Scheda di revisione: Les fondamentaux des relations internationales

📋 Plan du Cours

  1. Origines et théories des relations internationales
  2. Acteurs de la société internationale
  3. Formation et reconnaissance de l’État
  4. Souveraineté et politique étrangère
  5. Organisations internationales
  6. Firmes multinationales et acteurs criminels
  7. Terrorisme transnational
  8. Puissance et formes d’influence
  9. Déclin et recomposition des puissances
  10. Recours à la force et sécurité collective
  11. Équilibre des puissances et droit international
  12. Déclin européen et américanisation

📖 1. Origines et théories des relations internationales

🔑 Notions clés & Définitions

  • Ordre westphalien : L’ordre westphalien désigne le système international durable fondé après 1648, où des États entretiennent des relations égalitaires grâce à la souveraineté et à l’équilibre des puissances.
  • Théorie réaliste : La théorie réaliste explique les relations internationales par la logique du réel, où la guerre et les conflits dominent et où les États sont en lutte permanente.
  • Théorie libérale : La théorie libérale met l’accent sur l’interdépendance et la coopération et défend une pacification possible via le droit, la démocratie et le libéralisme commercial.
  • Théorie constructiviste : La théorie constructiviste analyse les relations internationales à partir des structures sociales et de facteurs culturels ou idéologiques qui orientent ce que les États jugent approprié.
  • Anarchie des relations internationales : L’anarchie des relations internationales renvoie à l’absence d’autorité supérieure imposant des règles aux États, même si un ordre existe quand même.

📝 Points essentiels

  • Dans un monde pré-étatique, les relations internationales prennent surtout des formes commerciales et militaires, avec des alliances défensives et des traités de paix comme la Ligue de Délos et la Paix de Nicias.
  • L’ordre westphalien est lié aux traités signés en 1648, qui consacrent juridiquement les bases de l’État moderne et instaurent un contexte d’États égalitaires.
  • L’équilibre des puissances signifie que plusieurs puissances sont à peu près équivalentes, ce qui dissuade chacune de recourir à la force.
  • La théorie réaliste associe Machiavel à l’idée d’un climat hostile permanent entre États indépendants et Hobbes à l’impossibilité d’un contrat social à l’échelle internationale.
  • La théorie libérale naît en réaction aux traumatismes de la Première Guerre mondiale et cherche à expliquer la pacification par droit, démocratie et libéralisme commercial.
  • La non-utilisation de l’arme nucléaire depuis 1945 est interprétée différemment selon les approches : dissuasion (réalistes), contraintes des organisations et règles (libéraux), ou raisons morales et éthiques (constructivistes).

💡 Astuce mémo

3 étiquettes pour 3 théories : Réalistes = Dissuasion et rivalité, Libéraux = Droit + Organisations, Constructivistes = Morale + Idées.

📖 2. Acteurs de la société internationale

🔑 Notions clés & Définitions

  • Société internationale : La société internationale désigne l’ensemble des acteurs qui entretiennent des relations entre eux au-delà des frontières étatiques.
  • Approche stato-centrée : L’approche stato-centrée place l’État au centre de l’analyse des relations internationales et réduit souvent la société internationale aux relations interétatiques.
  • Organisations internationales : Les organisations internationales sont des acteurs collectifs capables d’organiser et d’encadrer des interactions entre États dans la société internationale.
  • Organisations non gouvernementales : Les organisations non gouvernementales participent aux relations internationales sans être des États, souvent par l’action, l’expertise ou la mobilisation.
  • Entreprises internationales : Les entreprises internationales sont des acteurs privés dont les activités dépassent les frontières et influencent les relations entre acteurs de la société internationale.

📝 Points essentiels

  • Historiquement, l’étude des relations internationales se concentrait sur les relations entre États, c’est-à-dire les rapports interétatiques.
  • La société internationale s’est élargie avec l’intégration d’acteurs comme les organisations internationales, les ONG et les entreprises internationales.
  • L’approche stato-centrée est critiquée car elle surestime l’État et le « culte » de la souveraineté, risquant une vision proche de l’état de nature.
  • Cette approche est aussi limitée car certains problèmes contemporains (comme l’environnement ou les pandémies) exigent des réponses dépassant l’échelle de l’État seul.
  • Le poids des acteurs transnationaux contribue à relativiser le rôle exclusif des États dans la société internationale.

