📋 Plan du Cours
- Approches pour écrire l’histoire des migrations
- Flux d’exilés politiques vers la France
- Josephins et arrivée en France
- Pratiques politiques des exilés en France
- Facteurs explicatifs des migrations et exils
- Voyage transatlantique et conditions d’émigration
- Origines des migrants européens au XIXe siècle
- Réception des immigrants européens aux États-Unis
- Xénophobie et violences en France au XIXe siècle
- HCR 1951, UNRRA et OIR des réfugiés
- Xénophobie et politiques d’immigration en Grande-Bretagne
- Expulsions polonaises et antisémitisme populaire
📖 1. Approches pour écrire l’histoire des migrations
🔑 Notions clés & Définitions
- Approche lexicale : Approche consistant à analyser les mots utilisés pour désigner les personnes concernées par les migrations et les exils.
- Approche quantitative et statistique : Approche qui mesure les migrations à partir de données chiffrées sur immigrés, demandeurs d’asile et réfugiés.
- Approche juridique : Approche qui définit les statuts des personnes à partir de catégories produites par des institutions et conventions internationales.
- Approche géo-historique et cartographique : Approche qui étudie les migrations en localisant les lieux, les trajectoires et les connexions spatiales.
- Approche culturelle : Approche qui examine la représentation des migrations dans les images, les œuvres et les productions artistiques.
📝 Points essentiels
- L’histoire des migrations mobilise plusieurs disciplines et commence par clarifier les catégories de mots employées par les contemporains.
- Le lexique migratoire s’est fortement développé et renvoie souvent à des catégories juridiques et administratives.
- Les recensements en France (à partir de Napoléon) servent à dénombrer les étrangers, puis les instruments se perfectionnent.
- L’enquête Te O (Trajectoire et Origine) vise à intégrer à la mesure de l’immigration les réponses des petits enfants d’immigrés.
- L’approche statistique permet de suivre comment les Européens nomment et quantifient immigrés, asile et réfugiés.
- L’approche juridique s’appuie sur des statuts conférés ou encadrés par des institutions internationales, notamment la logique de la Convention de Genève pour le réfugié.
💡 Astuce mémo
Mots → Chiffres → Statuts → Cartes → Images (M-C-S-C-I).
📖 2. Flux d’exilés politiques vers la France
🔑 Notions clés & Définitions
- Daniel Roche : Historien qui défend l’idée de circulations européennes et corrige une vision trop sédentaire des sociétés modernes.
- Circulations dans l’Europe moderne : Ouvrage qui recense et explique les mobilités européennes pour des raisons variées, dont les mobilités liées à la guerre.
- Maréchaussée : Institution militaire de police dont les soldats, après le service, ne retournent pas tous à leur village d’origine.
- Huguenots : Protestants français dont l’exil après l’Edit de Nantes provoque une diaspora en lien constant malgré la dispersion.
- Émigration contre-révolutionnaire : Mouvement d’exil politique des opposants à la Révolution, surtout issu de la noblesse, avec des départs massifs.
📝 Points essentiels
- Daniel Roche insiste sur la fluidité des mouvements des hommes et des capitaux et sur une mobilité structurelle plutôt qu’une société immobile.
- Les armées européennes grossissent fortement au XVIIIe siècle, avec des effectifs cités : 50 000 en Espagne, 100 000 en Angleterre, 150 000 en Prusse, 200 000 en Autriche, jusqu’à 300 000 en Russie.
- Après le service, la mobilité devient une habitude : parmi les soldats de la Maréchaussée, 1/3 ne rentre pas dans son village d’origine.
- Les guerres révolutionnaires et napoléoniennes amplifient les mobilités, avec des exemples comme l’armée napoléonienne en Espagne passant de 100 000 à 350 000.
- En 1812, lors de l’assaut de la Russie, seulement 1/3 de l’armée est constitué de soldats français, le reste provenant notamment d’Italiens, de Polonais et de Suisses.
