Revision sheet: Introduction aux Relations Internationales

Plan du Cours

  1. Définir les relations internationales et la nation
  2. Relations internationales et acteurs multiples
  3. Société interétatique et traités de Westphalie
  4. Colonisation, terra nullius et Antarctique
  5. Paix et développement économique dans la société interétatique
  6. ONU et systĂšme onusien : Charte et organes
  7. Assemblée générale : soft law et modalités de vote
  8. Conseil de sécurité : chapitres 5 et 7
  9. Cour internationale de Justice : statut et procédures
  10. Secrétariat et secrétaire général
  11. Organisations spĂ©cialisĂ©es et apparentĂ©es Ă  l’ONU
  12. Réalisme : puissance, dissuasion et stabilité

1. Définir les relations internationales et la nation

Notions clés & Définitions

  • Relations internationales : Les relations internationales dĂ©signent les rapports entre plusieurs nations portant sur leurs interactions entre elles.
  • Nation : La nation est un groupe d’individus partageant une origine commune, notion renforcĂ©e Ă  partir du XVIIIe siĂšcle.
  • État-nation : L’État-nation dĂ©signe l’idĂ©e selon laquelle l’État trouve ses racines dans la nation, qui devient une source majeure de souverainetĂ©.
  • Anarchie internationale : L’anarchie internationale correspond Ă  l’absence d’autoritĂ© supĂ©rieure aux États sur la scĂšne internationale.
  • SystĂšme international : Le systĂšme international est un ensemble d’unitĂ©s liĂ©es par des interactions rĂ©guliĂšres, oĂč un changement dans l’une affecte les autres.

Points essentiels

  • Jeremy Bentham crĂ©e le terme « relations internationales » en 1789 pour distinguer l’interne et l’externe du droit.
  • La nation renvoie Ă  l’étymologie latine natio, nascere (naĂźtre) et devient centrale dans la modernitĂ© politique et sociale.
  • En France, la DDHC (article 3) rattache la souverainetĂ© Ă  la nation, prĂ©sentĂ©e comme source essentielle de toute souverainetĂ©.
  • DĂ©finition politique de la nation : corps politique de citoyens libres et Ă©gaux en droit, dĂ©tenteur lĂ©gitime de la souverainetĂ©.
  • Sur la scĂšne internationale, il n’existe pas d’autoritĂ© au-dessus des États : on parle d’anarchie, donc d’absence d’ordre supĂ©rieur.
  • Les relations internationales impliquent des acteurs multiples (États, organisations internationales, ONG, individus) alors que les relations internes sont structurĂ©es autour de l’État.

Astuce mémo

Bentham 1789 = « interne/externe » : les relations internationales servent à sortir du cadre interne vers la scÚne entre nations.

2. Relations internationales et acteurs multiples

Notions clés & Définitions

  • Droit international public : Le droit international public est un ensemble de rĂšgles destinĂ© Ă  rĂ©gir la conduite des relations internationales.
  • Consentement des États : Le consentement des États fonde l’obligation en droit international, car un État ne peut ĂȘtre tenu sans avoir acceptĂ© la rĂšgle.
  • PersonnalitĂ© juridique internationale : La personnalitĂ© juridique internationale est l’aptitude d’un sujet Ă  avoir des droits et des devoirs sur la scĂšne internationale.
  • CritĂšres de l’État en droit international : Les critĂšres de l’État sont les Ă©lĂ©ments permettant de qualifier une entitĂ© comme État dans l’ordre international.
  • Reconnaissance juridique de l’État : La reconnaissance juridique de l’État est l’acte par lequel un État admet l’existence et/ou la lĂ©gitimitĂ© d’une entitĂ© comme État, produisant des effets juridiques.

