Scheda di revisione: Histoire des migrations et exils

📋 Plan du Cours

  1. Approches pour écrire l’histoire des migrations
  2. Flux d’exilés politiques vers la France
  3. Josephins et arrivée en France
  4. Pratiques politiques des exilés en France
  5. Facteurs explicatifs des migrations et exils
  6. Voyage transatlantique et conditions d’émigration
  7. Origines des migrants européens au XIXe siècle
  8. Réception des immigrants européens aux États-Unis
  9. Xénophobie et violences en France au XIXe siècle
  10. HCR 1951, UNRRA et OIR des réfugiés
  11. Xénophobie et politiques d’immigration en Grande-Bretagne
  12. Expulsions polonaises et antisémitisme populaire

📖 1. Approches pour écrire l’histoire des migrations

🔑 Notions clés & Définitions

  • Approche lexicale : Approche consistant à analyser les mots utilisés pour désigner les personnes concernées par les migrations et les exils.
  • Approche quantitative et statistique : Approche qui mesure les migrations à partir de données chiffrées sur immigrés, demandeurs d’asile et réfugiés.
  • Approche juridique : Approche qui définit les statuts des personnes à partir de catégories produites par des institutions et conventions internationales.
  • Approche géo-historique et cartographique : Approche qui étudie les migrations en localisant les lieux, les trajectoires et les connexions spatiales.
  • Approche culturelle : Approche qui examine la représentation des migrations dans les images, les œuvres et les productions artistiques.

📝 Points essentiels

  • L’histoire des migrations mobilise plusieurs disciplines et commence par clarifier les catégories de mots employées par les contemporains.
  • Le lexique migratoire s’est fortement développé et renvoie souvent à des catégories juridiques et administratives.
  • Les recensements en France (à partir de Napoléon) servent à dénombrer les étrangers, puis les instruments se perfectionnent.
  • L’enquête Te O (Trajectoire et Origine) vise à intégrer à la mesure de l’immigration les réponses des petits enfants d’immigrés.
  • L’approche statistique permet de suivre comment les Européens nomment et quantifient immigrés, asile et réfugiés.
  • L’approche juridique s’appuie sur des statuts conférés ou encadrés par des institutions internationales, notamment la logique de la Convention de Genève pour le réfugié.

💡 Astuce mémo

Mots → Chiffres → Statuts → Cartes → Images (M-C-S-C-I).

📖 2. Flux d’exilés politiques vers la France

🔑 Notions clés & Définitions

  • Daniel Roche : Historien qui défend l’idée de circulations européennes et corrige une vision trop sédentaire des sociétés modernes.
  • Circulations dans l’Europe moderne : Ouvrage qui recense et explique les mobilités européennes pour des raisons variées, dont les mobilités liées à la guerre.
  • Maréchaussée : Institution militaire de police dont les soldats, après le service, ne retournent pas tous à leur village d’origine.
  • Huguenots : Protestants français dont l’exil après l’Edit de Nantes provoque une diaspora en lien constant malgré la dispersion.
  • Émigration contre-révolutionnaire : Mouvement d’exil politique des opposants à la Révolution, surtout issu de la noblesse, avec des départs massifs.

📝 Points essentiels

  • Daniel Roche insiste sur la fluidité des mouvements des hommes et des capitaux et sur une mobilité structurelle plutôt qu’une société immobile.
  • Les armées européennes grossissent fortement au XVIIIe siècle, avec des effectifs cités : 50 000 en Espagne, 100 000 en Angleterre, 150 000 en Prusse, 200 000 en Autriche, jusqu’à 300 000 en Russie.
  • Après le service, la mobilité devient une habitude : parmi les soldats de la Maréchaussée, 1/3 ne rentre pas dans son village d’origine.
  • Les guerres révolutionnaires et napoléoniennes amplifient les mobilités, avec des exemples comme l’armée napoléonienne en Espagne passant de 100 000 à 350 000.
  • En 1812, lors de l’assaut de la Russie, seulement 1/3 de l’armée est constitué de soldats français, le reste provenant notamment d’Italiens, de Polonais et de Suisses.
  • Les prisonniers de guerre relâchés contribuent à des remises en circulation d’hommes, prolongeant des mobilités après le conflit.

