Hoja de repaso: Introduction à la acquisition du langage et lecture

📋 Plan du Cours

  1. Conception émergentiste de la grammaticalité
  2. Dyslexie : trouble d’apprentissage et impact
  3. Perception visuelle et discrimination des formes
  4. Perception auditive et discrimination des sons
  5. Conscience phonologique et prérequis à la lecture
  6. Tâches de conscience phonémique
  7. Passage du langage oral au langage écrit
  8. Correspondances lettres-sons et opacité du français
  9. Règles contextuelles et conflits de segmentation
  10. Phases de lecture : préalphabétique à consolidée
  11. Morphèmes flexionnels et dérivationnels
  12. Voie d’assemblage et voie d’adressage

📖 1. Conception émergentiste de la grammaticalité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Grammaticalité émergente : La grammaticalité est vue comme une capacité qui se construit progressivement à partir de l’usage et des contraintes de développement, plutôt que comme un acquis instantané.
  • Progression par étapes : L’acquisition du langage suit une suite d’étapes relativement communes chez les enfants, même si l’âge d’atteinte varie.
  • Sensibilité aux sons précoces : La perception des sons de la parole apparaît très tôt, avec une réceptivité déjà présente avant la naissance et renforcée après.
  • Babillage : Le babillage correspond à une phase où l’enfant produit des sons qui ressemblent à des consonnes et des séquences de type consonne-voyelle.
  • Discrimination syllabique : La discrimination syllabique est la capacité du bébé à distinguer des syllabes en s’appuyant sur des différences pertinentes pour la langue, pas seulement sur l’acoustique brute.

📝 Points essentiels

  • Les enfants passent globalement par une même série d’étapes pour comprendre et produire des mots et des phrases, avec des âges d’atteinte variables mais un schéma général similaire.
  • La production de séquences de deux mots apparaît en général entre 18 et 28 mois, et c’est à ce moment qu’on considère la grammaticalité comme acquise.
  • Dès la naissance, le bébé manifeste une sensibilité aux sons articulés par l’entourage, et cette sensibilité est déjà présente pendant la vie intra-utérine.
  • Vers 6 semaines, les « roucoulements » apparaissent en position couchée et ne sont pas de type syllabique, ce qui se voit sur les spectrogrammes par une différence avec les voyelles adultes.
  • Les roucoulements semblent universels et pourraient servir à initier le contrôle phonatoire des muscles de l’appareil vocal, sans intention de marcher ou de saisir.
  • Vers 6 mois, le babillage introduit des sons évoquant des consonnes dans le roucoulement, donnant l’impression d’associations consonne-voyelle (ex. papa, mama, dada, tata).

💡 Astuce mémo

Étapes = contrôle vocal → babillage (CV) → discrimination pertinente → 2 mots (18–28 mois) = grammaticalité.

📖 2. Dyslexie : trouble d’apprentissage et impact

🔑 Notions clés & Définitions

  • Modèles intonatifs : Les modèles intonatifs sont des productions vocales précoces qui prennent une forme de « contours de conversation » grâce à l’intonation.
  • Écholalie : L’écholalie désigne la tendance d’un bébé à reproduire des schémas vocaux entendus, en particulier autour de 8 mois.
  • Mots holophrastiques : Les mots holophrastiques sont des « mots » très tôt reconnaissables qui fonctionnent comme des phrases entières plutôt que comme des unités séparées.
  • Grammaticalité : La grammaticalité est la capacité à organiser des éléments dans l’ordre de la proposition, avec des relations de type sujet/prédicat.

📝 Points essentiels

  • Vers 8 mois, l’enfant produit des courbes d’intonation qui ressemblent à celles des phrases interrogatives, donnant l’impression de « parler ».
  • Vers 8 mois, les séquences syllabiques deviennent plus longues et leur ressemblance avec les productions des adultes augmente.
  • Vers 8 mois, l’enfant ne fait pas encore de lien entre un mot entendu et un objet, contrairement à des enfants plus âgés d’environ 4 mois.
  • Vers 10-12 mois, le premier « mot » reconnaissable est en général constitué de deux syllabes.
  • Vers 10-12 mois, les « mots » ont un rôle de phrases entières et ne permettent pas de classer facilement les unités en noms, verbes, etc.
  • Entre 18 et 28 mois, l’enfant produit des combinaisons de deux mots et la grammaticalité fonctionne déjà dans son principe.

