đ Plan du Cours
- Objectifs et choix du mobile
- Mélange de fluides miscibles
- Suspension de solides
- Dispersion de liquides non miscibles
- Dispersion gaz-liquide
- Circulation et transfert thermique
- Analyse dimensionnelle et similitude
- Reynolds, Froude et vortex
- Nombre de puissance et traßnée
- CorrĂ©lations et rĂ©gimes dâĂ©coulement
- Influence de la géométrie
đ 1. Objectifs et choix du mobile
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Agitation : OpĂ©ration visant Ă accĂ©lĂ©rer des transferts dans un fluide homogĂšne ou une dispersion hĂ©tĂ©rogĂšne au prix dâune dissipation de puissance mĂ©canique.
- Objectifs et besoins : Effets recherchĂ©s qui servent de point de dĂ©part pour dimensionner lâaction de lâagitateur avant toute sĂ©lection matĂ©rielle.
- Choix du type de mobile : SĂ©lection du type gĂ©nĂ©ral dâagitateur dĂ©duite des objectifs fixĂ©s, puis ajustĂ©e par ses dimensions relatives et sa vitesse dâagitation.
- Classification par phases : Classement des problĂšmes dâagitation selon les phases prĂ©sentes dans la cuve agitĂ©e, qui guide le type de mobile Ă envisager.
đ Points essentiels
- Lâagitation accĂ©lĂšre le transfert de grandeurs extensives (matiĂšre ou chaleur) dans la cuve en dissipant de la quantitĂ© de mouvement, donc en consommant de la puissance mĂ©canique Ă fournir.
- La dĂ©marche correcte commence par dĂ©finir les objectifs et les besoins, plutĂŽt que choisir dâabord un type de mobile ou un fabricant.
- Une fois les effets recherchĂ©s fixĂ©s, le type gĂ©nĂ©ral de mobile est choisi puis son action est modulĂ©e via les dimensions relatives et la vitesse dâagitation.
- Le choix final du mobile se fait ensuite sur des critÚres de rapport qualité-prix et service-prix.
- La classification des opĂ©rations se fait dâabord selon les phases en prĂ©sence dans la cuve agitĂ©e, et oriente le choix du type de problĂšme.
đĄ Astuce mĂ©mo
Objectifs dâabord, mobile ensuite : effets â type dâagitateur â dimensions et vitesse.
đ 2. MĂ©lange de fluides miscibles
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- MĂ©lange de fluides miscibles : ProcĂ©dĂ© dâhomogĂ©nĂ©isation de fluides qui se mĂ©langent Ă lâĂ©chelle macroscopique pour viser une qualitĂ© de mĂ©lange, parfois couplĂ©e Ă une cinĂ©tique physique et/ou chimique.
- MicromĂ©lange λ : Ăchelle du micromĂ©lange qui caractĂ©rise la finesse des mĂ©langes locaux Ă atteindre, notamment quand la contrainte de temps est sĂ©vĂšre.
- Diffusion moléculaire : Mécanisme naturel de mélange dû au mouvement des molécules, utilisé comme base lorsque les fluides sont naturellement miscibles.
- SĂ©lectivitĂ© : Exigence de performance dâune rĂ©action oĂč la qualitĂ© du mĂ©lange influence directement les chemins rĂ©actionnels, surtout lors de mĂ©langes rapides de plusieurs rĂ©actifs.
đ Points essentiels
- Dans les mĂ©langes miscibles, lâobjectif est souvent la qualitĂ© du mĂ©lange (jusquâĂ lâĂ©chelle du micromĂ©lange λ) avec parfois une contrainte de temps.
- Quand lâopĂ©ration est purement physique et sans contrainte de temps forte, on privilĂ©gie une circulation macroscopique avec des gradients de vitesse faibles donc une puissance faible.
- Pour un mĂ©lange rapide de rĂ©actifs avec schĂ©ma rĂ©actionnel complexe, on peut rĂ©duire fortement lâĂ©chelle du micromĂ©lange, ce qui augmente rapidement la puissance Ă injecter.
- Comme on ne peut pas maintenir une puissance élevée partout dans la cuve, on choisit souvent des mobiles produisant une forte turbulence locale et on injecte les co-réactifs dans la zone correspondante.
- On Ă©tend ces principes aux fluides non-newtoniens et aux dispersions solides oĂč la vitesse de sĂ©dimentation des particules est nĂ©gligeable.