Points essentiels

  • Le droit international public est un corps de rĂšgles obligatoires, produit par des voies reconnues de formation et de mise en Ɠuvre.
  • Le droit international peut ĂȘtre vu comme un ensemble coordonnĂ© qui organise l’adoption de rĂšgles pour des sujets dĂ©terminĂ©s et prĂ©voit des mesures en cas d’inexĂ©cution.
  • La volontĂ© des États est Ă  l’origine du droit international, car les rĂšgles naissent du concours et du consentement direct ou indirect des États.
  • Dans l’affaire du vapeur Wimbledon (CPJI, 1923), la Cour affirme qu’il faut un consentement de l’État pour qu’une obligation naisse.
  • Dans l’affaire Lotus (CPJI, 1927), la Cour rappelle qu’un État ne peut ĂȘtre contraint pour ce qu’il n’a pas consenti, et que les limitations de l’indĂ©pendance ne se prĂ©sument pas.
  • L’État est le sujet principal du droit international public et le sujet originaire, tandis que les organisations internationales sont des sujets dĂ©rivĂ©s dont les compĂ©tences viennent des États via le traitĂ© constitutif.

Astuce mémo

Consentement = obligation : pas de consentement, pas d’obligation (Wimbledon/Lotus).

3. Société interétatique et traités de Westphalie

Notions clés & Définitions

  • SociĂ©tĂ© interĂ©tatique : La sociĂ©tĂ© interĂ©tatique dĂ©signe l’ensemble des relations entre États, organisĂ©es pour permettre la coexistence puis la coopĂ©ration.
  • TraitĂ©s de Westphalie : Les traitĂ©s de Westphalie sont des accords du XVIIe siĂšcle qui marquent la consolidation du cadre Ă©tatique et des relations entre États.
  • Organisation internationale : Une organisation internationale est une structure créée par des États pour traiter des questions techniques dans un champ de compĂ©tences dĂ©fini.
  • Principe de spĂ©cialitĂ© : Le principe de spĂ©cialitĂ© impose Ă  une organisation internationale d’agir uniquement dans les compĂ©tences prĂ©vues par son traitĂ© constitutif.
  • Terra nullius : Terra nullius dĂ©signe un territoire considĂ©rĂ© comme sans peuple ni souverain identifiĂ©, concept mobilisĂ© dans la colonisation.

Points essentiels

  • Les organisations internationales sont créées par les États et leurs compĂ©tences dĂ©rivent juridiquement de ceux-ci.
  • Une organisation internationale n’a pas une libertĂ© totale : elle ne peut dĂ©cider que dans le champ octroyĂ© par le traitĂ© constitutif.
  • Le traitĂ© constitutif sert Ă  dĂ©terminer la compĂ©tence de l’organisation et fixe ses limites d’action.
  • La sociĂ©tĂ© interĂ©tatique Ă©volue historiquement de la coexistence vers la coopĂ©ration puis vers l’intĂ©gration.
  • L’État est prĂ©sentĂ© comme le sujet immĂ©diat du droit international, tandis que l’individu est surtout un sujet mĂ©diat.
  • La colonisation est dĂ©finie comme une expansion territoriale fondĂ©e sur l’occupation d’une terre par un État, avec un peuple diffĂ©rent, et un processus d’exploitation rĂ©el ou supposĂ© au profit de l’occupant.

Astuce mémo

Westphalie = États consolidĂ©s ; OI = compĂ©tences “sur mesure” par le traitĂ© constitutif.

4. Colonisation, terra nullius et Antarctique

Notions clés & Définitions

  • Doux commerce : ThĂ©orie libĂ©rale selon laquelle le commerce rend la guerre moins probable entre États car leurs intĂ©rĂȘts deviennent interdĂ©pendants.
  • Organisations internationales techniques : Organisations interĂ©tatiques Ă  objet prĂ©cis et concret, créées pour harmoniser des volontĂ©s et faciliter des dĂ©cisions dans un domaine spĂ©cialisĂ©.
  • Acte final : Document de 1815 qui lance une premiĂšre organisation internationale technique dĂ©diĂ©e Ă  la navigation du Rhin.
  • Commission europĂ©enne du Danube : Organisation internationale technique créée en 1856 pour amĂ©liorer la navigation sur le Danube, avec des participants frontaliers.
  • SDN : Organisation politique universelle créée aprĂšs la PremiĂšre Guerre mondiale pour promouvoir paix et sĂ©curitĂ© internationales via un cadre institutionnel supĂ©rieur aux États.