📖 3. Formation et reconnaissance de l’État

🔑 Notions clés & Définitions

  • Éléments constitutifs de l’État : En droit international, l’État repose sur la réunion d’un territoire, d’une population et d’un pouvoir politique organisé soumis à sa souveraineté.
  • Souveraineté étatique : La souveraineté désigne le caractère propre de l’État en tant qu’autorité politique organisée capable d’exercer effectivement son pouvoir.
  • Reconnaissance de l’État : La reconnaissance est un acte juridique par lequel un État affirme qu’une autre entité constitue un État et accepte d’entrer en relations avec lui.
  • Reconnaissance déclarative : La reconnaissance déclarative consiste à constater l’existence étatique d’une entité déjà formée en fait, sans conditionner son existence.
  • Reconnaissance constitutive : La reconnaissance constitutive attribue à la reconnaissance un rôle dans la formation de l’État, comme un élément décisif de son existence.

📝 Points essentiels

  • L’État existe factuellement lorsque territoire, population et pouvoir politique organisé sont réunis, même si cela n’entraîne pas une reconnaissance universelle.
  • Aucune exigence de taille n’est posée pour le territoire étatique, qui peut être morcelé ou évoluer dans le temps, et l’existence d’incertitudes frontalières ne retire pas la qualité d’État.
  • Le gouvernement effectif s’évalue sur une période suffisamment longue, et le renversement ou la contestation du pouvoir ne supprime pas en soi le caractère étatique.
  • La reconnaissance peut prendre des formes variables sans formalisme strict, par déclaration officielle écrite ou orale ou par un acte interne de l’État reconnaissant.
  • Une entité largement reconnue mais pas par les grandes puissances pose une difficulté pratique qui rend la thèse constitutive difficile à appliquer.
  • La Palestine illustre l’existence sans reconnaissance universelle, tandis que l’Abkhazie illustre un cas de forte marginalisation faute de reconnaissance suffisante.

💡 Astuce mémo

Terre-Peuple-Pouvoir : l’État est d’abord un fait, puis la reconnaissance règle l’accès aux relations.

📖 4. Souveraineté et politique étrangère

🔑 Notions clés & Définitions

  • Reconnaissance étatique de la Palestine : La reconnaissance étatique est une décision juridique et politique qui peut provoquer des réactions très vives lorsqu’elle concerne des territoires contestés ou des entités issues de sécessions.
  • Compétence de la compétence : La compétence de la compétence désigne le pouvoir d’un État de déterminer sa propre compétence et, le cas échéant, de transférer des compétences sans perdre sa souveraineté.
  • Principe de non-ingérence : Le principe de non-ingérence impose qu’un État décide librement de son organisation et de ses choix internes sans se voir imposer la volonté d’un autre acteur.
  • Égalité souveraine des États : L’égalité souveraine signifie que, sur la scène internationale, tous les États ont le même statut juridique avec des droits et obligations équivalents.
  • Politique étrangère : La politique étrangère correspond à la ligne d’action des responsables officiels pour présenter ou modifier une situation internationale en fonction des objectifs et intérêts nationaux.

📝 Points essentiels

  • La reconnaissance étatique est politiquement sensible, surtout pour des territoires disputés, ce qui explique les réactions fortes d’Israël à la reconnaissance de la Palestine par la Suède puis par d’autres États comme la France.
  • L’existence internationale de l’État entraîne deux conséquences : liberté interne de décider sans ingérence et absence de commandement extérieur, consacrées respectivement par le principe de non-ingérence et l’égalité souveraine.
  • En vertu de la compétence de la compétence (Jellinek), un État peut transférer des compétences à d’autres entités tout en restant souverain et peut ensuite les reprendre.
  • La politique étrangère vise à rendre compatibles des situations internationales avec des intérêts stratégiques, et sa frontière avec la politique intérieure est poreuse sous l’effet des dynamiques internes et externes.
  • Dans la détermination de la politique étrangère française, le président de la République joue un rôle central, notamment comme chef des armées, pour négocier et ratifier les traités, et pour garantir l’indépendance et l’intégrité du territoire.
  • La politique étrangère est mise en œuvre par la diplomatie d’État : le corps diplomatique applique les décisions, tandis que des acteurs privés peuvent aussi être mobilisés pour des questions techniques.

