Revision sheet: Les bases de la psychologie sociale

Plan du Cours

  1. Psychologie sociale et influence sociale
  2. Présence réelle, imaginaire et implicite d’autrui
  3. Présentation de soi et gestion de l’image
  4. Indices verbaux, non verbaux et apparence
  5. Scripts sociaux et variations culturelles
  6. Formation d’impression et intégration des informations
  7. Effet de primauté dans l’ordre des traits
  8. Catégorisation sociale et stéréotypes comme catégories
  9. Biais de contraste et biais d’assimilation
  10. Stéréotypes et apprentissage précoce
  11. Effets des stéréotypes sur le jugement
  12. Effet Pygmalion et facilitation sociale

1. Psychologie sociale et influence sociale

Notions clés & Définitions

  • Psychologie sociale : Branche de la psychologie qui étudie comment les interactions, perceptions et influences sociales façonnent les comportements et processus mentaux.
  • Influence sociale : Facteur lié à la présence d’autrui qui modifie nos comportements, états mentaux et processus mentaux.
  • Présence réelle : Présence d’autrui effectivement là, dans l’environnement immédiat de l’individu.
  • Présence imaginaire : Présence d’autrui envisagée comme possible, même si les personnes ne sont pas physiquement présentes.
  • Présence implicite : Présence d’autrui indirecte via des objets ou signaux symboliques qui rappellent la place des autres et guident l’action.

Points essentiels

  • La psychologie sociale considère le contexte social comme déterminant des comportements, états mentaux et processus mentaux.
  • La définition d’Allport décrit l’influence des pensées, sentiments et conduites par la présence réelle, imaginaire ou implicite d’autrui.
  • La présence imaginaire correspond à une situation où l’on sait que d’autres personnes pourraient être là, ce qui peut orienter nos réactions.
  • La présence implicite correspond à l’obéissance à des signaux symboliques (ex. un feu rouge) même sans surveillance directe.
  • La définition de Bègue-Shankland présente la psychologie sociale comme analyse des interactions et influences, à l’interface psychologie–sociologie.
  • Doise (1982) met l’accent sur l’explication par la situation plutôt que par la seule personnalité, jugée insuffisante ou incomplète.

Astuce mémo

Présence = Réel (là) / Imaginaire (possible) / Implicite (signal).

2. Présence réelle, imaginaire et implicite d’autrui

Notions clés & Définitions

  • Gestion des impressions : La gestion des impressions désigne l’ajustement de son comportement pour produire une image précise chez les autres.
  • Présentation stratégique de soi : La présentation stratégique de soi correspond à une mise en scène orientée vers l’impression recherchée par l’observateur.
  • Présentation authentique de soi : La présentation authentique de soi renvoie à la révélation de soi et à l’expression plus directe d’aspects personnels.
  • Scripts sociaux : Les scripts sociaux sont des attentes implicites apprises qui guident les conduites dans des situations typiques.
  • Monitorage de soi : Le monitorage de soi est la tendance à contrôler son comportement pour qu’il paraisse socialement adapté.

Points essentiels

  • Dans la vie sociale, on cherche à exprimer des identités et images de soi, pas seulement lors de la première rencontre.
  • Les indices verbaux et non verbaux (langage, posture/gestes, apparence, objets visibles) servent à construire l’image perçue.
  • Les scripts sociaux sont souvent compris sans explication explicite et varient selon le groupe (culture, religion, famille) et selon le contexte (temps/lieu).
  • La présentation de soi répond à des besoins psychologiques : appartenance, compréhension, contrôle, valorisation de soi et confiance.
  • Deux formes de présentation peuvent coexister ou alterner : stratégique (impression ciblée) et authentique (révélation de soi).
  • L’adhésion aux scripts et l’ajustement à l’environnement peuvent aussi passer par des stratégies, pas uniquement par des règles apprises.

Astuce mémo

Scripts = “automatiques” : même scénario, règles implicites; Monitorage = “caméléon” : j’ajuste pour être socialement adapté.

