Revision sheet: Gouvernance et Instruments Environnementaux

Plan du Cours

  1. Passage du privé au public
  2. Acteurs environnementaux
  3. Relations acteurs
  4. Échelles d'action
  5. Instruments éco pour l'Et
  6. Réglementation environnementale
  7. Taxes et subventions
  8. Marché des quotas
  9. Efficacité des instruments
  10. Contraintes internationales

1. Passage du privé au public

Notions clés & Définitions

  • Mise Ă  l’agenda : Passage d’un problĂšme privĂ© au domaine public, qui aboutit Ă  une prise en charge par les pouvoirs publics. Elle consiste Ă  faire reconnaĂźtre un problĂšme comme Ă©tant d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, mobilisant ainsi l’attention des acteurs et des institutions sans nĂ©cessairement entraĂźner de mesures concrĂštes immĂ©diates.
  • Étapes de la mise Ă  l’agenda : processus sĂ©quentiel oĂč un problĂšme privĂ© devient un problĂšme social (mĂ©diatisĂ©, mobilisations, preuve de son caractĂšre choquant), puis un problĂšme public (reconnu comme nĂ©cessitant l’intervention de l’État).
  • ProblĂšme social : Ă©tape intermĂ©diaire oĂč le problĂšme privĂ© est mĂ©diatisĂ© et mobilise l’opinion publique ou des acteurs sociaux, permettant sa reconnaissance comme enjeu collectif.
  • ProblĂšme public : Ă©tape finale oĂč le problĂšme est officiellement reconnu comme relevant de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, justifiant une intervention des pouvoirs publics, sans que des mesures concrĂštes soient forcĂ©ment immĂ©diatement adoptĂ©es.
  • Prise en charge par les pouvoirs publics : intervention des institutions publiques pour traiter le problĂšme, souvent par la mise Ă  l’agenda, sans que cela implique une action immĂ©diate ou concrĂšte.

Points essentiels

  • La mise Ă  l’agenda est un processus crucial dans la construction de l’action publique, permettant de transformer un problĂšme privĂ© en enjeu collectif reconnu par l’État.
  • Elle passe par plusieurs Ă©tapes : d’abord la mĂ©diatisation et la mobilisation autour du problĂšme privĂ©, puis sa reconnaissance comme problĂšme social, enfin sa considĂ©ration comme problĂšme public nĂ©cessitant une intervention.
  • La prise en charge par les pouvoirs publics intervient souvent Ă  l’étape de mise Ă  l’agenda, mais ne garantit pas la mise en Ɠuvre immĂ©diate de mesures concrĂštes.
  • Ce processus est essentiel pour faire passer un problĂšme du domaine privĂ© Ă  celui du domaine public, en mobilisant l’opinion, les mĂ©dias, et les acteurs institutionnels.

À retenir

La mise Ă  l’agenda transforme un problĂšme privĂ© en enjeu collectif reconnu par l’État, Ă©tape clĂ© pour initier une action publique, sans nĂ©cessairement aboutir Ă  une mesure immĂ©diate.

2. Acteurs environnementaux

Notions clés & Définitions

  • Experts : Acteurs lĂ©gitimes qui projettent les questions environnementales sur la scĂšne publique, en apportant leur expertise pour crĂ©dibiliser ces enjeux. Ex : GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'Ă©volution du climat), qui lĂ©gitime la question climatique Ă  l’échelle mondiale.

  • ONG : Organisations non gouvernementales qui jouent un rĂŽle de conviction auprĂšs de l’opinion publique et organisent des actions ou manifestations pour attirer l’attention mĂ©diatique sur les enjeux environnementaux. Ex : Greenpeace, WWF.

  • Associations de citoyens : Groupes mobilisĂ©s localement pour des causes environnementales, avec une influence moindre Ă  l’échelle internationale mais essentielles pour la mobilisation locale. Ex : On est prĂȘts.

  • Partis politiques Ă©cologistes : Partis intĂ©grant explicitement les questions environnementales dans leur programme et leur agenda politique, contribuant Ă  leur prise en compte dans la sphĂšre politique. Ex : EELV.

  • Entreprises : Acteurs Ă©conomiques qui innovent en matiĂšre Ă©cologique par le dĂ©veloppement de produits verts, labels ou pratiques de greenwashing, visant Ă  rĂ©pondre Ă  la demande de durabilitĂ© ou Ă  amĂ©liorer leur image. Ex : Patagonia, Biocoop.

