Revision sheet: Chimie inorganique et ses applications

Plan du Cours

  1. Nature de la chimie inorganique
  2. Hydrures et stockage de l’hydrogùne
  3. Métaux alcalins
  4. Métaux alcalino-terreux
  5. Bore et aluminium
  6. Carbone et silicium
  7. PnictogĂšnes
  8. ChalcogĂšnes
  9. HalogĂšnes
  10. Gaz nobles

1. Nature de la chimie inorganique

Notions clés & Définitions

  • Chimie inorganique : Branche de la chimie centrĂ©e sur les Ă©lĂ©ments et espĂšces ne relevant pas de la seule chimie des composĂ©s carbonĂ©s liĂ©s Ă  l’organique.
  • Opposition organique : Principe de classement oĂč l’inorganique est dĂ©finie par opposition Ă  l’organique, sans exclure la prĂ©sence d’élĂ©ments dans tous les domaines.
  • Nombre d’oxydation : Valeur attribuĂ©e Ă  un atome qui impute des charges formelles lors d’une rupture de liaison pour analyser les rĂ©actions rĂ©dox.
  • Pourcentage d’ionicitĂ© : Mesure du caractĂšre ionique d’une liaison basĂ©e sur la diffĂ©rence d’électronĂ©gativitĂ© et la distance/Ă©nergie de liaison via une formule empirique.

Points essentiels

  • La chimie inorganique est dĂ©finie par opposition Ă  la chimie organique, mais tous les Ă©lĂ©ments sont concernĂ©s par les deux approches.
  • Les pourcentages massiques indiquĂ©s pour la matiĂšre du noyau incluent fer 32,1 %, oxygĂšne 30,1 %, silicium 15,1 %, magnĂ©sium 13,9 %, soufre 2,9 %, nickel 1,8 %, calcium 1,5 %, aluminium 1,4 %.
  • Le pourcentage d’ionicitĂ© suit la relation %I = 100(1 − exp(-(Dχ)2/4)) en fonction de la diffĂ©rence d’électronĂ©gativitĂ© Dχ.
  • Par convention, on fixe la frontiĂšre Ă  50% d’ionicitĂ©, mais il s’agit d’un choix arbitraire et non d’une loi absolue.
  • Pour NaH, avec Dχ = ±1,27, on obtient %I = 33,2, mais le composĂ© est dĂ©crit comme ionique du fait de sa structure cristalline de type NaCl et de son comportement en solvant organique.

Astuce mémo

Nombre d’oxydation = charges formelles approximatives ; ionicitĂ© % = pourcentage ionique plus proche de la rĂ©alitĂ©.

2. Hydrures et stockage de l’hydrogùne

Notions clés & Définitions

  • Hydrure : Un hydrure est une espĂšce chimique oĂč l’hydrogĂšne est prĂ©sent sous forme H− (ion hydrure).
  • Hydrures ioniques : Les hydrures ioniques contiennent un ion hydrure associĂ© Ă  un cation mĂ©tallique, comme LiH ou NaH.
  • Hydrures covalents : Les hydrures covalents sont des composĂ©s oĂč l’hydrogĂšne est engagĂ© dans des liaisons covalentes, comme BeH2 ou BH3.
  • Hydrures mĂ©talliques : Les hydrures mĂ©talliques ont l’hydrogĂšne rĂ©parti sur des sites interstitiels, avec un comportement proche du mĂ©tal et une application au stockage.
  • MOFs : Les MOFs (metal-organic frameworks) sont des matĂ©riaux Ă  charpente organomĂ©tallique utilisĂ©s pour adsorber et stocker des gaz dont H2.

