Revision sheet: La servitude volontaire et la tyrannie

Plan du Cours

  1. Servitude volontaire
  2. Dénonciation tyrannie
  3. Démystification tyran
  4. Question définition
  5. Incompréhension soumission
  6. Limites des vices
  7. Créature aberrante

1. Servitude volontaire

Notions clés & Définitions

  • Servitude volontaire : Ă©tat dans lequel un grand nombre de personnes choisissent de se soumettre Ă  un seul individu, malgrĂ© l’oppression, en acceptant la privation de leurs biens, liens familiaux et vie propre, comme le souligne La BoĂ©tie (1546-1548).
  • Oppression par un seul tyran : domination exercĂ©e non pas par une force extĂ©rieure ou une armĂ©e, mais par un individu unique, souvent faible ou lĂąche, qui impose sa volontĂ© par la soumission volontaire des sujets.
  • DiffĂ©rence entre obĂ©ir et servir : obĂ©ir (voir section 3) est une lĂ©gitime soumission Ă  une autoritĂ© lĂ©gitime, tandis que servir ou ĂȘtre tyrannisĂ© (voir section 2) relĂšve d’une soumission illĂ©gitime, volontaire ou non.
  • Souffrance engendrĂ©e par la tyrannie : consĂ©quences de la tyrannie telles que pillages, dĂ©bauches, cruautĂ©s, qui causent un malheur extrĂȘme aux sujets, comme le dĂ©crit La BoĂ©tie.
  • CrĂ©ature aberrante : la servitude volontaire est une anomalie contre nature, une crĂ©ature monstrueuse que la nature dĂ©savoue et que la langue refuse de nommer, illustrant son caractĂšre exceptionnel et monstrueux (voir section 7).

Points essentiels

  • La servitude volontaire repose sur un paradoxe : des peuples entiers acceptent leur esclavage face Ă  un tyran, souvent faible ou lĂąche, plutĂŽt que de se rĂ©volter.
  • La tyrannie n’est pas exercĂ©e par une armĂ©e ou une force extĂ©rieure, mais par un seul individu, ce qui rend la soumission encore plus incomprĂ©hensible (La BoĂ©tie, 1546-1548).
  • La diffĂ©rence entre obĂ©ir (lĂ©gitime) et servir (illĂ©gitime) est cruciale pour comprendre la nature de la soumission : l’obĂ©issance lĂ©gitime suppose une lĂ©gitimitĂ© reconnue, tandis que la servitude volontaire rĂ©sulte d’un choix ou d’un aveuglement collectif.
  • La souffrance des sujets inclut la privation totale de leurs biens, liens familiaux, vie propre, et leur soumission Ă  des violences telles que pillages, cruautĂ©s, dĂ©bauches.
  • La servitude volontaire dĂ©passe toute limite naturelle des vices humains, devenant une aberration contre nature, difficile Ă  nommer et Ă  conceptualiser, illustrant son caractĂšre monstrueux.

À retenir

La servitude volontaire est un paradoxe oĂč des peuples acceptent leur esclavage face Ă  un tyran faible, rĂ©vĂ©lant une soumission collective qui dĂ©passe toute logique naturelle ou morale, et qui constitue une aberration contre nature.

2. Dénonciation tyrannie

Notions clés & Définitions

  • Tyrannie (voir contenu source) : Oppression exercĂ©e par un seul individu, non par une force extĂ©rieure, caractĂ©risĂ©e par la domination abusive, la privation de biens, de libertĂ©, et la souffrance des gouvernĂ©s. La tyrannie est dĂ©noncĂ©e comme un malheur moral et un vice contre-nature, qui dĂ©passe toute limite humaine ou naturelle.

  • Vice moral (voir contenu source) : Comportement condamnable considĂ©rĂ© comme un dĂ©faut ou une faute, ici associĂ© Ă  la tyrannie, qualifiĂ©e de « malheureux vice » par La BoĂ©tie, soulignant sa nature immorale et dĂ©gradante.

  • Oppression par un seul individu (voir contenu source) : Forme d’oppression oĂč le pouvoir n’est pas exercĂ© par une force extĂ©rieure ou collective, mais par un seul homme, souvent lĂąche et effĂ©minĂ©, qui impose sa volontĂ© sans force militaire ou lĂ©gitime, mais par la soumission volontaire des gouvernĂ©s.

