đ Plan du Cours
- Tensions et enjeux de la parole dans lâanalyse et la critique dâart
- Figures majeures et citations clĂ©s illustrant les dĂ©bats sur la parole et lâĆuvre
- Naissance et Ă©volution historique de la critique dâart et de lâhistoire de lâart
- Approches critiques et discursives dans lâart : entre description, jugement et interprĂ©tation
- Relations entre Ćuvre, langage et mĂ©diation : limites et potentialitĂ©s du discours
- PerformativitĂ© du langage et discours artistique dans lâart conceptuel et dadaĂŻste
- Mise en scĂšne de la communication et de lâinterprĂ©tation dans lâart contemporain
- Médiation artistique comme performance orale et spectacle sans objet
- Conférence et conférence-performance : statut, enjeux et hybridation artistique
- Figures oratrices et jeux de pouvoir dans la parole artistique
- Impact de lâintelligence artificielle sur le langage, la singularitĂ© et la vĂ©ritĂ©
- Langage, interprétation et continuité de la réflexion dans les arts et sciences
đ 1. Tensions et enjeux de la parole dans lâanalyse et la critique dâart
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- ThĂ©orie : En critique dâart, lâensemble des discours savants qui utilisent des concepts souvent empruntĂ©s Ă des disciplines extĂ©rieures aux champs artistiques, combinant rĂ©cits et interprĂ©tations pour analyser et comprendre les Ćuvres.
- ExpĂ©rience esthĂ©tique : La perception sensible premiĂšre dâune Ćuvre, caractĂ©risĂ©e par une apprĂ©hension immĂ©diate par les sens, qui peut ĂȘtre mise en tension par la parole critique soucieuse de ne pas en altĂ©rer la nature.
- Discours intellectualiste : Philo, socio, histoire, etc.
- Ćuvre parlante : Une Ćuvre qui intĂšgre dans sa composition des textes, documents ou paroles, tels que des Ă©crits dâartistes ou des dispositifs oraux, Ă©tablissant une interaction entre lâĆuvre et la parole.
- Dans lâespace : La manifestation des Ćuvres parlantes par lâintĂ©gration de textes ou de dispositifs dans lâespace mĂȘme de lâĆuvre, comme dans les installations, performances ou Ćuvres multimĂ©dia.
đ Points essentiels
- Lâanalyse et la critique dâart oscillent entre une approche sensible premiĂšre et une volontĂ© de comprĂ©hension intellectuelle, avec une crainte que lâanalyse dĂ©nature lâexpĂ©rience esthĂ©tique.
- Les discours savants en critique dâart empruntent souvent des concepts extĂ©rieurs aux champs artistiques, mĂȘlant rĂ©cits et interprĂ©tations, ce qui complexifie la parole sur lâĆuvre.
- Les Ćuvres parlantes se manifestent par lâintĂ©gration de textes, documents ou paroles dans lâĆuvre, ou par leur prĂ©sence dans lâespace Ă travers dispositifs artistiques.
- Le langage en critique dâart ne peut ĂȘtre rĂ©duit Ă un mode de connaissance unique, car il doit naviguer entre sensible et intelligible, ce qui crĂ©e une tension.
đĄ Ă retenir
La parole en critique dâart est un espace de tensions entre expĂ©rience sensible et discours intellectuel, cherchant Ă saisir lâĆuvre sans la dĂ©naturer, tout en intĂ©grant textes et dispositifs dans lâespace de lâĆuvre.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Ekphrasis : Description dâĆuvres fictives ou rĂ©elles Tout au long de lâantiquitĂ© : recours Ă cet exercice littĂ©raire de rhĂ©torique (art de convaincre) Les plus connus : celles de Philostrate, Eikones (Images), aujourdâhui restituĂ© dans lâouvrage La Galerie de
- Michel Foucault : - IntĂ©grer la parole dans le dispositif artistique (vidĂ©o, installations sonores, confĂ©rences-performances, mĂ©diation/audio-guides/visite guidĂ©e) IdĂ©e des artistes qui reprennent le contrĂŽle sur la parole portĂ©e sur les oeuvres Michel Foucault, lâordre du discours, 1970 -> On ne lutte pas simplement en parlant, mais par la façon dont on parle, le contexte, etc.
đ Points essentiels
- Joseph Albers affirme que la connaissance ne détruit pas la vision spontanée mais en assure les fondements.
- Ernst Gombrich souligne lâinĂ©puisabilitĂ© des grandes Ćuvres et la nouveautĂ© toujours Ă dĂ©couvrir dans lâart.
đĄ Ă retenir
Joseph Albers affirme que la connaissance ne détruit pas la vision spontanée mais en assure les fondements.
đ 3. Naissance et Ă©volution historique de la critique dâart et de lâhistoire de lâart
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Malgré tout : Malgré l'absence initiale d'une notion claire d'art avant la Renaissance, la construction de cette notion est liée à l'émergence progressive de la figure de l'artiste et à la reconnaissance de l'art comme champ autonome.
- Giorgio Vasari : Auteur du XVIe siĂšcle, Vasari a Ă©crit Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, oĂč il privilĂ©gie la vie et la biographie des artistes plutĂŽt que l'analyse approfondie de leurs Ćuvres.
- Johann Joachim Winckelman : Historien de l'art du XVIIIe siĂšcle, Winckelman a publiĂ© Histoire de l'art dans l'AntiquitĂ©, oĂč il considĂšre les Ćuvres comme la finalitĂ© de l'art et introduit la notion de styles pour structurer l'histoire de l'art.
đ Points essentiels
- Giorgio Vasari est une des premiĂšres figures Ă Ă©crire sur les artistes sans accorder une importance centrale aux Ćuvres.
- Au XVIIIe siĂšcle, lâesthĂ©tique se dĂ©veloppe en autonomisant la notion de beau par rapport Ă la valeur morale et Ă lâimitation de la nature.
- Lâart cesse dâĂȘtre uniquement mimĂ©tique pour devenir un champ dâapprĂ©ciations esthĂ©tiques autonomes.