Points essentiels

  • Un hydrure est dĂ©crit comme un nuclĂ©ophile, et il existe trois grandes classes : ioniques, covalents et mĂ©talliques.
  • Exemples d’hydrures ioniques avec mĂ©taux alcalins/alcalino-terreux : LiH, NaH, KH, BeH2, utilisĂ©s comme bases fortes en synthĂšse organique avec pKa≈±35.
  • LiH est un hydrure ionique dont la fusion se fait Ă  688 °C, et il se forme Ă  partir de Li et H par rĂ©action 2 Li + H2 → 2 LiH.
  • Hydrures mĂ©talliques : MgH2 se forme avec H2 Ă  200 bar et 500 °C Ă  partir de MgI2 + H2 → MgH2, et il devient rĂ©actif avec l’air quand il est broyĂ©.
  • Stockage par hydrides du lanthane : LaH3 a une stƓchiomĂ©trie variable (2 Ă  10 H) et LaH10 peut exister sous forme cubique Ă  100 °C, avec chaque La entourĂ© par 32 H.
  • Stockage par MOFs : MOF-5 (Nature 402, 276–279, 1999) prĂ©sente une surface de 2900 mÂČ par gramme et peut adsorber jusqu’à 31 mmol/g de gaz dont H2.

Astuce mémo

Ionique = bases fortes (NaH, LiH), MĂ©tallique = stockage (MgH2, LaHx), MOF = “filet” poreux (MOF-5) pour adsorber H2.

3. Métaux alcalins

Notions clés & Définitions

  • Groupe ns1 : Les mĂ©taux alcalins du groupe ns1 sont des Ă©lĂ©ments Ă©lectropositifs formant des mĂ©taux mous et peu denses.
  • RĂ©action avec l’eau : Les mĂ©taux alcalins rĂ©agissent fortement avec l’eau, avec une intensitĂ© qui augmente quand on descend dans le groupe.
  • Oxydes et peroxydes : La combustion de ces mĂ©taux dans l’oxygĂšne peut mener Ă  des oxydes, peroxydes ou superoxydes selon la nature du mĂ©tal et le produit formĂ©.
  • ProcĂ©dĂ© chlore-alcali : Le procĂ©dĂ© chlore-alcali produit Cl2, H2 et NaOH par Ă©lectrolyse en utilisant une membrane qui ne laisse passer que les cations Na+.

Points essentiels

  • Avec l’eau, 2 M(s)+2 H2O(l)=2 MOH(s)+H2(g)2\,M(s)+2\,H_2O(l)=2\,MOH(s)+H_2(g) et la rĂ©activitĂ© augmente en descendant dans le groupe.
  • Dans l’air, les mĂ©taux alcalins brĂ»lent avec formation d’espĂšces O2−O^{2-} (oxyde M2OM_2O), O22−O_2^{2-} (peroxyde M2O2M_2O_2) puis O2−O_2^{-} (superoxyde MO2M O_2) pour les mĂ©taux plus lourds.
  • La membrane du procĂ©dĂ© chlore-alcali autorise uniquement le passage des cations Na+Na^+, tout en sĂ©parant les rĂ©actions.
  • Au cathode du procĂ©dĂ© chlore-alcali : 2 H2O(l)+2e−→H2(g)+2OH−(aq)2\,H_2O(l)+2e^-\rightarrow H_2(g)+2OH^-(aq), et Ă  l’anode : 2 Cl−(aq)→Cl2(g)+2e−2\,Cl^-(aq)\rightarrow Cl_2(g)+2e^-.
  • Le chlorure de calcium CaCl2CaCl_2 abaisse le point de fusion du NaClNaCl de 772∘C772^\circ C Ă  580∘C580^\circ C.
  • Le sodium sert aussi de dessĂ©chant en distillation, mais l’opĂ©ration se fait sous argon car le mĂ©lange avec l’eau peut prĂ©senter un risque d’explosion.

Astuce mémo

Eau→H2, O2→(oxyde → peroxyde → superoxyde) : plus lourd = plus oxydant.

