Revision sheet: Introduction au droit administratif

Plan du Cours

  1. Nature de l'acte administratif
  2. Acte juridique et fait juridique
  3. Volonté et normativité
  4. Normes impératives et non impératives
  5. Juridicité et ordre juridique
  6. Compétence du juge administratif
  7. Actes de gouvernement
  8. Actes des assemblées parlementaires
  9. Actes administratifs des personnes privées
  10. Contrats administratifs et clauses exorbitantes

1. Nature de l'acte administratif

Notions clés & Définitions

  • Acte administratif : Un acte administratif est un acte qui relĂšve du droit administratif et dont la qualification dĂ©pend du contrĂŽle par le juge administratif.
  • DĂ©finition contentieuse : La dĂ©finition contentieuse dĂ©crit l’acte administratif comme celui qui peut ĂȘtre attaquĂ© devant la juridiction administrative.
  • Droit prĂ©torien : Le droit administratif est un droit façonnĂ© par le juge, ce qui signifie que la notion d’acte administratif a Ă©tĂ© construite surtout par la jurisprudence.
  • Acte juridique : Un acte juridique est un acte qui produit des effets de droit Ă  partir de la volontĂ© qui l’a initiĂ©.
  • Nature administrative : La nature administrative renvoie au fait que l’acte appartient au champ de compĂ©tence du droit administratif plutĂŽt qu’à celui du droit privĂ©.

Points essentiels

  • La dĂ©finition contentieuse caractĂ©rise l’acte administratif par sa contestabilitĂ© devant la juridiction administrative.
  • Le juge administratif, notamment le Conseil d’État, a modelĂ© la notion en dĂ©cidant ce qu’il contrĂŽle et ce qu’il ne contrĂŽle pas.
  • La dĂ©finition contentieuse est jugĂ©e peu opĂ©rante car elle indique surtout le champ de contrĂŽle sans dĂ©tailler la substance de l’acte.
  • Pour complĂ©ter cette approche, l’acte administratif est prĂ©sentĂ© comme un acte juridique de nature administrative.

Astuce mémo

Juge qui contrĂŽle → acte administratif : l’attaque rĂ©vĂšle le champ, mais la substance reste Ă  prĂ©ciser.

2. Acte juridique et fait juridique

Notions clés & Définitions

  • Fait juridique : ÉvĂšnement ou agissement produisant un effet de droit sans que l’auteur cherche prĂ©cisĂ©ment ce rĂ©sultat.
  • CritĂšre de la volontĂ© : CritĂšre qui distingue acte et fait selon que les effets de droit ont Ă©tĂ© recherchĂ©s par l’auteur ou non.
  • ThĂšse de la volontĂ© nĂ©cessaire : IdĂ©e selon laquelle ne sont qualifiĂ©s d’actes que les comportements pour lesquels la volontĂ© est indispensable Ă  la production de l’effet de droit.

Points essentiels

  • On qualifie en principe d’acte juridique l’action oĂč les effets de droit ont Ă©tĂ© recherchĂ©s, et de fait juridique l’action oĂč ils ne l’ont pas Ă©tĂ©.
  • La distinction acte/fait peut mener Ă  des rĂ©sultats difficiles quand la seule intention de l’auteur varie, comme pour un dĂ©lit commis pour obtenir une condamnation.
  • La thĂ©orie de la volontĂ© nĂ©cessaire corrige ces fluctuations en ne gardant comme acte que les situations oĂč la volontĂ© est indispensable Ă  l’effet de droit.
  • Le changement de domicile illustre la diffĂ©rence de qualification selon que l’intention porte sur de simples commoditĂ©s ou sur la modification de rĂšgles de rattachement territorial d’une juridiction.

Astuce mémo

Acte = intention visĂ©e ; Fait = consĂ©quence subie ; VolontĂ© nĂ©cessaire = pas d’acte si la volontĂ© n’est pas indispensable.

3. Volonté et normativité

Notions clés & Définitions

  • Acte de volontĂ© administratif : Cette idĂ©e qualifie l’acte administratif comme le fruit d’une volontĂ© initiale d’un agent administratif, condition de son existence.
  • Norme juridique : Cette notion dĂ©signe un modĂšle de conduite intĂ©grĂ© au systĂšme Ă©tatique, produit par l’acte et distinct d’autres systĂšmes de rĂšgles.
  • Sollen et sein : Ces catĂ©gories opposent le devoir ĂȘtre du droit au fait de la rĂ©alitĂ©, afin de distinguer Ă©noncĂ©s normatifs et descriptifs.

