Revision sheet: Introduction aux Sciences Politiques

Plan du Cours

  1. Définition du politique
  2. Construction sociale du politique
  3. Science politique et sociologie
  4. Histoire de la science politique
  5. Construction sociale du social
  6. Méthodologies en sciences sociales
  7. Citoyenneté et socialisation
  8. Obéissance et légitimité
  9. Pouvoir et domination

1. Définition du politique

Notions clés & Définitions

  • Fait politique : La science politique est la science des faits politiques, c’est-Ă -dire l’étude des phĂ©nomĂšnes liĂ©s au pouvoir, aux institutions, aux acteurs et aux processus qui organisent la vie sociale dans une dimension politique. Elle ne se limite pas aux institutions mais englobe toute manifestation sociale susceptible d’ĂȘtre politisĂ©e.
  • Polis : Origine grecque signifiant « citĂ© », elle dĂ©signe le lieu de vie collective oĂč se dĂ©roulent les activitĂ©s politiques.
  • Politics (la politique) : ActivitĂ© de quĂȘte d’obtention ou de conservation du pouvoir, impliquant compĂ©tition et stratĂ©gies pour accĂ©der ou maintenir le pouvoir.
  • Polity (le politique) : Espace de rĂ©gulation des conflits sociaux, c’est l’organisation du vivre ensemble, la structuration des institutions et des rĂšgles qui permettent la gestion des diffĂ©rends.
  • Policy (les politiques publiques) : Ensemble de rĂšgles, mesures ou actions destinĂ©es Ă  rĂ©soudre des problĂšmes sociaux ou Ă  satisfaire des demandes, reprĂ©sentant l’action concrĂšte de l’État ou d’autres acteurs dans la sphĂšre publique.

Points essentiels

  • Le politique ne se limite pas aux institutions Ă©tatiques ; il inclut toute dimension potentielle d’un phĂ©nomĂšne social pouvant ĂȘtre politisĂ©e.
  • La dimension politique d’un fait social est variable dans le temps et dans l’espace, ce qui rend la dĂ©finition du politique dynamique et contextuelle.
  • Tout phĂ©nomĂšne social peut devenir politique si certains acteurs lui attribuent une signification politique, processus appelĂ© politisation.
  • La dĂ©finition du politique est plurielle et Ă©volutive, dĂ©passant la simple sphĂšre institutionnelle pour intĂ©grer toutes formes d’action ou de pratique susceptibles d’ĂȘtre politisĂ©es selon le contexte.

À retenir

Le politique doit ĂȘtre compris comme une notion plurielle et Ă©volutive, englobant toute dimension sociale susceptible d’ĂȘtre politisĂ©e, et dont la perception varie selon le temps et le lieu.

2. Construction sociale du politique

Notions clés & Définitions

Politisation
Processus par lequel un individu, un groupe ou une organisation s’intĂ©resse, se socialise Ă  la politique ou dĂ©veloppe un engagement dans le champ politique. Elle peut ĂȘtre Ă  la fois un phĂ©nomĂšne historique d’intĂ©ressement et une situation oĂč l’individu manifeste un intĂ©rĂȘt accru pour les activitĂ©s et enjeux politiques.

Acteurs politiques
Les agents ou groupes qui participent activement Ă  la construction, Ă  la dĂ©finition ou Ă  la mise en Ɠuvre du politique. Leur rĂŽle est central dans le processus de politisation, car ils investissent le champ politique et influencent la perception de ce qui est considĂ©rĂ© comme politique.

FenĂȘtre d’opportunitĂ©
PĂ©riode ou contexte favorable Ă  l’émergence ou Ă  la transformation du politique, permettant Ă  certains acteurs de faire avancer leurs enjeux ou de modifier la dĂ©finition du politique. La construction du politique est ainsi influencĂ©e par des moments propices Ă  l’action ou au changement.

Construction subjective du politique
Processus selon lequel la dĂ©finition de ce qui est politique n’est pas fixe, mais rĂ©sulte d’une construction sociale et subjective. Elle Ă©volue selon les contextes, les acteurs impliquĂ©s, et leur perception, rendant le politique une rĂ©alitĂ© dynamique et contestĂ©e.