Points essentiels

  • Montesquieu associe la baisse du risque de guerre Ă  l’existence d’intĂ©rĂȘts commerciaux forts, liĂ©s Ă  la stabilitĂ© et Ă  la dynamique des Ă©changes.
  • Au XIXe siĂšcle, les États crĂ©ent des organisations internationales pour harmoniser leurs volontĂ©s, faciliter les Ă©changes et organiser la prise de dĂ©cision.
  • La Commission centrale pour la navigation du Rhin (1815) est une organisation technique exclusivement dĂ©diĂ©e au Rhin, avec Allemagne, Belgique, France, Pays-Bas et Suisse.
  • La Commission europĂ©enne du Danube (1856) reprend le mĂȘme principe mais pour un autre fleuve, avec 11 participants frontaliers du Danube.
  • Avant la PremiĂšre Guerre mondiale, on compte une quinzaine d’organisations internationales, ce qui reste limitĂ©.
  • La SDN est créée par le traitĂ© de Versailles, le 28 juin 1919, et son pacte est annexĂ© au traitĂ©.

Astuce mémo

Commerce → intĂ©rĂȘts partagĂ©s → guerre moins probable.

5. Paix et développement économique dans la société interétatique

Notions clés & Définitions

  • Mondialisation : La mondialisation dĂ©signe l’intensification et la fluidification des Ă©changes dans de nombreux domaines, rendus plus rapides par les transports et les communications.
  • Acteur international : Un acteur international est une entitĂ© (individu, entreprise, ONG) capable d’agir et de s’exprimer sur la scĂšne internationale.
  • Figure de l’État : La figure de l’État correspond Ă  la place centrale traditionnellement reconnue Ă  l’État, aujourd’hui discutĂ©e dans un contexte globalisĂ©.
  • SociĂ©tĂ© des Nations : La SociĂ©tĂ© des Nations est l’ancĂȘtre de l’ONU, créée pour organiser la coopĂ©ration entre États et prĂ©venir les conflits par le droit.
  • Organisation des Nations unies : L’Organisation des Nations unies est une organisation internationale visant Ă  traiter des questions affectant la paix et Ă  reprĂ©senter la communautĂ© internationale.

Points essentiels

  • L’État est prĂ©sentĂ© comme le premier sujet du droit international, mais sa centralitĂ© est contestĂ©e au XXIe siĂšcle.
  • La mondialisation s’appuie notamment sur l’accĂ©lĂ©ration des transports Ă  partir des annĂ©es 70, ce qui facilite les Ă©changes et la communication.
  • La montĂ©e d’acteurs non Ă©tatiques pose la question de savoir s’ils peuvent remettre en cause l’État.
  • La SociĂ©tĂ© des Nations est fondĂ©e sur les 14 points de Wilson (discours de 1918) appelant Ă  une association gĂ©nĂ©rale de nations.
  • La SDN vise Ă  rĂ©gler pacifiquement les diffĂ©rends en privilĂ©giant le droit plutĂŽt que la force.
  • L’objectif de la SDN inclut la rĂ©duction des armements et le respect du droit international ainsi que de l’intĂ©gritĂ© territoriale et de l’indĂ©pendance politique des membres.

Astuce mémo

Mondialisation = Transports (annĂ©es 70) + Communication rapide → plus d’acteurs → État contestĂ©.

6. ONU et systĂšme onusien : Charte et organes

Notions clés & Définitions

  • Charte de San Francisco : TraitĂ© fondateur de l’ONU adoptĂ© lors de la confĂ©rence de San Francisco en 1945, qui organise ses organes et leurs compĂ©tences.
  • AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale : Organe politique dĂ©libĂ©rant de l’ONU oĂč siĂšgent tous les États membres et oĂč des rĂ©solutions peuvent ĂȘtre adoptĂ©es.
  • Conseil de sĂ©curitĂ© : Organe restreint de l’ONU chargĂ© du maintien de la paix et pouvant adopter des mesures contraignantes.
  • Cour permanente de justice internationale : Juridiction créée dans le cadre de la SDN, composĂ©e de 15 juges, dont la compĂ©tence pouvait ĂȘtre reconnue par les États.
  • CIJ : Juridiction qui remplace la CPJI aprĂšs 1946, en poursuivant l’activitĂ© sous un autre nom.