Points essentiels

  • La thĂšse de la volontĂ© nĂ©cessaire fonctionne comme un correctif aux dĂ©finitions classiques en limitant l’acte juridique aux seuls cas oĂč la volontĂ© produit l’effet de droit.
  • En droit administratif, la volontĂ© est souvent prĂ©sentĂ©e comme secondaire, mais elle reste le point de dĂ©part thĂ©orique indispensable Ă  la qualification d’acte administratif.
  • L’opposition utile est celle de l’enveloppe et du contenu : un mĂȘme acte peut contenir une ou plusieurs normes juridiques.
  • Selon Kelsen, une norme est un « sollen » (devoir ĂȘtre) et non un « sein » (ce qui est), ce qui explique qu’elle soit Ă©valuĂ©e par le respect plutĂŽt que par la vĂ©ritĂ© factuelle.
  • La juridicitĂ© d’une norme provient du fait que le droit habilite l’auteur de l’acte Ă  produire cette norme rattachĂ©e Ă  l’État.

4. Normes impératives et non impératives

Notions clés & Définitions

  • NormativitĂ© juridique : La normativitĂ© juridique dĂ©signe la capacitĂ© d’une norme Ă  servir de rĂ©fĂ©rence au comportement, en jouant un rĂŽle de guide plutĂŽt que seulement de contrainte.
  • Norme impĂ©rative : La norme impĂ©rative est une norme qui commande, ordonne, oblige ou contraint, et mobilise le registre le plus courant du droit.
  • Norme non impĂ©rative : La norme non impĂ©rative se distingue par un registre oĂč la direction n’est pas autoritaire, et elle peut ĂȘtre dĂ©crite par des catĂ©gories comme recommandation ou persuasion.
  • Registre impĂ©ratif : Le registre impĂ©ratif est un mode d’expression de la normativitĂ© oĂč l’énoncĂ© a une portĂ©e d’obligation ou de contrainte.
  • Registre non impĂ©ratif : Le registre non impĂ©ratif regroupe des formes d’orientation juridique qui ne s’identifient pas Ă  une obligation stricte, comme les normes recommandatoires ou directrices.

Points essentiels

  • La sanction n’est pas prĂ©sentĂ©e comme un Ă©lĂ©ment constitutif de la norme lorsque la normativitĂ© est comprise comme modĂšle de rĂ©fĂ©rence au comportement.
  • DENYS DE DÉCHILLON prĂ©sente l’impĂ©ratif comme critĂšre permettant de repĂ©rer les normes avec certitude.
  • BENJAMIN LAVERGNE voit dans l’impĂ©rativitĂ© la ligne de partage entre le droit et le non-droit.
  • L’impĂ©rativitĂ© n’est plus considĂ©rĂ©e comme une propriĂ©tĂ© essentielle de toute norme, mais comme un registre parmi d’autres de son expression.
  • PAUL AMSELEK distingue une direction autoritaire et une direction non-autoritaire pour caractĂ©riser l’impĂ©ratif et le non-impĂ©ratif.
  • La doctrine regroupe parfois le non-impĂ©ratif dans des oppositions du type commandement versus recommandation, ou impĂ©ratif versus persuasif, ou encore en catĂ©gories comme droit flou, droit mou ou droit doux.

Astuce mémo

Impératif = ordonne/oblige ; non-impératif = oriente sans commander (recommandation ou persuasion).

5. Juridicité et ordre juridique

Notions clés & Définitions

  • JuridicitĂ© : La juridicitĂ© dĂ©signe la propriĂ©tĂ© d’un acte ou d’une situation d’ĂȘtre justiciable, donc de pouvoir ĂȘtre soumise au contrĂŽle d’un juge.
  • Ordre juridique : L’ordre juridique regroupe l’ensemble des normes et des autoritĂ©s habilitĂ©es Ă  produire des rĂšgles, selon des compĂ©tences dĂ©limitĂ©es.
  • AdministrativitĂ© : L’administrativitĂ© est l’ensemble des critĂšres permettant de qualifier un acte comme relevant de la fonction administrative, condition de la compĂ©tence du juge administratif.
  • Acte de gouvernement : L’acte de gouvernement est un acte pris dans une logique politique tellement marquĂ©e qu’il bĂ©nĂ©ficie d’une immunitĂ© juridictionnelle.
  • Acte dĂ©tachable : L’acte dĂ©tachable est un acte distinct de l’acte politique, que le juge peut contrĂŽler indirectement pour Ă©viter une immunitĂ© totale.

