Revision sheet: Gestion de la performance publique

Plan du Cours

  1. Politiques publiques et performance
  2. Principes de l’évaluation
  3. FinalitĂ©s de l’évaluation
  4. Étapes du processus dĂ©cisionnel
  5. Performance publique et management
  6. Approches internationales de la performance
  7. Institutionnalisation de l’évaluation en France
  8. MĂ©thodes d’évaluation des politiques
  9. Évaluation d’impact et Ă©conomĂ©trie
  10. Analyses économiques des politiques

1. Politiques publiques et performance

Notions clés & Définitions

  • Culture de moyens : La culture de moyens dĂ©signe un pilotage qui se focalise sur l’utilisation des ressources plutĂŽt que sur ce que produit rĂ©ellement l’action publique.
  • Culture de rĂ©sultats : La culture de rĂ©sultats repose sur l’évaluation de ce que l’action publique atteint, en jugeant la performance au regard des objectifs.
  • Outputs publics : Les outputs sont les rĂ©alisations d’une politique, c’est-Ă -dire les prestations ou produits fournis, apprĂ©ciĂ©s notamment pour leur efficience et leur qualitĂ©.
  • Outcomes publics : Les outcomes, ou rĂ©sultats/impacts, correspondent aux effets sociaux des politiques publiques, plus difficiles Ă  mesurer car ils se manifestent souvent dans le temps et se combinent Ă  d’autres facteurs.

Points essentiels

  • La gestion de la performance dans le secteur public correspond au passage d’une logique de moyens Ă  une logique de rĂ©sultats.
  • Plus des deux tiers des pays membres de l’OCDE ont adoptĂ© des systĂšmes d’évaluation de l’action publique et des programmes annuels de performance.
  • En France, la LOLF consacre en 2001 la dĂ©marche de performance, portĂ©e par le New Public Management axĂ© sur l’efficience, l’efficacitĂ© et l’accountability.
  • Les indicateurs liĂ©s Ă  la LOLF mesurent la qualitĂ© des services publics et permettent des comparaisons dans l’espace et dans le temps.
  • La performance des politiques publiques combine deux registres : outputs (rĂ©alisations) et outcomes/impacts (effets), ces derniers Ă©tant plus difficiles Ă  Ă©valuer car ils sont Ă  long terme et aux effets croisĂ©s.

Astuce mémo

MOINS de “moyens” → plus de “rĂ©sultats” : outputs = ce qui est produit, outcomes = ce qui change rĂ©ellement.

2. Principes de l’évaluation

Notions clés & Définitions

  • Évaluation : L’évaluation est une dĂ©marche qui mesure et met en perspective les effets d’une action publique avec un jugement sur sa valeur et sa performance.
  • Outputs et outcomes : Les outputs sont les rĂ©alisations produites par la politique, tandis que les outcomes correspondent Ă  ses effets et impacts observables dans le temps.
  • Valeur ajoutĂ©e sociĂ©tale : La valeur ajoutĂ©e sociĂ©tale correspond aux services nets rĂ©ellement créés par la politique grĂące aux moyens engagĂ©s, en tenant compte de leurs effets au-delĂ  du coĂ»t.
  • Utilisation symbolique : L’utilisation symbolique consiste Ă  mobiliser les rĂ©sultats d’une Ă©valuation pour justifier une position dĂ©jĂ  Ă©tablie sans modifier la dĂ©cision.

Points essentiels

  • L’évaluation produit Ă  la fois de l’information et un jugement, pour apprĂ©cier l’efficacitĂ©, l’efficience et l’impact d’une politique au regard des objectifs et des moyens mobilisĂ©s.
  • L’évaluation ne se rĂ©duit pas au suivi d’indicateurs : elle se distingue du contrĂŽle, du pilotage par performance et de l’audit.
  • L’évaluation examine outputs et outcomes en intĂ©grant le contexte et le rĂŽle des acteurs pour mieux comprendre les liens de causalitĂ© entre action publique et rĂ©sultats.
  • Les catĂ©gories d’utilisation incluent l’usage symbolique, conceptuel et instrumental, ce dernier menant Ă  une modification effective de la politique.
  • Le jugement Ă©valuatif s’appuie sur un systĂšme de valeurs explicitĂ© ou supposĂ©, et les objectifs peuvent ĂȘtre flous tandis que les effets sont complexes, multiples et dĂ©calĂ©s.

