📋 Plan du Cours
- Adolescence et corps bruyant
- Insatisfaction corporelle et conduites à risque
- Conduites sexuelles à l’adolescence
- Contraception, avortement et grossesse
- Facteurs de la dépression à l’adolescence
- Évolution, pronostic et risque suicidaire
- Symptômes psychotiques et dimensions schizophréniques
- Modalités d’émergence psychotique et prodromes
- Antécédents et analyses complémentaires en psychose
- Troubles envahissants du développement et vulnérabilité psychotique
- Rupture psychotique et déliaisons dangereuses
- Entretien clinique avec l’adolescent
📖 1. Adolescence et corps bruyant
🔑 Notions clés & Définitions
- Corps bruyant : Le corps bruyant désigne l’expression corporelle de l’adolescent, via des plaintes somatiques, qui peut masquer une souffrance psychique.
- Schéma corporel : Le schéma corporel est la représentation neurophysiologique et neuropsychologique du corps propre, servant de base à l’action et à la perception.
- Image du corps : L’image du corps est une représentation affective, symbolique et imaginaire du corps, qui se remanie en continu selon les investissements pulsionnels.
- Corps social : Le corps social correspond à l’influence des normes et du regard des autres sur la façon dont l’adolescent se perçoit et se présente.
- Objet transitionnel : L’objet transitionnel est un support provisoire des pulsions, où le corps peut servir de relais entre monde interne et externe.
📝 Points essentiels
- À l’entrée dans la puberté, le corps change et « parle » par des plaintes somatiques, alors que le corps de l’enfant est plutôt silencieux.
- Le corps adolescent occupe une place centrale dans les interactions et participe à la fabrication de l’identité sociale.
- Le passage d’un corps infantile à un corps adolescent s’accompagne d’inquiétude et d’une insatisfaction corporelle accrue.
- En 2016, 46,7% des collégiennes et 36,7% des collégiens sont préoccupés par leur poids, contre 37,7% et 12,4% en 1991.
- Le « corps rejeté » peut conduire à des conduites à risque, avec des expressions différentes selon le sexe.
- Chez les filles, l’expression peut être internalisée (troubles alimentaires, scarifications, tentatives de suicide), tandis que chez les garçons elle tend vers l’extériorisation (violence, transgression, alcoolisation, V
💡 Astuce mémo
Puberté = corps qui parle : somatique en façade, psychique dessous.
📖 2. Insatisfaction corporelle et conduites à risque
🔑 Notions clés & Définitions
- Insatisfaction pondérale : L’insatisfaction pondérale désigne des préoccupations persistantes concernant le poids et l’alimentation, même après amélioration clinique.
- Guérison partielle : La guérison partielle correspond à une disparition progressive des signes cliniques sans suppression totale des préoccupations corporelles.
- Boulimie nerveuse : La boulimie nerveuse est un trouble des conduites alimentaires dont l’évolution comporte des rechutes malgré des traitements efficaces à court terme.
- Rechute : La rechute est le retour de symptômes après une amélioration initiale, notamment quand le suivi thérapeutique n’est pas maintenu.
- Pronostic : Le pronostic est l’évolution attendue du trouble, dépendante de la nature et de la qualité du traitement.
📝 Points essentiels
- Après guérison complète, une minorité reste modérément préoccupée : 44% gardent des préoccupations sur le poids et l’alimentation.
- Même si les signes cliniques peuvent s’atténuer progressivement, les préoccupations pondérales peuvent persister chez une partie des patientes.
- Après 11 ans, 50% des femmes sont considérées guéries.
- Le pronostic dépend de la nature et de la qualité du traitement reçu.
- Pour la boulimie, le recul est moins marqué que pour l’anorexie : les traitements sont efficaces à court terme mais n’empêchent pas totalement les rechutes.
- En boulimie, 74% des personnes ont un bon pronostic pour la suite malgré le risque de rechute.
