Revision sheet: Les fondamentaux des relations internationales

Plan du Cours

  1. Origines et théories des relations internationales
  2. Acteurs de la société internationale
  3. Formation et reconnaissance de l’État
  4. Souveraineté et politique étrangÚre
  5. Organisations internationales
  6. Firmes multinationales et acteurs criminels
  7. Terrorisme transnational
  8. Puissance et formes d’influence
  9. Déclin et recomposition des puissances
  10. Recours à la force et sécurité collective
  11. Équilibre des puissances et droit international
  12. Déclin européen et américanisation

1. Origines et théories des relations internationales

Notions clés & Définitions

  • Ordre westphalien : L’ordre westphalien dĂ©signe le systĂšme international durable fondĂ© aprĂšs 1648, oĂč des États entretiennent des relations Ă©galitaires grĂące Ă  la souverainetĂ© et Ă  l’équilibre des puissances.
  • ThĂ©orie rĂ©aliste : La thĂ©orie rĂ©aliste explique les relations internationales par la logique du rĂ©el, oĂč la guerre et les conflits dominent et oĂč les États sont en lutte permanente.
  • ThĂ©orie libĂ©rale : La thĂ©orie libĂ©rale met l’accent sur l’interdĂ©pendance et la coopĂ©ration et dĂ©fend une pacification possible via le droit, la dĂ©mocratie et le libĂ©ralisme commercial.
  • ThĂ©orie constructiviste : La thĂ©orie constructiviste analyse les relations internationales Ă  partir des structures sociales et de facteurs culturels ou idĂ©ologiques qui orientent ce que les États jugent appropriĂ©.
  • Anarchie des relations internationales : L’anarchie des relations internationales renvoie Ă  l’absence d’autoritĂ© supĂ©rieure imposant des rĂšgles aux États, mĂȘme si un ordre existe quand mĂȘme.

Points essentiels

  • Dans un monde prĂ©-Ă©tatique, les relations internationales prennent surtout des formes commerciales et militaires, avec des alliances dĂ©fensives et des traitĂ©s de paix comme la Ligue de DĂ©los et la Paix de Nicias.
  • L’ordre westphalien est liĂ© aux traitĂ©s signĂ©s en 1648, qui consacrent juridiquement les bases de l’État moderne et instaurent un contexte d’États Ă©galitaires.
  • L’équilibre des puissances signifie que plusieurs puissances sont Ă  peu prĂšs Ă©quivalentes, ce qui dissuade chacune de recourir Ă  la force.
  • La thĂ©orie rĂ©aliste associe Machiavel Ă  l’idĂ©e d’un climat hostile permanent entre États indĂ©pendants et Hobbes Ă  l’impossibilitĂ© d’un contrat social Ă  l’échelle internationale.
  • La thĂ©orie libĂ©rale naĂźt en rĂ©action aux traumatismes de la PremiĂšre Guerre mondiale et cherche Ă  expliquer la pacification par droit, dĂ©mocratie et libĂ©ralisme commercial.
  • La non-utilisation de l’arme nuclĂ©aire depuis 1945 est interprĂ©tĂ©e diffĂ©remment selon les approches : dissuasion (rĂ©alistes), contraintes des organisations et rĂšgles (libĂ©raux), ou raisons morales et Ă©thiques (constructivistes).

Astuce mémo

3 étiquettes pour 3 théories : Réalistes = Dissuasion et rivalité, Libéraux = Droit + Organisations, Constructivistes = Morale + Idées.

2. Acteurs de la société internationale

Notions clés & Définitions

  • SociĂ©tĂ© internationale : La sociĂ©tĂ© internationale dĂ©signe l’ensemble des acteurs qui entretiennent des relations entre eux au-delĂ  des frontiĂšres Ă©tatiques.
  • Approche stato-centrĂ©e : L’approche stato-centrĂ©e place l’État au centre de l’analyse des relations internationales et rĂ©duit souvent la sociĂ©tĂ© internationale aux relations interĂ©tatiques.
  • Organisations internationales : Les organisations internationales sont des acteurs collectifs capables d’organiser et d’encadrer des interactions entre États dans la sociĂ©tĂ© internationale.
  • Organisations non gouvernementales : Les organisations non gouvernementales participent aux relations internationales sans ĂȘtre des États, souvent par l’action, l’expertise ou la mobilisation.
  • Entreprises internationales : Les entreprises internationales sont des acteurs privĂ©s dont les activitĂ©s dĂ©passent les frontiĂšres et influencent les relations entre acteurs de la sociĂ©tĂ© internationale.

