📋 Plan du Cours
- Polity, politics et policies en UE
- Échelles macro, méso et micro
- Statut légal des politiques environnementales UE
- Obligations substantielles et procédurales
- Publicisation des données et logique prescriptive
- Évaluation annuelle, conformité et contentieux
- Réduction du CO2 des véhicules neufs
- Accords volontaires et objectifs d’émission 1998-2003
- Régulation, non-respect et effets sur le marché
- Objectifs initiaux de la politique agricole commune
- Évolution de la hiérarchie des objectifs PAC
- Exceptionnalisme agricole vers multifonctionnalité
📖 1. Polity, politics et policies en UE
🔑 Notions clés & Définitions
- Polity : La dimension Polity désigne la construction d’une communauté politique et les conditions de la confiance politique.
- Politics : La dimension Politics renvoie à la vie politique, à la compétition pour le pouvoir et aux modalités de gouvernance.
- Policies : La dimension Policies correspond aux politiques publiques européennes et à leur articulation avec le niveau national.
- Macro niveau : Le niveau macro étudie l’Union européenne avec des questions générales sur la nature du système et ses modèles.
- Meso niveau : Le niveau méso analyse le fonctionnement des institutions européennes comme la Commission, la Cour de justice, le Conseil et le Parlement.
📝 Points essentiels
- Le triptyque Polity–Politics–Policies sert de prisme pour formuler des questions de recherche sur l’UE.
- En Polity, on s’interroge notamment sur l’UE comme système gouvernemental et sur la création d’une identité européenne articulée aux identités nationales.
- En Politics, les objets typiques portent sur qui gouverne l’Europe, les modes d’élection des dirigeants et la spécificité des carrières européennes.
- En Policies, on étudie les mécanismes de décision et la pluralité des décideurs, ainsi que la dimension collective des politiques européennes.
- Trois échelles d’observation sont mobilisées : macro (cadres généraux), méso (institutions) et micro (sociologie des organisations et des acteurs).
- Le niveau micro vise en France à comprendre comment les institutions européennes fonctionnent via les acteurs et les organisations.
💡 Astuce mémo
Polity=identité/confiance ; Politics=pouvoir/compétition ; Policies=actions publiques ; Macro=grand cadre ; Méso=institutions ; Micro=acteurs.
📖 2. Échelles macro, méso et micro
🔑 Notions clés & Définitions
- Européanisation : Processus de construction, diffusion et institutionnalisation de règles et de façons de faire, d’abord portés par l’action de l’Union, puis intégrés aux politiques et identités nationales.
- Européanisation ascendante : Mécanisme où des acteurs nationaux s’adaptent et s’européanisent pour peser sur le jeu politique européen et sur les politiques publiques de l’Union.
- Européanisation horizontale : Mécanisme où des pratiques et modes d’action circulent entre États sans intervention directe de l’Union, via imitation et comparaison.
- Européanisation sectorielle : Variation du degré d’européanisation selon les domaines, certains secteurs étant beaucoup plus influencés que d’autres par l’origine européenne des lois.
📝 Points essentiels
- Une enquête quantitative (neuf États, 1986-2007) conclut que l’Union ne dicte qu’une faible part des lois nationales, quel que soit le mode de calcul.
- Pour la France (1986-2007), on repère 1968 lois dont 369 d’origine européenne, soit environ 19%.
- Même le domaine le plus européanisé (technologies, sciences et espace) n’atteint qu’environ 45% de lois d’origine européenne.
- Les secteurs les plus liés à un marché commun sont : technologies/sciences/espace (45%), banque/finance/commerce intérieur (39,8%) et travail/emploi (24%).
- Le degré d’européanisation observé oscille globalement entre 10 et 30%, très en dessous d’un seuil souvent avancé (80%).
- L’européanisation ascendante correspond à un transfert progressif d’une partie du travail et du débat politique vers le niveau européen, avec complémentarité ou substitution au niveau national (ex. syndicats agricoles).