Points essentiels

  • La mise Ă  l’agenda environnemental rĂ©sulte d’un jeu complexe de relations de conflit et de coopĂ©ration entre ces acteurs. Par exemple, un conflit peut naĂźtre autour du glyphosate, tandis que la coopĂ©ration peut s’observer dans l’affaire du siĂšcle ou entre ONG comme WWF. Une mĂȘme organisation peut alterner entre conflit et coopĂ©ration selon les circonstances.

  • La mise en Ɠuvre des actions environnementales se dĂ©ploie Ă  diverses Ă©chelles : internationale (ex : nĂ©gociations depuis 1972, COP depuis 1995), europĂ©enne et nationale (lois concrĂštes), rĂ©gionale et locale (ex : gestion de la transition Ă©nergĂ©tique dans les Hauts-de-France). La logique peut ĂȘtre « top-down » (du haut vers le bas) ou « bottom-up » (du bas vers le haut).

  • La subsidiaritĂ© de l’UE guide l’intervention communautaire : l’UE intervient si l’action Ă  l’échelle nationale est moins efficace ou si les compĂ©tences relĂšvent de l’Union, privilĂ©giant une logique « du haut vers le bas ».

  • La diversitĂ© des acteurs et leurs relations influence la dynamique des politiques environnementales, avec des enjeux liĂ©s Ă  leur lĂ©gitimitĂ©, influence et capacitĂ© d’action.

À retenir

Les acteurs environnementaux, par leurs rĂŽles spĂ©cifiques et leurs interactions Ă  diffĂ©rentes Ă©chelles, façonnent la mise Ă  l’agenda et la mise en Ɠuvre des politiques pour rĂ©pondre aux enjeux Ă©cologiques, oscillant entre conflit et coopĂ©ration.

3. Relations acteurs

Notions clés & Définitions

  • Relations de conflit : Interaction oĂč des acteurs environnementaux s’opposent sur une question ou une stratĂ©gie, comme le dĂ©bat sur le glyphosate, illustrant des divergences d’intĂ©rĂȘts ou de visions.
  • Relations de coopĂ©ration : Interaction oĂč des acteurs environnementaux travaillent ensemble pour atteindre un objectif commun ou renforcer leur influence, comme les ONG unies dans l’affaire du siĂšcle.
  • Conflit et coopĂ©ration simultanĂ©s : Une mĂȘme organisation peut ĂȘtre en conflit dans certains contextes et en coopĂ©ration dans d’autres, ou Ă  diffĂ©rents moments, selon les enjeux ou les circonstances.

Points essentiels

  • Les acteurs de l’action environnementale incluent : experts (lĂ©gitiment les questions environnementales, ex : GIEC), ONG (convainquent l’opinion publique et organisent des actions, ex : Greenpeace, WWF), associations de citoyens (mobilisation locale, ex : On est prĂȘts), partis politiques Ă©cologistes (intĂšgrent l’environnement Ă  l’agenda politique, ex : EELV), et entreprises (innovations vertes, labels, greenwashing, ex : Patagonia, Biocoop).
  • La relation entre ces acteurs varie selon les enjeux : conflit (ex : dĂ©bat sur le glyphosate) ou coopĂ©ration (ex : ONG dans l’affaire du siĂšcle). La mĂȘme organisation peut alterner entre ces deux modes selon le contexte ou le moment.
  • La mise en Ɠuvre de l’action environnementale se dĂ©roule Ă  diffĂ©rentes Ă©chelles : internationale (nĂ©gociations depuis 1972, COP depuis 1995), europĂ©enne et nationale (lois concrĂštes), rĂ©gionale et locale (ex : gestion de la transition Ă©nergĂ©tique dans les Hauts-de-France).
  • Ces Ă©chelles peuvent fonctionner selon une logique « du haut vers le bas » (top-down) ou « du bas vers le haut » (bottom-up). La subsidiaritĂ© de l’UE justifie une intervention Ă  l’échelle europĂ©enne si celle nationale est insuffisante.

À retenir

Les relations entre acteurs environnementaux oscillent entre conflit et coopĂ©ration, influençant la dynamique de l’action environnementale Ă  diffĂ©rentes Ă©chelles et selon les enjeux.