4. Métaux alcalino-terreux

Notions clés & Définitions

  • Alcalinoterreux : Famille de mĂ©taux du groupe ns2, caractĂ©risĂ©s par une rĂ©activitĂ© avec l’eau et des composĂ©s de type oxydes, nitrures et halogĂ©nures.
  • BĂ©ryllium : MĂ©tal alcalino-terreux Ă  chimie essentiellement covalente, qui fait exception lors des rĂ©actions avec l’eau par rapport aux autres alcalinoterreux.
  • Nitrure de bĂ©ryllium Be3N2 : ComposĂ© azotĂ© utilisĂ© comme matĂ©riau rĂ©fractaire, formĂ© par rĂ©action sous azote et connu pour sa trĂšs haute stabilitĂ© thermique.
  • Source naturelle de fluor : Fluorure de calcium CaF2, prĂ©sentĂ© comme la seule source naturelle de fluor dans le cours.

Points essentiels

  • Les alcalinoterreux sont des mĂ©taux Ă©lectropositifs avec 0,9 < < 1,57 et de couleur gris argentĂ©, mous et relativement peu denses.
  • Avec l’eau, ils donnent M(OH)2(aq) et H2(g) selon M(s) + 2H2O(l) → M(OH)2(aq) + H2(g), en rĂ©agissant parfois violemment sauf pour le bĂ©ryllium.
  • Par combustion sous azote, ils forment des nitrures de formule M3N2 via 3M(s) + N2(g) → M3N2(s).
  • Certains carbures nĂ©cessitent une haute tempĂ©rature, par exemple MC2(s) est obtenu avec dĂ©gagement de CO(g) autour de 2000°C selon MO(s) + 3C(s) → MC2(s) + CO(g).
  • Le carbure de calcium hydrolyse l’eau pour produire Ca(OH)2(s) et C2H2(g), avec CaC2(s) + 2H2O(l) → Ca(OH)2(s) + C2H2(g).
  • Be3N2 est un matĂ©riau rĂ©fractaire avec un point de fusion annoncĂ© Ă  2200°C, tandis que CaF2 est la seule source naturelle de fluor du cours.

Astuce mémo

Eau → M(OH)2 + H2
 sauf Be (exception covalente).

5. Bore et aluminium

Notions clés & Définitions

  • Bore : MĂ©talloĂŻde de la colonne 13, Ă  chimie covalente et propriĂ©tĂ©s rĂ©fractaires, dont l’isotope 10^{10}B capture fortement les neutrons thermiques.
  • Boranes : Famille de composĂ©s hydrogĂ©nĂ©s du bore, regroupant notamment des formules BnHn+4B_nH_{n+4} et BnHn+6B_nH_{n+6} ainsi que des borohydrures.
  • Aluminium : MĂ©tal abondant dont les Ă©tats d’oxydation usuels conduisent Ă  une grande chimie d’oxydes, et produit industriellement Ă  partir d’alumine via Ă©lectrolyse.
  • Alumine : Oxyde d’aluminium de formule Al2O3Al_2O_3, prĂ©sent sous de nombreuses formes hydratĂ©es et formant notamment le corindon.

Points essentiels

  • Le bore est le seul non-mĂ©tal de sa colonne, avec une duretĂ© de 9,3 (Ă©chelle de Mohs) et une tempĂ©rature de fusion de 2076 °C.
  • L’isotope naturel 10^{10}B reprĂ©sente 18,8 % du bore et possĂšde une forte capacitĂ© de capture des neutrons thermiques, ce qui est exploitĂ© dans les centrales nuclĂ©aires.
  • Les boranes peuvent ĂȘtre produits par 2 BF3(g)+6 NaH(s)→B2H6(g)+6 NaF(s)2\,BF_3(g)+6\,NaH(s)\to B_2H_6(g)+6\,NaF(s) et B2H6B_2H_6 s’enflamme spontanĂ©ment dans l’air.
  • La production de boron par rĂ©action avec l’eau est trĂšs violente : B2H6(g)+6 H2O(l)→2 H3BO3(aq)+3 H2(g)B_2H_6(g)+6\,H_2O(l)\to 2\,H_3BO_3(aq)+3\,H_2(g).
  • L’alumine Al2O3Al_2O_3 a un caractĂšre amphotĂšre et son point de fusion est 2050 °C (corindon).
  • Le procĂ©dĂ© Hall-HĂ©roult produit l’aluminium primaire par Ă©lectrolyse de Al2O3Al_2O_3 en milieu de sel fondu.