Points essentiels

Le politique rĂ©sulte d’un travail de politisation effectuĂ© par des acteurs investis dans le champ politique. Ces acteurs, par leurs actions et leurs discours, façonnent la perception de ce qui relĂšve ou non du politique. La dĂ©finition du politique n’est pas une donnĂ©e objective ou universelle, mais une construction sociale et subjective, qui varie selon les contextes et les acteurs. Elle est le fruit d’un processus dynamique oĂč la rĂ©alitĂ© politique est constamment redĂ©finie par des interactions sociales et des enjeux contextuels.

À retenir

Le politique est une construction sociale dynamique, façonnĂ©e par des processus de politisation et par la multiplicitĂ© d’acteurs, ce qui en fait une rĂ©alitĂ© subjective et Ă©volutive.

3. Science politique et sociologie

Notions clés & Définitions

Politologue
Personne qui étudie la science politique dans sa globalité, en analysant les phénomÚnes politiques, les institutions, les acteurs et les processus de pouvoir.

Politiste
SpĂ©cialiste de la science politique, souvent plus orientĂ© vers la recherche acadĂ©mique ou l’analyse des faits politiques, sans jugement normatif.

Sociologie politique
Branche de la sociologie qui analyse la sociĂ©tĂ© et ses structures pour comprendre la politisation, la participation et les comportements politiques, notamment en lien avec la position sociale, l’ñge ou le genre.

Théorie politique
Domaine qui rĂ©flĂ©chit aux idĂ©es, aux valeurs et aux principes sous-jacents aux systĂšmes politiques, sans se limiter Ă  l’analyse empirique.

Administration/Politiques publiques
Champ qui concerne la gestion des affaires publiques, la conception, la mise en Ɠuvre et l’évaluation des politiques publiques par les institutions.

Relations internationales
Étude des interactions entre États, organisations internationales et autres acteurs mondiaux, dans une perspective de pouvoir, de sĂ©curitĂ© et de coopĂ©ration.

Points essentiels

La science politique constitue une discipline unifiĂ©e mais multiple, intĂ©grant plusieurs branches dont la sociologie politique, qui est la plus dominante. Elle s’appuie sur une dĂ©marche scientifique rigoureuse, visant Ă  Ă©tudier les faits politiques sans jugement normatif. La sociologie politique, en particulier, analyse comment la position sociale, l’ñge ou le genre influencent la politisation et l’intĂ©rĂȘt politique. La discipline conjugue ainsi rigueur scientifique et approche interdisciplinaire pour comprendre la complexitĂ© des phĂ©nomĂšnes politiques.

À retenir

La science politique doit ĂȘtre apprĂ©hendĂ©e comme une discipline pluridimensionnelle, alliant rigueur scientifique et interdisciplinaritĂ©, notamment Ă  travers la sociologie politique, pour analyser objectivement les faits politiques sans jugement de valeur.

4. Histoire de la science politique

Notions clés & Définitions

Philosophie politique
Domaine qui Ă©tudie les principes, valeurs et idĂ©es fondamentales concernant l’organisation et le fonctionnement de la sociĂ©tĂ©, ainsi que la lĂ©gitimitĂ© du pouvoir. Elle cherche Ă  dĂ©finir ce qui constitue une sociĂ©tĂ© juste ou bonne.

Machiavel
ThĂ©oricien politique italien du XVIe siĂšcle, connu pour ses analyses rĂ©alistes du pouvoir et de la politique. Il privilĂ©gie une approche pragmatique et stratĂ©gique, dĂ©tachĂ©e des considĂ©rations morales, notamment dans son Ɠuvre Le Prince.

Théories du contrat social
Approches philosophiques qui expliquent l’origine de l’État et de la souverainetĂ© par un accord volontaire entre individus ou groupes. Elles cherchent Ă  lĂ©gitimer l’autoritĂ© politique en se fondant sur un contrat implicite ou explicite.

Tocqueville
Auteur français du XIXe siĂšcle, connu pour ses analyses de la dĂ©mocratie et de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine. Il insiste sur l’importance des institutions, de la sociĂ©tĂ© civile et des normes sociales dans le fonctionnement dĂ©mocratique.

Émile Durkheim
Sociologue français du XIXe-XXe siĂšcle, qui considĂšre la sociĂ©tĂ© comme une rĂ©alitĂ© sui generis. Il met en avant la fonction de la conscience collective et l’importance des normes sociales dans la cohĂ©sion sociale et la participation politique.

École libre des sciences politiques (ELSP)
Institution fondée en 1872, qui a contribué à la formation des élites politiques et administratives françaises. Elle a joué un rÎle central dans la professionnalisation de la science politique en France.