4. Échelles d'action

Notions clés & Définitions

  • Échelle internationale : Niveau d’action oĂč les États et organisations mondiales, comme l’ONU ou la COP, nĂ©gocient et coordonnent des politiques pour gĂ©rer des enjeux globaux tels que le changement climatique, en raison de la nature du bien commun qu’est l’environnement (ex : nĂ©gociations depuis 1972, COP depuis 1995).

  • Échelle europĂ©enne : Niveau d’action oĂč l’Union EuropĂ©enne intervient via des directives, rĂšglements ou marchĂ©s, notamment le marchĂ© des quotas d’émission instaurĂ© en 2005, pour harmoniser les politiques environnementales entre États membres.

  • Principe de subsidiaritĂ© : Principe selon lequel l’Union EuropĂ©enne n’intervient que si l’action Ă  l’échelle nationale est moins efficace, permettant ainsi de respecter la compĂ©tence des États tout en assurant une action cohĂ©rente Ă  l’échelle communautaire (voir section 3).

  • Logique top-down : Approche oĂč l’action se dĂ©ploie du niveau supĂ©rieur (international ou europĂ©en) vers les niveaux infĂ©rieurs (national, rĂ©gional, local), souvent justifiĂ©e par la nĂ©cessitĂ© d’une coordination globale ou supra-nationale.

  • Logique bottom-up : Approche inverse oĂč l’action commence au niveau local ou rĂ©gional, puis remonte vers des niveaux supĂ©rieurs, favorisant la mobilisation locale et l’adaptation aux besoins spĂ©cifiques des territoires.

  • Échelle rĂ©gionale et locale : Niveau d’action oĂč les acteurs locaux et rĂ©gionaux, tels que les collectivitĂ©s territoriales ou associations, mettent en Ɠuvre des politiques adaptĂ©es aux particularitĂ©s du territoire, par exemple la gestion de la transition Ă©nergĂ©tique dans les Hauts-de-France.

Points essentiels

  • La mise Ă  l’agenda des problĂ©matiques environnementales passe par des relations de conflit ou de coopĂ©ration entre acteurs multiples (experts, ONG, associations, partis politiques, entreprises), qui peuvent agir Ă  diffĂ©rentes Ă©chelles (internationale, europĂ©enne, nationale, rĂ©gionale, locale).

  • La logique « du haut vers le bas » s’appuie sur le principe de subsidiaritĂ© de l’Union EuropĂ©enne, qui justifie une intervention europĂ©enne lorsque l’échelle nationale est insuffisante pour traiter efficacement une problĂ©matique environnementale.

  • La coopĂ©ration et le conflit entre acteurs varient selon les circonstances et les enjeux, avec une capacitĂ© d’action qui se dĂ©ploie selon une hiĂ©rarchie d’échelles complĂ©mentaires, permettant une meilleure adaptation aux besoins locaux tout en assurant une coordination globale.

À retenir

Les Ă©chelles d’action, du local Ă  l’international, sont interdĂ©pendantes et rĂ©gulĂ©es par le principe de subsidiaritĂ©, permettant d’adapter la gouvernance environnementale aux enjeux spĂ©cifiques tout en favorisant la coopĂ©ration entre diffĂ©rents niveaux pour une gestion efficace du bien commun qu’est l’environnement.

5. Instruments éco pour l'Et

Notions clés & Définitions

  • RĂ©glementation : Normes contraignantes Ă©dictĂ©es par les pouvoirs publics, telles que l’interdiction de produits polluants ou la fixation de normes thermiques, visant Ă  rĂ©duire l’impact environnemental des agents Ă©conomiques.

  • Taxe Ă©cologique (taxe pigouvienne) : PrĂ©lĂšvement obligatoire sur un produit ou une activitĂ© visant Ă  internaliser l’externalitĂ© nĂ©gative, en fixant un montant Ă©gal au coĂ»t social de la pollution. Elle incite les agents Ă  rĂ©duire leur pollution en augmentant le prix de l’activitĂ© polluante, conformĂ©ment au principe du pollueur-payeur.

  • Subvention Ă©cologique : Versement monĂ©taire par les pouvoirs publics pour encourager des activitĂ©s ou comportements Ă©cologiquement souhaitables, internalisant ainsi les externalitĂ©s positives. Elle permet d’augmenter la rentabilitĂ© d’actions bĂ©nĂ©fiques pour l’environnement.