Astuce mémo

Mesure + jugement : Mieux comprendre (effets, causalité) avant de décider (usage instrumental).

3. FinalitĂ©s de l’évaluation

Notions clés & Définitions

  • Utilisation conceptuelle : L’utilisation conceptuelle renvoie au fait que l’évaluation change ou affine la maniĂšre de comprendre le problĂšme, par exemple via l’identification d’effets collatĂ©raux ou d’une causalitĂ© inverse.
  • Utilisation instrumentale : L’utilisation instrumentale correspond au moment oĂč les recommandations de l’évaluation conduisent Ă  des ajustements rĂ©els de la politique, comme une rĂ©affectation de fonds aprĂšs une mauvaise performance.
  • Accountability : L’accountability est la logique de rendre des comptes pour la mise en Ɠuvre des politiques publiques, appuyĂ©e par l’examen des rĂ©sultats et de leurs effets.

Points essentiels

  • Dans les dĂ©mocraties, l’évaluation sert Ă  demander des comptes Ă  l’administration et Ă  accroĂźtre la transparence de l’action publique envers les citoyens.
  • L’évaluation peut ĂȘtre mobilisĂ©e pour lĂ©gitimer une dĂ©cision (usage symbolique), pour amĂ©liorer la comprĂ©hension du problĂšme (usage conceptuel) ou pour modifier la politique (usage instrumental).
  • Sans Ă©valuation, des programmes coĂ»teux peuvent se maintenir malgrĂ© l’absence d’effets attendus et l’action perd sa rationalitĂ© fondĂ©e sur des preuves.
  • Évaluer ne se limite pas Ă  comparer des rĂ©sultats Ă  des objectifs supposĂ©s connus : il faut aussi expliciter les valeurs et juger des effets complexes et parfois Ă©loignĂ©s dans le temps.
  • Les finalitĂ©s de l’évaluation se situent Ă  l’intersection de plusieurs rationalitĂ©s (Ă©conomique, sociale et dĂ©mocratique) qui s’influencent mutuellement.

Astuce mémo

S-C-I : Symbolique pour légitimer, Conceptuel pour comprendre, Instrumental pour agir.

4. Étapes du processus dĂ©cisionnel

Notions clés & Définitions

  • Évaluation ex ante : Une Ă©valuation ex ante vise Ă  juger Ă  l’avance les effets et la valeur d’une politique avant son lancement pour guider la dĂ©cision.
  • Évaluation in itinere : Une Ă©valuation in itinere accompagne une politique pendant sa mise en Ɠuvre afin d’ajuster la trajectoire en temps rĂ©el.
  • Évaluation ex post : Une Ă©valuation ex post analyse aprĂšs coup les rĂ©sultats pour vĂ©rifier l’atteinte des objectifs et tirer des enseignements.
  • Cycle de vie des politiques publiques : Le cycle de vie dĂ©signe l’enchaĂźnement des phases d’une politique, dans lequel l’évaluation devient une Ă©tape mobilisĂ©e pour dĂ©cider et piloter.

