Revision sheet: Parole et critique d'art

📋 Plan du Cours

  1. Tensions et enjeux de la parole dans l’analyse et la critique d’art
  2. Figures majeures et citations clĂ©s illustrant les dĂ©bats sur la parole et l’Ɠuvre
  3. Naissance et Ă©volution historique de la critique d’art et de l’histoire de l’art
  4. Approches critiques et discursives dans l’art : entre description, jugement et interprĂ©tation
  5. Relations entre Ɠuvre, langage et mĂ©diation : limites et potentialitĂ©s du discours
  6. PerformativitĂ© du langage et discours artistique dans l’art conceptuel et dadaĂŻste
  7. Mise en scĂšne de la communication et de l’interprĂ©tation dans l’art contemporain
  8. Médiation artistique comme performance orale et spectacle sans objet
  9. Conférence et conférence-performance : statut, enjeux et hybridation artistique
  10. Figures oratrices et jeux de pouvoir dans la parole artistique
  11. Impact de l’intelligence artificielle sur le langage, la singularitĂ© et la vĂ©ritĂ©
  12. Langage, interprétation et continuité de la réflexion dans les arts et sciences

📖 1. Tensions et enjeux de la parole dans l’analyse et la critique d’art

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • ThĂ©orie : En critique d’art, l’ensemble des discours savants qui utilisent des concepts souvent empruntĂ©s Ă  des disciplines extĂ©rieures aux champs artistiques, combinant rĂ©cits et interprĂ©tations pour analyser et comprendre les Ɠuvres.
  • ExpĂ©rience esthĂ©tique : La perception sensible premiĂšre d’une Ɠuvre, caractĂ©risĂ©e par une apprĂ©hension immĂ©diate par les sens, qui peut ĂȘtre mise en tension par la parole critique soucieuse de ne pas en altĂ©rer la nature.
  • Discours intellectualiste : Philo, socio, histoire, etc.
  • ƒuvre parlante : Une Ɠuvre qui intĂšgre dans sa composition des textes, documents ou paroles, tels que des Ă©crits d’artistes ou des dispositifs oraux, Ă©tablissant une interaction entre l’Ɠuvre et la parole.
  • Dans l’espace : La manifestation des Ɠuvres parlantes par l’intĂ©gration de textes ou de dispositifs dans l’espace mĂȘme de l’Ɠuvre, comme dans les installations, performances ou Ɠuvres multimĂ©dia.

📝 Points essentiels

  • L’analyse et la critique d’art oscillent entre une approche sensible premiĂšre et une volontĂ© de comprĂ©hension intellectuelle, avec une crainte que l’analyse dĂ©nature l’expĂ©rience esthĂ©tique.
  • Les discours savants en critique d’art empruntent souvent des concepts extĂ©rieurs aux champs artistiques, mĂȘlant rĂ©cits et interprĂ©tations, ce qui complexifie la parole sur l’Ɠuvre.
  • Les Ɠuvres parlantes se manifestent par l’intĂ©gration de textes, documents ou paroles dans l’Ɠuvre, ou par leur prĂ©sence dans l’espace Ă  travers dispositifs artistiques.
  • Le langage en critique d’art ne peut ĂȘtre rĂ©duit Ă  un mode de connaissance unique, car il doit naviguer entre sensible et intelligible, ce qui crĂ©e une tension.

💡 À retenir

La parole en critique d’art est un espace de tensions entre expĂ©rience sensible et discours intellectuel, cherchant Ă  saisir l’Ɠuvre sans la dĂ©naturer, tout en intĂ©grant textes et dispositifs dans l’espace de l’Ɠuvre.

📖 2. Figures majeures et citations clĂ©s illustrant les dĂ©bats sur la parole et l’Ɠuvre

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Ekphrasis : Description d’Ɠuvres fictives ou rĂ©elles Tout au long de l’antiquitĂ© : recours Ă  cet exercice littĂ©raire de rhĂ©torique (art de convaincre) Les plus connus : celles de Philostrate, Eikones (Images), aujourd’hui restituĂ© dans l’ouvrage La Galerie de
  • Michel Foucault : - IntĂ©grer la parole dans le dispositif artistique (vidĂ©o, installations sonores, confĂ©rences-performances, mĂ©diation/audio-guides/visite guidĂ©e) IdĂ©e des artistes qui reprennent le contrĂŽle sur la parole portĂ©e sur les oeuvres Michel Foucault, l’ordre du discours, 1970 -> On ne lutte pas simplement en parlant, mais par la façon dont on parle, le contexte, etc.

📝 Points essentiels

  • Joseph Albers affirme que la connaissance ne dĂ©truit pas la vision spontanĂ©e mais en assure les fondements.
  • Ernst Gombrich souligne l’inĂ©puisabilitĂ© des grandes Ɠuvres et la nouveautĂ© toujours Ă  dĂ©couvrir dans l’art.

💡 À retenir

Joseph Albers affirme que la connaissance ne détruit pas la vision spontanée mais en assure les fondements.

📖 3. Naissance et Ă©volution historique de la critique d’art et de l’histoire de l’art

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • MalgrĂ© tout : MalgrĂ© l'absence initiale d'une notion claire d'art avant la Renaissance, la construction de cette notion est liĂ©e Ă  l'Ă©mergence progressive de la figure de l'artiste et Ă  la reconnaissance de l'art comme champ autonome.
  • Giorgio Vasari : Auteur du XVIe siĂšcle, Vasari a Ă©crit Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, oĂč il privilĂ©gie la vie et la biographie des artistes plutĂŽt que l'analyse approfondie de leurs Ɠuvres.
  • Johann Joachim Winckelman : Historien de l'art du XVIIIe siĂšcle, Winckelman a publiĂ© Histoire de l'art dans l'AntiquitĂ©, oĂč il considĂšre les Ɠuvres comme la finalitĂ© de l'art et introduit la notion de styles pour structurer l'histoire de l'art.