💡 Astuce mémo

Guerre → armées énormes → service → habitudes de bouger → exils et retours en chaîne.

📖 3. Josephins et arrivée en France

🔑 Notions clés & Définitions

  • Exode rural : Mouvement de départ des populations rurales vers les villes, qui s’intensifie au XIXe siècle et modifie les équilibres démographiques.
  • Migrations temporaires : Déplacements de travail à durée limitée, souvent sectoriels, qui permettent de saisir des opportunités sans forcément s’installer durablement.
  • Alphabétisation : Capacité à lire et écrire, évaluée dans certains contextes administratifs et liée à la distance parcourue par les migrants.
  • Noria italienne : Schéma migratoire où des hommes partent, reviennent régulièrement, puis font venir progressivement leur famille après une phase de travail.
  • Padrone : Intermédiaire dans certains recrutements italiens, organisant l’embauche et pouvant exploiter les familles via des pratiques illégales.

📝 Points essentiels

  • Les migrations internes vers la capitale s’accompagnent d’un allongement des distances parcourues par les populations les plus mobiles.
  • Après 1840, les carrières ascendantes deviennent plus rares, notamment à cause d’une fièvre immobilière et du recours accru à une main d’œuvre étrangère.
  • Les migrants temporaires français se concentrent dans certains secteurs (chantiers, agriculture, économie de service, colportage), ce qui contribue à un exode rural plus tardif.
  • En 1848, la population rurale représente 75% de la population totale, et l’exode rural est ensuite ralenti par les migrations.
  • Les villages de moins de 2000 habitants sont particulièrement concernés par des micro-déplacements vers des distances de plus en plus longues.
  • La capacité à signer des documents administratifs (acte de mariage, conscription) relie alphabétisation et distance parcourue par les migrants.

💡 Astuce mémo

Distance → documents → alphabétisation : plus on s’éloigne, plus on doit savoir lire/écrire pour gérer l’administratif.

📖 4. Pratiques politiques des exilés en France

🔑 Notions clés & Définitions

  • Exilé politique : Personne contrainte de quitter sa patrie, souvent à cause de l’action ou de l’opposition politique.
  • Réfugié politique : Personne obligée de fuir son pays en raison de ses opinions politiques et trouvant en France un lieu de refuge.
  • Sociabilité politique : Forme d’engagement fondée sur la vie collective, où se construisent et circulent des idées politiques.
  • Salons politiques : Espaces mondains où des exilés, surtout issus de milieux d’élite, tissent des réseaux et discutent d’idées.
  • Comités philhellènes : Mouvements de soutien à la cause grecque qui inspirent des pratiques transnationales de collecte et d’engagement.

📝 Points essentiels

  • La politisation des exilés en France passe par plusieurs formes d’engagement, notamment la sociabilité et les réseaux transnationaux.
  • Le contrôle policier sur l’activité politique existe depuis le code pénal de 1810, ce qui rend les pratiques politiques plus surveillées.
  • Sous la monarchie de Juillet, les salons (ex. salon de Lafayette) servent de lieux d’accueil et de mise en relation pour des patriotes étrangers.
  • Les salons permettent aussi aux femmes d’exercer un rôle de leadership, comme le montre l’exemple de Madame Belgiojoso.
  • Les banquets et toasts sont utilisés pour porter publiquement des causes, tout en restant sous surveillance policière.
  • Les comités philhellènes popularisent la collecte de fonds et la mobilisation, et inspirent ensuite des comités pour d’autres causes (ex. Pologne).

💡 Astuce mémo

Sociabilité + salons + comités = politique en exil, sous surveillance.

