đ Plan du Cours
- Adolescence et corps bruyant
- Insatisfaction corporelle et conduites Ă risque
- Conduites sexuelles Ă lâadolescence
- Contraception, avortement et grossesse
- Facteurs de la dĂ©pression Ă lâadolescence
- Ăvolution, pronostic et risque suicidaire
- SymptÎmes psychotiques et dimensions schizophréniques
- ModalitĂ©s dâĂ©mergence psychotique et prodromes
- Antécédents et analyses complémentaires en psychose
- Troubles envahissants du développement et vulnérabilité psychotique
- Rupture psychotique et déliaisons dangereuses
- Entretien clinique avec lâadolescent
đ 1. Adolescence et corps bruyant
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Corps bruyant : Le corps bruyant dĂ©signe lâexpression corporelle de lâadolescent, via des plaintes somatiques, qui peut masquer une souffrance psychique.
- SchĂ©ma corporel : Le schĂ©ma corporel est la reprĂ©sentation neurophysiologique et neuropsychologique du corps propre, servant de base Ă lâaction et Ă la perception.
- Image du corps : Lâimage du corps est une reprĂ©sentation affective, symbolique et imaginaire du corps, qui se remanie en continu selon les investissements pulsionnels.
- Corps social : Le corps social correspond Ă lâinfluence des normes et du regard des autres sur la façon dont lâadolescent se perçoit et se prĂ©sente.
- Objet transitionnel : Lâobjet transitionnel est un support provisoire des pulsions, oĂč le corps peut servir de relais entre monde interne et externe.
đ Points essentiels
- Ă lâentrĂ©e dans la pubertĂ©, le corps change et « parle » par des plaintes somatiques, alors que le corps de lâenfant est plutĂŽt silencieux.
- Le corps adolescent occupe une place centrale dans les interactions et participe Ă la fabrication de lâidentitĂ© sociale.
- Le passage dâun corps infantile Ă un corps adolescent sâaccompagne dâinquiĂ©tude et dâune insatisfaction corporelle accrue.
- En 2016, 46,7% des collégiennes et 36,7% des collégiens sont préoccupés par leur poids, contre 37,7% et 12,4% en 1991.
- Le « corps rejeté » peut conduire à des conduites à risque, avec des expressions différentes selon le sexe.
- Chez les filles, lâexpression peut ĂȘtre internalisĂ©e (troubles alimentaires, scarifications, tentatives de suicide), tandis que chez les garçons elle tend vers lâextĂ©riorisation (violence, transgression, alcoolisation, V
đĄ Astuce mĂ©mo
Puberté = corps qui parle : somatique en façade, psychique dessous.
đ 2. Insatisfaction corporelle et conduites Ă risque
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Insatisfaction pondĂ©rale : Lâinsatisfaction pondĂ©rale dĂ©signe des prĂ©occupations persistantes concernant le poids et lâalimentation, mĂȘme aprĂšs amĂ©lioration clinique.
- Guérison partielle : La guérison partielle correspond à une disparition progressive des signes cliniques sans suppression totale des préoccupations corporelles.
- Boulimie nerveuse : La boulimie nerveuse est un trouble des conduites alimentaires dont lâĂ©volution comporte des rechutes malgrĂ© des traitements efficaces Ă court terme.
- Rechute : La rechute est le retour de symptĂŽmes aprĂšs une amĂ©lioration initiale, notamment quand le suivi thĂ©rapeutique nâest pas maintenu.
- Pronostic : Le pronostic est lâĂ©volution attendue du trouble, dĂ©pendante de la nature et de la qualitĂ© du traitement.
đ Points essentiels
- AprĂšs guĂ©rison complĂšte, une minoritĂ© reste modĂ©rĂ©ment prĂ©occupĂ©e : 44% gardent des prĂ©occupations sur le poids et lâalimentation.
- MĂȘme si les signes cliniques peuvent sâattĂ©nuer progressivement, les prĂ©occupations pondĂ©rales peuvent persister chez une partie des patientes.
- AprÚs 11 ans, 50% des femmes sont considérées guéries.