📝 Points essentiels

  • Giorgio Vasari est une des premiĂšres figures Ă  Ă©crire sur les artistes sans accorder une importance centrale aux Ɠuvres.
  • Au XVIIIe siĂšcle, l’esthĂ©tique se dĂ©veloppe en autonomisant la notion de beau par rapport Ă  la valeur morale et Ă  l’imitation de la nature.
  • L’art cesse d’ĂȘtre uniquement mimĂ©tique pour devenir un champ d’apprĂ©ciations esthĂ©tiques autonomes.
  • : Terme “observation” Jamais employĂ© par les historiens de l’art Ils parlent plutĂŽt d’études, d’analyses et regards portĂ©s sur ... -> Contemplation de l’Ɠuvre avec tout l’imaginaire poĂ©tique, romantique de la contemplation (plutĂŽt traditionnel, en lien avec l’aura de l’Ɠuvre chez Benjamin) Relation symbolique mise Ă  mal si on observe une Ɠuvre plutĂŽt que de l’admirer, on la voie comme un objet matĂ©riel et non plus comme un objet Ă  forcĂ©ment admirer Daniel Arasse glisse de la contemplation Ă  l’observation -> Renouvellement des regards qu’on a sur les Ɠuvres Lever des indiscrĂ©tions, abolir la distance entre Ɠuvre et spectateur - On n’y voit rien. Descriptions, 2000. - Le dĂ©tail. Pour une histoire rapprochĂ©e de la peinture, 1994 3 – La naissance de l’esthĂ©tique Dessin : Nouveau moyen pour le passage entre arts visuels et arts libĂ©raux L’art sort de la mĂ©taphysique (critĂšres de gouts religieux) pour pouvoir obtenir des apprĂ©ciations esthĂ©tiques XVIIIe siĂšcle : Imitation de la nature qui n’est plus la seule finalitĂ© de l’artiste - Autonomisation du beau par rapport Ă  la valeur morale - Art qui ne se limite plus Ă  l’imitation (mimĂ©sis) de la nature Emergence de l’esthĂ©tique Erwin Panofsky, Idea, Contribution Ă  l’histoire du concept de l’ancienne thĂ©orie de l’art (1924), 1989 Concept d’IdĂ©e Vient montrer dans son ouvrage que par le prisme du concept d’IdĂ©e, on peut penser la relation
  • ThĂ©orie : Somme de toutes les doctrines possibles DĂ©nominateur commun Ă  toutes les hypothĂšses singuliĂšres Paradoxe entre une rĂ©flexion sur l’art postĂ©rieure aux Ɠuvres, et propositions de concepts universalisables qui posent des normes aux artistes sur le beau et le laid Prudence oĂč les thĂ©oriciens ne traite pas les Ɠuvres qui leur sont contemporaines MalgrĂ© tout, dans les annĂ©es 1960 (moment de tournant, crise des arts, changements majeurs) : Renouveau pour la pratique Radicalisation des formes -> interprĂ©tations nombreuses -> besoin de maitrises de ce discours -> Textes d’artistes Pour la premiĂšre fois l’Ɠuvre d’art porte en elle l’interprĂ©tation qui se fait d’elle Goodman, Langages de l’art, 1990 Arts “Allographiques” Plusieurs exemplaires, multiplications possibles Perte de l’Ɠuvre unique sans perdre sa valeur Ex : Partitions de musique Arts “autographiques” Un seul exemplaire, pas multipliable Ex : Joconde Questionnement : Est-ce que l’Ɠuvre vĂ©ritable reste le document protocolaire ou l’Ɠuvre rĂ©alisĂ©e suite au protocole ?

💡 À retenir

Giorgio Vasari est une des premiĂšres figures Ă  Ă©crire sur les artistes sans accorder une importance centrale aux Ɠuvres.

📖 4. Approches critiques et discursives dans l’art : entre description, jugement et interprĂ©tation

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Contemplation : Mode traditionnel d’apprĂ©ciation des Ɠuvres fondĂ© sur une admiration poĂ©tique et intuitive, remis en question par une approche analytique privilĂ©giant une observation prĂ©cise et dĂ©taillĂ©e.
  • Histoire rapprochĂ©e de la peinture : Approche privilĂ©giant l’analyse fine et dĂ©taillĂ©e des Ă©lĂ©ments d’une Ɠuvre pour mieux comprendre ses significations et techniques, en s’intĂ©ressant aux dĂ©tails souvent nĂ©gligĂ©s.

📝 Points essentiels

  • Daniel Arasse propose un passage de la contemplation Ă  l’observation pour renouveler le regard sur les Ɠuvres.
  • La description rapprochĂ©e permet de lever les distances entre Ɠuvre et spectateur en rĂ©vĂ©lant des dĂ©tails ignorĂ©s.
  • L’histoire rapprochĂ©e de la peinture privilĂ©gie l’analyse prĂ©cise des dĂ©tails pour mieux comprendre les Ɠuvres.
  • Cette approche critique oscille entre description, jugement esthĂ©tique et interprĂ©tation contextualisĂ©e.
  • ThĂ©orie : Somme de toutes les doctrines possibles DĂ©nominateur commun Ă  toutes les hypothĂšses singuliĂšres Paradoxe entre une rĂ©flexion sur l’art postĂ©rieure aux Ɠuvres, et propositions de concepts universalisables qui posent des normes aux artistes sur le beau et le laid Prudence oĂč les thĂ©oriciens ne traite pas les Ɠuvres qui leur sont contemporaines MalgrĂ© tout, dans les annĂ©es 1960 (moment de tournant, crise des arts, changements majeurs) : Renouveau pour la Ex : SpiritualitĂ©, charge symbolique ou spĂ©culative (qui peut engager une rĂ©flexion) Didi-Huberman ne cherche pas Ă  sĂ©parer ces deux rĂ©gimes mais explique que les Ɠuvres contemporaines jouent de cette tension entre les deux rĂ©gimes Il faut accepter que regarder une Ɠuvre n’est plus de la contemplation mais un effort pour saisir ce que l’on voit et qui impose une conversion du regard entre ces deux rĂ©gimes Broodthaers, MusĂ©e d’art moderne, dĂ©partement des aigles, section des figures, 1972 DĂ©place dette idĂ©e dans l’idĂ©e du musĂ©e MusĂ©e, installation musĂ©ale comme Ɠuvre Accumulations d'objets -> saturation d’objets et de motifs qui empĂȘchent la lecture symbolique d’un objet Mets en scĂšne la difficultĂ© qu’on a en interprĂ©tant ce qu’on a sous les yeux ƒuvre qui devient parlante non pas parce qu’elle vient signifier directement, mais parce qu’elle met en difficultĂ© le regard et l’interprĂ©tation -> Comment rendre inopĂ©rant le langage Geste de Duchamp -> Ce n’est pas de dĂ©placer un objet banal dans l’espace de l’art, mais bien de montrer que l’objet d’art se dĂ©finit par une notion de nomination et un discours portĂ© sur l’objet qui en fait une Ɠuvre Finalement, idĂ©e de Broodthaers : ƒuvre qui met le spectateur Ă  la croisĂ©e d’une triple-attitude Mise en scĂšne la tension entre ce que l’on voit, ce qu’on nous demande devoir, et ce qu’on accepte ou non de voir Ici, Ɠuvre parlante qui parle concepts et les textes comme matĂ©riaux artistiques.
  • Lichtenstein, Les Raisons de l’art, Essai sur les thĂ©ories de la peinture, 2014 Les historiens de l’art s’intĂ©ressent Ă  la signification et dĂ©chiffrement des Ɠuvres Sont trĂšs rĂ©guliĂšrement passĂ© au second plan les questions matĂ©rielles et techniques de l’Ɠuvre dans l’histoire de l’art Daniel Arasse, “InterprĂ©ter l’art : entre voir et savoirs”, confĂ©rence donnĂ©e en juillet 2001 Tension entre contemplation et observation donnĂ© possible par de nouveaux concepts et moyens perceptible par le titre de la confĂ©rence Q° 1 : Statut scientifique de l’histoire de l’art -> Elle essaie de ressembler Ă  une discipline scientifique MAIS mĂȘme en rejouant des protocoles, elle n’est pas de la science DiffĂ©rence trĂšs nette en histoire et science de l’art Q°2 : Terme “observation” Jamais employĂ© par les historiens de l’art Ils parlent plutĂŽt d’études, d’analyses et regards portĂ©s sur ...