💡 Astuce mémo
Macro = “peu de lois dictées par l’UE” (10–30%), Méso = “secteurs inégaux” (jusqu’à ~45%), Micro = “acteurs et pratiques” (bottom-up et horizontal).
📖 3. Statut légal des politiques environnementales UE
🔑 Notions clés & Définitions
- Traité de Paris CECA : Traité fondateur de la CECA, signé en 1951 pour 50 ans, dont l’ADN institutionnel a été repris dans le droit de l’Union européenne.
- Haute autorité CECA : Institution supranationale indépendante des États membres, dotée de fonctions législatives et exécutives dans le charbon et l’acier, avec des décisions contraignantes.
- Cour de justice CECA : Juridiction chargée de trancher les conflits entre institutions de la CECA, entre États membres, et entre institutions et États.
- Acte unique européen : Traité de 1986 révisant le cadre de la CEE et codifiant des politiques européennes, notamment pour préparer le marché intérieur.
- Traité de Maastricht : Traité sur l’Union européenne, signé en 1992 et entré en vigueur en 1993, structurant l’Union et élargissant des compétences vers l’environnement et la santé.
📝 Points essentiels
- Le Traité de Paris (18 avril 1951) est conclu pour 50 ans, avec une expiration juridique en 2002 mais une continuité institutionnelle via l’ADN transféré à l’Union européenne.
- La CECA organise un transfert de souveraineté via quatre institutions : Haute autorité, Conseil, Assemblée parlementaire et Cour de justice.
- La Haute autorité peut adopter des décisions contraignantes en matière de charbon et d’acier, notamment via des quotas de production ou une répartition en cas de crise.
- Le Conseil de la CECA contrôle les décisions de la Haute autorité mais uniquement pour les domaines qui ne concernent pas le charbon et l’acier, selon une logique intergouvernementale.
- La Cour de justice CECA règle les litiges entre institutions, entre États, et entre institutions et États, ce qui renforce l’effectivité du droit communautaire.
- La Communauté européenne de défense échoue en 1954, ce qui conduit à réorienter l’intégration vers l’économique lors de la Conférence de Messine (1955).
💡 Astuce mémo
CECA = 4 organes + décisions contraignantes : Haute autorité agit, Conseil encadre, Cour tranche, Assemblée représente.
📖 4. Obligations substantielles et procédurales
🔑 Notions clés & Définitions
- Méthode communautaire : La méthode communautaire organise la régulation de l’Union par des décisions prises au niveau européen, avec la majorité qualifiée et une force obligatoire pour les États membres.
- Méthode intergouvernementale : La méthode intergouvernementale fait reposer la décision sur la coopération entre États, plutôt que sur une logique supranationale imposant directement la décision.
- Codécision : La codécision est une procédure où le Parlement européen partage le pouvoir décisionnel avec le Conseil, renforçant le rôle du Parlement.
- Citoyenneté européenne : La citoyenneté européenne consacre un statut politique des personnes au niveau de l’Union, distinct de la seule citoyenneté nationale.
- Pacte de stabilité et de croissance : Le Pacte de stabilité et de croissance fixe des règles destinées à encadrer la discipline macroéconomique des États membres dans la perspective de l’union monétaire.
📝 Points essentiels
- La méthode communautaire correspond aux trois communautés accumulées depuis 1952 et conduit à une décision européenne à majorité qualifiée qui s’impose aux États membres.
- La politique étrangère et de sécurité commune relève d’une méthode intergouvernementale, tout comme la coopération policière et judiciaire en matière pénale.
- Le Traité de Maastricht permet d’étendre des compétences supranationales à des domaines auparavant réservés aux gouvernements nationaux.
- La codécision issue de Maastricht met le Parlement européen sur un pied d’égalité avec le Conseil pour les décisions, et contribue à la reconnaissance des partis politiques européens.
- Maastricht instaure un principe de citoyenneté européenne.
- Le projet d’union économique et monétaire vise une monnaie unique, l’euro, mise en vigueur en 1999, avec coopération des politiques macroéconomiques des États membres et convergences progressives des politiques monétaire
💡 Astuce mémo
Communautaire = majorité qualifiée qui s’impose ; Intergouvernemental = États entre eux.
