📋 Plan du Cours
- Ressources en eau et usages industriels
- Critères de traitabilité et pollution
- Effluents industriels selon leur composition
- Pollution et charges des tanneries
- Oxydation chimique au chlore
- Réduction du chrome et précipitation
- Déshuilage et flottation
- Coagulation-floculation et coagulants
- Décantation et traitement des boues
- Traitement biologique du carbone, azote et phosphore
- MES, turbidité et matières volatiles
- DCO et DBO
📖 1. Ressources en eau et usages industriels
🔑 Notions clés & Définitions
- Eau souterraine : Réservoir d’eau stockée sous la surface, mobilisée par prélèvements et associée à l’infiltration vers les nappes.
- Prélèvements d’eau (2021) : Volume total prélevé en France sur l’ensemble des usages, présenté ici pour l’année 2021 comme valeur de référence.
- Qualité d’eau adaptée à l’usage : Principe selon lequel chaque activité industrielle exige une qualité spécifique, allant d’une eau industrielle simple à l’eau ultrapure.
- Eaux de procédés : Eaux utilisées pendant ou autour de la fabrication pour des fonctions comme le refroidissement, le lavage ou le transfert de matières.
- Réutilisation d’eaux traitées : Recours aux eaux issues du traitement des eaux usées, utilisé comme ressource pour certaines activités afin de limiter les prélèvements.
📝 Points essentiels
- Les stocks d’eau en France sont estimés à 2000 milliards de m3 pour les eaux souterraines et 108 milliards de m3 pour les lacs.
- Les flux annuels incluent des rivières transfrontalières (11 milliards de m3/an) et une pluie annuelle (480 milliards de m3), avec 65% évaporation/évapotranspiration.
- Le ruissellement représente 15% (eau de surface) et l’infiltration 20% (eau souterraine), ce qui relie la disponibilité aux transformations du cycle hydrologique.
- Le volume total d’eau prélevé en 2021 en France est donné à 35,3 milliards de m3.
- Pour l’industrie, les besoins sont répartis avant procédé (préservation, lavage, stockage, transport) et pendant/après (solvant de réactions, fluides de coupe, lavage produits, circuits de refroidissement).
💡 Astuce mémo
Amont = préparer (préservation/lavage/stockage/transport) ; Procédé = produire (réactions/coupe/refroidir) ; Aval = finir (lavage des produits/gaz) et circuits de service.
📖 2. Critères de traitabilité et pollution
🔑 Notions clés & Définitions
- Traitabilité des polluants : Critères permettant de prévoir comment un polluant pourra être éliminé ou transformé pendant le traitement de l’effluent.
- Taille des molécules : Un critère de traitabilité lié à la taille des molécules, qui influence leur comportement en séparation et en dégradation.
- Solubilité dans l’eau : Un critère de traitabilité qui indique la fraction dissoute d’un composé et conditionne sa disponibilité pour les procédés de traitement.
- Écotoxicité et toxicité humaine : Un critère de traitabilité qui décrit le risque biologique d’un polluant pour les organismes et pour la santé via l’eau.
- Biodegradabilité et volatilité : Des critères de traitabilité qui indiquent si un composé peut être dégradé par voie biologique ou s’il peut s’évaporer pendant le traitement.
📝 Points essentiels
- La traitabilité dépend notamment de la taille des molécules et de leur solubilité dans l’eau ainsi que de paramètres comme l’écotoxicité et la toxicité humaine.
- Les composés biodégradables et les composés peu biodégradables ne se traitent pas pareil, et la volatilité et l’adsorbabilité peuvent aussi guider le choix du procédé.
- La pollution particulaire provoque une sédimentation et une turbidité accrue, en réduisant la transparence et en consommant de l’oxygène dissous via la fraction VSS.
- La pollution organique (caractérisée par COD et BOD5 dans le cours) dégrade l’oxygène dissous et détériore la qualité de la ressource d’eau utilisée pour la boisson.
- La pollution azotée entraîne notamment la nitrification et peut favoriser l’eutrophisation, tandis que la pollution phosphorée contribue aussi à l’eutrophisation.
- Les micropolluants peuvent causer une toxicité aiguë ou chronique (dont des effets CMR et perturbateurs endocriniens) et une bioaccumulation dans la chaîne trophique.
💡 Astuce mémo
TSA-V-A-T : Taille, Solubilité, Écotoxicité/Toxicité humaine, Biodegradabilité, Volatilité, Adsorbabilité (pour prévoir l’élimination).