- Les prisonniers de guerre relâchés contribuent à des remises en circulation d’hommes, prolongeant des mobilités après le conflit.
💡 Astuce mémo
Guerre → armées énormes → service → habitudes de bouger → exils et retours en chaîne.
📖 3. Josephins et arrivée en France
🔑 Notions clés & Définitions
- Exode rural : Mouvement de départ des populations rurales vers les villes, qui s’intensifie au XIXe siècle et modifie les équilibres démographiques.
- Migrations temporaires : Déplacements de travail à durée limitée, souvent sectoriels, qui permettent de saisir des opportunités sans forcément s’installer durablement.
- Alphabétisation : Capacité à lire et écrire, évaluée dans certains contextes administratifs et liée à la distance parcourue par les migrants.
- Noria italienne : Schéma migratoire où des hommes partent, reviennent régulièrement, puis font venir progressivement leur famille après une phase de travail.
- Padrone : Intermédiaire dans certains recrutements italiens, organisant l’embauche et pouvant exploiter les familles via des pratiques illégales.
📝 Points essentiels
- Les migrations internes vers la capitale s’accompagnent d’un allongement des distances parcourues par les populations les plus mobiles.
- Après 1840, les carrières ascendantes deviennent plus rares, notamment à cause d’une fièvre immobilière et du recours accru à une main d’œuvre étrangère.
- Les migrants temporaires français se concentrent dans certains secteurs (chantiers, agriculture, économie de service, colportage), ce qui contribue à un exode rural plus tardif.
- En 1848, la population rurale représente 75% de la population totale, et l’exode rural est ensuite ralenti par les migrations.
- Les villages de moins de 2000 habitants sont particulièrement concernés par des micro-déplacements vers des distances de plus en plus longues.
- La capacité à signer des documents administratifs (acte de mariage, conscription) relie alphabétisation et distance parcourue par les migrants.
💡 Astuce mémo
Distance → documents → alphabétisation : plus on s’éloigne, plus on doit savoir lire/écrire pour gérer l’administratif.
📖 4. Pratiques politiques des exilés en France
🔑 Notions clés & Définitions
- Exilé politique : Personne contrainte de quitter sa patrie, souvent à cause de l’action ou de l’opposition politique.
- Réfugié politique : Personne obligée de fuir son pays en raison de ses opinions politiques et trouvant en France un lieu de refuge.
- Sociabilité politique : Forme d’engagement fondée sur la vie collective, où se construisent et circulent des idées politiques.
- Salons politiques : Espaces mondains où des exilés, surtout issus de milieux d’élite, tissent des réseaux et discutent d’idées.
- Comités philhellènes : Mouvements de soutien à la cause grecque qui inspirent des pratiques transnationales de collecte et d’engagement.
📝 Points essentiels
- La politisation des exilés en France passe par plusieurs formes d’engagement, notamment la sociabilité et les réseaux transnationaux.
- Le contrôle policier sur l’activité politique existe depuis le code pénal de 1810, ce qui rend les pratiques politiques plus surveillées.
- Sous la monarchie de Juillet, les salons (ex. salon de Lafayette) servent de lieux d’accueil et de mise en relation pour des patriotes étrangers.
- Les salons permettent aussi aux femmes d’exercer un rôle de leadership, comme le montre l’exemple de Madame Belgiojoso.
- Les banquets et toasts sont utilisés pour porter publiquement des causes, tout en restant sous surveillance policière.
- Les comités philhellènes popularisent la collecte de fonds et la mobilisation, et inspirent ensuite des comités pour d’autres causes (ex. Pologne).
💡 Astuce mémo
Sociabilité + salons + comités = politique en exil, sous surveillance.
📖 5. Facteurs explicatifs des migrations et exils
🔑 Notions clés & Définitions
- Xénophobie populaire : La xénophobie populaire est un rejet collectif de l’étranger qui s’intensifie en période de crise et vise aussi des travailleurs et des réfugiés.