đĄ Astuce mĂ©mo
λ â (micromĂ©lange plus fin) â Ă©nergie/power â trĂšs vite, donc on cible une turbulence locale plutĂŽt quâune puissance uniforme partout.
đ 3. Suspension de solides
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Mise en suspension partielle : Processus oĂč lâon soulĂšve seulement les particules sur une hauteur donnĂ©e dans la cuve sans les maintenir entiĂšrement en suspension.
- Mise en suspension totale : Processus oĂč aucune particule ne subsiste sur le fond, ce qui impose une circulation dâensemble suffisamment forte pour Ă©viter la retombĂ©e.
- Turbulence locale : Action de brassage concentrĂ©e prĂšs dâune zone (souvent au fond) qui augmente le transfert de matiĂšre vers les particules.
đ Points essentiels
- Pour une mise en suspension partielle ou une simple remise en mouvement au fond (attaque ou dissolution), on privilégie la turbulence locale prÚs du fond.
- Un mobile en pompage bas est généralement utilisé pour accroßtre le coefficient de transfert de matiÚre sur les particules au fond.
- Pour une mise en suspension totale, lâobjectif typique est une bonne circulation dâensemble dans la cuve.
- En cristallisation, la mise en suspension totale sâaccompagne souvent dâune contrainte sur le cisaillement maximal pour ne pas abĂźmer le produit.
đĄ Astuce mĂ©mo
Partiel = fond en turbulence ; Total = circulation dâensemble (et cisaillement Ă protĂ©ger).
đ 4. Dispersion de liquides non miscibles
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Dispersion grossiĂšre : Dispersion de gouttes relativement grosses oĂč lâagitation doit Ă la fois casser les gouttes et gĂ©rer leur re-coalescence pour conserver une bonne aire interfaciale.
- Re-coalescence pĂ©riphĂ©rique : Reformation des gouttes en plus grosses entitĂ©s dans les zones pĂ©riphĂ©riques de la cuve, ce qui rĂ©duit lâaire interfaciale disponible pour le transfert de matiĂšre.
- Ămulsion stable : Dispersion de gouttes trĂšs fines maintenue dans le temps, typiquement grĂące Ă des stabilisants qui freinent la re-coalescence.
- Stabilisants : Additifs utilisĂ©s pour inhiber la re-coalescence des gouttes et permettre dâobtenir une Ă©mulsion stable, notamment pour des diamĂštres trĂšs faibles.
đ Points essentiels
- Pour des dispersions grossiĂšres (dp > 100 ÎŒm), la dispersion se fait gĂ©nĂ©ralement prĂšs de la pĂ©riphĂ©rie de lâagitateur grĂące Ă un cisaillement Ă©levĂ©.
- Comme la dispersion est instable, les gouttes re-coalescent dans les zones pĂ©riphĂ©riques et lâaire interfaciale diminue, ce qui pĂ©nalise le transfert de matiĂšre.
- Il faut recirculer rapidement les gouttes vers lâagitateur pour atteindre un Ă©quilibre coalescence-redispersion.
- Pour des Ă©mulsions stables (dp â 1 ÎŒm), la re-coalescence est inhibĂ©e par des stabilisants.
- Pour crĂ©er des gouttes de trĂšs petit diamĂštre, le mobile doit produire un cisaillement localement trĂšs intense, avec risque dâĂ©chauffements locaux indĂ©sirables.
đĄ Astuce mĂ©mo
GrossiÚres : cisaille à la périphérie puis re-circule pour casser/re-coller ; Stables : stabilisants + cisaillement ultra-local (micro-gouttes, échauffements possibles).
đ 5. Dispersion gaz-liquide
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Pompage bas : Le pompage bas est un mode de circulation oĂč le mobile envoie le liquide vers le bas et aspire le haut, ce qui peut entraĂźner lâentrainement du gaz dans la cuve.
- Pompage haut : Le pompage haut est un mode de circulation opposĂ© au pompage bas oĂč le mobile aspire par le fond et refoule par le haut, ce qui favorise lâentrainement gazeux.
- Autoaspiration du ciel gazeux : Lâautoaspiration du ciel gazeux correspond au fait quâune dĂ©pression centrale créée Ă forte vitesse de rotation peut aspirer le gaz au-dessus du liquide.
đ Points essentiels
- Avec des pales inclinées, le « pas à gauche » et une rotation horaire refoulent vers le bas et aspirent le haut, ce qui réalise le pompage bas.
