📋 Plan du Cours
- Morphologie du langage écrit et morphèmes
- Morphèmes lexicaux, grammaticaux et affixes
- Technique d’amorçage pour le traitement morphologique
- Modèles de lecture experte des mots morphologiques
- Procédures morpho-orthographiques et morpho-sémantiques
- Décours temporel des traitements morphologiques
- Compréhension écrite : reconnaissance et langage
- Conception dynamique de la compréhension
- Du sens des mots au sens du texte
- Modèle construction-intégration de Kintsch
- Phrase, propositions, prédicat et arguments
- Syntaxe et modèles de compréhension de phrase
📖 1. Morphologie du langage écrit et morphèmes
🔑 Notions clés & Définitions
- Morphologie : La morphologie étudie comment les mots sont formés à partir de morphèmes, et comment ces unités contribuent au sens et à la grammaire.
- Morphème lexical : Un morphème lexical est l’unité qui porte le sens principal et sert de base à la construction des mots complexes.
- Morphème grammatical : Un morphème grammatical contribue à la cohésion et aux relations entre mots, sans exister isolément comme un mot autonome.
- Affixe flexionnel : Un affixe flexionnel modifie la forme d’un mot selon des traits grammaticaux tout en conservant la même entité lexicale.
- Affixe dérivationnel : Un affixe dérivationnel sert à créer un nouveau mot, avec une nouvelle entité lexicale et une contribution sémantique.
📝 Points essentiels
- La morphologie distingue des morphèmes lexicaux et des morphèmes grammaticaux comme briques de mots complexes.
- Les morphèmes lexicaux donnent un sens prioritaire et participent à la définition de l’unité lexicale.
- Le radical est le morphème lexical obtenu après suppression des affixes, comme un “squelette” du mot.
- La base est le mot utilisé pour créer un nouveau mot, et elle est plus travaillée que la racine.
- La racine correspond à l’élément le plus ancien lié à l’histoire du mot, et elle est moins utilisée en pratique.
- Les affixes ne sont pas des mots isolés : ils s’accolent avant ou après un radical pour former un mot complexe.
💡 Astuce mémo
Lexical = sens, grammatical = liens; Flexion = même mot, Dérivation = nouveau mot.
📖 2. Morphèmes lexicaux, grammaticaux et affixes
🔑 Notions clés & Définitions
- Morphologie dérivationnelle : Morphologie qui construit de nouveaux mots en ajoutant des affixes dérivationnels, souvent peu productifs et soumis à des contraintes de combinaison.
- Morphologie compositionnelle : Morphologie qui forme des mots en assemblant plusieurs morphèmes lexicaux (radicaux) pour créer un nouveau lexique.
- Composition savante : Type de composition où des racines grecques ou latines sont accolées pour former un mot composé.
- Composition populaire : Type de composition où deux mots de la langue sont soudés, parfois avec un trait d’union, ou reliés pour former un composé.
- Technique d’amorçage : Technique expérimentale qui étudie comment un premier stimulus active à très court terme des traitements utiles à la lecture du second stimulus.
📝 Points essentiels
- Morphologie dérivationnelle : les affixes (préfixes/suffixes) sont nombreux mais souvent peu productifs et ne s’attachent pas à n’importe quel radical.
- Morphologie dérivationnelle : elle crée du lexique et implique des changements formels, sémantiques et syntaxiques du mot dérivé.
- Morphologie dérivationnelle : la transparence orthographique et sémantique entre la base et le dérivé peut être plus ou moins évidente selon les transformations.
- Exemples de transparence orthographique : boire→buvable et soin→soigneux montrent un lien de forme entre base et dérivé.
- Exemples de transparence sémantique : trotter→trottoir et passer→dépasser illustrent des liens de sens entre base et dérivé.
- Morphologie dérivationnelle : la dérivation peut changer la catégorie grammaticale (ex. base verbe vs dérivé adjectif) et modifier aussi la syntaxe.
💡 Astuce mémo
Dérivation = affixe qui transforme (forme + sens + syntaxe) ; Composition = radicaux qui s’assemblent (savante grec/latin, populaire mots de la langue).