Astuce mémo

Bore = 10B “neutrons” (18,8 %) et “rĂ©fractaire” (2076 °C).

6. Carbone et silicium

Notions clés & Définitions

  • CatĂ©nation du carbone : La catĂ©nation du carbone est la capacitĂ© du carbone Ă  former des chaĂźnes en rĂ©pĂ©tant des liaisons C–C, ce qui favorise de nombreuses structures carbonĂ©es.
  • GraphĂšne : Le graphĂšne est une forme bidimensionnelle du carbone, connue pour ses propriĂ©tĂ©s mĂ©caniques et Ă©lectriques Ă©levĂ©es.
  • ProcĂ©dĂ© Solvay : Le procĂ©dĂ© Solvay est une mĂ©thode industrielle de fabrication du carbonate de sodium Na2CO3Na_2CO_3 Ă  partir de CO2CO_2 et d’ammoniac.
  • ProcĂ©dĂ© sol-gel : Le procĂ©dĂ© sol-gel est une technique qui transforme des prĂ©curseurs de silice en particules colloĂŻdales puis en un solide par condensation.
  • Trichlorosilane : Le trichlorosilane SiHCl3SiHCl_3 est un intermĂ©diaire issu de la rĂ©action du silicium avec l’acide chlorhydrique, utilisĂ© pour purifier le silicium.

Points essentiels

  • Le carbone rĂ©alise la catĂ©nation la plus forte du groupe 14 et le motif oxydĂ© −O−Si−O−Si−-O-Si-O-Si- apparaĂźt pour certaines liaisons en prĂ©sence d’oxygĂšne.
  • Le diamant a une structure tĂ©traĂ©drique avec des liaisons covalentes et une distance dC−C=1,54 2˘12bd_{C-C}=1{,}54\,\u212b, tandis que le graphite prĂ©sente des interactions faibles entre plans et des liaisons covalentes plus courtes (≈ 1,42 2˘12b1{,}42\,\u212b).
  • Le dioxyde de carbone est un oxyde acide avec pKa1=3,7pK_a1=3{,}7 et pKa2=10,3pK_a2=10{,}3 lors de la formation des espĂšces carbonatĂ©es en solution aqueuse.
  • Le procĂ©dĂ© Solvay produit mondialement environ 11×10611\times10^6 t/an de Na2CO3Na_2CO_3 dont 34\tfrac{3}{4} via le procĂ©dĂ© inventĂ© par Ernest Solvay en 1860.
  • Le silicium est fabriquĂ© industriellement Ă  partir de SiO2SiO_2 et de carbone (SiO2+2C→Si+2COSiO_2+2C\rightarrow Si+2CO) et une puretĂ© technique d’environ 98% est atteinte avant purification pour les applications semi-conductrices.
  • Le silicium se purifie par Ă©tapes via Si+3HCl→SiHCl3+H2Si+3HCl\rightarrow SiHCl_3+H_2 vers 300°C puis SiHCl3+H2→Si+3HClSiHCl_3+H_2\rightarrow Si+3HCl vers 1000°C, et la silice SiO2SiO_2 ne se dissout rapidement qu’avec HFHF (formation de SiF62−SiF_6^{2-}).

