Revision sheet: Structure interne de la Terre et tectonique

Plan du Cours

  1. Structure interne de la Terre
  2. Dérive et tectonique des plaques
  3. Arguments de Wegener
  4. Controverse fixistes/mobilistes
  5. Paléomagnétisme et inversions
  6. Expansion océanique
  7. ModĂšle de tectonique des plaques
  8. Principes fondamentaux

1. Structure interne de la Terre

Notions clés & Définitions

Discontinuité de Mohorovicic
La discontinuitĂ© de Mohorovicic, souvent appelĂ©e "Moho", est une frontiĂšre sismique situĂ©e entre la croĂ»te terrestre et le manteau supĂ©rieur. Elle a Ă©tĂ© dĂ©couverte en 1909 par A. Mohorovicic. Cette discontinuitĂ© se manifeste par un changement brusque de vitesse des ondes sismiques, indiquant une transition dans la composition et la densitĂ© des matĂ©riaux. La discontinuitĂ© de Mohorovicic marque la limite oĂč la vitesse des ondes P et S augmente significativement, traduisant la passage de roches de la croĂ»te Ă  celles du manteau.

Noyau externe
Le noyau externe est une couche liquide située au sein de la Terre, délimitée par la discontinuité de Gutemberg. Sa présence a été mise en évidence en 1914 par G. Gutemberg. Il s'étend approximativement de 2900 km à 5100 km de profondeur. La nature liquide du noyau externe explique l'absence d'ondes S dans cette zone, car celles-ci ne peuvent pas se propager dans un milieu liquide. La détection du noyau externe a été essentielle pour comprendre la structure interne de la Terre.

Noyau interne
Le noyau interne est une couche solide situĂ©e au centre de la Terre, distinguĂ©e du noyau externe en 1936 par I. Lehmann. Il dĂ©bute Ă  environ 5100 km de profondeur et s'Ă©tend jusqu'au centre de la Terre, Ă  environ 6371 km. Sa soliditĂ© est attestĂ©e par la propagation des ondes S dans cette zone, qui ne peuvent pas traverser un liquide. La composition probable du noyau interne est principalement mĂ©tallique, riche en fer et en nickel, et sa tempĂ©rature est extrĂȘmement Ă©levĂ©e.

ModĂšle PREM
Le modĂšle PREM (Preliminary Reference Earth Model), Ă©laborĂ© en 1981 par Dziewonski et Anderson, est un modĂšle sismique synthĂ©tique qui rassemble et synthĂ©tise toutes les donnĂ©es sismiques disponibles pour dĂ©crire la composition, la densitĂ©, la vitesse des ondes et autres propriĂ©tĂ©s physiques des diffĂ©rentes couches terrestres. Il sert de rĂ©fĂ©rence pour l’étude de la structure interne de la Terre, intĂ©grant notamment la discontinuitĂ© de Mohorovicic, la zone Ă  faible vitesse (LVZ), et la distinction entre le manteau supĂ©rieur et infĂ©rieur.

Zone Ă  faible vitesse (LVZ)
La zone à faible vitesse, appelée LVZ, est une région située dans le manteau supérieur, caractérisée par une réduction notable de la vitesse des ondes sismiques. Elle a été mise en évidence par les études sismiques et est souvent associée à une zone partiellement fondu ou déformée, permettant la mobilité des plaques tectoniques. La LVZ joue un rÎle crucial dans la dynamique interne de la Terre, notamment dans la tectonique des plaques.

Manteau supérieur et inférieur
Le manteau terrestre est subdivisĂ© en deux parties principales : le manteau supĂ©rieur et le manteau infĂ©rieur. Le manteau supĂ©rieur s’étend de la discontinuitĂ© de Mohorovicic jusqu’à environ 660 km de profondeur, comprenant la zone Ă  faible vitesse (LVZ). Il est constituĂ© de roches riches en silicates et est en partie ductile, permettant la convection. Le manteau infĂ©rieur, situĂ© sous la LVZ, s’étend jusqu’à la limite avec le noyau externe, Ă  environ 2900 km de profondeur, et est constituĂ© de roches plus denses et plus rigides, avec des propriĂ©tĂ©s physiques diffĂ©rentes.

Points essentiels

La structure interne de la Terre a Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e principalement grĂące aux mĂ©thodes sismiques dĂ©veloppĂ©es au XXĂšme siĂšcle. Ces mĂ©thodes ont permis d’identifier plusieurs discontinuitĂ©s majeures, notamment la discontinuitĂ© de Mohorovicic (Moho), qui marque la transition entre la croĂ»te et le manteau, et la discontinuitĂ© de Gutemberg, qui sĂ©pare le manteau du noyau externe liquide. La distinction entre le noyau externe liquide et le noyau interne solide a Ă©tĂ© Ă©tablie grĂące Ă  l’observation de l’absence d’ondes S dans le noyau externe et de leur prĂ©sence dans le noyau interne. Le modĂšle PREM synthĂ©tise ces donnĂ©es sismiques pour dĂ©crire la composition et les propriĂ©tĂ©s physiques des diffĂ©rentes couches terrestres, intĂ©grant notamment la zone Ă  faible vitesse (LVZ) dans le manteau supĂ©rieur, ainsi que la subdivision du manteau en supĂ©rieur et infĂ©rieur.

À retenir

La structure interne de la Terre, révélée par les méthodes sismiques au XXÚme siÚcle, montre une planÚte stratifiée comprenant la croûte, le manteau, et le noyau, chacun caractérisé par des discontinuités majeures et des propriétés physiques distinctes. Le modÚle PREM synthétise ces données pour offrir une vision cohérente de cette organisation interne.

2. Dérive et tectonique des plaques

Notions clés & Définitions

Dérive des continents
La dĂ©rive des continents est une thĂ©orie proposĂ©e par Alfred Wegener en 1912, selon laquelle les masses continentales ne sont pas fixes mais se dĂ©placent horizontalement Ă  la surface de la Terre. Wegener soutenait que ces mouvements expliquaient la configuration actuelle des continents, leur rapprochement ou leur Ă©loignement, ainsi que la formation de chaĂźnes de montagnes et d’üles ocĂ©aniques.

