📋 Plan du Cours
- Psychose et distinction avec la névrose
- Symptômes positifs et négatifs en psychose
- Psychose blanche et notion de décompensation
- Origines et évolution des psychoses à l’adolescence
- Différentes psychoses : paranoïa
- Manie et mélancolie : oscillation et lien
- Schizophrénie : perte du contact avec le réel
- Folie et psychopathologie : sens du terme
- Délires hallucinatoires auditifs et voix
- Délires hallucinatoires visuels et états confusionnels
- Délires hallucinatoires olfactifs et gustatifs
- Délires hallucinatoires tactiles et cénesthésiques
📖 1. Psychose et distinction avec la névrose
🔑 Notions clés & Définitions
- Psychose : Trouble psychique caractérisé par une perte de contact avec la réalité, avec une rupture du lien au monde partagé.
- Névrose : Trouble psychique où le lien avec la réalité reste maintenu, malgré des souffrances et des symptômes.
- Symptômes positifs : En psychose, manifestations ajoutées au fonctionnement habituel, comme des hallucinations ou des délires.
- Symptômes négatifs : En psychose, manifestations de retrait ou d’appauvrissement du fonctionnement, comme un repli sur soi.
- Psychose blanche : Structure psychotique sans décompensation, où des éléments psychotiques peuvent être présents sans rupture majeure avec la réalité.
📝 Points essentiels
- La psychose se définit comme une perte de contact avec le réel, tandis que la névrose conserve ce lien, mais la définition varie selon les auteurs et les périodes.
- Les symptômes positifs incluent notamment hallucinations et délires, avec des formes décrites comme délire érotomane.
- Les symptômes négatifs peuvent correspondre à des replis sur soi et à des attitudes de type narcissique.
- La psychose blanche (André Green) désigne une structure psychotique sans décompensation, avec des hallucinations, des délires ou des mouvements persécutifs très présents.
- La décompensation correspond à la déconnexion avec la réalité, et Freud décrit les décompensations comme une voie possible de guérison au même titre que certains symptômes.
- L’apparition des psychoses est située à l’adolescence, avec des changements psycho-somatiques et des bouffées délirantes pouvant durer quelques semaines et disparaître avec une prise en charge adaptée.
💡 Astuce mémo
Perte du réel = psychose ; lien au réel maintenu = névrose.
📖 2. Symptômes positifs et négatifs en psychose
🔑 Notions clés & Définitions
- Sémiologie psychiatrique : La sémiologie psychiatrique est une discipline médicale qui étudie les signes cliniques composant les tableaux des maladies mentales.
- Signe clinique : Un signe clinique est une chose perçue qui permet d’admettre l’existence d’un autre phénomène et parfois de l’identifier.
- Symptôme : Un symptôme est un signe lié à un état ou à une évolution généralement morbide, repérable par le patient ou par le clinicien.
- Continuité normal-pathologique : La continuité normal-pathologique est l’idée que des manifestations psychiques peuvent varier en intensité et en organisation sans frontière nette entre normal et pathologique.
- Mécanismes de défense : Les mécanismes de défense sont des processus psychiques qui transforment la perception ou l’affect afin de réduire l’insupportable.
📝 Points essentiels
- En médecine, les signes sont traités comme des symptômes, c’est-à-dire comme des manifestations observables liées à un état morbide.
- Le symptôme est issu de l’idée de « chute » ou « panne » et désigne une face visible du problème, repérable dans le temps par l’évolution.
- La classification des troubles mentaux (ex. DSM) aide au diagnostic par l’étude des signes, mais peut être insuffisante si elle ignore les contenus latents et processus inconscients.
- Freud défend une continuité entre manifestations psychiques normales et pathologiques, ce qui soutient l’idée qu’il n’existe pas de différence majeure entre les deux niveaux de fonctionnement.
- Les mécanismes de défense ne se réduisent pas au refoulement et peuvent être évalués selon qu’ils relèvent de processus primaires ou secondaires.
