Hoja de repaso: Introduction à l'Économie Industrielle

📋 Plan du Cours

  1. Économie industrielle et pouvoir de marché
  2. Marché : allocation, prix et définition
  3. Concurrence pure et parfaite et hypothèses
  4. Élasticité-prix de la demande et interprétation
  5. Élasticités croisées et élasticité-revenu
  6. Fixation du prix selon le coût et la demande
  7. Prix psychologique et consentement à payer
  8. Taux de marge et pouvoir de marché
  9. Discrimination tarifaire du troisième degré
  10. Discrimination intertemporelle et tarification de pointe
  11. Prix d’écrémage et fixation face à la concurrence
  12. Collusion, cartel et abus de position dominante

📖 1. Économie industrielle et pouvoir de marché

🔑 Notions clés & Définitions

  • Économie industrielle : Domaine qui étudie le fonctionnement des marchés et des industries ainsi que les interactions stratégiques entre entreprises.
  • Pouvoir de marché : Capacité d’acteurs à influencer les prix, les quantités ou les conditions de concurrence, ce qui s’écarte de la concurrence pure et parfaite.
  • Stratégies tarifaires : Ensemble d’actions sur les prix visant à capter de la valeur ou à modifier l’intensité de la concurrence.
  • Stratégies non tarifaires : Actions hors prix (différenciation, publicité, R&D, collusion) qui influencent la concurrence et les choix des clients.
  • Structure-Comportement-Performance : Cadre d’analyse reliant la structure d’un marché aux comportements des firmes puis à la performance observée.

📝 Points essentiels

  • L’économie industrielle s’intéresse aux marchés où le nombre d’offreurs est limité et où la concurrence n’est pas celle de la concurrence pure et parfaite.
  • Le pouvoir de marché apparaît quand les acteurs disposent d’un contrôle plus élevé sur les résultats du marché que des price-takers.
  • L’analyse couvre à la fois des stratégies tarifaires (discrimination, mark up, prix limite) et des stratégies non tarifaires (collusion, différenciation, publicité, R&D).
  • L’économie industrielle sert à la décision privée (tarification, positionnement, entrée ou maintien) et à la décision publique (concurrence, industrie, aménagement).
  • Les autorités de régulation et de concurrence interviennent pour limiter les effets négatifs du pouvoir de marché (exemples cités : ARCEP, CRE, AMF, Autorité de la concurrence).
  • Le contrôle public peut viser les structures (fusions/rachats) ou les comportements (ententes, alliances, pratiques en position dominante).

💡 Astuce mémo

Pouvoir de marché = contrôle des règles du jeu (prix/conditions) → donc stratégies tarifaires + non tarifaires.

📖 2. Marché : allocation, prix et définition

🔑 Notions clés & Définitions

  • Marché : Un marché est un lieu de rencontre, réel ou fictif, entre acheteurs et vendeurs qui permet l’échange et la formation d’un prix.
  • Prix de marché : Le prix de marché est le prix qui résulte de la rencontre entre offre et demande et qui s’applique aux biens, services ou au travail.
  • Marché des biens : Le marché des biens est l’espace où s’échangent les biens et services produits dans l’économie.
  • Marché du travail : Le marché du travail est l’espace où s’échange le facteur travail, notamment via le salaire.
  • Marché des capitaux : Le marché des capitaux centralise les besoins et les capacités de financement.

📝 Points essentiels

  • Le marché sert de mécanisme d’allocation des ressources dans une économie de marché, en organisant la répartition des biens et services.
  • Un marché détermine à la fois la quantité échangée et le prix de vente, qui devient le prix de marché.
  • La définition d’un marché dépend des produits échangés, de la zone géographique et de l’étendue considérée.
  • On distingue classiquement trois marchés : biens et services, travail, et capitaux (financement).
  • Le prix de vente correspond au prix des biens pour le marché des biens et au salaire pour le marché du travail.