3. Présentation de soi et gestion de l’image

Notions clés & Définitions

  • Présentation stratégique de soi : Tendance à ajuster volontairement son comportement pour paraître socialement adapté à son environnement.
  • Fort monitorage de soi : Profil où la personne contrôle davantage sa présentation pour coller aux attentes sociales et aux réactions des autres.
  • Faible monitorage de soi : Profil où la personne privilégie une présentation plus authentique, guidée par ses attentes personnelles plutôt que par le contexte social.
  • Formation d’impression : Processus par lequel on combine des informations disponibles sur une personne pour construire une impression globale.
  • Effet de primauté : Phénomène où les premiers traits d’une description pèsent plus lourdement que les suivants dans l’impression formée.

Points essentiels

  • Le monitorage de soi oppose une adaptation aux demandes sociales à une expression plus authentique guidée par soi.
  • En fort monitorage, la personne est attentive aux autres et cherche à contrôler sa présentation, avec une adaptation pouvant devenir incohérente selon les contextes.
  • En faible monitorage, la personne reste davantage tournée vers soi et agit en accord avec ses attentes personnelles (sincérité/honnêteté ou manque de tact).
  • La formation d’impression vise une impression cohérente à partir d’indices, en s’appuyant sur des informations jugées explicatives et prédictives.
  • Dans l’expérience d’Asch (1946), l’ordre des traits modifie l’impression même si les adjectifs sont identiques, ce qui illustre l’effet de primauté.
  • Explication 1 de l’effet de primauté : une fois l’impression jugée formée, l’attention aux informations suivantes diminue (temps accordé réduit).

Astuce mémo

Fort monitorage = Caméléon social (adaptation externe) ; Faible monitorage = Sincère (accord interne).

4. Indices verbaux, non verbaux et apparence

Notions clés & Définitions

  • Biais de négativité : Biais selon lequel les informations négatives pèsent davantage dans la formation d’une impression que les informations positives.
  • Représentations partagées : Ensemble de croyances et d’attentes communes, issues d’une culture et d’une époque, qui guident l’interprétation d’indices comme le prénom ou l’apparence.
  • Effet de primauté : Effet selon lequel les premières informations reçues servent de référence et orientent durablement le jugement.
  • Biais de confirmation d’hypothèses : Biais selon lequel on interprète les informations de façon à soutenir l’hypothèse initiale plutôt qu’à la remettre en cause.
  • Confiance : Trait de personnalité central dont l’impression reste relativement stable malgré la durée de présentation dans les études sur la formation rapide d’impressions.

Points essentiels

  • Les impressions se forment aussi à partir d’indices secondaires comme le prénom, le style vestimentaire, le port de lunettes, la pilosité et l’écriture.
  • Les indices d’apparence mobilisent des représentations culturelles et temporelles pour interpréter rapidement une personne.
  • Dans l’étude de Willis & Todorov (2006), les impressions formées en 0,1 seconde, 0,5 seconde, 1 seconde puis en temps illimité sont fortement corrélées.
  • Dans ces mêmes résultats, le trait « confiance » reste le plus stable quelle que soit la durée de présentation, alors que plus de temps permet un jugement plus complexe.
  • Dans l’étude d’Ambady & Rosenthal (1993), des vidéos muettes de 30 secondes d’enseignant·e·s prédisent fortement les impressions ensuite observées sur un semestre, avec peu de différence.
  • La première impression n’est pas seulement une intuition : elle s’appuie sur une formation rapide et quasi automatique, où les premières informations deviennent des référents (effet de primauté) et où l’on tend à valider

Astuce mémo

Négatif = plus lourd ; Temps court suffit : « confiance » reste, puis le jugement s’affine.

