Revision sheet: Les Fondements des Relations Internationales

Plan du Cours

  1. ThĂ©orie libĂ©rale et interdĂ©pendance des États
  2. RÎle des organisations internationales dans la coopération
  3. Limites des théories libérales et dysfonctionnements
  4. Soft power : critĂšres, critiques et smart power
  5. Puissance et non-substituabilité du soft power
  6. Théorie de la paix démocratique
  7. ThĂ©ories transnationalistes et acteurs hors États
  8. Diplomatie : définition et distinction avec politique étrangÚre
  9. Institutionnalisation historique de la diplomatie
  10. Légitime défense collective et responsabilité de protéger
  11. Jus ad bellum : dernier recours et médiation
  12. Jus in bello : proportionnalité et guerre juste

1. ThĂ©orie libĂ©rale et interdĂ©pendance des États

Notions clés & Définitions

  • InterdĂ©pendance des États : Notion dĂ©signant le fait que les États sont liĂ©s par des Ă©changes et des effets mutuels qui rendent leurs dĂ©cisions dĂ©pendantes les unes des autres.
  • ThĂ©orie libĂ©rale des relations internationales : Approche des relations internationales qui explique les comportements Ă©tatiques par l’importance des institutions, du commerce et des normes plutĂŽt que par la seule force.
  • Anarchie internationale : IdĂ©e selon laquelle le systĂšme international ne dispose pas d’autoritĂ© centrale capable d’empĂȘcher l’usage de la force entre États.
  • Self-help : Principe rĂ©aliste selon lequel, faute de protection supĂ©rieure, les États doivent assurer eux-mĂȘmes leur sĂ©curitĂ©.

Points essentiels

  • L’absence d’autoritĂ© centrale signifie qu’aucun acteur ne peut empĂȘcher durablement les États de recourir Ă  la force entre eux.
  • Dans un cadre anarchique, les États sont contraints d’assurer leur sĂ©curitĂ© par eux-mĂȘmes, ce qui renforce la logique d’auto-assistance.
  • L’incertitude sur les intentions des autres pousse les États Ă  rechercher ou prĂ©server leur puissance pour se protĂ©ger et influencer.
  • La politique internationale est structurĂ©e par des rapports de force permanents, car les États cherchent Ă  empĂȘcher qu’un rival atteigne une supĂ©rioritĂ© excessive.
  • Le dilemme de la sĂ©curitĂ© dĂ©crit le mĂ©canisme oĂč des efforts pour se sĂ©curiser (acquĂ©rir des armes) inquiĂštent les autres et dĂ©clenchent une course aux armements.
  • La course aux armements peut produire un effet collectif paradoxal : elle augmente la sĂ©curitĂ© perçue Ă  court terme mais Ă©lĂšve globalement le risque et la frĂ©quence des conflits.

Astuce mémo

Anarchie → pas de gendarme mondial → Self-help : chacun se sĂ©curise, mais ses armes inquiĂštent les autres → course aux armements.

2. RÎle des organisations internationales dans la coopération

Notions clés & Définitions

  • Self-help : Le self-help dĂ©signe l’absence d’autoritĂ© centrale garantissant la sĂ©curitĂ©, ce qui pousse les États Ă  compter sur leurs propres moyens.
  • Dilemme de la sĂ©curitĂ© : Le dilemme de la sĂ©curitĂ© dĂ©crit le fait que des mesures prises pour se protĂ©ger inquiĂštent les autres, ce qui dĂ©clenche une dynamique de surarmement.
  • Anarchie du systĂšme international : L’anarchie du systĂšme international renvoie Ă  l’absence de gouvernement mondial capable d’empĂȘcher les États d’avoir recours Ă  la force.
  • SolidaritĂ© morale : La solidaritĂ© morale est l’idĂ©e que les États coopĂšrent par devoir moral, mais elle est prĂ©sentĂ©e ici comme insuffisante face aux intĂ©rĂȘts nationaux.
  • Droit de veto : Le droit de veto est un mĂ©canisme de blocage au Conseil de sĂ©curitĂ© qui permet aux membres permanents d’empĂȘcher certaines dĂ©cisions.