Points essentiels

  • Historiquement, l’étude des relations internationales se concentrait sur les relations entre États, c’est-Ă -dire les rapports interĂ©tatiques.
  • La sociĂ©tĂ© internationale s’est Ă©largie avec l’intĂ©gration d’acteurs comme les organisations internationales, les ONG et les entreprises internationales.
  • L’approche stato-centrĂ©e est critiquĂ©e car elle surestime l’État et le « culte » de la souverainetĂ©, risquant une vision proche de l’état de nature.
  • Cette approche est aussi limitĂ©e car certains problĂšmes contemporains (comme l’environnement ou les pandĂ©mies) exigent des rĂ©ponses dĂ©passant l’échelle de l’État seul.
  • Le poids des acteurs transnationaux contribue Ă  relativiser le rĂŽle exclusif des États dans la sociĂ©tĂ© internationale.

3. Formation et reconnaissance de l’État

Notions clés & Définitions

  • ÉlĂ©ments constitutifs de l’État : En droit international, l’État repose sur la rĂ©union d’un territoire, d’une population et d’un pouvoir politique organisĂ© soumis Ă  sa souverainetĂ©.
  • SouverainetĂ© Ă©tatique : La souverainetĂ© dĂ©signe le caractĂšre propre de l’État en tant qu’autoritĂ© politique organisĂ©e capable d’exercer effectivement son pouvoir.
  • Reconnaissance de l’État : La reconnaissance est un acte juridique par lequel un État affirme qu’une autre entitĂ© constitue un État et accepte d’entrer en relations avec lui.
  • Reconnaissance dĂ©clarative : La reconnaissance dĂ©clarative consiste Ă  constater l’existence Ă©tatique d’une entitĂ© dĂ©jĂ  formĂ©e en fait, sans conditionner son existence.
  • Reconnaissance constitutive : La reconnaissance constitutive attribue Ă  la reconnaissance un rĂŽle dans la formation de l’État, comme un Ă©lĂ©ment dĂ©cisif de son existence.

Points essentiels

  • L’État existe factuellement lorsque territoire, population et pouvoir politique organisĂ© sont rĂ©unis, mĂȘme si cela n’entraĂźne pas une reconnaissance universelle.
  • Aucune exigence de taille n’est posĂ©e pour le territoire Ă©tatique, qui peut ĂȘtre morcelĂ© ou Ă©voluer dans le temps, et l’existence d’incertitudes frontaliĂšres ne retire pas la qualitĂ© d’État.
  • Le gouvernement effectif s’évalue sur une pĂ©riode suffisamment longue, et le renversement ou la contestation du pouvoir ne supprime pas en soi le caractĂšre Ă©tatique.
  • La reconnaissance peut prendre des formes variables sans formalisme strict, par dĂ©claration officielle Ă©crite ou orale ou par un acte interne de l’État reconnaissant.
  • Une entitĂ© largement reconnue mais pas par les grandes puissances pose une difficultĂ© pratique qui rend la thĂšse constitutive difficile Ă  appliquer.
  • La Palestine illustre l’existence sans reconnaissance universelle, tandis que l’Abkhazie illustre un cas de forte marginalisation faute de reconnaissance suffisante.

Astuce mémo

Terre-Peuple-Pouvoir : l’État est d’abord un fait, puis la reconnaissance rùgle l’accùs aux relations.

4. Souveraineté et politique étrangÚre

Notions clés & Définitions

  • Reconnaissance Ă©tatique de la Palestine : La reconnaissance Ă©tatique est une dĂ©cision juridique et politique qui peut provoquer des rĂ©actions trĂšs vives lorsqu’elle concerne des territoires contestĂ©s ou des entitĂ©s issues de sĂ©cessions.
  • CompĂ©tence de la compĂ©tence : La compĂ©tence de la compĂ©tence dĂ©signe le pouvoir d’un État de dĂ©terminer sa propre compĂ©tence et, le cas Ă©chĂ©ant, de transfĂ©rer des compĂ©tences sans perdre sa souverainetĂ©.
  • Principe de non-ingĂ©rence : Le principe de non-ingĂ©rence impose qu’un État dĂ©cide librement de son organisation et de ses choix internes sans se voir imposer la volontĂ© d’un autre acteur.
  • ÉgalitĂ© souveraine des États : L’égalitĂ© souveraine signifie que, sur la scĂšne internationale, tous les États ont le mĂȘme statut juridique avec des droits et obligations Ă©quivalents.
  • Politique Ă©trangĂšre : La politique Ă©trangĂšre correspond Ă  la ligne d’action des responsables officiels pour prĂ©senter ou modifier une situation internationale en fonction des objectifs et intĂ©rĂȘts nationaux.