📖 3. Technique d’amorçage pour le traitement morphologique
🔑 Notions clés & Définitions
- Amorçage morphologique : Technique expérimentale où un mot amorce influence la reconnaissance d’une cible, pour tester si des informations morphologiques sont activées.
- Transparence sémantique : Degré de lien entre le sens de la base et celui du dérivé, qui peut varier et moduler l’effet d’amorçage.
- Pseudo-dérivé : Mot complexe qui semble analysable morphologiquement car il partage une séquence avec une base, même si l’interprétation morphologique n’est pas évidente.
- Correspondance forme-sens : Principe selon lequel une forme morphologique donnée est associée à un sens spécifique, ce qui soutient l’idée d’un traitement morphologique.
- Procédure morpho-ortho : Stratégie où l’analyse morphologique est guidée d’abord par des indices orthographiques liés aux morphèmes.
📝 Points essentiels
- Un traitement morphologique n’est pas un traitement orthographique ni un traitement sémantique : il vise des unités morphologiques et leurs règles de composition.
- La transparence entre amorce et cible peut être variable, et on peut manipuler le lien sémantique entre base et dérivé pour tester la nature du traitement.
- Chantier est un pseudo-dérivé de chant : il partage la séquence « chant » et peut être découpé en unités morphologiques, contrairement à chantilly où -illy ne correspond pas à un morphème connu.
- Deux positions théoriques existent : certains auteurs disent qu’il n’y a pas de traitement morphologique spécifique (mots simples et complexes identifiés pareil), d’autres défendent des traitements/ représentations morph
- La décomposition en morphèmes peut être plus ou moins systématique, et l’accès aux informations morphologiques peut se faire à des niveaux différents du traitement (lexique d’abord vs découpage d’abord).
- Des auteurs relient la spécificité morphologique à l’amorçage : des amorçages par mots morphologiquement liés donnent des résultats différents de ceux obtenus avec des liens formels seulement.
💡 Astuce mémo
Morpho = forme→sens : si l’amorce change quand le lien morphologique change, c’est que le cerveau traite des morphèmes, pas seulement des lettres ou du sens.
📖 4. Modèles de lecture experte des mots morphologiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Procédure morpho-sémantique : Procédure de traitement morphologique où l’identification des unités se fait surtout à partir du sens des morphèmes plutôt que de la seule forme orthographique.
- Procédure morpho-orthographique : Procédure de traitement morphologique où le découpage et l’analyse des morphèmes sont guidés principalement par des indices formels orthographiques.
- Paradigme d’amorçage : Méthode expérimentale qui mesure la facilitation du traitement d’une cible après présentation d’une amorce liée (ici morphologiquement) en variant les propriétés des stimuli.
- Transparence sémantique : Degré de lien de sens entre l’amorce et la cible, utilisé pour tester si la facilitation dépend de la relation sémantique entre morphèmes.
- Décours temporel des procédures : Organisation dans le temps des traitements morphologiques, utilisée pour déterminer quel type de procédure (orthographique ou sémantique) intervient en premier.
📝 Points essentiels
- Le sens de ‘fleur’ et le sens de ‘iste’ montrent que la lecture experte s’appuie sur la signification des morphèmes, pas seulement sur la forme orthographique.
- Les procédures morpho-orthographiques et morpho-sémantiques se distinguent par le fait que le repérage des morphèmes est guidé soit par des aspects orthographiques, soit par des aspects sémantiques.
- Dans les études utilisant l’amorçage, la facilitation est testée en gardant la structure orthographique identique (base+ette) tout en faisant varier la transparence sémantique amorce-cible.
- Condition transparente Sem ++ : clochette-cloche (même famille morphologique avec lien sémantique clair) produit une facilitation morphologique.
- Condition opaque Sem - : trompette-trompe (même famille mais lien sémantique moins évident) ne produit pas d’effet facilitateur.
