Revision sheet: Engagement et mobilisation politiques

Plan du Cours

  1. Diversité des engagements politiques
  2. Participation conventionnelle et non conventionnelle
  3. Consommation engagée : action collective et individuelle
  4. Acteurs du militantisme : partis, syndicats, associations
  5. Organisations informelles : coordinations, Gilets jaunes, ZAD
  6. RĂ©pertoires d’action collective et choix stratĂ©giques
  7. Paradoxe de l’action collective et passager clandestin
  8. Incitations sélectives et rétributions symboliques
  9. Structure des opportunités politiques et contexte
  10. Conflits du travail aux conflits sociaux
  11. Nouveaux mouvements sociaux et postmatérialisme
  12. Transformation des acteurs et des répertoires contemporains

1. Diversité des engagements politiques

Notions clés & Définitions

  • Engagement politique : L’engagement politique est le fait, pour un individu, de prendre parti sur des problĂšmes politiques par son action ou ses discours.
  • Participation politique conventionnelle : La participation politique conventionnelle regroupe des formes d’action reconnues et institutionnalisĂ©es, comme le vote.
  • Militantisme : Le militantisme dĂ©signe une implication active visant Ă  dĂ©fendre des idĂ©es ou des causes politiques par des actions rĂ©pĂ©tĂ©es.
  • Engagement associatif : L’engagement associatif correspond Ă  une participation Ă  des associations qui peut porter des enjeux politiques ou sociaux.
  • Consommation engagĂ©e : La consommation engagĂ©e consiste Ă  orienter ses achats pour soutenir des valeurs ou des revendications politiques.

Points essentiels

  • L’engagement politique sert Ă  exprimer des opinions et Ă  chercher une influence sur les dĂ©cisions politiques.
  • Les formes d’engagement sont variĂ©es : vote, militantisme, engagement associatif et consommation engagĂ©e.
  • La participation politique conventionnelle renvoie Ă  des pratiques liĂ©es aux institutions, dont le vote fait partie.
  • Le militantisme se distingue par une action directe et souvent durable pour faire avancer une cause.
  • L’engagement associatif peut fonctionner comme un relais d’enjeux politiques via l’action collective organisĂ©e.
  • La consommation engagĂ©e transforme un acte de la vie quotidienne en moyen d’expression politique.

Astuce mémo

Engagement = Parler + Agir : discours ou actions (vote, militantisme, asso, achats).

2. Participation conventionnelle et non conventionnelle

Notions clés & Définitions

  • Engagement politique : L’engagement politique est le fait, pour une personne, de prendre position sur des enjeux politiques par ses actions ou ses prises de parole.
  • Participation politique conventionnelle : La participation politique conventionnelle regroupe des actions politiques rĂ©alisĂ©es dans le cadre institutionnel, comme le vote et le militantisme partisan.
  • Participation politique non conventionnelle : La participation politique non conventionnelle dĂ©signe des comportements politiques contestataires qui ne passent pas par le processus Ă©lectoral.
  • Participation protestataire : La participation protestataire est un autre nom de la participation politique non conventionnelle, centrĂ©e sur des pratiques de contestation.
  • Consommation engagĂ©e : La consommation engagĂ©e correspond Ă  l’achat orientĂ© par des objectifs politiques ou Ă©thiques, pouvant relever d’une action collective ou individuelle.

Points essentiels

  • La participation conventionnelle inclut notamment le vote et le militantisme au sein d’un parti politique.
  • La participation non conventionnelle concerne des pratiques contestataires sans lien direct avec les Ă©lections, comme les manifestations ou le boycott.
  • La participation non conventionnelle peut ĂȘtre dĂ©finie positivement comme des actions collectives adressĂ©es au dĂ©tenteur du pouvoir, autonomes de celui-ci, expressives et contestataires.
  • L’illĂ©galitĂ© et la violence ne sont pas des critĂšres de dĂ©finition de la participation non conventionnelle.
  • La consommation engagĂ©e peut s’inscrire Ă  la fois dans une action collective et dans une action individuelle.
  • La consommation engagĂ©e est souvent associĂ©e aux mouvements altermondialistes, qui rĂ©clament une autre mondialisation non libĂ©rale, et non Ă  une simple logique de consommation individuelle.

