La mise Ă lâagenda transforme un problĂšme privĂ© en enjeu collectif reconnu par lâĂtat, Ă©tape clĂ© pour initier une action publique, sans nĂ©cessairement aboutir Ă une mesure immĂ©diate.
Experts : Acteurs lĂ©gitimes qui projettent les questions environnementales sur la scĂšne publique, en apportant leur expertise pour crĂ©dibiliser ces enjeux. Ex : GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'Ă©volution du climat), qui lĂ©gitime la question climatique Ă lâĂ©chelle mondiale.
ONG : Organisations non gouvernementales qui jouent un rĂŽle de conviction auprĂšs de lâopinion publique et organisent des actions ou manifestations pour attirer lâattention mĂ©diatique sur les enjeux environnementaux. Ex : Greenpeace, WWF.
Associations de citoyens : Groupes mobilisĂ©s localement pour des causes environnementales, avec une influence moindre Ă lâĂ©chelle internationale mais essentielles pour la mobilisation locale. Ex : On est prĂȘts.
Partis politiques écologistes : Partis intégrant explicitement les questions environnementales dans leur programme et leur agenda politique, contribuant à leur prise en compte dans la sphÚre politique. Ex : EELV.
Entreprises : Acteurs économiques qui innovent en matiÚre écologique par le développement de produits verts, labels ou pratiques de greenwashing, visant à répondre à la demande de durabilité ou à améliorer leur image. Ex : Patagonia, Biocoop.
La mise Ă lâagenda environnemental rĂ©sulte dâun jeu complexe de relations de conflit et de coopĂ©ration entre ces acteurs. Par exemple, un conflit peut naĂźtre autour du glyphosate, tandis que la coopĂ©ration peut sâobserver dans lâaffaire du siĂšcle ou entre ONG comme WWF. Une mĂȘme organisation peut alterner entre conflit et coopĂ©ration selon les circonstances.
La mise en Ćuvre des actions environnementales se dĂ©ploie Ă diverses Ă©chelles : internationale (ex : nĂ©gociations depuis 1972, COP depuis 1995), europĂ©enne et nationale (lois concrĂštes), rĂ©gionale et locale (ex : gestion de la transition Ă©nergĂ©tique dans les Hauts-de-France). La logique peut ĂȘtre « top-down » (du haut vers le bas) ou « bottom-up » (du bas vers le haut).
La subsidiaritĂ© de lâUE guide lâintervention communautaire : lâUE intervient si lâaction Ă lâĂ©chelle nationale est moins efficace ou si les compĂ©tences relĂšvent de lâUnion, privilĂ©giant une logique « du haut vers le bas ».
La diversitĂ© des acteurs et leurs relations influence la dynamique des politiques environnementales, avec des enjeux liĂ©s Ă leur lĂ©gitimitĂ©, influence et capacitĂ© dâaction.
Les acteurs environnementaux, par leurs rĂŽles spĂ©cifiques et leurs interactions Ă diffĂ©rentes Ă©chelles, façonnent la mise Ă lâagenda et la mise en Ćuvre des politiques pour rĂ©pondre aux enjeux Ă©cologiques, oscillant entre conflit et coopĂ©ration.
Les relations entre acteurs environnementaux oscillent entre conflit et coopĂ©ration, influençant la dynamique de lâaction environnementale Ă diffĂ©rentes Ă©chelles et selon les enjeux.
Ăchelle internationale : Niveau dâaction oĂč les Ătats et organisations mondiales, comme lâONU ou la COP, nĂ©gocient et coordonnent des politiques pour gĂ©rer des enjeux globaux tels que le changement climatique, en raison de la nature du bien commun quâest lâenvironnement (ex : nĂ©gociations depuis 1972, COP depuis 1995).
Ăchelle europĂ©enne : Niveau dâaction oĂč lâUnion EuropĂ©enne intervient via des directives, rĂšglements ou marchĂ©s, notamment le marchĂ© des quotas dâĂ©mission instaurĂ© en 2005, pour harmoniser les politiques environnementales entre Ătats membres.
Principe de subsidiaritĂ© : Principe selon lequel lâUnion EuropĂ©enne nâintervient que si lâaction Ă lâĂ©chelle nationale est moins efficace, permettant ainsi de respecter la compĂ©tence des Ătats tout en assurant une action cohĂ©rente Ă lâĂ©chelle communautaire (voir section 3).