💡 À retenir

Daniel Arasse propose un passage de la contemplation à l’observation pour renouveler le regard sur les Ɠuvres.

📖 5. Relations entre Ɠuvre, langage et mĂ©diation : limites et potentialitĂ©s du discours

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • MatĂ©riau principal : L’oralitĂ© o MĂȘme avec accessoires et contexte pris en compte, l’oralitĂ© reste au cƓur.
  • MĂ©diation artistique : Processus par lequel la parole du mĂ©diateur est mise en scĂšne Ă  travers la voix, le rythme et la gestuelle, transformant la visite en une expĂ©rience narrative performative qui repose autant sur la maniĂšre de raconter que sur le contenu informatif.
  • Relation entre : Interaction construite entre l’Ɠuvre, le langage et la mĂ©diation, caractĂ©risĂ©e par la mise en scĂšne de la parole qui peut prendre la forme d’une performance orale, d’un dispositif scĂ©narisĂ© ou d’une interaction, et qui crĂ©e un espace entre pĂ©dagogie et fiction.

📝 Points essentiels

  • La parole du mĂ©diateur est mise en scĂšne par la voix, le rythme et la gestuelle pour captiver le public.
  • La mĂ©diation artistique repose autant sur la maniĂšre de raconter que sur le contenu informatif.
  • Les thĂ©oriciens ventriloquent les Ɠuvres, ils les font parler CapacitĂ© Ă  faire parler quelque chose d’autre : avoir le pouvoir de guider et gĂ©rer notre attention Spectacle de ventriloques : jeu entre ce que l’on voit et entend Nos yeux nous donnent accĂšs Ă  cette illusion, comme un discours sur une Ɠuvre ou on associe Ex : SpiritualitĂ©, charge symbolique ou spĂ©culative (qui peut engager une rĂ©flexion) Didi-Huberman ne cherche pas Ă  sĂ©parer ces deux rĂ©gimes mais explique que les Ɠuvres contemporaines jouent de cette tension entre les deux rĂ©gimes Il faut accepter que regarder une Ɠuvre n’est plus de la contemplation mais un effort pour saisir ce que l’on voit et qui impose une conversion du regard entre ces deux rĂ©gimes Broodthaers, MusĂ©e d’art moderne, dĂ©partement des aigles, section des figures, 1972 DĂ©place dette idĂ©e dans l’idĂ©e du musĂ©e MusĂ©e, installation musĂ©ale comme Ɠuvre Accumulations d'objets -> saturation d’objets et de motifs qui empĂȘchent la lecture symbolique d’un objet Mets en scĂšne la difficultĂ© qu’on a en interprĂ©tant ce qu’on a sous les yeux ƒuvre qui devient parlante non pas parce qu’elle vient signifier directement, mais parce qu’elle met en difficultĂ© le regard et l’interprĂ©tation -> Comment rendre inopĂ©rant le langage Geste de Duchamp -> Ce n’est pas de dĂ©placer un objet banal dans l’espace de l’art, mais bien de montrer que l’objet d’art se dĂ©finit par une notion de nomination et un discours portĂ© sur l’objet qui en fait une Ɠuvre Finalement, idĂ©e de Broodthaers : ƒuvre qui met le spectateur Ă  la croisĂ©e d’une triple-attitude Mise en scĂšne la tension entre ce que l’on voit, ce qu’on nous demande devoir, et ce qu’on accepte ou non de voir Ici, Ɠuvre parlante qui parle Ă  la notion d’inframince de Duchamp Voix comme prolongement du ready made dans le domaine de la musique La voix de JosĂ©phine provoque une rupture avec la voix des autres, tout en restant quasiment la mĂȘme L’imperfection du geste conduit cette voix vers des qualitĂ©s artistiques Chez Kafka et Ganber n’est pas simplement lĂ  pour vĂ©hiculer des langages mais pour advenir une sorte d’esthĂ©tique de l’imperfection et de la quasi abstraction -> La parole devient ainsi, par cette Ɠuvre, un matĂ©riau plastique du moment oĂč elle joue et tient Ă  distance le langage qu’elle vĂ©hicule ƒuvres qui instaurent des relations particuliĂšres entre elles et les sepctateur.rices Manifestes : VolontĂ© de dĂ©crire la voix, accorder une place importante aux onomatopĂ©es John L.
  • Prennent 2 formes : - Place du texte, Ă©crits, documents dans les Ɠuvres Laurence Corbel, Le Discours de l’art, Ecrits d’artistes 1960-1980, 2012. - IntĂ©grer la parole dans le dispositif artistique (vidĂ©o, installations sonores, confĂ©rences-performances, mĂ©diation/audio-guides/visite guidĂ©e) IdĂ©e des artistes qui reprennent le contrĂŽle sur la parole portĂ©e sur les oeuvres Michel Foucault, l’ordre du discours, 1970 -> On ne lutte pas simplement en parlant, mais par la façon dont on parle, le contexte, etc. Enjeux politiques de la parole AnnĂ©es 50-70 : Enjeux fĂ©ministes, post-coloniales, validistes, concernant toutes minoritĂ©s, etc. Questionnement du lieu d’énonciation (musĂ©es, rues, etc.) Comment le langage (artistique ou critique) devient un moyen de prise de pouvoir ou d’émancipation dans la relation Ă  l’Ɠuvre ? A partir de tout cela, on peut questionner : - Conditions, contexte de l’Ɠuvre - Formes de l’Ɠuvre Exemple du prof : Figure du ventriloque Avant : les sorciĂšres, Pythis ventriloquaient les dieux Puis les ventriloques font parler des boites, maisons, etc. Les thĂ©oriciens ventriloquent les Ɠuvres, ils les font parler CapacitĂ© Ă  faire parler quelque chose d’autre : avoir le pouvoir de guider et gĂ©rer notre attention Spectacle de ventriloques : jeu entre ce que l’on voit et entend Nos yeux nous donnent accĂšs Ă  cette illusion, comme un discours sur une Ɠuvre ou on associe