💡 Astuce mémo

Marché = Quantité + Prix (Q&P) : rencontre acheteurs-vendeurs → échange et formation du prix.

📖 3. Concurrence pure et parfaite et hypothèses

🔑 Notions clés & Définitions

  • Concurrence pure et parfaite : Modèle théorique décrivant un marché où les agents prennent leurs décisions uniquement via les prix, sans influence individuelle sur le prix ni interactions stratégiques.
  • Marché des biens : Marché où s’échangent les biens et services entre producteurs et consommateurs.
  • Marché du travail : Marché où s’échange le facteur travail entre offreurs et demandeurs de travail.
  • Marché des capitaux : Marché où se centralisent les besoins et capacités de financement.
  • Homo economicus : Hypothèse selon laquelle les décisions des agents se font par comparaison des prix, sans dimension sociale dans la consommation.

📝 Points essentiels

  • La concurrence pure et parfaite suppose que le système de prix réalise les arbitrages des producteurs et des consommateurs.
  • Le modèle repose sur 5 hypothèses : atomicité des agents, produit homogène, libre entrée et sortie, information parfaite, mobilité parfaite des facteurs.
  • L’atomicité implique qu’aucun agent ne peut influencer individuellement le prix et les quantités, donc pas de pouvoir de marché.
  • Le prix résulte de la confrontation entre l’offre totale et la demande totale, et ne provient pas d’un choix individuel.
  • En cas de pertes, une entreprise ne peut pas modifier son prix et doit ajuster ses décisions via facteurs de production, quantités, techniques ou arrêt de production.
  • La demande d’un bien dépend du prix : un achat est envisagé si le prix est inférieur à la satisfaction retirée, les autres déterminants étant supposés fixés au moment du choix.

💡 Astuce mémo

Atomicité + Homogénéité + Entrée/Sortie libres + Info parfaite + Mobilité des facteurs = aucun agent ne pilote le prix (il subit le marché).

📖 4. Élasticité-prix de la demande et interprétation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Élasticité-prix de la demande : L’élasticité-prix de la demande mesure la variation relative de la quantité demandée quand le prix varie, toutes choses égales par ailleurs.
  • Interprétation de l’élasticité : L’interprétation relie le signe et la valeur de l’élasticité à la hausse ou baisse attendue des quantités demandées après un changement de prix.
  • Marché concurrentiel (CPP) : La CPP désigne un cadre où l’ajustement du marché suit des mécanismes compatibles avec l’équilibre offre-demande, rendant souvent les prix plus réactifs.
  • Ajustement par les quantités : Quand les prix s’ajustent lentement ou imparfaitement, l’équilibre se rétablit d’abord via des variations de quantités échangées avant de se refléter dans les prix.

📝 Points essentiels

  • Si la demande diminue avec l’offre inchangée, le prix d’équilibre doit baisser pour rétablir l’équilibre offre-demande.
  • Si la demande diminue, la quantité échangée baisse aussi lorsque les prix sont flexibles.
  • Si l’offre augmente avec la demande inchangée, le prix d’équilibre diminue et la quantité échangée augmente.
  • Les conséquences d’un choc (demande ou offre) peuvent être peu visibles si le marché ne respecte pas les conditions de la CPP ou si l’ajustement est long.
  • L’ajustement se fait d’abord par les quantités avant de se traduire par les prix, ce qui peut masquer l’effet sur les prix à court terme.
  • Exemple de calcul : si ep=0,5e_p=-0,5 et que le prix augmente de 10%, alors la demande varie de 0,5×10=5%-0,5\times 10=-5\% (toutes choses égales par ailleurs).

💡 Astuce mémo

epe_p relie %prix → %quantité : signe négatif = prix↑ ⇒ demande↓ ; valeur 0,5 = demi-réponse (en %).

