Revision sheet: Introduction aux soins intensifs

Plan du Cours

  1. Histoire et définition des soins intensifs
  2. Accueil et installation en USI
  3. Surveillance clinique et FAST HUGS
  4. SvO2 et oxygénation tissulaire
  5. Monitorage hémodynamique invasif
  6. Pharmacologie et compatibilités
  7. Médicaments vasoactifs
  8. Aspiration endotrachéale et humidification
  9. Sevrage de la ventilation
  10. Extubation et surveillance
  11. Hypertension intracrĂąnienne
  12. Examen neurologique et drainage ventriculaire

1. Histoire et définition des soins intensifs

Notions clés & Définitions

  • Auscultation des USI fin annĂ©es 1950 : Les unitĂ©s de soins intensifs apparaissent Ă  la fin des annĂ©es 1950, notamment Ă  l’époque des poliomyĂ©lites, avec le besoin de ventilation artificielle.
  • PremiĂšres USI au Danemark : Les premiĂšres unitĂ©s de soins intensifs en Europe se dĂ©veloppent au Danemark, servant de point de dĂ©part Ă  la diffusion du modĂšle.
  • Chirurgie et soins postopĂ©ratoires : Le dĂ©veloppement de la chirurgie stimule l’essor des soins intensifs en raison de la prise en charge de suites opĂ©ratoires parfois complexes.
  • Concept de rĂ©animation : Le terme « rĂ©animation », associĂ© Ă  l’idĂ©e de ramener Ă  la vie, Ă©volue vers celui de « soins intensifs » pour reflĂ©ter une prise en charge technique et continue.
  • Patient de soins intensifs : Un patient d’USI prĂ©sente plusieurs dĂ©faillances viscĂ©rales aiguĂ«s menaçant le pronostic vital et nĂ©cessitant des mĂ©thodes de supplĂ©ance.

Points essentiels

  • En Europe, les USI correspondent Ă  environ 5 Ă  10% des lits et reprĂ©sentent 15 Ă  20% des coĂ»ts hospitaliers.
  • Les dĂ©finitions des USI en Europe sont peu claires et la tendance est Ă  l’augmentation du nombre de lits.
  • Les soins intensifs nĂ©cessitent une Ă©quipe multidisciplinaire spĂ©cialisĂ©e et beaucoup de matĂ©riel.
  • Le profil de patient typique combine dĂ©faillances viscĂ©rales aiguĂ«s, risque vital et recours Ă  la supplĂ©ance respiratoire, hĂ©modynamique et mĂ©tabolique.

Astuce mémo

Aussi tĂŽt que 1950s : poliomyĂ©lites → ventilation → USI ; chiffres Europe : 5–10% lits et 15–20% coĂ»ts.

2. Accueil et installation en USI

Notions clés & Définitions

  • Annonce du patient : Communication initiale qui recueille l’ñge, le motif d’admission, la stabilitĂ© hĂ©modynamique, les conditions respiratoires et l’appareillage.
  • Chariot ARCA : Chariot de prise en charge associĂ© Ă  la stabilitĂ© hĂ©modynamique, avec prĂ©paration des mĂ©dicaments spĂ©cifiques avant l’arrivĂ©e du patient.
  • Transmission IPAAS : Trame de transmission oĂč le receveur synthĂ©tise identitĂ©, patient, actions Ă  faire, situation/sĂ©curitĂ© et une synthĂšse finale.
  • PrĂ©paration de la chambre : Mise en Ă©tat de la chambre avant l’arrivĂ©e du patient, incluant contrĂŽle respirateur/oxygĂšne, mise sous monitoring et prĂ©paration du matĂ©riel.
  • Installation en USI : Mise en place rapide du patient selon son Ă©tat, avec branchement au monitoring, rĂ©glage des alarmes et raccordement des traitements.

Points essentiels

  • À l’arrivĂ©e, la prioritĂ© est donnĂ©e Ă  la stabilitĂ© hĂ©modynamique et respiratoire avant toute autre tĂąche d’installation.
  • La prĂ©paration comprend un test du respirateur (ballon test) et/ou la vĂ©rification de l’oxygĂšne avec humidificateur, ainsi que l’allumage du monitoring.
  • L’installation vise idĂ©alement 30° avec respect de l’axe tĂȘte-cou-tronc, puis raccordement au monitoring (± calibration) et rĂ©glage des alarmes adaptĂ©s au patient.
  • Brancher les traitements et rĂ©aliser les diffĂ©rents prĂ©lĂšvements se fait pendant l’installation, tout en assurant rassurance patient et famille via une communication claire.
  • La transmission au receveur suit une structure identitĂ©-patient-actions-situation/sĂ©curitĂ©-synthĂšse pour sĂ©curiser la continuitĂ© des soins.