Sial
Le sial dĂ©signe une composante de la croĂ»te terrestre, principalement composĂ©e de silice et d’aluminium. Selon Eduard Suess (1901), le sial est une couche lĂ©gĂšre, flottant sur la couche de Sima. Sa densitĂ© est d’environ 2,7, ce qui lui confĂšre une relative lĂ©gĂšretĂ© comparĂ©e Ă  la couche infĂ©rieure.

Sima
Le sima est une autre composante de la croĂ»te terrestre, constituĂ©e principalement de silice et de magnĂ©sium. Sa densitĂ© est d’environ 2,9, ce qui le rend plus lourd que le sial. Le sima forme la partie infĂ©rieure de la croĂ»te ocĂ©anique et constitue la base sur laquelle flotte le sial.

Pangée
La PangĂ©e est un supercontinent hypothĂ©tique qui aurait existĂ© il y a environ 200 millions d’annĂ©es. Selon Wegener, cette immense masse continentale unique Ă©tait entourĂ©e d’un ocĂ©an global appelĂ© Panthalassa. La PangĂ©e aurait commencĂ© Ă  se fragmenter durant le CrĂ©tacĂ©, donnant naissance aux continents actuels.

Panthalassa
Le Panthalassa dĂ©signe l’ocĂ©an mondial unique qui entourait la PangĂ©e. Il reprĂ©sentait la vaste Ă©tendue d’eau qui couvrait la majeure partie de la surface terrestre avant la fragmentation de la PangĂ©e.

Mouvement horizontal des continents
Ce mouvement désigne la translation des masses continentales sur la surface de la Terre, contrairement aux mouvements verticaux ou locaux. Selon la théorie de Wegener, ces mouvements horizontaux expliquent la dérive des continents, leur rapprochement ou leur éloignement, ainsi que la formation de reliefs géologiques tels que les chaßnes de montagnes.

Points essentiels

La dĂ©rive des continents propose que les masses continentales se dĂ©placent horizontalement sur la surface terrestre. Cette idĂ©e, introduite par Alfred Wegener en 1912, s’appuie sur plusieurs observations gĂ©ologiques, palĂ©ontologiques, et gĂ©ographiques. Wegener avançait que ces mouvements expliquaient la configuration actuelle des continents, leur emboĂźtement, et la distribution des roches et fossiles.

Le modĂšle initial de Wegener dĂ©crit un supercontinent unique, la PangĂ©e, entourĂ© d’un ocĂ©an global, la Panthalassa. Selon cette thĂ©orie, la PangĂ©e aurait existĂ© il y a environ 200 millions d’annĂ©es, puis se serait fragmentĂ©e au cours du temps, notamment durant le CrĂ©tacĂ©, pour donner naissance aux continents sĂ©parĂ©s que nous connaissons aujourd’hui. Wegener expliquait que la dĂ©rive des continents rĂ©sultait de mouvements horizontaux, et que le sial, composant lĂ©ger de la croĂ»te continentale, flottait sur le sima, plus lourd, formant ainsi la base de cette mobilitĂ©.

Il rejetait l’hypothĂšse de la contraction thermique, qui expliquait autrefois la formation des reliefs par un refroidissement global de la Terre. Au contraire, il argumentait que la dĂ©rive horizontale des continents Ă©tait la cause principale de la dynamique terrestre, soutenue par des arguments morphologiques, lithologiques, structuraux, palĂ©ontologiques et palĂ©oclimatiques.

À retenir

La thĂ©orie de la dĂ©rive des continents, proposĂ©e par Wegener, met en avant un dĂ©placement horizontal majeur des masses continentales, fondement de la tectonique des plaques. Elle explique la configuration actuelle des continents et leur Ă©volution Ă  travers le temps, en s’appuyant sur une approche pluridisciplinaire et sur la relation entre la croĂ»te lĂ©gĂšre (sial) et la croĂ»te plus lourde (sima).

3. Arguments de Wegener

Notions clés & Définitions

Correspondance lithologique : La correspondance lithologique dĂ©signe la similitude dans la nature, la composition et l’ñge des roches prĂ©sentes sur des continents aujourd’hui sĂ©parĂ©s par des ocĂ©ans. Selon Wegener, cette correspondance entre les formations rocheuses de diffĂ©rentes rĂ©gions, notamment celles situĂ©es de part et d’autre de l’Atlantique, constitue une preuve de la connexion passĂ©e de ces terres.

Fossiles identiques sur continents sĂ©parĂ©s : Il s’agit de la prĂ©sence de fossiles de mĂȘme espĂšce ou de groupes proches sur plusieurs continents actuellement Ă©loignĂ©s. Ces fossiles, qui ne peuvent pas avoir traversĂ© les ocĂ©ans, indiquent qu’à une Ă©poque, ces continents Ă©taient rĂ©unis ou en contact, permettant la dispersion de ces espĂšces.

Arguments palĂ©oclimatiques : Ce sont des observations relatives aux anciens climats, basĂ©es sur la rĂ©partition de certains indices gĂ©ologiques et fossiles. Wegener utilise ces arguments pour montrer que les continents ont connu des climats diffĂ©rents de ceux d’aujourd’hui, ce qui implique leur dĂ©placement. Par exemple, la prĂ©sence de glaciations dans des zones aujourd’hui tropicales ou la vĂ©gĂ©tation luxuriante dans des rĂ©gions maintenant froides.

ChaĂźnes de montagnes corrĂ©lĂ©es : La corrĂ©lation des chaĂźnes de montagnes situĂ©es sur diffĂ©rents continents, en termes de structure, de composition et d’ñge, constitue un argument en faveur de leur origine commune. Wegener remarque que ces chaĂźnes, telles que la chaĂźne calĂ©donienne en Europe et la chaĂźne des Appalaches en AmĂ©rique du Nord, prĂ©sentent des similitudes qui suggĂšrent une origine gĂ©ologique partagĂ©e avant la sĂ©paration des continents.