- En psychose et perversion, Freud décrit notamment projection, clivage et déni comme modalités de défense spécifiques à certains conflits psychiques.
💡 Astuce mémo
Signe = visible, Symptôme = lié à l’évolution; DSM aide au diagnostic mais ne suffit pas sans le latent.
📖 3. Psychose blanche et notion de décompensation
🔑 Notions clés & Définitions
- Continuité normal-pathologique : Notion selon laquelle les manifestations psychiques ne se distinguent pas par une rupture radicale entre normal et pathologique.
- Sémiologie psychiatrique : Démarche clinique qui décrit les signes observables, tout en servant de point de départ à une recherche plus profonde.
- Contenus latents : Idées et significations sous-jacentes que les symptômes rendent indirectement visibles.
- Défense psychique : Mécanisme qui organise la façon dont le psychisme traite un conflit, en déplaçant ou en transformant ce qui serait insupportable.
- Décompensation : Processus par lequel un équilibre psychique se rompt, souvent sous l’effet d’une réactivation ou d’un changement de contexte.
📝 Points essentiels
- La démarche psychanalytique vise les conflits psychiques derrière les symptômes, plutôt que de s’arrêter à la simple description clinique.
- La continuité normal-pathologique s’oppose à une séparation stricte entre manifestations normales et manifestations pathologiques.
- Le contexte social peut produire des angoisses sans trauma infantile nécessaire, en particulier via des normes morales et sexuelles.
- La réactivation d’un événement refoulé peut survenir plus tard (ex. à la puberté) et déclencher des symptômes différés.
- La psychonévrose de défense associe dissociation entre affect et représentation, avec retour du refoulé par les symptômes.
- La phobie fonctionne comme défense: elle protège et déplace l’angoisse vers un objet ou une situation plus “gérable”.
💡 Astuce mémo
Symptôme = vitrine; conflit latent = coulisses; défense = filtre; décompensation = rupture du filtre.
📖 4. Origines et évolution des psychoses à l’adolescence
🔑 Notions clés & Définitions
- Psychose : La psychose désigne un trouble pathologique où le sujet perd une part importante du rapport habituel à la réalité et peut construire une autre réalité à partir d’éléments internes.
- Névrose : La névrose correspond à des troubles qui n’atteignent pas l’intégrité des fonctions mentales et permettent en général de maintenir une distance avec l’erreur des croyances.
- Neuroleptiques : Les neuroleptiques sont des médicaments qui visent à calmer des symptômes délirants et/ou hallucinatoires, ainsi que l’angoisse et l’agitation.
- Double prise en charge : La double prise en charge regroupe un suivi médical et un suivi psychologique, pensés comme complémentaires pour la maladie psychotique.
- Psychiatrie de secteur : La psychiatrie de secteur organise le suivi des patients psychotiques via des structures dédiées, afin de soutenir la continuité des soins hors hospitalisation.
📝 Points essentiels
- Le terme « psychose » apparaît au XIXe siècle pour différencier des maladies qui altèrent le rapport à la réalité de celles qui n’atteignent pas l’intégrité des fonctions mentales.
- Les psychoses sont décrites comme atteignant la capacité du patient à reconnaître l’inadéquation de ses croyances, convictions, raisonnements et jugements sur autrui, le monde et lui-même.
- La gravité des états psychotiques a conduit les médecins du XIXe siècle à rechercher une cause neurologique, comme un dérèglement du fonctionnement cérébral.
- Dans les années 1950, la recherche aboutit à des substances chimiques capables d’atténuer des états délirants et/ou hallucinatoires, ainsi que l’angoisse et l’agitation.
- Les neuroleptiques réduisent surtout les symptômes et la souffrance, ce qui rend les patients plus accessibles à une prise en charge psychosociale et psychothérapique, et diminue le risque de rechutes.
- Les approches biologiques et psychologiques ne sont pas opposées : elles sont considérées comme complémentaires car chacune éclaire une part de la réalité de la maladie psychotique.
