Revision sheet: L'évolution de la relation du Royaume-Uni avec l'Europe

Plan du Cours

  1. Refus britannique de l’entrée à la CEE
  2. Rivalité européenne et création de l’EFTA
  3. Changement de cap et demande d’adhésion britannique
  4. Opposition française de Gaulle et blocage de l’entrée
  5. Adhésion britannique en 1973 et référendum de 1975
  6. Budget de la CEE et mécanisme du rabais britannique
  7. Politique agricole commune et réformes sous pression
  8. Traité de Maastricht, euro et débats britanniques
  9. De Cameron au référendum 2017 et montée de l’UKIP

1. Refus britannique de l’entrée à la CEE

Notions clés & Définitions

  • Souveraineté nationale : Notion politique selon laquelle un État conserve le contrôle suprême de ses affaires internes et étrangères.
  • Organisation supranationale : Organisation où des décisions peuvent s’imposer aux États membres, ce qui réduit leur contrôle direct.
  • Communwealth : Réseau de relations du Royaume-Uni avec ses anciens territoires, structurant des échanges commerciaux privilégiés.
  • Relation spéciale avec les USA : Lien privilégié du Royaume-Uni avec les États-Unis, jugé stratégique pour la politique étrangère et économique.
  • European Free Trade Association : Association de libre-échange créée en 1959 par le Royaume-Uni et d’autres pays pour éviter une intégration politique commune.

Points essentiels

  • Le refus initial vise surtout la perte de souveraineté liée à une organisation perçue comme supranationale.
  • Les gouvernements britanniques craignent que l’économie britannique ne soit plus contrôlée, notamment face à la Commission à Bruxelles.
  • Les Britanniques redoutent une intégration économique entraînant aussi une intégration politique.
  • La préférence accordée aux biens du Commonwealth (ex. agri) est vue comme menacée, alors qu’environ 40% des exportations partent vers l’Empire puis le Commonwealth.
  • La relation spéciale avec les USA est jugée risquée si le Royaume-Uni s’engage trop profondément dans l’intégration européenne.

Astuce mémo

Souveraineté + Commission = peur ; Commonwealth + USA = attachements à préserver.

2. Rivalité européenne et création de l’EFTA

Notions clés & Définitions

  • EFTA : Groupe rival de 1959 visant la suppression progressive des droits de douane entre membres sans politique économique commune.
  • Libre-échange : Principe d’échanges où les droits de douane sont réduits, sans harmonisation politique ou institutionnelle complète.
  • Absence de Commission : Caractéristique de l’EFTA : pas d’organe de type Commission chargé d’interférer dans les affaires internes des États.

Points essentiels

  • En 1959, le Royaume-Uni organise une alternative à la CEE : l’EFTA.
  • Les membres s’engagent à abolir progressivement les tarifs entre eux.
  • Aucune politique économique commune n’est prévue dans l’EFTA.
  • L’EFTA ne crée pas de Commission capable d’intervenir dans les affaires internes des États membres.
  • L’EFTA est présentée comme un compromis : intégrer le commerce sans accepter une intégration politique.

Astuce mémo

EFTA = échange sans Commission, donc contrôle national maintenu.

3. Changement de cap et demande d’adhésion britannique

Notions clés & Définitions

  • Macmillan : Premier ministre britannique conservateur qui annonce le changement de position vers l’adhésion à la CEE en 1961.
  • Harold Wilson : Premier ministre travailliste qui, malgré une opposition antérieure, finit par considérer l’adhésion comme la solution.
  • EEC comme succès : Idée selon laquelle la CEE fonctionne très bien, ce qui rend l’adhésion plus attractive pour le Royaume-Uni.
  • Arrangements spéciaux : Dispositifs envisagés pour permettre le commerce avec les pays du Commonwealth une fois le Royaume-Uni membre.

Points essentiels

  • En 1961, le Royaume-Uni change d’avis et Macmillan annonce l’adhésion à la CEE.
  • Le succès de la CEE est présenté comme un argument : l’économie britannique paraît moins dynamique en comparaison.
  • Le Commonwealth est jugé moins attractif en pouvoir d’achat que la CEE, malgré sa grande population.
  • L’indépendance de nombreuses colonies réduit l’assurance de maintenir le niveau des échanges avec le Commonwealth.
  • Le Royaume-Uni espère aussi que l’entrée stimulera l’industrie britannique par la concurrence des membres de la CEE.