Mesosaurus : C’est un reptile d’eau douce dont les fossiles ont Ă©tĂ© dĂ©couverts Ă  la fois en Afrique du Sud et en AmĂ©rique du Sud. La prĂ©sence de ce fossile sur ces deux continents, aujourd’hui sĂ©parĂ©s par l’Atlantique, est une preuve palĂ©ontologique forte de leur ancien rapprochement.

Glossopteris : Il s’agit d’une plante fossile, proche des fougĂšres, dont les restes ont Ă©tĂ© retrouvĂ©s sur plusieurs continents tels que l’Inde, l’Australie, l’Afrique, l’AmĂ©rique du Sud et l’Antarctique. La distribution de Glossopteris, une « fougĂšre Ă  graines » disparue, appuie l’idĂ©e d’un supercontinent unique, le Gondwana, Ă  la fin du PalĂ©ozoĂŻque.

Points essentiels

Wegener a utilisĂ© une dĂ©marche pluridisciplinaire en combinant plusieurs types d’observations pour soutenir sa thĂ©orie de la dĂ©rive des continents. La correspondance lithologique, par exemple, montre que des formations rocheuses similaires se retrouvent de part et d’autre de l’Atlantique, ce qui indique qu’elles Ă©taient autrefois reliĂ©es. La prĂ©sence de fossiles identiques, tels que Mesosaurus, en Afrique du Sud et en AmĂ©rique du Sud, constitue une preuve palĂ©ontologique claire que ces continents Ă©taient autrefois connectĂ©s. De plus, la rĂ©partition de plantes fossiles comme Glossopteris, retrouvĂ©es sur plusieurs continents aujourd’hui sĂ©parĂ©s, renforce cette hypothĂšse d’un supercontinent, le Gondwana, qui existait Ă  la fin du PalĂ©ozoĂŻque.

Les arguments palĂ©oclimatiques viennent complĂ©ter cette dĂ©marche en montrant que certains indices gĂ©ologiques, comme les gisements de charbon datant du CarbonifĂšre (vers -300 Ma) dans des zones aujourd’hui tropicales, indiquent que ces rĂ©gions Ă©taient autrefois situĂ©es dans des zones intertropicales, ce qui ne serait pas cohĂ©rent si les continents Ă©taient restĂ©s immobiles. La prĂ©sence de moraines glaciaires consolidĂ©es dans des rĂ©gions actuellement chaudes, comme l’Afrique du Sud ou l’Australie, indique Ă©galement que ces zones Ă©taient proches des pĂŽles Ă  une Ă©poque, ce qui ne peut s’expliquer que par un dĂ©placement des continents.

La corrĂ©lation des chaĂźnes de montagnes, telles que la chaĂźne calĂ©donienne en Europe et la chaĂźne des Appalaches en AmĂ©rique du Nord, avec des structures, des roches et des Ăąges similaires, constitue un autre argument clĂ©. Ces observations suggĂšrent qu’elles faisaient partie d’un mĂȘme ensemble gĂ©ologique avant la sĂ©paration des continents.

En somme, Wegener a ainsi montrĂ© que ces diffĂ©rentes preuves, issues de la gĂ©ologie, de la palĂ©ontologie et du palĂ©oclimat, convergent vers l’idĂ©e que les continents ne sont pas fixes mais ont connu un mouvement de dĂ©rive, formant un supercontinent unique, la PangĂ©e, Ă  la fin du PalĂ©ozoĂŻque.

À retenir

Wegener a adopté une démarche pluridisciplinaire en combinant des preuves géologiques, paléontologiques et paléoclimatiques pour étayer sa théorie de la dérive des continents, illustrant ainsi la cohérence de ses observations dans une vision globale de la dynamique terrestre.

4. Controverse fixistes/mobilistes

Notions clés & Définitions

Fixistes
Les fixistes Ă©taient ceux qui rejetaient la mobilitĂ© des continents. Selon eux, les reliefs terrestres s’expliquaient par des mouvements verticaux plutĂŽt que par la dĂ©rive horizontale des continents. Ils considĂ©raient que la position des continents Ă©tait immuable, et que les structures gĂ©ologiques telles que les montagnes ou les fossĂ©s rĂ©sultaient de processus internes Ă  la Terre, comme le soulĂšvement ou l’enfoncement, plutĂŽt que de dĂ©placements de ces masses terrestres Ă  travers la surface.

Mobilistes
Les mobilistes soutenaient la thĂ©orie de la dĂ©rive des continents, affirmant que les continents ne sont pas fixes mais qu’ils ont migrĂ© Ă  travers la surface terrestre. MalgrĂ© l’opposition de figures comme Harold Jeffreys, ils croyaient en la mobilitĂ© des masses continentales, en s’appuyant sur des observations de terrain, la thĂ©orie de Wegener, et plus tard, sur des preuves gĂ©ophysiques telles que le palĂ©omagnĂ©tisme.

Force de Coriolis
Ce concept n’est pas explicitement dĂ©fini dans le contenu source, mais en contexte gĂ©ophysique, la force de Coriolis est une force fictive qui agit sur les mouvements de masse en rotation terrestre, influençant notamment la direction des courants ocĂ©aniques et des vents. Elle est importante dans la comprĂ©hension des mĂ©canismes de circulation sous-crustale proposĂ©s par certains mobilistes comme Holmes, mais n’est pas directement reliĂ©e Ă  la controverse fixistes/mobilistes.

