📋 Plan du Cours
- Définition de l’iatrogénie et iatrogénie médicamenteuse
- Iatrogénie médicamenteuse : causes et mécanismes
- Erreur médicamenteuse : définition et étapes concernées
- Sécurisation de l’administration : règle des 5B
- Pharmacovigilance : surveillance, acteurs et signalement
- Définition de la toxicologie et notions toxiques
- Types de toxicité et effets selon le toxique
- Toxicocinétique et toxicovigilance
- Toxicologie hospitalière : étiologies et complications
- Prise en charge d’une intoxication : urgence et traitements
- Intoxications cliniques : salicylés et paracétamol
- Intoxications cliniques : benzodiazépines, éthanol, méthanol
📖 1. Définition de l’iatrogénie et iatrogénie médicamenteuse
🔑 Notions clés & Définitions
- Iatrogénie : L’iatrogénie désigne un dommage ou un événement provoqué par une origine médicale, même sans erreur du médecin ou d’un autre soignant.
- Iatrogénie médicamenteuse : L’iatrogénie médicamenteuse correspond à un dommage ou un événement lié à l’utilisation d’un médicament ou à une intervention d’un professionnel de santé concernant ce médicament.
- Effet indésirable : Un effet indésirable est une conséquence non souhaitée survenant lors de l’usage d’un médicament, sans que cela implique forcément une faute.
- Erreur médicamenteuse : Une erreur médicamenteuse est un écart dans la prise en charge médicamenteuse du patient par rapport à ce qui aurait dû être fait.
- Troubles survenant : Les troubles survenant regroupent des manifestations cliniques apparaissant pendant la prise en charge médicamenteuse, pouvant être imprévisibles ou liées à un mauvais usage.
📝 Points essentiels
- L’iatrogénie vient des racines grecques iatros (médecin) et genos (origine), soit « ce qui est provoqué par le médecin ».
- L’iatrogénie peut exister même en l’absence d’erreur du médecin ou d’autres professionnels de santé.
- L’iatrogénie médicamenteuse inclut les dommages liés à l’utilisation du médicament et aussi ceux liés à l’intervention d’un soignant relative au médicament.
- Environ 100 000 hospitalisations par an sont attribuées à l’iatrogénie médicamenteuse, avec 10 000 à 13 000 décès par an (chiffre sous-estimé).
- Les causes citées sont : effet indésirable, erreur médicamenteuse, et troubles survenant, avec une distinction entre imprévisible/inévitable et évitable selon le mauvais usage.
- Les origines possibles sont : le médecin ou un autre soignant (IDE, pharmacien, …) pour l’erreur médicamenteuse, ou le malade lui-même (physiologie, automédication, mauvaise observance, …).
💡 Astuce mémo
Iatro = « origine médicale » : iatrogénie = dommage sans faute ; iatrogénie médicamenteuse = dommage lié au médicament ou à l’acte du soignant autour du médicament.
📖 2. Iatrogénie médicamenteuse : causes et mécanismes
🔑 Notions clés & Définitions
- Erreur médicamenteuse : L’erreur médicamenteuse est un écart par rapport à ce qui aurait dû être fait lors de la prise en charge médicamenteuse, pouvant entraîner un risque ou un événement indésirable.
- Évitabilité de l’erreur médicamenteuse : L’erreur médicamenteuse est considérée comme évitable car elle correspond à ce qui aurait dû être réalisé mais ne l’a pas été pendant la prise en charge.
- Prise en charge médicamenteuse : La prise en charge médicamenteuse regroupe les étapes où une erreur peut survenir, de la prescription jusqu’à l’administration au patient.
- Règle des 5B : La règle des 5B est une méthode de sécurisation de l’administration visant à vérifier successivement le bon patient, le bon médicament, la bonne dose, la bonne voie et le bon moment.
- Pharmacovigilance : La pharmacovigilance est un dispositif centré sur la surveillance et la prévention du risque d’effet indésirable lié aux médicaments et autres produits de santé.
📝 Points essentiels
- Une erreur médicamenteuse peut être une omission ou une réalisation non intentionnelle d’un acte relatif à un médicament.
- Les étapes concernées par l’erreur médicamenteuse sont la prescription, la préparation, la délivrance et l’administration des médicaments.
- La définition insiste sur le fait que l’erreur correspond à ce qui aurait dû être fait au cours de la prise en charge.
