Revision sheet: La morale de la fable de La Fontaine

Plan du Cours

  1. Classicisme et fable morale de La Fontaine
  2. Opposition loup maigre et chien gras
  3. Diptyque antithétique et portraits physiques
  4. Antagonisme dÚs la garde et la mégarde
  5. Tentative de sĂ©duction du chien par l’apologie
  6. Mépris de classe et hypocrisie du discours
  7. Salaire en reliefs et fissure de l’éloge
  8. Col pelé et révélation de la servitude
  9. Questions du loup et inversion du rapport de force
  10. Refus final de la servitude et liberté

1. Classicisme et fable morale de La Fontaine

Notions clés & Définitions

  • Classicisme : Courant littĂ©raire du XVIIe siĂšcle qui privilĂ©gie la clartĂ©, la mesure et l’efficacitĂ© du propos pour instruire et plaire.
  • Fable morale : RĂ©cit bref qui, sous une forme plaisante, conduit le lecteur vers une rĂ©flexion critique sur les comportements humains.
  • Apologue : Type de rĂ©cit court oĂč une situation exemplaire sert de support Ă  une leçon de morale et Ă  une rĂ©flexion.
  • Le Loup et le Chien : Fable de La Fontaine publiĂ©e en 1668 dans le Livre I, mettant en scĂšne l’opposition entre libertĂ© et confort soumis.

Points essentiels

  • La Fontaine s’inscrit dans le classicisme tout en utilisant la fable pour dĂ©passer le simple divertissement.
  • Dans « Le Loup et le Chien » (Livre I, 1668), le loup affamĂ© symbolise la libertĂ© tandis que le chien reprĂ©sente une vie confortable mais dĂ©pendante.
  • La fable oppose dĂšs le dĂ©but privation et abondance Ă  travers le loup maigre et le chien bien portant.
  • Le discours du chien met en avant une vie facile, stable et nourrie, montrant que le confort peut sĂ©duire mĂȘme celui qui souffre.
  • Le basculement dĂ©cisif se produit quand le loup remarque la marque au cou du chien, rĂ©vĂ©lant la servitude et orientant son choix final.

Astuce mémo

Opposition en 3 temps : Maigre (faim) → Confort (sĂ©duction) → Marque au cou (servitude) → Choix du loup.

2. Opposition loup maigre et chien gras

Notions clés & Définitions

  • Loup : Animal sauvage prĂ©sentĂ© comme maigre et affamĂ©, symbole d’une vie dure et sans confort.
  • Chien : Animal domestique dĂ©crit comme gras et poli, symbole d’une vie nourrie mais liĂ©e Ă  la dĂ©pendance.
  • Dogue : Chien puissant et beau qui sert de contrepoint au loup, incarnant le confort trompeur.
  • MĂątin : Chien de garde prĂ©sentĂ© comme capable de se dĂ©fendre, rendant l’affrontement direct difficile pour le loup.
  • Diptyque antithĂ©tique : Portrait double construit par opposition, qui met cĂŽte Ă  cĂŽte deux versions d’un mĂȘme contraste de vie.

Points essentiels

  • Le dĂ©but oppose un loup maigre, rĂ©duit aux os et Ă  la peau, Ă  des chiens qui assurent une vie plus facile.
  • Le loup rencontre un dogue gras et poli, ce qui installe immĂ©diatement un contraste visuel et moral.
  • Le loup hĂ©site Ă  attaquer car une bataille serait nĂ©cessaire et le mĂątin est prĂ©sentĂ© comme solide en dĂ©fense.
  • Le loup choisit une approche indirecte : il aborde humblement le chien et le flatte sur son embonpoint.
  • Le titre « Le loup et le chien » fonctionne comme un miroir dĂ©formant : deux animaux proches mais aux vies opposĂ©es (sauvage vs domestique).
  • L’opposition du texte prĂ©pare la rĂ©vĂ©lation suivante : le confort du chien a un prix, celui de la servitude.

Astuce mémo

Maigre = os et peau ; Gras = embonpoint et dépendance : le confort attire, mais il coûte.