Points essentiels

  • La reconnaissance Ă©tatique est politiquement sensible, surtout pour des territoires disputĂ©s, ce qui explique les rĂ©actions fortes d’IsraĂ«l Ă  la reconnaissance de la Palestine par la SuĂšde puis par d’autres États comme la France.
  • L’existence internationale de l’État entraĂźne deux consĂ©quences : libertĂ© interne de dĂ©cider sans ingĂ©rence et absence de commandement extĂ©rieur, consacrĂ©es respectivement par le principe de non-ingĂ©rence et l’égalitĂ© souveraine.
  • En vertu de la compĂ©tence de la compĂ©tence (Jellinek), un État peut transfĂ©rer des compĂ©tences Ă  d’autres entitĂ©s tout en restant souverain et peut ensuite les reprendre.
  • La politique Ă©trangĂšre vise Ă  rendre compatibles des situations internationales avec des intĂ©rĂȘts stratĂ©giques, et sa frontiĂšre avec la politique intĂ©rieure est poreuse sous l’effet des dynamiques internes et externes.
  • Dans la dĂ©termination de la politique Ă©trangĂšre française, le prĂ©sident de la RĂ©publique joue un rĂŽle central, notamment comme chef des armĂ©es, pour nĂ©gocier et ratifier les traitĂ©s, et pour garantir l’indĂ©pendance et l’intĂ©gritĂ© du territoire.
  • La politique Ă©trangĂšre est mise en Ɠuvre par la diplomatie d’État : le corps diplomatique applique les dĂ©cisions, tandis que des acteurs privĂ©s peuvent aussi ĂȘtre mobilisĂ©s pour des questions techniques.

5. Organisations internationales

Notions clés & Définitions

  • Organisation internationale : Une organisation internationale est un regroupement d’États créé par traitĂ© et dotĂ© d’organes permanents pour atteindre des objectifs communs.
  • TraitĂ© constitutif : Le traitĂ© constitutif est l’acte fondateur qui organise le fonctionnement de l’organisation et fixe notamment les rĂšgles d’adhĂ©sion et de retrait.
  • Organes permanents : Les organes permanents sont les organes durables de l’organisation internationale qui assurent ses fonctions et son fonctionnement continu.
  • Organes intĂ©grĂ©s : Les organes intĂ©grĂ©s sont composĂ©s d’individus agissant pour le compte de l’organisation sans reprĂ©sentation directe des États membres.
  • MultilatĂ©ralisme rĂ©gionalisĂ© : La rĂ©gionalisation dĂ©signe la multiplication d’organisations rĂ©gionales, qui n’a pas forcĂ©ment supprimĂ© le multilatĂ©ralisme mais modifie son fonctionnement.

Points essentiels

  • Les organisations internationales sont des sujets dĂ©rivĂ©s : elles sont créées par les États qui adoptent et ratifient un traitĂ© constitutif.
  • Chaque organisation internationale combine des organes permanents et un budget, financĂ© en grande partie par les contributions des États.
  • Les organes intergouvernementaux reprĂ©sentent les États membres, tandis que les organes intĂ©grĂ©s reprĂ©sentent l’organisation et agissent sans influence Ă©tatique directe.
  • On distingue les organisations universelles et rĂ©gionales selon leurs conditions d’entrĂ©e, tout en notant qu’aucune organisation universelle ne regroupe tous les États.
  • On distingue aussi les organisations de coopĂ©ration, qui coordonnent via une logique intergouvernementale, et les organisations d’intĂ©gration, avec des organes intĂ©grĂ©s et une dĂ©cision plus supranationale.
  • La crĂ©ation de nouvelles organisations ralentit car il existe dĂ©jĂ  beaucoup d’OI et le multilatĂ©ralisme global est remis en cause par la montĂ©e du nationalisme.

Astuce mémo

Traité + organes permanents + budget = OI; universel vs régional, coopération vs intégration.