  • Interpellation par questions rhĂ©toriques (voir contenu source) : Technique utilisĂ©e par La BoĂ©tie pour engager le lecteur, susciter l’indignation et la rĂ©volte, en posant des questions qui soulĂšvent le paradoxe de la soumission massive Ă  un tyran, et invitent Ă  la rĂ©flexion sur la nature de cette servitude.

  • GouvernĂ©s lĂ©gitimes vs tyrannisĂ©s illĂ©gitimes (voir contenu source) : Opposition fondamentale entre ceux qui exercent leur pouvoir dans la lĂ©gitimitĂ© (libres, justes) et ceux qui sont soumis Ă  une domination illĂ©gitime, exercĂ©e par un tyran qui ne mĂ©rite pas leur obĂ©issance.

Points essentiels

  • La BoĂ©tie (1546-1548) dĂ©nonce une tyrannie qui n’est pas exercĂ©e par une force extĂ©rieure ou une armĂ©e, mais par un seul homme, souvent lĂąche et effĂ©minĂ©, qui tyrannise un peuple sans combat ni guerre, simplement par la soumission volontaire des gouvernĂ©s.
  • La tyrannie est considĂ©rĂ©e comme un vice moral, un malheur qui dĂ©passe toute limite naturelle, un « monstre de vice » que la nature dĂ©savoue et que la langue refuse de nommer, illustrant son caractĂšre aberrant et contre-nature.
  • La technique rhĂ©torique principale consiste en questions rhĂ©toriques, visant Ă  faire rĂ©flĂ©chir le lecteur, Ă  susciter indignation et rĂ©volte face Ă  cette soumission collective. La dĂ©nonciation insiste sur l’absurditĂ© et l’injustice de la domination exercĂ©e par un seul, qui ne possĂšde ni force ni mĂ©rites, mais qui bĂ©nĂ©ficie de la passivitĂ© des gouvernĂ©s.
  • La BoĂ©tie insiste sur le paradoxe : comment une multitude peut se soumettre Ă  un seul, qui n’est ni hĂ©ros ni homme valeureux, mais un individu ordinaire, lĂąche et effĂ©minĂ©, incapable de commandement ou de virilitĂ©.
  • La dĂ©nonciation met en lumiĂšre la dimension morale et politique de la servitude volontaire, qui est un vice moral et un malheur collectif, rĂ©sultant d’un consentement volontaire, et non d’une force extĂ©rieure.

À retenir

La Boétie dénonce une tyrannie qui, par la soumission volontaire des gouvernés, dépasse toute limite naturelle et morale, révélant un vice contre-nature que la raison et la nature désavouent.

3. Démystification tyran

Notions clés & Définitions

Portrait du tyran comme lĂąche, effĂ©minĂ© : Le tyran est prĂ©sentĂ© comme un individu dĂ©pourvu de courage et de virilitĂ©, souvent effĂ©minĂ©, ce qui contraste avec l’image traditionnelle de la force et de la bravoure. La description insiste sur son incapacitĂ© Ă  exercer une autoritĂ© guerriĂšre ou physique, le rĂ©duisant Ă  un ĂȘtre faible et indigne d’admiration.

DĂ©mystification du tyran : La stratĂ©gie de dĂ©crire le tyran comme un homme ordinaire, lĂąche et sans expĂ©rience guerriĂšre, afin de dĂ©faire le mythe de sa puissance invincible. La BoĂ©tie (1546-1548) montre que le tyran n’est ni hĂ©ros mythologique ni homme valeureux, mais un individu faible et ridicule, dont la prĂ©tendue puissance repose sur la soumission volontaire des peuples.

Ridiculisation du tyran pour montrer son impuissance rĂ©elle : La critique acerbe du tyran par des images dĂ©valorisantes (ex : « le plus lĂąche et effĂ©minĂ© », « incapable de satisfaire la moindre femmelette ») vise Ă  rĂ©vĂ©ler son impuissance vĂ©ritable, en soulignant qu’il ne possĂšde pas la force ou la bravoure qu’on lui prĂȘte. Cette ridiculisation sert Ă  dĂ©montrer que sa domination repose sur une illusion, non sur une force rĂ©elle.