📖 3. Effluents industriels selon leur composition
🔑 Notions clés & Définitions
- Pollution particulaire : La pollution particulaire regroupe les solides en suspension, qui peuvent être minéraux, organiques et aussi se distinguer par leur aptitude à se déposer.
- Pollution azotée : La pollution azotée correspond aux formes de l’azote dans l’effluent, pouvant être ammonium, nitrite, nitrate ou azote organique réduit et oxydé.
- Pollution phosphorée : La pollution phosphorée provient du phosphore inorganique sous formes orthophosphates et polyphosphates, ainsi que de composés organo-phosphorés.
- Pollution organique : La pollution organique regroupe la matière organique dissoute ou particulaire, caractérisée notamment par sa biodégradabilité et sa quantité de carbone organique.
- Effluent majoritairement organique : Un effluent majoritairement organique contient surtout des solides et composés organiques biodégradables, avec des éléments C/N/P généralement dans des proportions favorables.
📝 Points essentiels
- La pollution particulaire se caractérise par les matières en suspension totales (TSS), la nature minérale ou organique, et des indications de taille et de fraction (TSS/colloïdes, puis particules déposé/sans dépôt).
- La pollution organique est reliée à la demande en oxygène : la biodégradation biologique consomme l’oxygène via la BOD5, tandis que l’oxydation chimique consomme via la DCO.
- Pour des composés très biodégradables, on a BOD5 ≈ BOD ultimate ≈ DCO et, pour une pollution organique urbaine, BOD5 ≈ 0,7 à 0,8 fois BOD ultimate avec un rapport DCO/BOD5 ≈ 2,0 à 2,4.
- Pour des effluents industriels, un rapport DCO/BOD5 ≈ 1,5 à 2 indique une pollution très biodégradable, alors que DCO/BOD5 > 3 à 4 traduit une biodégradabilité faible, voire une toxicité pour les bactéries.
- Les effluents majoritairement inorganiques présentent surtout des solides en suspension et des sels dissous (TDS) avec une biodégradabilité faible, et peuvent contenir des substances toxiques ou inhibitrices.
- Les effluents mixtes sont des mélanges hétérogènes issus d’activités comme textile/bois/papier/pétrochimie/pharmacie, avec des solides en suspension et des hydrocarbures dissous, émulsionnés ou en films formants.
📖 4. Pollution et charges des tanneries
🔑 Notions clés & Définitions
- Micropollution organique ou inorganique : La micropollution rassemble des contaminants à effets toxiques immédiats ou durables, pouvant aussi s’accumuler dans la chaîne trophique et dégrader l’eau destinée à la boisson.
- Charges spécifiques de tannerie : Les tanneries génèrent des effluents très contrastés selon l’étape, avec des niveaux élevés de matière organique et particulaire, de sulfures alcalins ou de chrome acide.
📝 Points essentiels
- La pollution azotée peut déclencher une eutrophisation et une nitrification qui consomme l’oxygène dissous, avec une toxicité pour NH3 et NO2-.
- La micropollution peut causer une mortalité à court terme, des effets chroniques de type CMR et des perturbateurs endocriniens à long terme, ainsi qu’une bioaccumulation dans la chaîne trophique.
- La micropollution peut aussi contribuer au développement de résistances aux antibiotiques et réduire la qualité de la ressource utilisée pour produire de l’eau potable.
- Les effluents de tannerie proviennent notamment du trempage (matière organique, MES, graisses, sels dissous), du délainage-chaux (sulfures élevés, pH basique) et du tannage-repiquage (chrome élevé, pH acide).
- Séparer la collecte et traiter des effluents spécifiques avant mélange permet de mieux viser les objectifs de rejet : supprimer la matière organique (BOD5, COD), les nutriments (N), les MES (SS) et le chrome pour respecter les normes de déversement.
💡 Astuce mémo
Azote = oxygène : nitrification consomme O2, puis toxicité NH3/NO2- ; Phosphore = nutriments = eutrophisation.
📖 5. Oxydation chimique au chlore
🔑 Notions clés & Définitions
- Chlore Cl2 : Le chlore est un gaz jaune très soluble dans l’eau qui s’hydrolyse rapidement pour former de l’acide hypochloreux (HOCl).
- Acide hypochloreux HOCl : L’acide hypochloreux est un faible acide qui se dissocie dans l’eau en ion hypochlorite ClO- selon l’équilibre acido-basique.