💡 Astuce mémo
Guérison ≠ apaisement : 44% gardent des soucis, et à 11 ans 50% sont guéries (boulimie : efficace court terme, rechutes possibles).
📖 3. Conduites sexuelles à l’adolescence
🔑 Notions clés & Définitions
- Intersexualités : Les intersexualités désignent des variations du développement sexuel liées à une anomalie organique, avec retentissement psychoaffectif.
- Pseudo-hermaphrodisme féminin : Le pseudo-hermaphrodisme féminin correspond à une forme d’anomalie organique du développement sexuel pouvant influencer l’équilibre psychoaffectif.
- Pseudo-hermaphrodisme masculin : Le pseudo-hermaphrodisme masculin correspond à une forme d’anomalie organique du développement sexuel pouvant influencer l’équilibre psychoaffectif.
- Transidentité : La transidentité correspond au ressenti subjectif d’un genre différent de celui assigné à la naissance.
- Dépsychiatrisation : La dépsychiatrisation vise à retirer l’idée de pathologie psychiatrique associée à la transidentité.
📝 Points essentiels
- Le questionnement sur l’appartenance à un genre ou le refus d’assignation ne doit pas être confondu avec la dysphorie de genre ni avec les intersexualités.
- Les intersexualités sont décrites comme une anomalie organique ayant un impact sur l’équilibre psychoaffectif.
- À l’adolescence, face aux questions sur le corps, deux issues sont décrites : acceptation ou installation d’un état dépressif avec gestes suicidaires.
- La transidentité est définie par une disharmonie ressentie entre le genre vécu et le genre assigné, avec des signes variables selon l’âge et le développement corporel.
- Chez l’adolescent et l’adulte, le diagnostic s’appuie sur un fort désir d’acquérir des indices corporels féminins ou masculins et sur la caractéristique sociale associée.
- Chez l’enfant avant la puberté, l’identification passe davantage par les stéréotypes (jouets, attitudes, habits) et la période 10-13 ans est présentée comme importante car la puberté rend les modifications corporelles sa
💡 Astuce mémo
Genre ≠ dysphorie ≠ intersexualité : trois cases, trois causes.
📖 4. Contraception, avortement et grossesse
📖 5. Facteurs de la dépression à l’adolescence
🔑 Notions clés & Définitions
- Vulnérabilités individuelles : Les vulnérabilités individuelles regroupent les fragilités psychiques qui rendent l’adolescent plus exposé à une crise dépressive et à des passages à l’acte.
- Vulnérabilités familiales : Les vulnérabilités familiales désignent les configurations relationnelles et les antécédents au sein du foyer qui fragilisent la régulation émotionnelle.
- Vulnérabilités sociales : Les vulnérabilités sociales correspondent aux facteurs de l’entourage et des pairs qui augmentent l’isolement, la honte ou la détresse.
- Facteurs précipitants : Les facteurs précipitants sont les événements ou contextes qui déclenchent ou accélèrent la crise chez un adolescent déjà vulnérable.
- Facteurs de protection : Les facteurs de protection sont les ressources qui diminuent le risque en renforçant l’estime de soi, le soutien et des stratégies d’adaptation efficaces.
📝 Points essentiels
- La dépression et la suicidalité à l’adolescence s’expliquent par une combinaison de vulnérabilités individuelles, familiales, sociales et environnementales.
- Le « moment de bascule » décrit une montée rapide de tension qui dépasse les capacités de régulation, ce qui rend des gestes impulsifs possibles.
- Le cerveau adolescent est en réorganisation : les zones émotionnelles sont actives tandis que le cortex préfrontal (frein à l’impulsivité) mûrit plus tard, ce qui favorise les réactions immédiates.
- Les tentatives surviennent souvent comme réponse à une souffrance psychique dépassant la régulation, avec des fonctions possibles d’échappement, d’autopunition ou d’action sur autrui.