5. Scripts sociaux et variations culturelles

Notions clés & Définitions

  • Assimilation : Biais de catégorisation où l’on perçoit comme plus semblables les membres d’un même groupe que ce qu’ils sont réellement.
  • Contraste : Biais de catégorisation où l’on perçoit comme plus différents les membres de groupes distincts que ce qu’ils sont réellement.
  • Accessibilité cognitive : Mécanisme par lequel une catégorie vient plus facilement à l’esprit quand des indices la rendent disponible dans la mémoire.
  • Saillance perceptive : Propriété d’un élément très visible ou qui “sort du lot”, qui favorise l’activation de la catégorie associée.
  • Stéréotype : Catégorie descriptive simplifiée qui sert à situer autrui et à guider des attentes sur les caractéristiques d’un groupe.

Points essentiels

  • La catégorisation sociale peut produire des effets primaires (attribution de traits) et des effets secondaires (biais d’assimilation et de contraste).
  • L’assimilation surestime les ressemblances au sein d’un même groupe, ce qui renforce des perceptions stéréotypées.
  • Le contraste surestime les différences entre groupes, ce qui accentue la distance perçue entre catégories.
  • Une catégorie est activée quand elle est rendue accessible par la saillance perceptive (effet solo) ou par l’accessibilité cognitive (connaissances disponibles).
  • Exemple de saillance : dans un ensemble majoritairement noir, l’élément rose attire l’attention et conduit à une catégorisation différente.
  • Exemple d’activation par le contexte : un même individu peut être catégorisé différemment selon la situation (ex. manger des nouilles vs se maquiller).

Astuce mémo

Assimilation = même groupe = “on se ressemble”; Contraste = groupes différents = “on se sépare”. Effet solo = l’élément qui sort du lot attire la catégorie.

6. Formation d’impression et intégration des informations

Notions clés & Définitions

  • Induction du maître : Technique où l’enseignant reçoit une représentation positive de certains élèves, ce qui modifie ensuite ses comportements envers eux.
  • Menace du stéréotype : Situation où un test est présenté comme diagnostique, activant le risque de confirmer un stéréotype négatif sur le groupe évalué.
  • Condition diagnostique : Présentation d’une épreuve comme mesurant réellement les capacités, qui rend la menace du stéréotype plus active.
  • Condition non diagnostique : Présentation d’une épreuve comme neutre, qui réduit l’activation de la menace du stéréotype et atténue ses effets.
  • Facilitation sociale : Tendance à mieux réussir des tâches simples ou bien apprises en présence d’autrui, via l’activation de la réponse dominante.

Points essentiels

  • Dans l’étude sur des élèves mexicains et défavorisés, l’induction positive chez le maître améliore les résultats et accélère la progression des élèves ciblés.
  • L’induction modifie aussi le comportement des maîtres, qui deviennent plus aidants et plus stimulants sans en avoir conscience, ce qui augmente la performance.
  • Les élèves intériorisent l’image que le maître a d’eux, ce qui renforce la confiance en soi et la réussite.
  • Dans Steele et Aronson (1995), quand le test est présenté comme capacités verbales (diagnostique), les étudiants noirs obtiennent des scores plus faibles que les blancs, mais l’effet diminue si le test est présenté comme
  • La facilitation sociale correspond d’abord à une meilleure exécution de tâches simples en présence d’autrui, puis est reformulée comme un renforcement de la réponse dominante (la plus probable).
  • Si la réponse dominante est correcte, la présence d’autrui facilite; si elle est incorrecte, la présence d’autrui détériore la performance (inhibition sociale).

Astuce mémo

Induction positive → maître change → élèves internalisent → réussite; Menace du stéréotype: diagnostique = baisse, non diagnostique = atténuation.

7. Effet de primauté dans l’ordre des traits

Notions clés & Définitions

  • Réponse dominante : La réponse dominante est un comportement qui a une très forte probabilité d’apparaître dans une situation donnée.
  • Facilitation sociale : La facilitation sociale correspond au renforcement de la réponse prédominante (correcte ou incorrecte) quand d’autres personnes sont présentes.
  • Drive (Zajonc) : Le drive est une augmentation de la tension/motivation de l’organisme qui accroît la probabilité d’émettre la réponse dominante.
  • Co-action : La co-action désigne le fait d’agir en présence d’autrui, ce qui peut augmenter la motivation et donc le drive.
  • Audience évaluative : L’audience évaluative est une présence d’autrui perçue comme jugeante, susceptible de déclencher une facilitation sociale.