  • MarchĂ© des quotas d’émission : SystĂšme combinant contrainte rĂ©glementaire et incitation monĂ©taire, oĂč des quotas d’émission (droits Ă  polluer) sont attribuĂ©s aux entreprises. Ces quotas sont Ă©changeables sur un marchĂ©, permettant d’ajuster la rĂ©duction globale des Ă©missions selon l’offre et la demande, tout en fixant une limite quantifiĂ©e Ă  la pollution.

Points essentiels

  • La rĂ©glementation impose des normes obligatoires pour prĂ©venir ou limiter la pollution, mais peut ĂȘtre coĂ»teuse Ă  contrĂŽler et peu incitative Ă  dĂ©passer la norme (voir section 6).

  • La taxe Ă©cologique repose sur le principe du pollueur-payeur, avec un montant Ă©gal au coĂ»t social de la pollution, ce qui incite Ă  rĂ©duire la pollution tout en gĂ©nĂ©rant des recettes pour l’État (voir section 7).

  • La subvention Ă©cologique internalise les externalitĂ©s positives en rĂ©munĂ©rant les agents qui rĂ©alisent des actions bĂ©nĂ©fiques pour l’environnement, favorisant ainsi la dĂ©pollution ou la conservation (voir section 7).

  • Le marchĂ© des quotas d’émission permet une rĂ©duction flexible et efficace des Ă©missions en laissant le prix du CO2 s’ajuster selon l’offre et la demande, mais il peut ĂȘtre dĂ©faillant si trop de quotas sont distribuĂ©s ou si leur prix est trop faible (voir section 8).

  • Ces instruments ont des avantages : incitation Ă  la rĂ©duction, stimulation de l’innovation verte, et adaptation Ă  la diversitĂ© des acteurs. Cependant, ils prĂ©sentent aussi des limites : difficultĂ© Ă  fixer les niveaux de taxes/subventions, risques de dumping ou d’effets rebond, et inefficacitĂ© en l’absence d’accord mondial.

À retenir

Les instruments économiques, en combinant réglementation, fiscalité et marché, offrent une palette flexible pour internaliser les externalités environnementales, mais leur efficacité dépend de leur conception et du contexte international.

6. Réglementation environnementale

Notions clés & Définitions

  • RĂ©glementation environnementale : Ensemble de normes obligatoires Ă©dictĂ©es par les pouvoirs publics visant Ă  encadrer et rĂ©duire les impacts nĂ©gatifs de l’activitĂ© humaine sur l’environnement, telles que l’interdiction de produits polluants ou les normes thermiques (source : contenu source).
  • ContrĂŽle et sanctions : MĂ©canismes permettant de vĂ©rifier le respect des normes environnementales et d’appliquer des sanctions en cas de non-respect, afin d’assurer l’efficacitĂ© de la rĂ©glementation (source : contenu source).
  • Exemples de rĂ©glementation : Interdiction de produits polluants, normes thermiques, qualitĂ© de l’air et de l’eau, qui constituent des mesures concrĂštes pour limiter la pollution et prĂ©server l’environnement (source : contenu source).

Points essentiels

  • La rĂ©glementation environnementale constitue un cadre contraignant, imposant des normes obligatoires que doivent respecter les agents Ă©conomiques, sous peine de sanctions (source : contenu source).
  • Elle intervient notamment par des mesures telles que l’interdiction de produits polluants, l’instauration de normes thermiques pour l’isolation des bĂątiments, ou encore le contrĂŽle de la qualitĂ© de l’air et de l’eau (source : contenu source).
  • En cas de non-respect, des contrĂŽles sont effectuĂ©s par les autoritĂ©s et des sanctions (amendes, interdictions, etc.) sont appliquĂ©es pour garantir la conformitĂ© (source : contenu source).
  • La rĂ©glementation est souvent considĂ©rĂ©e comme le moyen le plus sĂ»r pour prĂ©venir des effets irrĂ©versibles ou dangereux, notamment pour les pollutions les plus graves (source : contenu source).
  • Cependant, ses limites rĂ©sident dans le coĂ»t Ă©levĂ© de contrĂŽle, la difficultĂ© Ă  adapter les normes Ă  la diversitĂ© des capacitĂ©s des acteurs, et le risque d’effet rebond ou de dumping Ă©cologique si aucune entente mondiale n’est conclue (source : contenu source).