Points essentiels

  • Dans les Ă©valuations expĂ©rimentales, les bĂ©nĂ©ficiaires sont suivis sur le long terme, ce qui conduit Ă  des conclusions seulement aprĂšs plusieurs mois ou annĂ©es, en dĂ©calage avec le calendrier politique.
  • À partir des annĂ©es 1970-1980, l’évaluation sort du cadre strictement scientifique pour devenir un outil d’aide Ă  la dĂ©cision des gouvernements et s’insĂ©rer dans le cycle de vie des politiques publiques.
  • Dans la dĂ©marche MAP, une Ă©valuation part des diagnostics pour proposer des scĂ©narios de rĂ©forme destinĂ©s Ă  amĂ©liorer l’action publique.
  • Dans la MAP, la maĂźtrise d’ouvrage (ministĂšres) encadre la commande et prĂ©side le comitĂ© d’évaluation, tandis que la maĂźtrise d’Ɠuvre rĂ©alise les travaux et rĂ©dige les rapports d’évaluation.
  • Dans la MAP, le SGMAP coordonne et anime les Ă©valuations, fournit un appui mĂ©thodologique et peut soutenir la consultation des parties prenantes et la mise en Ɠuvre des scĂ©narios.
  • Le processus de jugement sur la valeur d’une politique peut ĂȘtre prospectif, concomitant ou rĂ©trospectif, selon qu’il s’exerce respectivement ex ante, in itinere ou ex post.

Astuce mémo

Ex ante = avant (prévoir), In itinere = pendant (ajuster), Ex post = aprÚs (vérifier).

5. Performance publique et management

Notions clés & Définitions

  • Loi organique relative aux lois de finances LOLF : La LOLF est le cadre budgĂ©taire français qui organise la gestion de l’État autour de la performance avec des objectifs et des indicateurs, plutĂŽt que seulement des moyens.
  • RĂ©vision gĂ©nĂ©rale des politiques publiques RGPP : La RGPP est une dĂ©marche lancĂ©e en 2007 qui remet Ă  plat les politiques publiques pour amĂ©liorer l’efficacitĂ© des services et la maĂźtrise des dĂ©penses, avec une logique managĂ©riale inspirĂ©e du privĂ©.
  • Modernisation de l’action publique MAP : La MAP est le dispositif lancĂ© en 2012 qui modernise l’action de l’État en s’appuyant sur des Ă©valuations orientĂ©es dĂ©cision, avec participation, transparence et analyse multicritĂšre.
  • Conseil national de l’évaluation CNE : Le CNE est une instance créée en 1998 pour programmer des Ă©valuations et Ă©mettre des avis sur la qualitĂ© des travaux, avec une composition intĂ©grant plusieurs catĂ©gories d’acteurs.

Points essentiels

  • Le dĂ©cret du 22 janvier 1990 dĂ©finit l’évaluation par la mesure des effets et instaure trois instances CIME, CSE et FNDE, en remplaçant l’idĂ©e du CNE portĂ©e par le Rapport Viveret.
  • La LOLF (mise en place Ă  partir de 2006) structure le budget en missions, programmes et actions, et associe Ă  chaque programme des objectifs mesurĂ©s par des indicateurs via le PAP puis le RAP.
  • Dans la LOLF, l’article 51-5 impose d’ajouter au projet de loi de finances un projet annuel de performance, et le RAP permet au Parlement d’apprĂ©cier Ă©carts, rĂ©sultats et indicateurs par programme.
  • La RGPP lancĂ©e en 2007 comporte 336 mesures et vise notamment Ă  responsabiliser par la culture du rĂ©sultat, avec une mĂ©thode rapide pilotĂ©e centralement et fondĂ©e sur des audits mixtes.
  • Le CNE (14 membres nommĂ©s pour 3 ans) Ă©tablit chaque annĂ©e un programme d’évaluations soumis au Premier ministre et rend des avis sur la qualitĂ© des travaux des diffĂ©rentes instances d’évaluation.

Astuce mémo

LOLF = PAP puis RAP : d’abord les objectifs mesurĂ©s, ensuite le compte rendu des rĂ©sultats par programme.