Points essentiels

La science politique s’est Ă©mancipĂ©e de la philosophie normative pour devenir une discipline empirique et objective aprĂšs la Seconde Guerre mondiale. Avant cette pĂ©riode, ses origines mĂȘlaient philosophie, empirisme et sociologie, avec des Ă©tapes clĂ©s du XVIe au XXe siĂšcle. La philosophie politique, avec des penseurs comme Machiavel, a posĂ© les bases en analysant le pouvoir et la lĂ©gitimitĂ©. Les thĂ©ories du contrat social, notamment celles de Rousseau ou Hobbes, ont tentĂ© d’expliciter l’origine de l’État Ă  partir d’accords entre individus. Tocqueville a apportĂ© une perspective sociologique sur la dĂ©mocratie, insistant sur le rĂŽle des normes sociales et de la sociĂ©tĂ© civile. Durkheim a soulignĂ© l’importance des normes et de la conscience collective dans la cohĂ©sion sociale. La crĂ©ation de l’ELSP a marquĂ© une Ă©tape dans la professionnalisation et l’autonomisation de la science politique, qui s’est progressivement dĂ©tachĂ©e de la philosophie normative pour adopter une approche empirique, notamment aprĂšs la Seconde Guerre mondiale.

À retenir

L’histoire de la science politique montre une Ă©volution d’une discipline principalement philosophique Ă  une science empirique et objective, marquĂ©e par une intĂ©gration progressive des mĂ©thodes sociologiques et une Ă©mancipation des approches normatives.

5. Construction sociale du social

Notions clés & Définitions

Fait social
Selon la dĂ©finition implicite dans le contenu, le fait social dĂ©signe un phĂ©nomĂšne ou une rĂ©alitĂ© collective qui influence les comportements individuels. Il est façonnĂ© par des normes et reprĂ©sentations sociales, et constitue une rĂ©alitĂ© extĂ©rieure Ă  l’individu, Ă  laquelle celui-ci doit se conformer.

Normes sociales
Ce sont des rÚgles, des conventions ou des attentes partagées par un groupe ou une société, qui orientent et régulent les comportements des individus. Elles jouent un rÎle central dans la construction du fait social en façonnant la perception et la conduite collective.

Représentations sociales
Il s’agit des images, idĂ©es, croyances ou visions partagĂ©es par un groupe ou une sociĂ©tĂ©, qui influencent la perception des faits sociaux. Elles participent Ă  la construction collective du social en donnant sens aux comportements et aux Ă©vĂ©nements.

Extériorité du sociologue
Le sociologue doit adopter une posture d’extĂ©rioritĂ© pour Ă©tudier objectivement les faits sociaux. Cela implique de prendre du recul par rapport aux phĂ©nomĂšnes sociaux, afin de les analyser sans ĂȘtre influencĂ© par ses propres reprĂ©sentations ou engagements.

Points essentiels

Le social est construit par des normes et reprĂ©sentations qui influencent la perception des faits sociaux. Ces Ă©lĂ©ments façonnent la maniĂšre dont les individus interprĂštent et agissent face Ă  leur environnement collectif. La rĂ©alitĂ© sociale n’est pas donnĂ©e naturellement mais rĂ©sulte d’un processus collectif de construction, oĂč normes et reprĂ©sentations jouent un rĂŽle dĂ©terminant.

Le sociologue doit adopter une posture d’extĂ©rioritĂ© pour Ă©tudier ces phĂ©nomĂšnes. Cette distance lui permet d’observer et d’analyser les faits sociaux de maniĂšre objective, en Ă©vitant de se laisser influencer par ses propres prĂ©jugĂ©s ou par la subjectivitĂ© des acteurs sociaux.

À retenir

Le social est une construction collective façonnée par des normes et représentations, qui orientent la perception et le comportement face aux faits sociaux. Le sociologue doit prendre de la distance pour analyser ces phénomÚnes de maniÚre objective.

6. Méthodologies en sciences sociales

Notions clés & Définitions

ÉpistĂ©mologie
L’épistĂ©mologie dĂ©signe la branche de la philosophie qui Ă©tudie la nature, la origine, la validitĂ© et les limites de la connaissance scientifique. Elle questionne comment la connaissance est produite et justifiĂ©e.

Positivisme
Le positivisme affirme que la connaissance scientifique doit reposer sur l’observation empirique et l’explication causale. Selon cette approche, seule la mĂ©thode scientifique basĂ©e sur l’expĂ©rience et la vĂ©rification permet d’accĂ©der Ă  une connaissance fiable et objective.