Opposition entre figures mythologiques (Hercule, Samson) et le tyran ordinaire : La BoĂ©tie (1546-1548) oppose la grandeur mythologique de hĂ©ros comme Hercule ou Samson, symboles de force exceptionnelle, Ă  la faiblesse du tyran moderne, qui n’est qu’un homme ordinaire, souvent lĂąche et effĂ©minĂ©. Cette opposition sert Ă  dĂ©mythifier la puissance du tyran en la rĂ©duisant Ă  une illusion.

Critique de l’absence d’expĂ©rience guerriĂšre rĂ©elle du tyran : La description du tyran comme incapable de commander dans la guerre ou de se battre, illustrĂ©e par la distinction entre « la poudre des batailles » et « le sable des tournois », souligne son inaptitude Ă  la vĂ©ritable violence ou Ă  la guerre. La BoĂ©tie (1546-1548) insiste sur le fait que le tyran ne possĂšde pas la bravoure ou l’expĂ©rience guerriĂšre, ce qui remet en question sa lĂ©gitimitĂ© et sa puissance.

Ridiculisation du tyran comme crĂ©ature monstrueuse : La figure du « monstre de vice » Ă©voque une crĂ©ature difforme, contre-nature, une aberration qui dĂ©passe toute limite morale ou naturelle. La BoĂ©tie (1546-1548) insiste sur l’impossibilitĂ© de nommer ce mal, qui apparaĂźt comme une crĂ©ature monstrueuse, renforçant l’idĂ©e que le tyran est une aberration contre-nature, incapable d’ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un homme digne ou hĂ©roĂŻque.

4. Question définition

Notions clés & Définitions

  • Servitude : Ă©tat oĂč un individu ou un groupe est soumis Ă  une domination ou Ă  un pouvoir qui lui prive de sa libertĂ©, souvent volontairement ou par consentement, comme le souligne LA BOÉTIE (1546-1548). La servitude volontaire dĂ©signe la situation oĂč la majoritĂ© accepte sa propre oppression, par ignorance ou par peur, plutĂŽt que par contrainte extĂ©rieure directe.

  • Soumission : attitude d’acceptation passive ou volontaire d’un pouvoir ou d’un ordre, qui peut rĂ©sulter d’un phĂ©nomĂšne de lĂąchetĂ©, de peur ou d’indiffĂ©rence, et qui conduit Ă  la perte de libertĂ© individuelle ou collective. La soumission est souvent perçue comme un comportement paradoxal, Ă©tant donnĂ© le nombre immense de soumis face Ă  un seul tyran.

  • LĂąchetĂ© : faiblesse morale ou physique empĂȘchant de rĂ©sister Ă  l’oppression ou Ă  la violence, considĂ©rĂ© par LA BOÉTIE comme une des causes possibles de la servitude volontaire. Elle se manifeste par la peur de prendre des risques ou de s’opposer Ă  un pouvoir supĂ©rieur.

  • DĂ©dain / MĂ©pris : attitude de dĂ©valorisation ou de mĂ©pris envers la rĂ©sistance ou la rĂ©volte, qui peut expliquer l’indiffĂ©rence collective face Ă  la tyrannie. La BoĂ©tie Ă©voque cette indiffĂ©rence comme une forme de dĂ©dain qui empĂȘche l’action collective.

  • Contradiction paradoxale : situation oĂč un phĂ©nomĂšne, comme la soumission massive Ă  un tyran faible, semble dĂ©passer toute logique ou limite naturelle, rendant difficile sa dĂ©finition prĂ©cise ou sa nomination. La difficultĂ© Ă  nommer ce mal est soulignĂ©e par LA BOÉTIE qui Ă©voque un « monstre de vice » que la langue refuse de nommer.

Points essentiels

  • La servitude et la soumission sont souvent volontaires, ce qui soulĂšve la question de leur dĂ©finition exacte : s’agit-il d’un vice ou d’une faiblesse ? La BoĂ©tie insiste sur le paradoxe : comment une multitude peut accepter d’ĂȘtre tyrannisĂ©e par un seul, qui n’est ni un hĂ©ros ni un homme exceptionnel, mais un individu ordinaire, lĂąche et effĂ©minĂ©.
  • La distinction entre obĂ©issance lĂ©gitime et soumission illĂ©gitime est centrale. La lĂ©gitimitĂ© (voir section 3) est ce qui rend l’obĂ©issance acceptable, alors que la soumission Ă  un tyran est une abdication de la libertĂ©.
  • La difficultĂ© Ă  nommer ce phĂ©nomĂšne rĂ©side dans sa nature monstrueuse et contre-nature, dĂ©passant toute limite naturelle des vices humains, et que la langue refuse de qualifier prĂ©cisĂ©ment. La BoĂ©tie parle d’un « monstre de vice » qui dĂ©savoue la crĂ©ation divine et la rationalitĂ© humaine.
  • La rĂ©flexion s’appuie sur un questionnement rhĂ©torique constant, visant Ă  engager le lecteur dans une prise de conscience de l’étrangetĂ© et de l’absurditĂ© de cette servitude volontaire.