- Les signes d’alerte avant passage à l’acte incluent repli, isolement, propos sur la mort, perte d’intérêt et automutilations.
- Les facteurs familiaux à risque incluent antécédents de suicide, psychopathologie parentale, maltraitance/négligence/rejet, indisponibilité maternelle et perceptions parentales négatives répétées.
💡 Astuce mémo
Vulnérabilités + Précipitants = Crise : « le terrain » (individuel/familial/social) rencontre « l’étincelle » (événement) et la protection freine l’embrasement.
📖 6. Évolution, pronostic et risque suicidaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Raptus suicidaire : Le raptus suicidaire est un passage à l’acte impulsif, brusque et non prémédité, survenant après une montée rapide de la détresse émotionnelle.
- Trajectoires suicidaires : Les trajectoires suicidaires désignent des parcours distincts menant au suicide, avec des profils de vulnérabilités et de facteurs précoces ou contextuels différents.
- Crise suicidaire : La crise suicidaire correspond à une période où la souffrance s’accumule jusqu’à devenir extrême et incontrôlable, rendant le passage à l’acte perçu comme la seule issue.
- Risque de récidive : Le risque de récidive est la probabilité qu’un adolescent réitère une tentative après la première, surtout dans l’année qui suit.
- VigilanS : VigilanS est un dispositif national français de prévention de la récidive suicidaire visant à maintenir un lien après une tentative ou en cas de risque élevé.
📝 Points essentiels
- Le raptus suicidaire se caractérise par une impulsion soudaine menant à un geste dangereux, avec une bascule rapide de la crise vers l’acte.
- Dans une étude de 67 jeunes (14-24 ans), deux trajectoires suicidaires sont identifiées : 45% avec adversité précoce et 55% sans traumatismes majeurs précoces.
- Trajectoire « adversité précoce » : 63% présentent des troubles psychiatriques, notamment à expression externalisée (impulsivité, troubles des conduites, hyperactivité émotionnelle, traits pathologiques).
- Trajectoire « difficultés contextuelles » : moins de troubles psychiatriques, davantage de profils anxieux/introvertis avec évitement, et une souffrance internalisée évoluant vers anxiété et dépression.
- Après une première tentative, environ un tiers des jeunes réitèrent, le plus souvent dans l’année suivant la tentative, et 1 à 2% décèdent durant cette période.
- Dans 20 à 30% des cas, un trouble psychiatrique sous-jacent (ex. épisode dépressif ou difficultés sévères de personnalité) est présent et favorise le passage à l’acte, d’où la nécessité de l’identifier et le traiter.
💡 Astuce mémo
Raptus = « impulsion éclair » ; Trajectoires = « précoce (45%) » vs « contexte (55%) » ; Récidive = « 1/3 dans l’année ».
📖 7. Symptômes psychotiques et dimensions schizophréniques
🔑 Notions clés & Définitions
- Symptômes positifs : Les symptômes positifs correspondent à l’apparition d’éléments anormaux dans la conscience, comme des idées délirantes et des hallucinations psychocorporelles.
- Symptômes négatifs : Les symptômes négatifs décrivent une diminution de fonctions psychiques, avec une réactivité émotionnelle réduite et une associabilité.
- Désorganisation : La désorganisation regroupe des perturbations du discours et du comportement, avec alternance de passivité/négativisme et d’excitations soudaines.
- Prodromes schizophréniques : Les prodromes schizophréniques sont des signes avant-coureurs qui annoncent l’émergence d’un trouble psychotique, avec un retentissement progressif du fonctionnement.
- DUP durée de psychose non traitée : La DUP est le délai entre l’apparition des symptômes psychotiques et la prise en charge, dont l’allongement est associé à un pronostic plus défavorable.
📝 Points essentiels
- Les symptômes psychotiques à l’adolescence sont fréquents et reflètent une souffrance psychique, sans être spécifiques d’un seul trouble.