Logique top-down : Approche oĂč lâaction se dĂ©ploie du niveau supĂ©rieur (international ou europĂ©en) vers les niveaux infĂ©rieurs (national, rĂ©gional, local), souvent justifiĂ©e par la nĂ©cessitĂ© dâune coordination globale ou supra-nationale.
Logique bottom-up : Approche inverse oĂč lâaction commence au niveau local ou rĂ©gional, puis remonte vers des niveaux supĂ©rieurs, favorisant la mobilisation locale et lâadaptation aux besoins spĂ©cifiques des territoires.
Ăchelle rĂ©gionale et locale : Niveau dâaction oĂč les acteurs locaux et rĂ©gionaux, tels que les collectivitĂ©s territoriales ou associations, mettent en Ćuvre des politiques adaptĂ©es aux particularitĂ©s du territoire, par exemple la gestion de la transition Ă©nergĂ©tique dans les Hauts-de-France.
La mise Ă lâagenda des problĂ©matiques environnementales passe par des relations de conflit ou de coopĂ©ration entre acteurs multiples (experts, ONG, associations, partis politiques, entreprises), qui peuvent agir Ă diffĂ©rentes Ă©chelles (internationale, europĂ©enne, nationale, rĂ©gionale, locale).
La logique « du haut vers le bas » sâappuie sur le principe de subsidiaritĂ© de lâUnion EuropĂ©enne, qui justifie une intervention europĂ©enne lorsque lâĂ©chelle nationale est insuffisante pour traiter efficacement une problĂ©matique environnementale.
La coopĂ©ration et le conflit entre acteurs varient selon les circonstances et les enjeux, avec une capacitĂ© dâaction qui se dĂ©ploie selon une hiĂ©rarchie dâĂ©chelles complĂ©mentaires, permettant une meilleure adaptation aux besoins locaux tout en assurant une coordination globale.
Les Ă©chelles dâaction, du local Ă lâinternational, sont interdĂ©pendantes et rĂ©gulĂ©es par le principe de subsidiaritĂ©, permettant dâadapter la gouvernance environnementale aux enjeux spĂ©cifiques tout en favorisant la coopĂ©ration entre diffĂ©rents niveaux pour une gestion efficace du bien commun quâest lâenvironnement.
RĂ©glementation : Normes contraignantes Ă©dictĂ©es par les pouvoirs publics, telles que lâinterdiction de produits polluants ou la fixation de normes thermiques, visant Ă rĂ©duire lâimpact environnemental des agents Ă©conomiques.
Taxe Ă©cologique (taxe pigouvienne) : PrĂ©lĂšvement obligatoire sur un produit ou une activitĂ© visant Ă internaliser lâexternalitĂ© nĂ©gative, en fixant un montant Ă©gal au coĂ»t social de la pollution. Elle incite les agents Ă rĂ©duire leur pollution en augmentant le prix de lâactivitĂ© polluante, conformĂ©ment au principe du pollueur-payeur.
Subvention Ă©cologique : Versement monĂ©taire par les pouvoirs publics pour encourager des activitĂ©s ou comportements Ă©cologiquement souhaitables, internalisant ainsi les externalitĂ©s positives. Elle permet dâaugmenter la rentabilitĂ© dâactions bĂ©nĂ©fiques pour lâenvironnement.
MarchĂ© des quotas dâĂ©mission : SystĂšme combinant contrainte rĂ©glementaire et incitation monĂ©taire, oĂč des quotas dâĂ©mission (droits Ă polluer) sont attribuĂ©s aux entreprises. Ces quotas sont Ă©changeables sur un marchĂ©, permettant dâajuster la rĂ©duction globale des Ă©missions selon lâoffre et la demande, tout en fixant une limite quantifiĂ©e Ă la pollution.
La rĂ©glementation impose des normes obligatoires pour prĂ©venir ou limiter la pollution, mais peut ĂȘtre coĂ»teuse Ă contrĂŽler et peu incitative Ă dĂ©passer la norme (voir section 6).