💡 Astuce mémo
XIXe = « différencier », Années 50 = « neuroleptiques », puis « double PEC » (médicale + psychologique) + « secteur » (continuité hors hôpital).
📖 5. Différentes psychoses : paranoïa
🔑 Notions clés & Définitions
- Paranoïa : La paranoïa est une forme de psychose à délires chroniques où la conviction délirante s’installe durablement.
- Psychose dissociative : La psychose dissociative regroupe des organisations psychotiques comme les schizophrénies, caractérisées par des troubles du rapport à la réalité.
- Délire avec intuitions subites : Le délire avec intuitions subites correspond à une conviction soudaine et inébranlable, ressentie comme une révélation sans raisonnement préalable.
- Perte de la réalité : La perte de la réalité désigne, dans la psychose, une difficulté à représenter la réalité dans la vie psychique, au-delà d’une simple action sur le monde.
- Ambassadeur de réalité : L’« ambassadeur de réalité » est une fonction thérapeutique visant à soutenir le patient dans son rapport à la réalité.
📝 Points essentiels
- Les organisations psychotiques partagent des troubles graves du rapport à la réalité extérieure, perturbant compréhension, jugement et codes sociaux.
- Le patient peut voir ou entendre des éléments non perçus par les autres et être convaincu de phénomènes que le groupe ne partage pas.
- Face à une réalité insupportable, le sujet peut la nier, l’attaquer et construire une autre réalité à partir d’éléments internes extériorisés.
- La conviction délirante sert de moyen de survie face à une angoisse majeure liée à la peur de ne pas exister.
- Les psychoses se classent en grandes familles : psychoses dissociatives, psychoses à délires chroniques dont la paranoïa, et états maniaco-dépressifs.
- Le délire avec intuitions subites se manifeste par une révélation soudaine : une vérité cachée paraît découverte sans raisonnement préalable.
💡 Astuce mémo
Paranoïa = « délire qui tient » : conviction délirante chronique pour survivre à l’angoisse de ne pas exister.
📖 6. Manie et mélancolie : oscillation et lien
🔑 Notions clés & Définitions
- Déni : Le déni est un mécanisme de défense qui refuse de reconnaître une perception jugée indésirable, afin de préserver le projet psychique en cours.
- Projection : La projection est un mécanisme de défense qui attribue à l’extérieur des éléments internes jugés inacceptables, pour éviter leur reconnaissance directe.
- Clivage : Le clivage est un mécanisme de défense qui sépare en parties opposées des représentations psychiques, afin de limiter l’ambivalence.
- Intuition délirante : L’intuition délirante est une évidence interne soudaine, vécue avec une forte certitude, qui déclenche une conviction irrationnelle.
- Interprétation délirante : L’interprétation délirante est une construction intellectuelle progressive qui mène progressivement à une conclusion délirante.
📝 Points essentiels
- Dans les organisations psychotiques, la réalité extérieure devient insupportable et la personne la nie puis réinvente une autre réalité, ce qui soutient le délire comme moyen de survie face à l’angoisse.
- Les troubles identitaires sont marqués par un sentiment de ne pas être assuré d’être vivant, réel, différent et semblable à la fois, avec une angoisse de morcellement et d’anéantissement.
- Les mécanismes de défense (clivage, projection, déni) peuvent exister dans diverses organisations psychopathologiques, mais ils sont particulièrement mobilisés dans la psychose.
- Les intuitions délirantes se distinguent des interprétations délirantes par leur apparition d’un coup avec certitude, alors que l’interprétation repose sur une élaboration progressive.
- Dans les délires schizophréniques, les intuitions subites peuvent être la première manifestation d’une dissociation schizophrénique.
- Le cas Schreber illustre comment des intuitions soudaines peuvent servir de mécanismes de défense pour donner une explication à des angoisses internes insupportables.
💡 Astuce mémo
Déni = « je ne vois pas », Projection = « c’est dehors », Clivage = « tout ou rien », Intuition = « ça tombe d’un coup », Interprétation = « ça se construit ».