- Les trois dimensions schizophréniques sont positives, désorganisation et négatives, et elles touchent le fonctionnement (scolarité, relations, soins personnels) ainsi que le vécu.
- À l’adolescence, distinguer crise « normale » et début psychotique est difficile car les bouleversements scolaires et relationnels peuvent mimer des premiers signes.
- Mayer Gross distingue deux modes d’entrée : débuts brutaux aigus (symptômes visibles, sans cause organique/toxique à conclure trop vite) et débuts insidieux (signes discrets avec impact progressif cognitif, motivationnel
- La phase prodromique peut durer 1 à 5 ans et se manifeste par une perte de contrôle des pensées/actes, une baisse de ressenti et une intolérance à l’observation.
- La DUP correspond au temps symptômes→prise en charge et son allongement est associé à un pronostic négatif, tandis qu’une prise en charge précoce vise une rémission plus rapide et moins de rechutes.
💡 Astuce mémo
Positif = « ajoute » (délire/hallucinations), Négatif = « retire » (émotions/contacts), Désorganisation = « mélange » (discours/comportement).
📖 8. Modalités d’émergence psychotique et prodromes
🔑 Notions clés & Définitions
- Décompensation psychotique réactionnelle : Une décompensation psychotique réactionnelle correspond à l’apparition d’épisodes psychotiques en réponse à un stress, sans que la gravité soit minimisée.
- Terrain schizotypique : Un terrain schizotypique désigne un fonctionnement marqué par l’excentricité, des pensées étranges et des croyances particulières, pouvant décompenser sous stress.
- Psychose secondaire organique : Une psychose secondaire organique regroupe des symptômes psychotiques causés par une maladie médicale plutôt que par un trouble psychiatrique primaire.
- Risque psychotique lié au cannabis : Le risque psychotique lié au cannabis désigne l’augmentation du risque de psychose ultérieure chez les adolescents exposés, avec un effet majoré par la précocité et l’importance de la consommation.
- Trouble du spectre de l’autisme : Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) remplace les anciens TED et constitue un terrain de vulnérabilité psychotique à l’adolescence.
📝 Points essentiels
- Les épisodes psychotiques peuvent survenir en réaction à un stress, notamment dans certains fonctionnements limites, sans diminuer la gravité clinique.
- Le trouble de la personnalité schizotypique constitue un terrain de vulnérabilité pouvant évoluer vers une décompensation psychotique, mais n’est pas une psychose en soi.
- Devant des symptômes psychotiques avec signes neurologiques, biologiques, cognitifs fluctuants ou systémiques, une recherche de cause médicale sous-jacente est prioritaire.
- Les psychoses secondaires organiques sont classées en maladies neuro-métaboliques, troubles neurologiques, troubles métaboliques et maladies génétiques, avec des signes d’alerte et examens adaptés (ex. ionogramme, EEG, l
- La consommation de toxiques chez l’adolescent augmente le risque de psychose ultérieure, avec un risque majoré d’environ 40% pour le cannabis.
- Les états psychotiques aigus réactionnels apparaissent juste après la prise de substances psychodysleptiques ou certains médicaments, avec un délai possible de 24 h à une semaine avant de conclure à un effet direct du “t
💡 Astuce mémo
Stress → réaction; Schizotypie → vulnérabilité; Organique → signes fluctuants; Cannabis → +40%; TSA → risque à l’adolescence.
📖 9. Antécédents et analyses complémentaires en psychose
🔑 Notions clés & Définitions
- Mise en parenthèse biographique : Processus de rupture vécue comme une « tranche de vie » mise entre parenthèses, souvent située entre l’enfance et l’âge adulte.
- Conduites agies : Comportements réalisés dans l’action, qui peuvent relever de la psychopathologie lorsqu’ils s’associent à d’autres conduites à risque.
- Fugue : Départ d’un mineur de son lieu habituel de vie (domicile ou institution), caractérisé par un abandon momentané.
