui admet que la population peut croître vers un équilibre sans intervention de l’État, après un recul de la natalité dans certains pays.
  • Transition démographique : Passage d’un régime démographique ancien à un régime moderne, où la population augmente d’abord puis finit par se stabiliser quand mortalité et natalité deviennent faibles.
  • Régime démographique ancien : Régime où mortalité et natalité restent très élevées, ce qui limite la croissance démographique malgré de nombreux naissances.
  • Régime démographique moderne : Régime où mortalité et natalité sont faibles, entraînant une population qui n’augmente plus durablement.

Points essentiels

  • La transition démographique suit une logique où la mortalité baisse d’abord, car les progrès techniques réduisent famines et épidémies, améliorant la santé.
  • La transition se décrit en 4 phases : pré-transition à croissance faible, puis transition avec mortalité en baisse et natalité encore élevée, puis baisse de la natalité, enfin post-transition avec population stable.
  • La baisse de la natalité se fait en deux temps : recul de l’âge au mariage puis limitation des naissances à l’intérieur des couples.
  • La transition s’explique aussi par le contexte de croissance économique moderne : industrialisation et urbanisation changent les modes de vie et réduisent le besoin d’enfants.
  • La transition démographique débute plus tôt en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord et peut durer près de deux siècles en Europe avant de s’achever.

Astuce mémo

Mortalité d’abord, natalité ensuite : “M-A” pour voir la bascule de la croissance dans la transition.

8. Dynamique de la population mondiale

Notions clés & Définitions

  • Phase pré-transition : Phase où mortalité et natalité sont très élevées, ce qui crée une croissance faible car une partie des naissances n’atteint pas l’âge adulte.
  • Phase de post-transition : Phase où la transition est terminée, avec mortalité et natalité faibles, de sorte que la population n’augmente plus.
  • Fécondité stabilisée à 2 enfants : Hypothèse de long terme où la fécondité devient exactement de 2 enfants par femme pour construire un scénario de retour à un équilibre démographique.
  • Transition démographique tardive : Situation où la transition démarre plus tard, entraînant ensuite une diminution de la croissance plus rapide au fil de l’avancement de la transition.

Points essentiels

  • En Europe, la population multiplie ses effectifs par 4 en 200 ans, puis la transition démographique devrait s’achever partout à la fin du siècle.
  • Quand la transition démarre tard, la baisse de la croissance se fait ensuite rapidement, contrairement aux transitions plus précoces.
  • En Afrique, la transition n’est pas achevée et la population continue d’augmenter.
  • Le scénario central donne une population d’environ 37 milliards en 2300, tandis qu’un scénario avec fécondité actuelle gelée 3 siècles aboutit à environ 134 milliards.
  • Le scénario moyen vise un équilibre futur avec une fécondité stabilisée exactement à 2 enfants.
  • La transition comprend 4 phases : pré-transition (mortalité et natalité très élevées, 6 enfants en moyenne et 2 atteignant l’âge adulte), puis deux étapes de transition, puis post-transition où la population n’augmente plus.

Astuce mémo

Mortalité baisse d’abord, puis natalité : c’est le “M puis N” de la transition.

9. Godwin et Malthus

Notions clés & Définitions

  • William Godwin : Penseur lié aux Lumières anglaises qui défend l’idée qu’un progrès social et scientifique peut mener l’humanité à un âge d’or.
  • Âge d’or : Idéal de société heureuse pour tous, que Godwin pense atteindre grâce au progrès scientifique et social.
  • Limite de la propriété : Idée de Godwin selon laquelle la propriété entretient une injustice sociale, donc il faut tendre à la faire disparaître pour avancer vers l’âge d’or.
  • Malthus : Auteur qui répond à l’espoir d’un progrès résolvant tout en affirmant qu’une croissance démographique incontrôlée menace l’accès aux subsistances.
  • Surpopulation malthusienne : Situation théorique où la population augmente plus vite que les subsistances, ce qui crée un déficit durable de nourriture.