📖 5. Élasticités croisées et élasticité-revenu

🔑 Notions clés & Définitions

  • Élasticité prix-croisée : L’élasticité prix-croisée mesure la variation en % de la demande d’un bien quand le prix d’un autre bien varie de 1%, toutes choses égales par ailleurs.
  • Élasticité-revenu : L’élasticité-revenu mesure la variation en % de la demande d’un bien quand le revenu varie de 1%, toutes choses égales par ailleurs.
  • Biens substituables : Les biens substituables sont des produits utilisés à la place les uns des autres, ce qui rend la demande sensible au prix relatif.
  • Biens complémentaires : Les biens complémentaires sont consommés ensemble, de sorte que la demande d’un bien dépend du prix de l’autre.

📝 Points essentiels

  • L’élasticité prix-croisée s’interprète comme une sensibilité de la demande du bien A au prix du bien B, avec une variation de 1% de B.
  • Si l’élasticité prix-croisée est positive, les biens sont substituables car une hausse du prix de B augmente la demande de A.
  • Si l’élasticité prix-croisée est négative, les biens sont complémentaires car une hausse du prix de B réduit la demande de A.
  • L’élasticité-revenu s’interprète comme une sensibilité de la demande du bien au revenu, avec une variation de 1% du revenu.
  • Une hausse du revenu augmente la demande des biens dont l’élasticité-revenu est positive, toutes choses égales par ailleurs.
  • Dans l’exemple, une hausse fictive du pouvoir d’achat de 0,3% suite à une baisse de taxe d’habitation sert à prévoir l’effet sur les ventes de billets Nantes-Paris via l’élasticité-revenu.

💡 Astuce mémo

Croisée = « prix de l’autre » ; Revenu = « pouvoir d’achat » : croisée → substitution/complémentarité, revenu → sensibilité au niveau de vie.

📖 6. Fixation du prix selon le coût et la demande

🔑 Notions clés & Définitions

  • Elasticité-prix croisée : L’élasticité-prix croisée mesure la variation en % de la demande d’un bien quand le prix d’un autre bien change de 1%, toutes choses égales par ailleurs.
  • Elasticité-revenu : L’élasticité-revenu mesure la variation en % de la demande d’un bien quand le revenu varie de 1%, toutes choses égales par ailleurs.
  • Prix psychologique : Le prix psychologique désigne le niveau de prix perçu comme cohérent par les consommateurs avec une certaine qualité attendue.
  • Compétitivité prix : La compétitivité prix correspond à la capacité d’une entreprise à proposer un prix attractif par rapport aux concurrents pour conserver des parts de marché.

📝 Points essentiels

  • Le prix influence le volume des ventes, la rentabilité et aussi l’image de l’entreprise via la communication.
  • La fixation du prix de vente repose sur trois facteurs : coûts, demande (attentes prix/qualité) et concurrence.
  • Si l’élasticité-prix croisée eX/Y>0e_{X/Y}>0, les biens sont substituables.
  • Si eX/Y=0e_{X/Y}=0, les biens sont indépendants.
  • Si eX/Y<0e_{X/Y}<0, les biens sont complémentaires.
  • Si l’élasticité-revenu eR<0e_R<0, le bien est inférieur ; si 0<eR<10<e_R<1, il est normal ; si eR>1e_R>1, il est supérieur.

💡 Astuce mémo

Croisée : signe = relation ( + substituts, 0 indépendants, − complémentaires ) ; Revenu : inférieur <0, normal entre 0 et 1, supérieur >1.

📖 7. Prix psychologique et consentement à payer

🔑 Notions clés & Définitions

  • Prix psychologique : Le prix psychologique est le niveau de prix jugé acceptable par le consommateur selon sa valeur perçue et ses seuils de rejet.
  • Consentement à payer : Le consentement à payer correspond au prix maximal que les consommateurs sont prêts à accepter pour obtenir le produit.
  • Élasticité-prix de la demande : L’élasticité-prix de la demande mesure la sensibilité de la quantité demandée aux variations de prix.
  • Taux de marge : Le taux de marge est un coefficient reliant le prix proposé au coût total moyen pour capter une partie du consentement à payer.

