Scheda di revisione: Mémoire et justice des génocides

📋 Plan du Cours

  1. Histoire et mémoire
  2. Crimes de masse et génocide
  3. Responsabilités de la Grande Guerre
  4. Témoignages et mémoires collectives
  5. Reconnaissance des crimes français
  6. Genocide des Tutsis au Rwanda
  7. France et justice internationale au Rwanda
  8. Tribunaux gacaca et réconciliation
  9. Guerre et génocide en ex-Yougoslavie
  10. Lieux de mémoire de la Shoah
  11. Auschwitz et mémoire de la Shoah

📖 1. Histoire et mémoire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Mnémosyne : Déesse de la mémoire, elle incarne le fait de conserver et de transmettre le passé.
  • Clio : Muse de l’histoire, elle personnifie une histoire issue de la mémoire.
  • Mémoire : Conception affective et subjective du passé, construite à l’échelle personnelle et collective.
  • Histoire : Connaissance scientifique du passé, élaborée à partir de sources pour viser une compréhension aussi objective que possible.

📝 Points essentiels

  • La mémoire est plurielle (locale, régionale, nationale) et dépend fortement d’émotions et de jugements moraux.
  • L’histoire s’appuie sur des sources et une démarche de recherche pour comprendre ce que l’on peut considérer comme la “vérité”.
  • La “vérité” historique peut évoluer car de nouvelles sources peuvent être découvertes.
  • Les conflits bouleversent les rapports entre histoire, mémoire, justice et politique, comme l’illustre le lien construit autour d’Oradour-sur-Glane.

💡 Astuce mémo

Clio et Mnémosyne : la mémoire “fabrique” l’histoire (l’histoire est la fille de la mémoire).

📖 2. Crimes de masse et génocide

🔑 Notions clés & Définitions

  • Crime contre l’humanité : Notion juridique visant des actes commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique contre une population civile, avec connaissance de cette attaque.
  • Génocide : Notion juridique désignant des actes commis dans l’intention de détruire tout ou partie d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux, en tant que tel.
  • Raphael Lemkin : Juriste polonais qui élabore le concept de génocide, notamment pendant les procès de Nuremberg, sans que cette notion soit retenue à l’époque pour remplacer celle de crime contre l’humanité.
  • Hersch Lauterpacht : Juriste ukrainien chargé de formuler une catégorie pour condamner les horreurs de la Seconde Guerre mondiale lors des procès de Nuremberg.

📝 Points essentiels

  • Le crime contre l’humanité recouvre des actes comme le meurtre, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation ou transfert forcé, la torture et la persécution de groupes identifiables.
  • Le génocide exige une intention de détruire un groupe déterminé, et non seulement des violences contre des civils.
  • Le Statut de Rome définit le génocide par des actes tels que meurtre des membres, atteintes graves à l’intégrité, conditions d’existence entraînant la destruction, entrave aux naissances et transfert forcé d’enfants.
  • Les violences de masse du début du XXe siècle s’accroissent contre les civils durant la première moitié du siècle, donnant un contexte à l’émergence des qualifications juridiques.
  • Exemples cités: génocide des Herero et des Nama en Namibie (Allemagne), génocide des Arméniens (1915-1917) et génocide des Juifs et des Tsiganes (1942-1945).

💡 Astuce mémo

Crime contre l’humanité = attaque contre civils; Génocide = intention de détruire un groupe (origine: la loi, pas une échelle de souffrance).

📖 3. Responsabilités de la Grande Guerre

🔑 Notions clés & Définitions

  • Traité de Versailles : Acte majeur de l’après-1918 qui fixe notamment la question des responsabilités de la guerre en plaçant l’origine de l’agression sur l’Allemagne.
  • Article 231 : Dispositif du traité de Versailles faisant reconnaître par l’Allemagne son rôle dans l’agression, point central des débats sur la responsabilité.
  • Mécanique des alliances : Idée selon laquelle l’enchaînement des alliances contribue au déclenchement de la guerre, ce qui déplace la discussion vers une responsabilité plus diffuse.
  • Controverse Fischer : Débat historiographique présenté comme un moment où un historien allemand remet en cause l’idée d’une responsabilité uniquement extérieure à l’Allemagne.
  • Responsabilité multiple et partagée : Position défendue par des historiens révisionnistes selon laquelle la responsabilité de la guerre n’est pas concentrée sur un seul État mais distribuée entre plusieurs acteurs.