À retenir

La servitude volontaire est un paradoxe moral et philosophique : un phĂ©nomĂšne oĂč la majoritĂ© accepte sa propre oppression, dĂ©fiant toute logique naturelle, et dont la dĂ©finition reste difficile Ă  nommer en raison de sa nature monstrueuse et contre-nature.

5. Incompréhension soumission

Notions clés & Définitions

  • IncomprĂ©hension face Ă  la soumission massive : DifficultĂ© Ă  saisir le phĂ©nomĂšne par lequel un grand nombre de personnes acceptent volontairement leur oppression, notamment face Ă  un tyran faible, ce qui semble paradoxal et absurde.
  • Analyse des raisons possibles de la soumission collective : Exploration des causes qui poussent les peuples Ă  se soumettre, telles que la peur, le mĂ©pris ou la dĂ©robade, plutĂŽt que la force ou la lĂ©gitimitĂ©.
  • Distinction entre peur individuelle et mĂ©pris collectif : La peur individuelle renvoie Ă  l'apprĂ©hension personnelle face au tyran, tandis que le mĂ©pris collectif dĂ©signe une attitude hautaine ou indiffĂ©rente de la majoritĂ© envers la tyrannie, rĂ©vĂ©lant une forme de dĂ©dain ou d'orgueil collectif.
  • Paradoxe de la servitude volontaire : Situation oĂč les individus, malgrĂ© la faiblesse apparente du tyran, acceptent leur esclavage par choix ou par habitude, dĂ©fiant la logique de la force ou de la nĂ©cessitĂ©.
  • Mise en lumiĂšre de l'absurditĂ© de la situation : La situation de servitude volontaire est considĂ©rĂ©e comme une aberration contre nature, une crĂ©ature monstrueuse que la nature et la langue refusent de nommer, illustrant son caractĂšre irrationnel et dĂ©raisonnable.

Points essentiels

  • La BoĂ©tie (1546-1548) dĂ©nonce la soumission collective Ă  un tyran faible, qualifiant cette situation d’« infini malheur » et de « vice malheureux » (voir introduction).
  • La difficultĂ© Ă  nommer ce phĂ©nomĂšne rĂ©sulte de son caractĂšre paradoxal : un peuple soumis non par la force, mais par un choix volontaire, souvent motivĂ© par la peur ou le mĂ©pris (voir mouvement 3).
  • La dĂ©construction du portrait du tyran montre qu’il n’est ni hĂ©ros ni homme viril, mais un individu ordinaire, lĂąche et effĂ©minĂ©, incapable de force ou de courage (voir mouvement 2).
  • La question centrale demeure : comment des masses peuvent-elles se soumettre Ă  un seul individu si faible, si indigne, si incapable ?
  • La situation dĂ©passe toute limite naturelle des vices humains, Ă©tant perçue comme un « monstre de vice » que la nature et la langue refusent de nommer, soulignant son aspect aberrant et contre-nature (voir mouvement 4).

À retenir

La soumission massive Ă  un tyran faible reste incomprĂ©hensible et paradoxale, rĂ©vĂ©lant un phĂ©nomĂšne d’aliĂ©nation collective qui dĂ©passe la logique de la force ou de la lĂ©gitimitĂ©, et que la nature et la raison refusent de lĂ©gitimer ou de nommer.