📖 5. Facteurs explicatifs des migrations et exils

🔑 Notions clés & Définitions

  • Xénophobie populaire : La xénophobie populaire est un rejet collectif de l’étranger qui s’intensifie en période de crise et vise aussi des travailleurs et des réfugiés.
  • Facteur push : Le facteur push désigne les mécanismes de répulsion qui poussent à partir quand on subit discrimination, rejet ou oppression.
  • Révolution des transports : La révolution des transports correspond aux innovations (notamment la vapeur) qui rendent la traversée plus rapide et favorisent les départs.
  • Migration transatlantique : La migration transatlantique est le déplacement de populations entre l’Europe et les Amériques, avec des rythmes et des volumes qui varient selon les périodes.
  • Nativisme américain : Le nativisme américain est une réaction politique et sociale des « natifs » contre l’immigration, en revendiquant une identité américaine exclusive.

📝 Points essentiels

  • En 1848-1849, les heurts deviennent plus fréquents et la tension augmente, avec des manifestations xénophobes contre des travailleurs étrangers.
  • Les slogans « à bas les étrangers » visent surtout des étrangers en général, pas uniquement les exilés politiques.
  • Des récriminations portent sur les secours : un Français pauvre ne toucherait rien, et des logiques similaires apparaissent en Suisse (ex. consignation des réfugiés à Berne en septembre 1849).
  • Le profil du réfugié change : la stigmatisation s’affirme davantage à partir de 1870, avec des liens possibles avec la Commune de Paris.
  • Des politiques d’incitation visent à garder les « bons » et à faire partir les « encombrants », tandis qu’en Angleterre l’expulsion est relativisée par l’envoi vers New York.
  • En France, l’ordre public est appliqué de façon souple : à partir de décembre 1849, une loi permet au préfet des départements frontaliers d’expulser sans passer par Paris, avec circulaires d’interprétation des modalités.

💡 Astuce mémo

Push = pression dehors (discrimination/rejet) ; exil = pression dedans (crise/tension) : quand ça repousse, on part.

📖 6. Voyage transatlantique et conditions d’émigration

🔑 Notions clés & Définitions

  • Ellis Island : Ellis Island : centre de transit américain où passent de nombreux immigrants européens avant l’entrée sur le territoire.
  • Immigration Act de 1882 : Immigration Act de 1882 : loi fédérale visant à empêcher l’installation de certains immigrants aux États-Unis.
  • Nansen (certificat) : Certificat Nansen : document d’identité délivré aux réfugiés pour leur permettre de voyager sans garantir un droit de retour.
  • Apatride : Apatride : personne privée de son lien juridique et de son passeport, ce qui rend la circulation et l’accès aux statuts beaucoup plus difficiles.
  • Naturalisation américaine : Naturalisation américaine : procédure permettant d’obtenir la citoyenneté, avec des conditions liées à la naissance et à l’éligibilité des personnes blanches libres.

📝 Points essentiels

  • La réception des immigrants européens s’accompagne d’une forte xénophobie dès 1840, avec des réactions vives contre certaines vagues migratoires.
  • Le nativisme (parti nativiste) vise à maintenir les étrangers dehors, notamment les Irlandais catholiques, et connaît un pic dans les années 1850 avec l’émeute de Philadelphie.
  • La prise en charge de l’immigration devient progressivement une compétence fédérale, avec des lois restrictives comme la Californie (1862) contre les travailleurs chinois.
  • En 1882, l’Immigration Act sert à empêcher des immigrants de s’installer, et en 1891 des contrôles frontaliers sont mis en place.
  • Le contrôle des entrées se fait dans les ports, avec Ellis Island comme centre de transit où certains peuvent rester 3 à 5 heures (1907 : plus d’1 million en une année).
  • La naturalisation est encadrée par des règles d’éligibilité : la Constitution de 1787 efface la différence naissance/naturalisation, mais la naturalisation reste accessible aux personnes blanches libres seulement, pas “t

💡 Astuce mémo

Ellis Island = “entrée rapide” : 3–5 h, et si suspicion de maladie, quarantaine possible.