📖 5. Organisations internationales

🔑 Notions clés & Définitions

  • Organisation internationale : Une organisation internationale est un regroupement d’États créé par traité et doté d’organes permanents pour atteindre des objectifs communs.
  • Traité constitutif : Le traité constitutif est l’acte fondateur qui organise le fonctionnement de l’organisation et fixe notamment les règles d’adhésion et de retrait.
  • Organes permanents : Les organes permanents sont les organes durables de l’organisation internationale qui assurent ses fonctions et son fonctionnement continu.
  • Organes intégrés : Les organes intégrés sont composés d’individus agissant pour le compte de l’organisation sans représentation directe des États membres.
  • Multilatéralisme régionalisé : La régionalisation désigne la multiplication d’organisations régionales, qui n’a pas forcément supprimé le multilatéralisme mais modifie son fonctionnement.

📝 Points essentiels

  • Les organisations internationales sont des sujets dérivés : elles sont créées par les États qui adoptent et ratifient un traité constitutif.
  • Chaque organisation internationale combine des organes permanents et un budget, financé en grande partie par les contributions des États.
  • Les organes intergouvernementaux représentent les États membres, tandis que les organes intégrés représentent l’organisation et agissent sans influence étatique directe.
  • On distingue les organisations universelles et régionales selon leurs conditions d’entrée, tout en notant qu’aucune organisation universelle ne regroupe tous les États.
  • On distingue aussi les organisations de coopération, qui coordonnent via une logique intergouvernementale, et les organisations d’intégration, avec des organes intégrés et une décision plus supranationale.
  • La création de nouvelles organisations ralentit car il existe déjà beaucoup d’OI et le multilatéralisme global est remis en cause par la montée du nationalisme.

💡 Astuce mémo

Traité + organes permanents + budget = OI; universel vs régional, coopération vs intégration.

📖 6. Firmes multinationales et acteurs criminels

🔑 Notions clés & Définitions

  • Firmes multinationales : Des entreprises implantées et actives dans plusieurs États, réalisant une part importante de leur chiffre d’affaires dans les échanges entre États.
  • GAFAM+ : Des firmes numériques américaines regroupées autour de Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, dont la domination renforce leur poids sur la scène internationale.
  • Organisations criminelles : Des groupes commettant des crimes ou infractions transnationales, c’est-à-dire impliquant plusieurs États soit par préparation, commission, groupe opérant, ou effets dans un autre État.
  • Terrorisme transnational : Un terrorisme mené par des organisations qui ne se présentent pas forcément comme terroristes, et dont la qualification internationale ne fait pas l’objet d’une définition contraignante unique.
  • Daech : Une organisation terroriste apparue et évoluant dans le cadre de contextes géopolitiques, ayant revendiqué un contrôle territorial et un fonctionnement proche d’un appareil étatique.

📝 Points essentiels

  • Une firme multinationale peut exercer une influence indirecte via ses choix d’investissement et de localisation, et certaines disposent de ressources financières supérieures au PIB de certains États.
  • La dépendance des États au numérique se renforce quand des firmes fournissent des services à l’État, par exemple des contrats du Pentagone avec Google ou le rôle de Starlink pendant la guerre en Ukraine.
  • Les organisations criminelles sont dites transnationales si l’infraction est préparée et commise dans des États différents, si le groupe opère dans plusieurs États, ou si des effets substantiels touchent un État tiers.
  • Les organisations terroristes cherchent souvent la violence de masse tout en revendiquant leurs actions pour provoquer peur et insécurité, tandis que les organisations criminelles visent plutôt la dissimulation car elles agissent dans une logique lucrative.
  • La définition de l’Assemblée générale des Nations Unies décrit le terrorisme comme des actes criminels à fins politiques conçus pour provoquer la terreur, et le terrorisme international a évolué avec Al-Qaïda puis des branches comme Boko Haram, AQMI et Daech.