📖 5. Publicisation des données et logique prescriptive
🔑 Notions clés & Définitions
- Traité de Lisbonne : Traité réformateur de l’Union européenne qui reprend l’essentiel du Traité constitutionnel tout en modifiant le vocabulaire et plusieurs mécanismes institutionnels.
- Charte des droits fondamentaux : Texte de l’Union européenne dont le statut devient celui d’une annexe dans le Traité de Lisbonne, tout en conservant une valeur juridique équivalente aux traités.
- Codécision : Procédure législative ordinaire où le Conseil de l’Union européenne et le Parlement européen coadoptent les textes, représentant une part majeure des décisions.
- Trilogues : Négociations préparatoires entre Conseil, Parlement et Commission visant à construire un compromis avant le vote final.
- Intégration différenciée : Mode d’intégration permettant de concilier l’hétérogénéité en faisant avancer les États à des vitesses et/ou objectifs différents selon des arrangements différenciés.
📝 Points essentiels
- Le rejet du Traité constitutionnel par référendum en France est mis en parallèle avec le rejet néerlandais du 1er juin 2005, ce qui conduit rapidement à proposer le Traité de Lisbonne.
- Le Traité de Lisbonne abandonne le vocabulaire constitutionnel (ex. « loi européenne », « ministre européen des Affaires étrangères ») et retire les symboles de l’Union.
- La Charte des droits fondamentaux devient une annexe et n’est pas inscrite dans le Traité, tout en gardant une valeur juridique équivalente à celle des traités via l’article 6.
- Le Traité de Lisbonne étend la codécision à davantage de domaines et modifie les règles de majorité qualifiée, donnant plus de pouvoir à l’Allemagne qu’à la France au Conseil.
- En France, la ratification du Traité de Lisbonne se fait par la voie parlementaire, ce qui est critiqué pour des raisons de légitimité démocratique des institutions européennes.
- L’intégration différenciée peut être verticale ou horizontale, et elle repose sur l’idée que tous les États n’avancent pas uniformément dans les politiques communes.
💡 Astuce mémo
Lisbonne = « moins constitutionnel, plus codécision » ; différenciation = « vertical (compétences/décision) ou horizontal (retrait/coopération) ».
📖 6. Évaluation annuelle, conformité et contentieux
🔑 Notions clés & Définitions
- Évaluation annuelle : Évaluation périodique qui permet de vérifier le respect des engagements et d’orienter les suites à donner aux politiques de l’Union.
- Conformité au droit de l’Union : Respect des obligations issues des traités et des actes de l’Union, contrôlé pour éviter les écarts entre règles et pratiques.
- Procédure amiable : Étape préalable de règlement d’un manquement où la Commission cherche à obtenir une mise en conformité avant d’aller au contentieux.
- Action contentieuse : Procédure judiciaire engagée devant la Cour de justice pour faire constater un manquement au droit de l’Union.
📝 Points essentiels
- La Commission surveille l’application du droit de l’Union et peut agir en cas d’infraction.
- La mise en conformité peut passer d’abord par des démarches amiables avant une saisine de la Cour.
- En cas de manquement, la Commission peut ouvrir une action devant la Cour de justice de l’Union européenne.
- Le contrôle de la conformité s’exerce sous le contrôle de la Cour de justice de l’Union européenne.
- Le contentieux vise à faire constater l’infraction et à obtenir l’application correcte du droit de l’Union.
💡 Astuce mémo
Conformité = d’abord amiable, puis Cour : Commission surveille → propose → si échec, contentieux.
📖 7. Réduction du CO2 des véhicules neufs
🔑 Notions clés & Définitions
- Répartition dégressive des sièges : Principe de répartition des sièges au Parlement européen où la représentation varie selon la population, avec une dégressivité pour les États les plus peuplés.
- Plafond de 751 députés : Règle fixant le nombre maximal de députés au Parlement européen à 751.
- Seuil minimal de six députés : Exigence selon laquelle les petits États membres doivent obtenir au moins six sièges au Parlement européen.