- : Terme âobservationâ Jamais employĂ© par les historiens de lâart Ils parlent plutĂŽt dâĂ©tudes, dâanalyses et regards portĂ©s sur ... -> Contemplation de lâĆuvre avec tout lâimaginaire poĂ©tique, romantique de la contemplation (plutĂŽt traditionnel, en lien avec lâaura de lâĆuvre chez Benjamin) Relation symbolique mise Ă mal si on observe une Ćuvre plutĂŽt que de lâadmirer, on la voie comme un objet matĂ©riel et non plus comme un objet Ă forcĂ©ment admirer Daniel Arasse glisse de la contemplation Ă lâobservation -> Renouvellement des regards quâon a sur les Ćuvres Lever des indiscrĂ©tions, abolir la distance entre Ćuvre et spectateur - On nây voit rien. Descriptions, 2000. - Le dĂ©tail. Pour une histoire rapprochĂ©e de la peinture, 1994 3 â La naissance de lâesthĂ©tique Dessin : Nouveau moyen pour le passage entre arts visuels et arts libĂ©raux Lâart sort de la mĂ©taphysique (critĂšres de gouts religieux) pour pouvoir obtenir des apprĂ©ciations esthĂ©tiques XVIIIe siĂšcle : Imitation de la nature qui nâest plus la seule finalitĂ© de lâartiste - Autonomisation du beau par rapport Ă la valeur morale - Art qui ne se limite plus Ă lâimitation (mimĂ©sis) de la nature Emergence de lâesthĂ©tique Erwin Panofsky, Idea, Contribution Ă lâhistoire du concept de lâancienne thĂ©orie de lâart (1924), 1989 Concept dâIdĂ©e Vient montrer dans son ouvrage que par le prisme du concept dâIdĂ©e, on peut penser la relation
- ThĂ©orie : Somme de toutes les doctrines possibles DĂ©nominateur commun Ă toutes les hypothĂšses singuliĂšres Paradoxe entre une rĂ©flexion sur lâart postĂ©rieure aux Ćuvres, et propositions de concepts universalisables qui posent des normes aux artistes sur le beau et le laid Prudence oĂč les thĂ©oriciens ne traite pas les Ćuvres qui leur sont contemporaines MalgrĂ© tout, dans les annĂ©es 1960 (moment de tournant, crise des arts, changements majeurs) : Renouveau pour la pratique Radicalisation des formes -> interprĂ©tations nombreuses -> besoin de maitrises de ce discours -> Textes dâartistes Pour la premiĂšre fois lâĆuvre dâart porte en elle lâinterprĂ©tation qui se fait dâelle Goodman, Langages de lâart, 1990 Arts âAllographiquesâ Plusieurs exemplaires, multiplications possibles Perte de lâĆuvre unique sans perdre sa valeur Ex : Partitions de musique Arts âautographiquesâ Un seul exemplaire, pas multipliable Ex : Joconde Questionnement : Est-ce que lâĆuvre vĂ©ritable reste le document protocolaire ou lâĆuvre rĂ©alisĂ©e suite au protocole ?
đĄ Ă retenir
Giorgio Vasari est une des premiĂšres figures Ă Ă©crire sur les artistes sans accorder une importance centrale aux Ćuvres.
đ 4. Approches critiques et discursives dans lâart : entre description, jugement et interprĂ©tation
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Contemplation : Mode traditionnel dâapprĂ©ciation des Ćuvres fondĂ© sur une admiration poĂ©tique et intuitive, remis en question par une approche analytique privilĂ©giant une observation prĂ©cise et dĂ©taillĂ©e.
- Histoire rapprochĂ©e de la peinture : Approche privilĂ©giant lâanalyse fine et dĂ©taillĂ©e des Ă©lĂ©ments dâune Ćuvre pour mieux comprendre ses significations et techniques, en sâintĂ©ressant aux dĂ©tails souvent nĂ©gligĂ©s.
đ Points essentiels
- Daniel Arasse propose un passage de la contemplation Ă lâobservation pour renouveler le regard sur les Ćuvres.
- La description rapprochĂ©e permet de lever les distances entre Ćuvre et spectateur en rĂ©vĂ©lant des dĂ©tails ignorĂ©s.
- Lâhistoire rapprochĂ©e de la peinture privilĂ©gie lâanalyse prĂ©cise des dĂ©tails pour mieux comprendre les Ćuvres.
- Cette approche critique oscille entre description, jugement esthétique et interprétation contextualisée.
- ThĂ©orie : Somme de toutes les doctrines possibles DĂ©nominateur commun Ă toutes les hypothĂšses singuliĂšres Paradoxe entre une rĂ©flexion sur lâart postĂ©rieure aux Ćuvres, et propositions de concepts universalisables qui posent des normes aux artistes sur le beau et le laid Prudence oĂč les thĂ©oriciens ne traite pas les Ćuvres qui leur sont contemporaines MalgrĂ© tout, dans les annĂ©es 1960 (moment de tournant, crise des arts, changements majeurs) : Renouveau pour la Ex : SpiritualitĂ©, charge symbolique ou spĂ©culative (qui peut engager une rĂ©flexion) Didi-Huberman ne cherche pas Ă sĂ©parer ces deux rĂ©gimes mais explique que les Ćuvres contemporaines jouent de cette tension entre les deux rĂ©gimes Il faut accepter que regarder une Ćuvre nâest plus de la contemplation mais un effort pour saisir ce que lâon voit et qui impose une conversion du regard entre ces deux rĂ©gimes Broodthaers, MusĂ©e dâart moderne, dĂ©partement des aigles, section des figures, 1972 DĂ©place dette idĂ©e dans lâidĂ©e du musĂ©e MusĂ©e, installation musĂ©ale comme Ćuvre Accumulations d'objets -> saturation dâobjets et de motifs qui empĂȘchent la lecture symbolique dâun objet Mets en scĂšne la difficultĂ© quâon a en interprĂ©tant ce quâon a sous les yeux Ćuvre qui devient parlante non pas parce quâelle vient signifier directement, mais parce quâelle met en difficultĂ© le regard et lâinterprĂ©tation -> Comment rendre inopĂ©rant le langage Geste de Duchamp -> Ce nâest pas de dĂ©placer un objet banal dans lâespace de lâart, mais bien de montrer que lâobjet dâart se dĂ©finit par une notion de nomination et un discours portĂ© sur lâobjet qui en fait une Ćuvre Finalement, idĂ©e de Broodthaers : Ćuvre qui met le spectateur Ă la croisĂ©e dâune triple-attitude Mise en scĂšne la tension entre ce que lâon voit, ce quâon nous demande devoir, et ce quâon accepte ou non de voir Ici, Ćuvre parlante qui parle concepts et les textes comme matĂ©riaux artistiques.
