Revision sheet: Le regard comme action performative

📋 Plan du Cours

  1. Le regard comme action
  2. Architecture et pouvoir
  3. Photographie et violence
  4. Performances et domination
  5. Performativité et interaction
  6. Droits de regard et identité
  7. Réversibilité du regard

📖 1. Le regard comme action

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

Regard actif : Le regard n’est pas simplement passif ou biologique, mais constitue une action qui influence et construit le monde social. Il participe Ă  la description, Ă  l’interprĂ©tation et Ă  la hiĂ©rarchisation des espaces et des ĂȘtres, façonnant ainsi nos structures sociales.

Construction sociale du regard : Le regard est façonné par les espaces architecturaux et sociaux, souvent conçus pour un regard masculin dominant. Ces espaces orientent et encadrent la maniÚre dont le regard est exercé, renforçant des rapports de pouvoir.

HiĂ©rarchisation par le regard : Le regard participe Ă  Ă©tablir des hiĂ©rarchies sociales et spatiales, en valorisant certains corps ou espaces au dĂ©triment d’autres, selon des normes de pouvoir et de domination.

God trick (Haraway) : La vision prétendument neutre et objective, souvent attribuée à une position divine ou omnisciente, est en réalité située, partiale et genrée. Elle masque la subjectivité et la position de pouvoir du regardeur.

Absorbement (Michael Fried) : Dans l’art, cette notion dĂ©signe la capacitĂ© du spectateur Ă  se plonger totalement dans l’Ɠuvre, en oubliant sa propre prĂ©sence, ce qui favorise une expĂ©rience immersive et contemplative.

📝 Points essentiels

Le regard n’est pas simplement une observation passive, mais une action performative qui participe Ă  la construction des structures sociales. Il influence la perception et la hiĂ©rarchisation des espaces et des corps, notamment dans les espaces architecturaux conçus pour un regard masculin dominant. Le God trick dĂ©signe cette prĂ©tendue neutralitĂ© de la vision, qui en rĂ©alitĂ© est situĂ©e et genrĂ©e, renforçant des rapports de pouvoir. Enfin, l’absorbement dans l’art permet au spectateur de s’immerger totalement dans l’Ɠuvre, oubliant sa propre prĂ©sence pour mieux s’y identifier ou se laisser influencer.

💡 À retenir

Le regard est une action performative qui façonne notre perception sociale et spatiale, dépassant la simple observation pour devenir un acte structurant et hiérarchisant.

📖 2. Architecture et pouvoir

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

Architecture impériale
AUTEUR inconnu (source) : architecture utilisée pour incarner et afficher le pouvoir politique et impérial, souvent par la grandeur, la symbolique et la mise en scÚne du lieu.

Perspective linéaire
AUTEUR inconnu (source) : technique architecturale qui oriente le regard du spectateur en crĂ©ant une profondeur visuelle, renforçant ainsi la hiĂ©rarchie et la domination dans l’espace.

Symbolisme architectural
AUTEUR inconnu (source) : utilisation de formes, de motifs ou de structures pour reprĂ©senter ou Ă©voquer des idĂ©es, des valeurs ou la puissance, notamment dans le contexte de l’architecture impĂ©riale.

Pouvoir visible
AUTEUR inconnu (source) : manifestation concrùte du pouvoir à travers l’architecture, accessible à la vue, qui sert à impressionner et à affirmer la domination.

Palais du Rhin
AUTEUR inconnu (source) : exemple d’architecture symbolisant la puissance allemande, illustrant la rivalitĂ© avec le palais U par la mise en scĂšne architecturale.

📝 Points essentiels

L’architecture est un outil pour incarner et afficher le pouvoir politique et impĂ©rial. Elle sert Ă  structurer la perception du pouvoir par des moyens visuels et symboliques. Le palais du Rhin, par son architecture, symbolise la puissance allemande face au palais U, illustrant ainsi la rivalitĂ© entre ces deux entitĂ©s par leur architecture respective. La perspective linĂ©aire joue un rĂŽle clĂ© en orientant le regard du spectateur pour renforcer la hiĂ©rarchie et la domination. En façonnant le regard, l’architecture influence Ă©galement la perception du citoyen, notamment masculin, en le plaçant dans un espace urbain qui le valorise comme citoyen privilĂ©giĂ©, participant ainsi Ă  la mise en scĂšne du pouvoir et de la domination sociale.