💡 Astuce mémo

8 mois = intonation; 10-12 mois = mot-phrase; 18-28 mois = 2 mots = grammaire.

📖 3. Perception visuelle et discrimination des formes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Axe syntagmatique : L’axe syntagmatique est la combinaison horizontale d’unités linguistiques qui s’influencent mutuellement dans une chaîne.
  • Axe paradigmatique : L’axe paradigmatique regroupe des unités associées verticalement, où l’unité présente est mise en relation avec celles qui auraient pu la remplacer.
  • In praesentia : In praesentia désigne les éléments réellement présents dans l’énoncé, nécessaires pour faire fonctionner les relations du système.
  • In absentia : In absentia désigne les unités absentes mais substituables, mobilisées mentalement comme alternatives possibles.
  • Grammaticalité : La grammaticalité est la propriété d’une production linguistique qui respecte les relations attendues entre éléments du système.

📝 Points essentiels

  • La grammaticalité exige au minimum deux éléments in praesentia pour combiner des unités dans une dépendance réciproque.
  • Le fonctionnement du système requiert aussi au moins un troisième élément in absentia, sans lequel il n’y a pas de système.
  • L’axe syntagmatique combine des éléments in praesentia dans une relation de dépendance réciproque.
  • L’axe paradigmatique met en relation psychique ou intellectuelle l’élément présent avec des substituts possibles in absentia.
  • Une définition d’un élément dans un système est dite négative : c’est ce qu’il n’est pas par rapport aux autres éléments.
  • Un adulte diplômé du secondaire connaît environ 45 000 mots différents (hors mots composés avec pré/suffixes et hors variations dues à la conjugaison et aux accords).

💡 Astuce mémo

Syntagmatique = ligne (présent), paradigmatique = colonne (remplacement).

📖 4. Perception auditive et discrimination des sons

🔑 Notions clés & Définitions

  • Conscience phonologique : La conscience phonologique correspond à la capacité d’identifier et manipuler les sons de la parole, base de l’apprentissage du langage écrit.
  • Perception auditive : La perception auditive désigne la capacité à recevoir et traiter les informations sonores, permettant de distinguer les sons utiles au langage.
  • Langage oral : Le langage oral regroupe discours et contexte familial, et constitue un ingrédient de base pour accéder au langage écrit.
  • Sensorialité : La sensorialité regroupe les informations issues des sens, dont l’ouïe pour la conscience phonologique et la vue pour la reconnaissance.
  • Dyslexie de développement : La dyslexie de développement est un trouble spécifique et persistant de la lecture, lié à des inaptitudes cognitives fondamentales malgré un enseignement classique.

📝 Points essentiels

  • L’ouïe soutient la conscience phonologique, qui sert de base au langage écrit.
  • La sensorialité inclut aussi la vue, utilisée pour la reconnaissance, et pas seulement l’audition.
  • Le langage oral (discours et contexte familial) est un ingrédient de base du langage écrit.
  • Les difficultés de lecture ne sont pas forcément dues à une limitation intellectuelle, et peuvent exister avec un QI supérieur à la moyenne.
  • Pour 20 à 30 % des enfants, lire constitue la tâche cognitive la plus difficile de leur vie.
  • La dyslexie de développement se définit comme une difficulté importante et persistante d’apprentissage de la lecture malgré une intelligence suffisante et des facilités socio-culturelles.

💡 Astuce mémo

Ouïe → sons → conscience phonologique → lecture.

