📋 Plan du Cours
- Neurosciences cognitives et question du tout
- IRM cérébrale : principe et limites
- Localisation des lésions par IRM
- Plasticité cérébrale et neuroplasticité
- Maturation cérébrale : croissance et synaptogenèse
- Plasticité induite par l’expérience : milieux enrichis
- Loi de Hebb et sélection synaptique
- Potentialisation à long terme synaptique
- Plasticité compensatoire intermodale chez non-voyants
- Plasticité induite par une lésion : membre fantôme
- Théories de la genèse des émotions
- Amygdale : voies et rôle dans l’apprentissage
📖 1. Neurosciences cognitives et question du tout
🔑 Notions clés & Définitions
- Neurosciences cognitives : Domaine scientifique qui relie les mécanismes biologiques du cerveau aux processus cognitifs observables.
- Neuropsychologie : Spécialité qui étudie les liens cerveau–cognition à partir des effets de lésions ou de dysfonctionnements cérébraux.
- Cognition : Ensemble des processus mentaux qui permettent de percevoir, décider, agir et s’adapter à l’environnement.
- Localisation des fonctions : Idée selon laquelle des régions cérébrales différentes contribuent de façon spécifique à des fonctions cognitives distinctes.
- Doctrine neuronale : Thèse selon laquelle le système nerveux est constitué d’unités de base, les neurones, qui communiquent entre elles.
📝 Points essentiels
- Les neurosciences cognitives cherchent à expliquer comment des processus mentaux sont réalisés par des mécanismes neuronaux sous-jacents.
- La cognition regroupe des processus comme mémoire, attention, perception, motricité, décision, action et langage, qui produisent un comportement cohérent.
- La question du tout et des parties oppose l’idée d’un fonctionnement global à celle de contributions spécifiques de régions et de connexions différentes.
- Le cerveau n’est pas uniformément impliqué dans toutes les fonctions, ce qui motive l’hypothèse de modules ou de spécialisations.
- La doctrine neuronale affirme que les neurones sont les unités élémentaires du système nerveux et qu’ils sont connectés via des synapses.
- La localisation des fonctions est relancée par des observations de patients cérébrolésés, notamment en lien avec le langage et la dominance hémisphérique.
💡 Astuce mémo
Tout = cohérence du comportement ; Parties = spécialisation des régions (modules) ; Neurones = briques, synapses = liens.
📖 2. IRM cérébrale : principe et limites
🔑 Notions clés & Définitions
- IRMf : L’IRM fonctionnelle est une technique d’imagerie qui mesure indirectement l’activité cérébrale via des variations liées au métabolisme local.
- PET : La TEP (PET) est une imagerie fonctionnelle qui infère l’activité cérébrale à partir de la consommation de glucose ou d’oxygène.
- EEG : L’électroencéphalographie est une mesure électrique de l’activité cérébrale enregistrée à partir du scalp ou d’électrodes intracérébrales.
- MEG : La magnétoencéphalographie mesure les champs magnétiques produits par l’activité neuronale.
- Résolution spatio-temporelle : La résolution spatio-temporelle décrit le niveau de détail spatial et la finesse temporelle avec lesquels une technique mesure l’activité cérébrale.
📝 Points essentiels
- L’IRMf et la PET mesurent l’activité de façon indirecte à partir de la consommation d’O2 et/ou de glucose plutôt que du signal électrique direct.
- Les techniques de mesure directe (EEG, iEEG) enregistrent des champs électriques liés à l’activité neuronale.
- Selon la méthode, la résolution spatiale varie (de l’échelle μm à cm) et la résolution temporelle varie (de ms à plusieurs secondes).
- Les mesures peuvent être plus ou moins intégratives spatialement (local vs global) selon la technique utilisée.
- Pour limiter les biais de chaque mesure, on combine des méthodes (ex. croiser IRMf et EEG) afin d’obtenir à la fois localisation et timing.
💡 Astuce mémo
IRMf/PET = métabolisme (indirect) ; EEG/MEG = électricité/magnétisme (direct) ; plus on gagne en localisation, plus le timing peut se dégrader (et inversement).