- Vote en commission et vote en plénière : Étapes de la procédure législative où le texte est d’abord voté en commission puis à nouveau voté en séance plénière.
- Initiative législative de la Commission : Règle selon laquelle la Commission européenne est la seule institution habilitée à déposer une proposition de texte législatif.
📝 Points essentiels
- Le Traité de Lisbonne fixe à 751 le nombre maximal de députés du Parlement européen.
- La répartition des sièges respecte une proportionnalité dégressive, sans formule mathématique préétablie, avec négociations notamment lors de l’entrée de nouveaux États.
- Un État plus peuplé ne peut pas avoir moins de sièges qu’un État moins peuplé, mais plus la population augmente, moins il y a de députés par habitant.
- Exemples de densité de représentation : Espagne environ 1 député pour 865 000 habitants et Belgique environ 1 député pour 540 000 habitants.
- Les petits États ont un plancher : Luxembourg et Malte obtiennent au moins six députés, ce qui conduit à environ 1 député pour ~100 000 habitants.
- En cas de sortie du Royaume-Uni, 73 sièges britanniques existaient puis 27 sièges ont été redistribués d’emblée (5 pour la France, 5 pour l’Espagne, 5 pour l’Italie).
💡 Astuce mémo
Sièges = population mais avec dégressivité : plus on est nombreux, moins on a de députés par habitant, et les petits ont un plancher (≥6).
📖 8. Accords volontaires et objectifs d’émission 1998-2003
🔑 Notions clés & Définitions
- Lobbying auprès de la Commission : Espace institutionnel où les représentants d’intérêt interagissent surtout avec des fonctionnaires, ce qui en fait un lieu d’influence central.
- Initiative législative de la Commission : Pouvoir de la Commission qui la rend stratégiquement ciblée par les groupes d’intérêt car elle lance les textes à l’origine des décisions.
- Sectorisation de l’action publique : Organisation des politiques européennes en réseaux spécialisés où se croisent acteurs publics et privés, ce qui segmente l’élaboration des décisions.
- Alliances transnationales : Stratégie de co-construction entre la Commission et des communautés économiques ou d’expertise pour renforcer l’intégration face aux États membres.
- Ouverture aux groupes d’intérêt : Habitude institutionnelle consistant à mobiliser l’expertise externe pour compenser des ressources limitées et accélérer l’élaboration des politiques.
📝 Points essentiels
- La Commission européenne est décrite comme un espace dominant d’influence, contrairement à l’image d’un lobbying surtout centré sur le Parlement.
- Les lobbyistes du patronat consacrent plus de 80% de leur temps à interagir avec des fonctionnaires de la Commission plutôt qu’avec des parlementaires.
- Le lobbying au Parlement est davantage porté par des groupes moins dotés en ressources, comme les ONG, tandis que la Commission attire des acteurs cherchant un impact plus stratégique.
- La Commission a besoin d’expertise extérieure et s’appuie sur des alliances pour avancer, ce qui favorise la sectorisation de l’action publique européenne.
- Sous Jacques Delors (années 1980), la Commission renforce des réseaux économiques transnationaux pour approfondir le marché commun et l’intégration économique.
- Le recours à l’expertise privée est aussi présenté comme une réponse au manque de moyens internes de la Commission (ressources humaines et budgets).
💡 Astuce mémo
Commission = cible stratégique car elle initie les textes; lobby = surtout fonctionnaires (80%+), donc influence discrète mais forte.
📖 9. Régulation, non-respect et effets sur le marché
🔑 Notions clés & Définitions
- Objectif de stabilité des prix : Objectif central du SEBC, visant à limiter l’inflation pour préserver la stabilité monétaire.
- Mandat hiérarchique du SEBC : Organisation des missions du SEBC où la stabilité des prix reste prioritaire, tout en permettant un soutien aux politiques économiques générales.
- Stabilité du système financier : Mission complémentaire du SEBC visant à prévenir des risques systémiques et à soutenir le fonctionnement du système financier.