Points essentiels

  • Dans un systĂšme sans autoritĂ© centrale, rien ne garantit que les États renoncent Ă  l’usage de la force entre eux, ce qui renforce le self-help.
  • Le dilemme de la sĂ©curitĂ© crĂ©e un effet pervers : les armements destinĂ©s Ă  accroĂźtre la sĂ©curitĂ© d’un État inquiĂštent les autres et peuvent Ă©lever collectivement le niveau d’insĂ©curitĂ©.
  • La nature anarchique du systĂšme international est prĂ©sentĂ©e comme une cause majeure de la frĂ©quence des guerres interĂ©tatiques, faute d’instance capable d’empĂȘcher l’escalade.
  • La paix est dĂ©crite comme possible mais seulement relative et temporaire, notamment quand le systĂšme est dominĂ© par une grande puissance.
  • La solidaritĂ© morale est critiquĂ©e : la coopĂ©ration ne reposerait pas sur une solidaritĂ© rĂ©elle, car les États restent motivĂ©s par l’intĂ©rĂȘt national.
  • La thĂ©orie rĂ©aliste est limitĂ©e par sa difficultĂ© Ă  dĂ©finir la puissance et par sa focalisation sur la puissance militaire plutĂŽt que sur d’autres dimensions de domination.

Astuce mémo

Self-help = pas de gendarme mondial → chacun se protĂšge seul ; Dilemme de la sĂ©curitĂ© = protĂ©ger → inquiĂ©ter → surenchĂšre.

3. Limites des théories libérales et dysfonctionnements

Notions clés & Définitions

  • ThĂ©orie libĂ©rale des relations internationales : Approche libĂ©rale fondĂ©e sur l’idĂ©e que les États, conscients de leur interdĂ©pendance, coopĂšrent rationnellement pour maximiser leurs gains.
  • Organisation internationale : Institution multilatĂ©rale qui fournit un cadre stable de rĂšgles et de nĂ©gociation pour faciliter la coopĂ©ration entre États.
  • OMS : Organisation internationale de santĂ© créée en 1995, prĂ©sentĂ©e dans le cours comme un acteur parfois marginalisĂ© dans la rĂ©gulation sanitaire.
  • Soft power : Puissance d’attraction fondĂ©e sur la capacitĂ© d’un État Ă  faire adopter ses valeurs et Ă  influencer les autres par dĂ©sir plutĂŽt que par contrainte.
  • Smart power : Concept qui combine l’usage coordonnĂ© du soft power et du hard power pour produire un effet politique plus complet.

Points essentiels

  • La thĂ©orie libĂ©rale est jugĂ©e trop optimiste car elle n’analyse pas assez les situations oĂč les organisations internationales deviennent dysfonctionnelles.
  • Le cours illustre une limite avec l’OMS, créée en 1995, dont l’action pendant la propagation du COVID est dĂ©crite comme peu suivie.
  • L’OMS est comparĂ©e Ă  un « chef d’orchestre » dont l’autoritĂ© ne serait pas Ă©coutĂ©e par tous les acteurs.
  • Le soft power est critiquĂ© pour ĂȘtre utilisĂ© de façon superficielle et parfois dĂ©tournĂ©e.
  • La liste de critĂšres du soft power citĂ©e inclut notamment tourisme, demandes de naturalisation, distinctions honorifiques et prĂ©sence universitaire.
  • Le soft power est prĂ©sentĂ© comme une vulnĂ©rabilitĂ© politique : l’image d’un État peut se dĂ©grader dans l’opinion internationale et rĂ©duire son attraction.

Astuce mémo

InterdĂ©pendance → coopĂ©ration (libĂ©ral) ; mais quand l’OMS « dirige » sans ĂȘtre suivie, le systĂšme dysfonctionne ; Soft power attire, mais ne remplace pas le hard power.

4. Soft power : critĂšres, critiques et smart power

Notions clés & Définitions

  • Soft power : Pouvoir d’influence qui passe par l’attraction (valeurs, culture, crĂ©dibilitĂ©) plutĂŽt que par la contrainte militaire ou Ă©conomique.
  • Critiques du soft power : Ensemble d’objections qui soulignent les limites de l’influence par l’attraction, notamment quand les effets sont difficiles Ă  mesurer ou Ă  contrĂŽler.
  • Smart power : Approche combinant des leviers durs et doux pour maximiser l’efficacitĂ© de la politique Ă©trangĂšre selon les contextes.
  • ThĂ©ories transnationalistes : Courants qui analysent les relations internationales en tenant compte d’acteurs et de flux qui Ă©chappent au contrĂŽle direct des États.