Astuce mémo

Succès de la CEE + stagnation britannique = bascule vers l’entrée.

4. Opposition française de Gaulle et blocage de l’entrée

Notions clés & Définitions

  • Charles de Gaulle : Président français qui bloque deux fois l’entrée britannique à la CEE en 1963 et 1967.
  • Veto de Gaulle : Refus formel de l’entrée britannique, interrompant les négociations à deux reprises.
  • Trojan horse : Métaphore utilisée pour décrire une influence indirecte : une fois dedans, le Royaume-Uni agirait avec les USA.
  • Agriculture française : Secteur protégé par la CEE via des tarifs élevés, au cœur des tensions lors de l’adhésion britannique.

Points essentiels

  • De Gaulle interrompt les négociations et oppose un veto à l’entrée britannique deux fois : en 1963 et en 1967.
  • Il affirme que le Royaume-Uni a trop de problèmes économiques et affaiblirait la CEE.
  • Il refuse les concessions liées au Commonwealth dans le cadre de l’adhésion britannique.
  • Le motif central attribué est la crainte d’une influence américaine via le Royaume-Uni, décrit comme un « cheval de Troie ».
  • Le blocage inclut aussi la question agricole : des tarifs élevés protègent les agriculteurs français, et l’entrée exposerait ces derniers à la concurrence britannique et potentiellement du Commonwealth.

Astuce mémo

De Gaulle bloque : économie britannique + USA via « cheval de Troie » + choc agricole.

5. Adhésion britannique en 1973 et référendum de 1975

Notions clés & Définitions

  • Georges Pompidou : Successeur de de Gaulle, présenté comme plus favorable à l’adhésion britannique.
  • Edward Heath : Premier ministre conservateur (1970-1974) dont les compétences de négociation facilitent l’entrée en 1973.
  • Référendum de 1975 : Vote britannique demandant si le Royaume-Uni doit rester dans la CEE.
  • 67% d’approbation : Résultat chiffré du référendum de 1975 en faveur du maintien dans la CEE.

Points essentiels

  • L’entrée britannique devient possible surtout après la démission de de Gaulle en 1969.
  • Le successeur Georges Pompidou est décrit comme plus amical envers le Royaume-Uni.
  • En 1973, le Royaume-Uni rejoint la communauté avec l’Irlande et le Danemark.
  • La négociation est attribuée en particulier aux compétences d’Edward Heath (1970-1974).
  • Le référendum de 1975 demande de rester ou non dans la CEE, avec 67% favorables.
  • Le résultat est jugé moins décisif car seulement les 2/3 de l’électorat votent, donc moins de la moitié des électeurs sont réellement convaincus.

Astuce mémo

1973 entrée ; 1975 vote : 67% oui, mais faible participation = mandat incomplet.

6. Budget de la CEE et mécanisme du rabais britannique

Notions clés & Définitions

  • Contribution au budget : Montant versé par un État au budget de la CEE, lié notamment aux importations et aux droits perçus.
  • Margaret Thatcher : Premier ministre conservatrice qui exige une réduction de la contribution britannique au budget de la CEE.
  • Rabais britannique : Compensation durable obtenue en 1984 pour réduire la contribution du Royaume-Uni au budget.
  • Droits de douane à l’importation : Recettes douanières prises en compte pour calculer les contributions nationales au budget.

Points essentiels

  • Au début de l’adhésion, beaucoup de Britanniques sont déçus : les bénéfices paraissent faibles et l’économie semble stagner.
  • Les exportations vers la communauté augmentent, mais les importations depuis la communauté augmentent davantage.
  • Une crise éclate en 1980 quand Thatcher découvre que la contribution britannique est la plus élevée, soit le double de celle de l’Allemagne de l’Ouest.
  • Le calcul des contributions tient compte des droits de douane reçus : le Royaume-Uni importe davantage de l’extérieur, donc paie plus.
  • En 1984, après des négociations, un compromis durable réduit fortement la contribution : c’est le « rabais ».

Astuce mémo

Plus d’importations hors CEE = plus de droits = contribution élevée ; rabais = correction.

7. Politique agricole commune et réformes sous pression

Notions clés & Définitions

  • Politique agricole commune : Politique de la CEE visant à soutenir les agriculteurs via subventions et mécanismes de prix.
  • Subventions agricoles : Aides versées aux agriculteurs pour maintenir leurs revenus et stabiliser les prix pour les consommateurs.
  • Surproduction : Production excessive encouragée par des conditions avantageuses, au-delà de ce qui peut être vendu.
  • Quotas de production : Limites chiffrées de production mises en place pour contrôler l’offre agricole.
  • Gel des prix : Mesure de stabilisation des prix dans le cadre de réformes agricoles.