- Facteur push : Le facteur push désigne les mécanismes de répulsion qui poussent à partir quand on subit discrimination, rejet ou oppression.
- Révolution des transports : La révolution des transports correspond aux innovations (notamment la vapeur) qui rendent la traversée plus rapide et favorisent les départs.
- Migration transatlantique : La migration transatlantique est le déplacement de populations entre l’Europe et les Amériques, avec des rythmes et des volumes qui varient selon les périodes.
- Nativisme américain : Le nativisme américain est une réaction politique et sociale des « natifs » contre l’immigration, en revendiquant une identité américaine exclusive.
📝 Points essentiels
- En 1848-1849, les heurts deviennent plus fréquents et la tension augmente, avec des manifestations xénophobes contre des travailleurs étrangers.
- Les slogans « à bas les étrangers » visent surtout des étrangers en général, pas uniquement les exilés politiques.
- Des récriminations portent sur les secours : un Français pauvre ne toucherait rien, et des logiques similaires apparaissent en Suisse (ex. consignation des réfugiés à Berne en septembre 1849).
- Le profil du réfugié change : la stigmatisation s’affirme davantage à partir de 1870, avec des liens possibles avec la Commune de Paris.
- Des politiques d’incitation visent à garder les « bons » et à faire partir les « encombrants », tandis qu’en Angleterre l’expulsion est relativisée par l’envoi vers New York.
- En France, l’ordre public est appliqué de façon souple : à partir de décembre 1849, une loi permet au préfet des départements frontaliers d’expulser sans passer par Paris, avec circulaires d’interprétation des modalités.
💡 Astuce mémo
Push = pression dehors (discrimination/rejet) ; exil = pression dedans (crise/tension) : quand ça repousse, on part.
📖 6. Voyage transatlantique et conditions d’émigration
🔑 Notions clés & Définitions
- Ellis Island : Ellis Island : centre de transit américain où passent de nombreux immigrants européens avant l’entrée sur le territoire.
- Immigration Act de 1882 : Immigration Act de 1882 : loi fédérale visant à empêcher l’installation de certains immigrants aux États-Unis.
- Nansen (certificat) : Certificat Nansen : document d’identité délivré aux réfugiés pour leur permettre de voyager sans garantir un droit de retour.
- Apatride : Apatride : personne privée de son lien juridique et de son passeport, ce qui rend la circulation et l’accès aux statuts beaucoup plus difficiles.
- Naturalisation américaine : Naturalisation américaine : procédure permettant d’obtenir la citoyenneté, avec des conditions liées à la naissance et à l’éligibilité des personnes blanches libres.
📝 Points essentiels
- La réception des immigrants européens s’accompagne d’une forte xénophobie dès 1840, avec des réactions vives contre certaines vagues migratoires.
- Le nativisme (parti nativiste) vise à maintenir les étrangers dehors, notamment les Irlandais catholiques, et connaît un pic dans les années 1850 avec l’émeute de Philadelphie.
- La prise en charge de l’immigration devient progressivement une compétence fédérale, avec des lois restrictives comme la Californie (1862) contre les travailleurs chinois.
- En 1882, l’Immigration Act sert à empêcher des immigrants de s’installer, et en 1891 des contrôles frontaliers sont mis en place.
- Le contrôle des entrées se fait dans les ports, avec Ellis Island comme centre de transit où certains peuvent rester 3 à 5 heures (1907 : plus d’1 million en une année).
- La naturalisation est encadrée par des règles d’éligibilité : la Constitution de 1787 efface la différence naissance/naturalisation, mais la naturalisation reste accessible aux personnes blanches libres seulement, pas “t
💡 Astuce mémo
Ellis Island = “entrée rapide” : 3–5 h, et si suspicion de maladie, quarantaine possible.
📖 7. Origines des migrants européens au XIXe siècle
🔑 Notions clés & Définitions
- Certificat Nansen : Document international lié à la protection des réfugiés, utilisé pour organiser l’aide et la reconnaissance des personnes déplacées.