📖 5. Conscience phonologique et prérequis à la lecture

🔑 Notions clés & Définitions

  • Conscience phonologique : Capacité à percevoir et manipuler les sons de la langue, considérée comme un prérequis majeur pour apprendre à lire.
  • Dyslexie : Trouble d’apprentissage durable qui affecte principalement la lecture, l’écriture, l’orthographe et parfois l’expression orale, sans lien direct avec l’intelligence.
  • Mémoire de travail : Système cognitif temporaire qui maintient l’information pendant la lecture, conditionnant la compréhension de phrases.
  • Mémoire lexicale : Stockage des formes et significations des mots qui permet de reconnaître plus vite et de fluidifier la lecture.
  • Mémoire à long terme : Réservoir durable des connaissances qui soutient la lecture experte une fois que le lecteur devient plus compétent.

📝 Points essentiels

  • La dyslexie est décrite comme persistante malgré un enseignement classique, une intelligence suffisante et des facilités socio-culturelles.
  • La dyslexie relève d’inaptitudes cognitives fondamentales et peut avoir une origine constitutionnelle.
  • La dyslexie est un trouble fréquent, touchant environ 20% de la population, sans rapport avec l’intelligence.
  • La dyslexie affecte la lecture, l’écriture, l’orthographe et l’expression orale.
  • Une phrase doit être comprise en gardant en mémoire les mots du début pendant que les yeux avancent vers la fin.
  • Si la mémoire de travail est limitée, le lecteur débutant peut lire sans comprendre, peiner à trouver le sens et à retenir les phrases longues.

💡 Astuce mémo

Conscience phonologique = “sons en tête” ; compréhension = “début de phrase en mémoire” (MT) ; lecture fluide = “mots reconnus” (lexique) ; lecture experte = “appui durable” (MLT).

📖 6. Tâches de conscience phonémique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Mémoire sensorielle : La mémoire sensorielle stocke très brièvement les informations perçues par les organes sensoriels, pendant quelques secondes au maximum.
  • Mémoire à court terme : La mémoire à court terme conserve temporairement des informations de façon plutôt passive, pour une durée inférieure à une minute.
  • Mémoire de travail : La mémoire de travail stocke et manipule activement des informations de manière temporaire, sur une courte durée.
  • Mémoire à long terme : La mémoire à long terme stocke quasi durablement des informations, puis les interprète et les réorganise selon le contexte.
  • Conscience phonologique : La conscience phonologique regroupe la capacité à percevoir et manipuler les sons de la langue, et elle soutient l’apprentissage de la lecture.

📝 Points essentiels

  • En lecture, l’attention doit retenir les mots du début pendant que les yeux se déplacent vers la fin de la phrase.
  • La compréhension dépend de l’empan mnésique, c’est-à-dire de la capacité de la mémoire de travail.
  • Un lecteur débutant peut décoder une phrase sans la comprendre si sa mémoire de travail est insuffisante.
  • Quand le lecteur devient plus compétent, l’automatisation du décodage mobilise le lexique en mémoire à long terme et libère des ressources en mémoire de travail.
  • La mémoire est sensible à la motivation et à l’investissement, et elle peut être remaniée après des situations traumatisantes.
  • Pour maintenir une information en mémoire de travail, il faut interagir avec elle (réflexion, liens, répétition, écrire, etc.).

💡 Astuce mémo

MT = Manipuler Tant que c’est court : si tu n’agis pas sur l’info, elle disparaît.

📖 7. Passage du langage oral au langage écrit

🔑 Notions clés & Définitions

  • Discrimination auditive : La discrimination auditive désigne la capacité à distinguer des sons très proches, même quand leurs différences sont fines.
  • Conscience phonologique : La conscience phonologique est la capacité à repérer et manipuler les unités sonores du langage oral à différents niveaux.
  • Conscience phonémique : La conscience phonémique est la forme la plus fine de la conscience phonologique, centrée sur les phonèmes et très prédictive de la lecture.
  • Principe alphabétique : Le principe alphabétique affirme qu’une lettre (ou groupe de lettres) correspond à un son, permettant le décodage des mots écrits.
  • Déficit phonologique : Le déficit phonologique est la théorie la plus reconnue de la dyslexie, où l’enfant a du mal à manipuler consciemment les sons du langage.