- Le pompage haut sâobtient en inversant le sens de rotation du mobile ou en utilisant des mobiles « pas Ă droite » pour aspirer par le fond et refouler par le haut.
- Les mobiles Rushton Ă pales droites nâont pas dâeffet de pompage et sont donc des mobiles purement cisaillants.
- Ă forte vitesse de rotation, le pompage bas peut produire une dĂ©pression centrale capable dâentraĂźner une autoaspiration du ciel gazeux.
đĄ Astuce mĂ©mo
Horaire + pas à gauche = pompage bas + dépression centrale = autoaspiration du gaz; inverse le pas ou le sens = pompage haut.
đ 6. Circulation et transfert thermique
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Ancre dâagitation : Une ancre est un mobile tangentielle utilisĂ© Ă vitesse lente, notamment pour mobiliser des produits visqueux ou en transfert thermique sur double enveloppe.
đ Points essentiels
- Avec des pales inclinées et un arbre tournant en sens horaire (pales au regard « pas à gauche »), le liquide est refoulé vers le bas, ce qui aspire le haut et peut former une dépression centrale avec autoaspiration du ciel gazeux.
- Le pompage haut sâobtient en inversant le sens de rotation du mobile ou en utilisant des mobiles « pas Ă droite », ce qui permet dâaspirer le liquide par le fond et de le refouler par le haut.
- Les turbines Rushton Ă pales droites nâont pas dâeffet de pompage et restent donc essentiellement cisaillantes.
- Pour le transfert thermique, les paramĂštres du problĂšme incluent les gĂ©omĂ©tries des surfaces dâĂ©change, la conductivitĂ© thermique du fluide λ et sa capacitĂ© calorifique Cp.
đĄ Astuce mĂ©mo
Pas Ă gauche + rotation horaire â pompage bas (aspire haut, refoule bas) ; pas Ă droite ou rotation inversĂ©e â pompage haut (fondâhaut).
đ 7. Analyse dimensionnelle et similitude
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Similitude géométrique : CritÚres adimensionnels qui décrivent les proportions du systÚme à partir de rapports de longueurs, comme D/T ou H/L.
- Similitude dynamique : Groupements adimensionnels issus des variables opératoires et physiques, obtenus aprÚs application du théorÚme de Buckingham.
- ThĂ©orĂšme de BUCKINGHAM : ThĂ©orĂšme de regroupement des variables qui permet de passer dâun grand nombre de variables Ă quelques nombres adimensionnels.
- Nombre de Reynolds dâagitation : Nombre adimensionnel qui compare les forces dâinertie aux effets visqueux dans un Ă©coulement dâagitation.
- Nombre de Froude dâagitation : Nombre adimensionnel qui compare les forces dâinertie Ă la force de gravitĂ© dans un Ă©coulement dâagitation.
đ Points essentiels
- Dans une cuve, les variables indĂ©pendantes typiques sont gĂ©omĂ©triques (D, T, H_A, H_L, w, e), physiques (Ï, ÎŒ), opĂ©ratoires (N) et extĂ©rieures (g).
- En combinant les variables géométriques en rapports adimensionnels, on obtient des critÚres de similitude géométrique puis une seule échelle reste, souvent D.
- Avec les variables D, Ï, ÎŒ, N et g, le thĂ©orĂšme de BUCKINGHAM conduit Ă deux nombres adimensionnels caractĂ©ristiques de la dynamique.
- La vitesse caractéristique choisie est la vitesse périphérique en bout de pale N D, et la longueur caractéristique est le diamÚtre du mobile D.
- Les forces caractĂ©ristiques sont Ă©valuĂ©es via une Ă©chelle de cisaillement ÎŒ(ND/D) et dâune Ă©chelle dâinertie Ï(ND)^2, puis donnent Re = ÏN^2D^4 /(ÎŒN D^2) et Fr = ÏN^2D^4 /(ÏD^3g).
- Quand Re est petit, le régime est gouverné par la viscosité, donc laminaire, avec absence de turbulence et mélange surtout moléculaire.
đĄ Astuce mĂ©mo
Re mesure inertie/viscosité ; Fr mesure inertie/gravité.
đ 8. Reynolds, Froude et vortex
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Vortex de cuve : Le vortex est un soulĂšvement de la surface libre qui se produit lorsque lâinertie empĂȘche la gravitĂ© de maintenir la planĂ©itĂ© du liquide, entraĂźnant le refoulement vers la paroi.