- Lichtenstein, Les Raisons de lâart, Essai sur les thĂ©ories de la peinture, 2014 Les historiens de lâart sâintĂ©ressent Ă la signification et dĂ©chiffrement des Ćuvres Sont trĂšs rĂ©guliĂšrement passĂ© au second plan les questions matĂ©rielles et techniques de lâĆuvre dans lâhistoire de lâart Daniel Arasse, âInterprĂ©ter lâart : entre voir et savoirsâ, confĂ©rence donnĂ©e en juillet 2001 Tension entre contemplation et observation donnĂ© possible par de nouveaux concepts et moyens perceptible par le titre de la confĂ©rence Q° 1 : Statut scientifique de lâhistoire de lâart -> Elle essaie de ressembler Ă une discipline scientifique MAIS mĂȘme en rejouant des protocoles, elle nâest pas de la science DiffĂ©rence trĂšs nette en histoire et science de lâart Q°2 : Terme âobservationâ Jamais employĂ© par les historiens de lâart Ils parlent plutĂŽt dâĂ©tudes, dâanalyses et regards portĂ©s sur ...
đĄ Ă retenir
Daniel Arasse propose un passage de la contemplation Ă lâobservation pour renouveler le regard sur les Ćuvres.
đ 5. Relations entre Ćuvre, langage et mĂ©diation : limites et potentialitĂ©s du discours
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- MatĂ©riau principal : LâoralitĂ© o MĂȘme avec accessoires et contexte pris en compte, lâoralitĂ© reste au cĆur.
- Médiation artistique : Processus par lequel la parole du médiateur est mise en scÚne à travers la voix, le rythme et la gestuelle, transformant la visite en une expérience narrative performative qui repose autant sur la maniÚre de raconter que sur le contenu informatif.
- Relation entre : Interaction construite entre lâĆuvre, le langage et la mĂ©diation, caractĂ©risĂ©e par la mise en scĂšne de la parole qui peut prendre la forme dâune performance orale, dâun dispositif scĂ©narisĂ© ou dâune interaction, et qui crĂ©e un espace entre pĂ©dagogie et fiction.
đ Points essentiels
- La parole du médiateur est mise en scÚne par la voix, le rythme et la gestuelle pour captiver le public.
- La médiation artistique repose autant sur la maniÚre de raconter que sur le contenu informatif.
- Les thĂ©oriciens ventriloquent les Ćuvres, ils les font parler CapacitĂ© Ă faire parler quelque chose dâautre : avoir le pouvoir de guider et gĂ©rer notre attention Spectacle de ventriloques : jeu entre ce que lâon voit et entend Nos yeux nous donnent accĂšs Ă cette illusion, comme un discours sur une Ćuvre ou on associe Ex : SpiritualitĂ©, charge symbolique ou spĂ©culative (qui peut engager une rĂ©flexion) Didi-Huberman ne cherche pas Ă sĂ©parer ces deux rĂ©gimes mais explique que les Ćuvres contemporaines jouent de cette tension entre les deux rĂ©gimes Il faut accepter que regarder une Ćuvre nâest plus de la contemplation mais un effort pour saisir ce que lâon voit et qui impose une conversion du regard entre ces deux rĂ©gimes Broodthaers, MusĂ©e dâart moderne, dĂ©partement des aigles, section des figures, 1972 DĂ©place dette idĂ©e dans lâidĂ©e du musĂ©e MusĂ©e, installation musĂ©ale comme Ćuvre Accumulations d'objets -> saturation dâobjets et de motifs qui empĂȘchent la lecture symbolique dâun objet Mets en scĂšne la difficultĂ© quâon a en interprĂ©tant ce quâon a sous les yeux Ćuvre qui devient parlante non pas parce quâelle vient signifier directement, mais parce quâelle met en difficultĂ© le regard et lâinterprĂ©tation -> Comment rendre inopĂ©rant le langage Geste de Duchamp -> Ce nâest pas de dĂ©placer un objet banal dans lâespace de lâart, mais bien de montrer que lâobjet dâart se dĂ©finit par une notion de nomination et un discours portĂ© sur lâobjet qui en fait une Ćuvre Finalement, idĂ©e de Broodthaers : Ćuvre qui met le spectateur Ă la croisĂ©e dâune triple-attitude Mise en scĂšne la tension entre ce que lâon voit, ce quâon nous demande devoir, et ce quâon accepte ou non de voir Ici, Ćuvre parlante qui parle Ă la notion dâinframince de Duchamp Voix comme prolongement du ready made dans le domaine de la musique La voix de JosĂ©phine provoque une rupture avec la voix des autres, tout en restant quasiment la mĂȘme Lâimperfection du geste conduit cette voix vers des qualitĂ©s artistiques Chez Kafka et Ganber nâest pas simplement lĂ pour vĂ©hiculer des langages mais pour advenir une sorte dâesthĂ©tique de lâimperfection et de la quasi abstraction -> La parole devient ainsi, par cette Ćuvre, un matĂ©riau plastique du moment oĂč elle joue et tient Ă distance le langage quâelle vĂ©hicule Ćuvres qui instaurent des relations particuliĂšres entre elles et les sepctateur.rices Manifestes : VolontĂ© de dĂ©crire la voix, accorder une place importante aux onomatopĂ©es John L.