- Condition pseudo-dérivé Sem - - : baguette-bague (structure orthographique similaire mais absence de lien sémantique entre les deux) ne produit pas d’effet facilitateur comparable à la condition transparente.
💡 Astuce mémo
Transparence = Sens visible → facilitation ; Sens flou ou absent → pas de facilitation (Sem ++ vs Sem - / Sem - -).
📖 5. Procédures morpho-orthographiques et morpho-sémantiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Procédure morpho-orthographique : Procédure de traitement où l’orthographe et la structure morphologique guident d’abord la reconnaissance du mot cible avant un traitement plus sémantique.
- Procédure morpho-sémantique : Procédure de traitement où l’accès au sens du mot cible intervient plus tard et s’appuie sur la relation sémantique entre amorce et cible.
- SOA : SOA est le temps entre la présentation de l’amorce et l’apparition du mot cible, utilisé pour estimer la profondeur temporelle des traitements.
- Condition morphologique sémantiquement transparente : Condition où amorce et cible sont morphologiquement liés et sémantiquement compatibles, ce qui permet une facilitation attendue à différents SOA.
- Condition morphologique sémantiquement opaque : Condition où amorce et cible sont morphologiquement liés mais sémantiquement incompatibles, ce qui modifie la facilitation selon le SOA.
📝 Points essentiels
- Hypothèse 1 : les traitements sont successifs, avec d’abord une procédure morpho-orthographique puis une procédure morpho-sémantique plus profonde.
- SOA sert à séparer des traitements initiaux et secondaires : augmenter le SOA permet d’observer des effets plus profonds.
- Trois types d’amorçage : transparente M+S+O+, opaque M+S−O+, et contrôle orthographique M−S−O+ (redondance orthographique sans lien sémantique).
- À SOA 43 ms, les conditions transparente et opaque montrent des effets facilitateurs qui ne diffèrent pas significativement, indiquant une facilitation liée à la structure orthographique/morphologique.
- À SOA 72 et 230 ms, l’effet facilitateur sémantique disparaît pour la condition où le lien sémantique est absent, tandis que la facilitation morphologique transparente persiste.
- Interprétation Hypothèse 1 : quand le lien sémantique est inexistant, la facilitation ne se maintient pas aux SOA plus longs, ce qui soutient une séquentialité orthographe→sens.
💡 Astuce mémo
SOA = « profondeur temporelle » : petit SOA → orthographe guide, grand SOA → sens s’impose (si lien sémantique).
📖 6. Décours temporel des traitements morphologiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Transparence sémantique : La transparence sémantique désigne des conditions où la forme écrite rend la relation avec le sens plus facile à exploiter.
- Opacité sémantique : L’opacité sémantique correspond à des conditions où la relation entre forme et sens est moins directement exploitable.
- Pseudo-dérivé : Un pseudo-dérivé est une forme qui ressemble à un mot morphologiquement apparenté mais dont le lien sémantique est trompeur ou absent.
- Traitement morpho-orthographique : Le traitement morpho-orthographique consiste à utiliser l’organisation orthographique liée à la morphologie pour identifier et interpréter les mots.
- Traitement morpho-sémantique : Le traitement morpho-sémantique consiste à utiliser la structure morphologique pour accéder au sens des mots.
📝 Points essentiels
- Les résultats suggèrent une interaction entre procédures morpho-orthographique et morpho-sémantique plutôt qu’un enchaînement strict ou une simultanéité parfaite.
- Quand la transparence sémantique produit un effet facilitateur, cela soutient l’idée que la structure orthographique influence la cible des mots comme « fleuriste » et « trompette ».
- Les auteurs proposent une coexistence plus ou moins simultanée des traitements, modulée par la nature des stimuli et d’autres facteurs.
- Une partie des travaux privilégie davantage la procédure morpho-orthographique, tandis que d’autres privilégient davantage la procédure morpho-sémantique.
- Si la transparence sémantique améliore les performances mais que les traitements morpho-sémantiques ne suffisent pas à expliquer tous les effets, alors les deux procédures fonctionnent en interaction.