3. Diptyque antithétique et portraits physiques

Notions clés & Définitions

  • Diptyque antithĂ©tique : Diptyque antithĂ©tique : dispositif qui oppose deux figures pour faire ressortir leurs diffĂ©rences, ici le loup et le chien domestiquĂ©.
  • Loup maigre : Loup maigre : portrait physique qui insiste sur la faiblesse du loup, prĂ©sentĂ© comme dĂ©charnĂ©.
  • Chien domestiquĂ© : Chien domestiquĂ© : portrait physique du chien valorisĂ© par sa force et sa beautĂ©, mais prĂ©sentĂ© comme dĂ©naturĂ© par l’asservissement.
  • Article indĂ©fini : Article indĂ©fini : dĂ©terminant qui renvoie Ă  un exemplaire quelconque, ici « un » loup parmi d’autres.
  • FourvoyĂ© : FourvoyĂ© : terme qui peut signifier l’égarement, mais qui suggĂšre aussi un dĂ©tournement de la bonne voie.

Points essentiels

  • Le diptyque oppose le loup dĂ©charnĂ© au chien dĂ©crit comme puissant et beau, crĂ©ant une antithĂšse visible dĂšs les vers.
  • Le v.1 « n’avait que les os et la peau » souligne la maigreur du loup grĂące Ă  la nĂ©gation restrictive.
  • Les v.3-4 valorisent le chien avec des adjectifs mĂ©lioratifs qui mettent en avant sa force et sa beautĂ©.
  • L’article indĂ©fini « un » (v.1) indique qu’il s’agit d’un loup quelconque, pas d’un individu unique.
  • Le v.2 « tant les chiens faisaient bonne garde » explique la maigreur du loup : les chiens empĂȘchent de manger Ă  sa faim en servant les bergers.
  • Le chien semble d’abord du cĂŽtĂ© de la force, mais le texte prĂ©pare une nuance en jouant sur les termes employĂ©s pour le qualifier (v.4).

Astuce mémo

Opposition en deux images : Loup = « os et peau » ; Chien = « puissant et beau », puis « fourvoyé » révÚle la perversion de la domestication.

4. Antagonisme dÚs la garde et la mégarde

Notions clés & Définitions

  • Garde : Terme associĂ© au rĂŽle de protection du chien, mis en contraste avec sa nĂ©gligence de lui-mĂȘme.
  • MĂ©garde : Terme qui rime avec garde et suggĂšre une faute ou un dĂ©calage, rĂ©vĂ©lant l’opposition entre vigilance et oubli de soi.
  • AntithĂšse garde mĂ©garde : ProcĂ©dĂ© d’opposition entre deux mots proches par la rime, qui met en valeur le conflit entre obĂ©issance et perte de soi.
  • Focalisation interne : ProcĂ©dĂ© narratif qui fait entrer dans la perception du loup pour comprendre ses intentions et ses hĂ©sitations.
  • Subjonctif plus-que-parfait : Temps verbal qui exprime un regret ou un souhait portant sur une action passĂ©e non rĂ©alisĂ©e.

Points essentiels

  • La rime entre garde (v.2) et mĂ©garde (v.4) souligne l’antithĂšse entre vigilance et dĂ©faillance.
  • Le chien est prĂ©sentĂ© comme trĂšs attentif Ă  obĂ©ir aux hommes et Ă  jouer son rĂŽle de gardien, mais il ne se prĂ©occupe pas de lui-mĂȘme.
  • L’asservissement du chien est suggĂ©rĂ© comme nuisible Ă  sa nature, car il se « perd » comme s’il s’oubliait.
  • Le loup est mis en perspective grĂące Ă  une focalisation interne et au subjonctif plus-que-parfait, qui fait sentir qu’il aurait voulu se battre fĂ©rocement.
  • Le loup ne passe pas Ă  l’acte : l’adversatif « mais » au v.7 marque qu’il se ravise et s’oppose Ă  son intention initiale.
  • Les rimes « humblement / compliment » et l’opposition aux attentes montrent un dĂ©gonflement : le loup n’est pas fĂ©roce, il est attirĂ© par l’embonpoint du chien et l’idĂ©e de manger Ă  sa faim.