Points essentiels

  • Les dĂ©mocraties tendent Ă  avoir une occurrence de guerre plus faible que les rĂ©gimes non dĂ©mocratiques, d’aprĂšs les corrĂ©lations Ă©voquĂ©es.
  • Les guerres opposant des dĂ©mocraties Ă  des États non dĂ©mocratiques sont plus frĂ©quentes quand les rĂ©gimes ne partagent pas des valeurs communes.
  • Les analyses transnationalistes se dĂ©veloppent Ă  partir des annĂ©es 70 et prennent de l’ampleur avec la globalisation dans les annĂ©es 90.
  • Les transnationalistes expliquent que des flux (capitaux, migrations/diasporas, ONG, flux matĂ©riels) produisent des effets internationaux hors du contrĂŽle Ă©tatique direct.
  • James Rosenau est mobilisĂ© pour l’idĂ©e que l’international n’est pas seulement pilotĂ© par les chefs d’État, mais par des effets plus diffus.
  • Les États seraient moins capables de gĂ©rer les flux internationaux, ce qui transforme leurs performances et leurs trajectoires via des agences et dynamiques globales.

Astuce mémo

DĂ©mocratie→moins de guerre ; valeurs communes→moins d’affrontements ; transnationalisme→flux hors contrĂŽle de l’État.

5. Puissance et non-substituabilité du soft power

Notions clés & Définitions

  • Soft power : Le soft power dĂ©signe la capacitĂ© d’influencer sans contrainte militaire directe, en agissant sur les opinions, les normes et l’attractivitĂ©.
  • Diplomatie publique : La diplomatie publique est une action de l’État tournĂ©e vers les sociĂ©tĂ©s Ă©trangĂšres, pour façonner perceptions et soutiens au-delĂ  des relations entre gouvernements.
  • Nation branding : Le nation branding correspond Ă  la stratĂ©gie qui construit une image de pays pour attirer, rassurer et gagner de l’influence Ă  l’international.
  • Diplomatie numĂ©rique : La diplomatie numĂ©rique regroupe l’usage des outils digitaux pour suivre, influencer et participer aux dĂ©bats internationaux.
  • Cyberdiplomatie : La cyberdiplomatie dĂ©signe l’emploi d’actions liĂ©es au numĂ©rique et au cyberespace pour mener des objectifs diplomatiques.

Points essentiels

  • La diplomatie publique vise Ă  sortir du face-Ă -face État-État en s’adressant aux opinions publiques des autres pays.
  • Le nation branding est un levier central de la diplomatie publique pour amĂ©liorer l’image et l’attractivitĂ© d’un État.
  • La diplomatie numĂ©rique s’appuie sur des dispositifs de veille et de participation aux dĂ©bats, avec des Ă©quipes dĂ©diĂ©es.
  • La cyberdiplomatie mobilise des moyens liĂ©s au cyberespace pour soutenir des objectifs diplomatiques.
  • Dans les rĂ©gimes autoritaires, la diplomatie publique et ses canaux d’influence peuvent ĂȘtre plus contraints par le contrĂŽle politique interne.

Astuce mémo

Soft power = « séduire » (image/opinions) plutÎt que « contraindre » (force).

6. Théorie de la paix démocratique

Notions clés & Définitions

  • Diplomatie publique : Approche oĂč l’État s’adresse directement aux sociĂ©tĂ©s et opinions publiques Ă©trangĂšres pour influencer les perceptions, via des outils comme le nation branding et le soft power.
  • Nation branding : Technique de diplomatie publique visant Ă  façonner l’image d’un pays Ă  l’étranger pour gagner en influence et en adhĂ©sion.
  • Soft power : CapacitĂ© d’influence fondĂ©e sur l’attraction et les perceptions plutĂŽt que sur la contrainte militaire ou coercitive.
  • Diplomatie numĂ©rique : Forme de diplomatie utilisant des canaux digitaux et numĂ©riques pour suivre, communiquer et agir dans l’espace informationnel.
  • Cyberdiplomatie : Volet de la diplomatie numĂ©rique centrĂ© sur les enjeux liĂ©s aux systĂšmes informatiques, aux rĂ©seaux et aux actions dans le cyberespace.