📖 7. Origines des migrants européens au XIXe siècle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Certificat Nansen : Document international lié à la protection des réfugiés, utilisé pour organiser l’aide et la reconnaissance des personnes déplacées.
  • Haut-commissariat Nansen : Institution chargée de la protection des réfugiés, dissoute après la mort de Nansen en 1930.
  • Office Nansen : Structure de remplacement du haut-commissariat après 1930, avec une prise en charge plus directe par la SDN.
  • SDN : Organisation internationale qui encadre la reconnaissance et la gestion des statuts de réfugiés à l’entre-deux-guerres.
  • Statut de réfugié international : Reconnaissance internationale du statut de réfugié, mais fondée sur l’appartenance nationale plutôt que sur la personne.

📝 Points essentiels

  • Le certif Nansen ne s’applique pas à certains réfugiés politiques, notamment les Italiens antifascistes après l’arrivée de Mussolini.
  • La SDN cherche à reconnaître des statuts de réfugiés et propose un système qui pérenniserait l’arrangement de 1928.
  • Les mesures d’expulsion ne peuvent pas être mises en œuvre si les personnes n’ont pas de visa pour un autre pays.
  • Seuls 11 États membres ratifient cet arrangement, et la France le ratifie.
  • Après la mort de Nansen en 1930, le haut-commissariat est dissous et remplacé par l’office Nansen, tandis que la SDN prend en charge l’aide juridique, ce qui ralentit certaines actions.
  • La protection internationale des réfugiés reste un embryon, mais elle internationalise le statut avec des limites liées à la nationalité plutôt qu’à l’individu.

💡 Astuce mémo

Nansen = papier de protection; 1930 = mort → office; SDN = cadre qui ralentit.

📖 8. Réception des immigrants européens aux États-Unis

🔑 Notions clés & Définitions

  • Displaced Persons : Les Displaced Persons désignent les personnes déplacées après la Seconde Guerre mondiale, prises en charge par les États-Unis plutôt que par un retour immédiat.
  • Politique de germanisation forcée : La politique de germanisation forcée est une politique menée dans les territoires conquis visant à imposer l’identité allemande aux populations déplacées.
  • Conférence de Yalta : La conférence de Yalta est un sommet de 1945 qui fixe des accords, notamment sur le rapatriement des prisonniers et le principe du retour.
  • UNRRA : L’UNRRA est une organisation créée pour organiser l’aide et la réhabilitation des populations déplacées après la guerre, avec un commandement militaire dirigé par les États-Unis.
  • OIR : L’OIR est l’organisation internationale des réfugiés chargée de placer les personnes déplacées dans des refuges et points d’accueil plutôt que de les rapatrier.

📝 Points essentiels

  • En 1945, la germanisation forcée dans les territoires conquis entraîne plus de 4 millions de personnes déplacées et des expulsions rapides, avec des violences notamment en région des Sudètes.
  • En 1945, environ 800 000 Allemands sont expulsés, et le printemps 45 est marqué par des déplacements massifs et des infrastructures largement inopérantes.
  • Après Yalta (avril 45), un principe domine : chacun doit rentrer chez soi et les politiques de germanisation doivent être terminées.
  • Aux États-Unis, les personnes déplacées sont appelées Displaced Persons (DP), et certains refusent le retour par peur d’être accusés de trahison ou d’être emprisonnés/jugés.
  • En été 45, le rapatriement est massif mais une partie refuse encore de rentrer, ce qui transforme la question en enjeu international et alimente les tensions alliées vers 1946.
  • L’UNRRA (1943-1947) organise le rapatriement sans enfermer, avec des camps de déplacés et une prise en charge humanitaire (formations, scolarisation, sport).

💡 Astuce mémo

DP = « retour refusé » : après 45, certains ne veulent pas rentrer et deviennent un problème international.

📖 9. Xénophobie et violences en France au XIXe siècle

🔑 Notions clés & Définitions

  • Xénophobie : La xénophobie désigne la peur ou le rejet d’étrangers, pouvant nourrir des discriminations et des violences.
  • Antisémitisme populaire : L’antisémitisme populaire est une hostilité envers les Juifs portée par des milieux populaires, mêlant explications religieuses et politiques.
  • Antijudaïsme : L’antijudaïsme est une forme d’hostilité d’inspiration catholique centrée sur la dimension religieuse des Juifs.
  • Antisémitisme politique : L’antisémitisme politique attribue aux Juifs un rôle d’instigateurs dans la révolution et une influence sur le capitalisme.