Astuce mémo

Garde = rĂŽle, MĂ©garde = oubli : la rime fait voir l’opposition entre obĂ©ir et se perdre.

5. Tentative de sĂ©duction du chien par l’apologie

Notions clés & Définitions

  • Apostrophe polie : L’apostrophe polie est une adresse respectueuse qui sert Ă  mettre en scĂšne un rapport social et Ă  orienter la rĂ©action de l’autre.
  • Vouvoiement : Le vouvoiement est un choix de pronom qui marque une distance et peut suggĂ©rer une hiĂ©rarchie dans l’échange.
  • Langage chĂątiĂ© : Le langage chĂątiĂ© correspond Ă  un registre soignĂ© qui donne une impression de maĂźtrise et de supĂ©rioritĂ©.
  • ImpĂ©ratifs : Les impĂ©ratifs sont des formes verbales injonctives qui poussent l’autre Ă  agir et renforcent l’assurance de celui qui parle.

Points essentiels

  • Le chien rĂ©pond au compliment du loup en adoptant un ton de conseil et de supĂ©rioritĂ©, sans contredire directement le flatterie.
  • Le vouvoiement et les marques de politesse (ex. « beau sire », « vous », « vos ») installent une distance qui fait paraĂźtre le chien plus “haut” socialement.
  • Le loup est invitĂ© Ă  quitter les bois, ce qui transforme la sauvagerie en connotation nĂ©gative et prĂ©sente la domestication comme une sortie “meilleure”.
  • Le chien utilise des impĂ©ratifs et des futurs (« suivez-moi », « vous aurez
 ») pour encadrer l’action du loup et donner une promesse de destin favorable.
  • L’apologie du chien repose sur une liste d’avantages concrets (reliefs, os, caresses) qui rend l’adhĂ©sion rationnelle et dĂ©sirable.
  • Le chien adopte un ton catĂ©gorique et persuasif : il prĂ©sente sa voie comme la seule voie supĂ©rieure, ce qui produit une condescendance perceptible.

Astuce mémo

Politesse + ordres + promesses : le chien sĂ©duit en “mettant Ă  distance”, puis en dirigeant, puis en garantissant un meilleur destin.

6. Mépris de classe et hypocrisie du discours

Notions clés & Définitions

  • Condescendance du chien : Attitude du chien qui parle avec assurance et supĂ©rioritĂ©, en prĂ©sentant la vie du loup comme un objet Ă  expliquer.
  • Jugement de valeur axiologique : ProcĂ©dĂ© linguistique qui exprime une apprĂ©ciation morale ou sociale, en attribuant une valeur positive ou nĂ©gative aux personnes.
  • Vocabulaires pĂ©joratifs : Ensemble de mots dĂ©valorisants utilisĂ©s pour dĂ©crire un groupe, afin de le rabaisser et de marquer une distance sociale.
  • Futur de l’indicatif : Temps verbal qui prĂ©sente une action comme certaine, ce qui renforce l’idĂ©e d’un avenir dĂ©jĂ  acquis.
  • Vocabulaire de l’hypocrisie : Lexique associĂ© Ă  l’attitude de courtisan, qui masque les intentions rĂ©elles derriĂšre des formules d’approbation.

Points essentiels

  • Le discours du chien est marquĂ© par une condescendance : il explique la vie au loup avec un ton catĂ©gorique et assurĂ©.
  • Les vers 16-19 opposent les « pareils » du loup Ă  ceux du chien : la nĂ©gation insiste sur la misĂšre et la privation.
  • Les loups sont dĂ©crits par une sĂ©rie de termes pĂ©joratifs (misĂ©rables, cancres, hĂšres, pauvres diables) qui les rattachent Ă  une classe infĂ©rieure.
  • Le chien se place du cĂŽtĂ© des puissants en dĂ©nigrant les plus pauvres, ce qui constitue un mĂ©pris de classe.
  • Le chien prĂ©sente les loups comme des bandits/brigands contraints de risquer leur peau pour survivre (v. 20), ce qui accentue la dĂ©valorisation.
  • Le loup s’intĂ©resse aux conditions du pacte : il se projette dans un futur Ă  ses cĂŽtĂ©s (v. 22) et demande « Que me faudra-t-il faire ? ».