📝 Points essentiels

  • Le 28 juin 1914, l’assassinat de François Ferdinand à Sarajevo par Gavrilo Princip déclenche l’escalade entre l’Autriche-Hongrie et ses partenaires.
  • La France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne, tandis que l’Allemagne est soutenue par l’Autriche-Hongrie.
  • En 1920, le traité de Versailles attribue une faute complète à l’Allemagne, notamment via l’Article 231.
  • Dans l’entre-deux-guerres, les débats insistent sur l’absence de consensus sur la responsabilité, la thèse d’un éclatement d’alliances étant aujourd’hui la plus acceptée.
  • La controverse Fischer marque l’arrivée, dans le débat, d’une reconnaissance allemande de la responsabilité et relance la question de la “faute à qui ?”.

💡 Astuce mémo

Faute à qui ? Réponse change selon l’axe : Versailles = un coupable, Fischer = aveu côté allemand, alliances = explication en chaîne.

📖 4. Témoignages et mémoires collectives

🔑 Notions clés & Définitions

  • Anamèse : La notion désigne le travail de reconnaissance par des témoignages, qui met des victimes au centre du récit public plutôt que de faire disparaître le passé.
  • Amnésie : L’amnésie correspond à une disparition volontaire ou imposée du souvenir après la guerre, avec l’idée de tourner la page et d’éviter le débat.
  • Mémoire des victimes : La mémoire des victimes regroupe les récits portés par ceux qui ont subi le conflit et cherchent à être entendus et reconnus officiellement.
  • Procès de Papon : Le procès de Papon est la procédure judiciaire qui traite du massacre du 17 octobre 1961 et contribue à fixer publiquement des qualifications et des responsabilités.
  • Reconnaissance des crimes : La reconnaissance des crimes désigne la progression vers une qualification officielle, appuyée par archives, historiens et publications, après une longue période de silence.

📝 Points essentiels

  • Entre 1962 et 1968, la sortie de guerre s’accompagne d’un oubli recherché des deux côtés, décrit comme une amnésie.
  • En 1980, le « moment de l’anamèse » met en avant des témoignages de victimes et une demande de reconnaissance officielle par des discours qui se multiplient.
  • Le 17 octobre 1961, une manifestation organisée par le FLN à Paris est présentée comme pacifique avec 30 000 à 40 000 manifestants.
  • Le couvre-feu imposé aux Algériens entraîne 12 000 arrestations, puis des violences policières sont évoquées, dont des noyades sur un pont et une ouverture du feu sur le Pont de Neuilly.
  • En 1999, le tribunal correctionnel de Paris accepte le terme de massacre dans le procès de Maurice Papon.
  • Depuis les années 2000, la reconnaissance s’appuie sur des archives ouvertes en 1992, des ouvrages savants et l’évolution des termes publics, vers la reconnaissance officielle de « Guerre d’Algérie ».

💡 Astuce mémo

Amnésie = on efface, Anamèse = on écoute et on reconnaît.

📖 5. Reconnaissance des crimes français

🔑 Notions clés & Définitions

  • Terme Guerre d’Algérie : Dénomination qui remplace celle d’« événements d’Algérie » quand l’Assemblée nationale la reconnaît officiellement.
  • Massacre du 17 octobre 1961 : Répression meurtrière de la manifestation à Paris, dont la qualification évolue et qui fait l’objet d’une reconnaissance politique tardive.
  • Responsabilité accablante : Formulation employée par Macron en 2021 pour reconnaître des responsabilités de la France au Rwanda sans admettre une complicité.

📝 Points essentiels

  • La controverse sur le 17 octobre 1961 passe d’un bilan officiel très réduit à des chiffres beaucoup plus élevés, avec une qualification qui devient discutée puis reconnue en justice et par des responsables politiques.
  • En 1999, le procès Papon aboutit à une décision du tribunal correctionnel de Paris qui accepte le terme de massacre.
  • L’ouverture des archives publiques en France intervient en 1992, et l’Assemblée nationale reconnaît officiellement le terme « Guerre d’Algérie » en 1999.
  • Le communiqué de François Hollande en 2012 reconnaît le massacre du 17 octobre 1961.
  • Au Rwanda, un dossier est rendu le 26 mars 2021 et, le 27 mai 2021, Macron reconnaît une « responsabilité accablante » sans reconnaître la complicité de la France.