- Le pronostic dépend de la nature et de la qualité du traitement reçu.
- Pour la boulimie, le recul est moins marquĂ© que pour lâanorexie : les traitements sont efficaces Ă court terme mais nâempĂȘchent pas totalement les rechutes.
- En boulimie, 74% des personnes ont un bon pronostic pour la suite malgré le risque de rechute.
đĄ Astuce mĂ©mo
GuĂ©rison â apaisement : 44% gardent des soucis, et Ă 11 ans 50% sont guĂ©ries (boulimie : efficace court terme, rechutes possibles).
đ 3. Conduites sexuelles Ă lâadolescence
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Intersexualités : Les intersexualités désignent des variations du développement sexuel liées à une anomalie organique, avec retentissement psychoaffectif.
- Pseudo-hermaphrodisme fĂ©minin : Le pseudo-hermaphrodisme fĂ©minin correspond Ă une forme dâanomalie organique du dĂ©veloppement sexuel pouvant influencer lâĂ©quilibre psychoaffectif.
- Pseudo-hermaphrodisme masculin : Le pseudo-hermaphrodisme masculin correspond Ă une forme dâanomalie organique du dĂ©veloppement sexuel pouvant influencer lâĂ©quilibre psychoaffectif.
- TransidentitĂ© : La transidentitĂ© correspond au ressenti subjectif dâun genre diffĂ©rent de celui assignĂ© Ă la naissance.
- DĂ©psychiatrisation : La dĂ©psychiatrisation vise Ă retirer lâidĂ©e de pathologie psychiatrique associĂ©e Ă la transidentitĂ©.
đ Points essentiels
- Le questionnement sur lâappartenance Ă un genre ou le refus dâassignation ne doit pas ĂȘtre confondu avec la dysphorie de genre ni avec les intersexualitĂ©s.
- Les intersexualitĂ©s sont dĂ©crites comme une anomalie organique ayant un impact sur lâĂ©quilibre psychoaffectif.
- Ă lâadolescence, face aux questions sur le corps, deux issues sont dĂ©crites : acceptation ou installation dâun Ă©tat dĂ©pressif avec gestes suicidaires.
- La transidentitĂ© est dĂ©finie par une disharmonie ressentie entre le genre vĂ©cu et le genre assignĂ©, avec des signes variables selon lâĂąge et le dĂ©veloppement corporel.
- Chez lâadolescent et lâadulte, le diagnostic sâappuie sur un fort dĂ©sir dâacquĂ©rir des indices corporels fĂ©minins ou masculins et sur la caractĂ©ristique sociale associĂ©e.
- Chez lâenfant avant la pubertĂ©, lâidentification passe davantage par les stĂ©rĂ©otypes (jouets, attitudes, habits) et la pĂ©riode 10-13 ans est prĂ©sentĂ©e comme importante car la pubertĂ© rend les modifications corporelles sa
đĄ Astuce mĂ©mo
Genre â dysphorie â intersexualitĂ© : trois cases, trois causes.
đ 4. Contraception, avortement et grossesse
đ 5. Facteurs de la dĂ©pression Ă lâadolescence
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- VulnĂ©rabilitĂ©s individuelles : Les vulnĂ©rabilitĂ©s individuelles regroupent les fragilitĂ©s psychiques qui rendent lâadolescent plus exposĂ© Ă une crise dĂ©pressive et Ă des passages Ă lâacte.
- Vulnérabilités familiales : Les vulnérabilités familiales désignent les configurations relationnelles et les antécédents au sein du foyer qui fragilisent la régulation émotionnelle.
- VulnĂ©rabilitĂ©s sociales : Les vulnĂ©rabilitĂ©s sociales correspondent aux facteurs de lâentourage et des pairs qui augmentent lâisolement, la honte ou la dĂ©tresse.
- Facteurs précipitants : Les facteurs précipitants sont les événements ou contextes qui déclenchent ou accélÚrent la crise chez un adolescent déjà vulnérable.