- Comparaison des conditions : Transparence sémantique Sem ++ (clochette-cloche) ; Opacité sémantique Sem - (lunette-lune) ; Pseudo-dérivé Sem - - (baguette-bague).
💡 Astuce mémo
Transparence = Sem ++ : l’orthographe “aide” le sens ; Opacité = Sem - : moins d’aide ; Pseudo-dérivé = Sem - - : piège sémantique → interaction morpho-orthographique + morpho-sémantique.
📖 7. Compréhension écrite : reconnaissance et langage
🔑 Notions clés & Définitions
- Verbal reasoning : Dimension du langage qui mobilise des stratégies pour donner du sens au-delà des mots lus, via des liens comme les inférences et les métaphores.
- Language structure : Dimension du langage qui calcule la signification des phrases à partir de l’organisation des éléments linguistiques dans le texte.
- Vocabulary : Dimension lexicale qui décrit la signification, la forme et l’organisation des mots dans le lexique mental, avec une profondeur variable des liens.
- Literacy knowledge : Ensemble des connaissances en mémoire à long terme (culture, expériences, savoirs) qui servent à interpréter ce qu’on lit.
- Conscience phonologique : Capacité à manipuler et contrôler les unités phonologiques à l’oral et à l’écrit, en les isolant et en se les représentant.
📝 Points essentiels
- La compréhension du langage s’appuie sur plusieurs dimensions en parallèle, malgré des ressources limitées en attention et en mémoire de travail.
- La compréhension se construit de façon séquentielle pendant la lecture, avec un recyclage permanent des traitements.
- Une conception dynamique et intégrative implique d’intégrer les informations au fur et à mesure, plutôt que d’attendre la fin du texte.
- La coordination consciente des traitements évite des représentations fragmentaires et juxtaposées, surtout quand les compétences sont faibles.
- La compréhension fonctionne comme une résolution de problème : certaines difficultés nécessitent un traitement particulier plutôt qu’une réponse immédiate.
- Deux types de traitement coexistent : bottom-up (identification de mots) et top-down (activation de connaissances pour construire un modèle mental).
💡 Astuce mémo
Bottom-up = mots, Top-down = sens : lecture = identification puis modèle mental.
📖 8. Conception dynamique de la compréhension
🔑 Notions clés & Définitions
- Traitement bottom-up : Traitement de bas niveau qui identifie les mots et signaux linguistiques pour alimenter la compréhension.
- Traitement top-down : Traitement guidé par les connaissances qui reconstruit le sens à partir de concepts et d’attentes du lecteur.
- Activation de connaissances sémantiques : Activation des connaissances sur le sens des mots et des relations de signification pour combiner des propositions.
- Hypothèse de la qualité lexicale : Hypothèse selon laquelle la compréhension dépend fortement de la qualité des représentations lexicales, au-delà du simple décodage.
- Modèle de construction-intégration : Modèle où comprendre consiste à construire puis stabiliser une représentation mentale du texte via des cycles de traitement.
📝 Points essentiels
- La compréhension combine des processus d’identification de mots (bottom-up) et des processus guidés par des connaissances (top-down) pour former un modèle mental.
- Les connaissances activées couvrent le sémantique, la syntaxe et la pragmatique, afin de relier plusieurs phrases ou propositions.
- La lecture mobilise aussi des connaissances générales sur le monde et sur les textes, ainsi que des inférences pour structurer et cohérer le contenu.
- Les capacités mnésiques (mémoire de travail et mémoire à long terme) et l’attention conditionnent l’intégration et la construction du sens.
- L’hypothèse de la qualité lexicale (Perfetti, 2007) affirme que comprendre exige des représentations lexicales riches, pas seulement le décodage.
- Dans l’étude ERP (Landi & Perfetti, 2007), les paires phonologiquement liées ne montrent pas de différence entre bons et faibles lecteurs, contrairement aux paires catégorielles et catégorielles associées où la réduction
💡 Astuce mémo
Bottom-up = mots, Top-down = monde : on assemble pour construire le modèle mental.