💡 À retenir

La mĂ©diation artistique se comprend comme une performance orale oĂč le discours est simultanĂ©ment un vecteur d’information et un spectacle scĂ©narisĂ©, mobilisant la mise en scĂšne de la parole pour engager et transformer l’expĂ©rience du public.

📖 6. PerformativitĂ© du langage et discours artistique dans l’art conceptuel et dadaĂŻste

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Artistiques : En contexte artistique, les Ă©lĂ©ments artistiques dĂ©signent les composantes et moyens d'expression utilisĂ©s pour crĂ©er une Ɠuvre, incluant les formes, matĂ©riaux, langages et concepts mobilisĂ©s dans la production artistique.
  • DĂ©matĂ©rialisation de l’Ɠuvre : Processus par lequel l'Ɠuvre d'art devient essentiellement immatĂ©rielle, centrĂ©e sur l'idĂ©e, le texte ou le concept, relĂ©guant la forme matĂ©rielle au second plan et faisant de l'idĂ©e le vĂ©ritable matĂ©riau artistique.
  • Art conceptuel : Ainsi ĂȘtre compris comme : – un art performatif, fondĂ© sur l’action et le protocole, – un art interprĂ©tatif, qui exige une activitĂ© mentale du spectateur.
  • Langage comme matĂ©riau : Lawrence Weiner Avec les Statements, Lawrence Weiner affirme que son travail reste liĂ© Ă  une conception matĂ©rielle de l’art, hĂ©ritĂ©e de la sculpture, tout en passant par le langage.

📝 Points essentiels

  • La dĂ©matĂ©rialisation de l’Ɠuvre fait de l’idĂ©e le vĂ©ritable matĂ©riau de l’art conceptuel.
  • Le langage occupe une place centrale dans l’art conceptuel, les textes et dĂ©finitions participant pleinement Ă  la signification.
  • Sol LeWitt affirme que l’exĂ©cution matĂ©rielle est une simple affaire technique, l’Ɠuvre pouvant ĂȘtre rĂ©alisĂ©e par d’autres.
  • L’art conceptuel remet en cause la rĂ©ception sensorielle traditionnelle de l’Ɠuvre.
  • » (Lucy Lippard, Six Years: The Dematerialization of the Art Object from 1966 to 1972, Berkeley, University of California Press, 1997) L’idĂ©e devient alors le vĂ©ritable matĂ©riau de l’Ɠuvre d’art, tandis que la forme matĂ©rielle est relĂ©guĂ©e au second plan.
  • Ces interrogations montrent que l’art conceptuel remet profondĂ©ment en cause le rapport au beau et oblige Ă  repenser ce qu’est une Ɠuvre d’art.

💡 À retenir

La dĂ©matĂ©rialisation de l’Ɠuvre fait de l’idĂ©e le vĂ©ritable matĂ©riau de l’art conceptuel.

📖 7. Mise en scĂšne de la communication et de l’interprĂ©tation dans l’art contemporain

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Espace de friction : L'espace de friction est le lieu oĂč se confrontent et s'entremĂȘlent rĂ©alitĂ© et fiction dans la communication artistique, crĂ©ant une tension qui influence la rĂ©ception et l'interprĂ©tation des performances.
  • Mise en scĂšne : La mise en scĂšne dans l'art contemporain est un dispositif qui articule des Ă©lĂ©ments corporels, scĂ©narisĂ©s et discursifs pour osciller entre pĂ©dagogie et fiction, modulant ainsi la perception et l'interprĂ©tation des performances.