7. PnictogĂšnes

Notions clés & Définitions

  • PnictogĂšnes : Famille des Ă©lĂ©ments du groupe ns2np3 oĂč l’azote et le phosphore sont des non-mĂ©taux, tandis que l’arsenic et l’antimoine sont des mĂ©talloĂŻdes et le bismuth un mĂ©tal.
  • Diagramme de Frost : ReprĂ©sentation de la stabilitĂ© des nombres d’oxydation en fonction de la rĂ©fĂ©rence d’un milieu donnĂ©, utilisĂ©e pour comparer le comportement de N et de P (pH=1).
  • ProcĂ©dĂ© Haber-Bosch : ProcĂ©dĂ© de synthĂšse de l’ammoniac Ă  partir de diazote et de dihydrogĂšne sous conditions de tempĂ©rature, pression et catalyse au fer.
  • Phosphore blanc : VariĂ©tĂ© allotropique du phosphore, solide trĂšs toxique, connue pour sa rĂ©activitĂ© au dioxygĂšne et sa capacitĂ© Ă  s’enflammer au-dessus d’une tempĂ©rature seuil.

Points essentiels

  • Les pnictogĂšnes ont des nombres d’oxydation compris entre -3 et +5, avec une stabilitĂ© diffĂ©rente entre azote et phosphore sur les espĂšces molĂ©culaires.
  • Dans le diagramme de Frost Ă  pH=1, l’azote est maximalement stable en nombre d’oxydation 0 (N2), alors que le phosphore est maximalement stable en +3 et +5 (et le moins stable Ă  0, P4).
  • Le diazote (N2) possĂšde une triple liaison, ce qui rend la formation de 0 Ă  partir de N plus stable que celle d’autres Ă©tats d’oxydation.
  • La synthĂšse Haber-Bosch vĂ©rifie N2 + 3 H2 → 2 NH3 avec 400–500°C, 200 bar et catalyse au fer + potasse (KOH), datant de 1909 (BASF).
  • L’ammoniac est trĂšs soluble dans l’eau : 500 g/L.
  • Le phosphore blanc est interdit comme arme chimique depuis 1983 et a une dose lĂ©thale indiquĂ©e de 1 mg/kg, s’autoenflammant au-delĂ  de 30°C.

Astuce mémo

N2 (liaison triple) stable à 0 ; P4 instable à 0 : Frost à pH=1 fait “croiser” N et P.

8. ChalcogĂšnes

Notions clés & Définitions

  • OxygĂšne : L’oxygĂšne est un Ă©lĂ©ment du groupe 16 formant de nombreux composĂ©s, avec des rĂ©actions impliquant le dioxygĂšne et des espĂšces radicalaires.
  • Ozone : L’ozone est une forme allotropique de l’oxygĂšne O3O_3, un gaz instable produit Ă  partir du dioxygĂšne sous UV ou dĂ©charges Ă©lectriques.
  • Soufre : Le soufre est un Ă©lĂ©ment du groupe 16 dont les espĂšces varient fortement selon le milieu acide ou basique, avec une forte tendance Ă  la catĂ©nation −S−S−S−
-S-S-S-\ldots.
  • Oxoanion du soufre : Les oxoacides du soufre sont des familles d’acides associant le soufre Ă  l’oxygĂšne, dont l’acide sulfureux et l’acide sulfurique.
  • Polonium : Le polonium est un Ă©lĂ©ment radioactif du groupe 16 dont la demi-vie et l’usage en tant que poison et dans des sondes spatiales sont mentionnĂ©s.

Points essentiels

  • L’oxygĂšne a Ă©tĂ© dĂ©couvert en 1774 (Priestley) et nommĂ© en 1778 (Lavoisier), et il est produit industriellement par distillation de l’air.
  • L’ozone O3O_3 a un Teb=−112 °CT_{eb}=-112\,°C, une odeur piquante, et se dĂ©compose en dioxygĂšne ; il est formĂ© Ă  partir de O2O_2 sous UV ou dĂ©charge Ă©lectrique.
  • En milieu acide le soufre prĂ©sente surtout S(0)S(0) stable et S(IV)S(IV) instable, tandis qu’en milieu basique S(VI)S(VI) devient trĂšs stable ; le soufre forme aussi de nombreuses formes dont la plus stable est $S_8.
  • La production mondiale de soufre est d’environ 82 Mt en 2022 et la pyrite FeS2FeS_2 (disulfure de fer cubique) est une source via dĂ©composition thermique, avec des procĂ©dĂ©s comme Claus et Frasch.
  • Le sulfure d’hydrogĂšne H2SH_2S est un gaz incolore toxique Ă  odeur d’« Ɠuf pourri », noircit l’argent en formant Ag2SAg_2S, et s’oxyde en soufre Ă©lĂ©mentaire ou en SO2SO_2 selon la stƓchiomĂ©trie.
  • Le polonium 209Po^{209}Po a une demi-vie de 125 ans et est utilisĂ© comme poison et comme source d’énergie (140 W/g) pour des sondes spatiales.