- La règle des 5B (HAS 2011) sert à sécuriser l’administration médicamenteuse.
- Le bon patient inclut notamment la vérification de l’identité et la vigilance vis-à-vis des homonymes et des informations patient.
- Le bon médicament s’appuie sur des contrôles comme l’étiquetage et la cohérence avec la prescription.
💡 Astuce mémo
5B = Patient, Médicament, Dose, Voie, Moment (HAS 2011).
📖 3. Erreur médicamenteuse : définition et étapes concernées
🔑 Notions clés & Définitions
- Erreur médicamenteuse : Erreur médicamenteuse : tout écart dans le circuit du médicament pouvant entraîner un risque d’effet indésirable lié à l’utilisation d’un médicament ou d’un produit de santé.
- Surveillance : Surveillance : étape de suivi visant à repérer précocement un effet indésirable ou un problème lié à l’administration d’un médicament.
- Évaluation : Évaluation : analyse des informations recueillies pour juger la nature, la gravité et l’imputabilité d’un effet indésirable.
- Prévention : Prévention : ensemble d’actions destinées à réduire la probabilité d’erreur et donc de iatrogénie médicamenteuse.
- Gestion : Gestion : organisation de la réponse après détection d’un risque ou d’un événement lié au médicament, pour limiter ses conséquences.
📝 Points essentiels
- La iatrogénie médicamenteuse se limite en agissant sur le risque d’effet indésirable lié à l’utilisation des médicaments et autres produits de santé.
- Le circuit de réduction du risque comprend des étapes de surveillance, d’évaluation, de prévention et de gestion.
- La surveillance sert à détecter un effet indésirable résultant de l’utilisation d’un médicament ou produit de santé.
- L’évaluation permet de déterminer ce qui s’est passé et d’apprécier l’impact de l’événement pour orienter la suite.
- La prévention vise à empêcher la répétition d’erreurs et à diminuer la survenue d’effets indésirables.
- La gestion correspond aux actions mises en œuvre pour limiter les conséquences après identification d’un problème lié au médicament.
💡 Astuce mémo
S-E-P-G : Surveiller → Évaluer → Prévenir → Gérer (pour réduire l’iatrogénie).
📖 4. Sécurisation de l’administration : règle des 5B
🔑 Notions clés & Définitions
- Dose : La dose correspond à la quantité administrée qui conditionne l’apparition d’un effet, notamment toxique.
- Toxique : Un toxique est une substance capable de perturber les fonctions vitales à la suite d’une exposition, avec risque de mort.
- Toxicité : La toxicité regroupe l’ensemble des effets nocifs produits par un xénobiotique réactif dans des conditions précises.
- Toxicité aiguë : La toxicité aiguë correspond à un effet apparaissant après une dose unique ou plusieurs doses sur une période de 24 h.
- Organe cible : L’organe cible est celui qui présente la plus grande sensibilité à un toxique donné.
📝 Points essentiels
- La relation dose–effet suit l’idée « tout est poison, rien n’est poison : c’est la dose qui fait le poison ».
- Un toxique peut agir après une exposition immédiate ou après une latence avant l’apparition des perturbations.
- La toxicité subaiguë correspond à une exposition sur plusieurs semaines, avec une fenêtre de 24 h à 28 jours.
- La toxicité chronique correspond à de faibles doses répétées, non létales, sur plusieurs mois ou années, avec une durée > 1 mois.
- Les effets peuvent être classés selon leur délai (immédiat ou retardé) et selon leur caractère (réversible ou irréversible).
- Les effets peuvent aussi être classés selon la localisation (local ou systémique) et selon la nature (morphologique, fonctionnel ou biochimique).
💡 Astuce mémo
Dose = poison : « 5B » = Baisse/hausse de dose → effet (thérapeutique vs toxique) ; Aiguë 24 h, Subaiguë 24 h–28 j, Chronique > 1 mois.
📖 5. Pharmacovigilance : surveillance, acteurs et signalement
🔑 Notions clés & Définitions
- Pharmacovigilance : La pharmacovigilance est la surveillance des effets indésirables liés aux médicaments chez l’Homme afin d’orienter des actions de prévention et d’alerte.
- Toxicovigilance : La toxicovigilance est la surveillance des effets toxiques chez l’Homme pour un produit, une substance ou une pollution, afin de déclencher des actions de prévention et d’information.