- Haut-commissariat Nansen : Institution chargée de la protection des réfugiés, dissoute après la mort de Nansen en 1930.
- Office Nansen : Structure de remplacement du haut-commissariat après 1930, avec une prise en charge plus directe par la SDN.
- SDN : Organisation internationale qui encadre la reconnaissance et la gestion des statuts de réfugiés à l’entre-deux-guerres.
- Statut de réfugié international : Reconnaissance internationale du statut de réfugié, mais fondée sur l’appartenance nationale plutôt que sur la personne.
📝 Points essentiels
- Le certif Nansen ne s’applique pas à certains réfugiés politiques, notamment les Italiens antifascistes après l’arrivée de Mussolini.
- La SDN cherche à reconnaître des statuts de réfugiés et propose un système qui pérenniserait l’arrangement de 1928.
- Les mesures d’expulsion ne peuvent pas être mises en œuvre si les personnes n’ont pas de visa pour un autre pays.
- Seuls 11 États membres ratifient cet arrangement, et la France le ratifie.
- Après la mort de Nansen en 1930, le haut-commissariat est dissous et remplacé par l’office Nansen, tandis que la SDN prend en charge l’aide juridique, ce qui ralentit certaines actions.
- La protection internationale des réfugiés reste un embryon, mais elle internationalise le statut avec des limites liées à la nationalité plutôt qu’à l’individu.
💡 Astuce mémo
Nansen = papier de protection; 1930 = mort → office; SDN = cadre qui ralentit.
📖 8. Réception des immigrants européens aux États-Unis
🔑 Notions clés & Définitions
- Displaced Persons : Les Displaced Persons désignent les personnes déplacées après la Seconde Guerre mondiale, prises en charge par les États-Unis plutôt que par un retour immédiat.
- Politique de germanisation forcée : La politique de germanisation forcée est une politique menée dans les territoires conquis visant à imposer l’identité allemande aux populations déplacées.
- Conférence de Yalta : La conférence de Yalta est un sommet de 1945 qui fixe des accords, notamment sur le rapatriement des prisonniers et le principe du retour.
- UNRRA : L’UNRRA est une organisation créée pour organiser l’aide et la réhabilitation des populations déplacées après la guerre, avec un commandement militaire dirigé par les États-Unis.
- OIR : L’OIR est l’organisation internationale des réfugiés chargée de placer les personnes déplacées dans des refuges et points d’accueil plutôt que de les rapatrier.
📝 Points essentiels
- En 1945, la germanisation forcée dans les territoires conquis entraîne plus de 4 millions de personnes déplacées et des expulsions rapides, avec des violences notamment en région des Sudètes.
- En 1945, environ 800 000 Allemands sont expulsés, et le printemps 45 est marqué par des déplacements massifs et des infrastructures largement inopérantes.
- Après Yalta (avril 45), un principe domine : chacun doit rentrer chez soi et les politiques de germanisation doivent être terminées.
- Aux États-Unis, les personnes déplacées sont appelées Displaced Persons (DP), et certains refusent le retour par peur d’être accusés de trahison ou d’être emprisonnés/jugés.
- En été 45, le rapatriement est massif mais une partie refuse encore de rentrer, ce qui transforme la question en enjeu international et alimente les tensions alliées vers 1946.
- L’UNRRA (1943-1947) organise le rapatriement sans enfermer, avec des camps de déplacés et une prise en charge humanitaire (formations, scolarisation, sport).
💡 Astuce mémo
DP = « retour refusé » : après 45, certains ne veulent pas rentrer et deviennent un problème international.
📖 9. Xénophobie et violences en France au XIXe siècle
🔑 Notions clés & Définitions
- Xénophobie : La xénophobie désigne la peur ou le rejet d’étrangers, pouvant nourrir des discriminations et des violences.