La taxe Ă©cologique repose sur le principe du pollueur-payeur, avec un montant Ă©gal au coĂ»t social de la pollution, ce qui incite Ă rĂ©duire la pollution tout en gĂ©nĂ©rant des recettes pour lâĂtat (voir section 7).
La subvention Ă©cologique internalise les externalitĂ©s positives en rĂ©munĂ©rant les agents qui rĂ©alisent des actions bĂ©nĂ©fiques pour lâenvironnement, favorisant ainsi la dĂ©pollution ou la conservation (voir section 7).
Le marchĂ© des quotas dâĂ©mission permet une rĂ©duction flexible et efficace des Ă©missions en laissant le prix du CO2 sâajuster selon lâoffre et la demande, mais il peut ĂȘtre dĂ©faillant si trop de quotas sont distribuĂ©s ou si leur prix est trop faible (voir section 8).
Ces instruments ont des avantages : incitation Ă la rĂ©duction, stimulation de lâinnovation verte, et adaptation Ă la diversitĂ© des acteurs. Cependant, ils prĂ©sentent aussi des limites : difficultĂ© Ă fixer les niveaux de taxes/subventions, risques de dumping ou dâeffets rebond, et inefficacitĂ© en lâabsence dâaccord mondial.
Les instruments économiques, en combinant réglementation, fiscalité et marché, offrent une palette flexible pour internaliser les externalités environnementales, mais leur efficacité dépend de leur conception et du contexte international.
La rĂ©glementation environnementale impose des normes obligatoires pour encadrer lâactivitĂ© humaine, avec contrĂŽle et sanctions en cas de non-respect, mais elle doit ĂȘtre complĂ©tĂ©e par dâautres instruments pour ĂȘtre pleinement efficace.
Les taxes et subventions Ă©cologiques sont des instruments clĂ©s pour internaliser les externalitĂ©s environnementales en utilisant des incitations monĂ©taires, afin dâaligner les comportements privĂ©s avec lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.
Le marchĂ© des quotas dâĂ©mission est un outil combinant rĂ©glementation et incitation monĂ©taire pour rĂ©duire la pollution, mais son efficacitĂ© est limitĂ©e par une distribution excessive de quotas et des amendes insuffisantes.
Taxe Ă©cologique : PrĂ©lĂšvement obligatoire sur un produit ou une activitĂ© polluante visant Ă internaliser lâexternalitĂ© nĂ©gative, en appliquant le principe du pollueur-payeur. Montant Ă©gal Ă lâexternalitĂ© nĂ©gative, il incite Ă rĂ©duire la pollution en augmentant le coĂ»t de lâactivitĂ© polluante. (Chapitre 7)
Subvention Ă©cologique : Versement financier par les pouvoirs publics pour encourager la rĂ©alisation dâactivitĂ©s Ă©cologiquement souhaitables, internalisant ainsi les externalitĂ©s positives. Elle augmente la rentabilitĂ© des comportements favorables Ă lâenvironnement. (Chapitre 7)
MarchĂ© des quotas dâĂ©mission : SystĂšme oĂč des droits Ă polluer, attribuĂ©s par les pouvoirs publics, sont Ă©changĂ©s entre entreprises. Fonctionne selon la loi de lâoffre et de la demande, avec pour objectif de rĂ©duire globalement les Ă©missions en fixant une limite (quota) totale. (Chapitre 8)
La rĂ©glementation impose des normes contraignantes, telles que lâinterdiction de certains produits polluants ou des normes thermiques, assurant une prĂ©vention efficace face aux pollutions graves, mais coĂ»teuse Ă contrĂŽler et peu flexible (voir section 6).
Les taxes et subventions écologiques permettent une internalisation des externalités via des incitations monétaires : la taxe pigouvienne augmente le prix des activités polluantes pour réduire leur occurrence, tandis que la subvention rémunÚre les comportements écologiquement positifs pour encourager leur développement (voir section 7). Cependant, leur fixation est complexe, et elles peuvent affecter les ménages pauvres ou la compétitivité des entreprises.
Le marchĂ© des quotas dâĂ©mission combine contrainte rĂ©glementaire et incitation monĂ©taire : il limite la quantitĂ© totale de pollution autorisĂ©e et permet aux entreprises dâĂ©changer des quotas pour optimiser leur coĂ»t de rĂ©duction. Son efficacitĂ© dĂ©pend de la quantitĂ© de quotas distribuĂ©s et du prix du CO2, qui doit ĂȘtre suffisamment incitatif (voir section 8).