💡 Astuce mémo

Différence-clé : criminels = logique lucrative et dissimulation ; terroristes = idéologie/politique et violence de masse revendiquée.

📖 7. Terrorisme transnational

🔑 Notions clés & Définitions

  • Terrorisme international : Le terrorisme international désigne des actes criminels pensés à des fins politiques pour provoquer la terreur auprès de la population, d’un groupe ou d’individus.
  • Définition ONU 1996 : La résolution 1996 de l’Assemblée générale des Nations Unies propose une définition du terrorisme international, mais elle n’a pas de force contraignante.
  • Terrorisme global : Le terrorisme global correspond à une nouvelle étape où les actions deviennent plus diffuses et visent plus largement des intérêts occidentaux, à partir d’Al-Qaïda en 1988.
  • Succursales terroristes : Les succursales terroristes sont des ramifications qui se transforment dans le temps, permettant à un même mouvement de réapparaître sous de nouvelles formes.

📝 Points essentiels

  • Le terrorisme international ne fait pas l’objet d’une définition internationale contraignante par traité, même s’il est mentionné dans plusieurs textes.
  • Les organisations terroristes agissent pour une idéologie ou des motifs politiques, recourent souvent à une violence de masse et revendiquent leurs actions pour alimenter la peur.
  • Les organisations terroristes semblent liées à des contextes géopolitiques, ce qui apparaît avec Daech via la situation syrienne et les conséquences des interventions en Irak en 2003.
  • Al-Qaïda en 1988 marque l’avènement d’un terrorisme global, puis les attentats du 11 septembre 2001 constituent un tournant majeur dans son évolution.
  • En revendiquant un État, Daech a contrôlé un territoire et mis en place un appareil structuré, illustrant une frontière parfois floue entre terrorisme et État.

📖 8. Puissance et formes d’influence

🔑 Notions clés & Définitions

  • Puissance : La puissance est la capacité d’une entité à imposer sa volonté et à influencer les autres acteurs internationaux.
  • Influence non coercitive : L’influence non coercitive désigne la capacité à modifier le comportement d’autrui sans contrainte ni recours à la force.
  • Hard power : Le hard power regroupe les moyens de coercition (notamment militaires et économiques) pour imposer sa vision aux autres acteurs.
  • Soft power : Le soft power correspond à la projection culturelle et à la capacité d’attirer ou de persuader par des récits et des éléments culturels.
  • Sharp power : Le sharp power est un type d’influence qui vise à affecter l’environnement politique et informationnel d’un autre État, souvent par des leviers hostiles.

📝 Points essentiels

  • La puissance ne se confond pas avec le pouvoir institutionnel ni avec la force, qui sont des notions distinctes en relations internationales.
  • Le hard power s’évalue notamment via des indicateurs économiques (comme le PIB), des moyens militaires et la puissance démographique et territoriale.
  • Le soft power repose sur la culture et la persuasion, par exemple via la langue, les productions artistiques ou l’accueil d’organisations et d’événements internationaux.
  • Le smart power combine des ressources de hard power et de soft power pour cumuler coercition et attractivité sur la scène internationale.
  • Montrer une capacité (comme la détention de l’arme nucléaire) peut produire un effet dissuasif sans être utilisée, tout comme le droit de veto influence en amont.
  • À l’inverse, certains États peuvent dissimuler leur puissance selon des stratégies de modestie post-conflit ou après des déconvenues militaires.

💡 Astuce mémo

HARD = coercition, SOFT = séduction, SMART = combo, SHARP = action hostile sur l’info/politique.

📖 9. Déclin et recomposition des puissances

🔑 Notions clés & Définitions

  • Hyperpuissance : Notion d’après Guerre froide qui désigne une seule entité capable de dominer à l’échelle mondiale après l’effondrement du monde bipolaire.
  • Grande puissance : Catégorie de puissance qui regroupe plusieurs États capables d’assurer leur sécurité et d’exercer une influence mondiale grâce à des moyens suffisants.
  • Puissance moyenne : Entité disposant d’une capacité d’influence mais limitée à une région ou à un secteur, sans rôle décisif à l’échelle mondiale.
  • Puissance petite : État qui ne peut pas imposer sa volonté à la scène internationale, tout en cherchant à préserver son indépendance et son existence.
  • Métamorphose : Réaction au déclin de puissance consistant à rénover son rang en s’adaptant, plutôt que de se limiter à un retrait.