- Ion hypochlorite ClO- : L’ion hypochlorite est la forme conjuguée de HOCl et devient prépondérant quand le pH augmente.
- Chloramines NH2Cl : Les chloramines sont des espèces azotées formées quand le chlore réagit rapidement avec l’ammoniac en solution.
📝 Points essentiels
- Le chlore s’hydrolyse dans l’eau : Cl2+H2O→HOCl+Cl−+H+, ce qui gouverne ensuite l’oxydation et la désinfection.
- HOCl est un faible acide dont le pKa vaut 7,5 à 25°C, et sa dissociation détermine la proportion HOCl/ClO- en fonction du pH.
- Avec les composés organiques, le chlore peut produire des composés plus oxydés et aussi des organohalogénés (TOX, AOX).
- Avec les composés inorganiques, le chlore réagit rapidement avec l’ammoniac pour former des chloramines (NH2Cl, NHCl2, NCl3).
- L’injection du chlore gaz se fait par dosage contrôlé après dissolution via un hydro-éjecteur, avec régulation selon le chlore résiduel en aval.
💡 Astuce mémo
HOCl vs pH : pH bas → HOCl (plus actif), pH élevé → ClO- (plus basique).
📖 6. Réduction du chrome et précipitation
🔑 Notions clés & Définitions
- Chromium CrVI : Le chrome sous forme CrVI correspond à des espèces très solubles en milieu aqueux qui doivent être transformées avant l’élimination.
- Chromium CrIII : Le chrome sous forme CrIII est la forme moins mobile qui peut être rendue insoluble par précipitation en conditions alcalines.
- Réduction CrVI vers CrIII : La réduction du CrVI est une étape chimique où un réducteur convertit le CrVI en CrIII en milieu acide sous contrôle redox.
- Précipitation de Cr(OH)3 : La précipitation de Cr(OH)3 consiste à rendre le CrIII insoluble en milieu alcalin sous forme solide récupérable par séparation liquide-solide.
📝 Points essentiels
- Le procédé d’élimination du chrome comporte 1) une réduction du CrVI en CrIII par un réducteur (sodium bisulfite) en milieu acide puis 2) une précipitation du CrIII en Cr(OH)3 en milieu alcalin.
- La forme CrVI est principalement associée à HCrO4- et CrO42-, alors que le CrIII se retrouve sous des formes comme Cr3+ et Cr(OH)2+ puis Cr(OH)3(s).
- La réduction par sodium bisulfite est le procédé le plus largement utilisé pour convertir le CrVI en CrIII.
- Les conditions opératoires indiquées pour la réduction au bisulfite sont pH 2.2–2.5, un temps de contact de 30 minutes et un point redox réglé entre 250 et 200 mV.
- La solubilité de Cr(OH)3 présente un minimum entre pH 8 et 10 avec une concentration de CrIII inférieure à 10 μg/L (25 °C).
- Le pH critique pour le procédé à base de bisulfite est 3.5, avec une cinétique quasi instantanée vers pH 2.2 et environ 25 minutes vers pH 3.
💡 Astuce mémo
2 étapes : Acide = Bisulfite casse CrVI en CrIII, Base = Cr(OH)3 tombe (pH 8–10).
📖 7. Déshuilage et flottation
🔑 Notions clés & Définitions
- Emulsion huileuse : Une émulsion huileuse est un mélange d’huile finement dispersée dans l’eau sous forme de micro-gouttelettes.
- Coalescence des micro-gouttelettes : La coalescence est la fusion de micro-gouttelettes d’huile entre elles pour former des gouttes plus grosses qui remontent plus facilement.
- Flottation naturelle : La flottation naturelle sépare les phases sans ajout de réactif, les microbulles n’étant pas produites volontairement par le procédé.
- Flottation induite : La flottation induite utilise des bulles produites par injection pour accroître la séparation des particules et des phases flottantes.
- Flottation à air dissous : La flottation à air dissous (DAF) produit des microbulles en relâchant une eau préalablement pressurisée, afin d’attacher des bulles aux particules.
📝 Points essentiels
- Le déshuilage vise la récupération de l’huile présente sous forme d’émulsion en provoquant la séparation liquide-liquide par filtration ou flottation.
- En filtre de déshuilage, l’huile est retenue dans un milieu puis les micro-gouttelettes coalescent et migrent vers le haut pour récupération continue.
- La flottation naturelle peut se faire sans ajout de réactif ou d’air et sert d’exemple de déshuilage.