📖 3. Localisation des lésions par IRM
🔑 Notions clés & Définitions
- Imagerie par Résonance Magnétique : L’imagerie par résonance magnétique est une technique d’imagerie médicale non invasive qui produit une image 3D de la structure cérébrale à partir de propriétés magnétiques des tissus.
- IRM : L’IRM désigne l’examen d’imagerie par résonance magnétique utilisé pour différencier les tissus et repérer des anomalies structurelles dans le cerveau.
- Anomalies structurelles : Les anomalies structurelles sont des modifications visibles de la forme ou de l’organisation des tissus cérébraux détectables en IRM.
- IRM de diffusion : L’IRM de diffusion est une modalité IRM qui exploite la diffusion des molécules d’eau pour inférer l’organisation des tissus, notamment la substance blanche.
- Morphométrie basée sur les voxels : La morphométrie basée sur les voxels est une méthode qui quantifie, en IRM 3D, la quantité de tissu à chaque localisation via des mesures de volume.
📝 Points essentiels
- L’IRM sert à différencier les tissus entre eux sur l’image, avec une échelle de niveaux de gris allant du noir au blanc selon le type de tissu.
- L’IRM ne mesure pas l’activité neuronale en temps réel : elle fournit des informations sur la forme et la structure du cerveau.
- Le principe physique repose sur la résonance magnétique nucléaire (RMN) de noyaux atomiques, notamment l’hydrogène.
- Les anomalies observées en IRM peuvent être développementales, liées à un traumatisme, à un AVC, à une maladie/pathologie ou à une intervention chirurgicale.
- L’IRM de diffusion (DTI) mesure le sens de diffusion de l’eau contraint par les tissus, typiquement les axones de substance blanche.
- La DTI permet d’estimer la position, l’orientation et l’anisotropie des structures fibreuses, comme les faisceaux de substance blanche myélinisés (ex : faisceau arqué, corps calleux).
💡 Astuce mémo
IRM = Image RÉELLE de la Morphologie : pas l’activité, mais la forme; DTI = Diffusion des axones; VBM = Volume de substance grise.
📖 4. Plasticité cérébrale et neuroplasticité
🔑 Notions clés & Définitions
- Analyse de reconstruction des sources : Méthode de traitement du signal qui vise à estimer d’où provient l’activité cérébrale à partir des mesures enregistrées.
- Potentiels évoqués : Mesures électrophysiologiques d’ondes liées à un traitement neuronal, permettant de repérer précisément le moment où le cerveau change de traitement.
- EEG : Technique d’électrophysiologie qui enregistre l’activité électrique du cerveau à partir d’électrodes sur le scalp.
- Magnétoencéphalographie : Technique qui enregistre les variations du champ magnétique liées à l’activité électrique des neurones.
- Neuroplasticité : Capacité du cerveau à modifier son fonctionnement et ses réseaux en réponse à l’expérience, à l’apprentissage ou à la stimulation.
📝 Points essentiels
- Le moyennage des essais réduit le bruit en exploitant la variabilité d’un signal d’essai à l’autre pour récupérer le composant commun.
- Les potentiels évoqués apportent une information temporelle sur quand survient une différence de traitement neuronal liée à un stimulus ou à une tâche cognitive.
- Les potentiels évoqués sont interprétés comme un traitement d’information par des réseaux de neurones.
- Bandes EEG: alpha 3–18 Hz (éveil, yeux fermés), beta 18–30 Hz (éveil, alerte; sommeil REM), gamma >30 Hz (attention, mémoire, réponse), delta 0.5–4 Hz (sommeil profond), theta 4–8 Hz (mémoire, endormissement).
- La MEG enregistre des variations de champ magnétique produites par l’activité neuronale, et chaque champ magnétique est tangentiel au champ électrique correspondant.
- L’iEEG/ECoG mesure des variations électriques avec des électrodes intracérébrales ou sur la surface, donnant un signal plus local et moins contaminé que l’EEG par crâne et tissus voisins.