Constructivisme
Le constructivisme questionne la capacitĂ© Ă  accĂ©der Ă  une rĂ©alitĂ© sociale objective. Il insiste sur le fait que nos reprĂ©sentations du rĂ©el sont construites socialement, et que la connaissance est le fruit de ces constructions plutĂŽt que d’une rĂ©alitĂ© indĂ©pendante.

Observation empirique
L’observation empirique consiste Ă  recueillir des donnĂ©es directement sur le terrain ou par l’expĂ©rience, en se basant sur des faits observables et vĂ©rifiables, pour Ă©laborer des connaissances scientifiques.

Lois naturelles
Les lois naturelles sont des régularités ou des principes universels qui régissent les phénomÚnes naturels. En sciences sociales, leur existence est souvent questionnée, notamment dans une perspective constructiviste.

Points essentiels

Le positivisme affirme que la connaissance scientifique doit reposer sur l’observation empirique et l’explication causale. Cela signifie que pour produire du savoir fiable, il faut s’appuyer sur des donnĂ©es concrĂštes et vĂ©rifiables, et rechercher des relations de cause Ă  effet. En revanche, le constructivisme remet en question cette capacitĂ© Ă  accĂ©der Ă  une rĂ©alitĂ© sociale objective. Il insiste sur le fait que nos reprĂ©sentations du rĂ©el sont socialement construites, et que la connaissance n’est pas une simple dĂ©couverte de la rĂ©alitĂ©, mais une construction influencĂ©e par les contextes sociaux et les perceptions. Ces deux approches illustrent des fondements mĂ©thodologiques opposĂ©s dans la production de savoir en sciences sociales, l’une privilĂ©giant l’objectivitĂ© et la vĂ©rification empirique, l’autre soulignant la dimension subjective et construite des reprĂ©sentations sociales.

À retenir

L’épistĂ©mologie guide la maniĂšre dont les sciences sociales produisent leur savoir, oscillant entre le positivisme, qui privilĂ©gie l’observation empirique et l’explication causale, et le constructivisme, qui met en avant la construction sociale des reprĂ©sentations du rĂ©el.

7. Citoyenneté et socialisation

Notions clés & Définitions

Citoyenneté : La citoyenneté désigne l'ensemble des droits et devoirs liés à la qualité de citoyen dans une société. Elle implique la participation à la vie politique, l'exercice des droits civiques et politiques, ainsi que la responsabilité envers la communauté. La citoyenneté ne se limite pas aux droits, elle inclut aussi des devoirs et une participation active à la vie politique.

Socialisation politique : La socialisation politique est le processus par lequel les individus intÚgrent les normes et valeurs politiques de leur société. Elle permet aux citoyens de devenir des acteurs politiques en adoptant des comportements, des attitudes et des représentations conformes à leur environnement politique.

  • Normes sociales : voir section 5

IntĂ©gration sociale : L’intĂ©gration sociale dĂ©signe le processus par lequel un individu devient partie intĂ©grante d’un groupe ou d’une sociĂ©tĂ©. Elle favorise la cohĂ©sion sociale et permet Ă  l’individu de participer pleinement Ă  la vie collective, notamment Ă  travers la citoyennetĂ© et la socialisation politique.

Points essentiels

La socialisation politique est le processus par lequel les individus intĂšgrent les normes et valeurs politiques de leur sociĂ©tĂ©. Elle leur permet de devenir des acteurs politiques en adoptant des comportements, des attitudes et des reprĂ©sentations conformes Ă  leur environnement politique. La citoyennetĂ©, quant Ă  elle, implique non seulement des droits, tels que le droit de vote ou d’expression, mais aussi des devoirs, comme le respect des lois et la participation Ă  la vie politique. Elle suppose une participation active Ă  la vie collective, ce qui fait de chaque citoyen un acteur potentiel dans la dĂ©mocratie. La transmission des normes sociales et politiques, via la famille, l’école, les mĂ©dias ou les groupes sociaux, constitue le socle de cette socialisation. Enfin, l’intĂ©gration sociale favorise la cohĂ©sion et la stabilitĂ©, en permettant Ă  chaque individu de participer pleinement Ă  la vie collective en tant que citoyen responsable.