Points essentiels

  • La CAP est lancée dans les années 1960 pour aider les agriculteurs français et permettre à la communauté de produire une grande partie de sa nourriture.
  • Les subventions maintiennent les revenus des agriculteurs tout en gardant des prix jugés raisonnables pour les consommateurs.
  • Le système incite à produire plus que nécessaire, ce qui mène à une surproduction.
  • En 1980, environ les trois quarts du budget de la CEE sont consacrés chaque année aux subventions agricoles.
  • Le Royaume-Uni, l’Allemagne de l’Ouest et les Pays-Bas demandent une limite aux subventions, tandis que la France résiste car ses agriculteurs profitent du système.
  • Des réformes sont introduites après des négociations difficiles avec la France : quotas de lait en 1984, puis en 1992 restrictions de production et gel des prix, avec des changements pour favoriser des méthodes plus écoc

Astuce mémo

CAP = subventions → surproduction ; réformes = quotas puis restrictions + gel des prix.

8. Traité de Maastricht, euro et débats britanniques

Notions clés & Définitions

  • Traité de Maastricht : Traité de 1992 visant une union plus étroite et une nouvelle étape vers des politiques communes.
  • Union économique et monétaire : Volet du traité prévoyant une coordination renforcée et la possibilité d’une monnaie commune.
  • Opt-out sur la monnaie unique : Clause permettant au Royaume-Uni (et au Danemark) de ne pas participer à la monnaie unique.
  • Social chapter : Section du traité listant des règles sociales destinées à protéger les travailleurs contre l’exploitation.
  • Traité d’Amsterdam : Traité de 1997 qui intègre le Social Chapter dans le nouveau texte.

Points essentiels

  • Le traité de Maastricht (1992) lance une étape vers une union plus étroite entre les peuples européens.
  • Il prévoit notamment plus de pouvoirs pour le Parlement européen et une union économique et monétaire avec option de monnaie commune.
  • Il prévoit aussi des éléments de politique de sécurité et étrangère, une citoyenneté européenne, et le changement de nom de la CEE en Union européenne.
  • Le Royaume-Uni s’oppose fortement à l’idée d’une Europe plus fédérale et à l’union monétaire, ce qui conduit à un opt-out sur la monnaie unique.
  • Le Royaume-Uni s’oppose aussi au Social chapter, jugé augmenter les coûts et provoquer du chômage, et la section est retirée du texte final.
  • En 1997, après la victoire travailliste, le Social Chapter est intégré au traité d’Amsterdam, tandis que le Royaume-Uni ne rejoint pas l’euro et promet un référendum plus tard.

Astuce mémo

Maastricht = plus d’union ; UK = opt-out euro + retrait Social chapter ; puis Amsterdam = Social chapter revient.

9. De Cameron au référendum 2017 et montée de l’UKIP

Notions clés & Définitions

  • David Cameron : Premier ministre conservateur eurosceptique à partir de 2010, menant une coalition et proposant un référendum.
  • Référendum 2017 : Vote annoncé pour demander si le Royaume-Uni doit rester ou quitter l’Union européenne.
  • UKIP : Parti de Nigel Farage, eurosceptique et populiste de droite, favorable à la sortie de l’UE.
  • Nigel Farage : Leader de l’UKIP mentionné comme figure centrale de la montée électorale du parti.
  • Coalition Cameron : Gouvernement de coalition composé de conservateurs et de libéraux-démocrates.

Points essentiels

  • Depuis 2010, le Premier ministre est David Cameron, décrit comme eurosceptique, à la tête d’une coalition conservateurs + libéraux-démocrates.
  • En 2011, Cameron propose un référendum en 2017 pour demander aux Britanniques de rester ou de quitter l’Union européenne.
  • En mai 2014, les élections européennes au Royaume-Uni sont remportées par l’UKIP.
  • L’UKIP obtient 24,5% des voix, mais seulement environ 1/3 des électeurs britanniques se déplacent.
  • L’UKIP est présenté comme favorable à la sortie de l’UE et sa montée inquiète des partenaires européens.
  • Pour contrer l’UKIP, Cameron promet de renégocier les liens du Royaume-Uni avec l’UE avant un référendum « in-out » en 2017, sans préciser clairement les changements.