- Prennent 2 formes : - Place du texte, Ă©crits, documents dans les Ćuvres Laurence Corbel, Le Discours de lâart, Ecrits dâartistes 1960-1980, 2012. - IntĂ©grer la parole dans le dispositif artistique (vidĂ©o, installations sonores, confĂ©rences-performances, mĂ©diation/audio-guides/visite guidĂ©e) IdĂ©e des artistes qui reprennent le contrĂŽle sur la parole portĂ©e sur les oeuvres Michel Foucault, lâordre du discours, 1970 -> On ne lutte pas simplement en parlant, mais par la façon dont on parle, le contexte, etc. Enjeux politiques de la parole AnnĂ©es 50-70 : Enjeux fĂ©ministes, post-coloniales, validistes, concernant toutes minoritĂ©s, etc. Questionnement du lieu dâĂ©nonciation (musĂ©es, rues, etc.) Comment le langage (artistique ou critique) devient un moyen de prise de pouvoir ou dâĂ©mancipation dans la relation Ă lâĆuvre ? A partir de tout cela, on peut questionner : - Conditions, contexte de lâĆuvre - Formes de lâĆuvre Exemple du prof : Figure du ventriloque Avant : les sorciĂšres, Pythis ventriloquaient les dieux Puis les ventriloques font parler des boites, maisons, etc. Les thĂ©oriciens ventriloquent les Ćuvres, ils les font parler CapacitĂ© Ă faire parler quelque chose dâautre : avoir le pouvoir de guider et gĂ©rer notre attention Spectacle de ventriloques : jeu entre ce que lâon voit et entend Nos yeux nous donnent accĂšs Ă cette illusion, comme un discours sur une Ćuvre ou on associe
đĄ Ă retenir
La mĂ©diation artistique se comprend comme une performance orale oĂč le discours est simultanĂ©ment un vecteur dâinformation et un spectacle scĂ©narisĂ©, mobilisant la mise en scĂšne de la parole pour engager et transformer lâexpĂ©rience du public.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Artistiques : En contexte artistique, les Ă©lĂ©ments artistiques dĂ©signent les composantes et moyens d'expression utilisĂ©s pour crĂ©er une Ćuvre, incluant les formes, matĂ©riaux, langages et concepts mobilisĂ©s dans la production artistique.
- DĂ©matĂ©rialisation de lâĆuvre : Processus par lequel l'Ćuvre d'art devient essentiellement immatĂ©rielle, centrĂ©e sur l'idĂ©e, le texte ou le concept, relĂ©guant la forme matĂ©rielle au second plan et faisant de l'idĂ©e le vĂ©ritable matĂ©riau artistique.
- Art conceptuel : Ainsi ĂȘtre compris comme : â un art performatif, fondĂ© sur lâaction et le protocole, â un art interprĂ©tatif, qui exige une activitĂ© mentale du spectateur.
- Langage comme matĂ©riau : Lawrence Weiner Avec les Statements, Lawrence Weiner affirme que son travail reste liĂ© Ă une conception matĂ©rielle de lâart, hĂ©ritĂ©e de la sculpture, tout en passant par le langage.
đ Points essentiels
- La dĂ©matĂ©rialisation de lâĆuvre fait de lâidĂ©e le vĂ©ritable matĂ©riau de lâart conceptuel.
- Le langage occupe une place centrale dans lâart conceptuel, les textes et dĂ©finitions participant pleinement Ă la signification.
- Sol LeWitt affirme que lâexĂ©cution matĂ©rielle est une simple affaire technique, lâĆuvre pouvant ĂȘtre rĂ©alisĂ©e par dâautres.
- Lâart conceptuel remet en cause la rĂ©ception sensorielle traditionnelle de lâĆuvre.
- » (Lucy Lippard, Six Years: The Dematerialization of the Art Object from 1966 to 1972, Berkeley, University of California Press, 1997) LâidĂ©e devient alors le vĂ©ritable matĂ©riau de lâĆuvre dâart, tandis que la forme matĂ©rielle est relĂ©guĂ©e au second plan.
- Ces interrogations montrent que lâart conceptuel remet profondĂ©ment en cause le rapport au beau et oblige Ă repenser ce quâest une Ćuvre dâart.
đĄ Ă retenir
La dĂ©matĂ©rialisation de lâĆuvre fait de lâidĂ©e le vĂ©ritable matĂ©riau de lâart conceptuel.
đ 7. Mise en scĂšne de la communication et de lâinterprĂ©tation dans lâart contemporain
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Espace de friction : L'espace de friction est le lieu oĂč se confrontent et s'entremĂȘlent rĂ©alitĂ© et fiction dans la communication artistique, crĂ©ant une tension qui influence la rĂ©ception et l'interprĂ©tation des performances.
- Mise en scÚne : La mise en scÚne dans l'art contemporain est un dispositif qui articule des éléments corporels, scénarisés et discursifs pour osciller entre pédagogie et fiction, modulant ainsi la perception et l'interprétation des performances.
đ Points essentiels
- La mise en scÚne des performances orales oscille entre pédagogie et fiction, modulant ainsi la réception du public.
- Les éléments corporels tels que les tenues et accessoires jouent un rÎle crucial dans la perception et l'interprétation des performances.
- L'espace de friction entre rĂ©alitĂ© et fiction constitue un lieu central oĂč se joue la communication artistique.
- Les performances peuvent soit intégrer le public, soit le détacher, créant des tensions dans l'interprétation.