- Antisémitisme populaire : L’antisémitisme populaire est une hostilité envers les Juifs portée par des milieux populaires, mêlant explications religieuses et politiques.
- Antijudaïsme : L’antijudaïsme est une forme d’hostilité d’inspiration catholique centrée sur la dimension religieuse des Juifs.
- Antisémitisme politique : L’antisémitisme politique attribue aux Juifs un rôle d’instigateurs dans la révolution et une influence sur le capitalisme.
📝 Points essentiels
- Le cours distingue l’antijudaïsme (religieux, d’inspiration catholique) de l’antisémitisme populaire, qui ajoute une lecture politique des Juifs.
- L’antisémitisme populaire présente les Juifs comme manœuvrant la révolution et comme liés au fonctionnement du capitalisme.
- Gustave Le Bon théorise une inégalité intellectuelle entre les « races », idée mobilisée dans des discours antisémites.
- Édouard Drumont défend l’antisémitisme populaire et s’appuie sur des récits de migrations juives et de persécutions.
- La grande migration juive de l’Est vers l’Ouest alimente les discours hostiles, avec des exemples de flux vers des villes comme Brody.
- Le massacre de Kichinev (1903) est cité comme événement marquant dans la montée des violences et de la haine antijuive.
💡 Astuce mémo
Antijudaïsme = religion ; Antisémitisme populaire = religion + politique (révolution + capitalisme).
📖 10. HCR 1951, UNRRA et OIR des réfugiés
🔑 Notions clés & Définitions
- HCR 1951 : Organisation internationale créée en 1951 pour protéger les réfugiés et coordonner des solutions durables.
- UNRRA : Organisation des Nations Unies chargée d’aider les populations déplacées et sinistrées après la Seconde Guerre mondiale.
- OIR des réfugiés : Institution internationale d’après-guerre dédiée à l’organisation de l’accueil et du déplacement des réfugiés.
- Exode de 1940 : Déplacement massif de civils en France lors de la débâcle de mai-juin 1940, souvent sans destination fixée.
📝 Points essentiels
- La Seconde Guerre mondiale produit des déplacements de masse, déjà en crise avant 1939, et l’éclatement du conflit amplifie les flux.
- Quatre catégories de personnes contraintes au déplacement sont distinguées : exilés persécutés, travailleurs de force, déportés vers camps d’extermination, et personnes déplacées immédiatement après-guerre.
- En Pologne, l’invasion de septembre 1939 s’accompagne d’environ 300 000 fuyards, dont environ 200 000 juifs, avec des départs vers Roumanie, Hongrie, Balkans, France et Grande-Bretagne.
- En France, une politique d’évacuation est mise en place avant l’offensive, avec environ 350 000 personnes du nord vers le sud ou l’ouest, puis des ordres d’évacuation généralisés à partir de mai 1940.
- L’Exode (mai-juin 1940) concerne entre 6 et 8 millions de personnes quittant le nord, l’est et la région parisienne, représentant environ 1/5 de la population française de l’époque.
- Parmi l’Exode, environ 90 000 enfants sont perdus, et des sources comme des dessins d’enfants permettent d’accéder à leur expérience.
💡 Astuce mémo
HCR-UNRRA-OIR = « après-guerre, on organise et on protège » : HCR pour la protection, UNRRA pour l’aide, OIR pour l’organisation des réfugiés.
📖 11. Xénophobie et politiques d’immigration en Grande-Bretagne
🔑 Notions clés & Définitions
- Commonwealth : Le Commonwealth désigne un ensemble de pays liés par des liens historiques, dont les ressortissants peuvent migrer plus facilement vers le Royaume-Uni.
- Pieds-noirs : Les pieds-noirs sont les Européens installés en Algérie, dont une partie se retrouve en exil lors de la guerre d’Algérie.
- Harkis : Les harkis sont des groupes liés à l’armée ou aux structures coloniales françaises en Algérie, concernés par un exil après la guerre.