Points essentiels

  • La présence d’autrui augmente la probabilité d’émission de la réponse dominante, ce qui peut améliorer les performances quand la réponse dominante est correcte.
  • Si la réponse dominante est incorrecte, la présence d’autrui peut produire une détérioration sociale (effet inhibiteur).
  • Dans le cadre de Zajonc (1965), la co-action et l’audience peuvent augmenter le drive, et le drive augmente la probabilité de la réponse dominante.
  • L’expérience de Zajonc et Sales (1966) montre une facilitation pour les mots fréquents (tâche simple) mais pas pour les mots non fréquents (tâche complexe en acquisition).
  • Les résultats de Zajonc et Sales suggèrent que l’audience/co-action facilitent la performance quand les réponses sont maîtrisées, mais peuvent gêner l’acquisition.
  • La facilitation sociale est confirmée par l’augmentation de la quantité de travail en présence d’autrui, tandis que la qualité augmente plutôt quand les participants sont seuls (selon la tâche).

Astuce mémo

Drive = Tension ↑ → Réponse dominante ↑ ; si dominante correcte → facilitation, si dominante incorrecte → inhibition.

8. Catégorisation sociale et stéréotypes comme catégories

Notions clés & Définitions

  • Facilitation sociale : La facilitation sociale désigne l’amélioration des performances individuelles quand d’autres personnes sont présentes, selon le contexte et le type de tâche.
  • Audience évaluative : Une audience évaluative correspond à la présence d’autrui capable d’évaluer la performance, ce qui rend l’effet social plus susceptible d’apparaître.
  • Audience non évaluative : Une audience non évaluative correspond à la présence d’autrui sans capacité d’évaluation, ce qui tend à réduire ou supprimer l’amélioration des performances.
  • Modèle distraction-conflit : Le modèle distraction-conflit explique que la présence d’autrui détourne l’attention et crée un conflit de focalisation, bénéfique ou nuisible selon la tâche.
  • Effet de Stroop : L’effet de Stroop est un ralentissement ou une difficulté quand des indices concurrents (sens sémantique et couleur physique) sont incongruents.

Points essentiels

  • Dans l’expérience de Cottrell et al. (1968), des participants apprennent des anagrammes sans sens puis les reconnaissent dans une liste ultérieure.
  • La condition « seul » sert de référence sans présence d’autrui, tandis que la condition « présence d’autrui » correspond à une audience évaluative.
  • La condition « yeux bandés » crée une audience non évaluative, car l’autre personne ne peut pas évaluer la performance pendant la tâche.
  • Hypothèse de Cottrell : la dimension évaluative est déterminante, donc l’amélioration apparaît surtout en audience évaluative pour une tâche simple.
  • Résultat clé de Cottrell : les participants en audience évaluative reconnaissent davantage de mots sans sens que ceux en audience non évaluative ou seuls.
  • Le modèle distraction-conflit (Baron, 1986) prévoit un avantage quand la tâche exige de se concentrer sur peu d’indices et d’en ignorer d’autres, et un désavantage quand il faut traiter beaucoup d’éléments simultanément.

Astuce mémo

Évaluatif = améliore (Cottrell) ; Attention = utile si peu d’indices (Baron).