Points essentiels

  • La confĂ©rence de San Francisco (25 avril–26 juin 1945) rĂ©unit 51 États fondateurs, et l’ONU compte aujourd’hui 193 États membres.
  • Le siĂšge de l’ONU est Ă  New York, et non Ă  GenĂšve, ce qui marque un changement institutionnel majeur.
  • L’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale (chapitre IV, articles 9 Ă  22) est un organe oĂč chaque État a une voix et qui discute des affaires relevant de la Charte.
  • Les rĂ©solutions de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale relĂšvent de la soft law et ne sont pas juridiquement contraignantes.
  • Le Conseil de sĂ©curitĂ© (chapitres V et VII) est un organe restreint de 15 membres, avec P5 (Russie, Chine, Royaume-Uni, France, États-Unis) et 10 non permanents Ă©lus pour 2 ans.
  • Les rĂ©solutions du Conseil de sĂ©curitĂ© relĂšvent du hard law et peuvent ĂȘtre contraignantes, notamment via le chapitre VII, avec possibilitĂ© d’usage de la force sous conditions.

Astuce mémo

Soft law AG / Hard law Conseil : AG = “avis”, Conseil = “contraint”.

7. Assemblée générale : soft law et modalités de vote

Notions clés & Définitions

  • Recommandations de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale : L’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale peut adopter des recommandations qui visent Ă  inflĂ©chir une situation sans imposer une obligation juridique directe.
  • RĂ©solution 76/262 : La rĂ©solution 76/262 organise un mĂ©canisme de dĂ©bat Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale aprĂšs l’exercice d’un droit de veto au Conseil de sĂ©curitĂ©.
  • Droit de veto au Conseil de sĂ©curitĂ© : Le droit de veto permet Ă  un membre permanent du Conseil de sĂ©curitĂ© de bloquer l’adoption d’une dĂ©cision, ce qui peut dĂ©clencher un dĂ©bat Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale.
  • DĂ©bat Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale sous 10 jours : AprĂšs un veto, un dĂ©bat est prĂ©vu Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale dans les 10 jours suivants, avec obligation pour le membre concernĂ© de s’expliquer.

Points essentiels

  • L’article 10 permet Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale d’examiner une question Ă  la place du Conseil de sĂ©curitĂ©, mais uniquement sous forme de recommandations.
  • L’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale peut recommander l’usage de la force, ce qui montre l’interaction entre organes de l’ONU.
  • Une rĂ©solution de type « paralysie » vise Ă  pallier les blocages du Conseil de sĂ©curitĂ©.
  • En 2022, le blocage du Conseil de sĂ©curitĂ© dans le contexte de la guerre en Ukraine conduit Ă  l’adoption de la rĂ©solution 76/262 le 26 avril 2022.
  • Chaque fois qu’un droit de veto est exercĂ© au Conseil de sĂ©curitĂ©, un dĂ©bat est organisĂ© Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale dans les 10 jours suivants.
  • Le membre qui exerce son droit de veto doit s’expliquer devant les autres lors de ce dĂ©bat.

Astuce mémo

Veto = 10 jours + explication à l’AG (76/262).

8. Conseil de sécurité : chapitres 5 et 7

Notions clés & Définitions

  • Organisation mondiale du tourisme : Organisation spĂ©cialisĂ©e de l’ONU qui traite du tourisme, de la durabilitĂ© environnementale et de la croissance Ă©conomique depuis 1975.
  • Organisation mondiale de la santĂ© : Institution créée en 1948 chargĂ©e de diriger l’action sanitaire mondiale.
  • Haut-Commissariat pour les rĂ©fugiĂ©s : Agence de l’ONU créée en 1950 dont la mission est de sauver des vies, protĂ©ger les droits et aider rĂ©fugiĂ©s et apatrides.
  • ONU-Femmes : Organisation créée en 2010 pour promouvoir l’égalitĂ© des sexes, issue de la fusion de quatre composantes.
  • Agence internationale de l’énergie atomique : Agence liĂ©e au systĂšme onusien chargĂ©e de promouvoir une technologie nuclĂ©aire sĂ»re, sĂ©curisĂ©e et pacifique et de vĂ©rifier l’application du TNP.