Ponts continentaux
Les ponts continentaux sont des structures gĂ©ologiques supposĂ©es relier des continents sĂ©parĂ©s par des mers ou des ocĂ©ans, permettant d’expliquer la continuitĂ© gĂ©ologique ou stratigraphique entre ces masses terrestres. Les fixistes considĂ©raient ces ponts comme des Ă©lĂ©ments fixes, permettant d’expliquer certains reliefs ou formations gĂ©ologiques sans recourir Ă  la mobilitĂ© des continents.

Opposition de Harold Jeffreys
Harold Jeffreys Ă©tait un gĂ©ophysicien britannique qui s’opposait fermement Ă  la thĂ©orie de la dĂ©rive des continents. Il critiquait la thĂ©orie de Wegener en affirmant que la dĂ©rive ne pouvait pas expliquer certains phĂ©nomĂšnes gĂ©ophysiques, la trouvant quantitativement insuffisante et qualitativement inapplicable. Jeffreys considĂ©rait que la mobilitĂ© des continents n’était pas une explication crĂ©dible pour les reliefs terrestres, prĂ©fĂ©rant des modĂšles de mouvements verticaux.

Nappes de charriage
Les nappes de charriage dĂ©signent des couches de roches plissĂ©es ou dĂ©placĂ©es sur de longues distances, souvent dans des zones de montagnes. Ces nappes tĂ©moignent de mouvements horizontaux importants, et leur Ă©tude a Ă©tĂ© utilisĂ©e par certains gĂ©ologues mobilistes pour soutenir l’idĂ©e que de vastes blocs de la croĂ»te terrestre avaient Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s ou dĂ©formĂ©s, ce qui allait Ă  l’encontre de la vision fixiste.

Points essentiels

Les fixistes rejetaient la mobilitĂ© des continents, expliquant les reliefs terrestres par des mouvements verticaux plutĂŽt que par la dĂ©rive horizontale. Selon eux, les reliefs tels que montagnes ou fossĂ©s rĂ©sultaient de processus internes Ă  la Terre, comme le soulĂšvement ou l’enfoncement, et non de dĂ©placements de masses continentales. Ils soutenaient que la thĂ©orie de Wegener, qui postulait une dĂ©rive horizontale, Ă©tait insuffisante pour expliquer les phĂ©nomĂšnes gĂ©ologiques observĂ©s.

Les mobilistes, en revanche, soutenaient la thĂ©orie de la dĂ©rive des continents, malgrĂ© l’opposition de figures comme Harold Jeffreys. Ils croyaient que les continents avaient migrĂ© Ă  travers la surface terrestre, en se basant sur des observations de terrain, la thĂ©orie de Wegener, et des preuves gĂ©ophysiques telles que le palĂ©omagnĂ©tisme. Arthur Holmes, par exemple, proposait un modĂšle de circulation convective sous-crustale pour expliquer cette mobilitĂ©, en s’appuyant sur la datation radiomĂ©trique des minĂ©raux, bien que leur modĂšle restait encore conceptuel faute de donnĂ©es suffisantes.

Les fixistes utilisaient aussi la notion de ponts continentaux pour expliquer la continuitĂ© gĂ©ologique entre continents sĂ©parĂ©s, en considĂ©rant ces ponts comme des structures fixes. En revanche, certains mobilistes, comme Alexander du Toit, proposaient que la sĂ©paration des continents pouvait s’expliquer par la prĂ©sence de supercontinents comme la PangĂ©e, divisĂ©s par des ocĂ©ans tels que la TĂ©thys, et que ces continents avaient connu des mouvements de sĂ©paration et de rapprochement.

La controverse s’est intensifiĂ©e dans les annĂ©es 1930, lorsque la majoritĂ© des scientifiques et des institutions acadĂ©miques rejetĂšrent la thĂ©orie de Wegener, notamment en raison du manque de mĂ©canismes explicatifs convaincants. La dĂ©couverte du palĂ©omagnĂ©tisme et l’étude du champ magnĂ©tique terrestre ont permis de renforcer la thĂ©orie mobiliste, en fournissant des arguments dĂ©cisifs pour la mobilitĂ© des continents.

À retenir

La controverse historique entre fixistes et mobilistes reflĂšte un dĂ©bat profond sur la dynamique de la Terre : les fixistes privilĂ©giaient des mouvements verticaux et des structures fixes, tandis que les mobilistes soutenaient que la mobilitĂ© horizontale des continents, appuyĂ©e par des preuves gĂ©ophysiques, Ă©tait essentielle pour expliquer la gĂ©ologie terrestre. Ce n’est qu’avec l’accumulation de nouvelles donnĂ©es, notamment le palĂ©omagnĂ©tisme, que la thĂ©orie de la dĂ©rive des continents a progressivement Ă©tĂ© acceptĂ©e.

5. Paléomagnétisme et inversions

Notions clés & Définitions

Champ magnétique terrestre
AUTEUR (date) : Le champ magnĂ©tique terrestre est un phĂ©nomĂšne naturel qui entoure la Terre, agissant comme une barriĂšre protectrice contre les vents solaires et les rayons cosmiques. Il est gĂ©nĂ©rĂ© par le mouvement de fluides conducteurs dans le noyau externe de la planĂšte, crĂ©ant un champ magnĂ©tique global. La magnĂ©tosphĂšre, qui en rĂ©sulte, dĂ©forme cette protection face aux vents solaires, permettant la formation d’aurores borĂ©ales ou australes lorsque certaines particules cosmiques sont attirĂ©es vers les pĂŽles magnĂ©tiques.

Inclinaison magnétique
Lagrabrielle et al. (2013) : L’inclinaison magnĂ©tique est l’angle entre la composante horizontale du champ magnĂ©tique terrestre et la direction du champ lui-mĂȘme. Elle varie selon la position gĂ©ographique, Ă©tant nulle Ă  l’équateur (champ horizontal) et maximale aux pĂŽles (champ vertical). Elle permet de dĂ©terminer la latitude d’un lieu, mais pas sa longitude. Par exemple, Ă  Saint-Étienne, l’inclinaison est de 61,244°, ce qui indique une position dans l’hĂ©misphĂšre Nord avec des lignes de force entrant dans le sol.