Points essentiels

  • La diplomatie publique vise Ă  sortir d’une logique strictement État-Ă -État en ciblant les sociĂ©tĂ©s et opinions publiques d’autres pays.
  • La diplomatie publique peut prendre des formes de nation branding et de soft power pour influencer sans passer par la force.
  • La diplomatie numĂ©rique et la cyberdiplomatie s’appuient sur des dispositifs oĂč des agents suivent les dĂ©bats et corrigent/ajustent les messages.
  • Limite majeure : dans les rĂ©gimes autoritaires, l’efficacitĂ© de ces approches est rĂ©duite car le contrĂŽle politique et informationnel pĂšse sur la rĂ©ception.
  • La thĂ©orie de la paix dĂ©mocratique s’inscrit dans une rĂ©flexion plus large sur les conditions de paix et sur les dynamiques de sĂ©curitĂ© entre États.
  • La section relie aussi la paix Ă  des mĂ©canismes de dĂ©sarmement/armement et Ă  des Ă©volutions normatives, plutĂŽt qu’à une seule cause institutionnelle.

Astuce mémo

Public → Opinion → Influence (branding/soft power) ; NumĂ©rique/Cyber = suivi + correction des messages.

7. ThĂ©ories transnationalistes et acteurs hors États

Notions clés & Définitions

  • MultilatĂ©ralisme : Approche politique fondĂ©e sur la coopĂ©ration entre plusieurs États via des cadres communs, plutĂŽt que sur des dĂ©cisions unilatĂ©rales.
  • Clivage global et planĂ©taire : Tension entre une lecture du monde centrĂ©e sur le « global » et une reconnaissance du « planĂ©taire » comme pluralitĂ© des rĂ©alitĂ©s sur Terre.
  • Guerre juste : ThĂ©orie morale qui cherche Ă  encadrer quand et comment recourir Ă  la violence, en distinguant lĂ©gitimitĂ© et conduite.
  • Jus ad bellum : Ensemble des critĂšres moraux qui rĂ©pondent Ă  la question de la lĂ©gitimitĂ© du recours Ă  la force avant le dĂ©clenchement de la guerre.
  • Jus in bello : Ensemble des rĂšgles morales qui encadrent la conduite de la guerre une fois qu’elle a commencĂ©.

Points essentiels

  • Le transnationalisme s’appuie sur l’idĂ©e d’une conscience d’appartenir Ă  un mĂȘme milieu, renforcĂ©e par les guerres mondiales et par le multilatĂ©ralisme.
  • Le « global » et le « planĂ©taire » ne renvoient pas Ă  une vision unique : ils crĂ©ent un clivage rĂ©current dans les nĂ©gociations diplomatiques.
  • La thĂ©orie de la guerre juste mobilise une question morale classique : Ă  quelles conditions le recours Ă  la violence est-il juste ?
  • La distinction jus ad bellum / jus in bello structure l’analyse : lĂ©gitimitĂ© du dĂ©clenchement d’un cĂŽtĂ©, rĂšgles de conduite de l’autre.
  • La lĂ©gitime dĂ©fense est prĂ©sentĂ©e comme un fondement reconnu par la Charte de l’ONU, articulĂ© aux chapitres 7 et 57.
  • La lĂ©gitime dĂ©fense peut s’étendre Ă  l’assistance Ă  un État agressĂ©, via la logique de dĂ©fense collective, puis vers la responsabilitĂ© de protĂ©ger en cas de crime de masse ou d’incapacitĂ© Ă  se dĂ©fendre.

Astuce mémo

Guerre juste = « avant » (jus ad bellum) puis « pendant » (jus in bello).

8. Diplomatie : définition et distinction avec politique étrangÚre

Notions clés & Définitions

  • Diplomatie : La diplomatie est l’ensemble des pratiques de nĂ©gociation et de gestion des relations entre États pour Ă©viter ou encadrer l’escalade.
  • Politique Ă©trangĂšre : La politique Ă©trangĂšre dĂ©signe les objectifs et choix stratĂ©giques d’un État vis-Ă -vis des autres États, au-delĂ  des seuls Ă©changes diplomatiques.
  • Syndrome de Munich : Le syndrome de Munich est l’idĂ©e que cĂ©der Ă  un dictateur par complaisance peut encourager l’agresseur et retarder une Ă©chĂ©ance de conflit.
  • Diplomatie de complaisance : La diplomatie de complaisance consiste Ă  faire des concessions Ă  un acteur violent pour gagner du temps, sans traiter les causes du conflit.