📝 Points essentiels

  • La mise en scĂšne des performances orales oscille entre pĂ©dagogie et fiction, modulant ainsi la rĂ©ception du public.
  • Les Ă©lĂ©ments corporels tels que les tenues et accessoires jouent un rĂŽle crucial dans la perception et l'interprĂ©tation des performances.
  • L'espace de friction entre rĂ©alitĂ© et fiction constitue un lieu central oĂč se joue la communication artistique.
  • Les performances peuvent soit intĂ©grer le public, soit le dĂ©tacher, crĂ©ant des tensions dans l'interprĂ©tation.
  • Plus de manifeste” On retrouve la dimension orale dans le texte Manifeste -> CrĂ©ation d’une communautĂ©, parler d’une mĂȘme voix Chez certains artistes, ils mettent en crise et travaillent le discours artistique lui-mĂȘme Broodthaers, Interview avec un chat, 1970 https://soundcloud.com/arte-radio-1/entretien-avec-un-chat Proposition d’un dispositif qui remet en cause le discours portĂ© par l’espace musĂ©al Ici, des questions complexes sont posĂ©s sur l’art, le chat rĂ©pond avec es miaulement et est considĂ©rĂ© comme un expert en art Mise en scĂšne d’un dialogue asymĂ©trique : langage humain articulĂ© auquel rĂ©pond un animal avec un langage non linguistique Agence : doter un individu, objet, d’une capacitĂ© Ă  agir, ou le lui enlever Les activistes des minoritĂ©s redonnent aujourd’hui une capacitĂ© d’agentivitĂ© aux minoritĂ©s (personnes queers, racisĂ©es, etc.) RenĂ© Magritte, La Trahison des images,1929 Interroger les relations entre art et rĂ©alitĂ© Ici, Magritte veut affirmer une relation entre l’objet et sa reprĂ©sentation (qui ne sont pas de mĂȘme nature) Broodthaers lui expose plutĂŽt une situation de communication impossible Mise en scĂšne entre la rĂ©alitĂ© et la reprĂ©sentation Ex : le Explication 1.

💡 À retenir

La mise en scÚne des performances orales oscille entre pédagogie et fiction, modulant ainsi la réception du public.

📖 8. MĂ©diation artistique comme performance orale et spectacle sans objet

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Performance orale : La performance orale est une pratique artistique oĂč la parole est mise en scĂšne comme spectacle, combinant gestes, voix et postures scĂ©narisĂ©es, et crĂ©ant une tension entre l'espace rĂ©el et l'espace de fiction.
  • Spectacle sans objet : Le spectacle sans objet est une forme de performance oĂč il n'existe pas d'objet artistique central, mais oĂč la participation collective transforme le public en acteur et spectateur, mettant l'accent sur la prĂ©sence et l'expĂ©rience plutĂŽt que sur une Ɠuvre Ă  contempler.

📝 Points essentiels

  • La mĂ©diation artistique peut se concevoir comme une performance orale oĂč la parole est un spectacle en soi.
  • La mĂ©diation intĂšgre une dimension corporelle forte, avec des gestes, voix et postures scĂ©narisĂ©es.
  • Une tension constante existe entre l’espace rĂ©el et l’espace de fiction dans la mĂ©diation performative.
  • L’interaction entre public et artiste est variable, oscillant entre intĂ©gration et dĂ©tachement.
  • Plus de manifeste” On retrouve la dimension orale dans le texte Manifeste -> CrĂ©ation d’une communautĂ©, parler d’une mĂȘme voix Chez certains artistes, ils mettent en crise et travaillent le discours artistique lui-mĂȘme Broodthaers, Interview avec un chat, 1970 https://soundcloud.com/arte-radio-1/entretien-avec-un-chat Proposition d’un dispositif qui remet en cause le discours portĂ© par l’espace musĂ©al Ici, des questions complexes sont posĂ©s sur l’art, le chat rĂ©pond avec es miaulement et est considĂ©rĂ© comme un expert en art Mise en scĂšne d’un dialogue asymĂ©trique : langage humain articulĂ© auquel rĂ©pond un animal avec un langage non linguistique Agence : doter un individu, objet, d’une capacitĂ© Ă  agir, ou le lui enlever Les activistes des minoritĂ©s redonnent aujourd’hui une capacitĂ© d’agentivitĂ© aux minoritĂ©s (personnes queers, racisĂ©es, etc.) RenĂ© Magritte, La Trahison des images,1929 Interroger les relations entre art et rĂ©alitĂ© Ici, Magritte veut affirmer une relation entre l’objet et sa reprĂ©sentation (qui ne sont pas de mĂȘme nature) Broodthaers lui expose plutĂŽt une situation de communication impossible Mise en scĂšne entre la rĂ©alitĂ© et la reprĂ©sentation Ex : le mot “arbre” est un code, une convention qui ne donne pas d’information sur l’objet auquel le mot renvoie Jessica Ullrich, chercheuse, sur l’interview avec un chat : “L’Ɠuvre peut ĂȘtre interprĂ©tĂ©e soit comme le tĂ©moignage d’une communication ratĂ©e, soit comme une tentative sĂ©rieuse de comprĂ©hension interespĂšces, aussi futile qu’elle puisse paraĂźtre” Broodthaers se comporte comme s’il comprenait le chat, jeu de rĂ©ponse qui fait croire Ă  l’authenticitĂ© d’un dialogue Variation des miaulements/variations de l’intonation humaine qui l’accompagne Joseph Beuys, Comment expliquer les tableaux Ă  un liĂšvre mort, 1965 Performance de 3h Beuys a servi comme pilote pendant la WWII et a Ă©tĂ© blessĂ© Se tourne ensuite vers l’art VolontĂ© de fusionner la relation Ă  la vie et Ă  l’art Concernant la performance : S’enduit le visage de miel + feuilles d’or -> Transformation en sculpture IdĂ©e que cela fait “sortir son intellect de sa lĂ©thargie” Fait le tour de la galerie, prĂ©sente les Ɠuvres Ă  son liĂšvre MĂ©lange entre concentration et voix pleine de tendresse (LiĂšvre mort) Critique de la visite guidĂ©e, du fait de faire parler les Ɠuvres malgrĂ© elles et ne pas respecter le langage avec lequel elles se manifestent 1/ Satyre du discours artistique ThĂ©ories sur l’art qui apparaissent aussi incomprĂ©hensibles que des miaulements 2/ Brouillage des identitĂ©s entre humain et animal 3/ Critique des institutions Explication 1.

💡 À retenir

La mĂ©diation artistique peut se concevoir comme une performance orale oĂč la parole est un spectacle en soi.