💡 Astuce mémo
Moyenne = “commun + bruit dehors” ; EEG = alpha yeux fermés, beta alerte/REM, gamma attention, delta sommeil profond, theta mémoire/endormissement.
📖 5. Maturation cérébrale : croissance et synaptogenèse
🔑 Notions clés & Définitions
- Colliculus supérieur : Structure du tronc cérébral impliquée dans l’intégration visuelle et dans l’orientation vers des cibles, avec des neurones répondant aussi à d’autres modalités.
- Colliculus inférieur : Structure sous-jacente au colliculus supérieur, associée à des traitements sensoriels notamment auditifs dans le cadre présenté.
- Neurones multi-sensoriels : Neurones qui répondent à plusieurs modalités sensorielles et possèdent des champs récepteurs compatibles avec ces différentes entrées.
- Sillon temporal supérieur : Région corticale impliquée dans l’intégration audio-visuelle, notamment pour la perception de la parole.
- Fenêtres temporelles d’intégration : Courtes périodes pendant lesquelles le cerveau combine des signaux de différentes modalités quand ils sont synchrones ou quasi synchrones.
📝 Points essentiels
- Chez le chat, l’intégration multisensorielle débute dès la 4e semaine après la naissance, avec une phase de convergence puis d’intégration.
- Chez l’humain, l’intégration audio-visuelle est présente dès la naissance et les premières semaines, avec une intégration « générale » avant 4 mois puis une spécialisation vers ~8 mois.
- L’intégration olfactif-visuelle se manifeste par un effet sur la reconnaissance de visages à ~4 mois renforcée par une odeur maternelle.
- Dans le colliculus supérieur, des neurones montrent un effet supra-additif : la réponse à VA dépasse la somme des réponses V et A séparées.
- Les neurones du colliculus supérieur peuvent être uni-modaux, bimodaux ou tri-modaux, et leurs réponses sont supprimées pour des stimuli non cohérents dans l’espace et le temps.
- L’intégration multisensorielle améliore détection et discrimination, et accélère la réponse/détection par rapport aux modalités séparées, avec un gain maximal quand les stimuli unimodaux sont peu intenses (principe d’« é
📖 6. Plasticité induite par l’expérience : milieux enrichis
🔑 Notions clés & Définitions
- Milieux enrichis : Milieux enrichis : environnements qui augmentent les stimulations, l’exploration et les interactions, favorisant l’apprentissage et la plasticité cérébrale.
- Loi de Hebb : Loi de Hebb : principe selon lequel la connexion entre deux neurones se renforce quand leur activité est corrélée dans le bon ordre temporel.
- Plasticité par l’usage : Plasticité par l’usage : modification de la représentation corticale quand une fonction ou un mouvement est plus fréquemment utilisé, même sans mouvement.
- Plasticité compensatoire intermodale : Plasticité compensatoire intermodale : réorganisation où le cortex d’une modalité sensorielle traite aussi des informations d’autres modalités, notamment chez les non-voyants.
- Substitution sensorielle : Substitution sensorielle : réaffectation fonctionnelle permettant d’utiliser une modalité sensorielle pour compenser le manque d’une autre, via la plasticité cérébrale.
📝 Points essentiels
- Les milieux enrichis combinent stimulations sensorielles, espace d’exploration, objets, interactions sociales, activité physique volontaire et opportunités d’apprendre.
- Les rats élevés en milieux enrichis montrent de meilleures performances comportementales, notamment dans des tâches de résolution de problèmes.
- L’enrichissement entraîne des changements morphologiques et cellulaires dans le cortex : neurones plus volumineux, plus d’axones, plus de dendrites et plus d’épines dendritiques.
- La loi de Hebb repose sur la co-décharge présynaptique puis postsynaptique : la synapse se renforce si les décharges sont temporellement ordonnées.
- La loi de Hebb implique une plasticité dépendante du timing (spike-timing-dependent plasticity) et un renforcement des synapses efficaces avec élagage des moins efficaces.