Points essentiels

  • Le juge administratif n’est compĂ©tent que pour les actes qualifiĂ©s d’administratifs, et il est radicalement incompĂ©tent pour les actes non administratifs.
  • Lorsque l’acte n’est pas administratif, il relĂšve en principe du contrĂŽle du juge civil s’il s’agit d’un acte de droit privĂ©, ou alors il est soustrait Ă  toute compĂ©tence juridictionnelle.
  • La thĂ©orie des actes de gouvernement repose sur l’idĂ©e d’une immunitĂ© juridictionnelle, avec pour point de dĂ©part la dĂ©cision Laffitte (1822).
  • Le critĂšre du mobile politique a Ă©tĂ© ensuite abandonnĂ© au profit d’une apprĂ©ciation plus casuistique, illustrĂ©e par Prince NapolĂ©on (1875).
  • Le juge a dĂ©veloppĂ© le contrĂŽle indirect via l’acte dĂ©tachable afin de rĂ©duire le pĂ©rimĂštre des actes de gouvernement, comme dans Royaume-Uni (1993).
  • Le Conseil d’État considĂšre que l’impossibilitĂ© de contrĂŽler certains actes de gouvernement ne viole pas le droit au recours effectif garanti par l’article 16 de la DDHC, et il s’appuie sur Marković c/ Italie (CEDH, 2006).

Astuce mémo

JuridicitĂ© = JusticiabilitĂ© : si l’acte n’est pas administratif, le juge administratif est bloquĂ©; quand c’est politique (acte de gouvernement), le contrĂŽle revient par l’acte dĂ©tachable.

6. Compétence du juge administratif

Notions clés & Définitions

  • Acte administratif des assemblĂ©es : Acte adoptĂ© par une assemblĂ©e parlementaire pouvant, dans certains cas, entrer dans le champ de compĂ©tence du juge administratif et faire l’objet d’un contrĂŽle.
  • Acte administratif des juridictions : Acte liĂ© Ă  l’organisation du service de la justice, distinct de l’acte touchant l’exercice de la fonction juridictionnelle, susceptible de contrĂŽle administratif.

Points essentiels

  • La thĂ©orie de l’acte de gouvernement se rencontre dans les rapports entre pouvoirs publics (ex. rĂ©fĂ©rendum : BROCAS, CE 1962 ; dissolution : ALLAIN, CE 1989) et dans la conduite des relations internationales (ex. diplomatie : DAME CARACO, CE 1926 ; essais nuclĂ©aires : ASSOCIATION GREEANPEACE, CE 1995).
  • L’acte de gouvernement n’entraĂźne pas une incompĂ©tence totale du juge administratif : celui-ci utilise le contrĂŽle indirect par l’acte dĂ©tachable (ex. rejet d’une demande d’extradition : ROYAUME-UNI
, CE 1993).
  • La jurisprudence montre un rĂ©trĂ©cissement du pĂ©rimĂštre de l’acte de gouvernement, avec un curseur dĂ©placĂ© vers plus de contrĂŽle grĂące Ă  l’acte dĂ©tachable.
  • Le Conseil d’État juge que la thĂ©orie des actes de gouvernement ne heurte pas le droit au recours effectif de l’article 16 de la DDHC, en s’appuyant sur la logique de l’arrĂȘt MARKOVIC c/ Italie (CEDH 2006).
  • Dans l’acte administratif des juridictions, l’arrĂȘt de base est le TRIBUNAL DES CONFLITS, PRÉFET DE GUYANE (1952), qui distingue les actes relatifs Ă  l’exercice de la fonction juridictionnelle (inattaquables) et ceux relatifs Ă  l’organisation des services publics de la justice (attaquables).
  • Pour les assemblĂ©es parlementaires, la compĂ©tence s’ouvre progressivement : l’article 8 de l’ordonnance du 17 novembre 1958 vise notamment certains litiges individuels, puis la compĂ©tence est Ă©tendue avec PRÉSIDENCE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE (CE 1999) pour la rĂ©gularitĂ© de marchĂ©s, sous un verrou lĂ©gislatif des voies contre les assemblĂ©es.