📖 9. Du sens des mots au sens du texte
🔑 Notions clés & Définitions
- Construction–intégration : Approche de la compréhension où le lecteur construit progressivement le sens du texte puis l’intègre pour stabiliser une représentation cohérente.
- Réseau propositionnel : Représentation mentale organisée de propositions reliées entre elles par des relations qui favorisent la cohérence du texte.
- Modèle de situation : Représentation cognitive schématique et unifiée de l’essentiel du texte, ancrée dans l’expérience du lecteur.
- Base de texte : Représentation qui conserve le sens général des propositions du texte et les relations entre elles.
- Inférences de connexion : Type d’inférence qui relie des éléments du texte entre eux pour combler des liens manquants et maintenir la cohérence.
📝 Points essentiels
- Comprendre un texte revient à construire activement le sens, avec un lecteur qui traite l’information de façon permanente et à capacités limitées.
- Le traitement se fait par cycles itératifs qui recyclent des mécanismes de construction de représentations à plusieurs niveaux.
- La construction de la base de texte s’appuie sur la structure de surface puis sur l’extraction des propositions et leurs relations.
- La phase d’intégration vise à obtenir un modèle de situation final cohérent en stabilisant le réseau par diffusion d’activation.
- Dans la construction du réseau propositionnel, la proposition est l’unité centrale de traitement.
- Le réseau propositionnel se forme par connexions excitatrices ou inhibitrices entre propositions (relations directes/indirectes, subordination, causalité, etc.).
💡 Astuce mémo
C-I : Construire (base + réseau) puis Intégrer (modèle de situation).
📖 10. Modèle construction-intégration de Kintsch
🔑 Notions clés & Définitions
- Compréhension comme reconstruction : La compréhension correspond à une reconstruction active du sens, pas seulement à l’extraction passive d’informations d’un texte.
- Interprétation : L’interprétation est le processus central par lequel le lecteur donne une signification à ce qu’il lit.
- Mécanismes de traitement : Les mécanismes de compréhension combinent des traitements linguistiques et des traitements non linguistiques pour construire le sens.
- Phrase : La phrase est l’unité maximale de structure ou de combinatoire syntaxique, avec une complétude sémantique et une démarcation prosodique/typographique.
- Structure sémantique en prédicat : La structure sémantique en prédicat décrit une activité ou un phénomène où des arguments participent au prédicat.
📝 Points essentiels
- Comprendre un texte implique de reconstruire le sens de la situation décrite, en mobilisant des connaissances et des interprétations.
- Le modèle met en jeu des traitements lexico-sémantiques, syntaxiques, pragmatiques et prosodiques, plus des facteurs extralinguistiques.
- La compréhension passe par une sélection d’informations pertinentes, leur stockage, leur recouvrement en mémoire, puis la réalisation d’inférences.
- La phrase est une unité de traitement micro-structurelle pertinente pour accéder aux mécanismes de base de la compréhension.
- Une phrase peut contenir plusieurs clauses ou propositions, organisées autour d’un noyau verbal.
- Dans la structure en prédicat, les arguments sont les participants engagés dans l’activité décrite (ex. le chat est noir; Jean lit le journal).
💡 Astuce mémo
Reconstruire = interpréter : texte → sélection → mémoire → inférences.
📖 11. Phrase, propositions, prédicat et arguments
🔑 Notions clés & Définitions
- Grammaire générative transformationnelle : Approche chomskyenne qui décrit les règles d’une langue et la façon dont elles transforment une pensée en phrases grammaticales.
- Grammaire universelle : Ensemble de principes supposés communs à toutes les langues, complété par des paramètres responsables des différences de structure.
- Language Acquisition Device : Dispositif inné attribué à l’espèce humaine pour acquérir le langage à partir de principes fixes et de paramètres variables.
- Ambiguïté syntaxique : Situation où une même suite de mots peut recevoir plusieurs structures, rendant l’interprétation dépendante de la syntaxe.
- Modèle Garden Path : Modèle de compréhension qui prédit des erreurs de structuration quand le lecteur suit d’abord une analyse syntaxique plausible mais trompeuse.