À retenir

La rĂ©glementation environnementale impose des normes obligatoires pour encadrer l’activitĂ© humaine, avec contrĂŽle et sanctions en cas de non-respect, mais elle doit ĂȘtre complĂ©tĂ©e par d’autres instruments pour ĂȘtre pleinement efficace.

7. Taxes et subventions

Notions clés & Définitions

  • Taxe Ă©cologique : PrĂ©lĂšvement obligatoire sur un produit ou une activitĂ© visant Ă  internaliser l’externalitĂ© nĂ©gative, en fixant un montant Ă©gal Ă  l’externalitĂ©. Elle repose sur le principe du pollueur-payeur et incite Ă  rĂ©duire la pollution en augmentant le coĂ»t pour le pollueur.
  • Subvention Ă©cologique : Versement financier effectuĂ© par les pouvoirs publics pour encourager la rĂ©alisation d’activitĂ©s ou de comportements Ă©cologiquement souhaitables. Elle vise Ă  internaliser les externalitĂ©s positives en augmentant le bĂ©nĂ©fice social ou en rĂ©duisant le coĂ»t privĂ©.
  • Internalisation des externalitĂ©s par incitations monĂ©taires : Processus par lequel les externalitĂ©s (positives ou nĂ©gatives) sont intĂ©grĂ©es dans le calcul Ă©conomique des agents via des instruments financiers comme taxes ou subventions, afin d’aligner leurs comportements avec l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.
  • AUTEUR : La taxe Ă©cologique est souvent associĂ©e au principe du pollueur-payeur (voir section 3).
  • AUTEUR : La subvention Ă©cologique permet d’amĂ©liorer le bien-ĂȘtre social en rĂ©munĂ©rant les externalitĂ©s positives (voir section 3).

Points essentiels

  • La taxe Ă©cologique est conçue pour faire payer le coĂ»t social de la pollution, en montant Ă©gal Ă  l’externalitĂ© nĂ©gative, conformĂ©ment au principe du pollueur-payeur. Elle incite ainsi Ă  rĂ©duire la pollution en rendant l’activitĂ© polluante plus coĂ»teuse. Son efficacitĂ© dĂ©pend de son montant, qui doit reflĂ©ter l’externalitĂ©, et de sa capacitĂ© Ă  modifier le comportement des agents.
  • La subvention Ă©cologique vise Ă  encourager des activitĂ©s ou comportements bĂ©nĂ©fiques pour l’environnement, en versant une somme Ă©quivalente Ă  l’externalitĂ© positive gĂ©nĂ©rĂ©e. Elle permet de rĂ©duire le coĂ»t privĂ© d’une activitĂ© favorable Ă  l’environnement, favorisant ainsi leur dĂ©veloppement.
  • L’internalisation des externalitĂ©s par incitations monĂ©taires consiste Ă  faire supporter aux agents Ă©conomiques les coĂ»ts ou bĂ©nĂ©fices sociaux de leurs actions, via taxes ou subventions, pour corriger le marchĂ© et atteindre un Ă©quilibre social optimal.
  • La mise en Ɠuvre de ces instruments doit prendre en compte leur montant, leur ciblage, et leur impact sur la compĂ©titivitĂ© et le pouvoir d’achat, notamment des mĂ©nages les plus vulnĂ©rables.

À retenir

Les taxes et subventions Ă©cologiques sont des instruments clĂ©s pour internaliser les externalitĂ©s environnementales en utilisant des incitations monĂ©taires, afin d’aligner les comportements privĂ©s avec l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.

8. Marché des quotas

Notions clés & Définitions

  • MarchĂ© des quotas d’émission : marchĂ© oĂč s’échangent des droits Ă  polluer (quotas) attribuĂ©s aux entreprises par les pouvoirs publics, permettant de limiter la pollution tout en favorisant l’échange Ă©conomique. Depuis 2005 dans l’UE, il vise Ă  rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre (GES).
  • Fonctionnement du marchĂ© : l’ajustement du prix du CO2 se fait selon l’offre et la demande de quotas. Si la demande dĂ©passe l’offre, le prix augmente, incitant Ă  rĂ©duire la pollution ; inversement, si l’offre excĂšde la demande, le prix baisse, rendant la rĂ©duction moins incitative.
  • Limites : trop de quotas distribuĂ©s, ce qui entraĂźne un prix du CO2 trop bas, rĂ©duisant l’incitation Ă  rĂ©duire la pollution ; amendes insuffisantes pour dissuader le non-respect des quotas ; distribution excessive de quotas qui limite l’efficacitĂ© du marchĂ©.