La limite principale de ces instruments rĂ©side dans leur mise en Ćuvre : difficultĂ© Ă fixer des niveaux optimaux, risques de dumping Ă©cologique, effets rebond, ou faiblesse des prix qui ne modifient pas suffisamment les comportements.
La coopĂ©ration internationale est essentielle pour leur efficacitĂ©, notamment face aux contraintes liĂ©es aux inĂ©galitĂ©s de dĂ©veloppement, aux stratĂ©gies de passager clandestin, et aux dysfonctionnements de lâaction publique (voir section 10).
Les instruments économiques tels que la taxe, la subvention et le marché des quotas sont complémentaires et efficaces pour internaliser les externalités, mais leur succÚs dépend de leur conception, de leur fixation et de la coopération internationale.
InĂ©galitĂ©s de dĂ©veloppement : diffĂ©rences structurelles entre pays dĂ©veloppĂ©s (PID), pays en dĂ©veloppement (PED) et pays les moins avancĂ©s (PMA), notamment en termes de revenu, de santĂ©, dâĂ©ducation et de capacitĂ©s institutionnelles, influençant leur contribution et leur vulnĂ©rabilitĂ© face aux enjeux environnementaux. (voir section 1)
Dette Ă©cologique des PID vis-Ă -vis des PED : charge environnementale que supportent les pays en dĂ©veloppement en raison des activitĂ©s des pays riches, notamment par lâexploitation des ressources et la pollution, ce qui limite leur dĂ©veloppement durable. (voir section 1)
StratĂ©gies de passager clandestin : comportement dâun acteur qui bĂ©nĂ©ficie des efforts collectifs pour la rĂ©duction des GES sans en supporter les coĂ»ts, ce qui fragilise la coopĂ©ration internationale sur le climat. (voir section 1)
Les contraintes internationales sur la lutte contre le changement climatique rĂ©sultent principalement des inĂ©galitĂ©s de dĂ©veloppement, des stratĂ©gies de passager clandestin et des dysfonctionnements de lâaction publique, qui fragilisent la coopĂ©ration globale et lâefficacitĂ© des politiques.
| ThĂšme | Notions clĂ©s | Acteurs principaux | Ăchelles d'action | Instruments / Concepts | Auteur / RĂ©fĂ©rence |
|---|---|---|---|---|---|
| Passage du privĂ© au public | Mise Ă lâagenda : Ă©tape de reconnaissance dâun problĂšme privĂ© comme enjeu collectif | - | National, local, global | ProblĂšme social, problĂšme public, mĂ©diatisation | (Lascoumes & Le GalĂšs, 2004) |
| Acteurs environnementaux | Experts (GIEC), ONG (Greenpeace), associations, partis écologistes, entreprises | GIEC, Greenpeace, WWF, EELV, Patagonia | Internationale, européenne, nationale, locale | Coopération, conflit, subsidiarité | (Rochefort & Cobb, 1994) |
| Relations acteurs | Conflit vs coopération, oscillation selon contexte | ONG, experts, entreprises, partis | Multi-échelles | Interaction dynamique, stratégies | (Sabatier, 1988) |
| Ăchelles d'action | Internationale (ONU, COP), europĂ©enne (UE), nationale, locale | Ătats, UE, collectivitĂ©s | Multi-niveaux | Principe de subsidiaritĂ©, gouvernance multi-niveaux | (Bache & Flinders, 2004) |
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1. Qu'est-ce que la mise à l'agenda dans le processus de passage du privé au public ?
2. En quelle annĂ©e l'Union EuropĂ©enne a-t-elle instaurĂ© le marchĂ© des quotas dâĂ©mission de gaz Ă effet de serre ?
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Passage du privĂ© au public â dĂ©finition ?
Transformation dâun problĂšme privĂ© en enjeu collectif reconnu par lâĂtat.
Ătapes de la mise Ă lâagenda
Médiatisation, mobilisation, reconnaissance, intervention publique.
ProblĂšme social â rĂŽle ?
Ătape intermĂ©diaire de mĂ©diatisation et de mobilisation.
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