🔑 Notions clés & Définitions
- Délire paranoïaque : Le délire paranoïaque est un délire organisé, avec une logique interne qui donne une cohérence au vécu du sujet.
- Délire paranoïde : Le délire paranoïde est un délire plus désorganisé, où la pensée est moins structurée et les hallucinations prennent une place majeure.
- Stupor hallucinatoire : Le stupor hallucinatoire est un état d’immobilité pétrifiée lié à la domination d’illusions et d’hallucinations sur le sujet.
- Décrochage incomplet : Le décrochage incomplet désigne une rupture partielle avec la réalité, avec des moments où le sujet peut redevenir plus cohérent.
- Part non psychotique : La part non psychotique correspond à une zone préservée du fonctionnement psychique, permettant parfois un discours plus cohérent malgré la psychose.
📝 Points essentiels
- La formation délirante peut être comprise comme un processus psychique défensif de reconstruction, plutôt que comme un simple signe de maladie.
- La mise en place du délire se fait en deux temps : d’abord le déni d’une partie du vécu par le Moi, puis la construction du délire pour réparer et restituer du sens.
- Les délires paranoïaques sont décrits comme rigoureux et logiques, tandis que les délires paranoïdes sont plus éclatés et marqués par des phénomènes hallucinatoires.
- Dans le délire paranoïde, le Moi est dit « éclaté » et le délire n’est pas systématisé, ce qui rend la structure de pensée difficile à repérer.
- La schizophrénie se caractérise par une confusion et un retrait à la réalité, avec un déclenchement plus fréquent à l’adolescence ou chez les jeunes adultes.
- La schizophrénie est décrite comme un retrait avec association à un monde parallèle, avec un décrochage incomplet et des retours possibles à un discours cohérent.
💡 Astuce mémo
Paranoïaque = Parole bien rangée ; Paranoïde = Pensée éclatée + Hallucinations en premier.
📖 8. Folie et psychopathologie : sens du terme
🔑 Notions clés & Définitions
- Folie : La folie désigne, en psychopathologie, un état où le fonctionnement psychique s’écarte fortement de la réalité partagée et perturbe la vie relationnelle.
- Psychose chronique : Une psychose chronique est un trouble psychotique durable, dont les manifestations persistent et retentissent souvent sur le quotidien.
- Schizophrénie : La schizophrénie est la psychose chronique la plus fréquente, caractérisée par des troubles qui se repèrent souvent par la bizarrerie des propos et des conduites.
- Délire paranoïaque : Le délire paranoïaque correspond à un délire dont la logique thématique reste généralement cohérente et organisée autour d’un thème dominant.
- Syndrome dissociatif : Le syndrome dissociatif correspond à une rupture de l’unité psychique, touchant simultanément pensée, affects et comportement.
📝 Points essentiels
- Le terme de folie renvoie à un écart majeur entre ce que le patient vit et ce que les autres perçoivent, ce qui peut générer inquiétude et sentiment d’impuissance.
- La schizophrénie est souvent difficile à comprendre de l’intérieur, ce qui peut provoquer chez les soignants soit rejet, soit tentation d’identification excessive (contre-transfert).
- L’éclosion schizophrénique peut être brutale ou progressive avec un début pauvre, parfois trompeur comme un repli dépressif.
- Deux signes cliniques orientent vers une schizophrénie : la présence d’un syndrome délirant et d’un syndrome dissociatif.
- Le délire schizophrénique est souvent incohérent, contrairement au délire paranoïaque qui reste plus organisé.
💡 Astuce mémo
Folie = écart Réalité↔Vécu ; Schizo = Délire + Dissociation (pensée/affects/comportement).
📖 9. Délires hallucinatoires auditifs et voix
🔑 Notions clés & Définitions
- Pensées devinées par autrui : Croyance délirante où le sujet estime que ses pensées sont connues, devinées ou révélées par d’autres personnes.
