Revision sheet: Syndrome catatonique

Plan du Cours

  1. Définition et enjeux cliniques
  2. Repères historiques
  3. Sémiologie motrice
  4. Signes associés et critères diagnostiques
  5. Formes cliniques
  6. Étiologies et diagnostic différentiel
  7. Mécanismes et prise en charge
  8. Aspects médico-légaux

1. Définition et enjeux cliniques

Notions clés & Définitions

  • Catatonie : Syndrome physique et psychomoteur intéressant principalement l’activité motrice volontaire, avec perte de l’initiative motrice, trouble du tonus musculaire ou catalepsie et phénomènes parakinétiques.

★ À maîtriser

  • La catatonie constitue une urgence psychiatrique et médicale pouvant engager le pronostic vital et nécessitant un diagnostic rapide ainsi qu’un traitement adéquat.

Compléments

  • La catatonie peut avoir des étiologies neurologiques, infectieuses, toxiques ou psychiatriques et une agitation furieuse peut poser un problème médico-légal.

Astuce mémo

Catatonie = perte motrice, tonus, parakinésies

2. Repères historiques

★ À maîtriser

  • En 1863-1874, Kahlbaum décrit une « démence de tension » en observant des états stuporeux.

  • Kraepelin regroupe la catatonie dans la démence précoce, tout en reconnaissant qu’elle peut survenir en dehors de celle-ci dans des contextes toxico-infectieux. — Kreaplin, 1863-1899

Compléments

  • Pinel et Esquirol décrivent la stupeur comme située entre l’état démentiel et l’idiotisme. — Pinel-Esquirol

  • En 1900, Wernicke parle de psychose de motilité.

Astuce mémo

Georget → Kahlbaum → Kraepelin → Wernicke : de la stupidité à la psychose de motilité

3. Sémiologie motrice

Notions clés & Définitions

  • Stéréotypie : Répétition d’une activité motrice non dirigée vers un but, pouvant être mimique, posturale, gestuelle, complexe ou verbale.
  • Catalepsie : Induction d’une posture maintenue passivement et contre la pesanteur.
  • Négativisme : Opposition ou absence de réponse aux instructions ou aux stimuli extérieurs.

Points essentiels

📌 La stupeur correspond à une absence d’activité psychomotrice et de relation active avec l’environnement, tandis que la motricité catatonique peut aussi être augmentée et bizarre.

  • La motricité spontanée réduite peut associer: immobilité, mutisme, fixité du regard, repli sur soi, refus alimentaire, prise de posture maintenue activement contre la gravité

📌 La flexibilité cireuse est une résistance initiale à la mobilisation qui cède progressivement, tandis que l’oppositionnisme est une hypertonie s’opposant à toute tentative de mobilisation.

Astuce mémo

Motricité réduite : stupeur et mutisme ; motricité augmentée : agitation et stéréotypies

4. Signes associés et critères diagnostiques

★ À maîtriser

  • Les comportements de dépendance à l’environnement comprennent:
    • les écho-phénomènes
    • les comportements d’utilisation
    • les comportements d’aimantation

Compléments

  • Les signes somatiques et neurovégétatifs comprennent: des troubles de la tension artérielle, de la fréquence cardiaque et de la température, des sueurs profuses, une cyanose des extrémités, des œdèmes des membres inférieurs, une hypersalivation, des signes de dysautonomie

5. Formes cliniques

Points essentiels

📌 La stupeur catatonique est dominée par l’immobilité absolue, la catalepsie et les stéréotypies, tandis que l’agitation catatonique est une agitation très violente avec verbigération, salade de mots et violence clastique.

  • La catatonie périodique se caractérise par la reproduction d’épisodes catatoniques séparés par des rémissions.

Astuce mémo

Stupeur = immobilité ; agitation = violence ; catatonisme = forme mineure

6. Étiologies et diagnostic différentiel

★ À maîtriser

  • Les causes organiques de la catatonie comprennent des affections du système nerveux central, des causes métaboliques, toxiques et infectieuses.