Astuce mémo

ARCA-30°-ALARME : Stabiliser, installer à 30°, puis régler les alarmes avant de brancher le reste.

3. Surveillance clinique et FAST HUGS

Notions clés & Définitions

  • UlcĂšre de stress : Complication digestives frĂ©quente en soins intensifs liĂ©e au stress physiologique, pouvant aggraver le pronostic.
  • GlycĂ©mie cible : Objectif de contrĂŽle de la glycĂ©mie en USI entre 80 et 150 mg/dl pour limiter les complications.
  • PrĂ©vention des escarres : Ensemble d’actions cutanĂ©es en USI (mobilisation, protection, dĂ©tection des risques) pour rĂ©duire l’apparition d’escarres.
  • Insuline rapide en perfusion : Insuline Ă  action rapide administrĂ©e en perfusion continue en attendant la reprise de l’alimentation per os.

Points essentiels

  • L’incidence d’ulcĂšre de stress est d’environ 1,5% des patients admis aux USI et augmente la mortalitĂ©.
  • La prĂ©vention par antiH2 (pantoprazole ou omĂ©prazole) est recommandĂ©e chez les patients Ă  facteur de risque d’ulcĂšre de stress.
  • Pour la nutrition entĂ©rale prĂ©coce, surveiller la glycĂ©mie avec une cible 80–150 mg/dl en Ă©vitant hyperglycĂ©mie sĂ©vĂšre >180 mg/dl et hypoglycĂ©mie <40 mg/dl.
  • La glycĂ©mie se mesure prĂ©fĂ©rentiellement en premier sur sang artĂ©riel, puis veineux, puis capillaire.
  • En cas de besoin, une insuline d’action rapide en perfusion continue est poursuivie jusqu’à reprise de l’alimentation per os avec une surveillance au minimum 3 fois par jour avant les repas.
  • La prĂ©vention cutanĂ©e repose sur une mobilisation toutes les 2 heures et l’utilisation du matĂ©riel (matelas alternant selon le rythme prĂ©vu) avec recherche des personnes Ă  risque via une Ă©chelle.

Astuce mémo

UlcĂšre stress = 1,5% et antiH2 si risque; GlycĂ©mie = 80–150 (Ă©viter >180 et <40); Skin = bouger toutes les 2 h.

4. SvO2 et oxygénation tissulaire

Notions clés & Définitions

  • SvO2 : La SvO2 est la saturation veineuse en oxygĂšne, reflet de l’adĂ©quation entre l’apport sanguin en O2 et l’utilisation tissulaire.
  • Extraction d’oxygĂšne : L’extraction d’oxygĂšne correspond Ă  la part d’O2 prĂ©levĂ©e par les tissus, qui augmente quand l’apport global ne suffit pas.
  • Performance cardio-respiratoire : La performance cardio-respiratoire dĂ©signe l’efficacitĂ© du systĂšme Ă  fournir et distribuer l’oxygĂšne, apprĂ©ciĂ©e indirectement par la SvO2.
  • DĂ©bit cardiaque indexĂ© : L’index cardiaque est le dĂ©bit cardiaque rapportĂ© Ă  la surface corporelle, influençant la quantitĂ© d’oxygĂšne dĂ©livrĂ©e aux tissus.

Points essentiels

  • Une SvO2 normale se situe entre 65% et 75% et correspond Ă  une performance cardio-respiratoire satisfaisante.
  • En cas de pathologie ou d’incapacitĂ© cardiaque, la rĂ©ponse se fait surtout par une augmentation de l’extraction d’O2 au niveau tissulaire.
  • La SvO2 dĂ©pend de 4 Ă©lĂ©ments : index cardiaque, SaO2, hĂ©moglobine, et consommation tissulaire d’O2.
  • Une baisse ou une hausse de SvO2 doit ĂȘtre analysĂ©e avec le contexte (exemple : sepsis et lactates).
  • La SvO2 sert de support pour orienter le traitement inotrope comme la dobutamine.