- Facteurs de protection : Les facteurs de protection sont les ressources qui diminuent le risque en renforçant lâestime de soi, le soutien et des stratĂ©gies dâadaptation efficaces.
đ Points essentiels
- La dĂ©pression et la suicidalitĂ© Ă lâadolescence sâexpliquent par une combinaison de vulnĂ©rabilitĂ©s individuelles, familiales, sociales et environnementales.
- Le « moment de bascule » décrit une montée rapide de tension qui dépasse les capacités de régulation, ce qui rend des gestes impulsifs possibles.
- Le cerveau adolescent est en rĂ©organisation : les zones Ă©motionnelles sont actives tandis que le cortex prĂ©frontal (frein Ă lâimpulsivitĂ©) mĂ»rit plus tard, ce qui favorise les rĂ©actions immĂ©diates.
- Les tentatives surviennent souvent comme rĂ©ponse Ă une souffrance psychique dĂ©passant la rĂ©gulation, avec des fonctions possibles dâĂ©chappement, dâautopunition ou dâaction sur autrui.
- Les signes dâalerte avant passage Ă lâacte incluent repli, isolement, propos sur la mort, perte dâintĂ©rĂȘt et automutilations.
- Les facteurs familiaux à risque incluent antécédents de suicide, psychopathologie parentale, maltraitance/négligence/rejet, indisponibilité maternelle et perceptions parentales négatives répétées.
đĄ Astuce mĂ©mo
VulnĂ©rabilitĂ©s + PrĂ©cipitants = Crise : « le terrain » (individuel/familial/social) rencontre « lâĂ©tincelle » (Ă©vĂ©nement) et la protection freine lâembrasement.
đ 6. Ăvolution, pronostic et risque suicidaire
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Raptus suicidaire : Le raptus suicidaire est un passage Ă lâacte impulsif, brusque et non prĂ©mĂ©ditĂ©, survenant aprĂšs une montĂ©e rapide de la dĂ©tresse Ă©motionnelle.
- Trajectoires suicidaires : Les trajectoires suicidaires désignent des parcours distincts menant au suicide, avec des profils de vulnérabilités et de facteurs précoces ou contextuels différents.
- Crise suicidaire : La crise suicidaire correspond Ă une pĂ©riode oĂč la souffrance sâaccumule jusquâĂ devenir extrĂȘme et incontrĂŽlable, rendant le passage Ă lâacte perçu comme la seule issue.
- Risque de rĂ©cidive : Le risque de rĂ©cidive est la probabilitĂ© quâun adolescent rĂ©itĂšre une tentative aprĂšs la premiĂšre, surtout dans lâannĂ©e qui suit.
- VigilanS : VigilanS est un dispositif national français de prévention de la récidive suicidaire visant à maintenir un lien aprÚs une tentative ou en cas de risque élevé.
đ Points essentiels
- Le raptus suicidaire se caractĂ©rise par une impulsion soudaine menant Ă un geste dangereux, avec une bascule rapide de la crise vers lâacte.
- Dans une étude de 67 jeunes (14-24 ans), deux trajectoires suicidaires sont identifiées : 45% avec adversité précoce et 55% sans traumatismes majeurs précoces.
- Trajectoire « adversité précoce » : 63% présentent des troubles psychiatriques, notamment à expression externalisée (impulsivité, troubles des conduites, hyperactivité émotionnelle, traits pathologiques).
- Trajectoire « difficultés contextuelles » : moins de troubles psychiatriques, davantage de profils anxieux/introvertis avec évitement, et une souffrance internalisée évoluant vers anxiété et dépression.
- AprĂšs une premiĂšre tentative, environ un tiers des jeunes rĂ©itĂšrent, le plus souvent dans lâannĂ©e suivant la tentative, et 1 Ă 2% dĂ©cĂšdent durant cette pĂ©riode.
- Dans 20 Ă 30% des cas, un trouble psychiatrique sous-jacent (ex. Ă©pisode dĂ©pressif ou difficultĂ©s sĂ©vĂšres de personnalitĂ©) est prĂ©sent et favorise le passage Ă lâacte, dâoĂč la nĂ©cessitĂ© de lâidentifier et le traiter.