6. Approches internationales de la performance

Notions clés & Définitions

  • New Public Management : approche de modernisation inspirĂ©e du secteur privĂ©, qui cherche Ă  amĂ©liorer l’action publique via des pratiques comme le benchmarking et une logique de rĂ©sultats.
  • LOLF : loi organique qui restructure la gestion budgĂ©taire et renforce une logique de pilotage par les objectifs et la performance des programmes.
  • RGPP : rĂ©vision gĂ©nĂ©rale des politiques publiques lancĂ©e en 2007, fondĂ©e sur une remise Ă  plat des politiques et des dispositifs visant des gains rapides.
  • Modernisation de l’action publique : dĂ©marche lancĂ©e en 2012 pour Ă©valuer et transformer les politiques publiques avec une mĂ©thode structurĂ©e et une gouvernance interministĂ©rielle.
  • Action publique 2022 : programme lancĂ© en 2017 visant Ă  repenser l’action publique au regard de la transformation numĂ©rique, avec un cadrage interministĂ©riel et des chantiers de rĂ©forme.

Points essentiels

  • La LOLF (bilan 2011) s’accompagne de 894 indicateurs de performance, dont seulement 18% mesurent la qualitĂ© de service, ce qui limite l’usage pour juger l’efficacitĂ©.
  • La LOLF a connu en longue pĂ©riode un manque de quatre Ă©lĂ©ments de rĂ©ussite (stratĂ©gie affichĂ©e, plan d’action, pilote identifiĂ©, conduite du changement adaptĂ©).
  • La RGPP (2007) propose 336 mesures et poursuit notamment la responsabilisation par la culture du rĂ©sultat, avec un pilotage rapide autour d’instances centrales.
  • En MAP (dĂ©marrage 2012-2013), l’évaluation repose sur 4 principes directeurs : aide Ă  la dĂ©cision, participation et transparence, analyse multicritĂšre, mĂ©thode structurĂ©e avec gouvernance et protocole prĂ©cis.
  • Le CIMAP est créé par le dĂ©cret n° 2012-1199 du 30 octobre 2012 et dĂ©cide/arbitre les programmes de rĂ©formes en vĂ©rifiant l’efficience et le respect des engagements budgĂ©taires.
  • Action publique 2022 (2017) mobilise un fonds dĂ©diĂ© de 700 M€ sur 5 ans (200 M€ dĂšs 2018) et vise notamment 100% de services publics dĂ©matĂ©rialisĂ©s d’ici 2022 et une baisse des dĂ©penses publiques de –3 points de PIB d’ici 2022.

Astuce mémo

LOLF = 894 indicateurs mais seulement 18% sur la qualitĂ© (pensĂ©e “chiffres” plutĂŽt que “qualitĂ©â€).

7. Institutionnalisation de l’évaluation en France

Notions clés & Définitions

  • Observatoire des finances locales : L’observatoire est une structure d’expertise instituĂ©e pour mieux connaĂźtre les politiques menĂ©es par les collectivitĂ©s et produire des analyses et Ă©valuations Ă  partir de donnĂ©es consolidĂ©es.
  • Observatoire des finances et de la gestion publique locales : L’observatoire est la version rĂ©formĂ©e issue de la loi NOTRe, dotĂ©e d’une gouvernance Ă©largie et chargĂ©e de collecte de donnĂ©es, d’études pluriannuelles et d’évaluations de politiques locales.
  • Direction interministĂ©rielle de la transformation publique : La DITP est une direction créée pour piloter la transformation publique au niveau interministĂ©riel sous l’autoritĂ© du ministre de la rĂ©forme de l’État.
  • Chambres rĂ©gionales des comptes (CRC) : Les CRC sont des juridictions financiĂšres qui se voient confier l’évaluation de politiques publiques territoriales Ă  la suite de la loi 3DS et de ses dĂ©crets d’application.