9. Biais de contraste et biais d’assimilation

Notions clés & Définitions

  • Biais de contraste : Le biais de contraste est une distorsion où une information est jugée plus extrême parce qu’elle est comparée à une référence opposée.
  • Biais d’assimilation : Le biais d’assimilation est une distorsion où une information est jugée plus proche de la référence parce qu’elle est assimilée à celle-ci.
  • Scientifique spontané : Le scientifique spontané est l’idée que l’observateur cherche des causes et construit une explication cohérente à partir de ce qu’il perçoit.
  • Attribution interne : L’attribution interne est l’explication d’un comportement par des facteurs liés à la personne (intentions, motivations, traits).
  • Attribution externe : L’attribution externe est l’explication d’un comportement par des facteurs liés à la situation (contraintes, hasard, autres personnes).

Points essentiels

  • Le scientifique spontané décrit l’observateur comme un chercheur de causes qui organise la réalité pour la rendre prévisible et cohérente.
  • Dans le modèle hydraulique de Heider, l’attribution finale dépend des forces relatives des causes possibles, internes et externes.
  • Attribution interne : les causes sont rattachées à la personne (effort, fatigue, motivation, intentions, traits).
  • Attribution externe : les causes sont rattachées à la situation (difficulté/facilité de la tâche, stress, action d’autrui, hasard/chance).
  • Heider relie la recherche de causes au contrôle de l’environnement et à la réduction du déséquilibre cognitif (idée des triades).
  • Michotte (1945) montre que des formes peuvent être perçues comme causalement liées via l’ampliation, ce qui favorise l’inférence d’une histoire et l’attribution de caractéristiques personnelles.

Astuce mémo

Contraste = “ça s’éloigne”, Assimilation = “ça se colle” ; Heider = “interne = personne, externe = situation”.

10. Stéréotypes et apprentissage précoce

Notions clés & Définitions

  • Attribution causale : L’attribution causale est une inférence qui explique pourquoi un événement survient ou qui cherche les dispositions de la personne à l’origine du comportement.
  • Inférences correspondantes : Les inférences correspondantes désignent l’idée qu’un observateur infère des dispositions stables à partir d’actions observées, si certaines conditions sont réunies.
  • Modèle de la covariation de Kelley : Le modèle de covariation de Kelley explique l’attribution en comparant comment la personne, la situation et le stimulus varient selon les observations.
  • Modèle ANOVA de Kelley : Le modèle ANOVA de Kelley formalise l’attribution par la logique de covariation, en distinguant des patterns de constance, de consensus et de spécificité.
  • Scientifique spontané : Le scientifique spontané est une conception de l’humain qui traite l’observation sociale comme un problème à expliquer par des causes plausibles.

Points essentiels

  • Heider (1958) relie la recherche de causes à un besoin de contrôle de l’environnement et à la réduction du déséquilibre cognitif.
  • L’attribution sert aussi à rendre l’environnement prévisible et cohérent, en organisant les causes possibles d’un événement.
  • Jones et Davis posent la question des intentions sous-jacentes au comportement observé, pour inférer des dispositions personnelles stables.
  • Les inférences correspondantes exigent des conditions permettant de relier la conduite observée à un attribut personnel du producteur plutôt qu’à la situation.
  • Kelley (1967) propose d’inférer la cause en examinant la covariation entre le comportement et ses contextes, via une logique proche d’une ANOVA.
  • Harvey & Weary (1981) définissent l’attribution comme une inférence visant à expliquer un événement ou à déterminer des dispositions pour s’adapter socialement.

Astuce mémo

Attribution = “expliquer pour contrôler” (Heider) : cause → cohérence → maîtrise.

11. Effets des stéréotypes sur le jugement

Notions clés & Définitions

  • Attribution causale : L’attribution est une inférence qui explique pourquoi un événement survient ou qui cherche les dispositions d’une personne à partir de son comportement.
  • Scientifique naïf : Le scientifique naïf est l’observateur qui cherche des causes aux comportements observés comme s’il menait une enquête pour les rendre compréhensibles.
  • Attribution interne : L’attribution interne attribue la cause du comportement à la personne, via des facteurs liés à ses caractéristiques ou intentions.
  • Attribution externe : L’attribution externe attribue la cause du comportement à la situation, à ses contraintes, à d’autres personnes ou au hasard.
  • Inférences correspondantes : Les inférences correspondantes décrivent le passage des actes observés vers des dispositions personnelles stables supposées chez l’auteur du comportement.