Points essentiels

  • La diplomatie sert Ă  dĂ©finir une position et Ă  rĂ©pondre Ă  une attaque, notamment pour Ă©viter l’escalade incontrĂŽlĂ©e.
  • La distinction clĂ© est que la politique Ă©trangĂšre fixe les objectifs et la ligne gĂ©nĂ©rale, tandis que la diplomatie met en Ɠuvre des Ă©changes concrets pour les atteindre.
  • Le syndrome de Munich renvoie Ă  l’épisode de septembre impliquant Chamberlain, la France, Mussolini et Hitler.
  • L’exemple prĂ©sentĂ© illustre une diplomatie de complaisance avec un dictateur qui ne fait que repousser l’échĂ©ance inĂ©vitable.
  • La logique implicite est que la nĂ©gociation sans rapport d’égalitĂ© ni cadre de sortie de conflit peut Ă©roder la crĂ©dibilitĂ© et rendre la riposte plus probable.

Astuce mémo

Munich = « cĂ©der pour gagner du temps » → l’échĂ©ance revient plus vite.

9. Institutionnalisation historique de la diplomatie

Notions clés & Définitions

  • Doctrine russe d’arme nuclĂ©aire : Doctrine officielle russe qui Ă©largit le rĂŽle de l’arme nuclĂ©aire et vise aussi des États non nuclĂ©aires aidĂ©s par des puissances nuclĂ©aires.
  • Tabou nuclĂ©aire : Notion selon laquelle l’usage en premier de l’arme nuclĂ©aire est fortement dissuadĂ© par une stigmatisation internationale, mĂȘme si le risque n’est pas nul.
  • ProlifĂ©ration horizontale : Forme de prolifĂ©ration qui correspond Ă  l’augmentation du nombre d’États dĂ©tenant l’arme nuclĂ©aire.
  • ProlifĂ©ration verticale : Forme de prolifĂ©ration qui correspond Ă  l’augmentation des arsenaux et capacitĂ©s nuclĂ©aires des États dĂ©jĂ  dĂ©tenteurs.
  • Conseil des droits de l’homme de l’ONU : Organe onusien créé pour superviser la promotion et la protection des droits humains, en remplaçant une commission jugĂ©e peu efficace.

Points essentiels

  • La mise en cause porte sur le comportement de la Russie et sur des discours attribuĂ©s Ă  Poutine justifiant l’armement et l’élargissement du rĂŽle nuclĂ©aire.
  • La doctrine russe d’arme nuclĂ©aire est prĂ©sentĂ©e comme visant un État non nuclĂ©aire aidĂ© par des puissances nuclĂ©aires, avec l’exemple de l’Ukraine et des États-Unis.
  • Le signal attribuĂ© Ă  Poutine affirme que l’emploi de l’arme nuclĂ©aire serait « de l’ordre du possible », et dĂ©crit l’arme comme un facteur de retenue et de dopage de l’agression.
  • Nina Tannenwald relativise le risque en mettant en avant le tabou nuclĂ©aire, qui rejette la lĂ©gitimation de l’usage en premier et produit une stigmatisation.
  • Des sondages citĂ©s aux États-Unis montrent une baisse de l’approbation de l’usage de la bombe aprĂšs 1945, et des campagnes d’ONG sont reliĂ©es Ă  l’érection du tabou.
  • Scott rĂ©pond Ă  Tannenwald en distinguant prolifĂ©ration horizontale et verticale, et en discutant la notion de prolifĂ©ration au regard des capacitĂ©s nuclĂ©aires.

Astuce mémo

Tabou nuclĂ©aire = « honte internationale » : mĂȘme si c’est possible, l’usage en premier coĂ»te une stigmatisation.