Astuce mémo

SvO2 = “Livraison” (IC + SaO2 + Hb) vs “Demande” (consommation tissulaire) : si la livraison baisse, l’extraction monte et la SvO2 chute.

5. Monitorage hémodynamique invasif

Notions clés & Définitions

  • CathĂ©ter de Swan Ganz : CathĂ©ter en polyurĂ©thane qui, via un ballonnet, suit la circulation jusqu’à l’artĂšre pulmonaire pour mesurer des pressions intracardiaques et l’occlusion pulmonaire.
  • Thermodilution : MĂ©thode de mesure hĂ©modynamique qui calcule des paramĂštres Ă  partir du passage d’un bolus injectĂ© et du signal de tempĂ©rature recueilli par thermistance.
  • Analyse du contour de l’onde de pouls : Analyse du tracĂ© artĂ©riel utilisĂ©e pour dĂ©duire dĂ©bit cardiaque et volume systolique Ă  partir de la forme de l’impulsion.
  • SystĂšme PICCO : Monitoring hĂ©modynamique associant un cathĂ©ter artĂ©riel Ă  thermistance et une voie centrale pour des bolus froids, afin d’obtenir des paramĂštres par thermodilution trans pulmonaire et contour d’onde.

Points essentiels

  • La PAPO (pression artĂšre pulmonaire occluse) reflĂšte les pressions des oreillettes gauches et correspond Ă  la plus petite valeur mesurĂ©e, avec 8 Ă  12 mmHg comme repĂšre, 5 trĂšs bas et 18 trĂšs haut.
  • Le cathĂ©ter de Swan Ganz utilise un ballonnet gonflĂ© qui fait progresser la sonde dans la circulation jusqu’à la mesure de la PAPO, avec des mesures de POD, PAP et PAPO.
  • Le systĂšme PICCO mesure notamment le dĂ©bit cardiaque et la rĂ©sistance vasculaire systĂ©mique Ă  partir de la thermodilution trans pulmonaire et de « pulse contour analysis ».
  • Le cathĂ©ter artĂ©riel PICCO doit ĂȘtre posĂ© en humĂ©ral, fĂ©moral ou axillaire et pas en radial, car la tempĂ©rature extĂ©rieure peut fausser la tempĂ©rature du sang artĂ©riel.
  • La calibration PICCO nĂ©cessite des bolus de liquide froid, avec une tempĂ©rature < 8° et un volume de 15 ou 20 cc selon le poids, avec une limite donnĂ©e Ă  80 kg, rĂ©pĂ©tĂ©e 3 fois.

Astuce mémo

Ballonnet = Gauche “cachĂ©e” : PAPO = oreillette gauche (et plus petite valeur).

6. Pharmacologie et compatibilités

Notions clés & Définitions

  • DĂ©nomination commune internationale : La dĂ©nomination commune internationale est le nom du mĂ©dicament utilisĂ© dans tous les pays, afin d’identifier la molĂ©cule sans dĂ©pendre de la marque.
  • DĂ©nomination commerciale : La dĂ©nomination commerciale est le nom donnĂ© par une firme au mĂ©dicament aprĂšs son enregistrement, suivi du sigle Âź.
  • DĂ©nomination scientifique : La dĂ©nomination scientifique est le nom chimique selon les rĂšgles de nomenclature, destinĂ© surtout aux spĂ©cialistes.
  • InstabilitĂ© du mĂ©dicament : L’instabilitĂ© dĂ©signe des transformations continues et irrĂ©versibles qui rendent le produit inactif ou produisent des entitĂ©s toxiques.
  • IncompatibilitĂ© mĂ©dicamenteuse : L’incompatibilitĂ© est une modification physico-chimique entre produits pouvant provoquer prĂ©cipitĂ©, changement d’aspect, dĂ©gagement gazeux, modification du pH ou baisse de concentration.