6. Limites des vices

Notions clés & Définitions

  • Limites naturelles des vices humains : La conception selon laquelle chaque vice possĂšde une borne intrinsĂšque, au-delĂ  de laquelle il ne peut s’étendre, conformĂ©ment Ă  l’idĂ©e que la nature impose des restrictions Ă  la dĂ©mesure du mal. (source : discours de La BoĂ©tie)

  • Concept que tous les vices ont une borne au-delĂ  de laquelle ils ne peuvent aller : L’affirmation que, malgrĂ© leur potentiel de dĂ©gradation, les vices ne peuvent atteindre une extrĂ©mitĂ© absolue ou infinie, Ă©tant limitĂ© par la nature ou la raison. (source : discours de La BoĂ©tie)

  • La servitude volontaire dĂ©passe ces limites naturelles : L’idĂ©e que la soumission volontaire des peuples Ă  un tyran va au-delĂ  de ce que la nature ou la logique morale pourrait tolĂ©rer, constituant une transgression extrĂȘme des bornes naturelles des vices. (source : discours de La BoĂ©tie)

Points essentiels

  • La conception de limites naturelles des vices, Ă©voquĂ©e par La BoĂ©tie, indique que chaque vice possĂšde une borne inhĂ©rente, que ce soit par la nature ou par la raison, empĂȘchant leur dĂ©mesure totale. Cependant, il affirme que la servitude volontaire dĂ©passe ces limites, ce qui constitue une aberration contre nature. La nature, selon lui, dĂ©savoue ce phĂ©nomĂšne, le considĂ©rant comme un monstre de vice (voir section 7).
  • La difficultĂ© Ă  nommer ce vice extrĂȘme est soulignĂ©e par La BoĂ©tie, qui Ă©voque une impossibilitĂ© de nommer ce mal, renforçant son caractĂšre monstrueux et anormal.
  • La rĂ©flexion sur la limite des vices s’inscrit dans une critique morale et philosophique, soulignant que la soumission volontaire, par son excĂšs, devient une crĂ©ature aberrante, un phĂ©nomĂšne contre nature que la langue refuse de nommer.
  • La dĂ©monstration repose sur l’idĂ©e que, si mĂȘme les vices ont des bornes, la servitude volontaire les dĂ©passe, ce qui explique son caractĂšre exceptionnel et inquiĂ©tant.

À retenir

La BoĂ©tie montre que, contrairement Ă  tous les autres vices qui ont une limite naturelle, la servitude volontaire dĂ©passe ces bornes, devenant une aberration contre nature que la morale et la langue ne peuvent mĂȘme nommer.

7. Créature aberrante

Notions clés & Définitions

  • Monstre de vice : une crĂ©ature difforme, anormale, qui incarne un mal extrĂȘme et contre-nature, difficile Ă  nommer ou Ă  conceptualiser, Ă©voquant une aberration morale et physique. AUTEUR (date) : cette image souligne l’aspect monstrueux et effrayant de la servitude volontaire.

  • PhĂ©nomĂšne contre nature : un Ă©tat ou un comportement qui va Ă  l’encontre de l’ordre naturel, biologique ou moral, considĂ©rĂ© comme anormal et dĂ©viant. La servitude volontaire dĂ©passe cette limite, Ă©tant une aberration que la nature elle-mĂȘme dĂ©savoue.

  • IncapacitĂ© du langage Ă  nommer ce mal : une impossibilitĂ© de dĂ©signer prĂ©cisĂ©ment la servitude volontaire comme un vice ou un mal, en raison de sa nature extrĂȘme et aberrante. La langue refuse de lui attribuer un nom, renforçant son caractĂšre monstrueux.

Points essentiels

  • La BoĂ©tie (1546-1548) dĂ©crit la servitude volontaire comme un monstre de vice, une crĂ©ature difforme et anormale qui dĂ©passe toute limite naturelle, Ă©voquant une aberration contre-nature. Elle est prĂ©sentĂ©e comme une dimension monstrueuse et effrayante de la tyrannie, une crĂ©ature difforme que la nature mĂȘme dĂ©savoue.

  • La difficultĂ© Ă  nommer ce mal est soulignĂ©e par l’expression "refuse de nommer", illustrant l’incapacitĂ© du langage Ă  saisir cette aberration. La servitude volontaire est ainsi perçue comme une crĂ©ature monstrueuse, une anomalie morale et physique qui dĂ©passe la comprĂ©hension rationnelle.

  • La notion de monstre de vice renforce l’idĂ©e d’une crĂ©ature difforme, une aberration contre la nature, qui suscite la peur et l’horreur, et dont l’existence mĂȘme est une anomalie dans l’ordre moral et naturel.

À retenir

La servitude volontaire est une aberration monstrueuse, une créature difforme et contre-nature que la nature et le langage refusent de nommer, illustrant son caractÚre exceptionnellement abominable et incompréhensible.