Astuce mémo

OxygĂšne : dĂ©couverte 1774→nom 1778 ; Ozone = UV/dĂ©charge et instable ; Soufre = acide instable, basique S(VI)S(VI) stable.

9. HalogĂšnes

Notions clés & Définitions

  • HalogĂšnes : Les halogĂšnes sont des non-mĂ©taux du groupe ns2p5, dont les nombres d’oxydation vont de −1 Ă  +7.
  • Difluor F2 : Le difluor F2F_2 est l’élĂ©ment halogĂšne le plus rĂ©actif, capable de rĂ©agir avec presque tous les Ă©lĂ©ments.
  • Acide fluorhydrique HF : L’acide fluorhydrique HF est une solution corrosive dont l’action forme des complexes fluorĂ©s avec le verre Ă  partir de SiO2SiO_2.
  • Eau de javel : L’eau de javel est une solution contenant l’ion ClO−ClO^-, issu de la dismutation du dichlore Cl2Cl_2 en milieu neutre ou basique.
  • Chlorate de sodium NaClO3 : Le chlorate de sodium NaClO3 est un sel oxydant prĂ©parĂ© industriellement par Ă©lectrolyse de saumure, notamment Ă  pH contrĂŽlĂ©.

Points essentiels

  • Les liaisons F–F sont anormalement fragiles et les liaisons avec d’autres Ă©lĂ©ments, notamment C–F, sont extrĂȘmement stables.
  • Le fluor F2F_2 rĂ©agit avec tout sauf He, Ne et Ar.
  • La synthĂšse industrielle du HF utilise CaF2(s)+H2SO4(l)ightarrow2HF(g)+CaSO4(s)CaF_2(s)+H_2SO_4(l) ightarrow 2HF(g)+CaSO_4(s) et attaque SiO2SiO_2 en formant [SiF6]2−(aq)[SiF_6]^{2-}(aq).
  • Le dichlore Cl2Cl_2 est produit industriellement par Ă©lectrolyse du chlorure de sodium et la production indiquĂ©e est de 92 Mt en 2021.
  • L’eau de javel se forme via Cl2+H2OightarrowHClO+H++Cl−Cl_2+H_2O ightarrow HClO+H^++Cl^- et Cl2+HO−ightarrowHClO+Cl−Cl_2+HO^- ightarrow HClO+Cl^- en milieu neutre ou basique.
  • Le chlorate de sodium NaClO3 est prĂ©parĂ© par Ă©lectrolyse d’une solution aqueuse de NaCl (saumure) avec NaCl+3H2OightarrowNaClO3+3H2NaCl+3H_2O ightarrow NaClO_3+3H_2 Ă  T>70 ∘CT>70\,^\circ C et pH contrĂŽlĂ©.

Astuce mémo

Fluor = “T-Rex” : il mord “tout” sauf He, Ne, Ar.

10. Gaz nobles

Notions clés & Définitions

  • Gaz nobles : Les gaz nobles sont des gaz rares constituĂ©s de corps purs monoatomiques, avec une grande inertie chimique.
  • Configuration ns2p6 : La configuration Ă©lectronique ns2p6 correspond Ă  une couche de valence complĂšte, typique des gaz nobles.
  • Argon : L’argon est le gaz noble le plus abondant de l’atmosphĂšre, avec une fraction massique proche de 0,93%.
  • XĂ©non : Le xĂ©non est le gaz noble dont la chimie est la plus dĂ©veloppĂ©e, notamment via des composĂ©s oxydĂ©s.