6. Firmes multinationales et acteurs criminels

Notions clés & Définitions

  • Firmes multinationales : Des entreprises implantĂ©es et actives dans plusieurs États, rĂ©alisant une part importante de leur chiffre d’affaires dans les Ă©changes entre États.
  • GAFAM+ : Des firmes numĂ©riques amĂ©ricaines regroupĂ©es autour de Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, dont la domination renforce leur poids sur la scĂšne internationale.
  • Organisations criminelles : Des groupes commettant des crimes ou infractions transnationales, c’est-Ă -dire impliquant plusieurs États soit par prĂ©paration, commission, groupe opĂ©rant, ou effets dans un autre État.
  • Terrorisme transnational : Un terrorisme menĂ© par des organisations qui ne se prĂ©sentent pas forcĂ©ment comme terroristes, et dont la qualification internationale ne fait pas l’objet d’une dĂ©finition contraignante unique.
  • Daech : Une organisation terroriste apparue et Ă©voluant dans le cadre de contextes gĂ©opolitiques, ayant revendiquĂ© un contrĂŽle territorial et un fonctionnement proche d’un appareil Ă©tatique.

Points essentiels

  • Une firme multinationale peut exercer une influence indirecte via ses choix d’investissement et de localisation, et certaines disposent de ressources financiĂšres supĂ©rieures au PIB de certains États.
  • La dĂ©pendance des États au numĂ©rique se renforce quand des firmes fournissent des services Ă  l’État, par exemple des contrats du Pentagone avec Google ou le rĂŽle de Starlink pendant la guerre en Ukraine.
  • Les organisations criminelles sont dites transnationales si l’infraction est prĂ©parĂ©e et commise dans des États diffĂ©rents, si le groupe opĂšre dans plusieurs États, ou si des effets substantiels touchent un État tiers.
  • Les organisations terroristes cherchent souvent la violence de masse tout en revendiquant leurs actions pour provoquer peur et insĂ©curitĂ©, tandis que les organisations criminelles visent plutĂŽt la dissimulation car elles agissent dans une logique lucrative.
  • La dĂ©finition de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies dĂ©crit le terrorisme comme des actes criminels Ă  fins politiques conçus pour provoquer la terreur, et le terrorisme international a Ă©voluĂ© avec Al-QaĂŻda puis des branches comme Boko Haram, AQMI et Daech.

Astuce mémo

Différence-clé : criminels = logique lucrative et dissimulation ; terroristes = idéologie/politique et violence de masse revendiquée.

7. Terrorisme transnational

Notions clés & Définitions

  • Terrorisme international : Le terrorisme international dĂ©signe des actes criminels pensĂ©s Ă  des fins politiques pour provoquer la terreur auprĂšs de la population, d’un groupe ou d’individus.
  • DĂ©finition ONU 1996 : La rĂ©solution 1996 de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies propose une dĂ©finition du terrorisme international, mais elle n’a pas de force contraignante.
  • Terrorisme global : Le terrorisme global correspond Ă  une nouvelle Ă©tape oĂč les actions deviennent plus diffuses et visent plus largement des intĂ©rĂȘts occidentaux, Ă  partir d’Al-QaĂŻda en 1988.
  • Succursales terroristes : Les succursales terroristes sont des ramifications qui se transforment dans le temps, permettant Ă  un mĂȘme mouvement de rĂ©apparaĂźtre sous de nouvelles formes.

Points essentiels

  • Le terrorisme international ne fait pas l’objet d’une dĂ©finition internationale contraignante par traitĂ©, mĂȘme s’il est mentionnĂ© dans plusieurs textes.
  • Les organisations terroristes agissent pour une idĂ©ologie ou des motifs politiques, recourent souvent Ă  une violence de masse et revendiquent leurs actions pour alimenter la peur.
  • Les organisations terroristes semblent liĂ©es Ă  des contextes gĂ©opolitiques, ce qui apparaĂźt avec Daech via la situation syrienne et les consĂ©quences des interventions en Irak en 2003.
  • Al-QaĂŻda en 1988 marque l’avĂšnement d’un terrorisme global, puis les attentats du 11 septembre 2001 constituent un tournant majeur dans son Ă©volution.
  • En revendiquant un État, Daech a contrĂŽlĂ© un territoire et mis en place un appareil structurĂ©, illustrant une frontiĂšre parfois floue entre terrorisme et État.