À retenir

Les individus deviennent des acteurs politiques Ă  travers un processus de socialisation qui leur transmet les normes et valeurs de leur sociĂ©tĂ©, renforçant ainsi leur citoyennetĂ© active, laquelle repose Ă  la fois sur l’exercice de droits et sur la participation aux devoirs civiques.

8. Obéissance et légitimité

Notions clés & Définitions

Obéissance
AUTEUR (date) : reconnaissance volontaire d’un ordre ou d’une rĂšgle, gĂ©nĂ©ralement fondĂ©e sur la confiance dans la lĂ©gitimitĂ© de l’autoritĂ© qui la donne.

Légitimité
AUTEUR (date) : qualitĂ© qu’une autoritĂ© possĂšde lorsque son pouvoir est acceptĂ© et reconnu comme juste ou lĂ©gitime par ceux qui y sont soumis, condition essentielle pour que le pouvoir soit acceptĂ© sans recours Ă  la coercition.

Autorité
AUTEUR (date) : capacitĂ© reconnue d’un individu ou d’une institution Ă  donner des ordres ou Ă  exercer une influence sur les comportements, en Ă©tant perçue comme lĂ©gitime par ceux qui y obĂ©issent.

Normativité
AUTEUR (date) : caractÚre des rÚgles ou des normes qui prescrivent ou recommandent des comportements considérés comme légitimes ou souhaitables dans un cadre social ou politique.

Points essentiels

L’obĂ©issance repose sur la reconnaissance de la lĂ©gitimitĂ© de l’autoritĂ©. En effet, pour qu’un individu ou un groupe obĂ©isse, il doit percevoir l’autoritĂ© comme lĂ©gitime, c’est-Ă -dire comme ayant le droit moral ou social de donner des ordres. La lĂ©gitimitĂ© constitue une condition sine qua non pour que le pouvoir soit acceptĂ© sans recourir Ă  la coercition. Sans cette lĂ©gitimitĂ©, l’obĂ©issance peut devenir fragile ou contestĂ©e, menant Ă  des rĂ©sistances ou Ă  des crises de pouvoir. La lĂ©gitimitĂ© permet ainsi de renforcer la stabilitĂ© du pouvoir en assurant son acceptation par ceux qui y sont soumis.

À retenir

L’obĂ©issance politique repose fondamentalement sur la lĂ©gitimitĂ© de l’autoritĂ©, qui est une condition essentielle pour que le pouvoir soit acceptĂ© sans recours Ă  la coercition, assurant ainsi la stabilitĂ© et la pĂ©rennitĂ© du systĂšme.

9. Pouvoir et domination

Notions clés & Définitions

Pouvoir
Max Weber (chapitre 1.1.3) : La capacitĂ© d’une personne A d’obtenir qu’une personne B fasse quelque chose qu’elle n’aurait pas fait sans l’intervention de A, dans le cadre d’une relation sociale. Le pouvoir s’exerce Ă  travers des relations inĂ©galitaires et mobiles, et ne se limite pas Ă  une possession ou un contrĂŽle statique.

Domination
La domination dĂ©signe une situation oĂč une personne ou un groupe exerce une autoritĂ© sur d’autres, cette autoritĂ© Ă©tant acceptĂ©e plus ou moins volontairement par les dominĂ©s. La lĂ©gitimitĂ© de cette domination repose sur la reconnaissance de son caractĂšre lĂ©gitime par ceux qui y obĂ©issent.

Rapports de force
Relation d’interaction oĂč des acteurs disposent de capacitĂ©s ou de ressources diffĂ©rentes, permettant Ă  l’un d’imposer sa volontĂ© sur l’autre. Ces rapports sont souvent dĂ©sĂ©quilibrĂ©s et peuvent Ă©voluer selon le contexte.

Hégémonie
Situation oĂč une puissance ou un groupe exerce une domination culturelle, idĂ©ologique ou politique sur un ensemble, de maniĂšre Ă  ce que ses valeurs ou ses intĂ©rĂȘts soient considĂ©rĂ©s comme lĂ©gitimes ou naturels par la majoritĂ©. La lĂ©gitimitĂ© de cette hĂ©gĂ©monie repose sur l’acceptation consentie des dominĂ©s.

