Ficha de revisão: Introduction à la Psychose et Schizophrénie

📋 Plan du Cours

  1. Représentations culturelles de la folie
  2. Aliéné, folie et perte du lien
  3. Clinique générale des psychoses
  4. Perte de réalité et néo-réalité
  5. Déficit, signes positifs et négatifs
  6. Désorganisation et dissociation schizophrénique
  7. Hallucinations : définitions et frontières
  8. Classification des hallucinations de Séglas
  9. Hallucination et délire chez Freud
  10. Position d Henri Ey sur l hallucination
  11. Nosographie historique de la schizophrénie
  12. Xénopathie et vécus d influence

📖 1. Représentations culturelles de la folie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cinéma : Le cinéma est un mode de représentation qui rend visibles des expériences de folie à travers des mises en scène spectaculaires.
  • Littérature : La littérature est un moyen ancien de témoignage où la folie est racontée pour brouiller réel et imaginaire ou décrire des vécus intérieurs.
  • Hallucinations cénesthésiques : Les hallucinations cénesthésiques sont des hallucinations qui impliquent directement le corps et les sensations corporelles.
  • Antonin Artaud : Antonin Artaud est un auteur qui décrit sa propre expérience de la maladie mentale, en mettant au centre le lien corps-esprit.
  • Hippocrate : Hippocrate est associé à la théorie des humeurs, qui explique certaines formes de folie par un déséquilibre biologique.

📝 Points essentiels

  • Les représentations culturelles de la psychose sont souvent connues du public via le cinéma, qui peut illustrer des mécanismes tout en privilégiant le spectaculaire.
  • Le cinéma et la littérature participent à une longue histoire culturelle de la représentation de la folie, avec des effets de mise en scène différents.
  • Le roman Don Quichotte met en scène un homme qui confond rêves et idéaux avec la réalité, brouillant les frontières entre réel et imaginaire.
  • Le Horla de Maupassant décrit une expérience d’hallucination et distingue notamment des hallucinations cénesthésiques liées aux sensations corporelles.
  • Chez Artaud, la psychose est décrite comme un vécu corporel spécifique et comme des troubles de la pensée, avec une question centrale du lien entre corps et esprit.
  • La citation d’Artaud insiste sur le morcellement et sur une dépossession du corps, ainsi que sur l’impossibilité de se reconnaître comme sujet singulier.

💡 Astuce mémo

Cinéma = spectacle, Littérature = vécu; Corps-esprit = Artaud; Humeurs = Hippocrate.

📖 2. Aliéné, folie et perte du lien

🔑 Notions clés & Définitions

  • Aliénation mentale : Notion psychiatrique désignant une rupture du sujet avec la réalité, souvent repérable lors de l’échange clinique.
  • Hallucination négative : Phénomène où le sujet se coupe d’un point de la réalité, comme si une perception attendue n’était pas présente.
  • Néo-réalité : Construction nouvelle de la réalité qui se met en place dans l’hallucination et le délire après le déni initial.
  • Autisme : Retrait sur soi au sens de Bleuler, correspondant à une désobjectalisation plutôt qu’à l’autisme infantile actuel.
  • Dissociation des fonctions psychiques : Mécanisme central de la schizophrénie, correspondant à une scission des fonctions psychiques avec altération des liens au monde.

📝 Points essentiels

  • Le critère majeur de distinction névrose/psychose en école de l’aliénisme est la conscience des troubles.
  • Dans la névrose obsessionnelle, le sujet peut douter de sa folie, alors que dans la psychose il adhère souvent au délire sans reconnaître son caractère pathologique.
  • Freud décrit la perte de réalité en deux temps : déni de la réalité puis reconstitution sous forme de néo-réalité via hallucination et délire.
  • Minkowski parle, en phénoménologie, d’une perte de contact vital avec la réalité, liée à la rupture du patient avec le flux vivant environnant.
  • Kraepelin fonde la psychose sur une vision déficitaire de la démence précoce, en distinguant mémoire conservée et abaissement de l’émotivité.
  • Bleuler considère la dissociation comme mécanisme primaire, tandis que hallucinations et idées délirantes sont des manifestations secondaires.