Points essentiels

  • Les gaz nobles ont pour formule Ă©lectronique ns2p6 et sont des corps purs monoatomiques.
  • L’argon reprĂ©sente environ 0,93% de l’atmosphĂšre et sert surtout d’atmosphĂšre inerte en mĂ©tallurgie.
  • L’hĂ©lium est utilisĂ© en RMN (spectres RMN) et en spectromĂ©trie de masse.
  • Le xĂ©non est le plus “chimiquement actif” des gaz nobles, avec des composĂ©s oxydĂ©s et oxyfluorĂ©s.
  • Paul­ing a thĂ©orisĂ© dans les annĂ©es 1930 l’existence de fluorures et d’oxydes de xĂ©non, et en 1962 l’énergie d’ionisation du xĂ©non est proche de celle du dioxygĂšne (1170 vs 1165 kJ·mol⁻Âč).
  • Neil Bartlett a rĂ©alisĂ© pour la premiĂšre fois l’oxydation du xĂ©non (ex. XeOF4, XeO2, XeO3, XeO4).

Astuce mémo

ns2p6 = “valence fermĂ©e” donc gaz “silencieux” chimiquement ; argon = 0,93% atmosphĂšre ; xĂ©non = le “plus actif”.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1766DĂ©couverte de l’hydrogĂšne par Henry Cavendish
1774DĂ©couverte de l’oxygĂšne (Priestley) / dĂ©couverte de l’oxygĂšne
1778Nom de l’oxygùne (Lavoisier)
1860Procédé Solvay inventé par Ernest Solvay
1892Procédé chlore-alcali (1892)
1909Procédé Haber-Bosch daté 1909 (BASF)
1951PremiĂšre synthĂšse du MgH2
1999Premiùre stable MOF en 1999 (Nature 402, 276–279, 1999) / accident Oak Ridge en 1999
2004Découverte du graphÚne
2018SynthÚse récente de LaH10

Tableaux de synthĂšse

Hydrures : grandes classes

ClasseHydrogĂšneExemples / rĂŽle
IoniquesH−LiH, NaH, KH, BeH2 ; bases fortes (pKa ≈ ±35)
CovalentsH lié de façon covalenteBeH2, BH3 ; BH3 (hydroboration) plus réducteur que LiAlH4, ne réduit pas les esters
M Ă©talliques / interstitielsH rĂ©parti sur sites interstitielsMgH2 (stockage, rĂ©agit avec l’air si broyĂ©), hydrures de lanthane LaHx (stockage)

Diagramme de Frost Ă  pH=1 : N vs P

ÉlĂ©mentNombre d’oxydation le plus stableNombre d’oxydation le moins stable
Azote0 (N2)3 et 5 (moins stables)
Phosphore+3 et +50 (P4)

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre le nombre d’oxydation (rupture formelle de liaison) et l’ionicitĂ© (%I), qui dĂ©crit le caractĂšre ionique via Dχ et reste plus proche de la rĂ©alitĂ©.
  2. Croire que la frontiĂšre 50% d’ionicitĂ© est une loi : c’est une convention ; pour NaH on trouve %I=33,2 mais le cours insiste sur le caractĂšre ionique par structure (type NaCl) et comportement en solvant organique.
  3. Penser que tous les hydrures ont un comportement “ionique/base forte” : les hydrures covalents (ex. BH3) sont rĂ©ducteurs mais pas Ă©quivalents aux hydrures ioniques type LiAlH4.
  4. MĂ©langer les rĂ©activitĂ©s des alcalino-terreux : la rĂ©action avec l’eau est ± violemment sauf le bĂ©ryllium, dont la chimie est essentiellement covalente.
  5. Inverser la tendance N vs P sur le diagramme de Frost (pH=1) : N est maximalement stable à 0, alors que P l’est à +3 et +5.
  6. RĂ©duire l’ozone Ă  “dioxygĂšne sous UV” sans retenir l’instabilitĂ© : O3 se dĂ©compose en O2 et a Teb = -112 °C selon le cours.
  7. Oublier la rĂšgle “F2 rĂ©agit avec tout sauf He, Ne et Ar” : c’est un point clĂ© pour Ă©viter de sous-estimer la rĂ©activitĂ© du fluor.