- La flottation induite par bulles d’air utilise des bulles fines (quelques centaines de μm à 1 mm) ou moyennes (2 à 4 mm) et la turbulence aide pour séparer les particules lourdes agglomérées aux graisses.
- La flottation DAF augmente la vitesse de remontée en attachant des microbulles aux particules et permet la récupération de la matière en surface.
💡 Astuce mémo
DAF = pression puis relâchement : bulles créées in situ et “accrochage” aux particules pour faire remonter vers la surface.
📖 8. Coagulation-floculation et coagulants
🔑 Notions clés & Définitions
- Électrocoagulation : Procédé de coagulation-floculation réalisé sous champ électrique entre deux électrodes pour produire des ions coagulants et favoriser l’agglomération.
- Anode sacrificielle : Électrode consommée (Fe ou Al) qui libère des ions métalliques dans l’effluent afin de déclencher les mécanismes de coagulation-floculation.
- Ions Fe3+ et Al3+ : Espèces métalliques dissoutes qui initient la coagulation-floculation en formant ensuite des hydroxydes responsables de l’entraînement des particules.
- Microbulles par électrolyse : Bulles formées lors de l’électrolyse de l’eau, qui peuvent contribuer à une séparation liquide–solide par flottation.
- Flottation par flottants : Séparation par remontée des particules lorsque les microbulles se fixent aux flocs, avec une efficacité dépendante de la nature de l’effluent.
📝 Points essentiels
- L’électrocoagulation nécessite une conductivité suffisante de l’effluent pour permettre le passage du courant entre les électrodes.
- Avec une anode en aluminium, la dissolution produit des espèces qui mènent à la formation d’Al(OH)3 à partir de Al3+ et de OH−.
- Avec une anode en fer, la dissolution génère des intermédiaires qui conduisent à la formation de Fe(OH)3 à partir de Fe3+ et de OH−.
- La cathode réduit l’eau en générant du H2 et des OH−, ce qui fournit les conditions de précipitation des hydroxydes.
- L’électrolyse produit des microbulles, rendant possible une séparation par flottation selon la composition de l’effluent.
- La flottation n’est pas recommandée si l’effluent présente une mousse de surface, car elle peut gêner l’opération.
💡 Astuce mémo
Fe/Al en anode = flocs : Fe → Fe(OH)3, Al → Al(OH)3 ; la cathode fabrique H2 + OH−, et les microbulles peuvent faire flotter.
📖 9. Décantation et traitement des boues
🔑 Notions clés & Définitions
- Clarificateur secondaire : Le clarificateur secondaire est le bassin de décantation qui sépare la biomasse (boues) de l’eau traitée après le réacteur biologique.
- Recirculation des boues : La recirculation des boues renvoie une partie de la biomasse décantée vers le réacteur afin de maintenir une concentration de boues élevée.
- Épaississement des boues : L’épaississement des boues augmente la concentration de solides avant les étapes suivantes de traitement en réduisant la teneur en eau.
- Déshydratation sur filtre-presse : La déshydratation sur filtre-presse vise à réduire fortement la teneur en eau des boues à l’aide d’un pressage sous forme de gâteau.
- Lit de séchage : Le lit de séchage permet de poursuivre l’évacuation de l’eau des boues avant stockage ou valorisation.
📝 Points essentiels
- Après l’aération du procédé à boues activées, la décantation dans un clarificateur sépare boues et eau traitée, puis une partie des boues est renvoyée au réacteur.
- Les étapes de traitement des boues comprennent successivement l’épaississement, la déshydratation (notamment par filtre-presse à plateaux) puis un séchage sur lit pour compléter la réduction d’eau.
- La conduite en décantation conditionne la disponibilité de boues pour la recirculation, ce qui maintient la concentration biologique nécessaire dans le réacteur.
💡 Astuce mémo
Clarifier = Séparer, puis Boues = Épaissir → Filtrer → Sécher.
📖 10. Traitement biologique du carbone, azote et phosphore
🔑 Notions clés & Définitions
- Lagunage naturel : Le lagunage naturel est un traitement par bassins où l’aération et l’activité biologique proviennent surtout du vent, des échanges naturels et de la photosynthèse.
- Lagunage aéré : Le lagunage aéré est un lagunage intensifié grâce au brassage et à une aération artificielle pour renforcer l’activité aérobie.
- Réacteur biologique séquentiel : Le réacteur biologique séquentiel (SBR) est un procédé en un seul bassin où les phases sont réalisées successivement pour traiter l’effluent.