8. Puissance et formes d’influence

Notions clés & Définitions

  • Puissance : La puissance est la capacitĂ© d’une entitĂ© Ă  imposer sa volontĂ© et Ă  influencer les autres acteurs internationaux.
  • Influence non coercitive : L’influence non coercitive dĂ©signe la capacitĂ© Ă  modifier le comportement d’autrui sans contrainte ni recours Ă  la force.
  • Hard power : Le hard power regroupe les moyens de coercition (notamment militaires et Ă©conomiques) pour imposer sa vision aux autres acteurs.
  • Soft power : Le soft power correspond Ă  la projection culturelle et Ă  la capacitĂ© d’attirer ou de persuader par des rĂ©cits et des Ă©lĂ©ments culturels.
  • Sharp power : Le sharp power est un type d’influence qui vise Ă  affecter l’environnement politique et informationnel d’un autre État, souvent par des leviers hostiles.

Points essentiels

  • La puissance ne se confond pas avec le pouvoir institutionnel ni avec la force, qui sont des notions distinctes en relations internationales.
  • Le hard power s’évalue notamment via des indicateurs Ă©conomiques (comme le PIB), des moyens militaires et la puissance dĂ©mographique et territoriale.
  • Le soft power repose sur la culture et la persuasion, par exemple via la langue, les productions artistiques ou l’accueil d’organisations et d’évĂ©nements internationaux.
  • Le smart power combine des ressources de hard power et de soft power pour cumuler coercition et attractivitĂ© sur la scĂšne internationale.
  • Montrer une capacitĂ© (comme la dĂ©tention de l’arme nuclĂ©aire) peut produire un effet dissuasif sans ĂȘtre utilisĂ©e, tout comme le droit de veto influence en amont.
  • À l’inverse, certains États peuvent dissimuler leur puissance selon des stratĂ©gies de modestie post-conflit ou aprĂšs des dĂ©convenues militaires.

Astuce mémo

HARD = coercition, SOFT = sĂ©duction, SMART = combo, SHARP = action hostile sur l’info/politique.

9. Déclin et recomposition des puissances

Notions clés & Définitions

  • Hyperpuissance : Notion d’aprĂšs Guerre froide qui dĂ©signe une seule entitĂ© capable de dominer Ă  l’échelle mondiale aprĂšs l’effondrement du monde bipolaire.
  • Grande puissance : CatĂ©gorie de puissance qui regroupe plusieurs États capables d’assurer leur sĂ©curitĂ© et d’exercer une influence mondiale grĂące Ă  des moyens suffisants.
  • Puissance moyenne : EntitĂ© disposant d’une capacitĂ© d’influence mais limitĂ©e Ă  une rĂ©gion ou Ă  un secteur, sans rĂŽle dĂ©cisif Ă  l’échelle mondiale.
  • Puissance petite : État qui ne peut pas imposer sa volontĂ© Ă  la scĂšne internationale, tout en cherchant Ă  prĂ©server son indĂ©pendance et son existence.
  • MĂ©tamorphose : RĂ©action au dĂ©clin de puissance consistant Ă  rĂ©nover son rang en s’adaptant, plutĂŽt que de se limiter Ă  un retrait.

Points essentiels

  • L’hyperpuissance apparaĂźt dans le contexte post Guerre froide oĂč l’effondrement de l’URSS place les États-Unis dans une position hĂ©gĂ©monique au dĂ©but de la pĂ©riode.
  • La hiĂ©rarchisation de la puissance est subjective car elle dĂ©pend de la perception (par exemple la France peut ĂȘtre jugĂ©e grande ou moyenne selon ses limites militaires et Ă©conomiques).
  • Le dĂ©clin ou la montĂ©e en puissance peuvent venir d’accidents historiques mais aussi de volontarisme via des politiques Ă©conomiques et des choix visant Ă  renforcer l’influence.
  • Face au dĂ©clin, le repli consiste Ă  accepter un rĂŽle plus restreint, comme l’Autriche qui s’est mise en retrait sans viser un retour Ă  son ancien rang impĂ©rial.
  • Face au dĂ©clin, la mĂ©tamorphose vise Ă  se reconstruire pour retrouver un rang, comme l’Allemagne et le Japon aprĂšs 1945 avec modestie post-conflit, ou la France aprĂšs la disparition de son empire colonial via des politiques nouvelles et une puissance nuclĂ©aire et spatiale.

Astuce mémo

Repli = retrait assumé; Métamorphose = reconversion pour retrouver un rang.