💡 Astuce mémo

1992 archives → 1999 guerre + massacre (Papon) → 2012 reconnaissance Hollande → 2021 responsabilité accablante (Rwanda).

📖 6. Genocide des Tutsis au Rwanda

🔑 Notions clés & Définitions

  • Rwanda des grands lacs : Le Rwanda est un pays de la région des Grands Lacs dont la capitale est Kigali.
  • Hutus et Tutsis : La société rwandaise est partagée entre Hutus (environ 80 %) et Tutsis (environ 20 %), avec une histoire de domination et de violences.
  • Racialisation des Tutsis : La racialisation désigne la transformation politique des Tutsis en catégorie « ennemie », menant à leur déshumanisation par des discours dévalorisants.
  • Radio des Mille Collines : La radio des Mille Collines est un média de propagande qui diffuse des messages antitutsi pendant la période menant au génocide.
  • Paroxysme de 100 jours : Le paroxysme de 100 jours correspond à la phase la plus meurtrière, allant des massacres d’avril 1994 jusqu’au 17 juillet 1994.

📝 Points essentiels

  • En 1962, l’indépendance s’accompagne d’un processus qui prépare ensuite les violences contre les Tutsis sous des présidences successives, notamment dans les années 80.
  • En 7 avril 1994, des groupes hutus et des milices s’entendent pour éliminer la population tutsie, et la phase paroxysmique dure jusqu’au 17 juillet 1994.
  • La propagande anti-tutsi décrit les Tutsis comme des « ennemis intérieurs mortels », en s’appuyant sur la racialisation et la déshumanisation.
  • Le génocide provoque environ 800 000 morts, surtout par armes blanches, et il inclut de nombreux viols visant femmes et enfants.
  • La société rwandaise subit une destruction durable sur plusieurs générations après les massacres.

💡 Astuce mémo

Repère la chronologie clé : 7 avril 1994 (accord) → 17 juillet 1994 (fin des 100 jours).

📖 7. France et justice internationale au Rwanda

🔑 Notions clés & Définitions

  • Opérations Noroit, Amaryllis, Turquoise : Ensemble d’interventions militaires françaises au Rwanda entre 1990 et 1994, présentées dans le cours par périodes et objectifs.
  • Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) : Juridiction pénale internationale créée par l’ONU pour juger les crimes liés au génocide des Tutsis, installée à Arusha.
  • Résolution 955 de l’ONU : Décision du Conseil de sécurité qui lance la création d’un Tribunal International pour le Rwanda le 8 novembre 1994.
  • Reconnaissance de 2021 par Macron : Déclaration de 2021 où le président Emmanuel Macron formule une responsabilité accablante de la France sans établir une complicité dans le génocide.
  • Rapprochement franco-rwandais de 2021 : Période de rapprochement entre la France et le Rwanda indiquée comme se produisant au printemps 2021, alors que la justice poursuit ses procédures.

📝 Points essentiels

  • Le cours situe trois opérations françaises au Rwanda : Noroit (octobre 1990–décembre 1993), Amaryllis (8–14 avril 1994) et Turquoise (19–22 juin 1994).
  • Le dossier d’enquête sur les archives françaises menées à la demande présidentielle est rendu le 26 mars 2021, et Macron reconnaît une responsabilité accablante le 27 mai 2021.
  • Le 16 mai 1994, Alain Juppé qualifie pour la première fois les crimes rwandais de génocide, puis saisit l’ONU 10 jours après pour demander une enquête internationale.
  • La résolution 955 du 8 novembre 1994 crée le Tribunal International pour le Rwanda, installé à Arusha de 1995 à 2015.
  • Le cours indique qu’au moment du rapprochement franco-rwandais au printemps 2021, la justice suivait son cours et que des génocidaires se cachaient en France.