- Centres antipoison et de toxicovigilance : Les CAPTV sont des centres hospitaliers régionaux organisés en réseau national, chargés d’évaluer le risque et de fournir des avis et conseils en toxicologie.
- Institut de veille sanitaire : L’Institut de veille sanitaire assure la coordination nationale du réseau de toxicovigilance.
- ANSM : L’ANSM coordonne la pharmacovigilance, distincte de la toxicovigilance.
📝 Points essentiels
- Les intoxications médicamenteuses relèvent de la pharmacovigilance.
- La toxicovigilance vise la surveillance d’un produit, d’une substance ou d’une pollution pour mener des actions d’alerte, de prévention, de formation et d’information.
- Les CAPTV évaluent le risque des expositions toxiques et donnent des avis et conseils pour le diagnostic, le pronostic et le traitement.
- La coordination nationale de la toxicovigilance est assurée par l’Institut de veille sanitaire (InVS).
- La pharmacovigilance est coordonnée par l’ANSM, ce qui la distingue de la toxicovigilance.
- Le cadre légal mentionne l’article R. 1341-11 du CSP pour la toxicovigilance.
💡 Astuce mémo
CAPTV = Centre d’Avis Pour Diagnostic/Pronostic/Traitement ; InVS coordonne la toxicovigilance ; ANSM coordonne la pharmacovigilance.
📖 6. Définition de la toxicologie et notions toxiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Toxicologie : La toxicologie étudie les effets des substances toxiques sur l’organisme et l’évaluation du risque lié aux expositions.
- Toxicovigilance : La toxicovigilance organise la surveillance et l’expertise des intoxications, avec réponse, conseils et activités de toxicologie médicale.
- Pharmacovigilance : La pharmacovigilance surveille la sécurité des médicaments et est coordonnée par l’ANSM.
- CAPTV : Les CAPTV sont des centres spécialisés qui assurent en pratique la réponse téléphonique et l’expertise toxicologique en cas d’intoxication.
📝 Points essentiels
- La toxicologie couvre l’évaluation du risque des expositions toxiques et vise à guider diagnostic, pronostic et traitement.
- La toxicovigilance est assurée par l’InVS au niveau national, ce qui la distingue de la pharmacovigilance.
- Les CAPTV assurent une réponse téléphonique d’urgence 24h/24 et 7j/7 pour le public et les professionnels de santé.
- Les CAPTV réalisent aussi l’expertise toxicologique, la consultation en toxicologie médicale, ainsi que l’enseignement et la recherche.
- Les intoxications aiguës et chroniques peuvent être dues à tout produit ou substance, avec des prises en charge hospitalières fréquentes.
💡 Astuce mémo
Toxi = CAPTV + 24/7 : conseils, crise, consultation (et recherche).
📖 7. Types de toxicité et effets selon le toxique
🔑 Notions clés & Définitions
- Toxicité cardiovasculaire : La toxicité cardiovasculaire regroupe les atteintes du cœur et de la circulation, souvent responsables de troubles du rythme et de collapsus.
- Toxicité neurologique : La toxicité neurologique correspond aux effets sur le système nerveux, tels que convulsions, mouvements anormaux et coma.
- Toxicité respiratoire : La toxicité respiratoire regroupe les atteintes des voies aériennes et du poumon, pouvant aller jusqu’à la détresse respiratoire.
- Toxicité hépatique : La toxicité hépatique correspond aux atteintes du foie, avec un risque d’insuffisance hépatocellulaire selon le toxique.
📝 Points essentiels
- Les intoxications les plus dangereuses incluent des formes cardiovasculaires (mortalité ~15–20%).
- Les toxiques cardiotropes et psychotropes, ainsi que la chloroquine, sont cités parmi les causes d’intoxications cardiovasculaires graves.
- Les intoxications neurologiques graves sont associées notamment aux anticonvulsivants, aux barbituriques et à la chloroquine.
- Les intoxications respiratoires graves sont associées notamment aux barbituriques et aux morphiniques.
- Les intoxications peuvent aussi être hépatotoxiques, avec un exemple majeur : le paracétamol.
- Les complications respiratoires comprennent obstruction des voies aériennes, pneumopathie d’inhalation, détresse respiratoire et toxicité broncho-pulmonaire directe.
💡 Astuce mémo
Cardio–Neuro–Respiratoire–Foie : pense aux 4 grands organes cibles, puis associe les toxiques cités (chloroquine, barbituriques, morphiniques, paracétamol).