📝 Points essentiels

  • Le prix psychologique combine deux seuils perçus : trop cher et mauvaise qualité, obtenus via des enquêtes auprès de plusieurs personnes.
  • Le prix psychologique se déduit en croisant la part de répondants qui jugent le prix trop élevé et celle qui le jugent de mauvaise qualité.
  • Le taux de marge sert à capter tout ou partie du consentement à payer quand l’entreprise a un pouvoir de marché.
  • Le prix proposé augmente quand les consommateurs sont peu sensibles aux variations de prix, donc quand la demande est peu élastique.
  • Le taux de marge est inversement proportionnel à l’élasticité-prix de la demande, via la relation t=11et=\frac{1}{1-e}.
  • Le prix se calcule par P=(1+t)×CTMP=(1+t)\times CTM, où CTMCTM est le coût total moyen (coût total moyen).

💡 Astuce mémo

Seuils (trop cher / mauvaise qualité) → prix psychologique ; Pouvoir de marché + faible élasticité → marge plus forte via t=11et=\frac{1}{1-e} et P=(1+t)CTMP=(1+t)\,CTM.

📖 8. Taux de marge et pouvoir de marché

🔑 Notions clés & Définitions

  • Monopole : Un monopole est une situation où l’entreprise n’a pas de substituts proches, ce qui rend la demande relativement inélastique.
  • Élasticité-prix de la demande : L’élasticité-prix mesure la sensibilité de la quantité demandée à une variation du prix.
  • Discrimination tarifaire : La discrimination tarifaire consiste à fixer des prix différents pour le même bien selon les acheteurs, la quantité ou les conditions de vente.
  • Discrimination au 1er degré : La discrimination parfaite au 1er degré fait payer à chaque consommateur un prix égal à sa disponibilité à payer.
  • Discrimination au 2ème degré : La discrimination imparfaite au 2ème degré fait varier le prix avec la quantité consommée (par lots), car la disponibilité à payer baisse avec la quantité.

📝 Points essentiels

  • En monopole, l’absence de substituts proches rend la demande relativement inélastique, ce qui donne du pouvoir sur le prix et la quantité.
  • Le prix de vente est déterminé par la disponibilité à payer des consommateurs le long d’une courbe de demande décroissante.
  • Si le monopole augmente le prix, l’effet quantité réduit les ventes tandis que l’effet prix augmente la marge unitaire, et l’arbitrage dépend de l’élasticité.
  • Le prix optimal est d’autant plus élevé que l’élasticité-prix de la demande est faible (demande peu élastique).
  • Exemple de calcul : avec t=11et=\frac{1}{1-e} et e=0,5e=-0{,}5, on obtient t=11(0,5)=11,50,67t=\frac{1}{1-(-0{,}5)}=\frac{1}{1{,}5}\approx 0{,}67, puis P=(1+t)×CTMP=(1+t)\times CTM.
  • La discrimination tarifaire vise à maximiser le profit en proposant des prix adaptés aux caractéristiques des acheteurs, à la quantité ou aux clauses de vente.

💡 Astuce mémo

Monopole = demande peu élastique ⇒ hausse du prix rentable car l’effet prix domine l’effet quantité.

📖 9. Discrimination tarifaire du troisième degré

🔑 Notions clés & Définitions

  • Discrimination intertemporelle : Stratégie de prix qui segmente les consommateurs selon le moment d’achat, en faisant varier le prix dans le temps.
  • Tarification de pointe : Tarification qui fait payer des prix différents selon les périodes, pour refléter des variations de coût et/ou de demande.
  • Prix d’écrémage : Stratégie consistant à fixer un prix initial élevé, au-dessus de la concurrence, pour capter une clientèle à fort pouvoir d’achat.
  • Prix de pénétration : Stratégie qui lance un nouveau produit avec un prix bas afin de capter rapidement des clients des concurrents.
  • Prix limite : Prix maximal permettant de dissuader l’entrée de nouveaux concurrents dans un marché.