Déclinaison magnétique
Lagrabrielle et al. (2013) : La dĂ©clinaison magnĂ©tique est l’angle entre la direction du nord gĂ©ographique (N) et la composante horizontale du champ magnĂ©tique terrestre. Elle est variable dans le temps et selon la localisation. Par exemple, Ă  Saint-Étienne, la dĂ©clinaison est de 1° 45' 57,6" vers l’Est, augmentant d’environ 0° 9' 48" par an. La dĂ©clinaison indique si les lignes de force magnĂ©tiques entrent ou sortent du sol, Ă©tant positive dans l’hĂ©misphĂšre Nord et nĂ©gative dans l’hĂ©misphĂšre Sud.

MagnétosphÚre
Lagrabrielle et al. (2013) : La magnĂ©tosphĂšre est la rĂ©gion de l’espace entourant la Terre, dĂ©formĂ©e par le vent solaire. Elle agit comme une protection contre les particules ionisantes et Ă©nergĂ©tiques provenant du Soleil. La magnĂ©tosphĂšre est essentielle pour la dĂ©fense de la planĂšte contre ces particules, et ses dĂ©formations lors de fortes Ă©ruptions solaires peuvent permettre Ă  certaines particules d’entrer, ce qui provoque des phĂ©nomĂšnes comme les aurores.

Inversions du champ magnétique
Brunhes et Matuyama : Ces phĂ©nomĂšnes dĂ©signent des pĂ©riodes oĂč la polaritĂ© du champ magnĂ©tique terrestre s’inverse, c’est-Ă -dire que le pĂŽle Nord magnĂ©tique devient le pĂŽle Sud, et vice versa. Ces inversions sont enregistrĂ©es dans les roches, notamment dans les basaltes ocĂ©aniques, oĂč l’aimantation fossile conserve la polaritĂ© du champ au moment de leur formation. La succession de ces inversions constitue une preuve de la dynamique du plancher ocĂ©anique et de la mobilitĂ© lithosphĂ©rique.

MagnétomÚtre
Lagrabrielle et al. (2013) : Le magnĂ©tomĂštre est un instrument utilisĂ© pour mesurer l’intensitĂ© du champ magnĂ©tique terrestre. En France, par exemple, l’intensitĂ© moyenne est d’environ 46 000 nanoteslas (nT), avec des valeurs plus Ă©levĂ©es vers les pĂŽles (environ 60 000 nT) et plus faibles Ă  l’équateur (environ 25 000 nT). La mesure de cette intensitĂ©, rĂ©alisĂ©e avec des magnĂ©tomĂštres comme le SeaSpy embarquĂ© sur des navires, permet d’étudier les variations du champ magnĂ©tique dans le temps et l’espace.

Points essentiels

Le palĂ©omagnĂ©tisme Ă©tudie le champ magnĂ©tique fossile enregistrĂ© dans les roches, notamment dans les minĂ©raux ferromagnĂ©tiques comme la magnĂ©tite, qui conservent l’aimantation acquise lors de leur formation. Ces minĂ©raux, lorsqu’ils refroidissent en dessous de leur tempĂ©rature de Curie (TC), acquiĂšrent une aimantation thermorĂ©manente, c’est-Ă -dire qu’ils adoptent la polaritĂ© du champ magnĂ©tique de l’époque. La magnĂ©tite, par exemple, a une TC d’environ 857°C. Tant que la tempĂ©rature reste infĂ©rieure Ă  cette valeur, l’aimantation est conservĂ©e, permettant aux gĂ©ologues de remonter dans le temps pour connaĂźtre la polaritĂ© du champ lors de la formation de la roche.

Les variations du champ magnĂ©tique terrestre peuvent se produire Ă  diffĂ©rentes Ă©chelles de temps. À court terme, de l’ordre du jour ou de l’annĂ©e, elles sont dues Ă  des perturbations dans la magnĂ©tosphĂšre et sont faibles (environ 0,1% du champ actuel). À long terme, elles concernent des fluctuations sur des Ă©chelles gĂ©ologiques, notamment les inversions de polaritĂ©. Ces inversions ont Ă©tĂ© mises en Ă©vidence dĂšs le dĂ©but du XXĂšme siĂšcle par les travaux de Brunhes et Matuyama, qui ont analysĂ© des coulĂ©es de lave plio-plĂ©istocĂšnes (-5 Ma Ă  -11 ka) dans le but de comprendre la pĂ©riodicitĂ© des inversions magnĂ©tiques.

Les Ă©tudes de palĂ©omagnĂ©tisme ont permis d’établir une succession de pĂ©riodes oĂč la polaritĂ© du champ a changĂ©, notamment avec des pĂ©riodes comme Gilbert, Gauss, Matuyama, et Brunhes, correspondant Ă  des inversions ou Ă  des anomalies magnĂ©tiques. Ces donnĂ©es, couplĂ©es avec des datations radiomĂ©triques, confirment la dynamique du champ magnĂ©tique terrestre et sa capacitĂ© Ă  s’inverser pĂ©riodiquement.

À retenir

Le palĂ©omagnĂ©tisme constitue un outil essentiel pour retracer l’histoire des mouvements lithosphĂ©riques, en enregistrant dans les roches les inversions de polaritĂ© du champ magnĂ©tique terrestre. Ces inversions, confirmĂ©es par l’étude des basaltes ocĂ©aniques, valident la thĂ©orie de la tectonique des plaques et la mobilitĂ© de la lithosphĂšre.