- Plus de manifesteâ On retrouve la dimension orale dans le texte Manifeste -> CrĂ©ation dâune communautĂ©, parler dâune mĂȘme voix Chez certains artistes, ils mettent en crise et travaillent le discours artistique lui-mĂȘme Broodthaers, Interview avec un chat, 1970 https://soundcloud.com/arte-radio-1/entretien-avec-un-chat Proposition dâun dispositif qui remet en cause le discours portĂ© par lâespace musĂ©al Ici, des questions complexes sont posĂ©s sur lâart, le chat rĂ©pond avec es miaulement et est considĂ©rĂ© comme un expert en art Mise en scĂšne dâun dialogue asymĂ©trique : langage humain articulĂ© auquel rĂ©pond un animal avec un langage non linguistique Agence : doter un individu, objet, dâune capacitĂ© Ă agir, ou le lui enlever Les activistes des minoritĂ©s redonnent aujourdâhui une capacitĂ© dâagentivitĂ© aux minoritĂ©s (personnes queers, racisĂ©es, etc.) RenĂ© Magritte, La Trahison des images,1929 Interroger les relations entre art et rĂ©alitĂ© Ici, Magritte veut affirmer une relation entre lâobjet et sa reprĂ©sentation (qui ne sont pas de mĂȘme nature) Broodthaers lui expose plutĂŽt une situation de communication impossible Mise en scĂšne entre la rĂ©alitĂ© et la reprĂ©sentation Ex : le Explication 1.
đĄ Ă retenir
La mise en scÚne des performances orales oscille entre pédagogie et fiction, modulant ainsi la réception du public.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Performance orale : La performance orale est une pratique artistique oĂč la parole est mise en scĂšne comme spectacle, combinant gestes, voix et postures scĂ©narisĂ©es, et crĂ©ant une tension entre l'espace rĂ©el et l'espace de fiction.
- Spectacle sans objet : Le spectacle sans objet est une forme de performance oĂč il n'existe pas d'objet artistique central, mais oĂč la participation collective transforme le public en acteur et spectateur, mettant l'accent sur la prĂ©sence et l'expĂ©rience plutĂŽt que sur une Ćuvre Ă contempler.
đ Points essentiels
- La mĂ©diation artistique peut se concevoir comme une performance orale oĂč la parole est un spectacle en soi.
- La médiation intÚgre une dimension corporelle forte, avec des gestes, voix et postures scénarisées.
- Une tension constante existe entre lâespace rĂ©el et lâespace de fiction dans la mĂ©diation performative.
- Lâinteraction entre public et artiste est variable, oscillant entre intĂ©gration et dĂ©tachement.
- Plus de manifesteâ On retrouve la dimension orale dans le texte Manifeste -> CrĂ©ation dâune communautĂ©, parler dâune mĂȘme voix Chez certains artistes, ils mettent en crise et travaillent le discours artistique lui-mĂȘme Broodthaers, Interview avec un chat, 1970 https://soundcloud.com/arte-radio-1/entretien-avec-un-chat Proposition dâun dispositif qui remet en cause le discours portĂ© par lâespace musĂ©al Ici, des questions complexes sont posĂ©s sur lâart, le chat rĂ©pond avec es miaulement et est considĂ©rĂ© comme un expert en art Mise en scĂšne dâun dialogue asymĂ©trique : langage humain articulĂ© auquel rĂ©pond un animal avec un langage non linguistique Agence : doter un individu, objet, dâune capacitĂ© Ă agir, ou le lui enlever Les activistes des minoritĂ©s redonnent aujourdâhui une capacitĂ© dâagentivitĂ© aux minoritĂ©s (personnes queers, racisĂ©es, etc.) RenĂ© Magritte, La Trahison des images,1929 Interroger les relations entre art et rĂ©alitĂ© Ici, Magritte veut affirmer une relation entre lâobjet et sa reprĂ©sentation (qui ne sont pas de mĂȘme nature) Broodthaers lui expose plutĂŽt une situation de communication impossible Mise en scĂšne entre la rĂ©alitĂ© et la reprĂ©sentation Ex : le mot âarbreâ est un code, une convention qui ne donne pas dâinformation sur lâobjet auquel le mot renvoie Jessica Ullrich, chercheuse, sur lâinterview avec un chat : âLâĆuvre peut ĂȘtre interprĂ©tĂ©e soit comme le tĂ©moignage dâune communication ratĂ©e, soit comme une tentative sĂ©rieuse de comprĂ©hension interespĂšces, aussi futile quâelle puisse paraĂźtreâ Broodthaers se comporte comme sâil comprenait le chat, jeu de rĂ©ponse qui fait croire Ă lâauthenticitĂ© dâun dialogue Variation des miaulements/variations de lâintonation humaine qui lâaccompagne Joseph Beuys, Comment expliquer les tableaux Ă un liĂšvre mort, 1965 Performance de 3h Beuys a servi comme pilote pendant la WWII et a Ă©tĂ© blessĂ© Se tourne ensuite vers lâart VolontĂ© de fusionner la relation Ă la vie et Ă lâart Concernant la performance : Sâenduit le visage de miel + feuilles dâor -> Transformation en sculpture IdĂ©e que cela fait âsortir son intellect de sa lĂ©thargieâ Fait le tour de la galerie, prĂ©sente les Ćuvres Ă son liĂšvre MĂ©lange entre concentration et voix pleine de tendresse (LiĂšvre mort) Critique de la visite guidĂ©e, du fait de faire parler les Ćuvres malgrĂ© elles et ne pas respecter le langage avec lequel elles se manifestent 1/ Satyre du discours artistique ThĂ©ories sur lâart qui apparaissent aussi incomprĂ©hensibles que des miaulements 2/ Brouillage des identitĂ©s entre humain et animal 3/ Critique des institutions Explication 1.
đĄ Ă retenir
La mĂ©diation artistique peut se concevoir comme une performance orale oĂč la parole est un spectacle en soi.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- ConfĂ©rence-performance : Forme artistique hybride qui combine un discours savant avec une mise en scĂšne théùtrale, crĂ©ant un espace dâexpĂ©rimentation mĂȘlant pĂ©dagogie, art et spectacle, et remettant en question le rĂŽle traditionnel de la confĂ©rence comme simple transmission de savoir.