Points essentiels

  • Godwin affirme que la croissance de la population ne menace pas l’âge d’or car, d’après lui, la productivité de la terre n’a pas de limite.
  • Godwin relie l’accès à l’âge d’or au progrès scientifique, présenté comme capable de résoudre aussi les problèmes de nutrition.
  • Malthus soutient que la population croît en progression géométrique tandis que les subsistances augmentent en progression arithmétique.
  • Dans l’essai de 1798, Malthus décrit un décalage entre population et subsistances comme une loi naturelle si aucun obstacle ne freine la croissance.
  • Pour Malthus, la seule façon d’éviter l’effondrement des ressources est de réguler les naissances pour maintenir une population compatible avec le niveau des subsistances.
  • Malthus conteste l’aide aux pauvres lorsqu’elle est conçue pour être inconditionnelle, car il juge que cela accroît la pauvreté et dérègle les mécanismes de survie.

Astuce mémo

Godwin = progrès vers l’âge d’or; Malthus = géométrie de la population contre arithmétique des subsistances.

10. Réponses anti-malthusiennes

Notions clés & Définitions

  • Charles Fourier : Penseur anti-malthusien qui décrit une évolution historique par phases et refuse l’idée de contraintes imposées à la population.
  • Joseph Proudhon : Penseur anti-malthusien qui rejette la contrainte morale de Malthus et affirme une adaptation naturelle de la population aux moyens.
  • Karl Marx : Auteur anti-malthusien qui refuse une loi de population abstraite et rattache la question à un contexte historique, notamment capitaliste.
  • Friedrich Engels : Penseur anti-malthusien qui critique le malthusianisme comme une doctrine de classe dirigée contre les pauvres.
  • Émile Durkheim : Sociologue qui articule démographie et évolution sociale en centrant l’analyse sur les causes du peuplement plutôt que sur une loi générale.

Points essentiels

  • Fourier remplace les contraintes malthusiennes par une histoire en phases (sauvagerie, patriarcat, civilisation, harmonie) où l’équilibre ressources-population vient de transformations sociales et de la population.
  • Proudhon conteste la contrainte morale en défendant l’idée que la population s’ajuste naturellement aux moyens de subsistance, avec une progression chiffrée de 10% par tranche de 30 ans.
  • Marx critique l’universalité de Malthus en affirmant qu’il n’existe pas de loi abstraite de population et que la surpopulation liée à la logique malthusienne ne se comprend que dans le régime capitaliste.
  • Pour Marx, la surpopulation ne vient pas d’un manque de ressources mais d’une structure économique qui rend les moyens de subsistance inaccessibles à tous car ils sont mal répartis.
  • Engels dénonce le malthusianisme comme une doctrine de classe visant les pauvres, en expliquant que le problème vient de la concentration des richesses entre les mains d’une partie de la population.
  • Durkheim limite son analyse aux causes du peuplement (notamment mortalité et suicide) et relie l’accroissement de la division du travail à la hausse du volume et de la densité des groupements humains.

Astuce mémo

Fourier: phases vers l’harmonie; Proudhon: pas de morale, 10%/30 ans; Marx: histoire + capital; Engels: richesse concentrée; Durkheim: causes sociales (mortalité/suicide).

11. Landry et Sauvy

Notions clés & Définitions

  • Transition démographique de Landry : Enchaînement de trois régimes démographiques décrivant comment natalité et mortalité évoluent avec les préoccupations des individus.
  • Régime primitif de Landry : Régime démographique initial où la reproduction ne tient pas compte du bien-être, avec natalité et mortalité élevées.
  • Régime contemporain de Landry : Régime où les individus orientent fortement leurs naissances vers le bien-être, ce qui peut casser le renouvellement si la fécondité baisse trop.
  • Dilemme croître ou vieillir de Sauvy : Choix démographique entre augmenter les naissances pour limiter le vieillissement ou réduire les naissances pour laisser vieillir davantage.
  • Croissance démographique non obstacle : Idée portée par Sauvy selon laquelle l’augmentation de la population n’empêche pas le progrès économique.