  • Les troubles de l’humeur sont impliqués dans 46 % des cas de catatonie, l’épisode maniaque semblant le plus concerné.

  • Les psychoses schizophréniques, longtemps considérées comme l’étiologie la plus fréquente, représentent actuellement 20 % des cas de catatonie.

📌 La stupeur confusionnelle associe désorientation temporo-spatiale, troubles constants de la mémoire et de l’attention et onirisme, tandis que la stupeur mélancolique se reconnaît à une mimique de tristesse appelée oméga mélancolique.

Compléments

  • Le syndrome malin des neuroleptiques est une complication gravissime d’un traitement neuroleptique et constitue un diagnostic différentiel de la catatonie.

7. Mécanismes et prise en charge

Points essentiels

  • La catatonie est associée à un défaut de fonctionnement des récepteurs GABA-A du cortex cérébral sensitivo-moteur gauche chez certains patients.

  • Un dysfonctionnement des récepteurs dopaminergiques D2 des lobes frontaux et des noyaux gris de la base peut participer à la catatonie, et leur blocage postsynaptique par les neuroleptiques peut également la déclencher.

  • 🔄 La prise en charge comprend successivement:

    1. l’hospitalisation et les soins généraux
    2. l’évaluation biologique et somatique
    3. la correction hydro-électrolytique
    4. le traitement de la cause identifiée
  • 🔄 Le challenge test au lorazépam se déroule ainsi: injecter 1 mg de lorazépam par voie intraveineuse, répéter l’injection après 5 minutes si aucune amélioration n’est observée, considérer le test positif en cas d’atténuation nette des symptômes catatoniques

  • Les benzodiazépines sont le traitement de prédilection de la catatonie, avec une rémission dans 70 à 80 % des cas, et le lorazépam est recommandé en première intention à la dose de 1 à 2 mg toutes les 4 à 12 heures pendant 3 à 5 jours, avec un maximum de 7 jours.

📌 L’électroconvulsivothérapie est indiquée en cas d’échec du challenge test, d’absence d’amélioration rapide malgré l’augmentation des benzodiazépines ou d’engagement du pronostic vital par hyperthermie, tachycardie ou variations importantes de la tension artérielle.

Astuce mémo

Défaut GABA-A ou dysfonctionnement dopaminergique → symptômes catatoniques ; lorazépam ou ECT peuvent les réduire

8. Aspects médico-légaux

Points essentiels

📌 La catatonie nécessite habituellement une hospitalisation en milieu spécialisé, mais l’internement n’est pas toujours nécessaire lors d’un épisode aigu au cours d’une maladie infectieuse, contrairement aux schizophrénies et à l’intoxication chronique où il est obligatoire.

📌 Les accès de fureur catatonique imposent un isolement et des précautions sévères en raison de leur dangerosité.

  • Lorsque les benzodiazépines sont inefficaces ou trop sédatives, une électroconvulsivothérapie doit être débutée immédiatement.

Tableaux de synthèse

Principales formes cliniques

FormeManifestation dominanteÉléments caractéristiques
Stupeur catatoniqueInertie psychomotriceImmobilité, catalepsie, stéréotypies
Agitation catatoniqueAgitation violenteVerbigération, salade de mots, violence clastique
CatatonismeForme mineureRefus de la main tendue, grimaces, sourires immotivés
Catatonie périodiqueRécurrenceÉpisodes séparés par des rémissions

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1. Quelle caractéristique définit le mieux la catatonie ?

2. Pourquoi la catatonie doit-elle être prise en charge rapidement ?

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Qu'est-ce que la catatonie affecte principalement ?

L'activité motrice volontaire.

Quels troubles moteurs caractérisent la catatonie ?

Perte de l'initiative motrice, trouble du tonus musculaire ou catalepsie.

Quels phénomènes parakinétiques sont associés à la catatonie ?

Des phénomènes parakinétiques sont présents.

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