- Répétition des pensées par des voix : Phénomène hallucinatoire où des voix intérieures au sujet semblent reprendre ou commenter ses pensées.
- Syndrome dissociatif : Tableau clinique de la schizophrénie où l’unité psychique se fragmente, touchant pensée, affects et comportement.
- Schizophasie : Trouble du langage dissocié où les mots sont juxtaposés de façon chaotique, sans structuration compréhensible.
- Paramimie : Inadéquation de l’expression émotionnelle à la situation, par exemple rire face à un événement dramatique.
📝 Points essentiels
- Le délire peut porter sur l’idée que les pensées du patient sont devinées par autrui.
- Le patient peut percevoir des voix comme capables de répéter ses pensées, ce qui renforce la conviction d’influence extérieure.
- La dissociation est décrite comme une rupture de l’unité psychique, altérant simultanément pensée, affects et comportement.
- La dissociation de la pensée se manifeste par une perte de cohérence, avec associations relâchées et discours incohérent possible.
- La dissociation affective inclut l’émoussement affectif et l’inadéquation émotionnelle, dont la paramimie.
- La dissociation comportementale peut donner des bizarreries gestuelles, des attitudes stéréotypées et des postures figées ou mouvements répétitifs sans signification apparente.
💡 Astuce mémo
Voix = pensées “volées” puis “rejouées” : devinées par autrui et répétées par des voix intérieures.
📖 10. Délires hallucinatoires visuels et états confusionnels
🔑 Notions clés & Définitions
- Psychose hallucinatoire : La psychose hallucinatoire est un état psychotique où des hallucinations et des idées délirantes s’imposent au sujet, brouillant son rapport au réel.
- Conviction délirante : La conviction délirante est l’adhésion ferme à une explication délirante qui sert de moyen de défense contre une angoisse majeure liée à la non-existence.
- Bad trip : Le bad trip est un épisode aigu d’hallucinogènes où l’angoisse et la dépersonnalisation peuvent s’accompagner d’un sentiment de morcellement.
- Effet paranoïaque amphétamines : L’effet paranoïaque lié aux amphétamines est un tableau où une participation délirante s’intensifie avec une teinte de méfiance et de persécution.
- Double bind : Le double bind est une situation d’injonctions paradoxales qui place l’enfant dans un dilemme impossible, pouvant influencer le développement relationnel.
📝 Points essentiels
- Les organisations psychotiques se caractérisent par des troubles graves du rapport à la réalité extérieure, perturbant compréhension des faits et jugement des événements.
- Le patient peut percevoir ou ressentir des choses non partagées par les autres et être convaincu de phénomènes inexistants pour autrui.
- Face à une réalité insupportable, le sujet peut la nier ou l’attaquer puis tenter de construire une autre réalité à partir d’éléments internes extériorisés.
- Freud décrit la psychose comme une perte du rapport à la réalité, où le moi se détache d’une représentation inconciliable tout en restant liée à un morceau de réalité.
- Freud utilise la notion de « tester dans la vie réelle » pour distinguer les patients psychotiques des autres.
- Dans la psychose, le conflit se déploie entre le moi et le monde extérieur, avec une domination des processus primaires sur les processus secondaires.
💡 Astuce mémo
Réalité = boussole : en psychose, la boussole se décroche → hallucinations/délire pour calmer l’angoisse d’exister.
📖 11. Délires hallucinatoires olfactifs et gustatifs
🔑 Notions clés & Définitions
- Principe de plaisir : Le principe de plaisir est une dynamique psychique qui vise la satisfaction immédiate, sans passer par l’épreuve de réalité.
- Principe de réalité : Le principe de réalité est une dynamique psychique qui impose le détour et la vérification pour accéder au plaisir.
- Fantasme : Le fantasme est une activité de pensée qui produit une représentation indépendante de l’épreuve de réalité.
- Déni de la réalité : Le déni de la réalité est un processus primaire qui refuse la perception elle-même plutôt que de seulement la contester.