📝 Points essentiels
- La GGT vise à expliquer comment les règles d’une langue produisent des phrases à partir d’une pensée, pas seulement à résumer des corpus observés.
- Chomsky défend une théorie du langage globale : la syntaxe doit être modélisée pour comprendre le fonctionnement complet, pas réduite à des régularités statistiques.
- La syntaxe est centrale et autonome (au moins partiellement) : comprendre une phrase nécessite une représentation syntaxique, même si cela ne suffit pas pour le sens.
- La lecture « Flying planes can be dangerous » illustre l’ambiguïté : sans information sur la structure verbale, on ne sait pas si ce sont les actions de piloter ou les avions en vol qui sont dangereux.
- Le modèle syntagmatique (décomposition en constituants) est génératif : des règles de réécriture peuvent engendrer un ensemble infini de phrases.
- La grammaire universelle combine principes (inchangés entre langues) et paramètres (responsables de variations structurales comme SVO vs SOV).
💡 Astuce mémo
GGT = Générer des phrases à partir d’une Pensée ; Universelle = Principes fixes + Paramètres variables ; GardenPath = « on se fait mener par la structure ».
📖 12. Syntaxe et modèles de compréhension de phrase
🔑 Notions clés & Définitions
- Traitement syntaxique autonome : Le traitement syntaxique autonome décrit une compréhension où la syntaxe se construit d’abord avec des informations uniquement syntaxiques, sans influence du sens ou de la pragmatique.
- Représentations non interprétatives : Les représentations non interprétatives sont des structures construites avant l’interprétation, qui ne peuvent pas être modifiées par d’autres traitements.
- Analyse syntaxique en temps réel : L’analyse syntaxique en temps réel est une construction progressive de la structure pendant la compréhension, sans tenir compte de la signification.
- Modèle intégratif à satisfaction des contraintes multiples : Le modèle intégratif propose que la compréhension résulte d’une interaction entre plusieurs sources d’information, qui s’intègrent simultanément via des contraintes en compétition.
- Induction en erreur : L’induction en erreur désigne le fait qu’une préférence syntaxique initiale peut conduire à une mauvaise interprétation quand l’ambiguïté n’est pas résolue correctement.
📝 Points essentiels
- Dans le traitement autonome, les informations lexicales, sémantiques et pragmatiques n’affectent pas le déroulement syntaxique mais seulement le produit final du traitement.
- La structure syntaxique est construite à partir de l’ordre des mots, des catégories lexicales et des règles de structuration en syntagmes, indépendamment du sens.
- La compréhension passe obligatoirement par une représentation syntaxique préalable avant l’interprétation finale.
- Le processeur syntaxique fonctionne de façon sérielle en visant simplicité syntaxique et économie cognitive, en privilégiant une seule structure même en cas d’ambiguïté.
- Même si l’analyse syntaxique mène à une erreur d’interprétation, l’analyse poursuivie reste celle qui a été choisie initialement.
- Dans le modèle intégratif, plusieurs composants interagissent : facteurs syntaxiques et lexico-sémantiques influencent conjointement la représentation initiale de la phrase (Taraban & McClelland, 1988, 1990).
💡 Astuce mémo
Autonome = Syntaxe d’abord (ordre + catégories) ; Intégratif = Contrainte en compétition (syntaxique vs sémantique)
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1984 | Introduction de la technique d’amorçage comme étude des processus mentaux fins impliqués dans la lecture (Foster et Davis, 1984). |
| 1994 | Position selon laquelle il n’y a pas de traitements morphologiques spécifiques (Atchison, 1994). |
| 2007 | Hypothèse de la qualité lexicale (Perfetti, 2007) et étude ERP associée (Landi & Perfetti, 2007). |
| 2014 | Modèle des systèmes de lecture (Perfetti & Stafura, 2014). |
| 2017 | Critiques/au-delà de la grammaire universelle (Ibbotson & Tomasello, 2017). |
📊 Tableaux de synthèse
Procédures morphologiques testées par amorçage
| Procédure | Guidage | Effet attendu |
|---|
| Morpho-orthographique | indices orthographiques (structure base+ette) | facilitation surtout quand la structure orthographique est présente, indépendamment du lien sémantique |
| Morpho-sémantique | sens des morphèmes (lien base dérivé) | facilitation surtout quand la transparence sémantique est forte (Sem ++) |
Conditions d’amorçage morphologique (transparence sémantique)
| Condition | Exemple | Lien sémantique |
|---|
| Transparente (Sem ++) | clochette–cloche | présent et compatible |
| Opaque (Sem -) | trompette–trompe | même famille morphologique mais lien sémantique moins évident/incompatible |
| Pseudo-dérivé (Sem - -) | baguette–bague | absence de lien sémantique entre les deux |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre morphème lexical et morphème grammatical : le grammatical sert à la cohésion et n’existe pas isolément comme un mot autonome.