Points essentiels

  • Les incompatibilitĂ©s peuvent entraĂźner une obstruction de cathĂ©ter, une perte d’efficacitĂ©, la formation de dĂ©rivĂ©s toxiques, un risque d’embolie et des dĂ©pĂŽts cristallins dans certains organes.
  • La diphantoĂŻne prĂ©cipite avec le G5% et doit ĂȘtre donnĂ©e avec de la physiologie sur voie unique.
  • L’amiodarone, l’amphotĂ©ricine et le midazolam sont incompatibles avec les bicarbonates, avec risque de dĂ©gagement gazeux.
  • La perfusion doit respecter un dĂ©bit constant et rester continue pour certains mĂ©dicaments, et certains ne doivent pas ĂȘtre flushĂ©s sous peine de consĂ©quences graves.
  • Certains mĂ©dicaments ne peuvent pas ĂȘtre arrĂȘtĂ©s mĂȘme briĂšvement, car l’arrĂȘt peut aggraver l’état du patient lourdement.
  • Les mĂ©dicaments vasoactifs agissent sur le calibre des vaisseaux, via des vasodilatations ou vasoconstrictions, en modulant des rĂ©cepteurs adrĂ©nergiques, dopaminergiques et leurs effets cardio-vasculaires.

7. Médicaments vasoactifs

Notions clés & Définitions

  • CatĂ©cholamines : MĂ©dicaments vasoactifs agissant sur le calibre des vaisseaux, avec une rĂ©ponse proche de celle du systĂšme sympathique sur le cƓur et la pression artĂ©rielle.
  • RĂ©cepteurs adrĂ©nergiques : CatĂ©gorie de rĂ©cepteurs stimulĂ©s par les catĂ©cholamines, incluant alpha 1 et alpha 2 ainsi que bĂȘta 1 et bĂȘta 2.
  • AdrĂ©naline : Hormone naturelle sympathomimĂ©tique de rĂ©fĂ©rence Ă  actions bĂȘta et alpha directes, utilisĂ©e en ALS et en choc Ă  l’USI selon une cible de pression.
  • NoradrĂ©naline : CatĂ©cholamine naturelle trĂšs proche de l’adrĂ©naline, Ă  effet prĂ©dominant alpha avec une hausse de pression artĂ©rielle surtout par vasoconstriction pĂ©riphĂ©rique.
  • Dobutamine : CatĂ©cholamine de synthĂšse Ă  dominante bĂȘta 1 (et bĂȘta 2), avec rĂ©sultante vasodilatatrice dose dĂ©pendante et effet inotrope.

Points essentiels

  • Les catĂ©cholamines sont administrĂ©es sur cathĂ©ter central avec voie rĂ©servĂ©e (proximale) en perfusion IV continue au pousse seringue, sans bolus (sauf adrĂ©naline en ACR).
  • Éviter toute perfusion associĂ©e et tout robinet sur la voie des amines, et ne pas flusher les catĂ©cholamines, notamment la noradrĂ©naline qui ne doit jamais ĂȘtre flusher.
  • AdrĂ©naline en cas de choc: dĂ©bit Ă  adapter pour atteindre la PA souhaitĂ©e entre 1 et 10 Îł/kg/min (pur au pousse seringue) avec risques d’arythmies ventriculaires selon la dose.
  • NoradrĂ©naline en choc (surtout distributif): dĂ©bit entre 0,05 et 0,5 Îł/kg/min (diluĂ©e au pousse seringue) avec risques d’ischĂ©mie/nĂ©croses et troubles respiratoires et neurologiques.
  • Dobutamine en dĂ©compensation cardiaque ou choc cardiogĂ©nique: dĂ©bit entre 1 et 20 Îł/kg/min (souvent ≀ valeur habituelle maximale indiquĂ©e), avec titration selon le dĂ©bit cardiaque souhaitĂ©.

Astuce mémo

ADN: AdrĂ©naline=Alpha+Beta (touche tout), NoradrĂ©naline=Alpha surtout (resserre), Dobutamine=BĂȘta 1 (booste le cƓur).