- Décolonisation : La décolonisation correspond à la fin des empires coloniaux, qui entraîne des déplacements contraints et des flux migratoires vers l’Europe.
📝 Points essentiels
- Après 1945, la question des déplacements de populations reste conflictuelle entre Alliés, car beaucoup de personnes refusent le rapatriement et deviennent un problème politique.
- Les DP (displaced persons) sont des personnes déplacées qui peuvent refuser de rentrer chez elles par crainte d’être accusées de trahison, emprisonnées ou exécutées.
- La Convention de Genève encadre la définition du réfugié avec une logique centrée sur la persécution individuelle et une borne temporelle et géographique au départ.
- En 1967, la Convention de Bellagio (à New York) fait sauter la limite temporelle et géographique de la Convention de Genève.
- La décolonisation produit des flux d’exil du Sud vers le Nord, en particulier vers l’ancienne métropole britannique, avec une migration facilitée par le statut de citoyens du Commonwealth.
- La partition de 1947 (Inde/Pakistan) s’accompagne de massacres et de déplacements massifs, estimés à 14,5 millions de personnes déplacées sous la contrainte, avec un refuge notamment au Pendjab.
💡 Astuce mémo
Commonwealth = “passeport de lien” vers l’ancienne métropole ; Décolonisation = “fin d’empire → exils Sud→Nord”.
📖 12. Expulsions polonaises et antisémitisme populaire
🔑 Notions clés & Définitions
- Expulsions polonaises : Événements d’exclusion visant des populations considérées indésirables, entraînant des départs forcés et des ruptures de vie.
- Antisémitisme populaire : Hostilité envers les Juifs portée par des acteurs ordinaires, qui peut s’exprimer par des violences ou des discriminations.
- Rapatriés (harkis) : Catégorie administrative française utilisée pour des personnes musulmanes contraintes de quitter l’Algérie, sans être juridiquement assimilées à des réfugiés.
- Camps de Rivesaltes : Lieu de détention utilisé par l’administration française pour des populations considérées comme à risque après la guerre d’Algérie.
- Laissez-passer : Titre de voyage provisoire permettant de franchir des frontières, servant de filtre avant l’accès au territoire.
📝 Points essentiels
- Les expulsions polonaises s’inscrivent dans des logiques d’exclusion qui provoquent des déplacements forcés et une précarisation des personnes visées.
- L’antisémitisme populaire peut alimenter des persécutions en créant un climat social favorable aux discriminations et aux violences.
- Après 1954-1962 (guerre d’Algérie), des populations musulmanes liées aux harkis vivent un arrachement présenté par l’administration comme un rapatriement plutôt qu’un statut de réfugié.
- L’administration hésite à nommer « rapatriés musulmans » et place ces personnes dans des camps, dont Rivesaltes.
- À Rivesaltes, des groupes se succèdent (d’abord des Espagnols puis des Juifs), et une partie des détenus est liée à des transferts durant la Seconde Guerre mondiale.
- Le texte relie aussi l’existence de Rivesaltes à des transferts vers les « camps de la mort » pendant la WWII, avec environ 20 000 harkis, soit environ 1/4 des effectifs mentionnés.
💡 Astuce mémo
Exclusion = départ forcé ; antisémitisme = climat social ; « rapatrié » = statut administratif qui masque une logique de contrainte (camps).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| mai-juin 1940 | Exode (déplacement massif de civils quittant le nord, l’est et la région parisienne) |
| 1830-48 | Monarchie de Juillet : grandes vagues d’exilés politiques vers la France |
| 1951 | Création du HCR et adoption de la Convention de Genève (définition du réfugié) |
| 1967 | Protocole de Bellagio : suppression des limites temporelles et géographiques de la Convention de Genève |
| 1930 | Mort de Nansen : dissolution du haut-commissariat et remplacement par l’office Nansen |
📊 Tableaux de synthèse
Approches pour écrire l’histoire des migrations
| Approche | Ce qu’elle étudie | Exemple de résultat |
|---|
| lexicale | les mots pour désigner migrants/exilés | inflation du lexique migratoire renvoyant à des catégories juridiques/administratives |
| quantitative et statistique | les flux via données chiffrées | recensements en France (à partir de Napoléon) et enquête Te O |
| juridique | les statuts produits par institutions/conventions | logique de la Convention de Genève pour le réfugié |
| géo-historique et cartographique | lieux, trajectoires, connexions spatiales | localiser les mobilités et leurs connexions |
| culturelle | représentations des migrations | lithographie, photographie, iconographie ; artistes ayant connu la migration |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre migrant et réfugié : dans le cours, tous les réfugiés sont des migrants, mais tous les migrants ne sont pas des réfugiés.