📖 9. ConfĂ©rence et confĂ©rence-performance : statut, enjeux et hybridation artistique

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • ConfĂ©rence-performance : Forme artistique hybride qui combine un discours savant avec une mise en scĂšne théùtrale, crĂ©ant un espace d’expĂ©rimentation mĂȘlant pĂ©dagogie, art et spectacle, et remettant en question le rĂŽle traditionnel de la confĂ©rence comme simple transmission de savoir.
  • Transmission en direct : Diffusion en temps rĂ©el de textes ou discours, comme des cours ou confĂ©rences, qui engendre un dĂ©calage et produit une identitĂ© hybride entre l’orateur original et l’interprĂšte, contribuant Ă  l’hybridation de la forme.
  • Histoire de la performance : Évolution de la pratique artistique depuis les annĂ©es 1950, marquĂ©e par un passage de la peinture Ă  la performance, intĂ©grant des disciplines comme la danse, la psychologie et la philosophie, et caractĂ©risĂ©e par une rupture avec la narration traditionnelle.
  • Performance en 20 minutes : Format court de performance, souvent documentĂ© en archives, qui privilĂ©gie l’abstraction et la dĂ©construction de l’Ɠuvre, tout en explorant le statut de l’auteur Ă  travers des processus de reconnaissance et de dĂ©doublement identitaire.
  • Parties avec : Le dĂ©veloppement 3 parties avec 3 sous-parties 3 parties avec 2 sous-parties 2 parties avec 3 sous-parties Parties 2/3 : Mieux vaut une rĂ©fĂ©rence prĂ©cise que plusieurs mal analysĂ©es Être le plus prĂ©cis possible, quitte Ă  analyser ce qui nous intĂ©resse de trĂšs prĂšs, aller chercher le dĂ©tail Penser les transitions entre chaque partie !!

📝 Points essentiels

  • La confĂ©rence-performance mĂȘle discours savant et mise en scĂšne théùtrale pour captiver l’audience.
  • Le jeu de rĂŽle oratoire crĂ©e des figures intermĂ©diaires entre l’orateur original et l’interprĂšte.
  • La transmission en direct de textes gĂ©nĂšre un dĂ©calage et une crĂ©ation d’identitĂ© hybride, questionnant le statut traditionnel de la confĂ©rence.
  • Cette hybridation fait de la confĂ©rence-performance un espace d’expĂ©rimentation entre pĂ©dagogie, art et spectacle.
  • La confĂ©rence-performance, entre posture et imposture ƒuvres qui interrogent le concept de vĂ©ritĂ© Posture : maniĂšre de se tenir corporellement, situation morale ou sociale, attitude adoptĂ©e dans un cadre social (jeu de rĂŽle adoptĂ© au quotidien) Imposture : Action de tromper, ce qui est produit (acte/discours) est celui d’un imposteur, souvent pour en tirer profit, imposture qui renvoie Ă©galement Ă  une Ɠuvre d’imitation inavouĂ©e Imposteurs -> figures qui jouent la bĂȘtise/ignorance, jeu avec le sĂ©rieux de l’art Guillaume DĂ©sanges, Histoire de la performance en 20 minutes, 2004 http://facebook.com/capc.musee/videos/une-histoire-de-la-performance-en-20- minutes-de-guillaume-d%C3%A9sanges/367965980683373/ (Nous avons regardĂ© le 1er quart) Autodidacte DĂ©couverte des gestes/performances par les textes Performances qui valent plus par l’idĂ©e, les tĂ©moignages que par la performance en soi Comment rendre compte du plaisir qu’on a concernant une performance sans la voir Goldberg Roselee, Performances – l'art en action, 1999 Histoire de la performance en 20 minutes rĂ©alisĂ©e Ă  partir de la lecture de ce livre sur la performance Coexistence discours + gestes du danseur Laissent peu de place au silence 10 gestes de l’histoire de la performance (qui rĂ©sument la performance) : Apparaitre, recevoir, CrĂ©ation de normes sociales, sexuelles, etc.

💡 À retenir

La confĂ©rence-performance constitue une forme hybride qui brouille les frontiĂšres entre savoir, art et jeu scĂ©nique, offrant un espace d’expĂ©rimentation mĂȘlant pĂ©dagogie, art et spectacle.

📖 10. Figures oratrices et jeux de pouvoir dans la parole artistique

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Jeux de pouvoir : Relations de domination et d’autoritĂ© qui se manifestent dans la maniĂšre dont la parole artistique est contrĂŽlĂ©e, diffusĂ©e et reçue, impliquant des enjeux politiques, sociaux et symboliques.

📝 Points essentiels

  • Les figures oratrices dans l’art incarnent des positions de pouvoir discursif et d’autoritĂ©.
  • La parole artistique est performative, agissant sur les relations sociales et symboliques.
  • Le dĂ©doublement identitaire peut apparaĂźtre dans la parole, crĂ©ant des figures intermĂ©diaires entre auteur et interprĂšte.
  • Les jeux de pouvoir s’expriment dans la maniĂšre dont la parole est contrĂŽlĂ©e, diffusĂ©e et reçue.
  • La parole artistique peut ainsi ĂȘtre un instrument de lĂ©gitimation ou de contestation.
  • Prennent 2 formes : - Place du texte, Ă©crits, documents dans les Ɠuvres Laurence Corbel, Le Discours de l’art, Ecrits d’artistes 1960-1980, 2012. - IntĂ©grer la parole dans le dispositif artistique (vidĂ©o, installations sonores, confĂ©rences-performances, mĂ©diation/audio-guides/visite guidĂ©e) IdĂ©e des artistes qui reprennent le contrĂŽle sur la parole portĂ©e sur les oeuvres Michel Foucault, l’ordre du discours, 1970 -> On ne lutte pas simplement en parlant, mais par la façon dont on parle, le contexte, etc. Enjeux politiques de la parole AnnĂ©es 50-70 : Enjeux fĂ©ministes, post-coloniales, validistes, concernant toutes minoritĂ©s, etc. Questionnement du lieu d’énonciation (musĂ©es, rues, etc.) Comment le langage (artistique ou critique) devient un moyen de prise de pouvoir ou d’émancipation dans la relation Ă  l’Ɠuvre ? A partir de tout cela, on peut questionner : - Conditions, contexte de l’Ɠuvre - Formes de l’Ɠuvre Exemple du prof : Figure du ventriloque Avant : les sorciĂšres, Pythis ventriloquaient les dieux Puis les ventriloques font parler des boites, maisons, etc. Les thĂ©oriciens ventriloquent les Ɠuvres, ils les font parler CapacitĂ© Ă  faire parler quelque chose d’autre : avoir le pouvoir de guider et gĂ©rer notre attention Spectacle de ventriloques : jeu entre ce que l’on voit et entend Nos yeux nous donnent accĂšs Ă  cette illusion, comme un discours sur une Ɠuvre ou on associe
  • Comment interroger le langage lui-mĂȘme, ses codes, signes, en interrogant son rĂ©gime d’autoritĂ©/pouvoir retenir, fuir, viser, chuter, crier, mordre, se vider, disparaitre Dissociation entre celui qui bouge (qui sec contente des gestes), celui qui parle (celui qui a le pouvoir) Eric Duyckaerts, La main Ă  deux pouces, 1993, vidĂ©o de 16 min Il s’intĂ©resse aux sciences Joue avec les codes du langage, de la transmission du savoir, l’art oratoire et art de disserter “Je joue avec la rhĂ©torique du spĂ©cialiste” Oscille entre le sĂ©rieux acadĂ©mique et la fĂ©brilitĂ© de son corps et parfois de la parole (Écorche des mots, s’excuse, produit de mauvais dessins, apparence dĂ©calĂ©e voir nĂ©gligĂ©e) Production en direct qui montre une forme de plaisir Ă  parler Improvise une bonne partie de son discours Heinrich von Kleist, “De l’élaboration progressive des idĂ©es dans le discours” in Anecdotes et petits rĂ©cits, 1981 C’est parce que je parle que les idĂ©es se construisent Plaisir de parler Place trĂšs forte Ă  l’improvisation Importance au moment-mĂȘme du discours ThĂ©orisation du fait que la vĂ©ritĂ© est produite dans un cadre social en historique dĂ©terminĂ©, ce n’est pas quelque chose d’objectif et d’intemporel VĂ©ritĂ© = relative, exerce une influence sur la façon dont on sanctionne les uns et les autres, mise de cĂŽtĂ© de ceux qui dĂ©rogent ceux qui sont en dĂ©calĂ© de cette vĂ©ritĂ© SĂ©lectionne certains discours pour en discrĂ©diter d’autres -> Enjeux de pouvoirs Ex : distinguer le normal/pathologique, fou