- Hallucination négative : L’hallucination négative est un phénomène où le sujet ne perçoit pas ce qui est pourtant présent, au niveau de la perception.
📝 Points essentiels
- Dans la psychose, le conflit se joue entre le moi et la réalité, avec une domination du principe de plaisir sur le principe de réalité.
- Le sujet ne peut pas distinguer réalité et fantasme quand il n’emprunte pas le détour exigé par le principe de réalité.
- La réalité du plaisir dépend de l’objet, via ses capacités de contenance, de pare-excitation et de liaison.
- Le déni vise une perception et se comprend comme un mécanisme primaire radical qui refuse la perception elle-même.
- Le déni de la réalité n’est mobilisé que si la perception constitue une menace pour l’intégrité du moi, voire pour sa survie.
- Le déni s’articule au narcissisme et s’observe avec des troubles identitaires et de la représentation de l’objet chez les patients psychotiques.
💡 Astuce mémo
Plaisir sans réalité = fantasme confondu; déni = je refuse la perception (pas juste je discute).
📖 12. Délires hallucinatoires tactiles et cénesthésiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Accès maniaque : L’accès maniaque est un épisode d’excitation avec troubles de l’humeur, de l’idéation et de l’activité, souvent associé à des symptômes somatiques.
- Accès mélancolique : L’accès mélancolique est un épisode dominé par une douleur morale profonde avec inhibition psychique et psychomotrice, et des perturbations biologiques.
- Sémiologie maniaque : La sémiologie maniaque regroupe les signes d’humeur, d’idéation, d’activité et les symptômes somatiques observés pendant l’accès.
- Sémiologie mélancolique : La sémiologie mélancolique décrit la présentation, les inhibitions intellectuelles, volontaires et affectives, ainsi que la douleur morale et les signes somatiques.
- Mélancolie (Freud) : La mélancolie, dans la perspective freudienne, est liée à une perte inconsciente et s’accompagne d’auto-accusation et d’une attente de punition.
📝 Points essentiels
- Dans l’accès maniaque, l’humeur est importante, souvent versatile, avec débordement instinctuel et trouble de l’idéation orienté vers de grands projets.
- L’accès maniaque associe trouble de l’activité et symptômes somatiques, avec irritabilité et désinhibition pouvant mener à des incidents (tapage nocturne, outrage à la pudeur, scandale en voie publique).
- L’entrée maniaque peut être progressive ou brutale, avec insomnie non douloureuse pouvant aller jusqu’à l’absence totale de sommeil.
- L’accès maniaque s’accompagne d’agitation avec sentiment d’euphorie et de facilité, d’un besoin de parler, puis d’une activité de plus en plus décousue.
- L’accès mélancolique débute par une profonde douleur morale, avec inhibition psychique et psychomotrice (ralentissement et aboulie) et perturbations biologiques (insomnie, anorexie).