Astuce mémo

Acte de gouvernement = zone politique ; acte dĂ©tachable = porte d’entrĂ©e juridique pour contrĂŽler ce qui l’entoure.

7. Actes de gouvernement

Notions clés & Définitions

  • Actes insusceptibles de contrĂŽle : Actes liĂ©s au cƓur de l’activitĂ© institutionnelle dont le juge administratif refuse, en pratique, de connaĂźtre pour Ă©viter la remise en cause de la mission principale.
  • CritĂšre organique : RĂšgle de rĂ©partition qui rattache d’abord la qualification Ă  la nature de l’auteur de l’acte avant que d’autres critĂšres ne soient mobilisĂ©s.
  • CritĂšre matĂ©riel : Approche de qualification qui privilĂ©gie le contenu et le rattachement de l’acte aux missions constitutionnelles plutĂŽt qu’à la seule qualitĂ© de l’auteur.
  • CƓur de l’activitĂ© institutionnelle : Partie de l’action d’une assemblĂ©e ou d’une juridiction indissociable de sa fonction premiĂšre, traitĂ©e comme zone non contrĂŽlĂ©e.
  • Organisation du service : Volet de l’action d’une institution qui relĂšve de la gestion quotidienne et qui peut ĂȘtre regardĂ© comme contrĂŽlable par le juge administratif.

Points essentiels

  • Pour les assemblĂ©es parlementaires, le juge administratif refuse de contrĂŽler des litiges de pensions d’anciens parlementaires dans l’affaire PAPON (CE, 2003).
  • Le juge administratif dĂ©cline aussi sa compĂ©tence pour les sanctions visant des parlementaires en exercice dans l’affaire GREMETZ (CE, 2011).
  • Le contrĂŽle juridictionnel est Ă©cartĂ© pour les actes relevant des rĂšglements internes du Parlement, comme dans l’affaire ESCRIVA (CE, 1996).
  • Le Tribunal des conflits pose la base de la matiĂšre par l’arrĂȘt PRÉFET DE GUYANE (1952) en distinguant fonction juridictionnelle et organisation des services publics de la justice.
  • Sont exclus du champ des actes administratifs lorsque l’on s’immisce dans le fonctionnement de la justice, par exemple l’installation de portiques en salle d’audience (CE, 2018, Ordres des avocats du barreau de Versailles).

Astuce mémo

CƓur de l’institution = hors contrîle ; Organisation du service = contrîlable (repùre GUYANE 1952).

8. Actes des assemblées parlementaires

Notions clés & Définitions

  • CƓur institutionnel : En droit administratif, le cƓur de l’activitĂ© d’institution (faire la loi ou rendre la justice) Ă©chappe en principe au contrĂŽle pour excĂšs de pouvoir.
  • ActivitĂ© administrative : L’activitĂ© administrative correspond Ă  l’organisation quotidienne du service, souvent davantage contrĂŽlable lorsqu’elle se dĂ©tache de la fonction institutionnelle.
  • Zone grise des actes : Une zone grise dĂ©signe les actes difficiles Ă  classer entre fonction institutionnelle et administration courante, avec une jurisprudence parfois moins linĂ©aire.
  • DĂ©cision Syndicat de la magistrature : La dĂ©cision de 2003 admet la compĂ©tence du juge administratif pour contrĂŽler une dĂ©cision du prĂ©sident du SĂ©nat relative Ă  une nomination au Conseil supĂ©rieur de la magistrature.

Points essentiels

  • Le juge administratif opĂšre un clivage entre la fonction institutionnelle (faire la loi, rendre la justice) et l’activitĂ© administrative (organisation du service) pour qualifier l’acte contestĂ©.
  • Tout ce qui est insĂ©parable de l’activitĂ© premiĂšre de l’institution est en principe inattaquable pour excĂšs de pouvoir.
  • La dĂ©cision Syndicat de la magistrature (Conseil d’État, 2003) retient un acte administratif pour le contrĂŽle d’une dĂ©cision du prĂ©sident du SĂ©nat relative Ă  une nomination au Conseil supĂ©rieur de la magistrature.
  • L’arrĂȘt GuĐČуапД (Conseil d’État, 1952) est prĂ©sentĂ© comme la base de rĂ©fĂ©rence des actes administratifs des assemblĂ©es et juridictions dans ce cours.