đĄ Astuce mĂ©mo
Raptus = « impulsion Ă©clair » ; Trajectoires = « prĂ©coce (45%) » vs « contexte (55%) » ; RĂ©cidive = « 1/3 dans lâannĂ©e ».
đ 7. SymptĂŽmes psychotiques et dimensions schizophrĂ©niques
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- SymptĂŽmes positifs : Les symptĂŽmes positifs correspondent Ă lâapparition dâĂ©lĂ©ments anormaux dans la conscience, comme des idĂ©es dĂ©lirantes et des hallucinations psychocorporelles.
- SymptÎmes négatifs : Les symptÎmes négatifs décrivent une diminution de fonctions psychiques, avec une réactivité émotionnelle réduite et une associabilité.
- DĂ©sorganisation : La dĂ©sorganisation regroupe des perturbations du discours et du comportement, avec alternance de passivitĂ©/nĂ©gativisme et dâexcitations soudaines.
- Prodromes schizophrĂ©niques : Les prodromes schizophrĂ©niques sont des signes avant-coureurs qui annoncent lâĂ©mergence dâun trouble psychotique, avec un retentissement progressif du fonctionnement.
- DUP durĂ©e de psychose non traitĂ©e : La DUP est le dĂ©lai entre lâapparition des symptĂŽmes psychotiques et la prise en charge, dont lâallongement est associĂ© Ă un pronostic plus dĂ©favorable.
đ Points essentiels
- Les symptĂŽmes psychotiques Ă lâadolescence sont frĂ©quents et reflĂštent une souffrance psychique, sans ĂȘtre spĂ©cifiques dâun seul trouble.
- Les trois dimensions schizophréniques sont positives, désorganisation et négatives, et elles touchent le fonctionnement (scolarité, relations, soins personnels) ainsi que le vécu.
- Ă lâadolescence, distinguer crise « normale » et dĂ©but psychotique est difficile car les bouleversements scolaires et relationnels peuvent mimer des premiers signes.
- Mayer Gross distingue deux modes dâentrĂ©e : dĂ©buts brutaux aigus (symptĂŽmes visibles, sans cause organique/toxique Ă conclure trop vite) et dĂ©buts insidieux (signes discrets avec impact progressif cognitif, motivationnel
- La phase prodromique peut durer 1 Ă 5 ans et se manifeste par une perte de contrĂŽle des pensĂ©es/actes, une baisse de ressenti et une intolĂ©rance Ă lâobservation.
- La DUP correspond au temps symptĂŽmesâprise en charge et son allongement est associĂ© Ă un pronostic nĂ©gatif, tandis quâune prise en charge prĂ©coce vise une rĂ©mission plus rapide et moins de rechutes.
đĄ Astuce mĂ©mo
Positif = « ajoute » (délire/hallucinations), Négatif = « retire » (émotions/contacts), Désorganisation = « mélange » (discours/comportement).
đ 8. ModalitĂ©s dâĂ©mergence psychotique et prodromes
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- DĂ©compensation psychotique rĂ©actionnelle : Une dĂ©compensation psychotique rĂ©actionnelle correspond Ă lâapparition dâĂ©pisodes psychotiques en rĂ©ponse Ă un stress, sans que la gravitĂ© soit minimisĂ©e.
- Terrain schizotypique : Un terrain schizotypique dĂ©signe un fonctionnement marquĂ© par lâexcentricitĂ©, des pensĂ©es Ă©tranges et des croyances particuliĂšres, pouvant dĂ©compenser sous stress.
- Psychose secondaire organique : Une psychose secondaire organique regroupe des symptÎmes psychotiques causés par une maladie médicale plutÎt que par un trouble psychiatrique primaire.
- Risque psychotique liĂ© au cannabis : Le risque psychotique liĂ© au cannabis dĂ©signe lâaugmentation du risque de psychose ultĂ©rieure chez les adolescents exposĂ©s, avec un effet majorĂ© par la prĂ©cocitĂ© et lâimportance de la consommation.