💡 À retenir

Les figures oratrices dans l’art incarnent des positions de pouvoir discursif et d’autoritĂ©.

📖 11. Impact de l’intelligence artificielle sur le langage, la singularitĂ© et la vĂ©ritĂ©

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • ProsopopĂ©e : Figure thĂ©orique par laquelle on fait parler ou agir une entitĂ© absente, dĂ©funte, animale ou non humaine, utilisĂ©e pour repenser la facultĂ© humaine.
  • Visite guidĂ©e : Dispositif d'accompagnement qui propose une interprĂ©tation ou une contextualisation pour renouveler le regard ou l'Ă©coute d'une Ɠuvre ou d'une voix.
  • Remise en question : Processus critique qui interroge la relation traditionnelle au langage, Ă  la singularitĂ© humaine et Ă  la vĂ©ritĂ©, notamment face Ă  la systĂ©matisation opĂ©rĂ©e par l'intelligence artificielle.

📝 Points essentiels

  • L’IA prive l’objet de son contexte de façon permanente, modifiant la relation au langage.
  • Le traitement automatique du langage naturel (TALN) permet aux IA conversationnelles d’adapter leur langage et de crĂ©er une impression de personnalisation.
  • Les voix IA prĂ©sentent moins de variance vocale que les voix humaines, ce qui rĂ©duit l’empathie perçue.
  • Le langage est un appauvrissement du rĂ©el, et l’IA systĂ©matise cet insystĂ©matisable, modifiant notre rapport Ă  la vĂ©ritĂ©.
  • Bande annonce du film “Her”, 2013-2014 Film avec une intelligence artificielle (jouĂ©e par Scarlett Johannson) ThĂ©odore : homme solitaire, Ă©crivain qui Ă©crit pour les autres, vie perso marquĂ©e par une rupture amoureuse Samantha : IA/Voix de synthĂšse, installĂ©e par ThĂ©odore sur son ordinateur Relation d’assistance qui devient intime/amoureuse Evolution des 2 protagonistes : - ThĂ©odore renoue avec ses sentiments - Samantha dĂ©veloppe de plus en plus une conscience qui se complexifie et se rapproche de la conscience humaine Dynamique qui les Ă©loigne Film intĂ©ressant pour finir le cours car : - Vient rendre Ă©vident le dispositif mĂȘme du cinĂ©ma (bande sonore et bande image rĂ©unie en post-prod) - Enjeux Ă  donner une voix Ă  des objets techniques, ce qui vient rompre avec la tradition philosophique qui dit que l’humain se dĂ©fini car il a une voix avec un langage articulĂ© IA du point de vue philosophique : Anne Alombert, De la bĂȘtise artificielle, 2025 Replace dans un contexte l’IA Dit que dĂšs 1950, Allan Turing dit que la facultĂ© de pensĂ©e est accordĂ©e Ă  un ordinateur si et seulement s'il maitrise le langage humain Association facultĂ© de pensĂ©e / machine > humain travailleur (accessoire de la machine) Principe d’invisibilisation du travailleur Ă©tudiĂ© par Astra Taylor : Astra Taylor, “The automation charade”, Logic Magazine, 2018 : Notion de “fauxtomation” (“automation charade”) Extraction, dispersion spatiale et temporelle du travail humain et Ă©clatement, dispersion des taches Ex : travailleurs du sud global qui travaillent pour les entreprises europĂ©ennes/amĂ©ricaines, etc.
  • L’IA prive l’objet de son contexte de façon permanente Film “Her” Juliana Schroeder et Nicolas Epley, Could It Be Her Voice ?

💡 À retenir

L’IA prive l’objet de son contexte de façon permanente, modifiant la relation au langage.

📖 12. Langage, interprĂ©tation et continuitĂ© de la rĂ©flexion dans les arts et sciences

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • InterprĂ©tation : Processus par lequel un sens est attribuĂ© Ă  une Ɠuvre ou un phĂ©nomĂšne Ă  travers un langage spĂ©cifique, toujours partiel et appauvri, qui prolonge la rĂ©flexion.
  • Tous les arts : Tous les arts vivent de paroles.