📝 Points essentiels

  • La perception auditive dépend aussi de la motivation du sujet, ce qui peut influencer la performance en discrimination.
  • Des erreurs de substitution en lecture apparaissent quand des sons proches sont mal discriminés, par exemple doigt/toit, port/bord.
  • Les erreurs de lecture sont particulièrement fréquentes en cas de fatigue et d’émotivité.
  • La conscience phonologique se développe de façon hiérarchique, du plus grand au plus petit niveau (syllabes, rimes, puis phonèmes).
  • La conscience phonologique inclut des opérations sur les unités sonores comme localiser, enlever, substituer, inverser, combiner, ajouter.
  • La conscience phonologique se développe vers 4 ans et sert de prérequis à la lecture et à l’écriture.

💡 Astuce mémo

Discriminer d’abord, puis découper: sons proches → erreurs; conscience phonologique → lecture.

📖 8. Correspondances lettres-sons et opacité du français

🔑 Notions clés & Définitions

  • Correspondance lettres-sons : La correspondance lettres-sons est le lien entre graphèmes et phonèmes utilisé pour décoder les mots écrits.
  • Conscience phonémique : La conscience phonémique est une compétence de la conscience phonologique centrée sur les phonèmes, unités sonores distinctives.
  • Segmentation phonémique : La segmentation phonémique consiste à découper un mot oral en une suite de sons (phonèmes) distincts.
  • Fusion phonémique : La fusion phonémique consiste à assembler des sons donnés séparément pour former un mot.
  • Opacité du français : L’opacité du français désigne la faible régularité des correspondances graphèmes-phonèmes qui rend le décodage moins direct.

📝 Points essentiels

  • Pour décoder un mot, l’enfant identifie les lettres, associe chaque lettre au son, puis fusionne les sons pour obtenir le mot.
  • Si la conscience phonémique est fragile, la segmentation et la fusion deviennent difficiles, ce qui augmente les confusions entre sons proches (p/b, t/d, f/v).
  • Les difficultés de conscience phonémique se manifestent aussi par une lecture lente et hachée, des erreurs phonologiques à l’écrit (écriture phonétique) et des problèmes de suppression d’un phonème.
  • La conscience phonémique se développe vers 5/6 ans et se teste par segmentation, fusion, identification, suppression et substitution de phonèmes.
  • La suppression de phonème est particulièrement sensible pour repérer des difficultés (ex. « dire train sans /t/ »).
  • La substitution de phonème est une tâche parmi les plus difficiles (ex. remplacer /p/ de pain par /b/).

💡 Astuce mémo

Décodage = Lettres → Sons → Fusion (LSF) ; Français opaque = peu de correspondances directes (graphèmes ≠ phonèmes facilement).

📖 9. Règles contextuelles et conflits de segmentation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Alphabet transparent : Notion linguistique où les lettres correspondent de façon assez régulière aux sons, ce qui facilite le décodage.
  • Alphabet opaque : Notion linguistique où les lettres correspondent de façon irrégulière aux sons, ce qui complique le décodage.
  • Règles contextuelles : En lecture, règles où la prononciation d’une lettre dépend des lettres qui l’entourent.
  • Conflits de segmentation : Difficulté à découper correctement le flux de lettres en mots, car plusieurs découpages restent plausibles.
  • Cartographie orthographique : Concept d’acquisition de la lecture où l’apprenant relie durablement l’orthographe à la prononciation en mémoire.

📝 Points essentiels

  • En français, la correspondance lettres-sons est faible : l’alphabet ne donne pas une correspondance directe graphèmes-phonèmes.
  • Le français compte 26 lettres mais environ 36 phonèmes, ce qui oblige à utiliser des graphèmes complexes.
  • Des graphèmes complexes existent en français comme au, ou, en, qui codent des sons sans se réduire à une lettre unique.
  • L’orthographe française contient de nombreuses irrégularités de reconnaissance (exemples : femme/femelle, oignon/oie, monsieur/mont).
  • La prononciation de C varie selon le contexte (exemples : cerise, cartable), illustrant des règles contextuelles arbitraires.
  • Les conflits de segmentation apparaissent quand un même enchaînement de lettres peut être découpé en mots différents (exemple : ANANAS).