10. Recours à la force et sécurité collective

Notions clés & Définitions

  • Interdiction progressive du recours Ă  la force : IdĂ©e selon laquelle le recours Ă  la force armĂ©e par les États a Ă©tĂ© progressivement encadrĂ© puis interdit dans les relations internationales au XXe siĂšcle.
  • Pacte Briand-Kellog : TraitĂ© adoptĂ© en 1928 par lequel les États signataires renoncent Ă  la guerre comme instrument de politique extĂ©rieure, avec des limites et des exceptions discutĂ©es.
  • Charte des Nations Unies : Texte adoptĂ© en 1945 qui impose la rĂ©solution pacifique des diffĂ©rends entre États membres et prohibe expressĂ©ment la menace et l’emploi de la force.
  • LĂ©gitime dĂ©fense : Exception Ă  l’interdiction de recourir Ă  la force prĂ©vue par l’article 51 de la Charte, permettant de riposter quand un État subit une agression armĂ©e.
  • Conseil de SĂ©curitĂ© : Organe des Nations Unies chargĂ© d’autoriser, lorsque la paix est menacĂ©e, des mesures pouvant aller jusqu’au recours Ă  la force contre un État agresseur.

Points essentiels

  • Les confĂ©rences de La Haye de 1899 et 1907 visent d’abord Ă  prĂ©venir le recours Ă  la force, avant l’interdiction formelle dans des cas prĂ©cis.
  • La convention Drago-Porter interdit le recours Ă  la force pour rĂ©agir au non-paiement d’une dette, dans le contexte qu’elle dĂ©limite.
  • Le Pacte Briand-Kellog (1928) met la guerre hors-la-loi pour les États signataires, mais son champ reste limitĂ© par le consentement et des exceptions discutĂ©es.
  • L’article 2§3 et l’article 2§4 de la Charte imposent une rĂ©glementation pacifique et consacrent l’interdiction de la menace et de l’emploi de la force envers les autres États membres.
  • L’article 51 prĂ©voit la lĂ©gitime dĂ©fense contre une agression armĂ©e, avec une riposte conçue pour stopper l’agression et restant proportionnĂ©e et dans un certain temps.
  • Pour autoriser la force, le Conseil de SĂ©curitĂ© privilĂ©gie d’abord des mesures non militaires (diplomatiques ou Ă©conomiques) puis adopte une rĂ©solution par majoritĂ© des 9/15, pouvant ĂȘtre bloquĂ©e par le vĂ©to d’un membre permanent.

Astuce mémo

Drago-Porter = force interdite pour dettes ; Briand-Kellog = guerre hors-la-loi (avec limites) ; Charte ONU = interdiction + deux portes : art 51 (légitime défense) ou autorisation du CSNU (avec véto possible).

11. Équilibre des puissances et droit international

Notions clés & Définitions

  • Équilibre des puissances : Doctrine selon laquelle la paix dĂ©pend de la rĂ©partition des capacitĂ©s militaires pour qu’aucun État ne puisse dominer durablement les autres.
  • TraitĂ©s de Westphalie : Ensemble d’accords conclus en 1648 qui visent Ă  stabiliser les relations entre États en posant des bases plus Ă©galitaires.
  • Force normative variable : IdĂ©e selon laquelle les rĂšgles de droit international n’ont pas la mĂȘme intensitĂ© d’obligation car leur contenu et leurs effets dĂ©pendent de l’accord des États.
  • Hard law : CatĂ©gorie de rĂšgles internationales acceptĂ©es comme contraignantes, ce qui lie juridiquement les États qui les ont admises.
  • Soft law : CatĂ©gorie de rĂšgles internationales non contraignantes juridiquement, oĂč les États visent surtout des objectifs plutĂŽt qu’une obligation sanctionnĂ©e.

Points essentiels

  • L’équilibre des puissances vise Ă  Ă©viter une guerre gĂ©nĂ©ralisĂ©e sans interdire radicalement la guerre, car il reste instable et peut ĂȘtre rompu par l’évolution des capacitĂ©s militaires.
  • Les traitĂ©s de Westphalie de 1648 sont prĂ©sentĂ©s comme une premiĂšre mise en Ɠuvre liĂ©e Ă  des relations plus Ă©galitaires entre États.
  • Le droit international cherche Ă  rĂ©guler des relations jugĂ©es anarchiques car les normes sont acceptĂ©es par les États eux-mĂȘmes, qui dĂ©terminent contenu et portĂ©e des obligations.
  • La sanction du non-respect du droit international n’est pas systĂ©matiquement assurĂ©e, faute d’autoritĂ© centrale et de mĂ©canisme de sanction automatique.
  • La CIJ se prononce en compĂ©tence consultative par avis sans caractĂšre obligatoire mais Ă  forte autoritĂ© morale, et en compĂ©tence contentieuse par arrĂȘts obligatoires sans force exĂ©cutoire.
  • Le lawfare dĂ©signe l’usage stratĂ©gique du droit afin de faire avancer une cause ou d’obtenir un avantage sur l’adversaire.