📝 Points essentiels

  • Le langage est une interprĂ©tation partielle et appauvrie du rĂ©el, toujours susceptible d’ĂȘtre enrichie ou remise en question.
  • Philosophes, scientifiques et artistes dĂ©veloppent des langages spĂ©cifiques pour poursuivre la rĂ©flexion, illustrant la continuitĂ© dans la pensĂ©e.
  • La systĂ©matisation de l’insystĂ©matisable guide la pensĂ©e contemporaine, notamment dans le contexte de l’IA, en cherchant Ă  formaliser l’indĂ©fini.
  • Les arts et sciences entretiennent une relation dialectique Ă  travers le langage et l’interprĂ©tation, permettant une Ă©volution constante de la rĂ©flexion.
  • ThĂ©orie : Somme de toutes les doctrines possibles DĂ©nominateur commun Ă  toutes les hypothĂšses singuliĂšres Paradoxe entre une rĂ©flexion sur l’art postĂ©rieure aux Ɠuvres, et propositions de concepts universalisables qui posent des normes aux artistes sur le beau et le laid Prudence oĂč les thĂ©oriciens ne traite pas les Ɠuvres qui leur sont contemporaines MalgrĂ© tout, dans les annĂ©es 1960 (moment de tournant, crise des arts, changements majeurs) : Renouveau pour la pratique Radicalisation des formes -> interprĂ©tations nombreuses -> besoin de maitrises de ce discours -> Textes d’artistes Pour la premiĂšre fois l’Ɠuvre d’art porte en elle l’interprĂ©tation qui se fait d’elle Goodman, Langages de l’art, 1990 Arts “Allographiques” Plusieurs exemplaires, multiplications possibles Perte de l’Ɠuvre unique sans perdre sa valeur Ex : Partitions de musique Arts “autographiques” Un seul exemplaire, pas multipliable Ex : Joconde Questionnement : Est-ce que l’Ɠuvre vĂ©ritable reste le document protocolaire ou l’Ɠuvre rĂ©alisĂ©e suite au protocole ?
  • Pourquoi sommes-nous plus sensibles Ă  une vraie voix humaine plutĂŽt qu’à une voix robotisĂ©e ? Phrase prononcĂ©e par Samantha (qui est doublĂ©e par une humaine!) Nier la matĂ©rialitĂ© du corps : principe de l’IA Constatation : tous les changements de variations dans la voix montrent que les voix IA ont moins de variances que celles humaine (et donc moins d’empathie, moins d’affects) -> Variance de la voix qui nous donne une impression de prĂ©sence contrairement Ă  l’IA + notre cerveau reconnait la voix robotisĂ©e comme une voix humaine et la traite de la mĂȘme maniĂšre TALN : traitement automatique du langage naturel IA conversationnelles : Impression de personnalisation (Ex : chatgpt qui adapte son langage Ă  nous, qui se “souvient”) Impression de personnification ProsopopĂ©e : Figure thĂ©orique par laquelle on fait parler et agir une personne que l’on Ă©voque (absent, dĂ©funt, animal ou chose personnifiĂ©e) Essaie de redĂ©finition de la facultĂ© humaine Fragments de rĂ©flexion qui composeront ses futurs livres Un mot forgĂ© dans une forme prend des formes multiples, pour communiquer un mot (ex : feuille) on doit passer au-delĂ  de la variĂ©tĂ© de feuilles (trouĂ©es, jaunes, vertes, oranges, types d’arbres, etc.) Langage -> Appauvrissement drastique par rapport au rĂ©el Le langage Ă©choue Ă  donner la vĂ©ritĂ© car il en est un appauvrissement Notre rapport Ă  la vĂ©ritĂ© est changĂ©, et cette connaissance

💡 À retenir

Le langage est une interprĂ©tation partielle et appauvrie du rĂ©el, toujours susceptible d’ĂȘtre enrichie ou remise en question.

📅 Repùres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1970Renouveau critique dans l’art
2000DĂ©bat sur l’intelligence artificielle et langage
1994Crise des arts et changement de paradigme
1924Premiers écrits sur les artistes par Vasari
1989DĂ©matĂ©rialisation de l’Ɠuvre et art conceptuel
1960Tournant dans la thĂ©orie de l’art et interprĂ©tations multiples

📊 Tableaux de Synthùse

Comparaison des Ɠuvres allographiques et autographiques

Type d'ƓuvreMultiplicabilitĂ©Exemples
AllographiqueMultiplePartitions de musique
AutographiqueUniqueJoconde

⚠ PiĂšges & Confusions FrĂ©quentes

  1. Confusion entre discours sensible et discours intellectuel en critique d’art
  2. Confusion entre Ɠuvre parlante et Ɠuvre intĂ©grĂ©e dans l’espace
  3. MĂ©connaissance de la dĂ©matĂ©rialisation dans l’art conceptuel
  4. Confusion entre performance orale et spectacle sans objet
  5. Erreur sur la capacitĂ© de l’intelligence artificielle Ă  reproduire la variabilitĂ© humaine

✅ Checklist Examen

  1. Comprendre la tension entre expérience sensible et discours critique
  2. Identifier les figures majeures comme Vasari et Goodman
  3. Analyser la diffĂ©rence entre Ɠuvres autographiques et allographiques
  4. Expliquer la performativitĂ© dans l’art conceptuel et dadaĂŻste
  5. Discerner les enjeux de la médiation artistique performative
  6. Évaluer l’impact de l’IA sur le langage et la vĂ©ritĂ©
  7. Reconnaütre les enjeux de la parole dans la critique d’art
  8. Analyser la mise en scùne de la communication dans l’art contemporain
  9. Comprendre la prosopopée et ses implications philosophiques
  10. InterprĂ©ter la relation entre reprĂ©sentation et rĂ©alitĂ© dans l’art

Test your knowledge

Test your knowledge on Parole et critique d'art with 12 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Comment une Ɠuvre peut-elle ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme parlante dans le cadre de l’espace ?

2. Quelle affirmation Joseph Albers fait-il concernant la relation entre connaissance et vision ?

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Tensions dans critique d’art — dĂ©finition ?

Conflit entre expérience sensible et discours intellectuel.

ƒuvre parlante — rîle ?

IntĂšgre textes ou paroles dans sa composition.

Naissance critique d’art — date clĂ© ?

Renaissance, avec l’émergence de la figure de l’artiste.

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