Points essentiels

  • La loi du 7 aoĂ»t 2015 (loi NOTRe) a créé l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales, installĂ© le 18 octobre 2016 pour renforcer le dialogue État-collectivitĂ©s via des donnĂ©es et Ă©valuations.
  • Action Publique 2022 a Ă©tĂ© lancĂ© le 13 octobre 2017 pour 21 politiques publiques, avec un objectif de baisse des dĂ©penses publiques de –3 points de PIB d’ici 2022 et un fonds de 700 M€ sur 5 ans dont 200 M€ dĂšs 2018.
  • Les dĂ©crets du 20 novembre 2017 ont transformĂ© l’architecture de pilotage de la modernisation en crĂ©ant notamment la DITP et la DINSIC et en instituant un comitĂ© interministĂ©riel de la transformation publique.
  • La loi n°2022-217 dite loi 3DS a confiĂ© aux chambres rĂ©gionales des comptes l’évaluation des politiques publiques territoriales, prĂ©cisĂ©e par le dĂ©cret n°2022-1549 du 8 dĂ©cembre 2022.
  • Les CRC peuvent ĂȘtre saisies soit Ă  l’initiative de la chambre, soit par le prĂ©sident du conseil rĂ©gional, du conseil dĂ©partemental ou du conseil mĂ©tropolitain, avec des piĂšces jointes dĂ©taillant publics, effets attendus et donnĂ©es disponibles.
  • En 2020, le Conseil d’État indiquait que l’institutionnalisation de l’évaluation a progressĂ© mais reste incomplĂšte dans ses pratiques et son appropriation par dĂ©cideurs publics et citoyens.

Astuce mémo

NOTRe → Observatoire (installation 18/10/2016) ; 2017 → Action Publique 2022 (lancement 13/10/2017, –3 pts PIB d’ici 2022).

8. MĂ©thodes d’évaluation des politiques

Notions clés & Définitions

  • Évaluation externe : Une Ă©valuation externe est menĂ©e par des experts extĂ©rieurs Ă  l’organisme Ă©valuĂ©, choisis pour leurs compĂ©tences et recrutĂ©s via des instances habilitĂ©es.
  • Évaluation interne : Une Ă©valuation interne est rĂ©alisĂ©e par les services de l’organisme, en assurant conduite ou suivi administratif et financier, avec transmission aux autoritĂ©s compĂ©tentes.
  • AutoĂ©valuation : Une autoĂ©valuation est une Ă©valuation conduite par les responsables directement impliquĂ©s dans la conception et la mise en Ɠuvre de l’action Ă©valuĂ©e.
  • Évaluation participative : Une Ă©valuation participative est coproduite avec des parties prenantes, selon leur diversitĂ© et leur degrĂ© d’implication dans les phases du processus d’évaluation.
  • MaĂźtre d’Ɠuvre d’évaluation : Le maĂźtre d’Ɠuvre est le chargĂ© d’évaluation (opĂ©rateur) recrutĂ© par mandat, qui collecte et analyse les donnĂ©es puis prĂ©sente les rĂ©sultats au comitĂ© de pilotage.

Points essentiels

  • Une Ă©valuation externe privilĂ©gie l’indĂ©pendance et un regard plus impartial, tandis qu’une Ă©valuation interne facilite l’appropriation de la culture d’évaluation au sein des agents.
  • Une Ă©valuation participative peut ĂȘtre co-produite, pluraliste ou Ă©mancipatrice selon le nombre d’acteurs impliquĂ©s et le nombre d’étapes de l’évaluation auxquelles ils participent.
  • Dans le processus, le commanditaire lance et organise l’évaluation, le comitĂ© de pilotage construit le rĂ©fĂ©rentiel, le maĂźtre d’Ɠuvre rĂ©alise l’enquĂȘte puis prĂ©sente un jugement et des recommandations au comitĂ©.
  • Le mandat d’évaluation confie officiellement la responsabilitĂ© de l’évaluation Ă  l’opĂ©rateur, le cahier des charges encadre les livrables et engagements, et le rapport formalise les conclusions de l’évaluation.
  • Les mĂ©thodes quantitatives s’appuient surtout sur des indicateurs et des donnĂ©es chiffrĂ©es pour dĂ©crire, tester des relations et parfois estimer des causalitĂ©s, tandis que les mĂ©thodes qualitatives reposent davantage sur des investigations de terrain (entretiens et analyse d’acteurs).
  • Parmi les approches Ă©conomiques et gestionnaires, le SIG sert Ă  collecter et exploiter des donnĂ©es avec mise Ă  jour, tandis que d’autres modĂšles (input-output, macroĂ©conomiques) visent Ă  analyser les impacts via des modĂ©lisations des relations Ă©conomiques.