- Transmission en direct : Diffusion en temps rĂ©el de textes ou discours, comme des cours ou confĂ©rences, qui engendre un dĂ©calage et produit une identitĂ© hybride entre lâorateur original et lâinterprĂšte, contribuant Ă lâhybridation de la forme.
- Histoire de la performance : Ăvolution de la pratique artistique depuis les annĂ©es 1950, marquĂ©e par un passage de la peinture Ă la performance, intĂ©grant des disciplines comme la danse, la psychologie et la philosophie, et caractĂ©risĂ©e par une rupture avec la narration traditionnelle.
- Performance en 20 minutes : Format court de performance, souvent documentĂ© en archives, qui privilĂ©gie lâabstraction et la dĂ©construction de lâĆuvre, tout en explorant le statut de lâauteur Ă travers des processus de reconnaissance et de dĂ©doublement identitaire.
- Parties avec : Le dĂ©veloppement 3 parties avec 3 sous-parties 3 parties avec 2 sous-parties 2 parties avec 3 sous-parties Parties 2/3 : Mieux vaut une rĂ©fĂ©rence prĂ©cise que plusieurs mal analysĂ©es Ătre le plus prĂ©cis possible, quitte Ă analyser ce qui nous intĂ©resse de trĂšs prĂšs, aller chercher le dĂ©tail Penser les transitions entre chaque partie !!
đ Points essentiels
- La confĂ©rence-performance mĂȘle discours savant et mise en scĂšne théùtrale pour captiver lâaudience.
- Le jeu de rĂŽle oratoire crĂ©e des figures intermĂ©diaires entre lâorateur original et lâinterprĂšte.
- La transmission en direct de textes gĂ©nĂšre un dĂ©calage et une crĂ©ation dâidentitĂ© hybride, questionnant le statut traditionnel de la confĂ©rence.
- Cette hybridation fait de la confĂ©rence-performance un espace dâexpĂ©rimentation entre pĂ©dagogie, art et spectacle.
- La confĂ©rence-performance, entre posture et imposture Ćuvres qui interrogent le concept de vĂ©ritĂ© Posture : maniĂšre de se tenir corporellement, situation morale ou sociale, attitude adoptĂ©e dans un cadre social (jeu de rĂŽle adoptĂ© au quotidien) Imposture : Action de tromper, ce qui est produit (acte/discours) est celui dâun imposteur, souvent pour en tirer profit, imposture qui renvoie Ă©galement Ă une Ćuvre dâimitation inavouĂ©e Imposteurs -> figures qui jouent la bĂȘtise/ignorance, jeu avec le sĂ©rieux de lâart Guillaume DĂ©sanges, Histoire de la performance en 20 minutes, 2004 http://facebook.com/capc.musee/videos/une-histoire-de-la-performance-en-20- minutes-de-guillaume-d%C3%A9sanges/367965980683373/ (Nous avons regardĂ© le 1er quart) Autodidacte DĂ©couverte des gestes/performances par les textes Performances qui valent plus par lâidĂ©e, les tĂ©moignages que par la performance en soi Comment rendre compte du plaisir quâon a concernant une performance sans la voir Goldberg Roselee, Performances â l'art en action, 1999 Histoire de la performance en 20 minutes rĂ©alisĂ©e Ă partir de la lecture de ce livre sur la performance Coexistence discours + gestes du danseur Laissent peu de place au silence 10 gestes de lâhistoire de la performance (qui rĂ©sument la performance) : Apparaitre, recevoir, CrĂ©ation de normes sociales, sexuelles, etc.
đĄ Ă retenir
La confĂ©rence-performance constitue une forme hybride qui brouille les frontiĂšres entre savoir, art et jeu scĂ©nique, offrant un espace dâexpĂ©rimentation mĂȘlant pĂ©dagogie, art et spectacle.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Jeux de pouvoir : Relations de domination et dâautoritĂ© qui se manifestent dans la maniĂšre dont la parole artistique est contrĂŽlĂ©e, diffusĂ©e et reçue, impliquant des enjeux politiques, sociaux et symboliques.
đ Points essentiels
- Les figures oratrices dans lâart incarnent des positions de pouvoir discursif et dâautoritĂ©.
- La parole artistique est performative, agissant sur les relations sociales et symboliques.
- Le dédoublement identitaire peut apparaßtre dans la parole, créant des figures intermédiaires entre auteur et interprÚte.
- Les jeux de pouvoir sâexpriment dans la maniĂšre dont la parole est contrĂŽlĂ©e, diffusĂ©e et reçue.
- La parole artistique peut ainsi ĂȘtre un instrument de lĂ©gitimation ou de contestation.