Astuce mémo

Conventionnel = Élections/partis (vote, militantisme) ; Non conventionnel = Contestation hors Ă©lections (manif, boycott, consommation engagĂ©e).

3. Consommation engagée : action collective et individuelle

Notions clés & Définitions

  • Consommation engagĂ©e : Pratique oĂč l’acte d’achat ou de non-achat sert Ă  exprimer une position et Ă  agir sur le plan politique ou social.
  • Mouvements altermondialistes : Mouvements qui rĂ©clament une autre mondialisation, prĂ©sentĂ©e comme non libĂ©rale, et qui mobilisent la consommation comme levier d’action politique.
  • Levier d’action politique : IdĂ©e selon laquelle la consommation est utilisĂ©e pour influencer des dĂ©cisions ou des rapports de force politiques.
  • Action collective individualisĂ©e : Forme d’action oĂč des gestes individuels (achats, boycotts, pratiques) sont coordonnĂ©s ou portĂ©s par des mouvements sociaux.
  • Commerce Ă©quitable : FiliĂšre oĂč l’achat de produits vise Ă  soutenir des conditions plus justes pour les producteurs, souvent via des critĂšres sociaux et Ă©conomiques.

Points essentiels

  • Dans les annĂ©es 1960-1970, la consommation engagĂ©e s’illustre aussi par des mobilisations, et aujourd’hui elle est surtout associĂ©e aux mouvements altermondialistes.
  • Les altermondialistes n’agissent pas au nom des consommateurs comme le feraient des associations de consommateurs, mais utilisent la consommation comme levier d’action politique.
  • Une action individuelle peut prendre des formes anti-publicitaires comme le barbouillage d’affiches.
  • Une action individuelle peut aussi concerner le commerce Ă©quitable, l’agriculture biologique, des Ă©co-gestes ou des boycotts.
  • Les mouvements sociaux peuvent donner une dimension collective Ă  des gestes individuels, ce qui permet de parler d’action collective individualisĂ©e.
  • Les structures traditionnelles du militantisme incluent les partis politiques, qui rassemblent des membres partageant des valeurs communes et visent la conquĂȘte et l’exercice du pouvoir.

Astuce mémo

Altermondialistes = « consommer pour agir » (pas « parler au nom des consommateurs »).

4. Acteurs du militantisme : partis, syndicats, associations

Notions clés & Définitions

  • Syndicats : Les syndicats sont des organisations qui rassemblent des personnes pour dĂ©fendre des intĂ©rĂȘts professionnels communs.
  • LibertĂ© syndicale : La libertĂ© syndicale dĂ©signe le droit de constituer et d’agir syndicalement pour dĂ©fendre des intĂ©rĂȘts professionnels.
  • Coordination : Une coordination est une forme d’organisation militante souvent créée en opposition Ă  des syndicats jugĂ©s trop hiĂ©rarchiques ou trop proches du pouvoir.
  • Coordination nationale infirmiĂšre : La coordination nationale infirmiĂšre est une coordination importante créée en 1988, qui a ensuite Ă©voluĂ© vers un syndicat.
  • Gilets jaunes : Les Gilets jaunes sont un mouvement portĂ© par des regroupements informels, notamment via les rĂ©seaux sociaux, sans affiliation Ă  une organisation politique ou syndicale.

Points essentiels

  • Les syndicats sont des associations au sens oĂč ils rĂ©unissent des personnes autour d’intĂ©rĂȘts professionnels communs.
  • La libertĂ© syndicale est reconnue par la loi Waldeck-Rousseau en 1884.
  • Les coordinations apparaissent souvent contre des syndicats perçus comme trop hiĂ©rarchiques ou soupçonnĂ©s de compromis avec le pouvoir politique.
  • La coordination nationale infirmiĂšre est créée en 1988 puis devient un syndicat.
  • Les Gilets jaunes reposent sur des regroupements informels, avec un refus d’affiliation politique ou syndicale et de structuration en organisation.
  • Les ZAD (« zones Ă  dĂ©fendre ») illustrent aussi des organisations informelles et horizontales, avec une absence de structuration et une ouverture aux personnes qui s’y rendent.

Astuce mémo

Waldeck-Rousseau 1884 = libertĂ© syndicale ; 1988 = coordination infirmiĂšre puis syndicat ; Gilets jaunes = rĂ©seaux sociaux + refus d’affiliation + pas d’organisation structurĂ©e.