9. Évaluation d’impact et Ă©conomĂ©trie

Notions clés & Définitions

  • Contrefactuel : L’évaluation d’impact compare ce qui se passe avec la politique Ă  ce qui se serait produit sans la politique pour identifier ses effets.
  • RĂ©gression par discontinuitĂ© : La rĂ©gression par discontinuitĂ© estime l’effet en comparant des individus proches d’un seuil de participation, supposĂ©s comparables hors traitement.
  • DiffĂ©rences de diffĂ©rences : Les diffĂ©rences de diffĂ©rences mesurent l’effet causal en soustrayant l’évolution des non-traitĂ©s Ă  l’évolution des traitĂ©s aprĂšs la mise en place.
  • Variables instrumentales : Les variables instrumentales corrigent les biais d’auto-sĂ©lection en utilisant une variable liĂ©e au traitement mais supposĂ©e non corrĂ©lĂ©e aux facteurs brouillant l’effet.
  • RĂ©gression par quantiles : La rĂ©gression par quantiles estime un impact pour diffĂ©rents morceaux de la distribution, afin d’éviter de ne conclure qu’à partir d’un effet moyen.

Points essentiels

  • En expĂ©rimentation alĂ©atoire, des individus sont rĂ©partis au hasard entre groupe de traitement et groupe de contrĂŽle, ce qui rĂ©duit les biais de sĂ©lection mais peut crĂ©er des effets Hawthorne et soulĂšve des questions Ă©thiques temporaires.
  • La rĂ©gression par discontinuitĂ© suppose que des individus juste au-dessus et juste au-dessous du seuil seraient comparables en l’absence du programme, et que l’évaluation ne modifie pas les comportements autour du seuil.
  • Les diffĂ©rences de diffĂ©rences Ă©liminent deux biais en calculant (Ă©volution des traitĂ©s aprĂšs-aprĂšs) moins (Ă©volution des non-traitĂ©s aprĂšs-avant), car les groupes ne sont pas choisis alĂ©atoirement.
  • Les variables instrumentales cherchent un « instrument » mesurable, non corrĂ©lĂ© aux facteurs de brouillage, pour identifier l’effet malgrĂ© l’auto-sĂ©lection des participants.
  • La rĂ©gression par quantiles permet d’estimer l’impact selon les catĂ©gories de la population (par exemple hauts vs bas revenus) plutĂŽt que sur une seule moyenne.

Astuce mémo

DD = (traitĂ©s aprĂšs − traitĂ©s avant) − (contrĂŽles aprĂšs − contrĂŽles avant).

10. Analyses économiques des politiques

Notions clés & Définitions

  • ChaĂźne inputs-outputs-rĂ©sultats-impact : La chaĂźne relie les ressources mobilisĂ©es (inputs) aux productions (outputs), puis aux effets attendus (rĂ©sultats) et enfin aux impacts globaux observables dans l’économie.
  • SystĂšme d’information stratĂ©gique SIG : Le SIG dĂ©signe un systĂšme de collecte et de mise Ă  jour de donnĂ©es utilisĂ© pour analyser et prĂ©senter l’information pour guider l’action publique sur un espace ou un territoire.
  • Shift-share : Le shift-share est une approche plutĂŽt top-down qui estime ce qui se serait produit sans l’action publique Ă  partir d’une comparaison territoriale.
  • Analyse coĂ»t-bĂ©nĂ©fice ACB : L’ACB est une mĂ©thode qui compare, sur plusieurs horizons, l’ensemble des coĂ»ts et des bĂ©nĂ©fices d’une action en calculant un bĂ©nĂ©fice net et parfois un TRI.