💡 Astuce mémo

Déni → Néo-réalité : d’abord coupure, puis reconstruction dans le délire.

📖 3. Clinique générale des psychoses

🔑 Notions clés & Définitions

  • Symptômes fondamentaux : Les symptômes fondamentaux regroupent les manifestations centrales de la schizophrénie, notamment la dissociation et l’autisme.
  • Symptômes accessoires : Les symptômes accessoires désignent des manifestations moins centrales, comme les hallucinations et les idées délirantes.
  • Versant chaud : Le versant chaud décrit, dans la schizophrénie, une violence intrusive des affects et une symptomatologie délirante avec une évolution chaotique.
  • Versant froid : Le versant froid correspond à une défense réfrigérante, avec distance, stéréotypies et une évolution plus linéaire.
  • Ambivalence : L’ambivalence est une manifestation thymique essentielle de la schizophrénie, utilisée pour contester l’opposition stricte pensée versus humeur.

📝 Points essentiels

  • Bleuler distingue des symptômes fondamentaux (dissociation, autisme) et des symptômes accessoires (hallucinations, idées délirantes).
  • Racamier propose deux versants dans la schizophrénie : un versant chaud délirant et affectivement violent, et un versant froid de défense réfrigérante plus linéaire.
  • Andreasen & Olsen isolent deux dimensions : positive (hallucinations, idées délirantes, bizarreries, troubles de la pensée) et négative (retrait affectif, alogie, aboulie, apathie, anhédonie, baisse de motivation, repli,

💡 Astuce mémo

Fondamental = Dissociation + Autisme ; Accessoire = Hallucinations + Délire.

📖 4. Perte de réalité et néo-réalité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Automatisme mental psychotique : L’automatisme mental psychotique désigne un mode pathologique où le sujet perd la distance critique et adhère pleinement à ce qu’il éprouve.
  • Distance critique : La distance critique correspond au regard qui maintient les phénomènes psychiques à distance et limite leur adhésion immédiate.
  • Délire comme adaptation : La conception adaptative du délire considère le délire comme une adaptation nécessaire à un processus pathologique premier.
  • Primat de l’automatisme : Le primat de l’automatisme affirme que le phénomène premier commande ensuite les élaborations interprétatives.
  • Démétaphorisation du langage : La démétaphorisation du langage est le fait que le sujet prend les mots au pied de la lettre, comme s’ils renvoyaient à une chose réelle.

📝 Points essentiels

  • Dans la pensée normale, les phénomènes sont reconnus et maintenus à distance par un regard critique, alors que dans l’automatisme psychotique cette distance fait défaut.
  • Clérambault fait du délire un processus de second plan, présenté comme une suite biologique de l’hypothèse du primat de l’automatisme.
  • Le travail interprétatif et l’agencement systématique des conceptions sont décrits comme des épiphénomènes par rapport au phénomène premier.
  • La démarche clinique vise surtout la description rigoureuse du mécanisme plutôt que l’intérêt psychologique du « roman hallucinatoire ».
  • Dans la psychose, le rapport au langage peut être plus discret que le délire ou les hallucinations, mais reste fondamental à entendre en entretien.
  • La démétaphorisation se repère quand une expression idiomatique peut être vécue comme une sensation physique réelle (ex. « on me prend la tête »).

💡 Astuce mémo

Distance critique absente → adhésion totale au vécu (automatisme) ; délire = épiphénomène du mécanisme premier.