📝 Points essentiels

  • Le cours distingue l’antijudaïsme (religieux, d’inspiration catholique) de l’antisémitisme populaire, qui ajoute une lecture politique des Juifs.
  • L’antisémitisme populaire présente les Juifs comme manœuvrant la révolution et comme liés au fonctionnement du capitalisme.
  • Gustave Le Bon théorise une inégalité intellectuelle entre les « races », idée mobilisée dans des discours antisémites.
  • Édouard Drumont défend l’antisémitisme populaire et s’appuie sur des récits de migrations juives et de persécutions.
  • La grande migration juive de l’Est vers l’Ouest alimente les discours hostiles, avec des exemples de flux vers des villes comme Brody.
  • Le massacre de Kichinev (1903) est cité comme événement marquant dans la montée des violences et de la haine antijuive.

💡 Astuce mémo

Antijudaïsme = religion ; Antisémitisme populaire = religion + politique (révolution + capitalisme).

📖 10. HCR 1951, UNRRA et OIR des réfugiés

🔑 Notions clés & Définitions

  • HCR 1951 : Organisation internationale créée en 1951 pour protéger les réfugiés et coordonner des solutions durables.
  • UNRRA : Organisation des Nations Unies chargée d’aider les populations déplacées et sinistrées après la Seconde Guerre mondiale.
  • OIR des réfugiés : Institution internationale d’après-guerre dédiée à l’organisation de l’accueil et du déplacement des réfugiés.
  • Exode de 1940 : Déplacement massif de civils en France lors de la débâcle de mai-juin 1940, souvent sans destination fixée.

📝 Points essentiels

  • La Seconde Guerre mondiale produit des déplacements de masse, déjà en crise avant 1939, et l’éclatement du conflit amplifie les flux.
  • Quatre catégories de personnes contraintes au déplacement sont distinguées : exilés persécutés, travailleurs de force, déportés vers camps d’extermination, et personnes déplacées immédiatement après-guerre.
  • En Pologne, l’invasion de septembre 1939 s’accompagne d’environ 300 000 fuyards, dont environ 200 000 juifs, avec des départs vers Roumanie, Hongrie, Balkans, France et Grande-Bretagne.
  • En France, une politique d’évacuation est mise en place avant l’offensive, avec environ 350 000 personnes du nord vers le sud ou l’ouest, puis des ordres d’évacuation généralisés à partir de mai 1940.
  • L’Exode (mai-juin 1940) concerne entre 6 et 8 millions de personnes quittant le nord, l’est et la région parisienne, représentant environ 1/5 de la population française de l’époque.
  • Parmi l’Exode, environ 90 000 enfants sont perdus, et des sources comme des dessins d’enfants permettent d’accéder à leur expérience.

💡 Astuce mémo

HCR-UNRRA-OIR = « après-guerre, on organise et on protège » : HCR pour la protection, UNRRA pour l’aide, OIR pour l’organisation des réfugiés.

📖 11. Xénophobie et politiques d’immigration en Grande-Bretagne

🔑 Notions clés & Définitions

  • Commonwealth : Le Commonwealth désigne un ensemble de pays liés par des liens historiques, dont les ressortissants peuvent migrer plus facilement vers le Royaume-Uni.
  • Pieds-noirs : Les pieds-noirs sont les Européens installés en Algérie, dont une partie se retrouve en exil lors de la guerre d’Algérie.
  • Harkis : Les harkis sont des groupes liés à l’armée ou aux structures coloniales françaises en Algérie, concernés par un exil après la guerre.
  • Décolonisation : La décolonisation correspond à la fin des empires coloniaux, qui entraîne des déplacements contraints et des flux migratoires vers l’Europe.