Points essentiels

  • La littĂ©rature converge vers une logique d’évaluation qui vise simultanĂ©ment la pertinence, l’efficacitĂ© et l’efficience, et qui cherche aussi la cohĂ©rence d’ensemble quand plusieurs actions visent les mĂȘmes impacts.
  • Les deux premiers critĂšres s’inscrivent plutĂŽt dans une logique d’évaluation ex ante, tandis que les quatre suivants relĂšvent davantage d’une dĂ©marche ex post.
  • Une analyse coĂ»t-bĂ©nĂ©fice calcule un bĂ©nĂ©fice net Ă©gal Ă  la diffĂ©rence entre bĂ©nĂ©fices et coĂ»ts, en tenant compte d’un scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence et d’une actualisation lorsque la pĂ©riode est longue (5 ou 10 ans).
  • Dans un ACB, les bĂ©nĂ©fices couvrent des effets directs et indirects, y compris des externalitĂ©s, et les coĂ»ts incluent l’investissement initial ainsi que les dĂ©penses de fonctionnement et d’entretien.
  • Le modĂšle input-output formalise les liaisons entre ressources et emplois dans une matrice pour estimer des impacts sectoriels des politiques publiques.
  • Le caractĂšre « toutes choses Ă©gales par ailleurs » renvoie Ă  l’idĂ©e de mesurer des effets causaux en contrĂŽlant autant que possible les autres facteurs influençant la variable d’intĂ©rĂȘt.

Astuce mémo

ACB : on compare BB−CC (bĂ©nĂ©fices/coĂ»ts), on actualise sur 5-10 ans, et le TRI est le taux qui rend B=CB=C.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1974AprÚs les crises pétroliÚres, nécessité de mieux gérer les finances publiques et de remettre en cause le modÚle bureaucratique
1er aout 2001Promulgation de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) consacrant une démarche de performance
18 octobre 2016Installation de l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (loi NOTRe)
30 octobre 2012Création du CIMAP par le décret n° 2012-1199 du 30 octobre 2012
13 octobre 2017Lancement d’Action Publique 2022
8 dĂ©cembre 2022PrĂ©cision par le dĂ©cret n° 2022-1549 du 8 dĂ©cembre 2022 du rĂŽle des chambres rĂ©gionales des comptes dans l’évaluation (loi 3DS)

Tableaux de synthĂšse

ContrÎle, audit et évaluation

ObjetNormes de référenceConséquences
ContrÎleVérifier la conformité à la réglementationSanctionner un écart (poursuites, sanctions)
AuditRĂ©duire les risquesAlerter (recommandations, rappels Ă  l’ordre)
ÉvaluationOptimiser les effets-besoins / expliquer les Ă©carts entre effets attendus et atteintsAider Ă  la dĂ©cision (stratĂ©gique ou opĂ©rationnelle)

TemporalitĂ© de l’évaluation

MomentCaractérisationObjectif
ex anteAvant la mise en Ɠuvre d’une intervention publiqueÉtude prospective de la faisabilitĂ© et de l’impact attendu
in itinerePendant la mise en Ɠuvre (chemin faisant)VĂ©rifier que les objectifs restent atteints et recadrer si nĂ©cessaire
ex postAprĂšs l’achĂšvement de l’action publiqueMesurer les rĂ©sultats et apprĂ©cier les effets/impacts par rapport aux objectifs