📝 Points essentiels

  • La discrimination du troisième degré consiste à pratiquer des prix différents selon des groupes de consommateurs, ce qui peut augmenter le profit total par rapport à un prix unique.
  • La discrimination intertemporelle rapproche le 3ème degré en distinguant les consommateurs selon leur impatience, avec des prix élevés au lancement puis une baisse ensuite.
  • Les consommateurs les plus impatients ont un consentement à payer élevé et une élasticité-prix faible, ce qui rend la baisse de prix ultérieure rentable.
  • La tarification de pointe vise l’efficacité économique car le coût de production varie avec la quantité demandée, par exemple via des capacités supplémentaires.
  • Transport : ajouter des trains ou avions selon les périodes peut accroître les coûts, ce qui justifie des prix différenciés selon le départ.
  • Électricité : la tarification de pointe sert à gérer des pics de demande, avec des prix plus élevés aux heures de forte consommation.

💡 Astuce mémo

Impatience → prix haut d’abord, puis baisse : les plus pressés paient plus.

📖 10. Discrimination intertemporelle et tarification de pointe

🔑 Notions clés & Définitions

  • Coefficient Cm : Le coefficient Cm mesure la concentration en additionnant les parts de marché des m plus grandes entreprises d’un secteur.
  • Indice de Herfindahl-Hirschman : L’indice HHI mesure la concentration en sommant les carrés des parts de marché de toutes les entreprises du secteur.
  • Marge : La marge correspond à l’écart entre le prix de vente et le coût unitaire de production.
  • Monopole : Un monopole est une entreprise qui est l’offreur unique sur un marché, ou plus largement qui domine presque tout le marché.
  • Barrière à l’entrée : Une barrière à l’entrée est un avantage des firmes installées qui leur permet de maintenir des prix durablement au-dessus du coût moyen minimum sans attirer de nouveaux entrants.

📝 Points essentiels

  • Cm additionne les parts des m plus grandes entreprises, mais ne renseigne pas sur la répartition des parts entre toutes les entreprises.
  • HHI se calcule en sommant les carrés des parts de marché, ce qui pénalise davantage les entreprises ayant de grandes parts.
  • Exemple chiffré : HHI = 35² + 21,4² + 16,2² + 17,3² = 2244,98.
  • Repères américains : HHI < 1000 non concentrée, 1000 < HHI < 1800 peu concentrée, HHI > 1800 concentrée.
  • La marge = prix de vente − coût unitaire de production et dépend des conditions de concurrence.
  • Définition stricte : un monopole est l’offreur unique sur le marché, ce qui impose de préciser le produit et le marché pertinent (marché de référence).

💡 Astuce mémo

HHI = « carrés » : plus une entreprise domine, plus son poids explose dans l’indice.

📖 11. Prix d’écrémage et fixation face à la concurrence

🔑 Notions clés & Définitions

  • Écrémage des prix : Stratégie de fixation d’un prix initial élevé, visant à capter d’abord les clients peu sensibles au prix avant de baisser progressivement.
  • Monopole : Structure de marché où une seule entreprise fait face à la demande et peut influencer le prix de vente.
  • Marché contestable : Marché où la concurrence potentielle suffit à discipliner les prix, même si une entreprise domine effectivement le marché.
  • Position dominante : Situation où une entreprise peut fixer le prix du marché tout en coexistant avec une frange concurrentielle de petites firmes.
  • Abus de position dominante : Usage d’une position dominante pour extraire un surprofit ou empêcher l’arrivée de concurrents, au-delà d’une simple supériorité d’efficacité.

📝 Points essentiels

  • Si l’élasticité-prix de la demande est faible, le monopole restreint la production et pratique un prix plus élevé que dans une concurrence pure et parfaite.
  • Par rapport à la concurrence pure et parfaite, le monopole génère un « surprofit » et opère une redistribution des revenus des consommateurs vers les producteurs.
  • Le monopole peut néanmoins être socialement efficace dans certains cas, notamment quand il s’agit d’un monopole naturel qui rend la production possible.
  • Des profits importants peuvent aussi financer l’innovation et améliorer le bien-être futur du consommateur.
  • Un monopole peut être économiquement discutable quand il correspond surtout à une entreprise concurrentielle « victorieuse » dont les raisons de domination disparaissent.
  • Dans un marché contestable, l’élément clé est la menace d’entrée, pas le nombre d’entreprises présentes sur le marché actuel.