- La potentialisation à long terme synaptique (LTP) illustre la loi de Hebb : répétition de stimulation avec récepteurs NMDA augmente le calcium post-synaptique, ce qui favorise l’augmentation/activation des récepteurs AM-
💡 Astuce mémo
Hebb = « avant→après » : présynaptique d’abord, postsynaptique ensuite, donc la synapse “gagne”.
📖 7. Loi de Hebb et sélection synaptique
🔑 Notions clés & Définitions
- Loi de Hebb : Principe de plasticité synaptique reliant l’activité conjointe de deux neurones à un renforcement durable de la connexion entre eux.
- Sélection synaptique : Mécanisme de plasticité où seules certaines synapses gagnent en efficacité, tandis que d’autres s’affaiblissent ou disparaissent selon l’activité.
- Plasticité induite par l’expérience : Capacité du cerveau à modifier ses connexions et ses réponses en fonction des apprentissages et des stimulations vécues.
- Potentialisation à long terme synaptique : Renforcement durable de l’efficacité d’une synapse après une stimulation répétée ou intense, servant de base à certains apprentissages.
📝 Points essentiels
- La loi de Hebb décrit un renforcement quand deux neurones sont co-actifs, ce qui favorise la transmission de l’information via leurs synapses.
- La sélection synaptique implique une compétition entre synapses, conduisant à un réseau plus efficace pour les patterns d’activité réellement rencontrés.
- La plasticité induite par l’expérience regroupe plusieurs formes, dont la loi de Hebb et la potentialisation à long terme synaptique.
- La potentialisation à long terme synaptique correspond à une augmentation durable de l’efficacité synaptique après stimulation, plutôt qu’à un effet uniquement transitoire.
- La sélection synaptique explique comment l’apprentissage peut remodeler le réseau en renforçant certaines connexions et en réduisant les autres.
💡 Astuce mémo
Hebb = co-activité → connexion renforcée ; Sélection = tri des synapses selon ce qui s’active vraiment.
📖 8. Potentialisation à long terme synaptique
🔑 Notions clés & Définitions
- Potentialisation à long terme : La potentialisation à long terme est un renforcement durable de l’efficacité synaptique après une stimulation, lié à des changements de la transmission entre neurones.
- Stimulation répétée : Une stimulation répétée est un ensemble de signaux qui, lorsqu’ils sont suffisamment intenses et synchronisés, déclenchent des modifications durables de la synapse.
- Consolidation mnésique : La consolidation mnésique est la phase où une trace nouvellement encodée est stabilisée, et où des facteurs comme l’activation émotionnelle peuvent moduler sa force.
- Arousal émotionnel : L’arousal émotionnel est un état d’activation physiologique lié à l’émotion qui augmente la probabilité de mieux retenir une information.
📝 Points essentiels
- La potentialisation à long terme correspond à un apprentissage synaptique durable, distinct des réponses rapides et instinctives.
- Le stress ponctuel déclenche une activation immédiate du corps qui perturbe l’homéostasie et peut influencer les voies impliquées dans l’apprentissage.
- L’activation émotionnelle (arousal) améliore la rétention après encodage, et l’amygdale module surtout la force de la trace plutôt que la présence de l’encodage.
- La modulation de la mémoire peut intervenir après l’encodage, pendant la consolidation, ce qui rend l’effet émotionnel compatible avec une action postérieure.
- Une lésion de l’amygdale droite est associée à un trouble du rappel de mémoire autobiographique émotionnelle, montrant un rôle de l’amygdale dans la composante émotionnelle de la mémoire.
💡 Astuce mémo
LTP = « trace qui s’épaissit » : arousal après encodage → consolidation plus solide → oubli plus lent.
📖 9. Plasticité compensatoire intermodale chez non-voyants
🔑 Notions clés & Définitions
- Plasticité compensatoire intermodale : Capacité du cerveau à réorganiser ses fonctions pour compenser la perte d’un sens, en réaffectant des ressources à d’autres modalités.
- Amygdale : Structure cérébrale impliquée dans le traitement émotionnel, notamment l’arousal, et la modulation de la force des traces mnésiques.