10. Légitime défense collective et responsabilité de protéger

Notions clés & Définitions

  • ResponsabilitĂ© de protĂ©ger : Principe international selon lequel la communautĂ© internationale peut agir pour prĂ©venir des atteintes graves aux droits humains quand un État ne protĂšge pas sa population.
  • Conseil des droits de l’homme : Organe de l’ONU chargĂ© d’examiner des situations de droits humains et de dĂ©cider d’enquĂȘtes, de rapports et de rĂ©solutions.
  • Commission d’enquĂȘte internationale : MĂ©canisme mandatĂ© par le Conseil des droits de l’homme pour collecter des documents et des tĂ©moignages sur des violations.
  • AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU : Organe politique de l’ONU qui adopte des rĂ©solutions et peut exprimer une condamnation collective d’actes graves.
  • Cour europĂ©enne des droits de l’homme : Juridiction de Strasbourg saisissable par les individus, fondĂ©e sur la Convention europĂ©enne et dotĂ©e de juges Ă©lus par les États membres.

Points essentiels

  • Le Conseil des droits de l’homme peut crĂ©er une commission d’enquĂȘte pour rassembler des preuves et produire des rapports sur des violations graves.
  • En Syrie, le Conseil a dĂ©cidĂ© d’une enquĂȘte internationale avec collecte de documents et de tĂ©moignages, puis plusieurs rapports ont Ă©tĂ© rendus.
  • En Ukraine, l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale a adoptĂ© de nombreuses rĂ©solutions (plus de 140 États) condamnant des actes qualifiĂ©s d’agression, et la Russie a ensuite tentĂ© de revenir sans succĂšs.
  • Sur Gaza, le Conseil des droits de l’homme a adoptĂ© plusieurs rĂ©solutions et a repris les termes d’une dĂ©cision de la Cour internationale de justice Ă©voquant un risque d’« extermination » Ă  prĂ©venir.
  • Le Conseil des droits de l’homme a aussi adoptĂ© une qualification de la situation Ă  Gaza en la qualifiant de gĂ©nocide (commission en septembre 25).
  • Limites du Conseil : il dĂ©pend des États membres qui portent les valeurs des droits humains et il existe une exigence de rĂ©partition gĂ©ographique dans la composition.

Astuce mémo

R2P = « protĂ©ger quand l’État Ă©choue » ; CDH = « enquĂȘte + rapports » ; AG = « condamnation massive ».

11. Jus ad bellum : dernier recours et médiation

Notions clés & Définitions

  • Dernier recours : Principe selon lequel le recours Ă  la force n’est acceptable qu’en ultime option, aprĂšs l’échec ou l’impossibilitĂ© des moyens non armĂ©s.
  • MĂ©diation : ProcĂ©dure de rĂšglement d’un conflit oĂč un tiers aide les parties Ă  trouver une solution nĂ©gociĂ©e, sans imposer la dĂ©cision.
  • CoopĂ©ration internationale environnementale : Organisation et coordination d’États et d’acteurs pour traiter des problĂšmes environnementaux Ă  l’échelle mondiale via des institutions et des accords.
  • GIEC : Groupe d’experts chargĂ© d’évaluer l’état des connaissances sur le climat et de produire des rapports utilisĂ©s dans les discussions publiques et diplomatiques.

Points essentiels

  • Le « dernier recours » impose de privilĂ©gier d’abord les moyens non armĂ©s avant toute action coercitive.
  • La mĂ©diation vise une sortie nĂ©gociĂ©e du conflit en facilitant le dialogue entre parties.
  • La coopĂ©ration environnementale internationale s’institutionnalise sur l’agenda de l’ONU Ă  partir des annĂ©es 1970.
  • Le GIEC produit des rapports pĂ©riodiques (environ tous les 5 ans) et ses textes sont Ă©laborĂ©s avec une participation diplomatique pour rester politiquement recevables.
  • Les rapports du GIEC ne reposent pas uniquement sur des recherches fondamentales nouvelles : ils synthĂ©tisent des donnĂ©es et rĂ©sultats scientifiques existants.

Astuce mémo

Dernier recours = « non armĂ© d’abord, force aprĂšs » ; MĂ©diation = « tiers qui facilite, pas qui impose ».

12. Jus in bello : proportionnalité et guerre juste

Notions clés & Définitions

  • Protocole de Cartagena : TraitĂ© multilatĂ©ral encadrant les transferts transfrontiĂšres d’organismes vivants modifiĂ©s, notamment pour limiter les risques liĂ©s aux innovations biotechnologiques.
  • Protocole de Nagoya : Accord international sur l’accĂšs aux ressources gĂ©nĂ©tiques et le partage des avantages, visant Ă  lutter contre le biopiratage.
  • Convention de Vienne : Convention-cadre internationale qui organise la coopĂ©ration pour protĂ©ger la couche d’ozone, conduisant Ă  l’élimination des gaz responsables des dommages.
  • Protocole de Kyoto : TraitĂ© international fixant des objectifs de rĂ©duction des Ă©missions de gaz Ă  effet de serre, avec des engagements plus contraignants pour les pays industrialisĂ©s.
  • Accord de Paris : Accord international visant Ă  limiter le rĂ©chauffement climatique, avec des engagements et une mise en Ɠuvre progressive des États.