💡 Astuce mémo

Demande peu élastique → Monopole = moins de quantité + prix plus haut (surprofit).

📖 12. Collusion, cartel et abus de position dominante

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cartellisation : La cartellisation est une coordination entre entreprises visant à restreindre la concurrence, notamment en fixant des conditions de marché ou en organisant des comportements communs.
  • Cartel : Un cartel est une entente entre entreprises qui coordonne leurs actions commerciales pour limiter l’intensité concurrentielle et influencer les résultats du marché.
  • Coûts de coordination : Les coûts de coordination désignent les difficultés pratiques et organisationnelles qui rendent une entente plus ou moins facile à maintenir dans le temps.
  • Échanges d’informations stratégiques : Les échanges d’informations stratégiques sont des communications portant sur des données commerciales sensibles qui réduisent l’incertitude entre concurrents.
  • Abus de position dominante : L’abus de position dominante correspond à l’exploitation déloyale d’une puissance de marché pour évincer ou contrôler le jeu concurrentiel.

📝 Points essentiels

  • La cartellisation est d’autant plus simple que le nombre d’entreprises concernées est faible et que la demande du bien est peu élastique.
  • La cartellisation devient plus facile quand le marché présente de fortes barrières à l’entrée, ce qui limite l’arrivée de nouveaux concurrents.
  • Un exemple de secteur où des cartels sont observés est la téléphonie mobile, avec des pratiques d’entente entre opérateurs.
  • Une étude citée porte sur un échantillon exhaustif de 111 cartels détectés et condamnés par la Commission entre 1969 et 2009.
  • Selon P. Chalmin, l’OPEP n’aurait connu que 12 années de « vraie vie » entre 1973 et 1985, période pendant laquelle elle a fixé le prix du pétrole, puis aurait eu plus de difficulté à influer le marché.
  • Dans l’entente sur la téléphonie mobile, le Conseil de la concurrence sanctionne Orange France, SFR et Bouygues Télécom pour un total de 534 millions d’euros (256, 220 et 58 millions).

💡 Astuce mémo

Moins d’acteurs + demande peu élastique + barrières fortes = cartel facile ; plus de coordination coûteuse = cartel instable.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1776Citation d’A. Smith sur la collusion (La richesse des nations, livre I, chap. 10, partie II).
1954Définition des barrières à l’entrée attribuée à Bain (Bain, 1954).
1956Modèle Structure-Comportement-Performance attribué à Bain (Bain 1956).
1969Période de l’étude sur 111 cartels détectés et condamnés par la Commission (entre 1969 et 2009).
2001Autosaisine du Conseil de la concurrence (28 août 2001) dans l’affaire de téléphonie mobile.
2003Période des échanges d’informations stratégiques sur les nouveaux abonnements et résiliations (de 1997 à 2003).
2004Affaire Microsoft : remontée à 2004 (demande de livrer une information « complète et adéquate » sur Windows).
2005Communiqué de presse du 1er décembre 2005 : entente sur le marché de la téléphonie mobile (sanctions 534 millions d’euros).
2007Affaire Microsoft : première amende de 497 millions d’euros en 2007.
2008Affaire Microsoft : Bruxelles réclame 899 millions d’euros supplémentaires en février 2008 ; ouverture de deux nouvelles enquêtes en 2008.