💡 À retenir

L’architecture est un outil de mise en scĂšne du pouvoir qui structure le regard et la domination sociale, en utilisant la perspective et le symbolisme pour renforcer la hiĂ©rarchie et l’affirmation du pouvoir visible dans l’espace.

📖 3. Photographie et violence

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

ÉvĂ©nement photographique : La photographie peut documenter ou dĂ©noncer des violences systĂ©miques, mais l’absence d’images est aussi significative. La simple prĂ©sence d’un appareil lors d’un Ă©vĂ©nement agit sur l’environnement, en modifiant la dynamique et la perception de la scĂšne.

Images manquantes : L’absence d’images dans certains contextes peut rĂ©vĂ©ler une volontĂ© de dissimulation ou de censure, ou encore souligner l’indicible de la violence, renforçant ainsi sa portĂ©e symbolique.

Violences systĂ©miques : Violences exercĂ©es par des structures ou institutions qui oppriment ou marginalisent, souvent invisibles ou non reprĂ©sentĂ©es dans l’image. La photographie peut servir Ă  rĂ©vĂ©ler ces violences ou, au contraire, Ă  les masquer.

Voyeurisme photographique : La tendance Ă  observer ou Ă  capturer la souffrance ou la violence de façon intrusive, souvent avec une volontĂ© de possĂ©der ou de contrĂŽler l’autre par l’image. Ce regard peut devenir prĂ©datoire et violent.

Sublimation de l'arme Ă  feu : La photographie peut transformer la reprĂ©sentation de l’arme Ă  feu en un symbole ou une image qui sublime la violence qu’elle incarne, en lui confĂ©rant une dimension esthĂ©tique ou mythique, dĂ©tachĂ©e de sa fonction lĂ©tale.

📝 Points essentiels

La photographie a la capacitĂ© de mettre en lumiĂšre ou de dĂ©noncer des violences systĂ©miques, mais l’absence d’images dans certains cas est tout aussi significative, pouvant souligner la censure ou l’indicible. La prĂ©sence d’un appareil lors d’un Ă©vĂ©nement photographique n’est pas neutre : elle influence et modifie l’environnement, soulignant que la simple action de prendre une photo peut devenir un acte Ă  la fois politique et Ă©thique.

La prise de vue peut rapidement devenir un acte prĂ©datoire, notamment dans des contextes de violence ou de guerre. En capturant la scĂšne, le photographe peut subliminer la violence par le regard, en transformant une rĂ©alitĂ© brutale en une image esthĂ©tique ou symbolique. Ce processus peut aussi rĂ©vĂ©ler un voyeurisme photographique, oĂč l’observateur ou le photographe cherche Ă  possĂ©der ou Ă  exhiber la souffrance de l’autre, rĂ©vĂ©lant une volontĂ© de domination ou de contrĂŽle par l’image.

💡 À retenir

La photographie, en tant qu’acte politique et Ă©thique, peut Ă  la fois rĂ©vĂ©ler ou masquer la violence. Elle transforme le regard en arme ou en tĂ©moignage, selon l’intention et le contexte, soulignant ainsi la complexitĂ© du rapport entre image, pouvoir et vĂ©ritĂ©.

📖 4. Performances et domination

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

Performance test (Acconci) : La performance test, selon Acconci, consiste Ă  mettre en scĂšne une interaction oĂč le regard et la prĂ©sence de l’artiste provoquent une dynamique de pouvoir, notamment par la mise en scĂšne de la domination ou de la soumission dans l’espace public ou artistique.

DĂ©pendance rĂ©ciproque : Relation oĂč le pouvoir exercĂ© par une partie dĂ©pend de la rĂ©action ou de la reconnaissance de l’autre, crĂ©ant une interdĂ©pendance oĂč chaque acteur influence et est influencĂ© par l’autre.