- Consolidation mnésique : Période suivant l’encodage où la trace en mémoire peut être renforcée ou modulée par des facteurs comme l’activation émotionnelle.
- Extinction : Processus d’apprentissage qui réduit la réponse conditionnée après exposition répétée au stimulus sans le facteur aversif.
- EMDR : Méthode de désensibilisation et retraitement utilisant notamment des mouvements oculaires pour diminuer la charge émotionnelle liée à des souvenirs.
📝 Points essentiels
- Un rat stressé juste après l’apprentissage retient mieux la tâche qu’un rat non stressé, alors qu’un rat sans amygdale retient la tâche mais moins bien.
- L’amygdale ne détermine pas le fait d’encoder la trace, mais module surtout la force de cette trace mnésique.
- La modulation de la mémoire peut intervenir après l’encodage, pendant la consolidation.
- Des lésions de l’amygdale droite entraînent un trouble du rappel de mémoire autobiographique émotionnelle.
- L’activation (arousal) module la vitesse d’oubli des traces, via un mécanisme de consolidation influencé par l’amygdale.
💡 Astuce mémo
Amygdale = Amplificateur de trace (pas le bouton d’encodage) ; arousal après l’encodage = trace plus forte, oubli plus lent.
📖 10. Plasticité induite par une lésion : membre fantôme
🔑 Notions clés & Définitions
- Douleur de soi : La douleur de soi correspond à l’expérience subjective quand le corps est en souffrance, avec activation de régions impliquées dans la représentation corporelle.
- Douleur d’autrui : La douleur d’autrui correspond à la souffrance perçue chez une autre personne, avec un pattern d’activation partiellement distinct de celui de la douleur de soi.
- Insula antérieure : L’insula antérieure est une région corticale impliquée dans le traitement de la douleur liée à soi et à autrui.
- Cortex cingulaire antérieur : Le cortex cingulaire antérieur participe au traitement de la douleur de soi et de la douleur d’autrui.
- Membre fantôme : Le membre fantôme désigne la sensation de présence et parfois de douleur dans un membre amputé, liée à des réorganisations cérébrales après lésion.
📝 Points essentiels
- Pour la douleur de soi, l’insula antérieure et le cortex cingulaire antérieur s’activent.
- Pour la douleur d’autrui, l’insula postérieure et les cortex somatosensoriels ne s’activent pas de la même façon que pour la douleur de soi.
- Les réponses neuronales liées à l’empathie sont modulées par la perception de l’honnêteté des autres.
- Dans le jeu du dilemme du prisonnier, les participants observent des chocs punitifs infligés à un autre joueur, et l’activité associée à l’empathie varie selon que le joueur est jugé juste ou injuste.
- La punition altruiste s’accompagne d’une activation de l’insula frontale (gauche et droite) lors de l’observation du choc punitif.
- L’ocytocine est une hormone pro-socialisante libérée par la neurohypophyse, produite par les noyaux paraventriculaires de l’hypothalamus, et associée à des biais intra-groupe.
💡 Astuce mémo
Soi = insula antérieure + cingulaire antérieur ; Autrui = pas insula postérieure ni somatosensoriel (comme pour soi).
📖 11. Théories de la genèse des émotions
🔑 Notions clés & Définitions
- Fixations oculaires : Les fixations oculaires sont des arrêts brefs du regard qui révèlent où l’information visuelle est traitée pendant la perception.
- Décodage de sens : Le décodage de sens désigne le traitement de la signification d’une scène qui guide ensuite les saccades et les fixations.
- Mind-wandering : Le mind-wandering correspond à l’errance de l’attention vers des pensées non liées à la tâche en cours.
- Réseau activé par défaut : Le réseau activé par défaut est un réseau cérébral engagé surtout quand l’individu n’agit pas de façon orientée vers un but.
- Contrôle cognitif : Le contrôle cognitif regroupe les mécanismes permettant d’orienter le comportement vers un but en sélectionnant l’information et les actions pertinentes.
📝 Points essentiels
- L’attention influence les saccades et fixations en utilisant le décodage de sens de la scène pour guider où regarder.