Tableaux de SynthĂšse

ThÚmeNotions clésAuteurPoints essentiels
Servitude volontaireÉtat de soumission volontaire, paradoxe collectif, crĂ©ature aberranteLa BoĂ©tie (1546-1548)La majoritĂ© accepte leur esclavage face Ă  un tyran faible, par aveuglement ou consentement volontaire. La servitude dĂ©passe la logique naturelle, Ă©tant une anomalie contre-nature.
DĂ©nonciation tyrannieOppression d’un seul, vice moral, soumission volontaireLa BoĂ©tie (1546-1548)La tyrannie est un vice qui dĂ©passe toute limite, exercĂ©e par un individu lĂąche et effĂ©minĂ©, par la passivitĂ© des gouvernĂ©s. La dĂ©nonciation utilise questions rhĂ©toriques pour susciter la rĂ©volte.
DĂ©mystification tyranFaiblesse, lĂąchetĂ©, ridicule, absence d’expĂ©rience guerriĂšreLa BoĂ©tie (1546-1548)Le tyran est une crĂ©ature monstrueuse, lĂąche et effĂ©minĂ©e, dont la puissance repose sur une illusion. OpposĂ© aux hĂ©ros mythologiques, il est une crĂ©ature contre-nature.

PiÚges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre obĂ©issance lĂ©gitime et soumission volontaire : l’obĂ©issance suppose une lĂ©gitimitĂ© reconnue, la servitude volontaire est un choix ou un aveuglement collectif.
  2. Croire que la tyrannie est exercĂ©e par la force extĂ©rieure ou une armĂ©e : La BoĂ©tie montre qu’elle est souvent exercĂ©e par un seul individu lĂąche, sans force militaire.
  3. Identifier le tyran à un héros ou à une figure de puissance : La description insiste sur sa faiblesse, lùcheté et effémination.
  4. Confondre la notion de vice moral et vice politique : La tyrannie est un vice moral, un malheur contre-nature, pas seulement une faiblesse politique.
  5. Mal interprĂ©ter la dĂ©mystification : il ne s’agit pas de nier la puissance du tyran, mais de rĂ©vĂ©ler qu’elle repose sur une illusion et la soumission volontaire.
  6. Confondre créature monstrueuse et simple homme faible : La figure du tyran est une aberration contre-nature, une créature difforme et monstrueuse.
  7. Négliger la distinction entre oppression par force et soumission volontaire : La soumission volontaire est centrale dans la critique de La Boétie.

Checklist Examen

  1. Connaßtre la définition de la servitude volontaire selon La Boétie et son paradoxe.
  2. Expliquer la différence entre obéir (légitime) et servir (illégitime) dans le contexte de la tyrannie.
  3. Identifier les conséquences de la tyrannie sur les sujets (pillages, cruautés, débauches).
  4. DĂ©finir ce qu’est une crĂ©ature aberrante selon La BoĂ©tie et son rapport avec la servitude volontaire.
  5. Décrire la technique rhétorique de La Boétie pour dénoncer la tyrannie (questions rhétoriques).
  6. Connaßtre la critique de La Boétie sur la faiblesse et lùcheté du tyran.
  7. Expliquer comment La Boétie démystifie le tyran en le présentant comme une créature faible et ridicule.
  8. Identifier les principaux traits du tyran selon La Boétie (efféminé, lùche, incapable de guerre).
  9. ConnaĂźtre la diffĂ©rence entre la force rĂ©elle et l’illusion de puissance du tyran.
  10. Comprendre le concept de créature contre-nature et son lien avec la tyrannie.
  11. Connaßtre la période de rédaction de La Boétie (1546-1548).
  12. Savoir que la tyrannie n’est pas exercĂ©e par une force extĂ©rieure, mais par un seul individu, selon La BoĂ©tie.

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1. Qu'est-ce que la 'servitude volontaire' selon La Boétie ?

2. Selon La Boétie, dans quelle période a-t-il rédigé son essai sur la servitude volontaire ?

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Servitude volontaire — dĂ©finition ?

Soumission volontaire Ă  un tyran faible.

Servitude volontaire — dĂ©finition ?

Soumission collective choisie Ă  un tyran

DĂ©nonciation tyrannie — rĂŽle ?

Révéler la nature immorale et contre-nature de la tyrannie.

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