- Mobilité de fuite : Signification psychologique où l’acte sert à diminuer une tension interne en créant une distance avec des relations conflictuelles.
- Child-to-parent violence : Violence exercée par un adolescent envers ses proches, décrite dans la littérature internationale sous le terme de child-to-parent violence.
📝 Points essentiels
- La route et la mise en parenthèse biographique visent souvent une rupture avec la famille et les normes sociales, et leur but peut évoluer selon les rencontres.
- Les conduites de route ne relèvent pas forcément de la psychopathologie, mais peuvent y entrer lorsqu’elles s’associent à d’autres conduites agies comme alcoolisme, drogues ou tentatives de suicide.
- La fugue est décrite comme un départ impulsif, brutal et souvent solitaire, sans but précis, fréquemment lié à un conflit avec les adultes.
- La fugue peut être retenue quand le départ dure une nuit, et avant 12 ans elle est souvent initiée par l’adulte en lien avec conflit intrafamilial, violence ou agression sexuelle.
- Dans 17% des cas, la fugue reflète une anticipation d’expulsion et une recherche d’un ami, d’un membre de la famille, d’une place publique ou d’une institution.
- La fugue survient le plus souvent entre 12 et 15 ans et touche davantage les filles, tandis que les garçons sont plus nombreux parmi les fugueurs repérés par la justice.
💡 Astuce mémo
FUGUE = conflit + nuit + tension à fuir (distance) ; CPV = violence vers le parent (honte/peur → sous-déclaration).
📖 10. Troubles envahissants du développement et vulnérabilité psychotique
🔑 Notions clés & Définitions
- Psychopathie adolescente : La psychopathie désigne un ensemble d’organisations psychopathiques, pas une structure unique, avec des difficultés relationnelles et comportementales.
- Prise en charge multidisciplinaire : La prise en charge multidisciplinaire regroupe des interventions médicales, psychiatriques, psychologiques et sociales (ou judiciaires) coordonnées et continues.
- Psychothérapie structurée : La psychothérapie structurée est une approche longue et difficile mais indispensable, menée par une équipe soignante et non par un seul praticien.
- Médicaments psychotropes : Les médicaments psychotropes sont utilisés pour traiter des comorbidités et des décompensations aiguës, sans constituer un traitement de fond.
- Dispositifs éducatif répressif médical : Les dispositifs éducatif, répressif et médical organisent la prise en charge globale, notamment en articulation avec l’incarcération.
📝 Points essentiels
- La prise en charge des adolescents psychopathes doit être multidisciplinaire et ne doit jamais être interrompue.
- La psychothérapie est indispensable même si elle est longue, et elle doit être réalisée par une équipe structurée (psychiatre, psychologue, infirmière psychiatrique).
- Les approches psychothérapiques proposées incluent un traitement structuré avec retours immédiats et réguliers, un contrôle comportemental strict orienté vers la confrontation, ainsi que des thérapies de groupe et la thé
- Les médicaments psychotropes peuvent aider sur des comorbidités psychiatriques et lors de décompensations aiguës, mais ils ne suffisent pas seuls pour un traitement de fond.
- En cas d’incarcération, la continuité des liens entre prises en charge est primordiale, notamment entre professionnels en prison et intervenants à l’extérieur.
- Les contacts avec les magistrats servent à lutter contre la délinquance des mineurs et à organiser la prise en charge des adolescents psychopathes via des dispositifs éducatif, répressif et médical.
💡 Astuce mémo
Équipe + continuité : psychothérapie en équipe, médicaments en soutien aigu, et dispositifs éducatif-répressif-médical reliés.
📖 11. Rupture psychotique et déliaisons dangereuses
🔑 Notions clés & Définitions
- Bad trip : Le bad trip désigne une complication aiguë des hallucinogènes, marquée par une anxiété intense et des troubles de la perception de soi et du monde.