- Chicanage des cuves : Le chicanage dĂ©signe lâajout de chicanes pour entraver le mouvement tangentiel, limiter la rotation globale et rĂ©duire les mouvements dĂ©favorables au mĂ©lange.
đ Points essentiels
- Le nombre de Reynolds dâagitation sâĂ©crit Re = Ï N^2 D^4 / (ÎŒ N D^2) = Ï N D^2 / ÎŒ.
- Le nombre de Froude dâagitation sâĂ©crit Fr = Ï N^2 D^4 / (Ï D^3 g) = N^2 D / g.
- Pour Re petit, lâĂ©coulement est gouvernĂ© par la viscositĂ© et reste laminaire, avec peu ou pas de turbulence et un mĂ©lange surtout molĂ©culaire.
- Pour Re Ă©levĂ©, lâinertie domine et lâĂ©coulement est turbulent, la viscositĂ© influençant peu les grandeurs macroscopiques comme puissance et dĂ©bit de circulation.
- En absence de chicanes (pas de blocage du mouvement tangentiel), un vortex apparaĂźt lorsque Fr est grand.
- Le principe de parité lie nP et nC pour limiter le balancement : si nP = 6 alors nC = 1, 2 ou 4, et si nP = 3 alors nC = 1 ou 3.
đĄ Astuce mĂ©mo
Re = Inertie/ViscositĂ© â laminaire (petit) puis turbulent (grand) ; Fr = Inertie/GravitĂ© â vortex (grand) ; chicanes = anti-rotation (nP ~ nC).
đ 9. Nombre de puissance et traĂźnĂ©e
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Nombre de puissance : Le nombre de puissance NPâ est un nombre adimensionnel reliant la puissance fournie par lâagitateur Ă un terme inertiel caractĂ©ristique ÏN3D5.
- TraĂźnĂ©e dâobstacle : La traĂźnĂ©e est la force exercĂ©e sur un obstacle par lâĂ©coulement relatif, donnĂ©e via un coefficient adimensionnel de traĂźnĂ©e basĂ© sur Ïu2/2.
- Coefficient de traĂźnĂ©e : Le coefficient de traĂźnĂ©e Cxâ est un facteur de forme qui devient constant en rĂ©gime turbulent et dĂ©pend de 1/Repâ en rĂ©gime laminaire.
- Nombre de puissance adimensionnel : En absence de vortex, NPâ se comporte comme un coefficient de forme ne dĂ©pendant que de Re pour les mobiles dâagitation.
đ Points essentiels
- Le nombre de puissance sâĂ©crit NPâ=ÏN3D5Pâ, oĂč P est la puissance mesurĂ©e expĂ©rimentalement.
- Le coefficient de traĂźnĂ©e de lâobstacle vĂ©rifie Cxâ=(Ïu2/2)(T/Ω)â pour un Ă©coulement relatif de vitesse u.
- La puissance due Ă la traĂźnĂ©e sâĂ©crit Pxâ=uTL et lâanalogie avec la pale conduit Ă CxââÏN3D5Pâ=NPâ.
- En absence de vortex (cuves chicanĂ©es), les corrĂ©lations attendues donnent NPâ=ÏN3D5Pâ=fonction de Re seulement, avec ΊPâ=NPâ.
- En prĂ©sence de vortex, une reprĂ©sentation proposĂ©e est ΊPâ=Fr(aâbterme selon le texte)NPââ avec ΊPâ=NPâ/Fr et une loi en a-logRe Ă travers a et b, selon Rushton et coll.
đĄ Astuce mĂ©mo
TraĂźnĂ©e â NPâ: force (traĂźnĂ©e) Ă vitesse donne P et lâanalogie impose NPââŒCxâ.
đ 10. CorrĂ©lations et rĂ©gimes dâĂ©coulement
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- RĂ©gime laminaire : RĂ©gime dâĂ©coulement dominĂ© par la viscositĂ©, caractĂ©risĂ© par un Reynolds faible et une puissance qui dĂ©croĂźt avec Re.
- RĂ©gime turbulent pleinement Ă©tabli : RĂ©gime dâĂ©coulement dominĂ© par lâinertie pour un Reynolds Ă©levĂ©, oĂč la puissance devient pratiquement indĂ©pendante de Re.
- Nombre de Froude : Nombre adimensionnel comparant lâinertie Ă la gravitĂ©, utilisĂ© ici comme critĂšre liĂ© Ă la formation du vortex.
- Corrélation de NP : Expression reliant le nombre de puissance NP aux nombres de Reynolds et de Froude, NP = f(Re, Fr), quand les effets de vortex existent.