- Biofiltre aéré : Le biofiltre aéré est un lit biologique immergé où l’aération permet d’éliminer la pollution carbonée et de réaliser la nitrification.
- UASB : L’UASB est un procédé anaérobie à lit de boues granuleuses où l’effluent remonte et sélectionne des micro-organismes formant des granules.
📝 Points essentiels
- Le lagunage aéré utilise un dispositif de mélange ou une aération mécanique (fixe ou flottante) ou par insufflation d’air pour augmenter l’activité aérobie.
- Le SBR combine des phases aérobie, anoxie puis décantation dans un même réacteur grâce à une alimentation séquentielle.
- Le biofiltre aéré vise l’élimination de la pollution carbonée et la nitrification, tandis que la version non aérée est orientée vers la dénitrification.
- Dans l’UASB, les granules formées permettent un bon décantage et la production de biogaz riche en méthane.
- Dans l’UASB, la maturation du lit de boues se fait après environ 3 mois avant d’obtenir des granules bien formées.
- Le lagunage naturel comme aéré sont surtout adaptés aux petites installations car ils nécessitent une grande surface au sol.
📖 11. MES, turbidité et matières volatiles
🔑 Notions clés & Définitions
- Matières en suspension MES : Les matières en suspension correspondent aux particules présentes dans un échantillon, retenues par filtration et séchées selon la méthode de référence.
- Matières volatiles en suspension VSS : Les matières volatiles en suspension représentent la fraction organique des matières en suspension, déduite par chauffage à 105°C puis 525°C.
- Turbidité : La turbidité quantifie la diffusion de la lumière par les particules en suspension dans l’eau, mesurée par néphélométrie.
- NTU et FNU : Les unités NTU et FNU expriment la turbidité en néphélométrie, en s’appuyant sur des étalons à base de formazine.
📝 Points essentiels
- Le dosage des MES par filtration retient les solides sur filtre en fibres de verre puis calcule TSS = (m1 − m0)/V en mg/L après séchage à 105°C.
- La fraction VSS se calcule après chauffage : VSS = (m1 − m2)/V en mg/L, avec séchage à 105°C puis chauffage à 525°C pendant 2 h.
- La méthode turbidimétrique mesure la lumière diffusée latéralement à 90° par rapport à la lumière incidente, avec une longueur d’onde l > 800 nm.
- La turbidité est comparée à des standards (formazine) et s’exprime en NTU (Nephelometric Turbidity Units) ou FNU (Formazine Nephelometric Units).
💡 Astuce mémo
MES = filtration (105°C) ; VSS = organique des MES = différence après 525°C ; Turbidité = lumière diffusée à 90° (NTU/FNU).
📖 12. DCO et DBO
🔑 Notions clés & Définitions
- Demande chimique en oxygène : La DCO correspond à la quantité d’oxygène consommée par les substances réductrices présentes dans 1 L d’échantillon, oxydables dans les conditions du test.
- Demande biochimique en oxygène 5 jours : La DBO5 représente la quantité d’oxygène consommée en 5 jours par des microorganismes aérobies pour dégrader la fraction biodégradable de l’échantillon.
- DBOn : La DBOn désigne la demande biochimique en oxygène mesurée après n jours, traduisant la consommation d’oxygène nécessaire à la dégradation des composés biodégradables.
📝 Points essentiels
- La DBO5 mesure la consommation d’oxygène pendant la dégradation biologique avec une incubation à 20°C et dans l’obscurité pendant 5 jours.
- La DCO exprime l’oxygène consommé lors d’une oxydation chimique par un oxydant en excès, puis le dosage de l’oxydant restant se fait par réduction via Fe2+.
- Les composés très biodégradables donnent typiquement BOD5 ≈ DBO ultime ≈ DCO, tandis qu’un COD/BOD5 élevé indique une biodégradabilité faible ou des substances inhibitrices.
- Pour des eaux urbaines, on observe en général COD/BOD5 ≈ 2,0 à 2,4 et une pollution biodégradable associée à un ordre de grandeur de 60 g O2/jour par habitant.
- La DBO5 peut être sous-estimée si les microorganismes d’ensemencement ne sont pas adaptés à l’effluent, et être réduite en présence de substances toxiques inhibant la biodégradation.