💡 Astuce mémo

Contexte→son : « la lettre change avec ses voisins » ; Segmentation→piège : « même suite, plusieurs découpes ».

📖 10. Phases de lecture : préalphabétique à consolidée

🔑 Notions clés & Définitions

  • Principe alphabétique : Le principe alphabétique décrit l’idée que les lettres et groupes de lettres correspondent de façon systématique à des sons de la langue.
  • Lexique orthographique : Le lexique orthographique est le stock mental de mots connus par leur forme écrite, permettant une lecture plus rapide sans décodage lettre à lettre.
  • Voies d’assemblage et d’adressage : Les voies d’assemblage et d’adressage sont deux façons de lire : l’une reconstruit le mot à partir des correspondances graphème-phonème, l’autre l’identifie via la forme orthographique.
  • Morphèmes flexionnels : Les morphèmes flexionnels sont des marques grammaticales qui portent sur le genre, le nombre, la personne, le temps ou d’autres catégories.
  • Morphèmes dérivationnels : Les morphèmes dérivationnels modifient la racine lexicale pour former un mot nouveau ou changer sa catégorie.

📝 Points essentiels

  • Le modèle d’apprentissage de la lecture repose sur la compréhension du principe alphabétique, l’association lettres↔sons et la constitution d’un lexique orthographique en mémoire.
  • Plus l’enfant relie orthographe et phonologie, plus sa lecture devient experte, automatique et rapide.
  • Vers 8–9 ans (3e primaire), la lecture s’appuie davantage sur la reconnaissance orthographique et moins sur le décodage lettre par lettre.
  • Les morphèmes flexionnels sont généralement maîtrisés avant les dérivationnels, avec une sensibilité orale dès ~4 ans.
  • Vers 6–7 ans, la manipulation de la dérivation augmente mais reste fragile, puis la distinction devient plus claire entre 7 et 9 ans.
  • Le décodage de la lecture dépend de la position des lettres, ce qui explique des confusions possibles comme lion/loin/lino/loni/lnio.

💡 Astuce mémo

Principe alphabétique → Sons, Lexique orthographique → Mots : “Sons d’abord, Mots ensuite”.

📖 11. Morphèmes flexionnels et dérivationnels

🔑 Notions clés & Définitions

  • Saccades de progression : Les saccades de progression sont des mouvements oculaires rapides qui déplacent la lecture de gauche vers la droite.
  • Saccades de régression : Les saccades de régression sont des mouvements oculaires qui ramènent l’œil vers le mot précédent, de droite à gauche.
  • Fovéa : La fovéa est une zone centrale de la rétine de la macula qui fournit la meilleure précision visuelle grâce à une forte densité de cônes.
  • Vision périphérique : La vision périphérique est la vision autour de la fovéa qui fournit une information moins précise pendant que l’œil fixe un point.
  • Vergence : La vergence est l’ajustement coordonné des deux yeux qui permet de maintenir la fixation sur une cible.

📝 Points essentiels

  • Les saccades durent environ 10 à 30 ms et servent à repositionner la fovéa sur le mot à lire.
  • L’amplitude des saccades varie, avec une moyenne d’environ 7 caractères.
  • La lecture se fait typiquement avec 2 à 4 fixations par seconde, chaque fixation durant environ 200 à 250 ms.
  • Les saccades régressives apparaissent quand l’information est incomplète, après une fixation jugée inappropriée, ou en cas de difficulté sémantique/linguistique, et elles représentent 13 à 20% des saccades en lecture de
  • La fovéa contient environ 50 000 cônes, ne contient aucun bâtonnet, et donne une acuité maximale sur la lettre fixée puis diminue fortement sur les lettres adjacentes.
  • La fenêtre visuelle est asymétrique : elle couvre environ 3 caractères à gauche et 6 à 7 caractères à droite du point de fixation.