📖 5. Déficit, signes positifs et négatifs

🔑 Notions clés & Définitions

  • Signes positifs : Les signes positifs regroupent des manifestations ajoutées au fonctionnement habituel, comme les idées délirantes ou les hallucinations.
  • Signes négatifs : Les signes négatifs correspondent à une perte ou un appauvrissement des fonctions psychiques, avec retrait, émoussement affectif ou pauvreté du discours.
  • Dimension déficitaire : La dimension déficitaire désigne un versant durable de perte de capacités qui peut rendre le travail et les relations difficiles.
  • Autisme de Bleuler : L’autisme de Bleuler renvoie au retrait et à la rupture progressive du lien avec le monde, pouvant aller jusqu’à la catatonie.
  • Dissociation : La dissociation est un défaut d’intégration des manifestations mentales, émotionnelles et comportementales, visible par incohérences et néologismes.

📝 Points essentiels

  • Le DSM exige au moins 2 symptômes parmi idées délirantes, hallucinations, désorganisation du discours, comportements bizarres/catatoniques et symptômes négatifs, avec retentissement social durable ≥ 6 mois.
  • La CIM impose au moins 1 critère du groupe A (dont écho/vol/insertion/divulgation de la pensée, contrôle/influence/passivité, hallucinations auditives commentant le patient, ou autres idées délirantes persistantes) et au
  • La CIM exige ensuite au moins 2 critères du groupe B, incluant altération du cours de la pensée (discours incohérent, néologismes), catatonie (mutisme, posture, ralentissement extrême), symptômes négatifs (apathie, pauv.
  • La bouffée délirante se caractérise par un délire polymorphe, des mécanismes changeants et une expérience de métamorphose, avec agitation anxieuse, euphorie ou errance possibles.
  • Dans la schizophrénie, les signes positifs et négatifs peuvent coexister avec une dissociation, une ambivalence et une discordance, ce qui rend le tableau clinique hétérogène.
  • La dépression post-schizophrénique survient après l’atténuation du délire (souvent sous neuroleptiques) et correspond à un moment où le risque suicidaire est le plus élevé, non pendant la crise mais après.

💡 Astuce mémo

Positif = « voix et idées ajoutées », Négatif = « fonctions qui s’éteignent » ; DSM = 2/5 + 6 mois ; CIM = A(1) + B(2).

📖 6. Désorganisation et dissociation schizophrénique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Dépression post-schizophrénique : Moment clinique suivant la phase aiguë, où la baisse du délire révèle un vide psychique à travailler thérapeutiquement.
  • Machine à influencer : Construction délirante décrite par Tausk, qui externalise des sensations corporelles et sert de support à l’angoisse psychotique.
  • Sentiment d’altération : Première phase du processus schizophrénique où le sujet vit des transformations corporelles comme un changement imposé.
  • Sentiment d’aliénation : Deuxième phase où le sujet ne se reconnaît plus, avec un corps morcelé et diffracté.
  • Déni psychotique : Mécanisme de psychose où le sujet nie la réalité même de la perception, pas seulement une représentation interne.

📝 Points essentiels

  • La dépression post-schizophrénique est présentée comme un moment thérapeutique déterminant car elle met au jour le vide que le délire comblait.
  • Dans la machine à influencer, les sensations internes (notamment sexuelles) sont attribuées à un objet extérieur, ce qui efface la frontière corps propre/objet délirant.
  • Le processus de Tausk comporte trois temps : altération, aliénation, puis interprétation projective qui transforme l’autre en agent de changement.
  • L’angoisse psychotique se distingue par l’enjeu soi/ autre séparés, avec expulsion/projection plutôt que refoulement.
  • Les réponses du moi à l’angoisse de morcellement incluent automutilations, incurie, désinvestissement du moi (repli autistique) et isolement du monde extérieur.
  • Le déni psychotique porte sur l’altérité de l’autre vécu comme intrusif et hostile, et l’expulsé revient du dehors sous forme de délire ou d’hallucination.

💡 Astuce mémo

Altération → Aliénation → Machine (A-A-M) : le corps change, puis se perd, puis l’extérieur l’explique.