📝 Points essentiels

  • Après 1945, la question des déplacements de populations reste conflictuelle entre Alliés, car beaucoup de personnes refusent le rapatriement et deviennent un problème politique.
  • Les DP (displaced persons) sont des personnes déplacées qui peuvent refuser de rentrer chez elles par crainte d’être accusées de trahison, emprisonnées ou exécutées.
  • La Convention de Genève encadre la définition du réfugié avec une logique centrée sur la persécution individuelle et une borne temporelle et géographique au départ.
  • En 1967, la Convention de Bellagio (à New York) fait sauter la limite temporelle et géographique de la Convention de Genève.
  • La décolonisation produit des flux d’exil du Sud vers le Nord, en particulier vers l’ancienne métropole britannique, avec une migration facilitée par le statut de citoyens du Commonwealth.
  • La partition de 1947 (Inde/Pakistan) s’accompagne de massacres et de déplacements massifs, estimés à 14,5 millions de personnes déplacées sous la contrainte, avec un refuge notamment au Pendjab.

💡 Astuce mémo

Commonwealth = “passeport de lien” vers l’ancienne métropole ; Décolonisation = “fin d’empire → exils Sud→Nord”.

📖 12. Expulsions polonaises et antisémitisme populaire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Expulsions polonaises : Événements d’exclusion visant des populations considérées indésirables, entraînant des départs forcés et des ruptures de vie.
  • Antisémitisme populaire : Hostilité envers les Juifs portée par des acteurs ordinaires, qui peut s’exprimer par des violences ou des discriminations.
  • Rapatriés (harkis) : Catégorie administrative française utilisée pour des personnes musulmanes contraintes de quitter l’Algérie, sans être juridiquement assimilées à des réfugiés.
  • Camps de Rivesaltes : Lieu de détention utilisé par l’administration française pour des populations considérées comme à risque après la guerre d’Algérie.
  • Laissez-passer : Titre de voyage provisoire permettant de franchir des frontières, servant de filtre avant l’accès au territoire.

📝 Points essentiels

  • Les expulsions polonaises s’inscrivent dans des logiques d’exclusion qui provoquent des déplacements forcés et une précarisation des personnes visées.
  • L’antisémitisme populaire peut alimenter des persécutions en créant un climat social favorable aux discriminations et aux violences.
  • Après 1954-1962 (guerre d’Algérie), des populations musulmanes liées aux harkis vivent un arrachement présenté par l’administration comme un rapatriement plutôt qu’un statut de réfugié.
  • L’administration hésite à nommer « rapatriés musulmans » et place ces personnes dans des camps, dont Rivesaltes.
  • À Rivesaltes, des groupes se succèdent (d’abord des Espagnols puis des Juifs), et une partie des détenus est liée à des transferts durant la Seconde Guerre mondiale.
  • Le texte relie aussi l’existence de Rivesaltes à des transferts vers les « camps de la mort » pendant la WWII, avec environ 20 000 harkis, soit environ 1/4 des effectifs mentionnés.

💡 Astuce mémo

Exclusion = départ forcé ; antisémitisme = climat social ; « rapatrié » = statut administratif qui masque une logique de contrainte (camps).

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
mai-juin 1940Exode (déplacement massif de civils quittant le nord, l’est et la région parisienne)
1830-48Monarchie de Juillet : grandes vagues d’exilés politiques vers la France
1951Création du HCR et adoption de la Convention de Genève (définition du réfugié)
1967Protocole de Bellagio : suppression des limites temporelles et géographiques de la Convention de Genève
1930Mort de Nansen : dissolution du haut-commissariat et remplacement par l’office Nansen

📊 Tableaux de synthèse

Approches pour écrire l’histoire des migrations

ApprocheCe qu’elle étudieExemple de résultat
lexicaleles mots pour désigner migrants/exilésinflation du lexique migratoire renvoyant à des catégories juridiques/administratives
quantitative et statistiqueles flux via données chiffréesrecensements en France (à partir de Napoléon) et enquête Te O
juridiqueles statuts produits par institutions/conventionslogique de la Convention de Genève pour le réfugié
géo-historique et cartographiquelieux, trajectoires, connexions spatialeslocaliser les mobilités et leurs connexions
culturellereprésentations des migrationslithographie, photographie, iconographie ; artistes ayant connu la migration