📝 Points essentiels

  • L’hyperpuissance apparaît dans le contexte post Guerre froide où l’effondrement de l’URSS place les États-Unis dans une position hégémonique au début de la période.
  • La hiérarchisation de la puissance est subjective car elle dépend de la perception (par exemple la France peut être jugée grande ou moyenne selon ses limites militaires et économiques).
  • Le déclin ou la montée en puissance peuvent venir d’accidents historiques mais aussi de volontarisme via des politiques économiques et des choix visant à renforcer l’influence.
  • Face au déclin, le repli consiste à accepter un rôle plus restreint, comme l’Autriche qui s’est mise en retrait sans viser un retour à son ancien rang impérial.
  • Face au déclin, la métamorphose vise à se reconstruire pour retrouver un rang, comme l’Allemagne et le Japon après 1945 avec modestie post-conflit, ou la France après la disparition de son empire colonial via des politiques nouvelles et une puissance nucléaire et spatiale.

💡 Astuce mémo

Repli = retrait assumé; Métamorphose = reconversion pour retrouver un rang.

📖 10. Recours à la force et sécurité collective

🔑 Notions clés & Définitions

  • Interdiction progressive du recours à la force : Idée selon laquelle le recours à la force armée par les États a été progressivement encadré puis interdit dans les relations internationales au XXe siècle.
  • Pacte Briand-Kellog : Traité adopté en 1928 par lequel les États signataires renoncent à la guerre comme instrument de politique extérieure, avec des limites et des exceptions discutées.
  • Charte des Nations Unies : Texte adopté en 1945 qui impose la résolution pacifique des différends entre États membres et prohibe expressément la menace et l’emploi de la force.
  • Légitime défense : Exception à l’interdiction de recourir à la force prévue par l’article 51 de la Charte, permettant de riposter quand un État subit une agression armée.
  • Conseil de Sécurité : Organe des Nations Unies chargé d’autoriser, lorsque la paix est menacée, des mesures pouvant aller jusqu’au recours à la force contre un État agresseur.

📝 Points essentiels

  • Les conférences de La Haye de 1899 et 1907 visent d’abord à prévenir le recours à la force, avant l’interdiction formelle dans des cas précis.
  • La convention Drago-Porter interdit le recours à la force pour réagir au non-paiement d’une dette, dans le contexte qu’elle délimite.
  • Le Pacte Briand-Kellog (1928) met la guerre hors-la-loi pour les États signataires, mais son champ reste limité par le consentement et des exceptions discutées.
  • L’article 2§3 et l’article 2§4 de la Charte imposent une réglementation pacifique et consacrent l’interdiction de la menace et de l’emploi de la force envers les autres États membres.
  • L’article 51 prévoit la légitime défense contre une agression armée, avec une riposte conçue pour stopper l’agression et restant proportionnée et dans un certain temps.
  • Pour autoriser la force, le Conseil de Sécurité privilégie d’abord des mesures non militaires (diplomatiques ou économiques) puis adopte une résolution par majorité des 9/15, pouvant être bloquée par le véto d’un membre permanent.

💡 Astuce mémo

Drago-Porter = force interdite pour dettes ; Briand-Kellog = guerre hors-la-loi (avec limites) ; Charte ONU = interdiction + deux portes : art 51 (légitime défense) ou autorisation du CSNU (avec véto possible).