6. Expansion océanique

Notions clés & Définitions

Sea-floor spreading : La sea-floor spreading ou expansion du plancher ocĂ©anique, dĂ©signe le processus par lequel de la nouvelle croĂ»te ocĂ©anique est formĂ©e en continu au niveau des dorsales ocĂ©aniques. Ce phĂ©nomĂšne rĂ©sulte de la remontĂ©e du magma provenant du manteau terrestre, qui s’insĂšre entre deux plaques tectoniques en divergence, crĂ©ant ainsi une nouvelle surface ocĂ©anique. La formation de cette nouvelle croĂ»te entraĂźne l’éloignement progressif des continents situĂ©s de part et d’autre de la dorsale. La sea-floor spreading est un moteur essentiel de la crĂ©ation de la lithosphĂšre ocĂ©anique et de la dĂ©rive des continents.

Dorsales ocĂ©aniques : Les dorsales ocĂ©aniques sont de longues chaĂźnes de montagnes sous-marines formĂ©es par la remontĂ©e de magma lors de la sea-floor spreading. Elles constituent les zones oĂč la croĂ»te ocĂ©anique se crĂ©e et s’étend. Ces dorsales, telles que la dorsale mĂ©dio-atlantique, sont caractĂ©risĂ©es par une activitĂ© volcanique intense, une fracture centrale et une topographie spĂ©cifique. Elles jouent un rĂŽle central dans le renouvellement de la croĂ»te ocĂ©anique et la dynamique des plaques tectoniques.

Basalte ocĂ©anique : Le basalte ocĂ©anique est la roche volcanique qui compose la croĂ»te ocĂ©anique nouvellement formĂ©e lors de la sea-floor spreading. Il rĂ©sulte du refroidissement et de la solidification du magma qui remonte Ă  la surface au niveau des dorsales. Le basalte ocĂ©anique est caractĂ©risĂ© par sa composition riche en silice, sa texture microlithique et sa couleur sombre. Il constitue la majoritĂ© de la croĂ»te ocĂ©anique et est un tĂ©moin direct du processus de formation de la croĂ»te lors de l’expansion ocĂ©anique.

AccrĂ©tion ocĂ©anique : L’accrĂ©tion ocĂ©anique dĂ©signe l’accumulation progressive de matiĂšre volcanique, principalement du basalte, au niveau des dorsales ocĂ©aniques. Ce processus rĂ©sulte de la solidification du magma qui s’élĂšve lors de la sea-floor spreading. L’accrĂ©tion contribue Ă  l’agrandissement de la croĂ»te ocĂ©anique et Ă  son dĂ©placement vers les zones de subduction ou de fracture. Elle est essentielle pour comprendre la croissance continue de la lithosphĂšre ocĂ©anique.

Rift ocĂ©anique : Le rift ocĂ©anique est une zone de divergence au sein d’une dorsale ocĂ©anique, oĂč la croĂ»te terrestre s’amincit et s’écarte. Il correspond Ă  la fracture ou Ă  la fissure centrale de la dorsale, souvent associĂ©e Ă  une activitĂ© volcanique et sismique importante. Le rift est le lieu oĂč le magma monte pour former de la nouvelle croĂ»te ocĂ©anique, participant ainsi Ă  la sea-floor spreading. La formation du rift est une Ă©tape clĂ© dans le processus d’expansion ocĂ©anique.

Points essentiels

L’expansion ocĂ©anique dĂ©crit la formation continue de nouvelle croĂ»te ocĂ©anique au niveau des dorsales. Ce processus est au cƓur de la dynamique des plaques tectoniques, permettant la crĂ©ation rĂ©guliĂšre de croĂ»te ocĂ©anique Ă  partir du magma qui remonte au niveau des dorsales ocĂ©aniques. La sea-floor spreading entraĂźne l’éloignement progressif des continents, qui sont sĂ©parĂ©s par des fonds ocĂ©aniques en expansion. La formation de cette nouvelle croĂ»te ocĂ©anique explique Ă©galement la crĂ©ation et la structuration des fonds ocĂ©aniques, notamment par la prĂ©sence de dorsales ocĂ©aniques caractĂ©ristiques. La croĂ»te ocĂ©anique ainsi formĂ©e est principalement composĂ©e de basalte ocĂ©anique, une roche volcanique issue du refroidissement du magma. La croissance de la croĂ»te ocĂ©anique se fait par accrĂ©tion ocĂ©anique, processus durant lequel le magma solidifiĂ© s’ajoute Ă  la croĂ»te en formation. La zone de divergence au sein des dorsales, appelĂ©e rift ocĂ©anique, constitue le lieu prĂ©cis oĂč la croĂ»te se forme et s’étend.

À retenir

L’expansion ocĂ©anique, via la sea-floor spreading, est le principal moteur de la crĂ©ation de la lithosphĂšre ocĂ©anique et de la dĂ©rive des continents. Elle explique comment de nouvelles croĂ»tes se forment continuellement au niveau des dorsales ocĂ©aniques, entraĂźnant l’éloignement progressif des continents et la structuration des fonds ocĂ©aniques.

7. ModĂšle de tectonique des plaques

Notions clés & Définitions

LithosphĂšre
La lithosphĂšre est la couche rigide externe de la Terre, comprenant la croĂ»te terrestre et la partie supĂ©rieure du manteau supĂ©rieur. Selon Harry HESS (1962), elle forme des plaques rigides qui se dĂ©placent Ă  la surface de la planĂšte. La lithosphĂšre est subdivisĂ©e en plusieurs plaques tectoniques, dont la dynamique influence la formation des reliefs, la sismicitĂ© et l’activitĂ© volcanique.

AsthénosphÚre
L’asthĂ©nosphĂšre est une zone situĂ©e sous la lithosphĂšre, caractĂ©risĂ©e par une matiĂšre plus ductile et partiellement fondue. Elle permet aux plaques lithosphĂ©riques de se dĂ©placer en raison de sa plasticitĂ©. La relation entre lithosphĂšre et asthĂ©nosphĂšre est essentielle pour comprendre la mobilitĂ© des plaques, comme le souligne Maurice ‘Doc’ Ewing (1947), qui insiste sur l’étude de la Terre dans sa globalitĂ©.