Points essentiels

  • Le marchĂ© des quotas combine une contrainte rĂ©glementaire (fixation du volume total de quotas par les pouvoirs publics) et une incitation monĂ©taire (ajustement du prix du CO2 selon l’offre et la demande).
  • Depuis 2005, dans l’UE, ce marchĂ© vise Ă  rĂ©duire efficacement les Ă©missions de GES en permettant aux entreprises de vendre ou d’acheter des quotas selon leurs besoins.
  • La loi de l’offre et de la demande rĂ©gule le prix du CO2 : si la demande de quotas est forte, le prix augmente, incitant Ă  la dĂ©pollution ; si la demande est faible, le prix baisse, ce qui peut rĂ©duire l’incitation Ă  rĂ©duire la pollution.
  • La limite principale rĂ©side dans la distribution initiale des quotas : trop de quotas en circulation entraĂźne un prix trop faible, limitant l’efficacitĂ© du mĂ©canisme. La crise de 2008, la crise Covid, et les mesures depuis 2017 ont accentuĂ© ces dysfonctionnements.
  • En cas de non-respect des quotas, les entreprises encourent des amendes, souvent jugĂ©es trop faibles pour assurer une rĂ©elle dissuasion.

À retenir

Le marchĂ© des quotas d’émission est un outil combinant rĂ©glementation et incitation monĂ©taire pour rĂ©duire la pollution, mais son efficacitĂ© est limitĂ©e par une distribution excessive de quotas et des amendes insuffisantes.

9. Efficacité des instruments

Notions clés & Définitions

  • Taxe Ă©cologique : PrĂ©lĂšvement obligatoire sur un produit ou une activitĂ© polluante visant Ă  internaliser l’externalitĂ© nĂ©gative, en appliquant le principe du pollueur-payeur. Montant Ă©gal Ă  l’externalitĂ© nĂ©gative, il incite Ă  rĂ©duire la pollution en augmentant le coĂ»t de l’activitĂ© polluante. (Chapitre 7)

  • Subvention Ă©cologique : Versement financier par les pouvoirs publics pour encourager la rĂ©alisation d’activitĂ©s Ă©cologiquement souhaitables, internalisant ainsi les externalitĂ©s positives. Elle augmente la rentabilitĂ© des comportements favorables Ă  l’environnement. (Chapitre 7)

  • MarchĂ© des quotas d’émission : SystĂšme oĂč des droits Ă  polluer, attribuĂ©s par les pouvoirs publics, sont Ă©changĂ©s entre entreprises. Fonctionne selon la loi de l’offre et de la demande, avec pour objectif de rĂ©duire globalement les Ă©missions en fixant une limite (quota) totale. (Chapitre 8)

Points essentiels

  • La rĂ©glementation impose des normes contraignantes, telles que l’interdiction de certains produits polluants ou des normes thermiques, assurant une prĂ©vention efficace face aux pollutions graves, mais coĂ»teuse Ă  contrĂŽler et peu flexible (voir section 6).

  • Les taxes et subventions Ă©cologiques permettent une internalisation des externalitĂ©s via des incitations monĂ©taires : la taxe pigouvienne augmente le prix des activitĂ©s polluantes pour rĂ©duire leur occurrence, tandis que la subvention rĂ©munĂšre les comportements Ă©cologiquement positifs pour encourager leur dĂ©veloppement (voir section 7). Cependant, leur fixation est complexe, et elles peuvent affecter les mĂ©nages pauvres ou la compĂ©titivitĂ© des entreprises.

  • Le marchĂ© des quotas d’émission combine contrainte rĂ©glementaire et incitation monĂ©taire : il limite la quantitĂ© totale de pollution autorisĂ©e et permet aux entreprises d’échanger des quotas pour optimiser leur coĂ»t de rĂ©duction. Son efficacitĂ© dĂ©pend de la quantitĂ© de quotas distribuĂ©s et du prix du CO2, qui doit ĂȘtre suffisamment incitatif (voir section 8).