- Indépendance de la BCE : Principe selon lequel la BCE agit de façon apolitique et neutre, à l’abri des influences politiques et, plus largement, d’acteurs économiques.
- Soft governance : Pilotage non hiérarchique qui oriente l’action locale via des lignes directrices et recommandations plutôt que des ordres contraignants.
📝 Points essentiels
- Le SEBC a pour objectif principal la stabilité des prix, et soutient ensuite les politiques économiques générales de l’Union pour atteindre ses objectifs globaux.
- Le SEBC contribue au contrôle prudentiel des établissements de crédit et à la stabilité du système financier, ce qui justifie des interventions en cas de crise.
- La BCE interprète la stabilité des prix comme une inflation maintenue en dessous de 2% selon l’interprétation du Conseil des gouverneurs.
- La BCE ne mène pas directement des politiques économiques, mais peut intervenir quand le soutien aux politiques économiques est en jeu pour préserver ses missions.
- La BCE dispose de trois instruments principaux : opérations d’open market, taux d’intérêt directeur, et réserve obligatoire imposée aux banques.
- Le taux d’intérêt directeur influence d’abord le marché interbancaire puis les taux proposés aux emprunteurs, et la BCE peut être une source de financement si le marché interbancaire se bloque.
💡 Astuce mémo
Stabilité d’abord, soutien ensuite : prix < 2% puis finance stable, via open market + taux + réserve.
📖 10. Objectifs initiaux de la politique agricole commune
🔑 Notions clés & Définitions
- Politique agricole commune : La politique agricole commune est le cadre de l’Union européenne qui organise le soutien à l’agriculture et l’aménagement des zones rurales.
- Soutien à l’agriculture européenne : Le soutien à l’agriculture européenne désigne l’objectif initial de la PAC de maintenir et développer la production agricole au niveau de l’Union.
- Développement rural : Le développement rural correspond à l’objectif de la PAC de soutenir les territoires ruraux en complément du soutien agricole.
- Programmation budgétaire pluriannuelle : La programmation budgétaire pluriannuelle est l’organisation du budget de l’Union sur plusieurs années, utilisée pour financer les politiques comme la PAC.
📝 Points essentiels
- La PAC vise initialement à soutenir l’agriculture européenne et à contribuer au développement des zones rurales.
- La part du budget européen consacrée à la PAC est d’environ 33% sur la programmation actuelle, contre environ 70% dans les années 1960.
- Pour 2023, la PAC représente environ 57 milliards d’euros, dont environ 9 milliards reviennent à la France.
- La PAC est financée dans le cadre d’une programmation budgétaire pluriannuelle (actuellement 2021-2027) adossée à des dépenses liées au plan Next EU Generation.
- La PAC est présentée comme la politique mobilisant la plus grande part du budget de l’Union européenne.
💡 Astuce mémo
PAC = Agriculture + Rural (le “double objectif” : produire et développer les campagnes).
📖 11. Évolution de la hiérarchie des objectifs PAC
🔑 Notions clés & Définitions
- Traité de Rome article 39 : Ensemble d’objectifs de la PAC formulés en 1957, qui servent de référence juridique aux finalités de la politique agricole commune.
- Traité de Lisbonne 2009 : Traité européen qui reprend les objectifs officiels de la PAC, montrant leur continuité malgré les réformes.
- Exceptionnalisme agricole : Cadre de pensée où l’agriculture est traitée comme un secteur à part, nécessitant une protection et un soutien spécifiques.
- Multifonctionnalité : Paradigme où l’agriculture est jugée utile à l’intérêt général via des services au-delà de la production, notamment environnementaux et territoriaux.
- Paiement direct à l’hectare : Mécanisme de la PAC qui verse des aides en fonction de la surface et de l’activité, plutôt que uniquement selon la quantité produite.
📝 Points essentiels
- La PAC a cinq objectifs officiels non hiérarchisés dans les traités, ce qui laisse la place à des priorités changeantes dans la pratique.
- Dans les premières phases, la sécurité des approvisionnements a dominé, avec une logique de stabilisation des marchés et de prix élevés aux producteurs.