- L’entrée dans l’accès mélancolique est souvent progressive, avec insomnie et fatigue comme premiers signes, puis incapacité, dépréciation, indécision et rumination anxieuse sur santé/avenir, parfois avec idée ou geste de
💡 Astuce mémo
Manie = “parle + bouge + euphorie” ; Mélancolie = “ralentit + s’auto-accuse + s’inhibe”.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| XIXème siècle | Apparition du terme « psychose » pour différencier des maladies n’altérant pas l’intégrité des fonctions mentales (névroses) de celles atteignant la capacité à saisir l’erreur des croyances/jugements. |
| années 1950 | Découverte de substances chimiques (neuroleptiques) susceptibles d’atténuer états délirants/hallucinatoires, angoisse et agitation. |
| 1894 | Freud (Les psychonévroses de défense) : le moi s’arrache à la représentation inconciliable mais reste inséparable d’un morceau de réalité. |
| 1938 | Freud (Abrégé de psychanalyse) : « tester dans la vie réelle » pour distinguer patients psychotiques et autres. |
| 1924 | Deux textes fondamentaux à 3 semaines d’intervalle : « Névrose et Psychose » et « La perte de la réalité dans la névrose et dans la psychose ». |
| 1956 | Racamier : rôle du thérapeute comme « ambassadeur de réalité » (psychothérapie psychanalytique des psychoses). |
| 1905 | Freud : sexualité infantile et phases psychosexuelles pouvant aboutir à des troubles psychiques par fixation pathologique. |
| 1915 | Freud : Introduction du narcissisme (modification de l’approche psychopathologique). |
| 1920 | Freud : Au-delà du principe du plaisir, hypothèse de la pulsion de mort. |
| 1884 | Schreber : malade de l’automne 1884. |
📊 Tableaux de synthèse
DSM et approche psychanalytique : ce que les signes permettent
| Approche | Ce qu’elle vise | Limite |
|---|
| DSM / classification nosographique | Aider au diagnostic par l’étude des signes | Peut être insuffisante si elle ignore contenus latents et processus inconscients |
| Psychanalyse | Découvrir les conflits psychiques derrière les symptômes | Ne s’arrête pas à la description clinique des signes |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre psychose et névrose : en psychose il y a perte de contact avec le réel, alors que la névrose maintient le lien au réel (même si les définitions varient).
- Inverser signe et symptôme : un signe est une chose perçue, tandis que le symptôme est lié à un état/évolution morbide et repérable par l’évolution.
- Croire que les neuroleptiques « guérissent » : ils atténuent surtout symptômes et souffrance, et rendent la prise en charge psychosociale/psychothérapique plus possible.
- Mélanger intuition délirante et interprétation délirante : l’intuition surgit d’un coup avec certitude, l’interprétation se construit progressivement.
- Penser que la manie est l’opposé direct de la mélancolie : le cours insiste sur une oscillation, mais pas une opposition simple.
- Confondre déni et déni de la réalité : le déni vise une perception elle-même (processus primaire radical), pas seulement une contestation.
- Réduire le délire à un « symptôme » sans fonction : dans le cours, le délire est aussi une tentative de reconstruction/guérison face à l’angoisse de ne pas exister.
✅ Checklist Examen
- Définir psychose et névrose, puis préciser la notion de décompensation et la « psychose blanche » (structure psychotique sans décompensation).
- Distinguer symptômes positifs et symptômes négatifs en psychose, et donner des exemples (hallucinations/délires vs replis sur soi).
- Expliquer la différence signe clinique vs symptôme, et relier la continuité normal-pathologique à l’idée freudienne de continuité entre normal et pathologique.
- Présenter l’objectif de la démarche psychanalytique : chercher conflits psychiques et contenus latents derrière la description clinique.
- Décrire le rôle des défenses (déni, clivage, projection) et relier phobie/défense à la protection/déplacement de l’angoisse.
- Expliquer l’évolution des psychoses à l’adolescence : changements psycho-somatiques, bouffées délirantes possibles, persistance si environnement non encadrant, et chronicité liée à l’absence d’encadrement.
- Citer les repères historiques du terme « psychose » (XIXe) et l’apport des années 1950 (neuroleptiques), puis décrire la double prise en charge (médicale + psychologique) et la psychiatrie de secteur.
- Classer les grandes familles de psychoses vues au cours (dissociatives/schizophrénies, délires chroniques dont paranoïa, états maniaco-dépressifs) et caractériser le délire avec intuitions subites.
- Comparer paranoïa vs paranoïde : conviction délirante chronique et logique vs délire plus désorganisé avec place majeure des hallucinations, et préciser la notion de « Moi éclaté ».
- Décrire les mécanismes de défense mobilisés dans les organisations psychotiques (déni, projection, clivage) et distinguer intuition délirante vs interprétation délirante.
- Expliquer la schizophrénie à partir des deux signes cliniques (syndrome délirant + syndrome dissociatif) et détailler les registres de la dissociation (pensée/affects/comportement) avec exemples (schizophasie, paramimie,
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