Relation de pouvoir par le regard : MĂ©canisme oĂč le regard devient un outil de domination ou de reconnaissance, Ă©tablissant une relation oĂč celui qui regarde peut exercer une influence ou une pression sur l’autre, tout en Ă©tant lui-mĂȘme soumis Ă  ce regard.

Arroseur arrosĂ© (Douillard) : Concept selon Douillard illustrant une situation oĂč celui qui exerce une perturbation ou une domination se retrouve lui-mĂȘme victime ou acteur d’une perturbation, remettant en question la hiĂ©rarchie initiale.

Perturbation urbaine : Intervention artistique ou performative qui modifie la circulation ou la visibilitĂ© dans l’espace public, questionnant la perception et la relation des usagers Ă  cet espace.

📝 Points essentiels

La performance d’Acconci met en scĂšne la domination par le regard entre l’artiste et le spectateur, illustrant la dynamique de pouvoir oĂč le regard peut Ă  la fois exercer une influence et ĂȘtre soumis Ă  celle-ci. La relation de regard crĂ©e une interdĂ©pendance oĂč le pouvoir n’est pas unilatĂ©ral, mais rĂ©ciproque, chaque partie Ă©tant Ă  la fois acteur et sujet. L'Ɠuvre de Douillard, en transformant les spectateurs en acteurs, perturbe la circulation urbaine et remet en question la visibilitĂ© dans l’espace public, soulignant la capacitĂ© de l’art Ă  modifier la perception et la dynamique sociale. Enfin, le regard performatif peut servir d’outil de reconnaissance et d’individuation, permettant Ă  chaque individu de s’affirmer ou de se faire reconnaĂźtre dans un espace social ou public.

💡 À retenir

Le regard en performance est un champ de pouvoir dynamique oĂč domination et reconnaissance s’entrelacent, rĂ©vĂ©lant la complexitĂ© des interactions sociales dans l’espace public.

📖 5. PerformativitĂ© et interaction

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

Actes de langage (Austin) : Selon John Langshaw Austin (1997), les actes de langage dĂ©signent la capacitĂ© d’un Ă©noncĂ© Ă  faire advenir une rĂ©alitĂ© lorsqu’il est prononcĂ© dans un contexte appropriĂ©. Par exemple, une dĂ©claration lors d’un mariage, comme « Je vous dĂ©clare mari et femme », ne se limite pas Ă  dĂ©crire une situation, mais la crĂ©e effectivement. La performativitĂ© verbale repose donc sur cette capacitĂ© Ă  rĂ©aliser une action par le simple fait de parler.

PerformativitĂ© verbale : Concept issu de la thĂ©orie des actes de langage, la performativitĂ© dĂ©signe l’action par laquelle un Ă©noncĂ© ou un regard fait advenir une rĂ©alitĂ©. Elle implique que certains mots ou gestes ne se contentent pas de reprĂ©senter, mais produisent concrĂštement un changement ou une situation dans le rĂ©el.

MĂ©tapiction : La mĂ©tapiction dĂ©signe l’idĂ©e que l’image porte en elle-mĂȘme une signification sur sa nature et son acte de regard. Elle rĂ©vĂšle que l’image n’est pas seulement un support de reprĂ©sentation, mais qu’elle possĂšde une dimension rĂ©flexive, une capacitĂ© Ă  commenter sa propre nature ou son processus de crĂ©ation.

ThéùtralitĂ© vs anti-théùtralitĂ© : La tension entre ces deux notions interroge l’implication physique du spectateur dans l’Ɠuvre. La théùtralitĂ© suppose une mise en scĂšne visible, une participation ou une mise en scĂšne qui engage le corps et le regard du spectateur. L’anti-théùtralitĂ©, au contraire, cherche Ă  minimiser cette implication, favorisant une rĂ©ception plus passive ou discrĂšte, oĂč l’Ɠuvre ne cherche pas Ă  faire intervenir directement le spectateur.

Personnification de l'Ɠuvre : La personnification consiste Ă  attribuer Ă  l’Ɠuvre une identitĂ© ou une voix propre, crĂ©ant un dialogue entre le spectateur et l’objet artistique. Cela permet de faire exister l’Ɠuvre comme un acteur Ă  part entiĂšre, capable d’interagir ou de rĂ©agir dans le processus de perception.