8. Aspiration endotrachéale et humidification

Notions clés & Définitions

  • Aspiration endotrachĂ©ale : ProcĂ©dure consistant Ă  Ă©vacuer les sĂ©crĂ©tions bronchiques via une sonde d’aspiration Ă  travers le TET ou une canule de trachĂ©otomie.
  • Circuit ouvert : Technique d’aspiration avec dĂ©connexion du systĂšme respiratoire, nĂ©cessitant une source de vide et une sonde d’aspiration Ă  usage unique.
  • Circuit fermĂ© : Technique d’aspiration sans dĂ©connecter le ventilateur, utilisant un dispositif intĂ©grĂ© Ă  conserver en place pendant l’aspiration.
  • Échangeur de chaleur (ECH) : « Filtre » placĂ© entre la sonde d’intubation et la piĂšce en Y pour piĂ©ger eau condensĂ©e et sĂ©crĂ©tions sans augmenter les rĂ©sistances.
  • Humidificateur chauffant : Dispositif dĂ©livrant des gaz avec vapeur d’eau grĂące Ă  une source de chaleur, montĂ© sur le circuit inspiratoire prĂšs de la sortie du ventilateur.

Points essentiels

  • L’aspiration endotrachĂ©ale se fait quand le patient est encombrĂ© (sĂ©crĂ©tions dans le TET, bruits, toux, hausse des pressions, dĂ©saturation).
  • En circuit ouvert, la prĂ©-oxygĂ©nation se fait Ă  FiO2 100% pendant 2 Ă  3 minutes et l’aspiration utilise des pressions de -70 Ă  -150 mmHg.
  • La durĂ©e d’aspiration est de 10 Ă  15 secondes chez l’adulte et d’environ 5 secondes chez l’enfant, avec surveillance Sao2 et FC pendant la stimulation vagale.
  • Le sĂ©rum physiologique (NaCl 0,9%) n’est pas utilisĂ© en routine en instillation au cours de l’aspiration.
  • En humidification, les ECH se changent toutes les 24h et doivent ĂȘtre placĂ©s au-delĂ  du TET pour que l’eau condensĂ©e s’y dĂ©pose avant d’augmenter les rĂ©sistances.
  • Les humidificateurs chauffants nĂ©cessitent de surveiller les branchements Ă©lectriques, les niveaux d’eau et le montage aseptique du rĂ©servoir sur le circuit inspiratoire.

9. Sevrage de la ventilation

Notions clés & Définitions

  • CritĂšres de sevrage : Ensemble de conditions cliniques, respiratoires et hĂ©modynamiques Ă  remplir avant de diminuer l’assistance ventilatoire.
  • Épreuve sur tube en T : ModalitĂ© de sevrage oĂč le patient respire spontanĂ©ment sur une configuration Ă©quivalente Ă  la FiO2 du respirateur, avant extubation si succĂšs.
  • Sevrage difficile : StratĂ©gie de sevrage adaptĂ©e aux patients nĂ©cessitant une approche plus prudente, avec Ă©valuation rapprochĂ©e et recours prĂ©coce Ă  la trachĂ©otomie en cas d’échec.
  • Signes d’échec : Manifestations respiratoires, neurologiques et hĂ©modynamiques qui indiquent un sevrage non tolĂ©rĂ© lors de l’épreuve.
  • Extubation : Retrait du tube endotrachĂ©al lorsque la ventilation mĂ©canique n’est plus nĂ©cessaire, aprĂšs prĂ©paration et surveillance.

Points essentiels

  • Le sevrage repose sur l’absence de sĂ©dation, une rĂ©ponse cohĂ©rente aux ordres simples (GCS > 8) et une hĂ©modynamique stable.
  • Sur le plan respiratoire, on vise notamment PEP < 5 cmH2O (sauf exception) et FiO2 < 50%, sans acidose ou alcalose et avec une clinique respiratoire compatible.
  • Avant l’épreuve, il faut traiter l’encombrement et expliquer au patient, avec position semi-assise et diminution progressive des paramĂštres.
  • Le sevrage classique inclut une Ă©preuve T-tube Ă  FiO2 Ă©quivalente ou lĂ©gĂšrement majorĂ©e avec essai 30 min Ă  1 h, puis extubation si rĂ©ussite et ventilation mĂ©canique si Ă©chec.
  • Les principaux signes d’échec incluent FR > 30/min ou < 10/min, SpO2 < 92%, acidose respiratoire, agitation ou troubles de la conscience, et instabilitĂ© hĂ©modynamique (HTA/hypotension, tachycardie ou trouble du rythme).
  • L’extubation nĂ©cessite prĂ©paration (oxygĂ©nothĂ©rapie, aspiration, seringue 10 cc, chariot d’intubation en cas de problĂšme), semi-assis si possible, puis aspiration, dĂ©gonflage du ballonnet et retrait du TET en mĂȘme temps que l’oxygĂ©nation.