Astuce mémo

Clivage : Institution d’abord (intouchable), service ensuite (contrîlable) ; en zone grise, le juge peut requalifier (Syndicat de la magistrature 2003).

9. Actes administratifs des personnes privées

Notions clés & Définitions

  • Mandat explicite : MĂ©canisme de qualification oĂč une personne privĂ©e agit au nom d’une personne publique en vertu d’un mandat fondĂ© sur l’article 1984 du code civil, ce qui engage la personne publique au contrat.
  • Mandat administratif implicite : Construction jurisprudentielle oĂč une personne privĂ©e est regardĂ©e comme agissant pour le compte d’une personne publique sans mandat civil express, sous des exigences prĂ©cisĂ©es par le juge.
  • Transparence : ThĂ©orie de qualification oĂč une personne privĂ©e, contrĂŽlĂ©e et financĂ©e par une personne publique, n’a pas de volontĂ© distincte et laisse apparaĂźtre la personne publique derriĂšre elle.
  • Contrat accessoire : Principe de qualification oĂč le contrat conclu entre personnes privĂ©es peut devenir administratif s’il est l’accessoire d’un contrat administratif principal, selon un lien de dĂ©pendance Ă©tabli.
  • ThĂ©orie de l’objet : Jurisprudence historique selon laquelle certains contrats liĂ©s Ă  une activitĂ© considĂ©rĂ©e comme relevant “par nature” de l’État, comme la construction d’autoroutes, se voyaient attribuer un caractĂšre administratif.

Points essentiels

  • Entre deux personnes privĂ©es, le contrat ne peut pas ĂȘtre qualifiĂ© d’administratif et relĂšve en principe du droit privĂ© selon la dĂ©cision SociĂ©tĂ© Interlait de 1969.
  • Le mandat explicite permet la qualification administrative quand la personne privĂ©e agit pour le compte et au nom de la personne publique en application de l’article 1984 du code civil.
  • Le mandat administratif implicite est resserrĂ© par le Tribunal des conflits en 2017 Commune de Capbreton : la personne privĂ©e n’est mandataire que si la mission du cocontractant ou des conditions particuliĂšres prouvent qu’elle agit rĂ©ellement pour le compte de la collectivitĂ©.
  • La thĂ©orie de la transparence se fonde sur le contrĂŽle de l’organisation et du fonctionnement et sur l’essentiel des ressources : l’arrĂȘt Commune de Boulogne-Billancourt de 2007 qualifie alors d’administratifs les contrats conclus pour exĂ©cuter une mission de service public.
  • La thĂ©orie de l’objet relative aux autoroutes est abandonnĂ©e par le Tribunal des conflits avec la dĂ©cision Rispal de 2015, ce qui confie ensuite le contentieux au juge judiciaire.

Astuce mémo

Mandat-Transparence-Accessoire-Objet : 4 portes pour faire passer un contrat privĂ© vers l’administratif, avec “Objet” abandonnĂ© aprĂšs Rispal 2015.

10. Contrats administratifs et clauses exorbitantes

Notions clés & Définitions

  • Transparence contractuelle : Notion issue de la jurisprudence selon laquelle une personne privĂ©e est qualifiĂ©e de transparente car elle laisse apparaĂźtre, en rĂ©alitĂ©, l’autoritĂ© publique qui la contrĂŽle.
  • Clause exorbitante de droit commun : Clause qui fait basculer le contrat hors du cadre ordinaire des relations privĂ©es parce qu’elle emporte des droits et obligations non librement consentis en droit civil ou commercial.
  • RĂ©gime exorbitant : Extension du critĂšre de la clause exorbitante qui vise l’ensemble des rĂšgles juridiques entourant le contrat lorsque ce « cadre » rĂ©vĂšle des prĂ©rogatives publiques.
  • CritĂšre du service public : CritĂšre matĂ©riel de qualification : certains contrats conclus avec des partenaires privĂ©s deviennent administratifs lorsqu’ils servent de maniĂšre suffisamment Ă©troite l’exĂ©cution d’un service public.