- Trouble du spectre de lâautisme : Le trouble du spectre de lâautisme (TSA) remplace les anciens TED et constitue un terrain de vulnĂ©rabilitĂ© psychotique Ă lâadolescence.
đ Points essentiels
- Les épisodes psychotiques peuvent survenir en réaction à un stress, notamment dans certains fonctionnements limites, sans diminuer la gravité clinique.
- Le trouble de la personnalitĂ© schizotypique constitue un terrain de vulnĂ©rabilitĂ© pouvant Ă©voluer vers une dĂ©compensation psychotique, mais nâest pas une psychose en soi.
- Devant des symptÎmes psychotiques avec signes neurologiques, biologiques, cognitifs fluctuants ou systémiques, une recherche de cause médicale sous-jacente est prioritaire.
- Les psychoses secondaires organiques sont classĂ©es en maladies neuro-mĂ©taboliques, troubles neurologiques, troubles mĂ©taboliques et maladies gĂ©nĂ©tiques, avec des signes dâalerte et examens adaptĂ©s (ex. ionogramme, EEG, l
- La consommation de toxiques chez lâadolescent augmente le risque de psychose ultĂ©rieure, avec un risque majorĂ© dâenviron 40% pour le cannabis.
- Les Ă©tats psychotiques aigus rĂ©actionnels apparaissent juste aprĂšs la prise de substances psychodysleptiques ou certains mĂ©dicaments, avec un dĂ©lai possible de 24 h Ă une semaine avant de conclure Ă un effet direct du ât
đĄ Astuce mĂ©mo
Stress â rĂ©action; Schizotypie â vulnĂ©rabilitĂ©; Organique â signes fluctuants; Cannabis â +40%; TSA â risque Ă lâadolescence.
đ 9. AntĂ©cĂ©dents et analyses complĂ©mentaires en psychose
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Mise en parenthĂšse biographique : Processus de rupture vĂ©cue comme une « tranche de vie » mise entre parenthĂšses, souvent situĂ©e entre lâenfance et lâĂąge adulte.
- Conduites agies : Comportements rĂ©alisĂ©s dans lâaction, qui peuvent relever de la psychopathologie lorsquâils sâassocient Ă dâautres conduites Ă risque.
- Fugue : DĂ©part dâun mineur de son lieu habituel de vie (domicile ou institution), caractĂ©risĂ© par un abandon momentanĂ©.
- MobilitĂ© de fuite : Signification psychologique oĂč lâacte sert Ă diminuer une tension interne en crĂ©ant une distance avec des relations conflictuelles.
- Child-to-parent violence : Violence exercée par un adolescent envers ses proches, décrite dans la littérature internationale sous le terme de child-to-parent violence.
đ Points essentiels
- La route et la mise en parenthÚse biographique visent souvent une rupture avec la famille et les normes sociales, et leur but peut évoluer selon les rencontres.
- Les conduites de route ne relĂšvent pas forcĂ©ment de la psychopathologie, mais peuvent y entrer lorsquâelles sâassocient Ă dâautres conduites agies comme alcoolisme, drogues ou tentatives de suicide.
- La fugue est décrite comme un départ impulsif, brutal et souvent solitaire, sans but précis, fréquemment lié à un conflit avec les adultes.
- La fugue peut ĂȘtre retenue quand le dĂ©part dure une nuit, et avant 12 ans elle est souvent initiĂ©e par lâadulte en lien avec conflit intrafamilial, violence ou agression sexuelle.
- Dans 17% des cas, la fugue reflĂšte une anticipation dâexpulsion et une recherche dâun ami, dâun membre de la famille, dâune place publique ou dâune institution.
- La fugue survient le plus souvent entre 12 et 15 ans et touche davantage les filles, tandis que les garçons sont plus nombreux parmi les fugueurs repérés par la justice.
đĄ Astuce mĂ©mo
FUGUE = conflit + nuit + tension Ă fuir (distance) ; CPV = violence vers le parent (honte/peur â sous-dĂ©claration).