5. Organisations informelles : coordinations, Gilets jaunes, ZAD

Notions clés & Définitions

  • RĂ©pertoire d’action : Ensemble des formes d’actions possibles, lĂ©gales ou illĂ©gales, choisi comme stratĂ©gie et comme mode d’expression.
  • Action collective : Mobilisation collective d’individus visant l’atteinte d’un but commun.
  • Passager clandestin : Comportement consistant Ă  profiter d’un bien ou d’un service sans en payer le coĂ»t.
  • Incitation sĂ©lective : MĂ©canisme qui rĂ©duit le coĂ»t de participer ou augmente celui de ne pas participer pour encourager l’engagement.
  • RĂ©tribution symbolique : Forme de motivation oĂč l’engagement est portĂ© par des valeurs ou des croyances plutĂŽt que par un gain matĂ©riel.

Points essentiels

  • Le choix du rĂ©pertoire d’action est Ă  la fois stratĂ©gique et une forme d’expression.
  • Les actions peuvent ĂȘtre lĂ©gales ou illĂ©gales selon le rĂ©pertoire choisi.
  • L’objectif principal est d’attirer l’attention des mĂ©dias.
  • Les bĂ©nĂ©fices de l’action collective sont indivisibles, donc profitent aussi aux non-participants.
  • Comme les bĂ©nĂ©fices sont partagĂ©s, il devient individuellement rationnel de ne pas contribuer.
  • Selon Olson, les mobilisations s’expliquent en partie par l’existence d’incitations sĂ©lectives qui rendent l’engagement plus intĂ©ressant.

Astuce mémo

Indivisible → chacun profite, donc passager clandestin; Incitations sĂ©lectives → coĂ»t de ne pas participer augmente.

6. RĂ©pertoires d’action collective et choix stratĂ©giques

Notions clés & Définitions

  • RĂ©tributions symboliques : RĂ©tributions symboliques : formes de bĂ©nĂ©fices non matĂ©riels qui motivent l’engagement politique, comme l’altruisme ou la reconnaissance.
  • Altruisme : Altruisme : valeur qui peut pousser Ă  s’engager politiquement par souci du bien d’autrui plutĂŽt que par intĂ©rĂȘt personnel.
  • IdentitĂ© valorisante : IdentitĂ© valorisante : construction d’une image positive de soi et des autres qui rend l’engagement plus satisfaisant.
  • Structure des opportunitĂ©s politiques : Structure des opportunitĂ©s politiques : ensemble des conditions du contexte qui rendent l’action collective plus ou moins possible et efficace.
  • Droits civiques : Mouvement des Droits civiques : exemple de mobilisation dont le dĂ©veloppement dĂ©pend aussi d’évolutions favorables du contexte national et international.

Points essentiels

  • Les rĂ©tributions symboliques peuvent rendre l’engagement politique dĂ©sintĂ©ressĂ© et motivĂ© par des valeurs ou des croyances.
  • Les motivations symboliques incluent l’altruisme, la foi dans des causes justes, la satisfaction de faire le bien, et la recherche de pouvoir ou de notoriĂ©tĂ©.
  • La structure des opportunitĂ©s politiques explique pourquoi un mouvement peut Ă©merger ou s’amplifier Ă  certains moments plutĂŽt qu’à d’autres.
  • Le dĂ©veloppement des Droits civiques Ă  partir des annĂ©es 1950 s’explique aussi par des transformations du contexte national et international devenues plus favorables.
  • Les transformations majeures citĂ©es sont : changement des Ă©quilibres dĂ©mographiques, rĂ©orientation stratĂ©gique du Parti dĂ©mocrate, et effet de la guerre froide sur la prudence des Ă©lites au pouvoir.
  • Jusqu’aux annĂ©es 60, les conflits dominants des sociĂ©tĂ©s industrielles portent surtout sur le travail, opposant mouvement ouvrier, patronat et État.

Astuce mémo

Symbolique = valeurs + identitĂ© + reconnaissance ; OpportunitĂ©s = contexte qui ouvre des fenĂȘtres d’action.