- Le mind-wandering correspond à des pensées spontanées qui surviennent pendant l’absence d’action orientée but.
- Le réseau activé par défaut implique notamment le cortex cingulaire postérieur et le cortex préfrontal ventromédian, avec l’hippocampe et le TPJ.
- Le « voyage temporel » du réseau activé par défaut combine planification future et récit autobiographique passé, avec un focus sur le Soi.
- L’équilibre d’activation du réseau activé par défaut est associé à des états comme la schizophrénie et la dépression, avec implication du cortex cingulaire postérieur.
- Le contrôle cognitif se distingue des habitudes/automatismes par la présence de comportements orientés vers un but et par la sélection d’information et d’actions.
💡 Astuce mémo
Décodage → Regard : sens de la scène = saccades; Pensées vagabondes → DMN : pas d’action = réseau actif.
📖 12. Amygdale : voies et rôle dans l’apprentissage
🔑 Notions clés & Définitions
- Amygdale : Région cérébrale impliquée dans l’émotion, notamment la peur, et participant aux apprentissages associés aux signaux émotionnels.
- Apprentissage associatif : Mécanisme d’apprentissage où des connexions se renforcent grâce au renforcement et à la prédiction des événements.
- Hotspots hédoniques : Zones cérébrales liées à l’attraction et au plaisir, où l’activité reflète la valeur positive d’un stimulus.
- Coldspots : Zones cérébrales associées au rejet et au dégoût, où l’activité reflète une valeur négative d’un stimulus.
- Erreur de prédiction dopaminergique : Signal dopaminergique qui code l’écart entre ce qui est attendu et ce qui se produit réellement.
📝 Points essentiels
- L’amygdale contribue au traitement émotionnel (dont la peur) au sein des réseaux impliqués dans la récompense et l’apprentissage.
- Les réseaux de récompense incluent VTA (dopamine), nucleus accumbens, striatum ventral/dorsal, cortex préfrontal, hippocampe et amygdale.
- La dopamine sert de signal de renforcement et de prédiction, en soutenant l’apprentissage par plasticité neuronale.
- Les hotspots hédoniques incluent nucleus accumbens, striatum ventral, cortex orbitofrontal et cortex insulaire, tandis que les coldspots correspondent au dégout-rejet.
- L’expérience d’Old et Milner (1954) relie dopamine, nucleus accumbens et expérience de plaisir dans le fonctionnement du système de récompense.
- Les neurones dopaminergiques de la VTA (Schultz, 1997) codent une erreur de prédiction, c’est-à-dire la différence entre prédiction et résultat observé.
💡 Astuce mémo
Amygdale = ÉMOTION (peur) qui “colle” l’apprentissage au contexte; Dopamine = PRÉDICTION (erreur) qui ajuste le renforcement.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| -3000AvJC | Momification égyptienne : cerveau retiré, cœur central |
| -3700 -2200 AvJC | Trépanation (cause inconnue) |
| 460-370 AvJC | Hippocrate |
| 384-322 AvJC | Aristote |
| 129 -200 | Claude Galien |
| 1737-1798 | Luigi Galvani (lien nerfs–muscles, courant électrique) |
📊 Tableaux de synthèse
Techniques : mesure directe vs indirecte
| Technique | Type de mesure | Activité mesurée |
|---|
| IRMf | Indirecte (métabolisme/O2-glucose) | Variations BOLD liées à l’activité neuronale |
| PET (TEP) | Indirecte (traceurs : glucose/O2/récepteurs) | Consommation/absorption liée à l’activité cellulaire |
| EEG | Directe (électricité) | Champs électriques via scalp/électrodes |
| MEG | Directe (magnétisme) | Champs magnétiques tangents au champ électrique |
| iEEG/ECoG | Directe (électricité intracérébrale/surface) | Signal plus local, moins contaminé que l’EEG |
Approches théoriques en psychologie (succession)
| Période/école | Idée centrale | Méthode/objet |
|---|
| ~1850 Structuralisme (associationisme) | Idées complexes à partir d’éléments simples | Psychophysique + introspection |
| ~1900 Gestaltisme | Le tout est plus que la somme des parties | Phénoménologie de la perception, règles d’organisation |
| ~1890 (pré-)Behaviorisme | Habitudes via récompense/punition | Loi de l’effet (apprentissage du comportement) |
| Behaviorisme (~1900) | Étude du comportement observable | Association statistique stimulus–réponse, rejet de la conscience |
| ~1950 Cognitivisme | Cognition = traitement d’information | Métaphore ordinateur, mémoire/langage |
| Connexionnisme | Cognition = calculs de réseaux neuronaux | Réseaux de neurones (non-symbolique) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre IRMf/TEP (mesure indirecte via métabolisme/traceurs) avec EEG/MEG/iEEG (mesure directe du signal électrique/magnétique).