Points essentiels

  • L’attribution rend l’environnement perçu comme prévisible et cohérent, ce qui facilite la compréhension des événements.
  • Dans un accident observé, l’observateur liste des causes possibles (route glissante, feu grillé, chien, ivresse, sexe) puis déduit les facteurs nécessaires à l’action.
  • L’observateur réalise une « analyse factorielle implicite » en séparant des facteurs liés à la personne et des facteurs liés à l’environnement social.
  • L’attribution finale dépend des forces relatives des causes internes et externes, avec une tendance à privilégier l’interne quand ses forces dominent.
  • Heider (1958) explique que l’on cherche des causes pour contrôler l’environnement et réduire un déséquilibre cognitif, en organisant les événements de façon stable.
  • Jones et Davis posent la question des intentions sous-jacentes : comment passer d’un comportement observé à des dispositions personnelles stables chez autrui ?

Astuce mémo

Interne = Personne ; Externe = Situation : « qui ? » vs « dans quel contexte ? »

12. Effet Pygmalion et facilitation sociale

Notions clés & Définitions

  • Anthropomorphisation : Processus par lequel on attribue des intentions ou une vie psychologique à des éléments non humains, à partir de leurs caractéristiques visibles.
  • Attribution de caractéristiques personnelles : Mécanisme par lequel l’observateur relie ce qu’il voit à des traits, motivations ou intentions supposés appartenir à la cible.
  • Heider (attribution naïve) : Approche de l’attribution qui décrit l’observateur comme un analyste cherchant des causes logiquement nécessaires à l’action observée.
  • Attributeurs : Individus qui réalisent une analyse des facteurs nécessaires pour qu’un comportement se produise, comme un raisonnement de type “scientifique naïf”.
  • Inférences correspondantes : Modèle expliquant comment on déduit des dispositions personnelles stables à partir d’actes observés, en cherchant les intentions sous-jacentes.

Points essentiels

  • Les sujets anthropomorphisent des formes géométriques quand on leur fournit des “caractéristiques physiques” (ex. petit/grand triangle, couleur), et ils racontent alors une histoire.
  • Quand la consigne se limite à décrire la situation, l’anthropomorphisation des formes apparaît aussi, suggérant un processus inférentiel de production de sens.
  • L’explication proposée est un processus attributionnel qui transforme l’observation en récit causal, en remontant la chaîne des effets vers des causes.
  • Heider présente l’attribution comme une analyse naïve des causes, fondée sur une lecture phénoménologique de l’action.
  • L’attribution rend l’environnement perçu comme prévisible et cohérent, en organisant les facteurs responsables des comportements.
  • Dans l’exemple de l’accident, l’observateur dresse un inventaire de causes possibles (route glissante, feu grillé, chien, ivresse, sexe) puis déduit les facteurs nécessaires à la survenue de l’action.

Astuce mémo

Attribution = “je cherche les causes pour que ça tienne” : observation → inventaire → causes internes/externes → histoire cohérente.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1897-1967Allport : définition de la psychologie sociale (influence par la présence réelle, imaginaire ou implicite d’autrui)
1982Doise : focalisation sur la situation/contexte social plutôt que sur la seule personnalité
1946Asch : ordre des traits et effet de primauté (impression modifiée malgré les mêmes adjectifs)

Tableaux de synthèse

Présence d’autrui : types et effets attendus

Type de présenceDéfinitionExemple
Présence réellePrésence réellement làPrésence d’autrui dans l’environnement immédiat
Présence imaginaireAutrui pourrait être là (même si l’amphi est vide)Amphi vide : on sait que d’autres étudiants pourraient être présents
Présence implicitePrésence indirecte via objets/signes symboliques guidant l’actionFeu rouge : on obéit même sans surveillance directe