7. Paradoxe de l’action collective et passager clandestin

Notions clés & Définitions

  • Paradoxe de l’action collective : PhĂ©nomĂšne oĂč des individus rationnels peuvent choisir de ne pas agir malgrĂ© l’intĂ©rĂȘt collectif, car le bĂ©nĂ©fice est partagĂ©.
  • Passager clandestin : Individu qui profite d’un bien ou d’un rĂ©sultat collectif sans contribuer Ă  son obtention.
  • Mouvement ouvrier : Ensemble d’actions collectives visant Ă  dĂ©fendre les intĂ©rĂȘts des travailleurs face au patronat et Ă  l’État.
  • Conflits sociaux : Conflits qui dĂ©passent le cadre strict du travail pour toucher l’ensemble de la sociĂ©tĂ©.

Points essentiels

  • Le travail structure la vie des individus et produit des inĂ©galitĂ©s, ce qui alimente des conflits.
  • Les conflits du travail ont progressivement dĂ©bordĂ© vers des conflits sociaux plus larges.
  • Dans la sphĂšre du travail, les conflits ne disparaissent pas : ils deviennent plus localisĂ©s (entreprise ou secteur).
  • Les enjeux se concentrent sur des questions particuliĂšres comme la dĂ©localisation ou les plans sociaux.
  • Le dĂ©veloppement de l’individualisme et la diversification des acteurs modifient la forme des conflits et leurs modes d’expression.

Astuce mémo

Passager clandestin = « je profite sans payer » ; paradoxe = « chacun attend que les autres fassent ».

8. Incitations sélectives et rétributions symboliques

Notions clés & Définitions

  • PostmatĂ©rialisme : Courant d’analyse qui dĂ©crit certains mouvements comme portĂ©s par des revendications peu centrĂ©es sur le pouvoir d’achat et davantage sur l’autonomie, les identitĂ©s et la qualitĂ© de vie.
  • Mouvements sociaux alternatifs : Ensemble de mobilisations qui ne se limitent pas Ă  rĂ©clamer des intĂ©rĂȘts, mais proposent des projets de sociĂ©tĂ© diffĂ©rents.
  • Autonomie individuelle : Valeur revendiquĂ©e par certains mouvements, centrĂ©e sur la capacitĂ© de chacun Ă  dĂ©cider et vivre selon ses choix.
  • IdentitĂ©s dominĂ©es ou minoritaires : CatĂ©gories d’identitĂ©s visĂ©es par des revendications visant la reconnaissance et la rĂ©duction des dominations.
  • QualitĂ© du cadre de vie : ThĂšme de revendication portant sur l’environnement et les conditions de vie, souvent mobilisĂ© par des mouvements non strictement Ă©conomiques.

Points essentiels

  • Certains mouvements (fĂ©minisme, Ă©cologisme, luttes Ă©tudiantes) sont qualifiĂ©s de « postmatĂ©rialistes » car leurs revendications portent moins sur des gains matĂ©riels comme l’augmentation du pouvoir d’achat.
  • Les revendications postmatĂ©rialistes concernent notamment l’autonomie individuelle, les identitĂ©s dominĂ©es ou minoritaires et la qualitĂ© du cadre de vie.
  • Ces mouvements ne sont pas seulement des groupes de pression : ils avancent des projets de sociĂ©tĂ© alternatifs.
  • La distinction « anciens » vs « nouveaux » mouvements sociaux est controversĂ©e, car des « nouveaux » mouvements existaient dĂ©jĂ  avant les annĂ©es 1960 (ex. le fĂ©minisme).
  • MĂȘme si les conflits de la sociĂ©tĂ© industrielle sont moins mĂ©diatisĂ©s, ils restent frĂ©quents et sont souvent encadrĂ©s par les organisations syndicales.
  • L’importance de la participation des classes moyennes peut s’expliquer par leur poids numĂ©rique, et les revendications peuvent aussi avoir une dimension morale (ex. une rĂ©partition plus juste des richesses).

Astuce mémo

PostmatĂ©rialisme = « moins d’argent, plus de soi et du monde » : autonomie, identitĂ©s, cadre de vie.