📖 8. Toxicocinétique et toxicovigilance
🔑 Notions clés & Définitions
- Toxidromes : Les toxidromes sont des ensembles de signes cliniques qui orientent vers une classe de toxique.
- Toxicologie analytique : La toxicologie analytique regroupe les méthodes qualitatives et quantitatives pour identifier et mesurer un toxique dans les prélèvements.
- Toxicocinétique : La toxicocinétique décrit le devenir d’un toxique dans l’organisme, de l’absorption à l’élimination, pour guider la prise en charge.
- Toxicovigilance : La toxicovigilance organise la surveillance et l’exploitation des données d’intoxication afin d’améliorer la prévention et la gestion des risques.
📝 Points essentiels
- Le raisonnement commence par l’identification d’un toxidrome, puis par des analyses biologiques et une toxicologie analytique qualitative et quantitative.
- En urgence, on extrait le patient de la zone contaminée si c’est possible et sans danger pour le soignant.
- On ne fait pas vomir et on ne fait pas boire au patient, notamment pas de lait.
- On appelle le 15 et le centre antipoison le plus vite possible.
- La prise en charge hospitalière combine évaluation des fonctions vitales, traitement symptomatique d’urgence, évacuation du toxique et traitement spécifique si indiqué.
- Le traitement symptomatique d’urgence cible les 3 fonctions vitales : ECG/arythmies/arrêt cardiaque, détresse respiratoire, état de conscience (score de Glasgow), coma et convulsions, puis correction du refroidissement,
💡 Astuce mémo
Toxi = Signes (toxidrome) → Mesures (analyses) → Sécurité (sortir sans risque) → Urgence (15 + centre antipoison) → Vitales (ABC) → Évacuer/Antidote.
📖 9. Toxicologie hospitalière : étiologies et complications
🔑 Notions clés & Définitions
- Antidote : Un antidote est une substance qui modifie la cinétique d’un toxique pour réduire ses effets chez le patient.
- Modification toxicocinétique : Une modification toxicocinétique correspond à un antidote qui agit sur l’absorption, la distribution, le métabolisme ou l’élimination du toxique.
- Modification toxicodynamique : Une modification toxicodynamique correspond à un antidote qui agit sur la cible ou le mécanisme d’action du toxique.
- Intoxication aux benzodiazépines : Une intoxication aux benzodiazépines est une intoxication liée à ces médicaments, pouvant nécessiter un antidote spécifique.
- Intoxication au paracétamol : Une intoxication au paracétamol est un surdosage de paracétamol, situation fréquente et à risque de complications graves.
📝 Points essentiels
- Les antidotes se classent en deux familles : ceux qui modifient la toxicocinétique et ceux qui modifient la toxicodynamique.
- Flumazénil est l’antidote des intoxications aux benzodiazépines.
- Naloxone est l’antidote des intoxications par les opioïdes.
- N-acétylcystéine est l’antidote des intoxications au paracétamol.
- Atropine est l’antidote des intoxications par les inhibiteurs de cholinestérases (organophosphorés).
- Vitamine K est l’antidote des intoxications par les AVK.
💡 Astuce mémo
Antidotes = cible : Benzodiazépines→Flumazénil, Opioïdes→Naloxone, Paracétamol→N-acétylcystéine, Organophosphorés→Atropine.
📖 10. Prise en charge d’une intoxication : urgence et traitements
🔑 Notions clés & Définitions
- Alcalinisation des urines : Technique d’augmentation du pH urinaire pour favoriser l’élimination de certaines substances selon leur ionisation.
- Charbon actif : Adsorbant utilisé comme évacuateur pour limiter l’absorption digestive d’un toxique ingéré.
- N-acétylcystéine : Antidote du surdosage au paracétamol qui apporte un précurseur du glutathion hépatique.
- Flumazénil : Antidote antagoniste des sites de fixation des benzodiazépines.
📝 Points essentiels
- Paracétamol : beaucoup d’accidents de surdosage chez l’adulte car de nombreuses spécialités en contiennent.
- Paracétamol : symptômes à partir de >125–150 mg/kg chez l’adulte (risque létal >10 g) et >100 mg/kg chez l’enfant.
- Paracétamol : phase I (0,5–24 h) avec douleurs abdominales, nausées, vomissements, somnolence, parfois asymptomatique, et hausse des ASAT/ALAT à 12–48 h après surdosage massif.