đ 10. Troubles envahissants du dĂ©veloppement et vulnĂ©rabilitĂ© psychotique
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Psychopathie adolescente : La psychopathie dĂ©signe un ensemble dâorganisations psychopathiques, pas une structure unique, avec des difficultĂ©s relationnelles et comportementales.
- Prise en charge multidisciplinaire : La prise en charge multidisciplinaire regroupe des interventions médicales, psychiatriques, psychologiques et sociales (ou judiciaires) coordonnées et continues.
- Psychothérapie structurée : La psychothérapie structurée est une approche longue et difficile mais indispensable, menée par une équipe soignante et non par un seul praticien.
- Médicaments psychotropes : Les médicaments psychotropes sont utilisés pour traiter des comorbidités et des décompensations aiguës, sans constituer un traitement de fond.
- Dispositifs Ă©ducatif rĂ©pressif mĂ©dical : Les dispositifs Ă©ducatif, rĂ©pressif et mĂ©dical organisent la prise en charge globale, notamment en articulation avec lâincarcĂ©ration.
đ Points essentiels
- La prise en charge des adolescents psychopathes doit ĂȘtre multidisciplinaire et ne doit jamais ĂȘtre interrompue.
- La psychothĂ©rapie est indispensable mĂȘme si elle est longue, et elle doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e par une Ă©quipe structurĂ©e (psychiatre, psychologue, infirmiĂšre psychiatrique).
- Les approches psychothérapiques proposées incluent un traitement structuré avec retours immédiats et réguliers, un contrÎle comportemental strict orienté vers la confrontation, ainsi que des thérapies de groupe et la thé
- Les médicaments psychotropes peuvent aider sur des comorbidités psychiatriques et lors de décompensations aiguës, mais ils ne suffisent pas seuls pour un traitement de fond.
- En cas dâincarcĂ©ration, la continuitĂ© des liens entre prises en charge est primordiale, notamment entre professionnels en prison et intervenants Ă lâextĂ©rieur.
- Les contacts avec les magistrats servent à lutter contre la délinquance des mineurs et à organiser la prise en charge des adolescents psychopathes via des dispositifs éducatif, répressif et médical.
đĄ Astuce mĂ©mo
Ăquipe + continuitĂ© : psychothĂ©rapie en Ă©quipe, mĂ©dicaments en soutien aigu, et dispositifs Ă©ducatif-rĂ©pressif-mĂ©dical reliĂ©s.
đ 11. Rupture psychotique et dĂ©liaisons dangereuses
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Bad trip : Le bad trip désigne une complication aiguë des hallucinogÚnes, marquée par une anxiété intense et des troubles de la perception de soi et du monde.
- RĂ©apparitions spontanĂ©es : Les rĂ©apparitions spontanĂ©es sont des retours imprĂ©vus de symptĂŽmes aprĂšs une prise de hallucinogĂšnes, pouvant survenir plusieurs semaines aprĂšs lâarrĂȘt.
- Psychose chronique : La psychose chronique correspond Ă une dĂ©gradation durable de lâĂ©tat psychotique pouvant ĂȘtre dĂ©clenchĂ©e par une consommation prolongĂ©e dâamphĂ©tamines.
- Flash : Le flash est un effet intense et trĂšs bref des opiacĂ©s, notamment de lâhĂ©roĂŻne, vĂ©cu comme une euphorie rapide.
- Délires et hallucinations : Les délires et hallucinations sont des manifestations psychotiques pouvant apparaßtre à forte dose, notamment avec la cocaïne.
đ Points essentiels
- Le LSD peut provoquer des modifications perceptives appelées « trip », avec risque de bad trip associant anxiété aiguë, dépersonnalisation et idées paranoïdes.
- Des réapparitions spontanées des symptÎmes peuvent survenir plusieurs semaines aprÚs la derniÚre prise de LSD.