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre présence implicite et présence réelle : dans l’implicite, l’autre est représenté par un signal symbolique (ex. feu rouge), pas physiquement présent.
  2. Croire que la présentation de soi ne concerne que la première rencontre : le cours précise que c’est aussi valable dans la vie sociale au-delà de la première impression.
  3. Mélanger fort et faible monitorage : fort = contrôle/caméléon social et peut devenir incohérent selon les contextes ; faible = accord avec attentes personnelles (sincérité/honnêteté ou manque de tact).
  4. Interpréter l’effet de primauté comme un simple “ordre des mots” sans mécanisme : le cours insiste sur la formation d’impression puis la baisse d’attention au reste (temps accordé réduit).
  5. Penser que “plus de temps” rend toujours l’impression plus stable : Willis & Todorov et Ambady & Rosenthal montrent surtout la stabilité du trait “confiance”, puis une complexification possible.
  6. Croire que la facilitation sociale signifie “toujours mieux en présence d’autrui” : le cours distingue facilitation si la réponse dominante est correcte, détérioration/inhibition si elle est incorrecte.
  7. Confondre assimilation et contraste : assimilation = surestime les ressemblances intragroupe ; contraste = surestime les différences intergroupes.

Checklist Examen

  1. Définir la psychologie sociale et l’influence sociale, puis distinguer présence réelle, imaginaire et implicite d’autrui.
  2. Expliquer pourquoi la psychologie sociale met l’accent sur le contexte social (Doise/Fiske) plutôt que sur la seule personnalité.
  3. Décrire la présentation de soi : définition, indices verbaux/non verbaux, et lien aux scripts sociaux.
  4. Lister les besoins psychologiques fondamentaux justifiant la présentation de soi (appartenance, compréhension, contrôle, valorisation de soi, faire confiance) et donner l’idée générale des stratégies.
  5. Distinguer présentation stratégique de soi (gestion des impressions) et présentation authentique de soi (révélation de soi), en précisant qu’elles peuvent coexister/alterner.
  6. Définir le monitorage de soi (Snyder, 1974) et caractériser fort vs faible monitorage (caméléon social vs tourné vers soi).
  7. Définir la formation d’impression et l’effet de primauté, puis rappeler l’expérience d’Asch (1946) et l’explication par la baisse d’attention au reste de l’information.
  8. Expliquer le biais de négativité et donner l’idée des indices secondaires (prénom, style vestimentaire, lunettes, pilosité, écriture) via représentations partagées.
  9. Rappeler les résultats de Willis & Todorov (2006) et d’Ambady & Rosenthal (1993) sur la rapidité de formation d’impression et la stabilité du trait “confiance”.
  10. Définir catégorisation sociale (Tajfel, 1972) et distinguer effets primaires (attribution de traits) et effets secondaires (assimilation/contraste).
  11. Expliquer comment une catégorie est activée (accessibilité cognitive et saillance perceptive/“effet solo”) et relier à des exemples de contexte.
  12. Définir stéréotype (Lippman, 1922 ; Leyens et al., 1996) et décrire au moins une étude sur l’apprentissage précoce et une sur l’effet des stéréotypes sur le jugement (Darley & Gross, 1983).
  13. Expliquer l’effet Pygmalion (Rosenthal & Jacobson, 1968) : induction positive chez le maître, changement de comportement, intériorisation et amélioration des performances.
  14. Définir la facilitation sociale (Triplett/Allport/Zajonc) et distinguer facilitation vs inhibition sociale via la réponse dominante correcte vs incorrecte (drive).

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1. Quel énoncé décrit le mieux la psychologie sociale ?

2. Dans cette perspective, quel exemple illustre le mieux une influence sociale implicite ?

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Psychologie sociale — définition ?

Étude de l'influence des interactions sociales.

Influence sociale — rôle ?

Modifie comportements, perceptions et états mentaux.

Présence réelle — localisation ?

Personnes physiquement présentes dans l’environnement.

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