- Prennent 2 formes : - Place du texte, Ă©crits, documents dans les Ćuvres Laurence Corbel, Le Discours de lâart, Ecrits dâartistes 1960-1980, 2012. - IntĂ©grer la parole dans le dispositif artistique (vidĂ©o, installations sonores, confĂ©rences-performances, mĂ©diation/audio-guides/visite guidĂ©e) IdĂ©e des artistes qui reprennent le contrĂŽle sur la parole portĂ©e sur les oeuvres Michel Foucault, lâordre du discours, 1970 -> On ne lutte pas simplement en parlant, mais par la façon dont on parle, le contexte, etc. Enjeux politiques de la parole AnnĂ©es 50-70 : Enjeux fĂ©ministes, post-coloniales, validistes, concernant toutes minoritĂ©s, etc. Questionnement du lieu dâĂ©nonciation (musĂ©es, rues, etc.) Comment le langage (artistique ou critique) devient un moyen de prise de pouvoir ou dâĂ©mancipation dans la relation Ă lâĆuvre ? A partir de tout cela, on peut questionner : - Conditions, contexte de lâĆuvre - Formes de lâĆuvre Exemple du prof : Figure du ventriloque Avant : les sorciĂšres, Pythis ventriloquaient les dieux Puis les ventriloques font parler des boites, maisons, etc. Les thĂ©oriciens ventriloquent les Ćuvres, ils les font parler CapacitĂ© Ă faire parler quelque chose dâautre : avoir le pouvoir de guider et gĂ©rer notre attention Spectacle de ventriloques : jeu entre ce que lâon voit et entend Nos yeux nous donnent accĂšs Ă cette illusion, comme un discours sur une Ćuvre ou on associe
- Comment interroger le langage lui-mĂȘme, ses codes, signes, en interrogant son rĂ©gime dâautoritĂ©/pouvoir retenir, fuir, viser, chuter, crier, mordre, se vider, disparaitre Dissociation entre celui qui bouge (qui sec contente des gestes), celui qui parle (celui qui a le pouvoir) Eric Duyckaerts, La main Ă deux pouces, 1993, vidĂ©o de 16 min Il sâintĂ©resse aux sciences Joue avec les codes du langage, de la transmission du savoir, lâart oratoire et art de disserter âJe joue avec la rhĂ©torique du spĂ©cialisteâ Oscille entre le sĂ©rieux acadĂ©mique et la fĂ©brilitĂ© de son corps et parfois de la parole (Ăcorche des mots, sâexcuse, produit de mauvais dessins, apparence dĂ©calĂ©e voir nĂ©gligĂ©e) Production en direct qui montre une forme de plaisir Ă parler Improvise une bonne partie de son discours Heinrich von Kleist, âDe lâĂ©laboration progressive des idĂ©es dans le discoursâ in Anecdotes et petits rĂ©cits, 1981 Câest parce que je parle que les idĂ©es se construisent Plaisir de parler Place trĂšs forte Ă lâimprovisation Importance au moment-mĂȘme du discours ThĂ©orisation du fait que la vĂ©ritĂ© est produite dans un cadre social en historique dĂ©terminĂ©, ce nâest pas quelque chose dâobjectif et dâintemporel VĂ©ritĂ© = relative, exerce une influence sur la façon dont on sanctionne les uns et les autres, mise de cĂŽtĂ© de ceux qui dĂ©rogent ceux qui sont en dĂ©calĂ© de cette vĂ©ritĂ© SĂ©lectionne certains discours pour en discrĂ©diter dâautres -> Enjeux de pouvoirs Ex : distinguer le normal/pathologique, fou
đĄ Ă retenir
Les figures oratrices dans lâart incarnent des positions de pouvoir discursif et dâautoritĂ©.
đ 11. Impact de lâintelligence artificielle sur le langage, la singularitĂ© et la vĂ©ritĂ©
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Prosopopée : Figure théorique par laquelle on fait parler ou agir une entité absente, défunte, animale ou non humaine, utilisée pour repenser la faculté humaine.
- Visite guidĂ©e : Dispositif d'accompagnement qui propose une interprĂ©tation ou une contextualisation pour renouveler le regard ou l'Ă©coute d'une Ćuvre ou d'une voix.
- Remise en question : Processus critique qui interroge la relation traditionnelle au langage, à la singularité humaine et à la vérité, notamment face à la systématisation opérée par l'intelligence artificielle.
đ Points essentiels
- LâIA prive lâobjet de son contexte de façon permanente, modifiant la relation au langage.
- Le traitement automatique du langage naturel (TALN) permet aux IA conversationnelles dâadapter leur langage et de crĂ©er une impression de personnalisation.
- Les voix IA prĂ©sentent moins de variance vocale que les voix humaines, ce qui rĂ©duit lâempathie perçue.
- Le langage est un appauvrissement du rĂ©el, et lâIA systĂ©matise cet insystĂ©matisable, modifiant notre rapport Ă la vĂ©ritĂ©.
- Bande annonce du film âHerâ, 2013-2014 Film avec une intelligence artificielle (jouĂ©e par Scarlett Johannson) ThĂ©odore : homme solitaire, Ă©crivain qui Ă©crit pour les autres, vie perso marquĂ©e par une rupture amoureuse Samantha : IA/Voix de synthĂšse, installĂ©e par ThĂ©odore sur son ordinateur Relation dâassistance qui devient intime/amoureuse Evolution des 2 protagonistes : - ThĂ©odore renoue avec ses sentiments - Samantha dĂ©veloppe de plus en plus une conscience qui se complexifie et se rapproche de la conscience humaine Dynamique qui les Ă©loigne Film intĂ©ressant pour finir le cours car : - Vient rendre Ă©vident le dispositif mĂȘme du cinĂ©ma (bande sonore et bande image rĂ©unie en post-prod) - Enjeux Ă donner une voix Ă des objets techniques, ce qui vient rompre avec la tradition philosophique qui dit que lâhumain se dĂ©fini car il a une voix avec un langage articulĂ© IA du point de vue philosophique : Anne Alombert, De la bĂȘtise artificielle, 2025 Replace dans un contexte lâIA Dit que dĂšs 1950, Allan Turing dit que la facultĂ© de pensĂ©e est accordĂ©e Ă un ordinateur si et seulement s'il maitrise le langage humain Association facultĂ© de pensĂ©e / machine > humain travailleur (accessoire de la machine) Principe dâinvisibilisation du travailleur Ă©tudiĂ© par Astra Taylor : Astra Taylor, âThe automation charadeâ, Logic Magazine, 2018 : Notion de âfauxtomationâ (âautomation charadeâ) Extraction, dispersion spatiale et temporelle du travail humain et Ă©clatement, dispersion des taches Ex : travailleurs du sud global qui travaillent pour les entreprises europĂ©ennes/amĂ©ricaines, etc.
- LâIA prive lâobjet de son contexte de façon permanente Film âHerâ Juliana Schroeder et Nicolas Epley, Could It Be Her Voice ?
đĄ Ă retenir
LâIA prive lâobjet de son contexte de façon permanente, modifiant la relation au langage.