📖 11. Équilibre des puissances et droit international

🔑 Notions clés & Définitions

  • Équilibre des puissances : Doctrine selon laquelle la paix dépend de la répartition des capacités militaires pour qu’aucun État ne puisse dominer durablement les autres.
  • Traités de Westphalie : Ensemble d’accords conclus en 1648 qui visent à stabiliser les relations entre États en posant des bases plus égalitaires.
  • Force normative variable : Idée selon laquelle les règles de droit international n’ont pas la même intensité d’obligation car leur contenu et leurs effets dépendent de l’accord des États.
  • Hard law : Catégorie de règles internationales acceptées comme contraignantes, ce qui lie juridiquement les États qui les ont admises.
  • Soft law : Catégorie de règles internationales non contraignantes juridiquement, où les États visent surtout des objectifs plutôt qu’une obligation sanctionnée.

📝 Points essentiels

  • L’équilibre des puissances vise à éviter une guerre généralisée sans interdire radicalement la guerre, car il reste instable et peut être rompu par l’évolution des capacités militaires.
  • Les traités de Westphalie de 1648 sont présentés comme une première mise en œuvre liée à des relations plus égalitaires entre États.
  • Le droit international cherche à réguler des relations jugées anarchiques car les normes sont acceptées par les États eux-mêmes, qui déterminent contenu et portée des obligations.
  • La sanction du non-respect du droit international n’est pas systématiquement assurée, faute d’autorité centrale et de mécanisme de sanction automatique.
  • La CIJ se prononce en compétence consultative par avis sans caractère obligatoire mais à forte autorité morale, et en compétence contentieuse par arrêts obligatoires sans force exécutoire.
  • Le lawfare désigne l’usage stratégique du droit afin de faire avancer une cause ou d’obtenir un avantage sur l’adversaire.

💡 Astuce mémo

Westphalie 1648 = balance des forces : aucun ne domine → la paix est possible, mais pas garantie.

📖 12. Déclin européen et américanisation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Déclin des puissances européennes : Processus de recul de la puissance politique et territoriale de l’Europe après les ruptures du XXe siècle et la décolonisation.
  • Chute du mur de Berlin : Événement de 1989 qui marque une bascule rapide de l’ordre international et prépare la nouvelle structuration de la puissance mondiale.
  • Effondrement de l’URSS : Événement de 1991 qui met fin à la bipolarité et rend la situation internationale favorable aux États-Unis.
  • Monde unipolaire américain : Organisation du système international où le leadership des États-Unis devient dominant après la disparition du face-à-face des deux blocs.

📝 Points essentiels

  • La Première Guerre mondiale rompt l’ordre international et, avec la paix de Versailles, laisse l’Allemagne avec le sentiment d’une humiliation qui empêche une paix équilibrée.
  • La Seconde Guerre mondiale bouleverse objectifs et armements avec l’extension de l’arme nucléaire, et installe un rapport à deux superpuissances États-Unis et URSS.
  • La décolonisation (1945-1975) affaiblit l’Europe en la privant de puissance territoriale et politique au moment où s’accélèrent les luttes d’indépendance.
  • Entre 1989 et 1991 (mur de Berlin en 1989, réunification allemande, effondrement de l’URSS en 1991), le système passe de la bipolarité à une configuration pleinement favorable aux États-Unis.
  • Le leadership américain s’exprime alors dans un monde unipolaire, après l’effacement de la structure en deux blocs.

💡 Astuce mémo

1989-1991 = Berlin tombe puis URSS s’effondre : la bipolarité disparaît et le leadership américain devient unipolaire.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1648Traités de Westphalie signés en 1648, base de l’ordre westphalien
1916Dickinson publie The International Anarchy (absence d’autorité) en 1916
1945Charte des Nations Unies adoptée en 1945 (interdiction de la menace et de l’emploi de la force + CSNU)
1928Pacte Briand-Kellog adopté en 1928 (guerre hors-la-loi, renonciation à la guerre)
1996Résolution 1996 de l’Assemblée générale : définition du terrorisme international
1988Al-Qaïda en 1988 : avènement d’un terrorisme global
1989Chute du mur de Berlin en 1989
1991Effondrement de l’URSS en 1991
2011CSNU autorise le recours à la force en Libye en 2011
2015COP21 (Accord de Paris) : 2015

📊 Tableaux de synthèse

OI de coopération vs OI d’intégration

TypeLogiqueDécision
Organisation de coopérationCoordonner et harmoniser les politiques (intergouvernemental)Décision intergouvernementale
Organisation d’intégrationLogique supranationaleDécision par des organes intégrés