- Croire que l’IRM “mesure l’activité en temps réel” : elle décrit surtout la structure et les anomalies structurelles.
- Mélanger localisation et connectivité : la localisation parle de régions, la connectivité structurelle/fonctionnelle parle des liens et de leurs effets.
- Interpréter la loi de Hebb comme “co-activité = toujours renforcement” sans timing : le renforcement dépend de l’ordre temporel (spike-timing).
- Penser que l’amygdale “crée l’encodage” : elle module surtout la force de la trace (consolidation/oubli), pas la présence de l’encodage.
- Confondre émotions et sentiments : les émotions sont rapides, les sentiments plus lents et durables.
- Croire que l’attention est un état général “activé” : elle implique sélection/inhibition et peut être dissociée de l’éveil.
✅ Checklist Examen
- Expliquer la question du tout et des parties en cognition (modules/spécialisations) et relier cela aux notions de localisation des fonctions et doctrine neuronale.
- Comparer IRMf/PET à EEG/MEG/iEEG en termes de mesure (indirecte vs directe) et de résolutions spatio-temporelles, puis justifier l’intérêt de combiner des méthodes.
- Décrire ce que mesure l’IRM (structure/anomalies) et ce que mesure la DTI (diffusion de l’eau pour inférer orientation/anisotropie des faisceaux).
- Expliquer le rôle des potentiels évoqués et du moyennage des essais pour récupérer un signal temporel lié au traitement neuronal.
- Connaître les grandes étapes de maturation (croissance dendritique/axonale, synaptogenèse, élagage, myélinisation) et l’idée de période sensible/critique.
- Décrire les milieux enrichis (composantes) et leurs effets morphologiques/cellulaires, puis relier ces effets à la plasticité induite par l’expérience.
- Formuler la loi de Hebb et préciser la condition de timing (pré- puis post-synaptique) et le lien avec sélection synaptique.
- Définir la potentialisation à long terme (LTP) et décrire le rôle des récepteurs NMDA/augmentation calcium puis AMPA (mécanisme cellulaire).
- Expliquer la plasticité par l’usage (augmentation de la représentation corticale avec pratique/stimulation sans mouvement) et donner au moins un exemple (musiciens, bilingues, taxi).
- Décrire la plasticité compensatoire intermodale chez les non-voyants (recrutement du cortex visuel pour audition/toucher/langage) et au moins une preuve comportementale ou de privation courte.
- Définir la substitution sensorielle (principe de transmettre un code d’une modalité via un canal fonctionnel d’une autre) et citer l’idée générale de BACH-Y-RITA.
- Expliquer la plasticité induite par lésion : amputation (réorganisation sans retour sensoriel/moteur), membre fantôme (réorganisation + boîtes à miroir), et vicariance (remplacer/déléguer une fonction à un avatar/une mod
- Expliquer les émotions : valence/activation, émotions vs sentiments, et distinguer stress ponctuel vs chronique (adrénaline vs cortisol) en lien avec l’intéroception.
- Comparer les théories de la genèse des émotions (James-Lange, Cannon-Bard, Singer-Schachter, LeDoux) en termes de rôle du corps, du cortex et de l’évaluation cognitive/voie rapide-voie lente.
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