Astuce mémo

Cameron = renégocier puis référendum ; UKIP = pression électorale malgré faible participation.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1959Création de l’EFTA par le Royaume-Uni et d’autres pays
1961Annonce par Macmillan que le Royaume-Uni va rejoindre la CEE
1963Veto de de Gaulle contre l’entrée britannique
1967Deuxième veto de de Gaulle contre l’entrée britannique
1969Démission de de Gaulle rendant l’entrée possible
1973Adhésion britannique à la communauté (avec l’Irlande et le Danemark)
1975Référendum britannique sur le maintien dans la CEE
1980Crise budgétaire : contribution britannique la plus élevée
1984Compromis sur le rabais britannique et quotas de lait
1992Traité de Maastricht et réforme agricole avec restrictions de production et gel des prix

Tableaux de synthèse

EFTA vs CEE

AspectEFTACEE
Intégration politiqueAucune intégration politique communeIntégration perçue comme pouvant devenir politique
Institution de contrôlePas de CommissionCommission à Bruxelles perçue comme influente
Objectif principalAbolition progressive des tarifs entre membresIntégration économique plus large

Maastricht : position britannique

SujetPosition du Royaume-UniConséquence
Monnaie uniqueOpposition à l’union monétaireOpt-out pour le Royaume-Uni (et le Danemark)
Social chapterOpposition aux règles socialesSocial chapter retiré du texte final

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre EFTA et CEE : l’EFTA est présentée comme un libre-échange sans Commission ni politique économique commune.
  2. Croire que 67% au référendum de 1975 signifie l’adhésion soutenue par la majorité des électeurs : la participation n’est que des 2/3.
  3. Penser que le rabais britannique vient d’une baisse des importations : la logique donnée repose sur le calcul lié aux droits de douane et au volume d’importations.
  4. Mélanger CAP et réformes : la CAP est le système de subventions, tandis que les réformes (1984, 1992) répondent aux excès et aux négociations.
  5. Oublier que le Royaume-Uni ne rejoint pas l’euro malgré Maastricht : l’opt-out et l’absence d’adhésion à l’euro sont explicitement mentionnés.
  6. Croire que le Social chapter disparaît définitivement : il est retiré du texte final de Maastricht puis réintégré via Amsterdam en 1997.

Checklist Examen

  1. Expliquer les raisons du refus britannique initial : souveraineté, contrôle économique, crainte d’intégration politique, Commonwealth, USA.
  2. Décrire l’EFTA : date 1959, suppression progressive des tarifs, absence de politique commune et absence de Commission.
  3. Raconter le changement de cap : succès de la CEE, stagnation britannique, incertitudes sur le Commonwealth, rôle de la concurrence, et annonce de Macmillan en 1961.
  4. Présenter l’opposition française : veto de Gaulle en 1963 et 1967, motifs économiques, Commonwealth, crainte d’influence américaine, et problème agricole.
  5. Indiquer l’entrée en 1973 et le référendum de 1975 : acteurs (Heath), résultat (67%), et limite due à la participation (2/3).
  6. Expliquer la crise budgétaire et le rabais : contribution élevée en 1980, mécanisme de calcul via droits de douane, et compromis de 1984.
  7. Maîtriser la CAP : objectifs, subventions, surproduction, poids dans le budget (3/4 en 1980), demandes de plafonds, et réformes (1984 quotas, 1992 restrictions + gel des prix).
  8. Connaître Maastricht : objectifs, éléments clés (Parlement, union économique et monétaire, sécurité/étranger, citoyenneté, changement de nom), et positions britanniques (opt-out euro, retrait Social chapter).
  9. Relier la période 1997-2009 : inclusion du Social chapter dans Amsterdam, non-adhésion à l’euro, constitution rejetée en 2005, et adoption du traité de Lisbonne en 2009.
  10. Expliquer la séquence Cameron-UKIP : coalition, proposition de référendum 2017, victoire UKIP en mai 2014, score 24,5%, faible participation (1/3), et promesse de renégociation sans détails.

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Refus britannique à la CEE — motif ?

Perte de souveraineté et crainte d’intégration politique.

EFTA — création ?

Groupe de libre-échange créé en 1959 par le Royaume-Uni et d’autres pays.

Changement de cap britannique — date ?

Année 1961, Macmillan annonce la demande d’adhésion.

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