💡 Astuce mémo

Périodes 1990-1994 : Noroit (1990-1993), Amaryllis (8-14 avril 1994), Turquoise (19-22 juin 1994) = la “frise” des opérations.

📖 8. Tribunaux gacaca et réconciliation

🔑 Notions clés & Définitions

  • Tribunaux gacaca : Tribunaux populaires rwandais chargés de faire écouter les témoins des massacres pour établir une vérité jugée utile à l’apaisement et à la réconciliation nationale.
  • Juridictions locales : Mode d’organisation présenté pour les tribunaux gacaca, avec une justice rendue au niveau local plutôt que sous une logique centrée sur des grandes instances nationales uniques.
  • Herbe douce (kinyarwandais) : Traduction du nom gacaca, renvoyant à l’idée de tribunaux populaires fondés sur la participation de la population pour traiter les crimes.
  • Peines allégées : Principe lié à certains jugements gacaca, avec des condamnations présentées comme moins lourdes, notamment assorties de travaux d’intérêt.

📝 Points essentiels

  • Les tribunaux gacaca visent à rapprocher la population entre elle via l’écoute des témoins et la recherche d’une vérité apaisante.
  • Les victimes critiquent leur évolution avec le temps, estimant les procédures trop politisées et impossibles à rendre correctement.
  • La formation des juristes et juges décrite dans la source dure deux semaines et porte sur l’histoire du conflit, ce qui peut renforcer l’idée d’une légitimité insuffisante.
  • La justice gacaca est présentée comme se tenant à partir de juillet 1994, après la fin du génocide, avec une logique de réconciliation plutôt que de condamnations massives.
  • Les procédures sont indiquées comme très longues, ce qui nourrit des critiques sur l’efficacité du processus.

📖 9. Guerre et génocide en ex-Yougoslavie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Ratko Mladić : Chef militaire des Serbes de Bosnie dont la responsabilité est recherchée puis établie par le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie.
  • Radovan Karadžić : Président des Serbes de Bosnie cité parmi les principaux accusés du conflit.
  • Slobodan Milošević : Président de la Serbie cité parmi les principaux accusés du conflit.
  • TPIY : Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie créé par l’ONU pour rendre la justice et lutter contre l’impunité.
  • Srébénica : Exemple de mémoire du génocide évoqué comme un cas où le TPIY établit des faits sans faire reculer le négationnisme.

📝 Points essentiels

  • Le TPIY est créé en 1993 à l’initiative de l’ONU mais avec des moyens alloués limités pour ses enquête, poursuites et jugements.
  • Les procureurs du TPIY décident l’ouverture des enquêtes et l’établissement des actes d’accusation.
  • La résolution 819 du 16 avril 1994 vise à judiciariser le conflit et à lutter contre l’impunité en particulier en Bosnie-Herzégovine.
  • Ratko Mladić est recherché pendant 10 ans, retrouvé en Bosnie en 2011 après 16 ans de clandestinité, puis jugé et condamné à perpétuité.
  • Le TPIY échoue dans son rôle réparateur car le travail de justice reste jugé trop opaque et peu accompagné auprès des populations locales.
  • Concernant Srébénica, le TPIY établit les faits mais ne suffit pas à faire accepter la vérité face au négationnisme.

💡 Astuce mémo

Mladić retrouvé en 2011 après 10 ans de recherche et 16 ans de cachette.

📖 10. Lieux de mémoire de la Shoah

🔑 Notions clés & Définitions

  • Auschwitz-Birkenau : Lieu de mémoire de la Shoah associé aux camps de concentration et d’extermination, dont la destruction partielle laisse des survivants encore actifs jusqu’à la fin de la guerre.
  • Hall des Noms : Espace de commémoration créé à Yad Vashem qui vise à rassembler et inscrire des noms liés à la Shoah à partir de 1947.
  • Yad Vashem : Mémorial israélien consacré à la mémoire de la Shoah, créé en 1957 et lié à la naissance de l’État d’Israël en 1948.
  • Mémorial de la Shoah (Paris) : Musée-lieu de mémoire fondé à Paris, destiné à rappeler les faits de la Shoah et situé au sein d’un dispositif commémoratif plus large.
  • Lieux de mémoire privés : Initiatives de mémoire portées par des acteurs privés, qui ne relèvent pas du même cadre que le mémorial en Israël selon le cours.