💡 Astuce mémo

Fixations = 200–250 ms ; Saccades = 10–30 ms ; Fenêtre = 3 gauche / 6–7 droite ; Régression = 13–20%.

📖 12. Voie d’assemblage et voie d’adressage

🔑 Notions clés & Définitions

  • Voie d’assemblage : La voie d’assemblage est une procédure phonologique qui décode les mots en reliant graphèmes et phonèmes.
  • Voie d’adressage : La voie d’adressage est une procédure lexicale qui reconnaît les mots par leur forme globale stockée en mémoire.
  • Procédure phonologique : La procédure phonologique est un traitement qui transforme l’écrit en sons grâce aux correspondances graphèmes-phonèmes.
  • Procédure lexicale : La procédure lexicale est un traitement qui identifie les mots à partir de leur forme mémorisée dans un lexique interne.
  • Typoglycémie : La typoglycémie est un phénomène où l’ordre interne des lettres compte moins que la première et la dernière pour la lecture.

📝 Points essentiels

  • La voie d’assemblage correspond au décodage phonologique et s’appuie sur la méthode syllabique (correspondance graphèmes/phonèmes).
  • La voie d’assemblage se déroule en trois étapes : segmentation graphémique, conversion grapho-phonologique, puis assemblage de phonèmes.
  • La voie d’assemblage permet de lire des non-mots et des mots nouveaux (décodage de type voie indirecte).
  • La voie d’adressage permet une lecture automatisée des mots familiers et irréguliers grâce à une reconnaissance visuelle stockée dans un lexique interne.
  • La voie d’adressage s’appuie sur un traitement analogique avec un rôle des morphèmes, ce qui correspond à une voie directe vers la reconnaissance.
  • Un bon lecteur utilise les deux voies simultanément, rendant la lecture plus économique en vitesse et en accès au sens.

💡 Astuce mémo

Assemblage = sons (graphèmes→phonèmes) ; Adressage = mots (forme globale en lexique).

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
6 semainesApparition des « roucoulements » en position couchée (non syllabiques)
6 moisBabillage et discrimination syllabique
8 moisModèles intonatifs et comportement écholalique
10-12 moisPremier « mot » reconnaissable (souvent de deux syllabes)
18 et 28 moisCombinaisons de deux mots : grammaticalité acquise dans son principe
4 moisDès 4 mois, discrimination des syllabes sur la base de différences pertinentes
8–9 ansLecture plus appuyée sur la reconnaissance orthographique (3e primaire)
1958L’UNESCO décrit l’analphabète fonctionnel
1989Définition de la littératie par l’American Library Association
1996Estimation de George Miller : ~45 000 mots connus

📊 Tableaux de synthèse

Étapes d’acquisition de la grammaticalité (schéma émergentiste)

PériodeProduction/compétenceRepère
NaissanceSensibilité aux sons articulés par l’entouragePrésente dès la vie intra-utérine
Vers 6 semainesÉmissions vocales « roucoulements »Non syllabiques (différence aux voyelles adultes)
Vers 6 moisBabillage + discrimination syllabiqueImpression consonne-voyelle (papa, mama, dada, tata)
Vers 8 moisModèles intonatifs + écholalieContours de « conversation » (courbe interrogative)
Vers 10-12 mois« Mots » holophrastiquesSouvent deux syllabes, rôle de phrases entières
Entre 18 et 28 moisCombinaisons de deux motsGrammaticalité acquise dans son principe

Axes du système linguistique (Saussure)

AxeType de relationPrésence/absence
SyntagmatiqueCombinaison horizontale d’élémentsIn praesentia
ParadigmatiqueSubstitution verticale (remplacement possible)In absentia