Astuce mémo

Westphalie 1648 = balance des forces : aucun ne domine → la paix est possible, mais pas garantie.

12. Déclin européen et américanisation

Notions clés & Définitions

  • DĂ©clin des puissances europĂ©ennes : Processus de recul de la puissance politique et territoriale de l’Europe aprĂšs les ruptures du XXe siĂšcle et la dĂ©colonisation.
  • Chute du mur de Berlin : ÉvĂ©nement de 1989 qui marque une bascule rapide de l’ordre international et prĂ©pare la nouvelle structuration de la puissance mondiale.
  • Effondrement de l’URSS : ÉvĂ©nement de 1991 qui met fin Ă  la bipolaritĂ© et rend la situation internationale favorable aux États-Unis.
  • Monde unipolaire amĂ©ricain : Organisation du systĂšme international oĂč le leadership des États-Unis devient dominant aprĂšs la disparition du face-Ă -face des deux blocs.

Points essentiels

  • La PremiĂšre Guerre mondiale rompt l’ordre international et, avec la paix de Versailles, laisse l’Allemagne avec le sentiment d’une humiliation qui empĂȘche une paix Ă©quilibrĂ©e.
  • La Seconde Guerre mondiale bouleverse objectifs et armements avec l’extension de l’arme nuclĂ©aire, et installe un rapport Ă  deux superpuissances États-Unis et URSS.
  • La dĂ©colonisation (1945-1975) affaiblit l’Europe en la privant de puissance territoriale et politique au moment oĂč s’accĂ©lĂšrent les luttes d’indĂ©pendance.
  • Entre 1989 et 1991 (mur de Berlin en 1989, rĂ©unification allemande, effondrement de l’URSS en 1991), le systĂšme passe de la bipolaritĂ© Ă  une configuration pleinement favorable aux États-Unis.
  • Le leadership amĂ©ricain s’exprime alors dans un monde unipolaire, aprĂšs l’effacement de la structure en deux blocs.

Astuce mémo

1989-1991 = Berlin tombe puis URSS s’effondre : la bipolaritĂ© disparaĂźt et le leadership amĂ©ricain devient unipolaire.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1648TraitĂ©s de Westphalie signĂ©s en 1648, base de l’ordre westphalien
1916Dickinson publie The International Anarchy (absence d’autoritĂ©) en 1916
1945Charte des Nations Unies adoptĂ©e en 1945 (interdiction de la menace et de l’emploi de la force + CSNU)
1928Pacte Briand-Kellog adopté en 1928 (guerre hors-la-loi, renonciation à la guerre)
1996RĂ©solution 1996 de l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale : dĂ©finition du terrorisme international
1988Al-Qaïda en 1988 : avùnement d’un terrorisme global
1989Chute du mur de Berlin en 1989
1991Effondrement de l’URSS en 1991
2011CSNU autorise le recours Ă  la force en Libye en 2011
2015COP21 (Accord de Paris) : 2015

Tableaux de synthĂšse

OI de coopĂ©ration vs OI d’intĂ©gration

TypeLogiqueDécision
Organisation de coopérationCoordonner et harmoniser les politiques (intergouvernemental)Décision intergouvernementale
Organisation d’intĂ©grationLogique supranationaleDĂ©cision par des organes intĂ©grĂ©s

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre l’ordre westphalien (contexte durable aprĂšs 1648) avec la naissance de l’État moderne : la source dit que Westphalie marque une Ă©tape dĂ©cisive, pas la naissance.
  2. Penser que l’anarchie internationale signifie “dĂ©sordre total” : la source explique qu’il n’y a pas d’autoritĂ© centrale, mais que la scĂšne est ordonnĂ©e et rĂ©gulĂ©e.
  3. Croire que la reconnaissance est uniquement dĂ©clarative : la source oppose dĂ©clarative et constitutive et insiste sur l’enjeu pratique de la marginalisation.
  4. Mélanger puissance, pouvoir, force et violence : la puissance impose et influence, la force est un outil coercitif, et le pouvoir est institutionnel.
  5. Distinguer mal hard power et soft power : le hard repose sur coercition (économique/militaire, etc.), le soft sur attraction culturelle et récits.
  6. Se tromper sur le droit de la Charte : l’interdiction vise menace/emploi de la force (art. 2§4), et les exceptions structurantes sont art. 51 et l’autorisation du CSNU.
  7. Croire qu’une juridiction internationale peut juger sans consentement : la source rappelle que la compĂ©tence s’exerce car les États l’ont acceptĂ©.