📝 Points essentiels

La performativitĂ© dĂ©signe l’action par laquelle un Ă©noncĂ© ou un regard fait advenir une rĂ©alitĂ©. Par exemple, un discours ou un regard peut transformer une situation ou une perception en une nouvelle rĂ©alitĂ© concrĂšte. Dans le contexte de l’art et du cinĂ©ma, cette performativitĂ© du regard permet aux spectateurs de co-construire du sens, en agissant sur l’Ɠuvre par leur regard critique ou leur participation active.

La mĂ©tapiction rĂ©vĂšle que l’image possĂšde en elle-mĂȘme une signification sur sa nature et son acte de regard. Elle montre que regarder n’est pas un acte neutre, mais un processus de sĂ©lection qui implique une rĂ©flexion sur la fonction et la signification de l’image. La mĂ©tapiction invite Ă  considĂ©rer l’image comme un espace rĂ©flexif, capable de commenter sa propre existence ou sa maniĂšre d’ĂȘtre regardĂ©e.

La tension entre théùtralitĂ© et anti-théùtralitĂ© questionne la nature de l’implication physique du spectateur dans l’Ɠuvre. La théùtralitĂ© suppose une mise en scĂšne visible, une participation active qui engage le corps et le regard, crĂ©ant une expĂ©rience immersive. L’anti-théùtralitĂ©, en revanche, privilĂ©gie une rĂ©ception plus discrĂšte, oĂč l’Ɠuvre ne cherche pas Ă  manipuler directement le spectateur, mais Ă  laisser une impression plus subtile ou rĂ©flexive.

La personnification des Ɠuvres crĂ©e un dialogue entre le spectateur et l’objet artistique. En attribuant une identitĂ© ou une voix Ă  l’Ɠuvre, cette derniĂšre devient un acteur Ă  part entiĂšre, capable d’interagir ou de susciter une rĂ©ponse. Cela favorise une relation plus vivante et dynamique, oĂč le sens se construit dans l’échange.

💡 À retenir

La performativitĂ© du regard et du langage transforme la perception en interaction crĂ©atrice, oĂč l’image et le spectateur co-construisent du sens. La tension entre théùtralitĂ© et anti-théùtralitĂ©, ainsi que la personnification de l’Ɠuvre, illustrent cette dynamique d’engagement et de dialogue dans l’expĂ©rience artistique.

📖 6. Droits de regard et identitĂ©

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

Female gaze : Le female gaze renverse le male gaze en rĂ©ifiant les hommes et en adoptant le point de vue fĂ©minin. Il s’agit d’un regard qui valorise la subjectivitĂ© et l’expĂ©rience des femmes, offrant une perspective alternative Ă  la reprĂ©sentation traditionnelle masculine dans l’art et les mĂ©dias.

Oppositional gaze (bell hooks) : Le regard oppositional est un regard critique et rĂ©sistant des spectatrices noires face aux reprĂ©sentations dominantes. Il s’agit d’un regard qui remet en question, dĂ©nonce et refuse la passivitĂ© face aux images stĂ©rĂ©otypĂ©es ou racistes, revendiquant une visibilitĂ© et une autonomie dans la perception.

Boucle de rĂ©troaction scopique : Processus selon lequel le regard et l’image s’influencent mutuellement. La perception de l’image influence le regard, qui Ă  son tour modifie la maniĂšre dont l’image est produite ou perçue, crĂ©ant une dynamique de pouvoir et de construction identitaire.

ReprĂ©sentation raciale : Façon dont les groupes raciaux sont reprĂ©sentĂ©s dans les mĂ©dias, l’art et la culture. Elle peut ĂȘtre source d’exclusion ou de stĂ©rĂ©otypes, mais aussi d’affirmation identitaire lorsque les personnes racisĂ©es revendiquent leur image face aux biais racistes.

Capitalisme numĂ©rique : SystĂšme Ă©conomique basĂ© sur la production, la diffusion et la consommation d’images et de donnĂ©es via les technologies numĂ©riques. Il influence la visibilitĂ© et la reprĂ©sentation, souvent en excluant ou en marginalisant certains groupes raciaux ou sociaux, qui revendiquent leur image par l’art pour rĂ©affirmer leur identitĂ©.