  • La limite principale de ces instruments rĂ©side dans leur mise en Ɠuvre : difficultĂ© Ă  fixer des niveaux optimaux, risques de dumping Ă©cologique, effets rebond, ou faiblesse des prix qui ne modifient pas suffisamment les comportements.

  • La coopĂ©ration internationale est essentielle pour leur efficacitĂ©, notamment face aux contraintes liĂ©es aux inĂ©galitĂ©s de dĂ©veloppement, aux stratĂ©gies de passager clandestin, et aux dysfonctionnements de l’action publique (voir section 10).

À retenir

Les instruments économiques tels que la taxe, la subvention et le marché des quotas sont complémentaires et efficaces pour internaliser les externalités, mais leur succÚs dépend de leur conception, de leur fixation et de la coopération internationale.

10. Contraintes internationales

Notions clés & Définitions

  • InĂ©galitĂ©s de dĂ©veloppement : diffĂ©rences structurelles entre pays dĂ©veloppĂ©s (PID), pays en dĂ©veloppement (PED) et pays les moins avancĂ©s (PMA), notamment en termes de revenu, de santĂ©, d’éducation et de capacitĂ©s institutionnelles, influençant leur contribution et leur vulnĂ©rabilitĂ© face aux enjeux environnementaux. (voir section 1)

  • Dette Ă©cologique des PID vis-Ă -vis des PED : charge environnementale que supportent les pays en dĂ©veloppement en raison des activitĂ©s des pays riches, notamment par l’exploitation des ressources et la pollution, ce qui limite leur dĂ©veloppement durable. (voir section 1)

  • StratĂ©gies de passager clandestin : comportement d’un acteur qui bĂ©nĂ©ficie des efforts collectifs pour la rĂ©duction des GES sans en supporter les coĂ»ts, ce qui fragilise la coopĂ©ration internationale sur le climat. (voir section 1)

Points essentiels

  • La mise Ă  l’agenda des enjeux environnementaux lors de la nĂ©gociation internationale implique souvent des relations de conflit et de coopĂ©ration entre acteurs multiples, tels que experts, ONG, associations citoyennes, partis politiques et entreprises (voir section 1). Ces acteurs interviennent Ă  diffĂ©rentes Ă©chelles, de l’internationale au locale, selon une logique « du haut vers le bas » ou « du bas vers le haut », avec le principe de subsidiaritĂ© de l’UE qui guide l’intervention selon l’efficacitĂ©.
  • Les nĂ©gociations internationales sur le climat doivent faire face Ă  des contraintes liĂ©es aux inĂ©galitĂ©s de dĂ©veloppement. Les pays riches (PID) ont historiquement accru leur empreinte Ă©cologique, laissant aux PED et PMA la charge de faire face aux impacts, tout en Ă©tant moins responsables des Ă©missions (voir section 1). La dette Ă©cologique des PID vis-Ă -vis des PED illustre cette injustice, car ces derniers supportent souvent les coĂ»ts environnementaux sans en avoir tirĂ© profit.
  • La stratĂ©gie de passager clandestin constitue une contrainte majeure : un pays ou une entreprise peut espĂ©rer bĂ©nĂ©ficier des efforts globaux sans y contribuer, ce qui rend inefficace la coopĂ©ration internationale. La fuite de carbone, par exemple, dĂ©signe le dĂ©placement des activitĂ©s polluantes vers des zones moins rĂ©glementĂ©es ou moins coĂ»teuses, notamment Ă  l’étranger (voir section 1).
  • Les dysfonctionnements de l’action publique, tels que l’influence des lobbys, la temporalitĂ© politique ou l’inefficacitĂ© administrative, compliquent la mise en Ɠuvre de politiques climatiques efficaces. Les lobbys peuvent exercer une pression pour affaiblir ou bloquer des mesures contraignantes, tandis que la prioritĂ© donnĂ©e aux enjeux Ă  court terme limite l’ambition des politiques (voir section 1).

À retenir

Les contraintes internationales sur la lutte contre le changement climatique rĂ©sultent principalement des inĂ©galitĂ©s de dĂ©veloppement, des stratĂ©gies de passager clandestin et des dysfonctionnements de l’action publique, qui fragilisent la coopĂ©ration globale et l’efficacitĂ© des politiques.