Points essentiels

  • Pour qualifier un contrat entre une personne publique et un partenaire privĂ©, les critĂšres matĂ©riels sont alternatifs et suffisent l’un ou l’autre.
  • La dĂ©lĂ©gation d’un service public au cocontractant privĂ© conduit Ă  la qualification de contrat administratif, comme pour l’arrĂȘt Époux Bertin (1956).
  • La participation Ă  l’exĂ©cution du service public rend le contrat administratif seulement si le lien avec le service public n’est pas trop lĂąche, selon Consort Grimouard (1956).
  • Le Tribunal des conflits retient que la clause exorbitante est celle qui fait naĂźtre des droits et obligations Ă©trangers, par leur nature, Ă  ceux librement consentis en droit civil ou commercial, arrĂȘt Commune de Bourisp (1999).
  • En 2014, la clause exorbitante est redĂ©finie comme celle qui, par les prĂ©rogatives de la personne publique dans l’exĂ©cution, implique l’application d’un rĂ©gime exorbitant des contrats administratifs, arrĂȘt AXA France (2014).
  • Lorsque l’objectif d’une mission confiĂ©e Ă  des sociĂ©tĂ©s privĂ©es relĂšve de l’autoritĂ© de la police administrative de l’État, le Conseil d’État qualifie ces contrats d’administratifs, dĂ©cision SociĂ©tĂ© AĂ©roport de Paris (2009).

Astuce mémo

Contrat administratif si Service public OU Clause exorbitante (alternatif), puis repĂšre la bascule vers l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral avec les prĂ©rogatives publiques (AXA 2014).

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1822Décision Laffitte (théorie des actes de gouvernement / mobile politique)
1875Décision Prince Napoléon (abandon apparent du critÚre du mobile politique)
1888Georges Rouette avertit qu’il faut dĂ©finir l’acte juridique par l’énoncĂ© de ses exemples
2016RĂ©forme du Code civil : dĂ©finition de l’acte juridique Ă  l’article 1100-1
1790Loi des 16 et 24 Aout 1790 (séparation des autorités)
1952ArrĂȘt PrĂ©fet de Guyane (distingue fonction juridictionnelle / organisation du service de la justice)
1958Ordonnance du 17 novembre 1958 : article 8 (ouverture encadrée de compétence pour les litiges individuels)
1993Exemple d’acte dĂ©tachable : Royaume-Uni
 (rejet d’une demande d’extradition)
1999DĂ©cision PrĂ©sidence de l’AssemblĂ©e nationale (rĂ©gularitĂ© de marchĂ©s) ; et arrĂȘt Commune de Bourisp (clause exorbitante : droits/obligations Ă©trangers au droit commun)
2003DĂ©cision Syndicat de la magistrature (contrĂŽle d’une dĂ©cision du prĂ©sident du SĂ©nat relative Ă  une nomination)

Tableaux de synthĂšse

Acte vs fait : critĂšre de qualification

QualificationCritÚre de scissionConséquence
Acte juridiqueEffets de droit recherchĂ©s (volontĂ© de l’auteur)L’action relĂšve de l’acte
Fait juridiqueEffets de droit non recherchĂ©s (absence de volontĂ© orientĂ©e)L’action relĂšve du fait
Correction (volontĂ© nĂ©cessaire)La volontĂ© n’est indispensable que dans certains casSeules ces situations deviennent acte

Acte administratif : clĂ© d’emboĂźtement

CandidatCritĂšre dominantCritĂšre de renfort
Acte unilatĂ©ralPrincipe de sĂ©paration (et administrativitĂ© de l’auteur/mission)Analyse du pĂ©rimĂštre exclu (actes de gouvernement, cƓur institutionnel)
Contrat (plurilatéral)Regard sur la loi puis présomptions organiquesCritÚres matériels alternatifs : service public ou clause/régime exorbitant

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre la définition contentieuse (acte attaquable devant le juge administratif) avec une définition de la substance : elle est dite « conceptuellement assez vide ».
  2. Inverser le critĂšre acte/fait : retenir que « volontĂ© de produire l’effet » serait inutile alors que c’est le point de scission central et que la thĂšse de la volontĂ© nĂ©cessaire corrige ses variations.
  3. Penser que l’impĂ©ratif est une propriĂ©tĂ© essentielle de toute norme : le cours oppose registres impĂ©ratif/non-impĂ©ratif et explique que l’impĂ©rativitĂ© n’est plus suprĂȘme.
  4. Croire que « acte administratif = acte Ă©crit » : le cours insiste au contraire que l’acte juridique peut ĂȘtre informel (ex. silence de l’administration).
  5. Appliquer mĂ©caniquement le critĂšre organique aux contrats : le cours rappelle qu’en cas de mixitĂ© (privĂ©/public) les critĂšres matĂ©riels (service public / clause exorbitante) deviennent dĂ©terminants.
  6. Confondre mandat implicite et mandat administratif : en 2017 (Capbreton) le mandat implicite est resserrĂ© et exige des Ă©lĂ©ments prĂ©cis prouvant l’action « pour le compte ».
  7. Qualifier un acte de justice comme administratif : le cours rappelle que les actes impliquant « s’immiscer dans le fonctionnement » (ex. portiques) sont rejetĂ©s comme non administratifs.

Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi le droit administratif est prĂ©sentĂ© comme « droit prĂ©torien » et comment la dĂ©finition contentieuse de l’acte administratif dĂ©pend du tri jurisprudentiel du juge.
  2. DĂ©finir l’acte juridique Ă  partir de la « manifestation d’un ou plusieurs volontĂ©s destinĂ©es Ă  produire des effets de droit » et relier cette logique Ă  la norme en droit administratif.
  3. Comparer acte juridique et fait juridique par le critĂšre de la volontĂ© de l’auteur et justifier les difficultĂ©s d’application (ex. vagabond ; changement de domicile).
  4. PrĂ©senter la thĂšse de la « volontĂ© nĂ©cessaire » et dire ce qu’elle change (cas oĂč la volontĂ© est indispensable : seul cela demeure un acte).
  5. Montrer que la volontĂ© est minorĂ©e puis utilitĂ© en droit administratif, et expliquer pourquoi elle reste « le point de dĂ©part irrĂ©ductible » de l’acte juridique.
  6. DĂ©finir la norme comme modĂšle de comportement (avec sollen/sein chez Kelsen) et prĂ©ciser que la sanction n’est pas un Ă©lĂ©ment constitutif du concept selon la prĂ©sentation du cours.
  7. Distinguer registre impĂ©ratif et registre non impĂ©ratif (direction autoritaire/non-autoritaire chez Paul Amselek) et citer l’idĂ©e que la doctrine peut classer le droit « flou/mou/doux ».
  8. Expliquer la juridicitĂ© (justiciabilitĂ©) et le rĂŽle du rattachement Ă  l’État : dire ce qui fonde la juridicitĂ© d’une norme produit par l’auteur habilitĂ©.
  9. Lister les consĂ©quences de la qualification : la compĂ©tence du juge administratif dĂ©pend du fait que l’acte soit administratif, sinon il relĂšve du juge civil ou d’aucune compĂ©tence.
  10. Exposer la thĂ©orie des actes de gouvernement (immunitĂ© juridictionnelle), sa source (Laffitte 1822), la nuance (Prince NapolĂ©on 1875) et la technique de l’acte dĂ©tachable.
  11. Appliquer le clivage cƓur de l’activitĂ© institutionnelle / activitĂ© administrative d’organisation pour les assemblĂ©es et pour les juridictions (base : PrĂ©fet de Guyane 1952 ; exemple de zone grise : Syndicat de la magistrature 2003).
  12. RĂ©sumer la sĂ©paration autoritĂ©s (loi des 16 et 24 Aout 1790) et articuler la prĂ©somption organique puis ses tempĂ©raments : gestion du domaine privĂ©, gestion d’un SPIC, et cas des personnes privĂ©es (SPA/SPIC).
  13. Pour les contrats, appliquer la méthode en 3 temps : regarder la loi (commande publique / contrats administratifs par détermination légale), puis le critÚre organique, puis les critÚres matériels alternatifs service public / clause (ou régime) exorbitant.
  14. DĂ©crire les 4 « portes » permettant de qualifier un contrat privĂ© vers l’administratif (mandat explicite, mandat administratif implicite resserrĂ© par Capbreton 2017, transparence 2007, contrat accessoire) et rappeler l’abandon de l’objet par Rispal 2015.

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1. Pourquoi la dĂ©finition contentieuse de l’acte administratif est-elle jugĂ©e peu opĂ©rante ?

2. Dans l’approche de la normativitĂ©, que dĂ©signe surtout l’opposition entre « sollen » et « sein » ?

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Acte administratif — dĂ©finition ?

Acte relevant du droit administratif, attaquable devant le juge administratif.

Fait juridique — dĂ©finition ?

ÉvĂ©nement produisant un effet de droit sans volontĂ© de l’auteur.

VolontĂ© — rĂŽle ?

Condition de qualification de l’acte administratif.

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