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre migrant et réfugié : dans le cours, tous les réfugiés sont des migrants, mais tous les migrants ne sont pas des réfugiés.
  2. Croire que la Convention de Genève garantit un droit d’asile : elle garantit surtout le principe de non-refoulement, pas un droit automatique d’asile.
  3. Mélanger exil et immigration : l’exil est une migration sous contrainte (vivre hors du pays d’origine), alors que l’immigration renvoie à un cadre plus administratif.
  4. Prendre l’apatridie pour une simple absence de passeport : le cours insiste sur la perte du lien juridique et la difficulté d’accès aux statuts.
  5. Oublier que le statut de réfugié a évolué : avant 1951, puis après 1967 (suppression des bornes), et la logique peut rester centrée sur la nationalité.
  6. Confondre évacuation et réfugiés pendant l’Exode de 1940 : l’évacuation est une décision ciblée, les réfugiés partent sous contrainte mais avec un choix.
  7. Réduire la xénophobie à la crise économique : le cours insiste aussi sur la médiatisation, les différences juridiques et les discours pseudo scientifiques.

✅ Checklist Examen

  1. Définir l’approche lexicale et expliquer pourquoi l’inflation du lexique migratoire renvoie à des catégories juridiques/administratives.
  2. Définir l’approche quantitative et statistique, citer le rôle des recensements en France (à partir de Napoléon) et l’objectif de l’enquête Te O.
  3. Définir l’approche juridique et relier la notion de réfugié à la logique de la Convention de Genève.
  4. Décrire l’approche géo-historique et cartographique (localiser, trajectoires, connexions spatiales) et l’approche culturelle (représenter les migrations).
  5. Expliquer comment Daniel Roche défend la fluidité des circulations (hommes/capitaux) et donner au moins un ordre de grandeur d’effectifs militaires cités.
  6. Relier la mobilité à la guerre révolutionnaire/napoléonienne (ex. armée napoléonienne en Espagne) et rappeler l’idée de remises en circulation via prisonniers relâchés.
  7. Décrire les migrations internes au XIXe (capitale, allongement des distances) et relier alphabétisation à la distance et aux documents administratifs.
  8. Expliquer le rôle des migrations temporaires dans le calendrier de l’exode rural (secteurs concernés, ralentissement de l’exode) et rappeler le repère 1848 (75% population rurale).
  9. Définir exilé politique et réfugié politique, puis décrire les pratiques politiques en exil : sociabilité, salons, banquets/toasts, comités philhellènes.
  10. Expliquer le contrôle policier de l’activité politique (code pénal de 1810) et donner un exemple de salon (salon de Lafayette) et de rôle des femmes (Madame Belgiojoso).
  11. Présenter les facteurs explicatifs : xénophobie populaire, facteur push, révolution des transports, migration transatlantique, nativisme américain.
  12. Décrire le voyage transatlantique et les conditions d’émigration : Ellis Island (durée 3–5 h), Immigration Act de 1882, contrôles frontaliers (1891) et quarantaine possible.
  13. Expliquer l’évolution des origines européennes au XIXe (Nord/Ouest puis Sud/Est) et donner au moins un exemple de groupe (Irlandais, Italiens, Polonais).
  14. Décrire la réception aux États-Unis : nativisme (pic années 1850, émeute de Philadelphie) et prise en charge progressive par l’État fédéral (Californie 1862, Immigration Act 1882).

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1. Quelle approche consiste à analyser les mots utilisés pour désigner les personnes concernées par les migrations et les exils ?

2. Quelle approche étudie les migrations en localisant les lieux, les trajectoires et les connexions spatiales ?

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Approche lexicale — définition ?

Analyse des mots pour désigner migrants et exilés.

Approche quantitative — rôle ?

Mesure des flux migratoires par données chiffrées.

Approche juridique — définition ?

Étude des statuts légaux produits par institutions.

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