- Paracétamol : phase II (24–48 h) avec récupération apparente puis douleur de l’hypochondre droit et signes biologiques de cytolyse hépatique.
- Paracétamol : phase III (3–5 jours) avec cytolyse hépatique grave, encéphalopathie (astérixis, troubles de la conscience), hypoglycémie et troubles de la coagulation, avec formes fulminantes possibles.
- Paracétamol : traitement symptomatique par glucose et furosémide, évacuateur par charbon actif dans les 2 h, et antidote par N-acétylcystéine (précurseur du glutathion).
💡 Astuce mémo
Paracétamol = « 3 phases » : 0,5–24 h (digestif/ASAT), 24–48 h (douleur + cytolyse), 3–5 j (foie grave + encéphalopathie).
📖 11. Intoxications cliniques : salicylés et paracétamol
🔑 Notions clés & Définitions
- Hypotonie musculaire : Manifestation clinique d’une intoxication avec atteinte du système nerveux central se traduisant par une baisse du tonus musculaire.
- Somnolence : Trouble de vigilance pouvant aller jusqu’au coma lors d’une intoxication sévère avec retentissement central.
- Insuffisance respiratoire : Complication létale possible d’une intoxication sévère, responsable du décès par défaillance de la ventilation.
- Charbon actif : Évacuateur utilisé pour limiter l’absorption digestive de toxiques en se liant dans le tube digestif.
- Lavage gastrique : Évacuateur consistant à retirer le contenu gastrique pour réduire l’absorption d’un toxique après ingestion.
📝 Points essentiels
- Le tableau neurologique peut associer hypotonie musculaire et somnolence, pouvant évoluer vers un coma.
- Le décès est lié à une insuffisance respiratoire.
- Le traitement est d’abord symptomatique avec intubation en cas de détresse respiratoire.
- L’évacuation digestive repose sur le charbon actif ou le lavage gastrique selon la situation d’ingestion.
- L’antidote mentionné est le flumazénil, antagoniste des sites de fixation des BZD.
💡 Astuce mémo
Hypotonie + Somnolence → Coma ; puis Respiration qui lâche → Décès ; antidote : Flumazénil (BZD).
📖 12. Intoxications cliniques : benzodiazépines, éthanol, méthanol
🔑 Notions clés & Définitions
- Benzodiazépines : Médicaments psychotropes pouvant provoquer une intoxication avec troubles neurologiques, agitation et défaillance respiratoire selon la sévérité.
- Éthanol : Alcool dont l’administration peut servir d’antidote en intoxication par alcool toxique via la compétition métabolique.
- Méthanol : Alcool dont le métabolisme produit des composés acides responsables d’une acidose métabolique et de signes cliniques marqués.
- Acidose métabolique : Déséquilibre acido-basique caractérisé par une baisse du pH liée à l’accumulation de métabolites acides.
- Hémodialyse : Technique d’épuration extracorporelle utilisée dans les intoxications graves pour éliminer des toxiques et corriger l’état clinique.
📝 Points essentiels
- Intoxication aux benzodiazépines : phase d’état avec ivresse marquée, agitation, contractions musculaires et défaillance respiratoire possibles.
- Intoxication aux benzodiazépines : phase d’état associée à hypotension, tachycardie, troubles oculaires caractéristiques et acidose métabolique.
- Intoxication aux benzodiazépines : phase d’état avec protéinurie, hématurie, hyperglycémie et hyperlactacidémie.
- Traitement des intoxications décrites : correction de l’acidose métabolique comme prise en charge symptomatique.
- Traitement : lavage gastrique comme évacuateur et hémodialyse comme épurateur dans les cas graves.
- Antidote en intoxication par alcool toxique : éthanol ou 4-fomépizole.