9. Structure des opportunités politiques et contexte

Notions clés & Définitions

  • Manifestation mĂ©diatisĂ©e : Une manifestation mĂ©diatisĂ©e est une forme de mobilisation pensĂ©e pour attirer l’attention des mĂ©dias, au-delĂ  du simple comptage des partisans.
  • Mise en scĂšne de la mobilisation : La mise en scĂšne de la mobilisation dĂ©signe l’organisation d’actions spectaculaires ou originales pour rendre la revendication plus visible et mĂ©morable.
  • Exposition de soi : L’exposition de soi est une stratĂ©gie oĂč l’engagement personnel devient un moyen de donner du sens aux revendications et de rallier l’opinion.
  • GrĂšve de la faim : La grĂšve de la faim est une forme d’exposition de soi qui sert Ă  porter des revendications et Ă  mobiliser le soutien public.
  • Hacktivisme : L’hacktivisme est une action collective utilisant les nouvelles technologies de l’information pour diffuser des revendications.

Points essentiels

  • Les formes de mobilisation sociale Ă©voluent : la manifestation devient un enjeu de visibilitĂ© mĂ©diatique, pas seulement un moyen de compter les partisans.
  • Les organisations cherchent Ă  capter l’attention en recourant Ă  des actions spectaculaires et Ă  des slogans originaux.
  • L’exposition de soi vise Ă  donner du sens aux revendications et Ă  rallier l’opinion publique Ă  la cause.
  • La grĂšve de la faim est prĂ©sentĂ©e comme une forme d’exposition de soi permettant de soutenir une revendication.
  • Les nouvelles technologies favorisent une action spĂ©cifique : l’hacktivisme, orientĂ© vers la diffusion des revendications.
  • Les mouvements contemporains s’appuient sur des professionnels de la contestation qui savent mĂ©diatiser, saisir le bon moment et construire le discours pour dĂ©clencher la mobilisation.

Astuce mémo

MĂ©dias d’abord : Manifestation → Mise en scĂšne → Exposition de soi (grĂšve de la faim) ; Tech ensuite : Hacktivisme.

10. Conflits du travail aux conflits sociaux

Notions clés & Définitions

  • RĂ©seaux militants : Ensemble de liens entre acteurs qui facilitent la coordination et la diffusion des actions dans les mouvements contemporains.
  • Altermondialisme : Courant de mobilisation qui s’appuie sur des rĂ©seaux et des formes d’action collectives pour contester l’ordre Ă©conomique dominant.
  • Experts dans les mouvements : Acteurs mobilisĂ©s pour apporter des compĂ©tences professionnelles, produire des dossiers ou des analyses afin d’appuyer les revendications.
  • Contre-expertise : Production d’analyses alternatives visant Ă  contester ou complĂ©ter l’expertise officielle Ă  partir de documents et de rapports.
  • Laboratoires indĂ©pendants : Structures non rattachĂ©es directement aux organisations militantes qui produisent des analyses mobilisables dans les mobilisations.

Points essentiels

  • Les mouvements contemporains s’appuient de plus en plus sur des rĂ©seaux pour constituer et renforcer leurs mobilisations, notamment dans l’altermondialisme.
  • Les experts interviennent soit via des membres d’organisations disposant de compĂ©tences professionnelles, soit via des laboratoires indĂ©pendants.
  • Les membres d’organisations expertes produisent des dossiers ou des rapports de contre-expertise pour soutenir la contestation.
  • Les laboratoires indĂ©pendants fournissent des analyses qui peuvent servir de base Ă  des argumentaires militants.
  • Les comportements politiques varient avec l’ñge, sans que la baisse de participation Ă©lectorale des jeunes signifie un dĂ©sengagement politique.

Astuce mémo

Réseaux + experts = contre-argumentation : réseaux pour agir, experts pour prouver autrement.

11. Nouveaux mouvements sociaux et postmatérialisme

Notions clés & Définitions

  • PrĂ©caritĂ© des jeunes : La prĂ©caritĂ© des jeunes dĂ©signe une situation plus instable que celle de leurs aĂźnĂ©s, liĂ©e au cycle de vie et Ă  un contexte Ă©conomique dĂ©favorable.
  • Cens cachĂ© : Le cens cachĂ© est une forme d’exclusion politique liĂ©e aux ressources sociales et culturelles, mĂȘme sans barriĂšre juridique explicite.
  • Ressources sociales cachĂ©es : Les ressources sociales cachĂ©es sont des moyens invisibles qui facilitent la maĂźtrise du langage et des codes du monde politique.
  • Capital culturel : Le capital culturel regroupe des compĂ©tences et connaissances transmises socialement, qui influencent l’accĂšs Ă  certaines formes d’engagement.
  • CompĂ©tences objectives du militantisme : Les compĂ©tences objectives du militantisme sont des capacitĂ©s concrĂštes (parler, Ă©crire, planifier) nĂ©cessaires pour s’engager efficacement.