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre babillage et roucoulements : le roucoulement n’est pas syllabique, alors que le babillage introduit des sons évoquant consonne-voyelle.
  2. Croire que la grammaticalité apparaît dès le premier mot : dans le cours, elle est acquise quand l’enfant produit des combinaisons de deux mots (18–28 mois).
  3. Penser que la conscience phonémique est la première à enseigner : le cours insiste sur une progression hiérarchique (syllabes/rimes d’abord, phonèmes ensuite).
  4. Mélanger axe syntagmatique et paradigmatique : l’un combine in praesentia (chaîne), l’autre met en relation des substituts in absentia (vertical).
  5. Croire que la dyslexie est liée à l’intelligence : le cours souligne une intelligence suffisante possible et un trouble sans rapport direct avec le QI.
  6. Oublier le rôle de la mémoire de travail : un lecteur peut décoder sans comprendre si l’empan mnésique est insuffisant.
  7. Confondre voie d’assemblage et voie d’adressage : assemblage = graphèmes→phonèmes (non-mots possibles), adressage = reconnaissance globale via lexique (mots familiers/irréguliers).

✅ Checklist Examen

  1. Expliquer la conception émergentiste : progression par étapes communes, sensibilité aux sons dès la naissance, et grammaticalité acquise avec les combinaisons de deux mots entre 18 et 28 mois.
  2. Décrire les étapes vocales : roucoulements vers 6 semaines (non syllabiques, spectrogramme), puis babillage vers 6 mois (sons évoquant consonne-voyelle).
  3. Relier vers 8 mois les modèles intonatifs et l’écholalie, et préciser la différence de capacité de lien signification/objet par rapport à un enfant plus âgé d’environ 4 mois.
  4. Définir les « mots holophrastiques » vers 10-12 mois et expliquer pourquoi ils ne se classent pas facilement en noms/verb es (rôle de phrases entières).
  5. Justifier pourquoi au moins deux mots sont nécessaires pour la grammaticalité en mobilisant l’axe syntagmatique (in praesentia) et l’axe paradigmatique (in absentia) avec la condition d’un troisième élément absent.
  6. Donner l’estimation de vocabulaire adulte moyen (~45 000 mots) et les ordres de grandeur si on ajoute noms propres, mots étrangers, composés, expressions.
  7. Définir la littératie (1989) et distinguer l’analphabétisme fonctionnel, en citant les types (jamais appris vs illettré) tels que présentés.
  8. Lister les ingrédients de l’apprentissage du langage écrit (sensorialité, motricité, langage oral, maturité affective, stimulation-motivation-équilibre) et les quatre domaines de développement (cognitif, psychomoteur, cœ
  9. communicatif, affectif).
  10. Définir la dyslexie de développement (selon la formulation du cours) et rappeler les points clés : persistance malgré enseignement classique, intelligence suffisante possible, ~20% de la population, impact lecture/écrit/
  11. Décrire le rôle des mémoires dans la compréhension : sensorielle, court terme, mémoire de travail (empan), mémoire lexicale/à long terme, et l’idée que la mémoire est sensible à la motivation et peut être remaniée.
  12. Expliquer la conscience phonologique et sa hiérarchie (syllabes/rimes puis phonèmes), puis définir la conscience phonémique et les 5 tâches de test (segmentation, fusion, identification, suppression, substitution).
  13. Expliquer le passage oral→écrit via le principe alphabétique (lettre/groupe→son) et l’opacité du français (26 lettres vs ~36 phonèmes, graphèmes complexes, règles contextuelles, conflits de segmentation).
  14. Décrire les phases de lecture (pré-alphabétique, alphabétique partielle, complète, consolidée) et relier vers 8–9 ans l’augmentation de la reconnaissance orthographique et l’appui sur des groupes de lettres/morphèmes.

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1. Quelle est la fonction de la conscience phonologique dans l’apprentissage de la lecture ?

2. Quel couple d’axes linguistiques oppose une combinaison en chaîne à une relation de remplacement possible ?

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Grammaticalité émergente — définition ?

Capacité construite progressivement par usage et contraintes.

Étapes de l’acquisition du langage — ordre ?

Sensibilité aux sons, babillage, discrimination, mots holophrastiques, combinaisons.

Babillage — âge ?

Vers 6 mois, sons évoquant consonne-voyelle.

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