Points essentiels

  • Le siĂšge de l’Organisation mondiale du tourisme est Ă  Madrid et son secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral est Cheikh Alnwais.
  • L’Organisation mondiale de la santĂ© a Ă©tĂ© créée en 1948, a son siĂšge Ă  GenĂšve et son secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral est Tedros Adhanom Ghebreyesus.
  • Le HCR a Ă©tĂ© créé en 1950, a son siĂšge Ă  GenĂšve et son Haut-Commissaire est Barham Salih, en poste depuis le 1er janvier.
  • ONU-Femmes a Ă©tĂ© créée en 2010 Ă  partir de la fusion de quatre composantes et son siĂšge est Ă  New York City.
  • L’AIEA a Ă©tĂ© créée en 1957, a son siĂšge en Autriche et son directeur gĂ©nĂ©ral est Rafael Mariano Grossi.
  • Le TNP est signĂ© en 1968, entre en vigueur en 1970, est prolongĂ© indĂ©finiment en 1995 et compte 191 États parties aujourd’hui.

Astuce mémo

OMS = GenÚve (santé) ; OMT = Madrid (tourisme) ; HCR = 1950 GenÚve (réfugiés) ; ONU-Femmes = 2010 New York (égalité) ; AIEA = 1957 Autriche (nucléaire + TNP).

9. Cour internationale de Justice : statut et procédures

Notions clés & Définitions

  • Puissance relationnelle : La puissance est une capacitĂ© relationnelle permettant Ă  un acteur d’obtenir d’un autre un comportement conforme Ă  sa volontĂ©, mĂȘme en prĂ©sence de rĂ©sistances.
  • CapacitĂ© de contraindre : La capacitĂ© de contraindre est une forme de puissance qui pousse l’autre Ă  changer par la menace ou la punition, y compris via la cessation de la menace si le comportement attendu apparaĂźt.
  • CapacitĂ© d’influencer : La capacitĂ© d’influencer est une forme de puissance qui modifie le comportement de l’autre par la promesse de rĂ©compense, sans contrainte directe.
  • Puissance potentielle : La puissance potentielle est l’ensemble des ressources pouvant servir Ă  constituer une force, mais qui ne produisent pas forcĂ©ment une puissance militaire rĂ©elle.
  • Puissance rĂ©elle : La puissance rĂ©elle est la puissance militaire concrĂšte rĂ©sultant des choix de l’État pour transformer ses ressources en capacitĂ©s opĂ©rationnelles.

Points essentiels

  • La puissance se comprend comme un rapport entre acteurs, oĂč l’effet sur l’autre est central dans l’interaction.
  • La contrainte agit par menace ou punition, et peut aussi fonctionner par retrait de la menace si l’autre s’adapte.
  • L’influence agit par carotte, car l’autre modifie son comportement de lui-mĂȘme en rĂ©ponse Ă  une rĂ©compense promise.
  • La puissance militaire est privilĂ©giĂ©e dans l’approche capacitaire car, dans le postulat rĂ©aliste, l’anarchie internationale impose le self-help.
  • Mearsheimer distingue puissance potentielle et puissance rĂ©elle : deux États peuvent avoir des ressources proches mais des capacitĂ©s militaires rĂ©elles diffĂ©rentes.
  • Pour Ă©valuer la puissance militaire rĂ©elle, on mobilise 5 critĂšres : nombre de soldats, qualitĂ© des soldats, nombre d’armes, qualitĂ© des armes, qualitĂ© de l’organisation et de la prĂ©paration.

Astuce mémo

Contraindre = punir/retirer la menace ; Influencer = rĂ©compenser/laisser l’autre choisir.

10. Secrétariat et secrétaire général

Notions clés & Définitions

  • StabilitĂ© hĂ©gĂ©monique : La stabilitĂ© hĂ©gĂ©monique est une thĂ©orie selon laquelle la domination d’une seule puissance produit plus de stabilitĂ© qu’un Ă©quilibre entre plusieurs puissances.
  • Pax Britannica : La Pax Britannica dĂ©signe une pĂ©riode de stabilitĂ© associĂ©e Ă  la concentration de la puissance dans les mains d’un seul État.
  • Pax Americana : La Pax Americana dĂ©signe une pĂ©riode de stabilitĂ© associĂ©e Ă  la concentration de la puissance dans les mains d’un seul État.
  • Dilemme de la sĂ©curitĂ© : Le dilemme de la sĂ©curitĂ© est l’idĂ©e que les efforts d’un État pour accroĂźtre sa sĂ©curitĂ© diminuent souvent celle des autres.
  • Dissuasion : La dissuasion est une stratĂ©gie visant Ă  convaincre un adversaire de ne pas agir en raison des coĂ»ts et risques perçus.