Astuce mémo

Confiance→pacte : le chien dicte l’avenir, le loup s’informe des conditions.

7. Salaire en reliefs et fissure de l’éloge

Notions clés & Définitions

  • Chasse aux gens : Attitude du chien consistant Ă  poursuivre les personnes, notamment celles qui mendient ou sont dans le besoin.
  • Courtisanerie : Posture de flatterie et de complaisance envers le maĂźtre, qui remplace toute morale par l’intĂ©rĂȘt.
  • Hypocrisie : DĂ©guisement moral du discours du chien, qui prĂ©tend faire un service tout en s’abaissant.
  • Reliefs de repas : Restes de nourriture proposĂ©s comme “salaire”, surtout des os, donc une rĂ©munĂ©ration dĂ©valorisĂ©e.

Points essentiels

  • Aux vers 23-24, le chien promet de donner la chasse aux gens, portant bĂątons, et aux mendiants, ce qui vise les plus faibles.
  • Aux vers 25, il annonce flatter ceux du logis pour son maĂźtre, en se mettant en posture de courtisan.
  • Le texte oppose l’apparence d’un service “utile” Ă  une servitude extrĂȘme, prĂ©sentĂ©e comme une dĂ©possession de soi.
  • Aux vers 27-29, le “salaire” est formulĂ© par l’amplification (pluriel avec “force”, “de toutes les façons”, “maints”, rythme binaire, prĂ©tĂ©rition).
  • En rĂ©alitĂ©, ce salaire correspond Ă  des reliefs, c’est-Ă -dire des restes, avec rĂ©pĂ©tition des os de poulets et de pigeons, sans viande.
  • L’ironie naĂźt du dĂ©calage entre l’éloge de la servitude et la maigre rĂ©munĂ©ration : l’éloge commence Ă  se fissurer, mais le loup affamĂ© ne dĂ©code pas les sous-entendus.

Astuce mémo

Amplification → “force/maints” ; rĂ©alitĂ© → “reliefs/OS” : plus ça sonne grand, plus c’est minable.

8. Col pelé et révélation de la servitude

Notions clés & Définitions

  • Col du Chien pelĂ© : Le col du chien dĂ©nudĂ© est un indice visible qui dĂ©clenche l’étonnement du loup et fait basculer la scĂšne vers la vĂ©ritĂ©.
  • Dialogue vif : Le dialogue vif est un Ă©change rapide et rythmĂ©, oĂč les rĂ©pliques courtes et nombreuses traduisent l’agitation du loup.
  • Servitude rĂ©vĂ©lĂ©e : La servitude rĂ©vĂ©lĂ©e est le moment oĂč l’attachement du chien Ă  son collier rend son discours de soumission concret et indiscutable.
  • ProlixitĂ© : La prolixitĂ© est le fait de parler beaucoup, et elle sert ici de contraste avec des rĂ©ponses laconiques.

Points essentiels

  • Le loup est d’abord aveuglĂ© par les mentions de nourriture, ce qui retarde la comprĂ©hension de la servitude.
  • Le dĂ©calage entre ce que le chien semble promettre et ce qu’il rĂ©vĂšle finit par fissurer son Ă©loge de la servitude.
  • À partir du v. 32, le loup remarque le col du chien pelĂ©, Ă©lĂ©ment perturbateur qui le sort de sa torpeur.
  • Le loup enchaĂźne des questions (v. 33, 34, 36, 37), ce qui produit Ă©tonnement puis mĂ©fiance et inquiĂ©tude.
  • Le chien rĂ©pond de façon laconiques et Ă©vasive (v. 33-34), ce qui s’oppose Ă  sa prolixitĂ© antĂ©rieure et rend le dialogue dĂ©sarticulĂ©.
  • Le loup comprend que le collier est liĂ© Ă  l’impossibilitĂ© de courir oĂč il veut, et il refuse l’idĂ©e d’échanger sa libertĂ© contre un trĂ©sor (v. 38-40).