Tableaux de SynthĂšse

ThĂšmeNotions clĂ©sActeurs principauxÉchelles d'actionInstruments / ConceptsAuteur / RĂ©fĂ©rence
Passage du privĂ© au publicMise Ă  l’agenda : Ă©tape de reconnaissance d’un problĂšme privĂ© comme enjeu collectif-National, local, globalProblĂšme social, problĂšme public, mĂ©diatisation(Lascoumes & Le GalĂšs, 2004)
Acteurs environnementauxExperts (GIEC), ONG (Greenpeace), associations, partis écologistes, entreprisesGIEC, Greenpeace, WWF, EELV, PatagoniaInternationale, européenne, nationale, localeCoopération, conflit, subsidiarité(Rochefort & Cobb, 1994)
Relations acteursConflit vs coopération, oscillation selon contexteONG, experts, entreprises, partisMulti-échellesInteraction dynamique, stratégies(Sabatier, 1988)
Échelles d'actionInternationale (ONU, COP), europĂ©enne (UE), nationale, localeÉtats, UE, collectivitĂ©sMulti-niveauxPrincipe de subsidiaritĂ©, gouvernance multi-niveaux(Bache & Flinders, 2004)

PiÚges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre mise Ă  l’agenda (reconnaissance) et adoption immĂ©diate de mesures concrĂštes.
  2. Confusion entre acteurs légitimes (experts) et acteurs influents (lobbies, entreprises).
  3. Croire que la coopération élimine totalement le conflit entre acteurs.
  4. Confondre Ă©chelle d’action (ex : international) avec niveau d’intervention (ex : directives europĂ©ennes).
  5. Sous-estimer la logique « bottom-up » dans la gouvernance environnementale.
  6. Confondre le marché des quotas avec la réglementation directe.
  7. Penser que la réglementation environnementale est toujours contraignante et immédiate.
  8. Confondre efficacité économique et efficacité environnementale des instruments.
  9. Ignorer la dimension internationale dans la gestion des enjeux globaux comme le changement climatique.
  10. Confondre subsidiaritĂ© de l’UE avec une absence d’intervention Ă  l’échelle nationale.

Checklist Examen

  1. ConnaĂźtre la dĂ©finition de Perroux sur la croissance et ses implications pour l’action publique.
  2. Expliquer le processus de mise à l’agenda selon Lascoumes & Le Galùs (2004).
  3. Identifier les acteurs environnementaux clés : experts (GIEC), ONG (Greenpeace), associations, partis écologistes (EELV), entreprises (Patagonia).
  4. Décrire les relations entre acteurs : conflit, coopération, oscillation selon les enjeux.
  5. Distinguer les diffĂ©rentes Ă©chelles d’action : internationale (ONU, COP), europĂ©enne (UE), nationale, locale.
  6. Expliquer le principe de subsidiaritĂ© dans l’action de l’UE.
  7. Connaßtre les principaux instruments économiques : taxes, subventions, marché des quotas.
  8. Analyser l’efficacitĂ© des instruments Ă©conomiques en termes environnementaux et Ă©conomiques.
  9. DĂ©finir le marchĂ© des quotas d’émission instaurĂ© en 2005 par l’UE.
  10. Comprendre la différence entre réglementation contraignante et incitative.
  11. Identifier les contraintes internationales dans la gestion des enjeux globaux (ex : changement climatique).
  12. Maßtriser la référence à Rochefort & Cobb (1994) sur la dynamique des acteurs et leur influence.

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Test your knowledge on Gouvernance et Instruments Environnementaux with 10 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Qu'est-ce que la mise à l'agenda dans le processus de passage du privé au public ?

2. En quelle annĂ©e l'Union EuropĂ©enne a-t-elle instaurĂ© le marchĂ© des quotas d’émission de gaz Ă  effet de serre ?

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Memorize the key concepts of Gouvernance et Instruments Environnementaux with 20 interactive flashcards.

Passage du privĂ© au public — dĂ©finition ?

Transformation d’un problĂšme privĂ© en enjeu collectif reconnu par l’État.

Étapes de la mise à l’agenda

Médiatisation, mobilisation, reconnaissance, intervention publique.

Problùme social — rîle ?

Étape intermĂ©diaire de mĂ©diatisation et de mobilisation.

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