- L’UE a utilisé des stocks et des interventions pour maintenir des prix, par exemple lors de surproduction sur certains marchés comme le lait.
- La surproduction a créé des problèmes budgétaires et de stocks, ce qui a conduit à réduire progressivement la garantie de prix d’achat.
- À partir des années 1990, la hiérarchie évolue vers la multifonctionnalité, en passant d’une logique protectionniste à une logique de services d’intérêt général.
- La multifonctionnalité justifie l’ouverture aux acteurs de la société civile et le passage à des paiements directs, avec intégration de normes environnementales.
💡 Astuce mémo
Traité = objectifs fixes ; Réformes = priorité changeante : sécurité des approvisionnements → puis multifonctionnalité (services + environnement) + paiement à l’hectare.
📖 12. Exceptionnalisme agricole vers multifonctionnalité
🔑 Notions clés & Définitions
- Exceptionnalisme agricole : Notion désignant l’idée que l’agriculture ferait l’objet de règles et de logiques spécifiques, distinctes des autres secteurs économiques.
- Multifonctionnalité de l’agriculture : Principe selon lequel l’agriculture produit aussi des fonctions non strictement économiques, comme l’entretien des territoires et des biens publics.
- Biens publics agricoles : Catégorie d’effets collectifs issus de l’activité agricole, dont les bénéfices dépassent le seul producteur et justifient des politiques publiques.
- Approche par fonctions : Cadre d’analyse qui évalue l’agriculture à partir de ses rôles multiples plutôt que uniquement à partir de la production et des prix.
📝 Points essentiels
- L’exceptionnalisme agricole renvoie à une logique de traitement à part, historiquement justifiée par des spécificités du secteur agricole.
- La multifonctionnalité déplace l’évaluation vers plusieurs finalités, ce qui ouvre la voie à des politiques publiques au-delà du seul soutien à la production.
- Les fonctions non marchandes de l’agriculture sont assimilées à des biens publics, ce qui légitime des interventions publiques ciblées.
- L’approche par fonctions permet de relier l’agriculture à des objectifs de territoire et de société, plutôt qu’à une lecture strictement productiviste.
💡 Astuce mémo
Exceptionnalisme = “agri à part” ; multifonctionnalité = “agri utile pour plusieurs choses” (pas seulement produire).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1951 | Traité de Paris (CECA) signé ; base empirique de l’approche néo-fonctionnaliste |
| 18 avril 1951 | Signature du Traité de Paris (CECA) pour 50 ans |
| 1965-1966 | Crise de la « chaise vide » (De Gaulle refuse de siéger au Conseil) et résolution via le Compromis du Luxembourg |
| 1968 | Union douanière réalisée en avance (abolition des restrictions quantitatives) ; 1968 lois d’origine européenne en France (1986-2007) dans l’étude d’européanisation |
| 1979 | Élection du Parlement européen au suffrage universel ; arrêt Cassis de Dijon (1979) ; début des élections européennes au suffrage universel |
| 1986 | Acte unique européen (révision du cadre CEE) ; préparation du marché intérieur |
| 1992 | Traité de Maastricht signé ; « non » danois au référendum de 1992 |
| 1993 | Entrée en vigueur du Traité de Maastricht (Union européenne) ; mise en place de la PESC |
| 1998 | Création de la BCE (mise en œuvre de la politique monétaire de la zone euro) ; création de la BCE en 1998 |
| 1999 | Entrée en vigueur du Traité d’Amsterdam (1997) ; mise en vigueur de l’euro (1999) |
📊 Tableaux de synthèse
Mécaniques d’européanisation (outputs)
| Mécanique | Logique | Exemple du cours |
|---|
| Descendante (top-down) | Contraintes/changements via normes de l’UE | Mesure du % de lois nationales inspirées par l’UE (mythe Delors des 80% remis en cause) |
| Ascendante (bottom-up) | Acteurs nationaux s’européanisent pour peser au niveau européen | Syndicats agricoles s’appuient sur des ressources pour agir à l’échelle européenne |
| Horizontale | Circulation de pratiques entre États sans intervention directe de l’UE | Benchmarking/mimétisme ; effets sur certaines lois sociales |
Hard governance vs soft governance (continuum)
| Type | Caractéristiques | Exemple du cours |
|---|
| Soft governance | Lignes directrices non contraignantes ; recommandations ; pilotage non hiérarchique | Policy monitoring ; recommandations |
| Hard governance | Décision plus contraignante (statut légal, obligation, sanctions/contrôle) | Glissement vers des règlements et mécanismes de surveillance/évaluation en environnement (harder soft governance) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre Polity, Politics et Policies : Polity = communauté/confiance, Politics = compétition/pouvoir, Policies = politiques publiques et mécanismes de décision.