Points essentiels

Le pouvoir est dĂ©fini comme la capacitĂ© d’imposer sa volontĂ© malgrĂ© la rĂ©sistance, ce qui implique une relation de force oĂč l’acteur dominant peut faire cĂ©der ou agir l’autre. La domination, quant Ă  elle, suppose une acceptation plus ou moins consentie des rapports de pouvoir par les dominĂ©s, ce qui distingue la simple force de la lĂ©gitimitĂ©. La lĂ©gitimitĂ© peut s’appuyer sur diffĂ©rentes formes de domination, notamment traditionnelle, charismatique ou lĂ©gale-rationnelle, selon Max Weber. La relation de pouvoir repose donc Ă  la fois sur la capacitĂ© d’imposer et sur la reconnaissance ou l’acceptation par ceux qui sont soumis.

À retenir

Le pouvoir s’exerce Ă  travers des rapports de force, mais sa lĂ©gitimitĂ© repose souvent sur l’acceptation consentie par les dominĂ©s, ce qui permet sa stabilitĂ© et son maintien. La domination, en ce sens, implique une acceptation plus ou moins volontaire, souvent fondĂ©e sur des formes de lĂ©gitimitĂ© variĂ©es.

Tableaux de SynthĂšse

DimensionDéfinitionNotions clésAuteur / Référence
Politique (dĂ©finition)Ensemble des phĂ©nomĂšnes liĂ©s au pouvoir, aux institutions, aux acteurs et processus sociaux pouvant ĂȘtre politisĂ©sFait politique, politisation, dimension dynamique et contextuelleAucun auteur spĂ©cifique
Construction sociale du politiqueProcessus par lequel la dĂ©finition du politique est façonnĂ©e par acteurs et contexte, Ă©volutive et subjectivePolitisation, acteurs politiques, fenĂȘtre d’opportunitĂ©, construction subjectiveAucun auteur spĂ©cifique
Science politique vs SociologieLa science politique Ă©tudie les phĂ©nomĂšnes politiques ; la sociologie politique analyse l’impact des structures sociales sur la politiquePolitologue, politiste, sociologie politique, relations internationalesAucun auteur spĂ©cifique

PiÚges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre fait politique et phénomÚne social non politisé ; tout phénomÚne social peut devenir politique par politisation.
  2. Croire que la définition du politique est fixe ; elle est en réalité évolutive et dépend du contexte.
  3. Assimiler la science politique uniquement Ă  l’étude des institutions ; elle inclut aussi acteurs, processus et phĂ©nomĂšnes sociaux.
  4. Confondre politologue et politiste ; le premier étudie globalement la discipline, le second se concentre sur la recherche.
  5. Ignorer la dimension subjective de la construction du politique ; celle-ci dépend des acteurs et du contexte.
  6. Confondre philosophie politique et science politique empirique ; la premiÚre concerne principes et idées, la seconde étude empirique.
  7. NĂ©gliger l’importance de la sociologie dans l’analyse des comportements politiques et leur influence sur le champ politique.

Checklist Examen

  1. Connaßtre la définition du fait politique selon la science politique.
  2. Savoir distinguer polis, politics, polity et policy avec leurs significations respectives.
  3. Expliquer le processus de politisation et ses acteurs principaux.
  4. Définir la construction sociale du politique et ses caractéristiques dynamiques.
  5. Identifier les rîles de l’acteur dans la construction subjective du politique.
  6. Comprendre la différence entre science politique et sociologie politique.
  7. Citer les principales branches de la science politique : relations internationales, administration, politiques publiques.
  8. RĂ©sumer l’évolution historique de la discipline depuis la philosophie jusqu’à sa professionnalisation (notamment via l’ELSP).
  9. ConnaĂźtre les concepts clĂ©s de Machiavel, Tocqueville, Durkheim en lien avec l’histoire de la science politique.
  10. Maßtriser les notions fondamentales de légitimité, pouvoir et domination dans leur rapport avec le champ politique.
  11. Identifier les enjeux liĂ©s Ă  l’obĂ©issance et Ă  la lĂ©gitimitĂ© dans le maintien du pouvoir.
  12. Connaßtre les principales méthodologies en sciences sociales pour analyser le social et le politique.

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1. Selon la définition donnée dans le contenu, que recouvre la science politique ?

2. Quelle est la principale distinction entre la 'politique' et la 'politisation' selon le contenu?

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Fait politique — dĂ©finition ?

Étude des phĂ©nomĂšnes liĂ©s au pouvoir et aux institutions sociales.

Fait politique — dĂ©finition?

Étude des phĂ©nomĂšnes liĂ©s au pouvoir et aux institutions.

Construction sociale du politique — rîle ?

Façonne la perception et la définition du politique par acteurs et contexte.

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