💡 Astuce mémo
Méthanol = Métabolites acides → Acidose ; Antidote = Éthanol ou 4-fomépizole ; Grave = Hémodialyse.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1er septembre 2023 | Début de la période de cours (IFSI S5 - 2023/2024) |
| 2023/2024 | Année de formation indiquée pour le cours |
| HAS 2011 | Référence de la règle des 5B |
| 29/12/2011 | Loi mentionnée : « Tout le monde ! » peut signaler en pharmacovigilance |
| 24h/24, 7j/7 | Permanence des CAPTV (réponse téléphonique d’urgence) |
| R. 1341-11 | Article du CSP mentionné pour la toxicovigilance |
📊 Tableaux de synthèse
5B : sécurisation de l’administration
| B | Vérification |
|---|
| 1 | Bon patient (identité, attention patient porte/fenêtre, homonymes, …) |
| 2 | Bon médicament (étiquetage, prescription, …) |
| 3 | Bonne dose (calcul de dose, posologie, …) |
| 4 | Bonne voie (IV, SC, IM, PO, …) |
| 5 | Bon moment (heure de prise, protocole en cours, transmission de relève, …) |
Types de toxicité selon le délai
| Type | Délai |
|---|
| Aiguë | Après une dose unique ou plusieurs doses durant 24h |
| Subaiguë | Exposition pendant plusieurs semaines (24h à 28j) |
| Chronique | Faibles doses répétées, non létales, sur plusieurs mois ou années (> 1 mois) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre iatrogénie et erreur : l’iatrogénie peut exister sans faute, alors que l’erreur médicamenteuse est un écart évitable dans le circuit du médicament.
- Croire que l’effet indésirable implique forcément une erreur : un effet indésirable peut survenir sans mauvais usage ni faute.
- Mélanger les notions : pharmacovigilance (médicaments, ANSM) vs toxicovigilance (produit/substance/pollution, InVS) ; les CAPTV relèvent de la toxicovigilance.
- Oublier que l’erreur médicamenteuse concerne tout le circuit : prescription, préparation, délivrance, administration (pas seulement l’administration).
- Se tromper sur les 5B : confondre bon médicament et bonne dose, ou oublier le bon moment (heure/protocole/transmission).
- Rater la logique de prise en charge toxico : commencer par toxidromes puis analyses, et ne pas faire vomir ni faire boire (surtout pas de lait).
- Confondre les antidotes : flumazénil pour BZD, naloxone pour opioïdes, N-acétylcystéine pour paracétamol (pas d’échange).
✅ Checklist Examen
- Définir iatrogénie et iatrogénie médicamenteuse, en précisant qu’il peut y avoir iatrogénie sans erreur.
- Lister les 3 causes citées de l’iatrogénie médicamenteuse (effet indésirable, erreur médicamenteuse, troubles survenant) et distinguer imprévisible/inévitable vs évitable avec mauvais usage.
- Définir l’erreur médicamenteuse (écart par rapport à ce qui aurait dû être fait) et donner les 4 étapes concernées : prescription, préparation, délivrance, administration.
- Expliquer l’objectif de la sécurisation de l’administration et dérouler la règle des 5B avec les 5 vérifications attendues.
- Décrire la pharmacovigilance : objet (surveillance/évaluation/prévention/gestion du risque), acteurs et qui peut signaler (tout le monde) et où signaler.
- Définir la toxicologie (science des effets néfastes) et donner les repères de Paracelse (tout est poison, c’est la dose).
- Définir toxique et toxicité, puis classer la toxicité selon le délai (aiguë/subaiguë/chronique) et selon l’effet (immédiat/retardé, réversible/irréversible, local/systémique).
- Décrire toxicocinétique (absorption, distribution, métabolisation, élimination) et toxicovigilance (1 produit/1 substance/1 pollution, actions d’alerte/prévention/formation/information).
- Expliquer l’organisation de la toxicovigilance : CAPTV (missions pratiques, réponse 24h/24 7j/7) et coordination nationale (InVS) vs pharmacovigilance (ANSM).
- Citer les intoxications les plus fréquentes et les plus dangereuses (cardiovasculaires, neurologiques, respiratoires, hépatique) avec les toxiques cités (chloroquine, barbituriques, morphiniques, paracétamol, etc.).
- Donner la prise en charge d’urgence : anamnèse, recherche de toxidromes, extraire sans risque, ne pas faire vomir ni boire, appeler 15 + centre antipoison, puis évaluer les 3 fonctions vitales.
- Présenter l’évacuation et les antidotes : évacuateurs (charbon actif/lavage gastrique), épurateurs (rénale provoquée/hémodialyse), et antidotes principaux (flumazénil, naloxone, N-acétylcystéine, atropine, vitamine K) +
- Paracétamol : connaître les 3 phases (I 0,5–24h, II 24–48h, III 3–5 jours) et le traitement (glucose/furosémide, charbon actif <2h, N-acétylcystéine).
- Benzodiazépines : décrire l’évolution (agitation puis dépression SNC, hypotonie/somnolence/coma) et le traitement (intubation, charbon actif/lavage, flumazénil).
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