- Fonction puissance ΊP : Représentation adimensionnelle construite à partir de NP et de Fr pour regrouper des données selon le type de mobile.
đ Points essentiels
- Les corrĂ©lations de puissance sâĂ©crivent sous la forme gĂ©nĂ©rale NP = f(Re, Fr) lorsque le vortex peut intervenir.
- Sans vortex (cuves chicanées), la dépendance se réduit à NP = f(Re), et on utilise alors ΊP = NP.
- On observe une prĂ©dominance laminaire pour Re < 10 avec NP â 1/Re, et une tendance turbulent pleinement Ă©tablie pour Re > 10^4 avec NP â Cte.
- Le domaine de transition est trÚs large, typiquement entre 10 < Re < 10^4, et dépend de la géométrie du mobile.
- La formation de vortex est associĂ©e Ă un nombre de Froude grand, et elle nâapparaĂźt quâen pratique pour Re > 300 environ.
- Rushton et coll. proposent un regroupement via ΊP = NP / Fr^{(a-log Re)/b}, avec a et b constantes caractéristiques du mobile. (Ils notent ensuite que cette représentation a été contestée.)
đĄ Astuce mĂ©mo
Laminaire: Re<10 â NP~1/Re ; Turbulent: Re>10^4 â NPâcte ; vortex seulement vers Re>300 (donc Fr devient dĂ©terminant).
đ 11. Influence de la gĂ©omĂ©trie
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- ProximitĂ© relative des parois : La proximitĂ© des parois de la cuve par rapport au mobile conditionne fortement la consommation de puissance et la forme des courbes de NPâ=f(Re).
- Géométrie standard : La géométrie standard sert de référence pour les corrélations de puissance, supposées peu sensibles aux variations modérées autour de cette référence.
- Absence de vortex : Lâabsence de vortex, par exemple avec une cuve chicanĂ©e, fait disparaĂźtre le rĂŽle des forces de gravitĂ© dans lâanalyse dimensionnelle du NPâ.
đ Points essentiels
- Les corrĂ©lations de puissance doivent sâĂ©crire sous la forme NPâ=f(Re,Fr), car la prĂ©sence de vortex introduit une dĂ©pendance Ă Fr.
- Si le vortex est absent (cuve chicanĂ©e), NPâ ne dĂ©pend que de Re et la fonction ΊPâ nâimplique plus Fr.
- Pour une turbine Rushton, la gĂ©omĂ©trie standard vĂ©rifie notamment D/T=1/3, HLâ/D=1, HAâ/D=1/3, w/T=0,1 et q/D=1/5.
- Les caractĂ©ristiques varient peu autour du standard si 0,2<D/T<0,5, 2<HLâ/D<4 et 0,7<HAâ/D<1,6.
- Le facteur géométrique principal est la proximité relative des parois de la cuve par rapport au mobile, qui commande la différence de prise de puissance.
đĄ Astuce mĂ©mo
Rushton â1/3â : D/T proche de 1/3 et plages 0,2 Ă 0,5 (avec HLâ/D entre 2 et 4).
đ Tableaux de synthĂšse
Types dâĂ©coulement et mobiles
| Type dâĂ©coulement | Sens de circulation | Mobile prototype |
|---|
| Axial | descente axiale au centre; refoulement axial (pompage bas ou haut); inversion prÚs fond et surface | hélices |
| Radial | aspiration axiale puis refoulement radial; jet heurte la paroi et crĂ©e deux boucles (Ćil) | turbines (ex. Rushton) |
| Tangentiel | fluide tourne en bloc comme un solide (à éviter pour le mélange) | cadres/herses, ancres (souvent à faible vitesse) |
| Mixte | prĂ©dominance de lâune des composantes radiale/axiale/tangentielle | turbines Ă pales inclinĂ©es (compromis) |
Régimes et comportement de NP
| Plage de Re | Effet dominant | Comportement de NP/ΊP |
|---|
| Re < 10 | viscositĂ© (rĂ©gime laminaire) | NP â 1/Re |
| 10 < Re < 10^4 | transition trÚs large | dépend de la géométrie du mobile |
| Re > 10^4 (sans vortex) | inertie (turbulent pleinement Ă©tabli) | NP â Cte |
| Re > 10^4 (avec vortex) | vortex intervient | ΊP = NP/Fr (représentation de Rushton) |
| Re > 300 (ordre de grandeur) | apparition de vortex/turbulence notable | vortex lié à Fr (en absence de chicanes) |
â ïž PiĂšges & confusions frĂ©quents
- Confondre Re et Fr : Re compare inertie/viscosité (régime laminaire/turbulent), tandis que Fr compare inertie/gravité (vortex).