Checklist Examen

  1. Donner la dĂ©finition de la chimie inorganique “par opposition” et rappeler que tous les Ă©lĂ©ments sont concernĂ©s.
  2. Expliquer la diffĂ©rence conceptuelle entre nombre d’oxydation et ionicitĂ©, puis Ă©crire la formule de Pauling %I = 100(1 − exp(-(Dχ)2/4)).
  3. Pour NaH, conclure sur %I (Ă  partir de Dχ=±1,27) et justifier pourquoi il est malgrĂ© tout dĂ©crit comme ionique (structure type NaCl et comportement en solvant organique).
  4. DĂ©finir un hydrure comme espĂšce contenant H sous forme H− et citer les trois classes (ioniques, covalents, mĂ©talliques/interstitiels).
  5. Écrire la rĂ©action 2 Li + H2 → 2 LiH et donner le Tf = 688 °C de LiH.
  6. Donner une Ă©quation de formation de MgH2 (MgI2 + H2 → MgH2) avec les conditions (200 bar, 500 °C) et la particularitĂ© de rĂ©activitĂ© Ă  l’air si broyĂ©.
  7. DĂ©crire le stockage par hydrures de lanthane (stƓchiomĂ©trie variable 2 Ă  10 H) et rappeler que LaH10 existe sous forme cubique Ă  100 °C.
  8. Citer deux caractĂ©ristiques du stockage par MOFs (MOF-5 : 2900 mÂČ/g et jusqu’à 31 mmol/g pour H2/adsorption).
  9. Pour les alcalins (groupe ns1), Ă©crire l’équation avec l’eau 2 M(s) + 2 H2O(l) → 2 MOH(s) + H2(g) et donner la sĂ©quence d’espĂšces en combustion (oxyde → peroxyde → superoxyde).
  10. Pour le procédé chlore-alcali, écrire les équations aux électrodes et rappeler que la membrane ne laisse passer que les cations Na+.
  11. Pour les alcalino-terreux (groupe ns2), donner l’équation avec l’eau M(s) + 2 H2O(l) → M(OH)2(aq) + H2(g) et citer l’exception du bĂ©ryllium.
  12. Citer la formation des nitrures par combustion sous azote 3M(s) + N2(g) → M3N2(s) et celle des dicarbures du type MC2 (vers ~2000 °C) et/ou la rĂ©action CaC2 + 2 H2O → Ca(OH)2 + C2H2.
  13. Pour le bore, donner l’isotope 10B (18,8 %) et sa capacitĂ© de capture des neutrons, puis donner une Ă©quation de production de B2H6 (2 BF3 + 6 NaH → B2H6 + 6 NaF) et le fait qu’il s’enflamme spontanĂ©ment dans l’air.
  14. Pour l’aluminium, donner la formule de l’alumine Al2O3, prĂ©ciser son caractĂšre amphotĂšre, et Ă©crire le procĂ©dĂ© Hall-HĂ©roult (Ă©lectrolyse de Al2O3 en milieu de sel fondu).

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1. Quelle définition correspond le mieux à la chimie inorganique ?

2. Que dĂ©crit principalement le nombre d’oxydation d’un atome ?

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Chimie inorganique — dĂ©finition ?

Branche de la chimie centrée sur éléments et espÚces non organiques.

Opposition organique — principe ?

Classement basé sur la présence ou non de composés carbonés.

Nombre d’oxydation — rîle ?

Valeur fictive pour analyser réactions rédox.

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