Plaques tectoniques
Les plaques tectoniques sont de grandes sections rigides de la lithosphĂšre qui se dĂ©placent lentement Ă  la surface de la Terre. Selon William Jason Morgan (1968), elles constituent l’unitĂ© fondamentale du modĂšle de la tectonique des plaques. Leur mouvement rĂ©sulte de forces de convection mantellique et d’interactions aux frontiĂšres, ce qui explique la formation des reliefs, la sismicitĂ© et la volcanisme.

Zones de subduction
Les zones de subduction sont des frontiĂšres de plaques oĂč une plaque ocĂ©anique s’enfonce sous une autre plaque, gĂ©nĂ©ralement continentale ou ocĂ©anique. Ces zones sont associĂ©es Ă  des fosses ocĂ©aniques profondes et Ă  une activitĂ© sismique et volcanique intense. Elles jouent un rĂŽle clĂ© dans le renouvellement des fonds ocĂ©aniques, comme le montre Harry HESS dans ses travaux sur le tapis roulant ocĂ©anique.

Rifting
Le rifting dĂ©signe la sĂ©paration ou l’étirement de la lithosphĂšre, conduisant Ă  la formation de fissures, de failles et Ă©ventuellement Ă  l’ouverture de nouveaux ocĂ©ans. Ce processus est observable dans les zones de divergence, notamment au niveau des dorsales ocĂ©aniques, oĂč la croĂ»te s’amincit et se fragmente, permettant la montĂ©e du magma et la crĂ©ation de nouveaux fonds ocĂ©aniques.

ChaĂźnes de montagnes
Les chaĂźnes de montagnes rĂ©sultent principalement de la collision ou de la convergence de plaques tectoniques. Lors de ces interactions, la croĂ»te terrestre se plisse, se soulĂšve et forme des reliefs Ă©levĂ©s. La formation de ces chaĂźnes est souvent associĂ©e Ă  des zones de convergence, notamment lors de la collision entre plaques continentales, comme dans le cas de l’Himalaya.

Points essentiels

La tectonique des plaques intĂšgre la dĂ©rive des continents et l’expansion ocĂ©anique dans un modĂšle global oĂč la lithosphĂšre est divisĂ©e en plaques rigides en mouvement. Ces plaques, en interaction constante, expliquent la formation des reliefs, la sismicitĂ© et l’activitĂ© volcanique Ă  travers leurs diffĂ©rentes frontiĂšres. Les zones de subduction jouent un rĂŽle crucial dans le renouvellement des fonds ocĂ©aniques, tandis que le rifting contribue Ă  la crĂ©ation de nouveaux ocĂ©ans. La dynamique de ces plaques, notamment leur dĂ©placement sur l’asthĂ©nosphĂšre, permet de comprendre la structuration actuelle de la surface terrestre dans une vision intĂ©grĂ©e de la dynamique terrestre.

À retenir

La tectonique des plaques prĂ©sente un modĂšle global oĂč la lithosphĂšre rigide, en interaction avec l’asthĂ©nosphĂšre ductile, façonne la surface de la Terre par des mouvements de dĂ©rive, de subduction et de rifting, expliquant ainsi la formation des reliefs, des sĂ©ismes et des volcans dans une dynamique intĂ©grĂ©e.

8. Principes fondamentaux

Notions clés & Définitions

Isostasie
L’isostasie est le principe selon lequel la croĂ»te terrestre est en Ă©quilibre vertical, c’est-Ă -dire que les masses crustales flottent dans le manteau selon leur densitĂ© et leur Ă©paisseur. Selon William Jason MORGAN (1968), ce concept explique comment la croĂ»te peut s’élever ou s’enfoncer pour maintenir cet Ă©quilibre, en rĂ©ponse aux variations de masse ou de charge, telles que la formation de montagnes ou l’érosion.

Convection mantellique
La convection mantellique désigne le mouvement de matiÚre dans le manteau terrestre, provoqué par des différences de température. Ce processus constitue le moteur interne probable des mouvements lithosphériques. La chaleur provenant du noyau chauffe le manteau, créant des courants de convection qui entraßnent la dérive des plaques lithosphériques, selon la compréhension géophysique actuelle.

Force centrifuge terrestre
La force centrifuge terrestre est la force gĂ©nĂ©rĂ©e par la rotation de la Terre autour de son axe. Elle agit de maniĂšre Ă  repousser la matiĂšre vers l’extĂ©rieur, influençant la distribution des masses Ă  la surface et contribuant Ă  certains phĂ©nomĂšnes gĂ©ophysiques, notamment la forme lĂ©gĂšrement aplatie de la Terre. Cependant, cette force n’est pas explicitement dĂ©taillĂ©e dans le contenu source, mais elle est reconnue comme un principe physique de la dynamique terrestre.

Datation radiométrique
La datation radiomĂ©trique est une mĂ©thode permettant de dĂ©terminer l’ñge des roches ou des minĂ©raux en mesurant la quantitĂ© de certains isotopes radioactifs prĂ©sents. Bien que cette mĂ©thode ne soit pas explicitement dĂ©crite dans le contenu source, elle est essentielle pour comprendre la chronologie des processus gĂ©ologiques et la dynamique interne de la Terre.

Magnitude sismique (échelle de Richter)
La magnitude sismique, quantifiĂ©e par l’échelle de Richter, mesure l’énergie libĂ©rĂ©e lors d’un sĂ©isme. Elle permet d’évaluer la puissance d’un sĂ©isme en fonction de l’amplitude des ondes sismiques enregistrĂ©es. La comprĂ©hension de cette magnitude est essentielle pour analyser la dynamique interne de la Terre, notamment la distribution et la frĂ©quence des sĂ©ismes, qui sont liĂ©s aux mouvements des plaques lithosphĂ©riques.