Points essentiels

  • La stabilitĂ© hĂ©gĂ©monique s’oppose Ă  l’idĂ©e que l’équilibre des puissances est la source principale de stabilitĂ©.
  • Dans la logique hĂ©gĂ©monique, une puissance dominante rend la guerre moins probable car la guerre est jugĂ©e trop dangereuse et contre-productive.
  • L’égalitĂ© relative des puissances est prĂ©sentĂ©e comme une source d’instabilitĂ©, car les chances de victoire deviennent plus comparables.
  • Le dilemme de la sĂ©curitĂ© (Herz, repris par Jervis) repose sur le fait que les moyens censĂ©s sĂ©curiser un État rĂ©duisent la sĂ©curitĂ© des autres.
  • Le dilemme est permanent mais son intensitĂ© varie selon des facteurs qui influencent la perception et la rĂ©action des États.
  • L’incapacitĂ© Ă  distinguer clairement armes dĂ©fensives et offensives pousse, par prĂ©caution, Ă  investir davantage, ce qui accroĂźt la probabilitĂ© de guerre.

Astuce mémo

Serpent qui se mord la queue : chaque renforcement pour se protĂ©ger dĂ©clenche la riposte de l’autre.

11. Organisations spĂ©cialisĂ©es et apparentĂ©es Ă  l’ONU

Notions clés & Définitions

  • LibĂ©ralisme en relations internationales : Approche qui part de la possibilitĂ© de relations de confiance entre États et privilĂ©gie la rĂ©solution pacifique des diffĂ©rends.
  • RĂ©alisme en relations internationales : Approche qui conteste l’idĂ©e d’une confiance durable entre États et met davantage l’accent sur la mĂ©fiance et la gestion du risque.
  • Paix dĂ©mocratique : ThĂ©orie reliant le rĂ©gime dĂ©mocratique Ă  une baisse des conflits entre dĂ©mocraties, via des mĂ©canismes de confiance et de prĂ©visibilitĂ©.
  • Pacifisme sĂ©lectif : IdĂ©e selon laquelle les dĂ©mocraties Ă©vitent la guerre entre elles mais peuvent ĂȘtre plus enclines Ă  combattre des non-dĂ©mocraties.
  • Doux commerce : ThĂ©orie selon laquelle le commerce crĂ©e des interdĂ©pendances qui rendent la guerre moins attractive et favorisent la paix.

Points essentiels

  • Pour le libĂ©ralisme, la confiance permet que le premier recours des États face Ă  un problĂšme soit la rĂ©solution pacifique, mĂȘme si elle peut Ă©chouer.
  • Le rĂ©alisme rejette l’idĂ©e d’une confiance suffisante et insiste sur la mĂ©fiance, ce qui modifie la maniĂšre de gĂ©rer la possibilitĂ© de guerre.
  • La paix dĂ©mocratique s’appuie sur un constat empirique de quasi-absence de guerres entre dĂ©mocraties, notamment depuis 1815, avec une explication liĂ©e Ă  la raretĂ© des guerres.
  • L’effet dyadique (pacifisme sĂ©lectif) indique que les dĂ©mocraties se font moins la guerre entre elles, mais davantage aux non-dĂ©mocraties.
  • L’effet monadique indique que les dĂ©mocraties sont globalement plus pacifiques, donc moins capables de faire la guerre, mĂȘme si la paix n’est pas intrinsĂšque au rĂ©gime.
  • La thĂ©orie de la paix dĂ©mocratique attribue Ă  Kant l’idĂ©e que la constitution civile rĂ©publicaine (au sens de sĂ©paration des pouvoirs et reprĂ©sentation) favorise la paix en donnant une voix aux peuples et en faisant pesĂ©

Astuce mémo

Confiance → compromis : dĂ©mocraties = paix entre elles ; commerce = intĂ©rĂȘts croisĂ©s qui rendent la guerre coĂ»teuse.