Astuce mémo

TUBE-FI: FiO2 < 50% et PEP < 5 pour rĂ©ussir, sinon FR/SpO2/acidose annoncent l’échec.

10. Extubation et surveillance

Notions clés & Définitions

  • Retrait du TET guidĂ© par aspiration : Le retrait du TET s’effectue avec aspiration simultanĂ©e pour limiter les sĂ©crĂ©tions et l’encombrement lors du dĂ©branchement.
  • Surveillance d’échec au sevrage : La surveillance vise Ă  repĂ©rer rapidement des signes respiratoires, neurologiques et hĂ©modynamiques qui imposent d’arrĂȘter l’épreuve et de poursuivre la ventilation.

Points essentiels

  • L’extubation ne se fait pas en autonomie et nĂ©cessite un matĂ©riel prĂȘt (oxygĂ©nothĂ©rapie, aspiration et seringue de 10CC).
  • Avant l’extubation, le patient est idĂ©alement en semi-assise, sauf contre-indication, et l’estomac doit ĂȘtre vide.
  • Pour extuber, on rassure le patient, retire la fixation, aspire par sonde, puis dĂ©gondle le ballonnet et retire le TET en mĂȘme temps.
  • AprĂšs le retrait du TET, on met immĂ©diatement l’oxygĂšne et on continue Ă  rassurer le patient, y compris sur sa capacitĂ© Ă  parler.
  • Pendant l’épreuve de sevrage, l’échec est suspectĂ© si la FR est >30/min ou <10/min, si la SpO2 <92% ou si des troubles hĂ©modynamiques apparaissent.

11. Hypertension intracrĂąnienne

Notions clés & Définitions

  • BoĂźte crĂąnienne inextensible : La boĂźte crĂąnienne limite le volume total crĂąne-cerveau et rend la pression intracrĂąnienne sensible Ă  tout ajout de volume.
  • Pression de perfusion cĂ©rĂ©brale (PPC) : La PPC correspond Ă  la diffĂ©rence entre la pression artĂ©rielle moyenne et la pression intracrĂąnienne, conditionnant la perfusion du cerveau.
  • Effet Cushing : L’augmentation brutale de la pression artĂ©rielle dĂ©clenchĂ©e par la chute de PPC augmente le volume sanguin cĂ©rĂ©bral et peut Ă©lever la PIC.
  • Engagement temporal : L’engagement dans le foramen ovale comprime le tronc cĂ©rĂ©bral et menace la ventilation et le pronostic.
  • Engagement amygdalien : L’engagement dans le trou occipital comprime le bulbe rachidien et peut entraĂźner un arrĂȘt respiratoire.

Points essentiels

  • Le cerveau, le sang et le LCR occupent un volume intracrĂąnien rĂ©parti approximativement en 85% pour le cerveau, 5% pour le sang et 10% pour le LCR.
  • La PPC se calcule par PPC = PAM – PIC et une PPC idĂ©ale se situe entre 70 et 90 mm Hg.
  • Si l’augmentation de volume intracrĂąnien dĂ©passe 10%, les mĂ©canismes compensateurs sont dĂ©passĂ©s et une hypertension intracrĂąnienne peut survenir.
  • L’HTIC diminue la perfusion cĂ©rĂ©brale avec risque d’hypoxĂ©mie, puis d’ƓdĂšme, car la PIC entrave la vascularisation.
  • Pour diminuer la PIC, la conduite repose sur la suppression de la cause et sur le drainage du LCR via un drain de PIC.

Astuce mémo

PPC = PAM − PIC : si la PIC monte, la perfusion baisse, donc le cerveau “manque de sang”.

12. Examen neurologique et drainage ventriculaire

Notions clés & Définitions

  • Glasgow Coma Scale : L’échelle de Glasgow quantifie la gravitĂ© de l’altĂ©ration de conscience en additionnant l’ouverture des yeux, la rĂ©ponse verbale et la rĂ©ponse motrice.
  • Drainage ventriculaire : Le drainage ventriculaire repose sur un drain intraventriculaire qui dĂ©rive transitoirement le LCR, permet la mesure de la PIC et aide Ă  maintenir une pression intracrĂąnienne normale.
  • Anisocorie : L’anisocorie correspond Ă  une diffĂ©rence de taille pupillaire et peut signaler des signes prĂ©coces d’engagement temporal avec compression du nerf III.
  • Capteur de PIC intraventriculaire : Le capteur de PIC intraventriculaire sert Ă  mesurer la PIC et peut aussi fonctionner comme dispositif thĂ©rapeutique de drainage du LCR.