📝 Points essentiels

  • La rébellion du ghetto de Varsovie est datée du 19 avril 1943 et son écrasement entraîne la destruction complète du ghetto, puis la mise en place de plaques commémoratives.
  • À Yad Vashem, la construction d’un Hall des Noms est indiquée pour 1947, puis le mémorial est daté de 1957 avec l’État d’Israël né en 1948.
  • Depuis une trentaine d’années, le cours relie la persistance du négationnisme à la disparition des survivants et au manque de moyens, avec des tensions politiques dans les pays où se trouvent des lieux de la Shoah.
  • Le cours mentionne des lieux de mémoire en Europe et aux États-Unis, dont le United States Holocaust Memorial Museum en 1993 (Washington) et le Mémorial de la Shoah à Paris en 2005.
  • La focalisation sur Auschwitz-Birkenau, présentée comme problématique, brouille selon le cours la frontière entre logique concentrationnaire et logique génocidaire.

💡 Astuce mémo

Dates repères : 1947 Hall des Noms à Yad Vashem → 1957 mémorial ; 1993 musée à Washington → 2005 Paris.

📖 11. Auschwitz et mémoire de la Shoah

🔑 Notions clés & Définitions

  • Banalité du mal : Notion formulée par Hannah Arendt pour décrire des individus ordinaires qui commettent l’horreur sans intentions démoniaques, en suivant des ordres et des structures.
  • Procès Eichmann : Procès tenu à Jérusalem en 1961 contre Adolf Eichmann, qui sert de repère majeur pour comprendre et structurer le récit judiciaire de la Shoah.
  • Second procès d’Auschwitz : Procès visant des responsables nazis lié à Auschwitz, mené en Allemagne par Fritz Bauer avec l’idée de faire surgir publiquement les faits.
  • Fritz Bauer : Juge allemand présenté comme moteur du Second procès d’Auschwitz, cherchant à confronter la société allemande à son passé.

📝 Points essentiels

  • Le procès Eichmann se tient à Jérusalem en 1961 et vise 15 chefs d’accusation et 3 crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes contre le peuple juif.
  • Le procès Eichmann est décrit comme une « ère du témoin » qui aide à comprendre ce qui s’est passé pendant la Shoah.
  • La « banalité du mal » d’Hannah Arendt au procès Eichmann alimente des controverses sur la participation et la responsabilité des acteurs du génocide.
  • Le Second procès d’Auschwitz réunit 22 accusés : les prévenus ne nient pas avoir travaillé à Auschwitz mais contestent les faits qui leur sont reprochés.
  • Les années 60 en Allemagne sont présentées comme une période d’« amnésie collective » que Fritz Bauer cherche à briser pour permettre une reconstruction fondée sur un passé mis en lumière.

💡 Astuce mémo

Ordres et structures → gestes monstrueux : c’est la « banalité du mal ».

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
mnémosyne / clioNotions fondatrices (mémoire vs histoire) évoquées dès l’introduction
28 juin 1914Assassinat de François Ferdinand à Sarajevo (déclencheur de l’escalade)
11 novembre 1918Armistice
1920Traité de Versailles (faute complète sur l’Allemagne)
1920Ouverture de la discussion sur la responsabilité via Versailles (repère du débat)
7 avril 1994Accords des Hutus pour éliminer la population tutsie
17 juillet 1994Fin de la phase paroxysmique / fin des « 100 jours »
8 novembre 1994Résolution 955 : création du Tribunal International pour le Rwanda
1993Création du TPIY à l’initiative de l’ONU
8 février 1962Assassinats de Charonne (repère mentionné)

📊 Tableaux de synthèse

Crime contre l’humanité vs génocide (différence de logique)

NotionCondition centraleIntention
Crime contre l’humanitéActes commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique contre une population civileConnaissance de l’attaque (pas une intention de détruire un groupe)
GénocideActes visant un groupe national, ethnique, racial ou religieux « comme tel »Intention de détruire, en tout ou en partie, le groupe

Mémoire : anamésie vs amnésie (post-conflit)

TermeCe qui domineBut
AmnésieOubli recherché (souhait d’oublier)Éviter le débat / tourner la page
AnamèseReconnaissance par les témoignages et mise en avant des victimesRendre audible le passé et obtenir la reconnaissance officielle