- Les calmants dĂ©tournĂ©s (analgĂ©siques, tranquillisants, hypnotiques) sont souvent associĂ©s Ă lâalcool et exposent notamment Ă un coma en cas de surdosage, Ă une tolĂ©rance, Ă des troubles du sommeil et Ă des modifications,
- à forte dose, les amphétamines peuvent entraßner une hyperactivité physique et une exaltation, et une consommation prolongée peut déclencher une psychose chronique sévÚre.
- La cocaïne/crack est trÚs addictive et, à forte dose, peut provoquer hallucinations et délires.
- Avec lâhĂ©roĂŻne, lâeffet « flash » est trĂšs bref, ce qui favorise rapidement lâĂ©tat de manque et une forte dĂ©pendance, et lâaugmentation progressive des doses peut conduire Ă des complications graves, parfois mortelles.
đĄ Astuce mĂ©mo
LSD = trip puis bad trip; cocaĂŻne = doseâhallucinations/dĂ©lires; amphĂ©tamines = prolongĂ©âpsychose chronique; hĂ©roĂŻne = flash brefâmanque rapide.
đ 12. Entretien clinique avec lâadolescent
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Transfert : Le transfert dĂ©signe la projection par lâadolescent sur le thĂ©rapeute dâĂ©motions ou dâattentes issues de son histoire relationnelle.
- Contre-transfert : Le contre-transfert correspond aux réactions émotionnelles du thérapeute face au transfert, pouvant influencer la qualité du suivi.
- ConfidentialitĂ© mĂ©dicale : La confidentialitĂ© mĂ©dicale couvre tout ce que le professionnel apprend dans lâexercice de sa fonction, y compris ce qui est dit, vu ou compris.
- Consentement parental : Le consentement parental est lâautorisation explicite des parents permettant la prise en charge mĂ©dicale ou psychologique dâun mineur.
- Distance relationnelle : La distance relationnelle est lâĂ©quilibre de proximitĂ© du thĂ©rapeute, ni trop intrusif ni trop distant, pour permettre un sentiment de sĂ©curitĂ©.
đ Points essentiels
- Les premiers entretiens dâĂ©valuation visent Ă recueillir lâhistoire, les difficultĂ©s, la demande et les attentes, puis Ă esquisser un projet de soin.
- La relation thĂ©rapeutique active rapidement des rĂ©actions rĂ©ciproques, car le transfert et le contre-transfert peuvent modifier lâalliance et le dĂ©roulement du suivi.
- Lâentretien doit ĂȘtre collaboratif et progressif pour Ă©viter une intrusion trop rapide qui serait vĂ©cue comme intolĂ©rable par lâadolescent et son entourage.
- LâĂ©valuation repose sur les symptĂŽmes actuels et passĂ©s, mais aussi sur la dynamique relationnelle adolescent-famille-clinicien.
- La prĂ©sentation de la famille et la maniĂšre dont chacun exprime sa plainte renseignent sur le soutien, lâimplication de lâadolescent et la souffrance familiale.
- Une attente active avec des consultations rapprochées aide à clarifier la situation, distinguer les fonctionnements psychiques et juger la tolérance avant de débuter le suivi.
đĄ Astuce mĂ©mo
Transfert = lâhistoire se rejoue sur le thĂ©rapeute ; contre-transfert = ce que ça rĂ©veille chez lui.
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| 2016 | Ătude : 46,7% des collĂ©giennes et 36,7% des collĂ©giens prĂ©occupĂ©s par leur poids (vs 1991). |
| 1991 | Ătude : 37,7% des collĂ©giennes et 12,4% des collĂ©giens prĂ©occupĂ©s par leur poids (vs 2016). |
| 11 ans | AprÚs 11 ans : 50% des femmes sont considérées guéries (anorexie mentale). |
đ Tableaux de synthĂšse
Expression des conduites à risque liées au corps selon le sexe
| Sexe | Expression | Exemples |
|---|
| Filles | Internalisée | Troubles alimentaires, scarifications, tentatives de suicide |
| Garçons | Externalisée | Violence, transgression, alcoolisation, vitesse sur les routes |
â ïž PiĂšges & confusions frĂ©quents
- Confondre « corps bruyant » (plaintes somatiques masquant une souffrance psychique) avec une simple cause organique.