Points essentiels

  • Landry distingue un régime primitif à équilibre démographique de force, puis un régime intermédiaire à équilibre démographique raisonné, avant un régime contemporain perturbant le renouvellement.
  • Dans le régime contemporain de Landry, si la fécondité descend sous environ deux enfants par femme, la population ne se renouvelle pas.
  • Sauvy lance un dilemme « croître ou vieillir » : limiter les naissances augmente le poids des personnes âgées, mais augmenter les naissances peut faire grossir trop la population.
  • Sauvy combat le malthusianisme en soutenant que la croissance démographique n’a pas de lien mécanique avec le progrès économique et que l’expert doit informer.
  • La diffusion mondiale de la baisse de la population se situe autour de 1950, alors que la natalité reste stable avant la forte hausse démographique de 1950 à 1970.

Astuce mémo

Landry = 3 régimes : Force (primitif) → Raisonné (intermédiaire) → Rupture (contemporain, <2 enfants). Sauvy = dilemme : Croître ou Vieillir.

12. Institutionnalisation de la démographie

Notions clés & Définitions

  • UIESPP : Union internationale créée pour organiser l’étude scientifique des questions de population à partir de 1928.
  • INED : Institution nationale créée en 1946 pour structurer l’étude démographique en France.
  • Internationalisation de la démographie : Processus par lequel les chercheurs coordonnent leurs travaux entre pays pour travailler sur les mêmes objets démographiques.
  • Institutionnalisation nationale : Mise en place d’organismes dans un pays pour donner un cadre permanent à la recherche démographique.

Points essentiels

  • Au début du XXe siècle, les échanges sur les sciences de la population se développent, puis s’intensifient jusqu’à l’entre-deux-guerres.
  • En 1928, l’UIESPP (Union internationale pour l’étude scientifique du problème de la population) formalise une coopération internationale.
  • En 1946, l’INED (Institution nationale d’étude démographique) marque l’institutionnalisation de la recherche au niveau national.
  • La montée d’un corpus scientifique et d’une communauté de chercheurs soutient à la fois l’internationalisation et l’organisation nationale de la démographie.

Astuce mémo

1928 UIESPP = international, 1946 INED = national. (Deux dates, deux échelles.)

Repères chronologiques

DateÉvénement
1855Achille Guillard utilise le terme « démographie » pour la première fois dans un ouvrage
1225–1274Thomas d’Aquin propose une approche plus favorable de la sexualité et du mariage
1928Création de l’UIESPP (Union internationale pour l’étude scientifique du problème de la population)
1946Création de l’INED (Institution nationale d’étude démographique)
1798Essai de Malthus sur le principe de population (surpopulation et décalage population/subsistances)

Tableaux de synthèse

Platon vs Aristote (population)

AuteurVision populationMécanismes/objectif
PlatonCité idéale à effectif stable et « parfaite »Contrôle strict de la reproduction + eugénisme de l’élite (élevage des seuls bébés en bonne santé, élimination discrète des autres)
AristotePopulation « bonne » par la qualité et équilibreOptimum démographique : régulation par législateur (mariage à âges fixés, nombre d’enfants fixé, éviter l’éducation des enfants gravement malformés/malades)

Godwin vs Malthus (réponses à la croissance)

AuteurIdée centraleConséquence sur la population
GodwinLe progrès scientifique/social mène à l’âge d’or et n’est pas menacé par la populationLa croissance n’implique pas de problème majeur (terre sans limite de productivité)
MalthusPopulation croît géométriquement tandis que les subsistances augmentent arithmétiquementSans obstacles, surpopulation : réguler les naissances pour éviter un déficit durable