- Réapparitions spontanées : Les réapparitions spontanées sont des retours imprévus de symptômes après une prise de hallucinogènes, pouvant survenir plusieurs semaines après l’arrêt.
- Psychose chronique : La psychose chronique correspond à une dégradation durable de l’état psychotique pouvant être déclenchée par une consommation prolongée d’amphétamines.
- Flash : Le flash est un effet intense et très bref des opiacés, notamment de l’héroïne, vécu comme une euphorie rapide.
- Délires et hallucinations : Les délires et hallucinations sont des manifestations psychotiques pouvant apparaître à forte dose, notamment avec la cocaïne.
📝 Points essentiels
- Le LSD peut provoquer des modifications perceptives appelées « trip », avec risque de bad trip associant anxiété aiguë, dépersonnalisation et idées paranoïdes.
- Des réapparitions spontanées des symptômes peuvent survenir plusieurs semaines après la dernière prise de LSD.
- Les calmants détournés (analgésiques, tranquillisants, hypnotiques) sont souvent associés à l’alcool et exposent notamment à un coma en cas de surdosage, à une tolérance, à des troubles du sommeil et à des modifications,
- À forte dose, les amphétamines peuvent entraîner une hyperactivité physique et une exaltation, et une consommation prolongée peut déclencher une psychose chronique sévère.
- La cocaïne/crack est très addictive et, à forte dose, peut provoquer hallucinations et délires.
- Avec l’héroïne, l’effet « flash » est très bref, ce qui favorise rapidement l’état de manque et une forte dépendance, et l’augmentation progressive des doses peut conduire à des complications graves, parfois mortelles.
💡 Astuce mémo
LSD = trip puis bad trip; cocaïne = dose→hallucinations/délires; amphétamines = prolongé→psychose chronique; héroïne = flash bref→manque rapide.
📖 12. Entretien clinique avec l’adolescent
🔑 Notions clés & Définitions
- Transfert : Le transfert désigne la projection par l’adolescent sur le thérapeute d’émotions ou d’attentes issues de son histoire relationnelle.
- Contre-transfert : Le contre-transfert correspond aux réactions émotionnelles du thérapeute face au transfert, pouvant influencer la qualité du suivi.
- Confidentialité médicale : La confidentialité médicale couvre tout ce que le professionnel apprend dans l’exercice de sa fonction, y compris ce qui est dit, vu ou compris.
- Consentement parental : Le consentement parental est l’autorisation explicite des parents permettant la prise en charge médicale ou psychologique d’un mineur.
- Distance relationnelle : La distance relationnelle est l’équilibre de proximité du thérapeute, ni trop intrusif ni trop distant, pour permettre un sentiment de sécurité.
📝 Points essentiels
- Les premiers entretiens d’évaluation visent à recueillir l’histoire, les difficultés, la demande et les attentes, puis à esquisser un projet de soin.
- La relation thérapeutique active rapidement des réactions réciproques, car le transfert et le contre-transfert peuvent modifier l’alliance et le déroulement du suivi.
- L’entretien doit être collaboratif et progressif pour éviter une intrusion trop rapide qui serait vécue comme intolérable par l’adolescent et son entourage.
- L’évaluation repose sur les symptômes actuels et passés, mais aussi sur la dynamique relationnelle adolescent-famille-clinicien.
- La présentation de la famille et la manière dont chacun exprime sa plainte renseignent sur le soutien, l’implication de l’adolescent et la souffrance familiale.
- Une attente active avec des consultations rapprochées aide à clarifier la situation, distinguer les fonctionnements psychiques et juger la tolérance avant de débuter le suivi.