Points essentiels

  • La surveillance rĂ©pĂ©tĂ©e des pupilles (diamĂštre et rĂ©flexe photomoteur) aide Ă  dĂ©pister un engagement temporal via anisocorie et rĂ©flexe photomoteur faible voire aboli du cĂŽtĂ© concernĂ©.
  • La notation de GCS se calcule avec E (1 Ă  4), V (1 Ă  5) et M (1 Ă  6) pour un total thĂ©orique de 15, le coma Ă©tant dĂ©fini pour un score < 7.
  • Un TC grave correspond Ă  un traumatisme dont le score de Glasgow est Ă©gal Ă  8 (E+V+M).
  • Le capteur de PIC intraventriculaire nĂ©cessite une calibration du zĂ©ro pour que la mesure soit valable, avec un repĂšre anatomique externe (tragus, commissure palpĂ©brale externe) incluant la projection du foramen de Monro.
  • Le drainage du LCR vise une PIC normale entre 5 et 10 mmHg (13 cmH2O) en dĂ©rivant transitoirement un LCR qui circule mal.
  • Au rĂŽle infirmier : installer le niveau du systĂšme, changer le sachet de recueil, surveiller aspect/quantitĂ© du LCR, refaire le pansement souillĂ© et rĂ©aliser un prĂ©lĂšvement bactĂ©riologique distal quotidien via ponction de la membrane du rĂ©servoir.

Astuce mémo

GCS = E + V + M ; Pupilles = anisocorie + réflexe photomoteur changé = alerte engagement, Drain PIC = dérive LCR + mesure PIC.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
fin des annĂ©es 1950Apparition des USI Ă  l’époque des poliomyĂ©lites et crĂ©ation de la ventilation artificielle
1970Invention du cathéter de Swan Ganz par J. Swan et W.Ganz
toutes les 96hChangement de trousses de perfusion (cathéter central)

Tableaux de synthĂšse

Aspiration endotrachéale : circuit ouvert vs circuit fermé

CircuitDéconnexionPré-oxygénation / durée
OuvertDéconnexion du systÚme respiratoireFiO2 100% pendant 2 à 3 minutes ; aspiration 10 à 15 s (adulte)
FermĂ©Sans dĂ©connecter le ventilateurPas de dĂ©connexion ; sonde Ă  garder en place pendant l’aspiration

Récepteurs des vasoactifs : effets principaux

RécepteurLocalisationEffet
Alpha 1Vaisseaux, cƓurVasoconstriction (I+, C+)
Alpha 2VaisseauxVasoconstriction
BĂȘta 1CƓurInotropie (+), Chronotropie (+) et Dromotropie (+)
BĂȘta 2Vaisseaux, cƓur, poumonsVasodilatation (+) et bronchodilatation (+)

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre SvO2 et SpO2 : la SvO2 reflĂšte l’adĂ©quation apport O2/usage tissulaire, alors que la SpO2 mesure l’oxygĂ©nation artĂ©rielle (poumons).
  2. Oublier que les catĂ©cholamines doivent ĂȘtre perfusĂ©es en continu sur voie rĂ©servĂ©e et sans robinet/flush : la noradrĂ©naline ne se flushe jamais.
  3. Poser le PICCO en radial : la source indique qu’il ne faut pas en radial car la tempĂ©rature extĂ©rieure peut fausser la tempĂ©rature du sang artĂ©riel.
  4. Rater l’élĂ©ment “clinique prime sur tout le reste” (FAST HUGS / MASC) et se focaliser uniquement sur les alarmes ou la technique.
  5. SĂ©cher un patient au sevrage : ignorer l’encombrement et ne pas expliquer/adapter la position semi-assise avant l’épreuve.
  6. Charger le ballonnet TET au mauvais niveau : trop gonflé comprime la trachée, pas assez gonflé expose à fuite et broncho-inhalation/VAP.
  7. Confondre aspiration AET et instillation : le NaCl 0,9% n’est pas utilisĂ© en routine en instillation au cours de l’aspiration.