- Croire que l’UE « dicte » la majorité des lois nationales : l’étude 1986-2007 montre seulement ~19% en France et un total UE souvent entre 10 et 30%.
- Mélanger européanisation descendante et ascendante : la descendante mesure l’influence de l’UE sur les États, l’ascendante décrit l’adaptation des acteurs nationaux pour peser à Bruxelles.
- Interpréter la crise de la « chaise vide » comme un simple désaccord politique sans enjeu institutionnel : elle est liée au vote à l’unanimité/majorité qualifiée et se résout par le Compromis du Luxembourg.
- Penser que la Commission « décide » toujours : dans la procédure législative ordinaire, l’initiative vient de la Commission mais la codécision implique Conseil et Parlement.
- Confondre codécision et trilogues : la codécision est la procédure de coadoption, les trilogues sont les négociations préparatoires Conseil–Parlement–Commission.
- Croire que l’expertise rend l’action forcément neutre : le cours discute la dépolitisation, les intérêts défendus et la nécessité de transparence pour encadrer l’expertise.
✅ Checklist Examen
- Définir Polity, Politics et Policies et donner pour chacun au moins un type de question de recherche (identité/confiance, pouvoir/compétition, politiques publiques/décision).
- Expliquer les trois échelles macro, méso et micro et préciser ce que recouvrent macro (nature du système), méso (institutions) et micro (sociologie des acteurs).
- Décrire les trois mécanismes d’européanisation (descendante, ascendante, horizontale) et relier chacun à une logique d’outputs (normes, transfert de travail/débat, circulation de pratiques).
- Rappeler les résultats chiffrés de l’étude (neuf États, 1986-2007) et les ordres de grandeur pour la France (1968 lois, 369 d’origine européenne, ~19%) et le maximum sectoriel (~45%).
- Présenter le statut légal de la CECA : Traité de Paris (durée 50 ans, ADN transféré), Haute autorité (décisions contraignantes), Conseil (contrôle intergouvernemental), Cour de justice CECA (litiges).
- Expliquer la méthode communautaire vs intergouvernementale et situer codécision et citoyenneté européenne dans la trajectoire institutionnelle (notamment Maastricht).
- Maîtriser la logique Lisbonne : abandon du vocabulaire constitutionnel, Charte en annexe avec valeur équivalente via l’article 6, extension de la codécision et réforme des majorités qualifiées.
- Connaître la procédure et les acteurs du contentieux : Commission surveille, démarche amiable puis action contentieuse devant la CJUE pour constater un manquement et obtenir application correcte.
- Savoir relier l’environnement à la régulation : principes (précaution, correction à la source, pollueur-payeur, environnemental mainstreaming) et limites (subsidiarité, unanimité/veto dans certains domaines).
- Expliquer la logique « harder soft governance » en environnement à partir des critères (statut légal, nature de l’obligation, dimension prescriptive, outils de vérification/sanctions) et donner l’exemple du mécanisme gaz
- Rappeler le rôle des institutions dans la codécision : initiative Commission, coadoption Conseil–Parlement, trilogues, comitologie et mise en œuvre (transposition, contrôle CJUE).
- Connaître la politique migratoire et son cadre : espace Schengen (1985/1995), Dublin (pays responsable), Frontex (surveillance/retours), et l’idée de « crise » comme cadrage sécuritaire avec débats sur quotas/solidarité.
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