12. Réalisme : puissance, dissuasion et stabilité

Notions clés & Définitions

  • Commerce vs guerre : Notion opposant l’échange Ă©conomique Ă  la conquĂȘte militaire comme modes d’acquisition des biens et de recherche d’avantages.
  • Norman Angell : Auteur de La Grande Illusion, qui dĂ©fend l’idĂ©e que la guerre est Ă©conomiquement contre-productive mĂȘme si elle peut ĂȘtre gagnĂ©e.
  • InterdĂ©pendance : Notion reliant les Ă©conomies entre elles, de sorte qu’un conflit perturbe les Ă©changes et entraĂźne des pertes de richesse.
  • Paix capitaliste : Perspective selon laquelle l’économie et le commerce rĂ©duisent l’incitation Ă  la guerre via la rentabilitĂ©, les rĂ©seaux et la vulnĂ©rabilitĂ© partagĂ©e.
  • Fonctionnalisme : Approche de David Mitrany qui privilĂ©gie des coopĂ©rations techniques centrĂ©es sur des besoins concrets plutĂŽt que des ambitions politiques gĂ©nĂ©rales.

Points essentiels

  • Le raisonnement rĂ©aliste prĂ©sentĂ© conduit Ă  abandonner le commerce au profit de la guerre, car la guerre est dĂ©crite comme dĂ©savantageuse et le commerce comme avantageux.
  • L’argument d’Angell n’affirme pas que la guerre est impossible, mais qu’elle est futile et Ă©conomiquement contre-productive mĂȘme en cas de victoire.
  • La PremiĂšre Guerre mondiale sert de contre-exemple : elle montre que les États ne se comportent pas toujours de façon rationnelle malgrĂ© les calculs Ă©conomiques.
  • Le commerce est prĂ©sentĂ© comme un moyen alternatif actif pour acquĂ©rir des biens, car il favorise les communications et les interactions entre États et acteurs privĂ©s.
  • L’interdĂ©pendance crĂ©e une vulnĂ©rabilitĂ© : un Ă©change perturbĂ© peut provoquer des pertes via l’investissement et un risque d’écroulement des marchĂ©s financiers internationaux.
  • Les acteurs privĂ©s disposant d’intĂ©rĂȘts dans plusieurs États peuvent exercer une pression pour Ă©viter les conflits afin de protĂ©ger investissements et profits.

Astuce mémo

Commerce = gains partagés ; guerre = pertes communes (dissuasion par interdépendance).

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1789Jeremy Bentham invente le terme « relations internationales » dans Introduction aux principes de la morale et de la législation.
1648Fin de la guerre de Trente Ans et signature des traités de Westphalie, repÚre historique du droit international.
1815CongrÚs de Vienne et Acte final (9 juin 1815) lançant la Commission centrale pour la navigation du Rhin.
24 octobre 1970RĂ©solution 2625 de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale : dĂ©claration relative aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopĂ©ration entre les États.
28 juin 1919Traité de Versailles : création de la SDN et pacte annexé au traité.
10 janvier 1920EntrĂ©e en fonction de la SDN aprĂšs ratification de l’Allemagne.
26 juin 1945Adoption de la Charte des Nations unies lors de la conférence de San Francisco.
24 octobre 1945Entrée en vigueur de la Charte des Nations unies.
26 avril 2022Adoption de la résolution 76/262 aprÚs le blocage du Conseil de sécurité dans le contexte de la guerre en Ukraine.
1er janvier 2017AntĂłnio Guterres prend ses fonctions de secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU.

Tableaux de synthĂšse

Relations internationales vs relations internes

DimensionRelations internationalesRelations internes
AutoritĂ© supĂ©rieureAbsence d’autoritĂ© au-dessus des États (anarchie)En interne, l’État est au-dessus des individus
ActeursMultiples acteurs : États, organisations internationales, ONG, individusActeurs structurĂ©s autour de l’État
CadreSociĂ©tĂ© internationale organisĂ©e par des interactions rĂ©guliĂšresOrdre juridique interne centrĂ© sur l’État