📝 Points essentiels

Le female gaze renverse le male gaze en adoptant une perspective fĂ©minine qui valorise la subjectivitĂ© des femmes, rĂ©affirmant leur pouvoir de regard et leur visibilitĂ©. L’oppositional gaze, selon bell hooks, constitue une posture critique et rĂ©sistante des spectatrices noires, face aux images dominantes qui stĂ©rĂ©otypent ou marginalisent. Ces deux concepts illustrent que le regard n’est pas neutre mais un espace de lutte politique et d’affirmation identitaire.

Les Ɠuvres de Jenna Gribbon, en particulier, explorent la construction intime de l’identitĂ© Ă  travers le regard rĂ©ciproque, soulignant que le regard est un outil de reconnaissance et de construction personnelle. Par ailleurs, les biais racistes prĂ©sents dans les technologies numĂ©riques excluent souvent les personnes racisĂ©es, qui revendiquent leur image et leur visibilitĂ© par l’art, comme moyen de rĂ©sistance face Ă  ces exclusions.

Enfin, le regard est un espace de lutte politique et d’affirmation dans les sociĂ©tĂ©s coloniales et capitalistes. Il devient un enjeu oĂč les sujets marginalisĂ©s rĂ©inventent leur visibilitĂ© et leur pouvoir, en utilisant l’art et la reprĂ©sentation pour contester les systĂšmes d’oppression et revendiquer leur identitĂ©.

💡 À retenir

Le droit de regard constitue un enjeu politique et identitaire majeur, oĂč les sujets marginalisĂ©s, notamment racisĂ©s ou fĂ©minins, rĂ©inventent leur visibilitĂ© et leur pouvoir face aux reprĂ©sentations dominantes et aux biais du capitalisme numĂ©rique.

📖 7. RĂ©versibilitĂ© du regard

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

RĂ©versibilitĂ© du regard : Relation d’échange oĂč regardeur et regardĂ© se renvoient mutuellement leur image, crĂ©ant une dynamique d’interaction. La perception n’est pas unilatĂ©rale, mais devient un processus partagĂ©, oĂč chacun devient Ă  la fois observateur et observĂ©.

Art de la situation (Pierre Huyghe) : Approche artistique qui privilĂ©gie des expositions vivantes oĂč Ɠuvres et visiteurs coexistent dans un Ă©cosystĂšme dynamique, favorisant une interaction continue et fluide entre tous les Ă©lĂ©ments.

TĂ©moins vs spectateurs : Distinction entre ceux qui assistent passivement Ă  une Ɠuvre ou un Ă©vĂ©nement (spectateurs) et ceux qui participent activement ou en tant que tĂ©moins directs, impliquĂ©s dans la dynamique de l’échange.

Miroir vidĂ©ographique (Dan Graham) : Outil artistique utilisant un miroir vidĂ©o pour instaurer un dialogue entre l’artiste et le public, modifiant la perception mutuelle par la mise en abyme de l’image et du regard.

Conversation performative : Interaction oĂč le regard et le comportement des participants sont en dialogue, transformant la relation en une performance oĂč chaque acte contribue Ă  la construction du sens partagĂ©.

📝 Points essentiels

La rĂ©versibilitĂ© du regard implique une relation d’échange oĂč regardeur et regardĂ© se renvoient mutuellement leur image, Ă©tablissant ainsi une dynamique d’interaction performative. Pierre Huyghe, par ses expositions vivantes, crĂ©e des espaces oĂč Ɠuvres et visiteurs coexistent dans un Ă©cosystĂšme dynamique, renforçant cette interaction. Dan Graham, quant Ă  lui, utilise le miroir vidĂ©ographique pour instaurer un dialogue entre artiste et public, modifiant la perception mutuelle par la mise en miroir. Le dĂ©lai dans la vidĂ©o introduit une mĂ©canique des regards qui transforme l’attitude des spectateurs, en leur faisant prendre conscience d’ĂȘtre vus, ce qui intensifie la relation de rĂ©ciprocitĂ©. La frontiĂšre entre observateur et observĂ© s’efface, permettant une co-construction de sens oĂč chaque regard participe Ă  l’élaboration de l’expĂ©rience.