- Croire que la Convention de Genève garantit un droit d’asile : elle garantit surtout le principe de non-refoulement, pas un droit automatique d’asile.
- Mélanger exil et immigration : l’exil est une migration sous contrainte (vivre hors du pays d’origine), alors que l’immigration renvoie à un cadre plus administratif.
- Prendre l’apatridie pour une simple absence de passeport : le cours insiste sur la perte du lien juridique et la difficulté d’accès aux statuts.
- Oublier que le statut de réfugié a évolué : avant 1951, puis après 1967 (suppression des bornes), et la logique peut rester centrée sur la nationalité.
- Confondre évacuation et réfugiés pendant l’Exode de 1940 : l’évacuation est une décision ciblée, les réfugiés partent sous contrainte mais avec un choix.
- Réduire la xénophobie à la crise économique : le cours insiste aussi sur la médiatisation, les différences juridiques et les discours pseudo scientifiques.
✅ Checklist Examen
- Définir l’approche lexicale et expliquer pourquoi l’inflation du lexique migratoire renvoie à des catégories juridiques/administratives.
- Définir l’approche quantitative et statistique, citer le rôle des recensements en France (à partir de Napoléon) et l’objectif de l’enquête Te O.
- Définir l’approche juridique et relier la notion de réfugié à la logique de la Convention de Genève.
- Décrire l’approche géo-historique et cartographique (localiser, trajectoires, connexions spatiales) et l’approche culturelle (représenter les migrations).
- Expliquer comment Daniel Roche défend la fluidité des circulations (hommes/capitaux) et donner au moins un ordre de grandeur d’effectifs militaires cités.
- Relier la mobilité à la guerre révolutionnaire/napoléonienne (ex. armée napoléonienne en Espagne) et rappeler l’idée de remises en circulation via prisonniers relâchés.
- Décrire les migrations internes au XIXe (capitale, allongement des distances) et relier alphabétisation à la distance et aux documents administratifs.
- Expliquer le rôle des migrations temporaires dans le calendrier de l’exode rural (secteurs concernés, ralentissement de l’exode) et rappeler le repère 1848 (75% population rurale).
- Définir exilé politique et réfugié politique, puis décrire les pratiques politiques en exil : sociabilité, salons, banquets/toasts, comités philhellènes.
- Expliquer le contrôle policier de l’activité politique (code pénal de 1810) et donner un exemple de salon (salon de Lafayette) et de rôle des femmes (Madame Belgiojoso).
- Présenter les facteurs explicatifs : xénophobie populaire, facteur push, révolution des transports, migration transatlantique, nativisme américain.
- Décrire le voyage transatlantique et les conditions d’émigration : Ellis Island (durée 3–5 h), Immigration Act de 1882, contrôles frontaliers (1891) et quarantaine possible.
- Expliquer l’évolution des origines européennes au XIXe (Nord/Ouest puis Sud/Est) et donner au moins un exemple de groupe (Irlandais, Italiens, Polonais).
- Décrire la réception aux États-Unis : nativisme (pic années 1850, émeute de Philadelphie) et prise en charge progressive par l’État fédéral (Californie 1862, Immigration Act 1882).
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