- Croire que chicaner âaugmente le mĂ©langeâ au mĂȘme titre quâun mobile : ici le rĂŽle clĂ© est dâentraver le mouvement tangentiel pour inhiber le vortex.
- Penser que le pompage haut/bas dĂ©pend seulement du sens de rotation : il faut aussi le âpasâ (pas Ă gauche vs pas Ă droite) pour dĂ©duire lâaspiration et le refoulement.
- Inverser la logique Ă©nergie/Ă©chelle en mĂ©lange miscible : rĂ©duire lâĂ©chelle du micromĂ©lange λ augmente trĂšs vite la puissance Ă injecter.
- Oublier que pour dispersions grossiĂšres il faut un Ă©quilibre coalescenceâredispersion : recirculer rapidement les gouttes vers lâagitateur.
- Dire que Rushton Ă pales droites sert au pompage : le cours dit quâil nâa pas dâeffet de pompage, donc câest essentiellement cisaillant.
- Prendre NP=f(Re,Fr) partout : sans vortex (cuves chicanées), NP ne dépend que de Re et ΊP=NP.
â
Checklist Examen
- Expliquer pourquoi lâagitation accĂ©lĂšre les transferts et nĂ©cessite une dissipation de puissance mĂ©canique.
- Donner la dĂ©marche de choix : objectifs/besoins â type gĂ©nĂ©ral de mobile â ajustement par dimensions relatives et vitesse â choix qualitĂ©-prix/service-prix.
- Classer les opérations selon les phases présentes : miscibles, suspension de solides, non-miscibles (grossiÚres vs émulsions stables), gaz-liquide, puis circulation/transfert thermique.
- Pour fluides miscibles, relier la qualitĂ© du mĂ©lange Ă lâĂ©chelle du micromĂ©lange λ et la contrainte de temps/sĂ©lectivitĂ© au besoin de rĂ©duire λ (donc puissance).
- Pour suspension de solides, distinguer mise en suspension partielle (turbulence locale prĂšs du fond, mobile en pompage bas) et totale (circulation dâensemble + cisaillement maximal Ă protĂ©ger).
- Pour liquides non miscibles, rappeler : gouttes >100 ÎŒm en zone pĂ©riphĂ©rique, instabilitĂ© et re-coalescence â recirculation pour Ă©tablir coalescenceâredispersion; Ă©mulsions stables ~1 ÎŒm avec stabilisants; cisaillement ultra-local et Ă©chauffements possibles pour micro-gouttes.
- Pour dispersion gaz-liquide, rappeler quâun fort cisaillement est requis mais que lâengorgement peut apparaĂźtre quand le gaz arrive plus vite que son Ă©vacuation par le mobile, et que la circulation ne doit pas ĂȘtre nĂ©gligĂ©e.
- Décrire les modes de circulation : axiale (hélices), radiale (turbines), tangentiel (à éviter), mixte (prédominance; compromis).
- Donner la dĂ©duction pompage bas/haut Ă partir du âpasâ (pas Ă gauche/pas Ă droite) et du sens horaire, et rappeler que Rushton Ă pales droites nâa pas dâeffet de pompage.
- Exprimer Re et Fr via lâanalyse dimensionnelle (Re=FÏ/FÎŒ et Fr=FÏ/Fg, puis les formes avec Ï, ÎŒ, N, D, g) et interprĂ©ter : Re petit laminaire, Re grand turbulent; Fr grand vortex en lâabsence de chicanes.
- Expliquer lâinhibition du vortex par chicanage et appliquer le principe de paritĂ© entre nP et nC (ex. turbine 6 pales â 1,2 ou 4 chicanes; hĂ©lice 3 pales â 1 ou 3).
- Ănoncer le nombre de puissance NP= P/(Ï N^3 D^5) et son lien Ă la traĂźnĂ©e (analogie obstacles), puis donner lâallure des corrĂ©lations : NP=f(Re,Fr) si vortex; sinon NP=f(Re) et ΊP=NP; inclure les ordres de grandeur (Re<10 NP~1/Re, Re>10^4 NPâCte, vortex vers Re>300).
Create your own revision sheets
Import your course and AI generates sheets, quizzes and flashcards in 30 seconds.
Sheet generator