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre démarches utopique et réaliste : l’utopie vise une population idéale, la démarche réaliste part de la population observée à un moment donné.
  2. Croire que Platon « parle de subsistances » : dans le cours, il insiste surtout sur une cité suffisamment peuplée pour se défendre mais pas trop pour la gestion quotidienne.
  3. Mélanger optimum chez Aristote et optimum chez Platon : chez Aristote il s’agit d’un équilibre avec une dimension économique (subsistances/paupérisation), chez Platon l’enjeu est la stabilité/gouvernabilité de la cité.
  4. Oublier que pour les auteurs chrétiens médiévaux la sexualité est jugée impure hors de la logique de procréation : cela structure les positions sur célibat vs mariage.
  5. Interpréter la transition démographique comme une seule baisse : selon le cours, la mortalité baisse d’abord puis la natalité baisse ensuite, en deux temps (âge au mariage puis limitation intra-couples).
  6. Transformer la critique anti-malthusienne en simple rejet : Fourier, Proudhon, Marx, Engels n’expliquent pas pareil (phases/utopie, adaptation morale, contexte capitaliste, doctrine de classe).
  7. Se tromper sur Landry : il ne suffit pas d’avoir moins d’enfants, c’est le seuil « sous environ deux enfants par femme » qui fait perdre le renouvellement dans le régime contemporain.

Checklist Examen

  1. Distinguer la démographie utopique de la démographie réaliste et relier cette distinction à la définition des populations étudiées.
  2. Savoir expliquer pourquoi Achille Guillard lance le champ démographique, et citer l’étymologie demos/graphe et les trois variables (subsistances, population, travail).
  3. Identifier le cadre grec nataliste (population comme bien, conquêtes nécessitant de nombreux hommes) et les mesures contre la réduction de la fécondité (ex. célibataires).
  4. Expliquer pourquoi au IVe siècle Platon et Aristote deviennent plus restrictifs (observation de l’évolution des cités, raison politique de devoirs envers la cité, raison esthétique d’harmonie).
  5. Décrire les éléments structurants de la cité idéale de Platon : justice/harmonie, trois fonctions (économique, militaire, administrative), philosophes-rois et suppression famille/propriété, puis eugénisme et contrôle de la reproduction.
  6. Présenter l’optimum démographique d’Aristote : bonne population (qualité + taille) et équilibre, avec la peur de la paupérisation et le lien population/subsistances.
  7. Citer les mécanismes d’Aristote sur la reproduction : âges de mariage (37 hommes, 18 femmes) et fixation légale du nombre d’enfants, ainsi que l’idée d’éviter l’éducation des enfants gravement malformés/mauvais santé.
  8. Exposer la doctrine chrétienne médiévale : Genèse « croître et multiplier » mais sexualité impure, supériorité du célibat au début, mariage comme seul cadre ensuite, et la révision finale avec Thomas d’Aquin (sexualité pouvant rendre heureux).
  9. Résumer les doctrines mercantilistes/populationnistes de la Renaissance : rôle de la population laborieuse, Montchrestien (mercantilisme industriel et artisans dans la nation) et Vauban (dime royale + dénombrements réguliers + meilleur traitement des laborieux).
  10. Décrire la transition démographique (début/milieu/fin) en 4 phases et les deux temps de baisse de la natalité (âge au mariage puis limitation des naissances), ainsi que le « mortalité d’abord, natalité ensuite ».
  11. Mobiliser les repères de dynamique mondiale : multiplication par 4 en Europe en 200 ans, transition plus précoce en Europe de l’Ouest/Amérique du Nord, Afrique encore en croissance, et scénarios (37 milliards en 2300 ; fécondité gelée 3 siècles ~134 milliards ; stabilisation à 2 enfants).
  12. Expliquer le débat Godwin–Malthus : âge d’or et capacité productive illimitée (Godwin) versus loi naturelle (population géométrique/ subsistances arithmétique) et régulation des naissances (Malthus, essai de 1798).
  13. Présenter au moins trois réponses anti-malthusiennes (Fourier, Proudhon, Marx, Engels, Durkheim) en associant chacune à son type de justification (phases/utopie, adaptation morale chiffrée, contexte capitaliste, doctrine de classe, causes du peuplement).
  14. Rappeler l’apport de Landry (trois régimes : primitif, intermédiaire, contemporain) et le seuil de renouvellement autour de « deux enfants par femme », puis l’idée « croître ou vieillir » chez Sauvy.

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