💡 Astuce mémo
DCO = Chimique (oxydant fort) ; DBO5 = Biologique (microorganismes, 5 jours).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 2021 | Volume total d’eau prélevé en France (35,3 milliards de m3) |
| 23 octobre 2000 | Directive 2000/60/CE (Directive Cadre sur l’Eau, DCE/WFD) |
| 12 août 2013 | Directive 2013/39/UE (modification des substances prioritaires) |
📊 Tableaux de synthèse
Interpréter le rapport DCO/DCO5 (biodégradabilité)
| Rapport DCO/BOD5 | Interprétation | Conséquence |
|---|
| ≈ 1,5 à 2 | pollution très biodégradable | bonne élimination biologique attendue |
| ≈ 2,0 à 2,4 | eaux urbaines, biodégradabilité associée | pollution biodégradable |
| > 3 à 4 | faible biodégradabilité, voire toxicité | difficulté pour les bactéries |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre DCO (oxydation chimique) et DBO5 (dégradation biologique en 5 jours) et donc utiliser un mauvais indicateur de biodégradabilité.
- Croire que le chlore actif est toujours HOCl : il bascule avec le pH (HOCl vs ClO-), donc l’efficacité change avec la condition acido-basique.
- Mélanger les étapes d’élimination du chrome : la réduction CrVI→CrIII doit se faire en milieu acide avant la précipitation Cr(OH)3 en milieu alcalin.
- Interpréter VSS comme “toutes les matières” : VSS correspond à la fraction organique des MES (différence après chauffage à 525°C).
- Penser que la turbidité mesure uniquement “la quantité” de particules : elle mesure la diffusion de la lumière (NTU/FNU), influencée par les particules en suspension.
- Oublier que l’échantillonnage doit être représentatif : pour un effluent variant dans la journée, un spot unique peut être trompeur sans stratégie (moyenne/composition).
- Confondre nitrification et dénitrification : la première est aérobie et consomme O2 (oxydation NH4+/NH3), la seconde est en anoxie et libère N2.
✅ Checklist Examen
- Citer les ordres de grandeur du cycle d’eau en France (stocks, flux) et le volume total prélevé en 2021, puis relier ruissellement (15%) et infiltration (20%).
- Expliquer comment on adapte la qualité de l’eau industrielle au besoin (eau industrielle, eau de boisson, ultrapure, stérile) et le principe “amont/procédé/aval”.
- Donner les critères de traitabilité (Taille, Solubilité, Écotoxicité/Toxicité humaine, Biodegradabilité, Volatilité, Adsorbabilité) et le mémo TSA‑V‑A‑T.
- Classifier les pollutions par type (particulaire, azotée, phosphorée, organique) et relier organique à BOD5/DCO, azote à nitrification/eutrophisation et micro/noyaux à toxicité/bioaccumulation.
- Expliquer comment une effluents “majoritairement organique”, “majoritairement inorganique” ou “mixte” se caractérise (C/N/P, TSS/TDS, hydrocarbures dissous/émulsionnés/films).
- Pour les tanneries : rappeler les sources (trempage, délainage-chaux, tannage-repiquage) et justifier la séparation/collecte avant mélange pour viser BOD5, COD, N, MES/SS et chrome.
- Décrire l’oxydation au chlore : hydrolyse Cl2→HOCl, rôle du pH via HOCl/ClO-, formation des chloramines avec l’ammoniac, et production/ajustement par dosage avec chlore résiduel.
- Énoncer le procédé chrome : réduction CrVI→CrIII (bisulfite, pH 2,2–2,5, temps 30 min, redox 250–200 mV) puis précipitation Cr(OH)3 (minimum solubilité pH 8–10).
- Expliquer le déshuilage/flottation : coalescence, flottation naturelle vs induite vs DAF (DAF = eau pressurisée puis relâchée), et les tailles de bulles et objectifs.
- Décrire coagulation-floculation : principe (coagulant déstabilise, floculation agrandit), paramètres du jar-test, et l’électrocoagulation (anode sacrificielle Fe/Al, condition conductivité, microbulles).
- Structurer le “primaire/secondaire” : prétraitements, décantation (clarificateur secondaire, recirculation, épaississement/déshydratation) puis traitement biologique (lagunage naturel/aéré, SBR, biofiltre aéré, UASB + maturation ~3 mois).
- Maîtriser l’analyse : MES/TSS via filtration à 105°C, VSS via 525°C, turbidité (90°, formazine NTU/FNU), DBO5 (20°C, obscurité, 5 jours) et DCO (oxydation chimique), et interpréter COD/BOD5 pour la biodégradabilité.
Create your own revision sheets
Import your course and AI generates sheets, quizzes and flashcards in 30 seconds.
Sheet generator