Points essentiels

  • La prĂ©caritĂ© des jeunes s’explique par leur position dans le cycle de vie (Ă©tudiants ou entrĂ©e sur le marchĂ© du travail) et par un contexte Ă©conomique dĂ©gradĂ© pour leur gĂ©nĂ©ration.
  • Le chĂŽmage Ă©levĂ© sur une longue pĂ©riode et l’augmentation de la prĂ©carisation renforcent la vulnĂ©rabilitĂ© des jeunes face Ă  l’engagement.
  • La capacitĂ© Ă  se sentir compĂ©tent pour donner son avis et s’engager dĂ©pend fortement du milieu social.
  • L’abstention est plus forte chez les non diplĂŽmĂ©s, ce qui alimente l’idĂ©e de « cens cachĂ© ».
  • La participation politique suppose des ressources sociales « cachĂ©es » pour maĂźtriser langage et codes du monde politique.
  • Les militants de partis politiques ou d’associations sont en moyenne plus diplĂŽmĂ©s que le reste de la population.

Astuce mémo

PrĂ©caritĂ© = Cycle de vie + Économie dĂ©gradĂ©e ; Engagement = DiplĂŽme + Codes politiques (cens cachĂ©).

12. Transformation des acteurs et des répertoires contemporains

Notions clés & Définitions

  • Capital culturel : Le capital culturel dĂ©signe l’ensemble des ressources culturelles qui influencent l’accĂšs aux pratiques et aux formes d’engagement.
  • Engagement politique : L’engagement politique regroupe les activitĂ©s par lesquelles des personnes s’impliquent dans la vie politique, de l’intĂ©rĂȘt dĂ©clarĂ© Ă  la militance.
  • FĂ©minisation inachevĂ©e : La fĂ©minisation inachevĂ©e correspond au fait que la participation politique des femmes progresse moins que celle des hommes, avec des Ă©carts persistants.
  • Socialisation diffĂ©renciĂ©e selon le genre : La socialisation diffĂ©renciĂ©e selon le genre dĂ©crit des apprentissages sociaux diffĂ©rents pour les hommes et les femmes, qui orientent leurs engagements.
  • Discrimination de genre : La discrimination de genre renvoie Ă  des traitements inĂ©gaux qui freinent l’accĂšs des femmes aux rĂŽles valorisĂ©s et Ă  certains espaces militants.

Points essentiels

  • Les pratiques d’engagement (prendre la parole, Ă©crire, planifier des actions collectives) sont inĂ©galement rĂ©parties dans la population et corrĂ©lĂ©es au capital culturel.
  • Les comportements Ă©lectoraux des femmes et des hommes sont proches, mais l’engagement politique diffĂšre : les femmes dĂ©clarent moins souvent un intĂ©rĂȘt pour la politique.
  • Les femmes sont sous-reprĂ©sentĂ©es parmi les militants, ce qui rĂ©duit leur prĂ©sence dans les organisations politiques.
  • Quand elles militent, les femmes occupent plus souvent des positions de second plan, moins visibles, et associĂ©es Ă  des tĂąches peu valorisĂ©es (notes, tracts, maintien du lien).
  • Les thĂšmes d’engagement varient : les femmes sont surreprĂ©sentĂ©es dans le bĂ©nĂ©volat d’aide aux personnes, tandis que les hommes s’investissent davantage dans des combats liĂ©s Ă  la sphĂšre professionnelle.
  • Les Ă©carts s’expliquent par une socialisation diffĂ©renciĂ©e, par la place diffĂ©rente des genres dans le travail et dans la sphĂšre domestique, et par une discrimination.

Astuce mémo

Capital culturel → accĂšs aux formes d’engagement ; Genre → moins d’intĂ©rĂȘt, moins de militance, rĂŽles invisibles, puis rĂ©pertoires diffĂ©rents (aide aux personnes vs sphĂšre professionnelle).