📖 7. Hallucinations : définitions et frontières

🔑 Notions clés & Définitions

  • Désobjectivation : Processus psychique où le sujet se détache du monde extérieur, ce qui prépare un repli libidinal vers le moi.
  • Forclusion du Nom-du-Père : Mécanisme lacanien de psychose où le signifiant paternel n’est pas intégré à la structure du sujet.
  • Retour du forclos : Phénomène où ce qui a été expulsé revient du réel sous forme d’hallucinations ou de délire, et non comme contenu inconscient.
  • Antoedipe : Dynamique décrite par Racamier où l’organisation psychique se fait avant l’Œdipe, avec dédifférenciation et tendance à la fusion.
  • Fantasme d’auto-engendrement : Fantasme central de la schizophrénie selon Racamier où le sujet s’engendre lui-même, abolissant la différence des générations.

📝 Points essentiels

  • Dans la schizophrénie, le retrait libidinal peut s’accompagner d’une reconstruction délirante du monde, car la distinction soi/objet devient floue.
  • La forclusion implique un rejet du signifiant paternel hors de la psyché, contrairement au refoulement névrotique.
  • L’absence de tiers symbolique favorise fusion, indifférenciation et déni de la séparation dans la psychose.
  • Lacan relie la forclusion au rejet freudien (Verwerfung) : ce qui est forclos ne peut pas être refoulé et revient comme phénomène hallucinatoire ou délirant.
  • Dans l’antoedipe, la logique inverse pousse vers la fusion et le déni d’une existence séparée du sujet.
  • Le fantasme d’auto-engendrement abolit la différence de génération et rend impossible l’investissement du corps propre tel qu’engendré par soi-même.

💡 Astuce mémo

Forclusion = « pas de Père intégré » → ce qui manque revient en réel (hallucinations/délire).

📖 8. Classification des hallucinations de Séglas

🔑 Notions clés & Définitions

  • Délire de relation des sensitifs : Le délire de relation des sensitifs est une forme de délire introvertie et résignée, centrée sur une personnalité sensitivo-dépressive et des interprétations hostiles progressives.
  • Délires passionnels : Les délires passionnels sont des délires dominés par une participation affective intense organisée autour d’un postulat central obsessionnel.
  • Érotomanie : L’érotomanie est une conviction délirante d’être aimé par une personne le plus souvent socialement élevée, avec évolution en phases successives.
  • Délire de jalousie : Le délire de jalousie est une conviction délirante d’infidélité du conjoint, structurée en relation triangulaire et associée à un risque de violences.
  • Psychose hallucinatoire chronique : La psychose hallucinatoire chronique est une entité française caractérisée par des hallucinations envahissantes à thème persécutif, sans désorganisation majeure.

📝 Points essentiels

  • Le délire de relation des sensitifs (Kretschmer, 1918) se distingue par une posture non combative, introvertie et résignée.
  • Les sensitifs présentent une personnalité de fond méfiante, hyper-émotive, avec tendances dépressives et psychasthéniques (doutes, sentiment d’échec, introspection péjorative).
  • Le délire des sensitifs s’installe insidieusement à partir d’expériences traumatiques mineures, qui deviennent conviction de malveillance et d’ironie méprisante.
  • L’entrée dans les soins se fait souvent par décompensation dépressive (arrêt de travail, idées d’auto-dépréciation) plutôt que par passage à l’acte.
  • Les délires passionnels (Clérambault, 1940) associent thème obsédant, hyperthymie et hypersthénie, et comportements de revendication (lettres, procès, menaces, chantage).
  • Dans les délires passionnels, le risque de passage à l’acte concerne surtout les personnes liées à l’objet du délire.

💡 Astuce mémo

Introversion→résignation (sensitifs) ; Passion→revendication (Clérambault) ; Jalousie→triangulation ; Hallucinations→plainte.