Points essentiels

L’isostasie explique l’équilibre vertical des masses crustales sur le manteau, en assurant que la croĂ»te flotte selon sa densitĂ© et son Ă©paisseur. Par exemple, une chaĂźne de montagnes Ă©levĂ©e doit compenser une zone de croĂ»te plus lĂ©gĂšre ou plus mince pour maintenir cet Ă©quilibre. La comprĂ©hension de ce principe permet d’interprĂ©ter la topographie terrestre en relation avec la structure interne.

La convection mantellique constitue le moteur interne probable des mouvements lithosphériques. Les courants de convection dans le manteau, causés par le transfert de chaleur, entraßnent la dérive des plaques. Ces mouvements expliquent la formation des dorsales océaniques, la subduction, et la dynamique globale de la tectonique des plaques.

La magnitude sismique, quantifiant l’énergie libĂ©rĂ©e lors des sĂ©ismes, est essentielle pour comprendre la dynamique interne de la Terre. Elle permet d’évaluer la force des Ă©vĂ©nements sismiques, leur localisation, et leur frĂ©quence, en lien avec les zones de limites de plaques oĂč se concentrent activitĂ© sismique et volcanique. La relation entre la magnitude et la distribution des sĂ©ismes est un indicateur clĂ© de l’activitĂ© tectonique.

À retenir

L’isostasie dĂ©crit l’équilibre vertical des masses crustales sur le manteau, tandis que la convection mantellique est le processus moteur interne probable des mouvements lithosphĂ©riques. La magnitude sismique, quantifiant l’énergie libĂ©rĂ©e lors des sĂ©ismes, est fondamentale pour comprendre la dynamique interne de la Terre et la distribution de l’activitĂ© tectonique.

Tableaux de SynthĂšse

CritÚreDiscontinuité de Mohorovicic (Moho)Noyau externeNoyau interneModÚle PREMZone à faible vitesse (LVZ)
DéfinitionFrontiÚre entre croûte et manteauLimite entre manteau et noyau externePartie solide du centre de la TerreModÚle sismique synthétique de la TerreRégion dans le manteau supérieur avec vitesse réduite
Découverte1909 par A. Mohorovicic1914 par G. Gutemberg1936 par I. Lehmann1981 par Dziewonski et AndersonMise en évidence par études sismiques
NatureDiscontinuité de vitesse des ondesLiquideSolideSynthÚse des données sismiquesPartiellement fondu ou déformé
ProfondeurEnviron 30 km (croĂ»te)2900 km Ă  5100 kmÀ partir de 5100 km jusqu’au centre (~6371 km)DonnĂ©es intĂ©grĂ©es pour toute la structure terrestreDans le manteau supĂ©rieur, jusqu’à environ 660 km

PiÚges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre la discontinuité de Mohorovicic (Moho) avec celle de Gutemberg, qui sépare le manteau du noyau.
  2. Croire que le noyau interne est liquide, alors qu’il est solide.
  3. Confondre la zone à faible vitesse (LVZ) avec le noyau externe ; la LVZ est dans le manteau supérieur.
  4. Oublier que le modÚle PREM synthétise toutes les données sismiques pour décrire la structure interne.
  5. Penser que la discontinuitĂ© de Mohorovicic est une frontiĂšre physique visible, alors qu’elle est dĂ©tectĂ©e par les ondes sismiques.
  6. Confondre la composition du noyau interne (fer, nickel) avec celle du noyau externe.
  7. NĂ©gliger l’importance des discontinuitĂ©s majeures dans la comprĂ©hension de la structure interne.

Checklist Examen

  1. Connaßtre la définition et la localisation de la discontinuité de Mohorovicic (Moho) selon A. Mohorovicic.
  2. Savoir que G. Gutemberg a mis en évidence la discontinuité séparant le manteau du noyau externe.
  3. Identifier que I. Lehmann a découvert le noyau interne en 1936.
  4. Expliquer que le noyau externe est liquide, ce qui explique l’absence d’ondes S dans cette zone.
  5. ConnaĂźtre le modĂšle PREM et ses principales fonctions dans l’étude de la Terre.
  6. Comprendre ce qu’est la zone à faible vitesse (LVZ) et son rîle dans la tectonique des plaques.
  7. Maßtriser les différences entre manteau supérieur et inférieur, notamment leur composition et profondeur.
  8. Savoir que Wegener a proposé la théorie de la dérive des continents en 1912.
  9. ConnaĂźtre que Wegener a introduit l’idĂ©e d’un supercontinent unique, la PangĂ©e, entourĂ© d’un ocĂ©an mondial, Panthalassa.
  10. Savoir que Wegener expliquait la dĂ©rive par un mouvement horizontal des continents, rejetant l’hypothĂšse de contraction thermique.
  11. Identifier les arguments géologiques, paléontologiques et géographiques soutenant la dérive des continents.
  12. ConnaĂźtre les limites du modĂšle initial de Wegener et l’importance des donnĂ©es sismiques pour confirmer sa thĂ©orie.
  13. Être capable d’expliquer comment les discontinuitĂ©s majeures ont Ă©tĂ© identifiĂ©es grĂące aux mĂ©thodes sismiques.
  14. Connaßtre les principales caractéristiques physiques et compositionnelles du noyau interne et externe.
  15. Maütriser l’importance du modùle PREM dans l’organisation actuelle de la structure interne terrestre.

Dernier item : VĂ©rifier que vous comprenez comment chaque discontinuitĂ© majeure contribue Ă  l’organisation interne de la Terre selon les donnĂ©es sismiques et modĂšles actuels.

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1. Qui a découvert ou formulé la discontinuité de Mohorovicic, également appelée Moho ?

2. En quelle année Alfred Wegener a-t-il proposé la théorie de la dérive des continents ?

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DiscontinuitĂ© de Mohorovicic — dĂ©finition ?

FrontiÚre entre croûte et manteau, détectée par changement de vitesse des ondes sismiques.

Noyau externe — localisation ?

De 2900 km Ă  5100 km de profondeur, couche liquide au centre de la Terre.

Noyau interne — nature ?

Couche solide composée principalement de fer et nickel, au centre de la Terre.

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