📊 Tableaux de synthèse

Types de discrimination tarifaire

TypePrincipeEffet sur le prix
1er degréDiscrimination parfaite : prix égal à la disponibilité à payer de chaque consommateurPrix individualisé (selon chaque consommateur)
2ème degréDiscrimination imparfaite : le prix varie avec la quantité consommée (par lots)Prix dépend de la quantité achetée
3ème degréDiscrimination imparfaite : prix différents selon des groupes de consommateursPrix plus élevé pour le groupe à demande moins élastique

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre CPP et concurrence pure et parfaite : la CPP est un cadre compatible avec l’équilibre offre-demande, alors que la CPP au sens strict correspond aux hypothèses de la concurrence pure et parfaite.
  2. Croire que l’élasticité-prix croisée mesure l’effet du prix du bien A sur la demande de A : elle mesure la variation de la demande de A quand le prix de B varie.
  3. Interpréter le signe de l’élasticité-prix croisée à l’envers : positif = substituables, négatif = complémentaires, nul = indépendants.
  4. Penser que le prix psychologique est un prix « réel » unique : c’est un niveau jugé acceptable, déduit en croisant les seuils « trop cher » et « mauvaise qualité ».
  5. Oublier que le taux de marge dépend de l’élasticité-prix : plus la demande est peu élastique, plus la marge (et donc le prix proposé) peut être élevée via t=1/(1−e).
  6. Dire qu’un monopole existe sans préciser le marché pertinent : la définition exige de définir le produit et l’étendue (marché de référence).
  7. Croire que la cartellisation est facile dès qu’il y a peu d’entreprises : elle dépend aussi des barrières à l’entrée et des coûts de coordination, et les firmes ont des incitations à tricher.

✅ Checklist Examen

  1. Définir l’économie industrielle et expliquer pourquoi elle s’éloigne de la concurrence pure et parfaite (pouvoir de marché, nombre d’offreurs limité).
  2. Lister les intérêts de l’économie industrielle : décision privée (stratégies) et décision publique (concurrence, industrie, aménagement) avec exemples d’autorités.
  3. Expliquer le cadre Structure-Comportement-Performance (structure → comportements stratégiques → performance) et rappeler les critiques (déterminisme, causalité inversée).
  4. Définir un marché (lieu réel ou fictif) et préciser comment il détermine quantité échangée et prix de marché, puis distinguer biens, travail, capitaux.
  5. Présenter les 5 hypothèses de la concurrence pure et parfaite et conclure pourquoi elles impliquent l’absence de pouvoir de marché (price-takers).
  6. Décrire la demande et l’offre : déterminants (autres facteurs supposés fixés), loi de la demande (courbe descendante) et loi de l’offre (courbe ascendante).
  7. Expliquer la loi de l’offre et de la demande : si offre > demande alors prix baisse, si offre < demande alors prix augmente, et pourquoi l’effet peut être peu visible hors CPP.
  8. Définir l’élasticité-prix de la demande et interpréter les cas |ED|>1, |ED|=1, |ED|<1, puis appliquer le calcul d’effet en % (ex : ep=-0,5 et prix +10%).
  9. Définir et interpréter l’élasticité-prix croisée (substituables/complémentaires/indépendants) et l’élasticité-revenu (inférieur/normal/supérieur).
  10. Expliquer la fixation du prix selon coûts, demande et concurrence, puis relier prix psychologique et consentement à payer (seuils « trop cher » / « mauvaise qualité »).
  11. Calculer et interpréter le taux de marge et le prix proposé : t=1/(1−e) et P=(1+t)×CTM, en reliant marge et pouvoir de marché.
  12. Expliquer les stratégies de prix et la discrimination tarifaire : types (1er/2ème/3ème degré), discrimination intertemporelle et tarification de pointe, puis prix d’écrémage/pénétration/prix-limite.
  13. Mesurer la concentration et le pouvoir de marché : définir marché pertinent, Cm, HHI (avec seuils US), et relier marge à conditions de concurrence.
  14. Définir monopole, barrières à l’entrée (légales/structurelles/stratégiques) et marché contestable, puis expliquer le comportement du monopole (effets quantité/prix, arbitrage via élasticité).

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Marché — rôle ?

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