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre l’ordre westphalien (contexte durable après 1648) avec la naissance de l’État moderne : la source dit que Westphalie marque une étape décisive, pas la naissance.
  2. Penser que l’anarchie internationale signifie “désordre total” : la source explique qu’il n’y a pas d’autorité centrale, mais que la scène est ordonnée et régulée.
  3. Croire que la reconnaissance est uniquement déclarative : la source oppose déclarative et constitutive et insiste sur l’enjeu pratique de la marginalisation.
  4. Mélanger puissance, pouvoir, force et violence : la puissance impose et influence, la force est un outil coercitif, et le pouvoir est institutionnel.
  5. Distinguer mal hard power et soft power : le hard repose sur coercition (économique/militaire, etc.), le soft sur attraction culturelle et récits.
  6. Se tromper sur le droit de la Charte : l’interdiction vise menace/emploi de la force (art. 2§4), et les exceptions structurantes sont art. 51 et l’autorisation du CSNU.
  7. Croire qu’une juridiction internationale peut juger sans consentement : la source rappelle que la compétence s’exerce car les États l’ont accepté.

✅ Checklist Examen

  1. Définir l’objet des relations internationales (étude des relations entre membres de la société internationale) et rappeler le passage interétatique vers la prise en compte d’autres acteurs.
  2. Expliquer ce qu’est l’ordre westphalien, l’équilibre des puissances (dissuasion) et pourquoi l’absence d’autorité supérieure produit une “anarchie” malgré un ordre.
  3. Comparer les trois grandes théories : réalisme (guerre/conflits, conditions du réel), libéralisme (interdépendance et pacification par droit/démocratie/libéralisme commercial), constructivisme (structures sociales, facteurs culturels/idéologiques).
  4. Identifier les acteurs non étatiques et leur rôle : ONG (non lucratif, action opérationnelle/communication/normative), firmes multinationales (influence indirecte et dépendance au numérique), mouvements religieux et acteurs subversifs (criminels/terroristes).
  5. Décrire les conditions de l’existence internationale de l’État (territoire, population, pouvoir politique organisé) et préciser l’importance pratique de la reconnaissance (déclarative vs constitutive, exemples Palestine/Abkhazie).
  6. Expliquer les conséquences de l’existence internationale : non-ingérence et égalité souveraine, et la compétence de la compétence (Jellinek).
  7. Définir la politique étrangère (ligne d’action des responsables officiels pour modifier une situation internationale) et montrer la porosité politique intérieure/extérieur ainsi que les facteurs influençant cette politique.
  8. Exposer la mise en œuvre de la politique étrangère par la diplomatie d’État (rôle présidentiel en France, ministère et corps diplomatique comme mise en œuvre, possibles acteurs privés techniques).
  9. Présenter les organisations internationales : traité constitutif, organes permanents, organes intergouvernementaux vs intégrés, budget et contributions, ainsi que universel vs régional et coopération vs intégration.
  10. Expliquer la puissance et ses vecteurs (puissance ≠ pouvoir/force/violence ; hard/soft/smart/sharp) et la hiérarchisation (hyperpuissance, grande, moyenne, petite).
  11. Retracer l’interdiction progressive du recours à la force (La Haye, Drago-Porter, Briand-Kellog, Charte ONU) et détailler les deux voies d’exception (art. 51 légitime défense ; autorisation du CSNU avec majorité et véto).
  12. Maîtriser la régulation par le droit : variabilité de la force normative (hard law/soft law), limites d’exécution, et le rôle des juridictions (CIJ compétence consultative vs contentieuse, principe de consentement).

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1. Quelle théorie des relations internationales explique surtout les comportements des États par l’interdépendance, la coopération et la pacification possible par le droit ?

2. Que désigne l’ordre westphalien dans le contexte des relations internationales?

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Ordre westphalien — définition ?

Système international fondé sur la souveraineté et l’équilibre des puissances.

Ordre westphalien

Système international basé sur souveraineté et équilibre des puissances.

Acteurs non étatiques — rôle ?

Influencent la société internationale via ONG, firmes, terroristes, criminels.

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