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre histoire et mémoire : la mémoire est subjective/émotive, tandis que l’histoire vise une démarche de recherche à partir de sources pour approcher une « vérité ».
  2. Penser que « plus c’est souffrant, plus c’est génocide » : le cours insiste sur l’absence d’échelle de Richter et sur la différence par la nature des actes et surtout l’intention pour le génocide.
  3. Croire que crime contre l’humanité et génocide se valent : l’un vise une attaque contre des civils (attaque généralisée/systématique), l’autre vise la destruction intentionnelle d’un groupe « comme tel ».
  4. Mélanger la chronologie de la guerre d’Algérie et le « moment anamèse » : l’« anamèse » renvoie à la montée des témoignages et à la reconnaissance, pas à la période de violences seule.
  5. Confondre la période du couvre-feu du 17 octobre 1961 (FLN à Paris, Papon, 12 000 arrestations puis tir) avec la reconnaissance légale ultérieure du terme « Guerre d’Algérie » (1999).
  6. Ne pas distinguer niveaux de justice : tribunaux gacaca (justice locale pour réconcilier, peine allégée) vs TPIR/TPIY (judiciarisation et poursuites internationales).
  7. Croire que le TPIY « règle » la mémoire : le cours dit qu’il établit des faits mais échoue à faire reculer le négationnisme et reste trop opaque pour les populations locales.

✅ Checklist Examen

  1. Distinguer mnémosyne et clio et définir mémoire vs histoire selon le cours.
  2. Expliquer les critères du crime contre l’humanité (attaque généralisée ou systématique contre une population civile et connaissance).
  3. Expliquer les critères du génocide (groupe visé « comme tel » et intention de détruire).
  4. Situer le lien causes/débat : 28 juin 1914, puis 11 novembre 1918, et relier Versailles/Article 231 à la question « faute à qui ? ».
  5. Citer et resituer le débat historiographique : controverse Fischer (aveu côté allemand) vs responsabilité multiple/partagée (éclatement des alliances).
  6. Maîtriser la chronologie mémorielle de la Guerre d’Algérie autour du 17 octobre 1961 (couvre-feu, Papon, bilan fluctuant) et des étapes 1992 / 1999 / 2012 / 2021.
  7. Comprendre la notion d’amnésie vs anamèse, et leur rôle après les guerres (oubli recherché vs reconnaissance par témoignages).
  8. Connaître la séquence rwandaise : 7 avril 1994 (accords pour élimination), paroxysme jusqu’au 17 juillet 1994, et la logique de racialisation/propagande.
  9. Connaître les interventions françaises au Rwanda (Noroit, Amaryllis, Turquoise) et les repères de responsabilité (dossier 26 mars 2021 ; reconnaissance « responsabilité accablante » 27 mai 2021).
  10. Expliquer le but et les limites des tribunaux gacaca (écoute des témoins, vérité apaisante, procédures longues, légitimité critiquée).
  11. Rappeler l’apport/limites du TPIY : création 1993, difficulté en temps de guerre, médiatisation faible, rôle réparateur jugé insuffisant, cas Srebrenica vs négationnisme.
  12. Citer des repères de mémoire de la Shoah et leurs dates-clés (Hall des Noms 1947 ; Yad Vashem 1957 ; musée à Paris 2005 ; USHMM 1993 ; Auschwitz-Birkenau et la problématique de focalisation).
  13. Maîtriser le procès Eichmann (1961) et la « banalité du mal » d’Arendt, puis le Second procès d’Auschwitz et l’« amnésie collective » des années 60 selon le cours.
  14. Conclure par des repères de production/transmission culturelle (littérature et cinéma : ex. 1947, 1956, 1993, 2005, 2016 selon le cours) sans confondre œuvre et date.

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1. Quelle institution est créée par la résolution 955 de l’ONU pour juger les crimes liés au génocide des Tutsis ?

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Mnémosyne — définition ?

Déesse de la mémoire, symbole de la conservation du passé.

Clio — rôle ?

Muse de l’histoire, personnification de la narration historique.

Mémoire — nature ?

Conception affective et subjective du passé collectif.

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