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre outputs et outcomes : outputs = rĂ©alisations Ă  Ă©valuer surtout sur l’offre fournie, outcomes = effets/impacts plus longs et plus difficiles Ă  isoler.
  2. Croire que l’évaluation se rĂ©duit Ă  “comparer des rĂ©sultats Ă  des objectifs” : le cours insiste sur la nĂ©cessitĂ© de juger la valeur, dans un cadre de valeurs et un contexte complexe.
  3. MĂ©langer contrĂŽle/audit/Ă©valuation : le contrĂŽle vĂ©rifie la conformitĂ© Ă  une norme, l’audit vise la qualitĂ© des processus selon un rĂ©fĂ©rentiel, l’évaluation vise la valeur/effets et l’aide Ă  la dĂ©cision.
  4. Assimiler ex ante Ă  “juste des indicateurs” : l’ex ante est une Ă©tude prospective de faisabilitĂ© et d’impact attendu, pas un simple suivi quantitatif.
  5. DĂ©duire l’efficacitĂ© directement de la quantitĂ© d’indicateurs LOLF : le cours souligne “course aux chiffres” et un usage limitĂ© quand seuls une minoritĂ© mesure la qualitĂ© de service.
  6. Inverser les usages de l’évaluation : une utilisation instrumentale modifie rĂ©ellement la politique, l’utilisation symbolique sert Ă  justifier une position prĂ©existante sans changer la dĂ©cision.
  7. Croire que DD suffit Ă  prouver une causalitĂ© sans hypothĂšses : les diffĂ©rences de diffĂ©rences cherchent Ă  corriger des biais mais reposent sur l’idĂ©e de contrĂŽle des Ă©volutions contrefactuelles (traitĂ©s vs contrĂŽles non alĂ©atoirement choisis).

Checklist Examen

  1. DĂ©finir une politique publique et distinguer “ce que le gouvernement choisit de faire ou de ne pas faire” des dĂ©cisions d’autres acteurs.
  2. Expliquer le passage de la culture de moyens à la culture de résultats et relier outputs (réalisations) et outcomes/impacts (effets).
  3. DĂ©finir l’évaluation et distinguer l’évaluation du contrĂŽle, du pilotage par indicateurs et de l’audit.
  4. Citer et distinguer les finalitĂ©s/usages de l’évaluation : symbolique, conceptuelle, instrumentale (avec exemples comme lĂ©gitimer vs rĂ©affecter aprĂšs mauvaise performance).
  5. Savoir présenter les évaluations ex ante, in itinere et ex post, et associer chaque temporalité à la logique de jugement correspondante.
  6. MaĂźtriser l’articulation LOLF : PAP puis RAP, architecture missions/programmes/actions et logique d’objectifs mesurĂ©s par indicateurs.
  7. Restituer les enchaĂźnements institutionnels de la performance et de l’évaluation en France : LOLF (2001, dĂ©ploiement), RGPP (2007), MAP (2012-2013) et Action publique 2022 (13 octobre 2017).
  8. Expliquer l’institutionnalisation via les acteurs : CNE (14 membres, programme d’évaluations et avis), Observatoire NOTRe (installation 18 octobre 2016) et rĂŽle des CRC (loi 3DS et dĂ©cret 8 dĂ©cembre 2022).
  9. Distinguer Ă©valuation externe, interne et autoĂ©valuation, et dĂ©crire le rĂŽle des instances (commanditaire, comitĂ© de pilotage, maĂźtre d’Ɠuvre).
  10. Exposer les logiques d’évaluation d’impact en Ă©conomĂ©trie : contrefactuel et diffĂ©renciation au sein de mĂ©thodes (RDD, DD, variables instrumentales, quantiles).
  11. Savoir décrire une analyse économique : ACB (bénéfice net, actualisation, TRI) et rappeler ce que comparent coûts/bénéfices (y compris externalités).

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1. Dans la gestion publique, que désigne la culture de résultats ?

2. Quelle diffĂ©rence distingue le mieux les outputs des outcomes dans l’évaluation d’une politique publique ?

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Culture de moyens — dĂ©finition ?

Focalisation sur l’utilisation des ressources

Culture de rĂ©sultats — rĂŽle ?

Évaluer ce que l’action publique atteint

Outputs publics — qu’est-ce ?

Réalisations ou produits fournis par une politique

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