Astuce mémo

Col pelĂ© = choc visuel : le loup passe du rĂȘve (repas) au doute (questions) puis Ă  la libertĂ© refusĂ©e.

9. Questions du loup et inversion du rapport de force

Notions clés & Définitions

  • Alexandrin dĂ©sarticulĂ© : Forme de vers oĂč la structure attendue de l’alexandrin est brisĂ©e, ce qui rend le dialogue plus heurtĂ© et vif.
  • ProlixitĂ© : CaractĂšre de quelqu’un qui parle beaucoup, opposĂ© ici Ă  des rĂ©ponses courtes et rĂ©ticentes.
  • MaĂŻeutique : Technique de questionnement qui fait accoucher l’autre de ses rĂ©ponses, en le poussant progressivement Ă  prĂ©ciser sa pensĂ©e.
  • PĂ©riphrase : ProcĂ©dĂ© qui dĂ©signe une idĂ©e sans la nommer directement, en la reformulant par une expression indirecte.
  • Modalisateur : Mot ou tournure qui attĂ©nue l’affirmation (doute, possibilitĂ©), ce qui rend la rĂ©ponse moins tranchĂ©e.

Points essentiels

  • Le dialogue est rythmĂ© par des alexandrins dĂ©sarticulĂ©s, ce qui accentue la vivacitĂ© des Ă©changes.
  • Le chien rĂ©pond avec mauvaise grĂące et de façon laconiques, Ă  l’opposĂ© de sa prolixitĂ© dans le second mouvement.
  • Le loup obtient l’explication du collier en multipliant les questions jusqu’à ce que le chien consente Ă  rĂ©vĂ©ler ce qui lui fait une marque au cou.
  • Quand le chien rĂ©pond, il utilise une pĂ©riphrase (« De ce que vous voyez ») et un modalisateur (« peut-ĂȘtre »), ce qui rend sa rĂ©ponse indirecte et attĂ©nuĂ©e.
  • Le rapport de force s’inverse : le loup pousse le chien dans ses retranchements grĂące Ă  une maĂŻeutique insistante.
  • Le loup retient l’information « attachĂ© » et en tire une consĂ©quence : si le chien est attachĂ©, il ne court donc pas oĂč il veut (v.36-37).

Astuce mémo

Question→preuve : le loup fait rĂ©pĂ©ter le terme du chien (« attachĂ© ») puis le transforme en consĂ©quence (« vous ne courez donc pas
 oĂč vous voulez »).

10. Refus final de la servitude et liberté

Notions clés & Définitions

  • LibertĂ© : Valeur suprĂȘme qui guide le loup et justifie son refus de toute proposition qui l’enfermerait ou l’asservirait.
  • Servitude : Condition de dĂ©pendance qui s’oppose Ă  la libertĂ© et que le loup refuse de toute maniĂšre.
  • Refus pĂ©remptoire : Refus formulĂ© de façon catĂ©gorique, sans ouverture Ă  la nĂ©gociation, qui souligne la fermetĂ© du loup.
  • PrĂ©sent d’énonciation : Temps verbal qui peut donner une impression de continuitĂ© ou d’actualitĂ©, renforçant l’idĂ©e que l’action se poursuit.

Points essentiels

  • Le loup reprend l’idĂ©e de la question du chien mais la transforme en affirmation pour revendiquer la libertĂ© plutĂŽt que le « trĂ©sor ».
  • Le refus du loup est renforcĂ© par la nĂ©gation absolue « en aucune sorte », qui exclut toute compromission.
  • La rime pas / repas (v.36 et 38) met en valeur le caractĂšre catĂ©gorique du rejet.
  • Le loup refuse tout ce que propose le chien, ce qui fait de la libertĂ© une valeur supĂ©rieure au confort matĂ©riel.
  • Au vers 41, « maĂźtre Loup s'enfuit, et court encor » associe deux verbes de mouvement et l’adverbe « encore » suggĂšre la poursuite de la course au prĂ©sent d’énonciation ou de narration.
  • La fable oppose deux modes de vie : le chien rassurant mais soumis, et le loup libre mais exposĂ© Ă  la difficultĂ©.