đ 12. Langage, interprĂ©tation et continuitĂ© de la rĂ©flexion dans les arts et sciences
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- InterprĂ©tation : Processus par lequel un sens est attribuĂ© Ă une Ćuvre ou un phĂ©nomĂšne Ă travers un langage spĂ©cifique, toujours partiel et appauvri, qui prolonge la rĂ©flexion.
- Tous les arts : Tous les arts vivent de paroles.
đ Points essentiels
- Le langage est une interprĂ©tation partielle et appauvrie du rĂ©el, toujours susceptible dâĂȘtre enrichie ou remise en question.
- Philosophes, scientifiques et artistes développent des langages spécifiques pour poursuivre la réflexion, illustrant la continuité dans la pensée.
- La systĂ©matisation de lâinsystĂ©matisable guide la pensĂ©e contemporaine, notamment dans le contexte de lâIA, en cherchant Ă formaliser lâindĂ©fini.
- Les arts et sciences entretiennent une relation dialectique Ă travers le langage et lâinterprĂ©tation, permettant une Ă©volution constante de la rĂ©flexion.
- ThĂ©orie : Somme de toutes les doctrines possibles DĂ©nominateur commun Ă toutes les hypothĂšses singuliĂšres Paradoxe entre une rĂ©flexion sur lâart postĂ©rieure aux Ćuvres, et propositions de concepts universalisables qui posent des normes aux artistes sur le beau et le laid Prudence oĂč les thĂ©oriciens ne traite pas les Ćuvres qui leur sont contemporaines MalgrĂ© tout, dans les annĂ©es 1960 (moment de tournant, crise des arts, changements majeurs) : Renouveau pour la pratique Radicalisation des formes -> interprĂ©tations nombreuses -> besoin de maitrises de ce discours -> Textes dâartistes Pour la premiĂšre fois lâĆuvre dâart porte en elle lâinterprĂ©tation qui se fait dâelle Goodman, Langages de lâart, 1990 Arts âAllographiquesâ Plusieurs exemplaires, multiplications possibles Perte de lâĆuvre unique sans perdre sa valeur Ex : Partitions de musique Arts âautographiquesâ Un seul exemplaire, pas multipliable Ex : Joconde Questionnement : Est-ce que lâĆuvre vĂ©ritable reste le document protocolaire ou lâĆuvre rĂ©alisĂ©e suite au protocole ?
- Pourquoi sommes-nous plus sensibles Ă une vraie voix humaine plutĂŽt quâĂ une voix robotisĂ©e ? Phrase prononcĂ©e par Samantha (qui est doublĂ©e par une humaine!) Nier la matĂ©rialitĂ© du corps : principe de lâIA Constatation : tous les changements de variations dans la voix montrent que les voix IA ont moins de variances que celles humaine (et donc moins dâempathie, moins dâaffects) -> Variance de la voix qui nous donne une impression de prĂ©sence contrairement Ă lâIA + notre cerveau reconnait la voix robotisĂ©e comme une voix humaine et la traite de la mĂȘme maniĂšre TALN : traitement automatique du langage naturel IA conversationnelles : Impression de personnalisation (Ex : chatgpt qui adapte son langage Ă nous, qui se âsouvientâ) Impression de personnification ProsopopĂ©e : Figure thĂ©orique par laquelle on fait parler et agir une personne que lâon Ă©voque (absent, dĂ©funt, animal ou chose personnifiĂ©e) Essaie de redĂ©finition de la facultĂ© humaine Fragments de rĂ©flexion qui composeront ses futurs livres Un mot forgĂ© dans une forme prend des formes multiples, pour communiquer un mot (ex : feuille) on doit passer au-delĂ de la variĂ©tĂ© de feuilles (trouĂ©es, jaunes, vertes, oranges, types dâarbres, etc.) Langage -> Appauvrissement drastique par rapport au rĂ©el Le langage Ă©choue Ă donner la vĂ©ritĂ© car il en est un appauvrissement Notre rapport Ă la vĂ©ritĂ© est changĂ©, et cette connaissance
đĄ Ă retenir
Le langage est une interprĂ©tation partielle et appauvrie du rĂ©el, toujours susceptible dâĂȘtre enrichie ou remise en question.
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| 1970 | Renouveau critique dans lâart |
| 2000 | DĂ©bat sur lâintelligence artificielle et langage |
| 1994 | Crise des arts et changement de paradigme |
| 1924 | Premiers écrits sur les artistes par Vasari |
| 1989 | DĂ©matĂ©rialisation de lâĆuvre et art conceptuel |
| 1960 | Tournant dans la thĂ©orie de lâart et interprĂ©tations multiples |
đ Tableaux de SynthĂšse
Comparaison des Ćuvres allographiques et autographiques
| Type d'Ćuvre | MultiplicabilitĂ© | Exemples |
|---|
| Allographique | Multiple | Partitions de musique |
| Autographique | Unique | Joconde |
â ïž PiĂšges & Confusions FrĂ©quentes
- Confusion entre discours sensible et discours intellectuel en critique dâart
- Confusion entre Ćuvre parlante et Ćuvre intĂ©grĂ©e dans lâespace
- MĂ©connaissance de la dĂ©matĂ©rialisation dans lâart conceptuel
- Confusion entre performance orale et spectacle sans objet
- Erreur sur la capacitĂ© de lâintelligence artificielle Ă reproduire la variabilitĂ© humaine
â
Checklist Examen
- Comprendre la tension entre expérience sensible et discours critique
- Identifier les figures majeures comme Vasari et Goodman
- Analyser la diffĂ©rence entre Ćuvres autographiques et allographiques
- Expliquer la performativitĂ© dans lâart conceptuel et dadaĂŻste
- Discerner les enjeux de la médiation artistique performative
- Ăvaluer lâimpact de lâIA sur le langage et la vĂ©ritĂ©
- ReconnaĂźtre les enjeux de la parole dans la critique dâart
- Analyser la mise en scĂšne de la communication dans lâart contemporain
- Comprendre la prosopopée et ses implications philosophiques
- InterprĂ©ter la relation entre reprĂ©sentation et rĂ©alitĂ© dans lâart
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