📖 9. Hallucination et délire chez Freud

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cas Schreber : Le cas Schreber désigne l’analyse freudienne d’une psychose paranoïaque à partir des Mémoires d’un névropathe de Daniel Paul Schreber.
  • Projection : La projection est un mécanisme de défense qui attribue à l’extérieur des désirs ou sentiments internes que le sujet ne reconnaît pas comme siens.
  • Délire de persécution : Le délire de persécution est une forme de délire où le sujet interprète l’extérieur comme hostile et persécuteur.
  • Forclusion du Nom-du-Père : La forclusion du Nom-du-Père est, chez Lacan, le rejet du signifiant paternel qui empêche son inscription symbolique et revient dans le Réel.
  • Érotomanie : L’érotomanie est un délire paranoïaque centré sur la conviction d’être aimé par une autre personne, souvent socialement élevée.

📝 Points essentiels

  • Schreber (1842–1911) est un juriste allemand hospitalisé deux fois, et Freud analyse surtout sa seconde hospitalisation à partir de 1893.
  • Le délire schrébérien associe féminisation divine, persécution/élection, relation ambivalente à Dieu, « nerfs » transmis et voix ou phénomènes corporels.
  • Dans la lecture freudienne, la psychose s’origine dans une proposition homosexuelle inconsciente insupportable au moi, déniée puis transformée par projection.
  • Freud décrit une chaîne défensive où « Je l’aime » devient « Je ne l’aime pas, je le hais », puis « Il me hait / Il me persécute » pour justifier haine et rejet.
  • Freud propose quatre formes de déni de la proposition homosexuelle : persécution, érotomanie, jalousie délirante et mégalomanie.
  • Le délire est, chez Freud, une tentative de guérison et de reconstruction après l’effondrement de la réalité psychique, en réorganisant l’investissement libidinal via une mission divine.

💡 Astuce mémo

Schreber = amour interdit → projection → persécution; Lacan = père forclos → Réel en hallucinations/délire; Clérambault = amour → espoir→dépit→rancune.

📖 10. Position d Henri Ey sur l hallucination

🔑 Notions clés & Définitions

  • Hallucination : Perception vécue comme réelle alors qu’elle n’est pas produite par un stimulus externe identifiable.
  • Psychose : Organisation clinique où la réalité est remaniée, avec des certitudes délirantes ou des phénomènes de type hallucinatoire.
  • Délire psychotique : Système de croyances inébranlables qui réinterprète les faits et résiste aux démentis.
  • Certitude délirante : Conviction subjective absolue qui ne se laisse pas corriger par les preuves contraires.

📝 Points essentiels

  • La source relie les phénomènes de type hallucinatoire à une logique psychotique où la certitude prime sur l’évidence.
  • Dans la psychose, l’énigme du désir de l’Autre peut être résolue par une certitude délirante, stabilisant provisoirement le sujet.
  • La logique délirante est imperméable aux démentis, ce qui rend l’infirmation inefficace.
  • Le passage rapide de l’idéation à la rancune peut augmenter le risque de passage à l’acte dans certaines configurations psychotiques.
  • La distinction clinique entre érotomanie vraie et comportements de harcèlement sans organisation délirante sert à orienter l’évaluation et la prise en charge.

💡 Astuce mémo

Psychose = certitude qui résiste aux preuves : démenti → aucun effet, logique fermée.

📖 11. Nosographie historique de la schizophrénie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Syndrome de Cotard : Le syndrome de Cotard est un délire de négation mélancolique où le sujet affirme ne plus exister ou ne plus posséder certains organes.
  • Conviction de ruine : La conviction de ruine est une idée délirante de perte financière totale, parfois sans lien avec la réalité objective.
  • Variations nycthémérales de l’humeur : Les variations nycthémérales de l’humeur désignent un rythme quotidien où l’humeur dépressive est maximale le matin et s’améliore en fin de journée.
  • Mélancolie stuporeuse : La mélancolie stuporeuse est une forme sévère de mélancolie avec ralentissement maximal, mutisme et prostration.
  • Tachypsychie : La tachypsychie est une accélération de la pensée caractéristique des phases maniaques, avec enchaînement rapide des idées.