Checklist Examen

  1. Expliquer le contexte d’apparition des USI et ce qu’est un patient d’USI : dĂ©faillances viscĂ©rales aiguĂ«s menaçant le pronostic vital nĂ©cessitant une supplĂ©ance.
  2. RĂ©aliser l’annonce du patient : Ăąge, motif d’admission, stabilitĂ© hĂ©modynamique, conditions respiratoires et appareillage, avec prĂ©paration du chariot ARCA.
  3. Organiser la transmission IPAAS : identité, patient, actions à entreprendre, situation/sécurité, puis synthÚse finale par le receveur.
  4. Avant l’arrivĂ©e : prĂ©parer chambre et matĂ©riel, vĂ©rifier respirateur (ballon test) et/ou oxygĂšne avec humidificateur, allumer monitoring et prĂ©parer Ă©lectrodes/PNI/manchettes/pompes/pousse-seringues.
  5. À l’arrivĂ©e : installer en prioritĂ© selon stabilitĂ© hĂ©modynamique et respiratoire, viser idĂ©alement 30° avec respect axe tĂȘte-cou-tronc, raccorder au monitoring (+/- calibration) et rĂ©gler les alarmes.
  6. Pendant l’approche FAST HUGS : vĂ©rifier 3C (calme, confortable, coloration), 3C/MASC avec “clinique prime”, et sĂ©curiser mĂ©dication (voies, flush/comptabilitĂ©, rĂ©serve) et alarmes/sĂ©curitĂ© (ECMO/respirateur/monitoring).
  7. Rappeler les prioritĂ©s FAST HUGS (feeding/analgĂ©sie/sĂ©dation/prĂ©vention thromboembolique/tĂȘte de lit/ulcĂšre stress/glycĂ©mie/skin) et les valeurs cibles documentĂ©es (ex : glycĂ©mie 80–150 mg/dl ; ulcĂšre stress 1,5% + antiH2 si risque).
  8. DĂ©crire SvO2 : normale 65–75%, dĂ©pendance aux 4 Ă©lĂ©ments (IC, SaO2, Hb, consommation tissulaire) et interprĂ©tation au contexte ; citer son rĂŽle de support pour inotrope (dobutamine).
  9. ConnaĂźtre les mesures hĂ©modynamiques invasives : repĂšre PAPO 8–12 mmHg (5 trĂšs bas, 18 trĂšs haut) et calcul PPC = PAM – PIC avec cible 70–90 mmHg.
  10. MaĂźtriser cathĂ©ter artĂ©riel et centrale : indications/localisations, calibres/choix radiale vs fĂ©morale, rĂŽle infirmier (zĂ©ro-calibration, prĂ©lĂšvements, surveillance courbe/pansement, risque thrombose/arrachement/flush), et PVC (valeurs 0–12 puis selon clinique).
  11. Savoir PICCO/Swan : montage et principes (thermodilution trans pulmonaire et pulse contour analysis), rÚgles de pose (PICCO pas radial) et calibration PICCO (liquide froid <8°, volume 15/20 cc, répétée 3 fois ; limite 80 kg).
  12. RĂ©viser pharmacologie appliquĂ©e USI : DCI vs dĂ©nomination commerciale/scientifique, instabilitĂ©/incompatibilitĂ©s, rĂšgles perfusion continue/dĂ©bit constant, et exemples d’incompatibilitĂ©s (ex : diphantoĂŻne + G5%, amiodarone/amphotĂ©ricine/midazolam + bicarbonates).

Test your knowledge

Test your knowledge on Introduction aux soins intensifs with 24 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Quel signe fait suspecter un Ă©chec de l’épreuve de sevrage ?

2. Quel profil correspond le mieux Ă  un patient de soins intensifs ?

Take the quiz →

Review with flashcards

Memorize the key concepts of Introduction aux soins intensifs with 24 interactive flashcards.

Histoire des USI — dĂ©but ?

Fin des années 1950, poliomyélites et ventilation.

DĂ©finition USI — patient ?

Défaillances viscérales aiguës menaçant le pronostic.

Premiùres USI en Europe — pays ?

Danemark, développement initial.

See flashcards →

Similar courses

Create your own revision sheets

Import your course and AI generates sheets, quizzes and flashcards in 30 seconds.

Sheet generator