💡 À retenir

La rĂ©versibilitĂ© du regard instaure une interaction performative oĂč la frontiĂšre entre observateur et observĂ© s’efface, favorisant une co-construction de sens et une dynamique d’échange actif.

📊 Tableaux de Synthùse

ThÚmeNotions clésAuteurConcepts principaux
Le regard comme actionRegard actif, construction sociale du regard, hiĂ©rarchisation, God trick, absorbementHaraway, FriedLe regard comme une action performative, façonnant la sociĂ©tĂ© et l’espace
Architecture et pouvoirArchitecture impériale, perspective linéaire, symbolisme architectural, pouvoir visibleInconnuArchitecture comme outil de mise en scÚne du pouvoir, influence sur perception et hiérarchie
Photographie et violenceÉvĂ©nement photographique, images manquantes, violences systĂ©miques, voyeurisme, sublimationInconnuLa photographie comme rĂ©vĂ©lateur ou masque de la violence, influence du regard
Performances et dominationPerformance test (Acconci), dépendance réciproque, relation de pouvoir par le regard, arroseur arroséDouillardLa performance comme mise en scÚne du pouvoir et de la domination par le regard

⚠ PiĂšges & Confusions FrĂ©quentes

  1. Confondre le regard passif avec le regard actif : le regard n’est pas seulement une perception sensorielle mais une action performative.
  2. Assimiler le God trick Ă  une vision neutre ou objective : il s’agit d’une vision situĂ©e, partiale et genrĂ©e.
  3. Confondre architecture impĂ©riale avec tout type d’architecture monumentale : seule celle utilisĂ©e pour incarner et afficher le pouvoir est concernĂ©e.
  4. Ignorer l’impact de la perspective linĂ©aire dans la hiĂ©rarchisation spatiale : elle oriente le regard pour renforcer la domination.
  5. Penser que l’absence d’image dans la photographie est insignifiante : elle peut rĂ©vĂ©ler censure ou indicible.
  6. Confondre voyeurisme photographique avec un simple acte documentaire : il peut ĂȘtre une forme de domination ou de contrĂŽle.
  7. Croire que la performance ne concerne que l’art vivant : elle sert aussi à explorer les rapports de pouvoir dans l’espace public.

✅ Checklist Examen

  1. Connaßtre la définition de Perroux sur la croissance.
  2. Expliquer en quoi le regard comme action participe Ă  la construction sociale selon Haraway.
  3. Définir le concept de God trick et ses implications dans la perception visuelle.
  4. Identifier les caractĂ©ristiques de l’architecture impĂ©riale et son rĂŽle dans l’affichage du pouvoir.
  5. DĂ©crire comment la perspective linĂ©aire influence la hiĂ©rarchisation dans l’espace architectural.
  6. Analyser le rÎle de la photographie dans la révélation ou la dissimulation des violences systémiques.
  7. Discuter du voyeurisme photographique et ses enjeux éthiques.
  8. Expliquer la notion de performance test selon Acconci et son rapport au pouvoir.
  9. Définir la dépendance réciproque dans les relations de pouvoir par le regard.
  10. Illustrer comment l’arroseur arrosĂ© remet en question les hiĂ©rarchies initiales dans une performance.
  11. MaĂźtriser les concepts clĂ©s liĂ©s Ă  la performativitĂ© et Ă  l’interaction dans le contexte artistique.
  12. Vérifier sa compréhension des enjeux liés à la réversibilité du regard dans différents contextes sociaux et artistiques.

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1. Quelle est la conséquence de considérer le regard comme une action dans la construction sociale et spatiale ?

2. Comment peut-on appliquer concrÚtement l'architecture pour renforcer la représentation du pouvoir dans un espace urbain ou monumental ?

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Regard comme action — dĂ©finition ?

Le regard influence et construit le monde social.

Architecture et pouvoir — rîle ?

Afficher et renforcer la domination par la mise en scĂšne.

Photographie et violence — lien ?

Documenter ou masquer la violence selon le contexte.

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