- Croire que la guĂ©rison des TCA signifie apaisement total : une minoritĂ© garde des prĂ©occupations pondĂ©rales (guĂ©rison â apaisement).
- Mélanger questionnement sur le genre/transidentité avec dysphorie de genre ou avec les intersexualités (trois cases, trois causes).
- Diagnostiquer trop vite une psychose chez lâadolescent : les prodromes peuvent mimer une « crise dâadolescence » et la DUP conditionne le pronostic.
- Sous-estimer le risque suicidaire aprĂšs une tentative en pensant que câest « impulsif sans sens » : la tentative est souvent une rĂ©ponse Ă une souffrance dĂ©passant la rĂ©gulation.
- Confondre automutilation et tentative de suicide : lâautomutilation est non suicidaire (NSSI) et nĂ©cessite quand mĂȘme une Ă©valuation du risque suicidaire.
- RĂ©duire le TDAH Ă lâhyperactivitĂ© : Ă lâadolescence, lâinattention et lâorganisation (et les comorbiditĂ©s) sont centrales pour le diagnostic.
â
Checklist Examen
- DĂ©finir le « corps bruyant » et expliquer pourquoi il « parle » Ă lâentrĂ©e dans la pubertĂ© (plaintes somatiques, rĂŽle central dans interactions et identitĂ© sociale).
- Distinguer schĂ©ma corporel, image du corps et corps social, et relier leurs interactions aux modifications pubertaires et Ă lâinsatisfaction corporelle.
- Expliquer le passage du « corps rejetĂ© » aux conduites Ă risque et comparer lâexpression internalisĂ©e chez les filles vs externalisĂ©e chez les garçons.
- Définir insatisfaction pondérale, guérison partielle et rechute, puis donner les chiffres clés sur préoccupations aprÚs guérison et guérison aprÚs 11 ans.
- Pour la boulimie, rappeler lâidĂ©e de recul moins marquĂ© que lâanorexie (efficacitĂ© Ă court terme, rechutes possibles) et le bon pronostic global malgrĂ© le risque.
- Distinguer questionnement sur lâappartenance Ă un genre/refus dâassignation de la dysphorie de genre et des intersexualitĂ©s, puis dĂ©finir transidentitĂ© et dĂ©psychiatrisation.
- Expliquer comment la transidentitĂ© est diagnostiquĂ©e chez lâadolescent/adulte (dĂ©sir dâindices corporels + caractĂ©ristique sociale) et pourquoi la pĂ©riode 10-13 ans est dite importante.
- DĂ©crire les vulnĂ©rabilitĂ©s individuelles, familiales et sociales, les facteurs prĂ©cipitants et de protection, puis relier le « moment de bascule » Ă lâimpulsivitĂ©.
- DĂ©finir raptus suicidaire, crise suicidaire et trajectoires suicidaires, puis donner les ordres de grandeur (45% adversitĂ© prĂ©coce, 55% sans traumatismes majeurs prĂ©coces ; rĂ©cidive ~1/3 dans lâannĂ©e).
- Expliquer la DUP (durée de psychose non traitée) et pourquoi une prise en charge précoce vise une rémission plus rapide et moins de rechutes.
- Lister les trois dimensions schizophrĂ©niques (positives, dĂ©sorganisation, nĂ©gatives) et donner lâidĂ©e de Mayer Gross sur dĂ©buts brutaux vs insidieux.
- DĂ©crire les modalitĂ©s dâĂ©mergence psychotique : stress rĂ©actionnel, terrain schizotypique, psychose secondaire organique, et le risque psychotique liĂ© au cannabis (â40%).
- Expliquer pourquoi, devant des symptÎmes psychotiques avec signes fluctuants/systémiques, une recherche de cause médicale sous-jacente est prioritaire.
- DĂ©finir mise en parenthĂšse biographique, fugue et mobilitĂ© de fuite, puis rappeler les repĂšres dâĂąge et la logique des 17% (anticipation dâexpulsion).
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