Astuce mémo

LibertĂ© > trĂ©sor : le loup dit non « en aucune sorte » et s’enfuit « encor ».

Tableaux de synthĂšse

Opposition des deux modes de vie

FigureVieValeur dominante
Loupvie dure, exposée à la difficulté (affamé, maigre)liberté
Chienvie confortable, stable et nourrie mais soumise (gras, poli)sécurité matérielle au prix de la dépendance

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre l’opposition initiale (privation/abondance) avec la morale finale : le confort n’est pas valorisĂ©, il est dĂ©noncĂ© comme servitude.
  2. Croire que le loup refuse seulement par manque de nourriture : il refuse surtout la dépendance, explicitée par le col et la négation « en aucune sorte ».
  3. Prendre « fourvoyé » comme un simple égarement sans idée de perversion : le cours insiste sur la « bonne voie » détournée par la servilité.
  4. Oublier que la rime « garde / mĂ©garde » n’est pas dĂ©corative : elle signale l’obĂ©issance du chien et son oubli de lui-mĂȘme, donc une atteinte Ă  sa nature.
  5. InterprĂ©ter le discours du chien comme sincĂšre : c’est une apologie hypocrite, oĂč l’éloge se fissure (reliefs/OS) et prĂ©pare la rĂ©vĂ©lation du collier.
  6. Penser que le loup attaque directement le chien : au contraire, il hésite, se ravise, puis inverse le rapport de force par questions (maïeutique).
  7. Réduire le refus final à une simple préférence personnelle : le cours montre des procédés de catégorisation (négation absolue, rime pas/repas) et une hiérarchie des valeurs (liberté > trésor).

Checklist Examen

  1. Identifier le cadre : classicisme au XVIIe siÚcle et fable comme apologue visant une réflexion morale et critique.
  2. Expliquer la problématique : comment la fable fait réfléchir au lien entre servitude et bonheur.
  3. PrĂ©senter le mouvement 1 (v.1 Ă  12) : contraste loup maigre/chien gras et l’idĂ©e de privation vs abondance.
  4. Définir et reconnaßtre le diptyque antithétique : deux portraits mis en miroir déformant (sauvage/domestique) et repérer les indices physiques (os/peau ; puissant/beau ; gras/poli).
  5. Analyser l’antagonisme dĂšs la garde : comprendre « bonne garde » et la rime « garde / mĂ©garde » comme critique de l’asservissement.
  6. Justifier la focalisation interne et le subjonctif plus-que-parfait : montrer que le loup aurait voulu se battre mais se ravise (adversatif « mais »).
  7. Analyser le mouvement 2 (v.13 à 31) : repérer apostrophe polie, vouvoiement, langage chùtié, impératifs et futurs pour construire une condescendance persuasive.
  8. Montrer le mĂ©pris de classe et l’hypocrisie : relever le vocabulaire pĂ©joratif (misĂ©rables, cancres, hĂšres, pauvres diables) et la logique de courtisanerie (flatter, complaire).
  9. Expliquer la fissure de l’éloge : relier l’amplification du « salaire » (force/maints/de toutes les façons) au rĂ©el « reliefs » (os de poulets/pigeons, sans viande).
  10. Analyser le mouvement 3 (v.32 à la fin) : repérer le col du chien pelé comme élément perturbateur et la révélation de la servitude.
  11. Décrire la dynamique du dialogue : alexandrins désarticulés, prolixité du chien puis réponses laconiques, maïeutique du loup et inversion du rapport de force.
  12. Formuler la morale par l’analyse du refus final : relever « en aucune sorte », la rime pas/repas, et l’affirmation « libertĂ© » contre « trĂ©sor », puis conclure sur l’opposition vie soumise/vie libre.

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Classicisme — dĂ©finition ?

Courant littéraire du XVIIe siÚcle prÎnant clarté et mesure.

Fable morale — but ?

Récit bref visant à instruire et faire réfléchir.

Le Loup et le Chien — annĂ©e ?

1668.

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