Points essentiels

  • Le Protocole de Cartagena impose qu’un État exportateur ne puisse pas transfĂ©rer certains organismes vivants modifiĂ©s sans l’accord des pays importateurs concernĂ©s.
  • Le Protocole de Nagoya vise Ă  empĂȘcher le biopiratage en obligeant les entreprises Ă  prĂ©voir des compensations (par exemple via des licences de propriĂ©tĂ© intellectuelle) au bĂ©nĂ©fice des États pour l’usage commercial des
  • La Convention de Vienne a permis l’élimination des gaz CFC, ce qui a favorisĂ© la reconstitution de la couche d’ozone aprĂšs leur retrait.
  • Le lien ozone–climat est discutĂ© car les substituts utilisĂ©s aprĂšs l’élimination des CFC peuvent contribuer au rĂ©chauffement climatique.
  • La Convention-cadre de 1984 (sur le climat) fixe l’objectif de stabiliser la concentration de gaz Ă  effet de serre Ă  un niveau compatible avec le climat, puis les COP structurent les nĂ©gociations.
  • Le Protocole de Kyoto est entrĂ© en vigueur en 2005, mais la dynamique a Ă©tĂ© ralentie par la diffĂ©rence entre signature et ratification, notamment cĂŽtĂ© États-Unis (retrait puis rĂ©intĂ©gration).

Astuce mémo

Cartagena = Accord avant transfert ; Nagoya = Partage des bĂ©nĂ©fices ; Vienne = CFC → ozone revient ; Kyoto = RĂ©duction chiffrĂ©e ; Paris = Limiter le rĂ©chauffement.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1995CrĂ©ation de l’OMS (prĂ©sentĂ©e comme marginalisĂ©e dans la rĂ©gulation sanitaire)
1970Développement/essor des analyses transnationalistes (début des années 70)
1990NĂ©gociation d’Oslo (dĂ©but 90)
1978Médiation des USA (Jimmy Carter) : premier accord de paix entre pays arabes majeurs
1992Médiation de fin de guerre de Bosnie (opérée par Holbrooke) conduisant aux négociations de Dayton
1961Convention de Vienne sur les relations diplomatiques (rÚgles, immunités, confidentialité, non-interférence)
1945Depuis 1945 : essor de la diplomatie multilatérale et prolifération des organisations internationales
2005Entrée en vigueur du Protocole de Kyoto
2016EntrĂ©e en vigueur de l’Accord de Paris
2010Échec/limites de l’espoir d’un protocole de Kyoto (mentionnĂ© en 2010)

Tableaux de synthĂšse

Réalistes vs libéraux (coopération et institutions)

AxeRéalistesLibéraux
SystĂšme internationalAnarchie : absence d’autoritĂ© centraleAnarchie mais interdĂ©pendance : coopĂ©ration possible
SĂ©curitĂ©Self-help : États assurent eux-mĂȘmes leur sĂ©curitĂ©Institutions rĂ©duisent l’incertitude et encadrent la coopĂ©ration
RĂŽle des organisations internationalesSouvent sous contrĂŽle des grandes puissances, coopĂ©ration limitĂ©eCadre stable de rĂšgles et de nĂ©gociation, fonctions de rĂ©duction de l’incertitude et de stabilisation

Jus ad bellum vs jus in bello

QuestionJus ad bellumJus in bello
MomentAvant le déclenchementUne fois la guerre commencée
ObjetLégitimité du recours à la forceRÚgles morales de conduite de la guerre
CritÚres citésDernier recours, légitime défense (et extension)Proportionnalité, discrimination combattants/non-combattants