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre « relations internationales » et « droit international » : les premiÚres décrivent des rapports entre acteurs, le second est un ensemble de rÚgles pour les régir.
  2. Croire que l’anarchie internationale signifie absence totale d’ordre : le cours insiste plutĂŽt sur l’absence d’autoritĂ© supĂ©rieure aux États.
  3. Penser que les organisations internationales ont une liberté totale : elles agissent seulement dans le champ du traité constitutif (principe de spécialité).
  4. Inverser la logique du consentement : sans consentement, pas d’obligation (Wimbledon/Lotus).
  5. Confondre reconnaissance juridique et reconnaissance identitaire : la premiĂšre vise l’admission comme État avec effets juridiques, la seconde l’identitĂ© en tant qu’État.
  6. Croire que l’individu est un sujet « direct » du droit international : il est surtout un sujet mĂ©diat, avec des exceptions (rĂ©fugiĂ©s/apatrides, accĂšs Ă  certaines juridictions).
  7. MĂ©langer soft law et hard law Ă  l’ONU : les rĂ©solutions de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale relĂšvent de la soft law, celles du Conseil de sĂ©curitĂ© peuvent ĂȘtre contraignantes (chapitre VII).

Checklist Examen

  1. Définir les relations internationales (rapports entre plusieurs nations) et expliquer la création du terme par Jeremy Bentham en 1789 (distinction interne/externe du droit).
  2. Définir la nation (origine commune, renforcement à partir du XVIIIe siÚcle) et relier la souveraineté à la nation via la DDHC article 3.
  3. Expliquer l’anarchie internationale : absence d’autoritĂ© supĂ©rieure aux États, et distinguer relations internationales et relations internes (État au-dessus des individus en interne).
  4. DĂ©finir le systĂšme international (unitĂ©s liĂ©es par interactions rĂ©guliĂšres) et mobiliser l’idĂ©e d’interdĂ©pendance (changement dans une unitĂ© affecte les autres).
  5. PrĂ©senter le droit international comme moyen des relations internationales : dĂ©finition, caractĂšre obligatoire, et production par concours/consentement des États.
  6. Citer et interprĂ©ter les deux affaires CPJI : vapeur Wimbledon (consentement requis pour qu’une obligation naisse) et Lotus (pas de contrainte sans consentement, limitations non prĂ©sumĂ©es).
  7. DĂ©crire le statut de l’État en droit international public : personnalitĂ© juridique internationale, sujet principal/originaire, et les trois critĂšres (territoire, population, gouvernement effectif).
  8. Expliquer la reconnaissance juridique de l’État (acte par lequel un État admet l’existence/lĂ©gitimitĂ© produisant des effets juridiques) et la logique des obligations de non-reconnaissance.
  9. Expliquer le statut des organisations internationales : sujets dérivés, personnalité juridique mais compétences tirées du traité constitutif, principe de spécialité.
  10. PrĂ©senter la place de l’individu : en principe sujet mĂ©diat, exceptions (apatrides 1954/entrĂ©e en vigueur 1960 ; rĂ©fugiĂ©s 1951/entrĂ©e en vigueur 1954) et montĂ©e de la protection et de la rĂ©pression (Nuremberg, CPI).
  11. Retracer l’histoire interĂ©tatique : Westphalie (1648) et souverainetĂ©/Ă©galitĂ© juridique/traitĂ©, colonisation et terra nullius, puis l’Antarctique (traitĂ© 1969/entrĂ©e en vigueur 1961).
  12. Expliquer la société interétatique autour de la paix et du développement économique (doux commerce) et le rÎle des organisations internationales techniques (1815 Rhin, 1856 Danube, union télégraphique 1865).
  13. Expliquer l’impact des deux guerres mondiales : SDN (Versailles 28 juin 1919, entrĂ©e en fonction 10 janvier 1920) et CPJI (article 14), puis ONU (Charte 26 juin 1945, entrĂ©e en vigueur 24 octobre 1945) et sĂ©curitĂ© (OTAN

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1. Que désigne principalement la notion de relations internationales ?

2. Quelle caractéristique définit le mieux la nation dans ce cours ?

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Relations internationales — dĂ©finition ?

Rapports entre plusieurs nations sur leurs interactions.

Nation — origine ?

Groupe partageant une origine commune, renforcée au XVIIIe siÚcle.

SystĂšme international — caractĂ©ristique ?

Ensemble d’unitĂ©s liĂ©es par des interactions rĂ©guliĂšres.

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