💡 Astuce mémo
Transfert = l’histoire se rejoue sur le thérapeute ; contre-transfert = ce que ça réveille chez lui.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 2016 | Étude : 46,7% des collégiennes et 36,7% des collégiens préoccupés par leur poids (vs 1991). |
| 1991 | Étude : 37,7% des collégiennes et 12,4% des collégiens préoccupés par leur poids (vs 2016). |
| 11 ans | Après 11 ans : 50% des femmes sont considérées guéries (anorexie mentale). |
📊 Tableaux de synthèse
Expression des conduites à risque liées au corps selon le sexe
| Sexe | Expression | Exemples |
|---|
| Filles | Internalisée | Troubles alimentaires, scarifications, tentatives de suicide |
| Garçons | Externalisée | Violence, transgression, alcoolisation, vitesse sur les routes |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre « corps bruyant » (plaintes somatiques masquant une souffrance psychique) avec une simple cause organique.
- Croire que la guérison des TCA signifie apaisement total : une minorité garde des préoccupations pondérales (guérison ≠ apaisement).
- Mélanger questionnement sur le genre/transidentité avec dysphorie de genre ou avec les intersexualités (trois cases, trois causes).
- Diagnostiquer trop vite une psychose chez l’adolescent : les prodromes peuvent mimer une « crise d’adolescence » et la DUP conditionne le pronostic.
- Sous-estimer le risque suicidaire après une tentative en pensant que c’est « impulsif sans sens » : la tentative est souvent une réponse à une souffrance dépassant la régulation.
- Confondre automutilation et tentative de suicide : l’automutilation est non suicidaire (NSSI) et nécessite quand même une évaluation du risque suicidaire.
- Réduire le TDAH à l’hyperactivité : à l’adolescence, l’inattention et l’organisation (et les comorbidités) sont centrales pour le diagnostic.
✅ Checklist Examen
- Définir le « corps bruyant » et expliquer pourquoi il « parle » à l’entrée dans la puberté (plaintes somatiques, rôle central dans interactions et identité sociale).
- Distinguer schéma corporel, image du corps et corps social, et relier leurs interactions aux modifications pubertaires et à l’insatisfaction corporelle.
- Expliquer le passage du « corps rejeté » aux conduites à risque et comparer l’expression internalisée chez les filles vs externalisée chez les garçons.
- Définir insatisfaction pondérale, guérison partielle et rechute, puis donner les chiffres clés sur préoccupations après guérison et guérison après 11 ans.
- Pour la boulimie, rappeler l’idée de recul moins marqué que l’anorexie (efficacité à court terme, rechutes possibles) et le bon pronostic global malgré le risque.
- Distinguer questionnement sur l’appartenance à un genre/refus d’assignation de la dysphorie de genre et des intersexualités, puis définir transidentité et dépsychiatrisation.
- Expliquer comment la transidentité est diagnostiquée chez l’adolescent/adulte (désir d’indices corporels + caractéristique sociale) et pourquoi la période 10-13 ans est dite importante.
- Décrire les vulnérabilités individuelles, familiales et sociales, les facteurs précipitants et de protection, puis relier le « moment de bascule » à l’impulsivité.
- Définir raptus suicidaire, crise suicidaire et trajectoires suicidaires, puis donner les ordres de grandeur (45% adversité précoce, 55% sans traumatismes majeurs précoces ; récidive ~1/3 dans l’année).
- Expliquer la DUP (durée de psychose non traitée) et pourquoi une prise en charge précoce vise une rémission plus rapide et moins de rechutes.
- Lister les trois dimensions schizophréniques (positives, désorganisation, négatives) et donner l’idée de Mayer Gross sur débuts brutaux vs insidieux.
- Décrire les modalités d’émergence psychotique : stress réactionnel, terrain schizotypique, psychose secondaire organique, et le risque psychotique lié au cannabis (≈40%).
- Expliquer pourquoi, devant des symptômes psychotiques avec signes fluctuants/systémiques, une recherche de cause médicale sous-jacente est prioritaire.
- Définir mise en parenthèse biographique, fugue et mobilité de fuite, puis rappeler les repères d’âge et la logique des 17% (anticipation d’expulsion).
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