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre self-help (absence de protection supérieure, auto-assistance) avec la coopération libérale via les organisations internationales.
  2. Croire que le dilemme de la sĂ©curitĂ© signifie “les États veulent la guerre” : il dĂ©crit surtout l’inquiĂ©tude rĂ©ciproque dĂ©clenchĂ©e par des mesures de protection.
  3. Penser que le soft power remplace le hard power : le cours insiste sur la non-substituabilitĂ©, notamment “pendant les guerres”.
  4. MĂ©langer diplomatie et politique Ă©trangĂšre : la politique Ă©trangĂšre fixe les objectifs, la diplomatie met en Ɠuvre par des Ă©changes concrets.
  5. Retenir “guerre juste” comme une justification automatique : le cours distingue lĂ©gitimitĂ© (jus ad bellum) et conduite (jus in bello), avec des limites (proportionnalitĂ©, discrimination).
  6. Croire que la responsabilitĂ© de protĂ©ger remplace totalement la souverainetĂ© : elle s’articule Ă  l’idĂ©e que la communautĂ© internationale peut agir quand l’État Ă©choue Ă  protĂ©ger.
  7. Confondre tabou nuclĂ©aire et dissuasion : le tabou renvoie Ă  la stigmatisation/illĂ©gitimation de l’usage en premier, tandis que la dissuasion renvoie Ă  la crainte de reprĂ©sailles.

Checklist Examen

  1. DĂ©finir l’anarchie internationale et expliquer pourquoi elle conduit au self-help (auto-assistance) dans la logique rĂ©aliste.
  2. Expliquer le dilemme de la sécurité et la course aux armements : pourquoi la recherche de sécurité inquiÚte les autres et produit un effet collectif paradoxal.
  3. Citer les fonctions attribuĂ©es aux organisations internationales dans la thĂ©orie libĂ©rale : rĂ©duction de l’incertitude et cadre stable de nĂ©gociation.
  4. PrĂ©senter la limite libĂ©rale : organisations parfois dysfonctionnelles, avec l’exemple de l’OMS (créée en 1995) et l’idĂ©e du “chef d’orchestre” non Ă©coutĂ©.
  5. Définir le soft power et maßtriser les critÚres cités (tourisme, demandes de naturalisation, distinctions honorifiques, universités bien classées, présence de sites internet).
  6. Expliquer les critiques du soft power : vulnĂ©rabilitĂ© politique via l’image, effets parfois contre-productifs (perception d’hĂ©gĂ©monie/occidentalisation) et non-substituabilitĂ© au hard power.
  7. Définir smart power comme combinaison coordonnée des leviers doux et durs, et relier-le à la discussion sur la non-substituabilité.
  8. Expliquer la théorie de la paix démocratique : corrélations entre nature des régimes et occurrence de guerre (démocraties entre elles, et démocraties vs non-démocraties).
  9. Décrire le transnationalisme : acteurs hors du contrÎle étatique direct et rÎle des flux (capitaux, migrations/diasporas, ONG, flux matériels).
  10. DĂ©finir diplomatie et distinguer-la de la politique Ă©trangĂšre (objectifs vs mise en Ɠuvre par nĂ©gociation).
  11. Expliquer l’institutionnalisation de la diplomatie : proto-diplomatie (Ă©missaires, diplĂŽma) puis institutionnalisation avec ambassades et rĂšgles (Convention de Vienne, 1961).
  12. Maßtriser la guerre juste : distinguer jus ad bellum (légitimité, dernier recours, légitime défense et extensions) et jus in bello (proportionnalité, discrimination combattants/non-combattants).
  13. Expliquer la mĂ©diation et le dernier recours : rĂŽle d’un tiers, et pourquoi la diplomatie est envisagĂ©e jusqu’à l’épuisement des moyens non militaires.
  14. PrĂ©senter la protection des droits humains : rĂŽle du Conseil des droits de l’homme (enquĂȘtes/rapports) et limites (dĂ©pendance aux États, rĂ©partition gĂ©ographique).

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1. Dans cette thĂ©orie, pourquoi les guerres entre dĂ©mocraties et États non dĂ©mocratiques sont-elles plus frĂ©quentes ?

2. Quel facteur a fortement favorisĂ© l’essor des approches transnationalistes ?

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InterdĂ©pendance des États — dĂ©finition ?

Liens mutuels d’échanges et d’effets.

ThĂ©orie libĂ©rale — rĂŽle ?

Expliquer la coopération via institutions et normes.

Anarchie internationale — localisation ?

SystÚme sans autorité centrale.

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