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1884Reconnaissance de la liberté syndicale par la loi Waldeck-Rousseau
1950DĂ©veloppement du mouvement des Droits civiques aux États-Unis Ă  partir des annĂ©es 1950
1960-1970Racine de la consommation engagée dans les mouvements tiers-mondistes des années 1960-1970
1988Création de la coordination nationale infirmiÚre (puis devenue un syndicat

Tableaux de synthĂšse

Conventionnel vs non conventionnel

TypeCadreExemples
ConventionnelleInstitutionnel/Ă©lectoralVote ; militantisme au sein d’un parti politique
Non conventionnelleContestataire hors processus électoralManifestations ; boycott ; consommation engagée

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre participation non conventionnelle et illĂ©galitĂ© : l’illĂ©galitĂ© ou la violence ne sont pas des critĂšres de dĂ©finition.
  2. Croire que la consommation engagĂ©e est forcĂ©ment collective : elle peut aussi relever d’une action individuelle (anti-publicitĂ©, boycotts, etc.).
  3. Penser que les altermondialistes parlent au nom des consommateurs : ils utilisent la consommation comme levier d’action politique.
  4. RĂ©duire le paradoxe de l’action collective Ă  “les gens sont irrationnels” : il vient du fait que les bĂ©nĂ©fices sont indivisibles et donc chacun peut ne pas contribuer.
  5. Oublier que les incitations sĂ©lectives peuvent ĂȘtre positives ou nĂ©gatives : elles diminuent le coĂ»t de participer ou augmentent celui de ne pas participer.
  6. Croire que les conflits du travail disparaissent : ils se localisent (entreprise/secteur) et débordent vers des conflits sociaux plus larges.
  7. Confondre “nouveaux mouvements sociaux” et “apparition aprĂšs 1960” : la distinction est controversĂ©e (ex. fĂ©minisme existait avant).

Checklist Examen

  1. DĂ©finir l’engagement politique et distinguer participation politique conventionnelle (vote, militantisme partisan) et non conventionnelle (contestations hors Ă©lections).
  2. Donner une définition positive de la participation non conventionnelle : actions collectives adressées au détenteur du pouvoir, autonomes, expressives et contestataires.
  3. Expliquer comment la consommation engagĂ©e peut ĂȘtre Ă  la fois collective et individuelle, avec au moins deux exemples d’actions individuelles.
  4. Relier la consommation engagée au commerce équitable et situer son ancrage dans les mouvements tiers-mondistes des années 1960-1970 puis son association actuelle aux mouvements altermondialistes.
  5. DĂ©crire le rĂŽle des partis politiques dans le militantisme (organisation, valeurs communes, conquĂȘte et exercice du pouvoir) et citer des exemples d’associations Ă  but politique.
  6. Expliquer la libertĂ© syndicale et rappeler qu’elle est reconnue par la loi Waldeck-Rousseau en 1884.
  7. Comparer coordinations, Gilets jaunes et ZAD : opposition aux syndicats hiĂ©rarchiques/compromis, refus d’affiliation et absence de structuration horizontale.
  8. DĂ©finir les rĂ©pertoires d’action collective et expliquer pourquoi le choix d’un rĂ©pertoire est stratĂ©gique (notamment attirer l’attention des mĂ©dias).
  9. Expliquer le paradoxe de l’action collective en mobilisant la notion de passager clandestin et l’idĂ©e de bĂ©nĂ©fices indivisibles.
  10. Présenter les incitations sélectives (Olson) et distinguer leur effet sur le coût de participer vs celui de ne pas participer.
  11. Lister les rétributions symboliques et donner des exemples de motivations (altruisme, croyance en des causes justes, identité valorisante, satisfaction de faire le bien, pouvoir/notoriété).
  12. Expliquer la structure des opportunitĂ©s politiques avec l’exemple des Droits civiques : transformations dĂ©mographiques, rĂ©orientation du Parti dĂ©mocrate, effet de la guerre froide.

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1. Qu’est-ce qui caractĂ©rise le plus prĂ©cisĂ©ment l’engagement politique ?

2. Quelle pratique illustre le mieux la consommation engagée ?

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Engagement politique — dĂ©finition ?

Prise de parti sur des enjeux politiques par action ou discours.

Participation conventionnelle — exemples ?

Vote et militantisme dans des institutions.

Participation non conventionnelle — exemples ?

Manifestations, boycott, actions contestataires.

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