Checklist Examen

  1. DĂ©finir l’objet des relations internationales (Ă©tude des relations entre membres de la sociĂ©tĂ© internationale) et rappeler le passage interĂ©tatique vers la prise en compte d’autres acteurs.
  2. Expliquer ce qu’est l’ordre westphalien, l’équilibre des puissances (dissuasion) et pourquoi l’absence d’autoritĂ© supĂ©rieure produit une “anarchie” malgrĂ© un ordre.
  3. Comparer les trois grandes théories : réalisme (guerre/conflits, conditions du réel), libéralisme (interdépendance et pacification par droit/démocratie/libéralisme commercial), constructivisme (structures sociales, facteurs culturels/idéologiques).
  4. Identifier les acteurs non étatiques et leur rÎle : ONG (non lucratif, action opérationnelle/communication/normative), firmes multinationales (influence indirecte et dépendance au numérique), mouvements religieux et acteurs subversifs (criminels/terroristes).
  5. DĂ©crire les conditions de l’existence internationale de l’État (territoire, population, pouvoir politique organisĂ©) et prĂ©ciser l’importance pratique de la reconnaissance (dĂ©clarative vs constitutive, exemples Palestine/Abkhazie).
  6. Expliquer les consĂ©quences de l’existence internationale : non-ingĂ©rence et Ă©galitĂ© souveraine, et la compĂ©tence de la compĂ©tence (Jellinek).
  7. DĂ©finir la politique Ă©trangĂšre (ligne d’action des responsables officiels pour modifier une situation internationale) et montrer la porositĂ© politique intĂ©rieure/extĂ©rieur ainsi que les facteurs influençant cette politique.
  8. Exposer la mise en Ɠuvre de la politique Ă©trangĂšre par la diplomatie d’État (rĂŽle prĂ©sidentiel en France, ministĂšre et corps diplomatique comme mise en Ɠuvre, possibles acteurs privĂ©s techniques).
  9. Présenter les organisations internationales : traité constitutif, organes permanents, organes intergouvernementaux vs intégrés, budget et contributions, ainsi que universel vs régional et coopération vs intégration.
  10. Expliquer la puissance et ses vecteurs (puissance ≠ pouvoir/force/violence ; hard/soft/smart/sharp) et la hiĂ©rarchisation (hyperpuissance, grande, moyenne, petite).
  11. Retracer l’interdiction progressive du recours Ă  la force (La Haye, Drago-Porter, Briand-Kellog, Charte ONU) et dĂ©tailler les deux voies d’exception (art. 51 lĂ©gitime dĂ©fense ; autorisation du CSNU avec majoritĂ© et vĂ©to).
  12. MaĂźtriser la rĂ©gulation par le droit : variabilitĂ© de la force normative (hard law/soft law), limites d’exĂ©cution, et le rĂŽle des juridictions (CIJ compĂ©tence consultative vs contentieuse, principe de consentement).

Test your knowledge

Test your knowledge on Les fondamentaux des relations internationales with 11 multiple-choice questions with detailed corrections.

1. Quelle thĂ©orie des relations internationales explique surtout les comportements des États par l’interdĂ©pendance, la coopĂ©ration et la pacification possible par le droit ?

2. Que dĂ©signe l’ordre westphalien dans le contexte des relations internationales?

Take the quiz →

Review with flashcards

Memorize the key concepts of Les fondamentaux des relations internationales with 9 interactive flashcards.

Ordre westphalien — dĂ©finition ?

SystĂšme international fondĂ© sur la souverainetĂ© et l’équilibre des puissances.

Ordre westphalien

SystÚme international basé sur souveraineté et équilibre des puissances.

Acteurs non Ă©tatiques — rĂŽle ?

Influencent la société internationale via ONG, firmes, terroristes, criminels.

See flashcards →

Similar courses

Create your own revision sheets

Import your course and AI generates sheets, quizzes and flashcards in 30 seconds.

Sheet generator