- Croire que les affixes sont des mots : ils s’accolent avant/après un radical et ne fonctionnent pas seuls.
- Mélanger racine, radical et base : la racine est l’élément ancestral (peu utilisé), le radical est obtenu après suppression des affixes, la base est le mot utilisé pour créer le dérivé.
- Interpréter l’amorçage comme un effet purement orthographique ou purement sémantique : le cours insiste sur la spécificité morphologique et sur la comparaison des liens forme–sens.
- Prendre Sem ++/Sem -/Sem - - comme des effets “orthographe seule” : Sem ++ dépend du lien sémantique, alors que les patterns peuvent aussi montrer un effet de structure orthographique (base+ette).
- Inverser les procédures : morpho-orthographique = guidage par indices formels, morpho-sémantique = guidage par le sens des morphèmes.
- Confondre bottom-up et top-down : bottom-up identifie les mots (bas niveau), top-down reconstruit le sens via connaissances et attentes.
✅ Checklist Examen
- Distinguer morphèmes lexicaux vs grammaticaux et expliquer le rôle de la cohésion pour les morphèmes grammaticaux.
- Définir affixes flexionnels vs dérivationnels et préciser ce qui change (entité lexicale vs nouvelle entité lexicale + sémantique/syntaxe).
- Expliquer racine, radical et base, et illustrer avec l’exemple boire → buvable (radical) et la racine bibere.
- Lister les trois types de morphologie (flexionnelle, dérivationnelle, compositionnelle) et donner pour chacune un critère de formation + un exemple du cours.
- Décrire la technique d’amorçage : postulat (amorçage à très court terme), fondement (activation distribuée en réseau) et ce qu’on mesure (vitesse/exactitude).
- Classer les types d’amorces du cours (chantilly, comptine, chantage, chantier) en expliquant ce qui est orthographique vs sémantique vs morphologique/pseudo-dérivé.
- Présenter les deux positions théoriques sur le traitement morphologique (pas de traitement spécifique vs traitement morphologique spécifique) et relier la spécificité à la correspondance forme–sens et aux transparences.
- Expliquer la différence entre procédure morpho-orthographique et procédure morpho-sémantique, et dire comment le paradigme d’amorçage teste ces procédures via transparence sémantique (base+ette identique).
- Décrire les trois conditions d’amorçage (Sem ++ clochette–cloche, Sem - trompette–trompe, Sem - - baguette–bague) et l’idée clé des effets facilitateurs selon la transparence.
- Exposer l’hypothèse 1 (séquentialité) et l’hypothèse 2 (simultanéité) en précisant le rôle du SOA (43 ms vs 72/230 ms) et l’interprétation des patterns.
- Passer à la compréhension écrite : définir les dimensions (Verbal reasoning, Language structure, Vocabulary, Literacy knowledge) et rappeler l’idée de compréhension dynamique intégrative (bottom-up/top-down).
- Expliquer le modèle construction–intégration (base de texte, réseau propositionnel, modèle de situation) et les inférences (connexion vs remplissage), puis relier à la phrase/proposition/prédicat/arguments et à l’analyse
- syntaxique : autonome (Garden Path) vs intégrative (satisfaction des contraintes multiples).
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