📝 Points essentiels

  • L’idée de ruine peut être totalement déconnectée de la réalité objective, même si elle concerne l’existence matérielle du sujet.
  • Le syndrome de Cotard est décrit par Jules Cotard en 1880 et correspond à une forme mélancolique considérée comme la plus grave.
  • Dans les formes sévères du syndrome de Cotard, le sujet peut nier l’existence d’organes, se dire mort ou ne plus exister, parfois avec une immortalité morbide.
  • Dans les troubles du sommeil mélancoliques, l’insomnie est souvent en fin de nuit avec réveil précoce vers 3–4 heures et impossibilité de se rendormir.
  • La rumination mélancolique est maximale pendant ces heures nocturnes.
  • La mélancolie présente un risque suicidaire majeur, et l’hospitalisation est souvent justifiée par ce risque.

💡 Astuce mémo

Cotard = « négation totale » (organes, mort, immortalité) ; Ruine = « délire sans preuves ».

📖 12. Xénopathie et vécus d influence

🔑 Notions clés & Définitions

  • Identification à l’objet perdu : Mécanisme mélancolique où le sujet intériorise l’objet disparu et se traite ensuite comme si cet objet était en lui.
  • Auto-accusation mélancolique : Forme de reproches adressés au sujet qui visent en réalité l’objet intériorisé, d’où leur caractère souvent excessif.
  • Ambivalence amoureuse : Tendance constitutive de l’amour à comporter haine et amour, dont la haine refoulée peut se retourner contre le sujet.
  • Perte narcissique : Type de perte où l’objet reste présent mais la relation est abîmée, avec perte d’estime, d’amour ou d’idéal projeté.
  • Défenses maniaques : Ensemble de mécanismes qui évitent le travail douloureux de la position dépressive en niant dépendance et importance de l’objet.

📝 Points essentiels

  • Dans la mélancolie, l’objet intériorisé peut être traité avec l’ambivalence amour/haine, ce qui rend les reproches au moi incompréhensibles en apparence.
  • Les auto-reproches mélancoliques sont souvent des accusations voilées à l’autre, car ils visent l’objet intériorisé plutôt que le moi.
  • Freud relie la sévérité du surmoi à l’impossibilité de diriger l’agressivité vers l’extérieur, ce qui écrase le moi.
  • Freud distingue perte réelle et perte narcissique, et dans la mélancolie la perte narcissique domine souvent avec une douleur sans objet apparent.
  • Freud présente la manie comme retournement de la mélancolie : même conflit, mais triomphe du moi sur le surmoi avec euphorie et exaltation.
  • Abraham associe la mélancolie à une fixation orale de la libido et à l’incorporation, mécanisme primitif d’introjection de l’objet.

💡 Astuce mémo

Mélancolie = objet dedans qui juge; Manie = moi dehors qui triomphe.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1845Introduction du terme de psychose par Ernst von Feuchtersleben
1952Découverte des neuroleptiques (Chlorpromazine)
1911Introduction du terme de schizophrénie par Eugen Bleuler

📊 Tableaux de synthèse

Névrose vs psychose (critère de l’école de l’aliénisme)

CritèreNévrosePsychose
Conscience des troublesRéflexivité possible (ex. « Est-ce que je deviens fou ? »)Adhésion souvent au délire (non reconnaissance du caractère pathologique)
Rapport au délireDoute possibleAdhésion au délire

Schizophrénie : symptômes fondamentaux vs accessoires

TypeContenuExemples
FondamentauxMécanisme centralDissociation, autisme
AccessoiresManifestationsHallucinations, idées délirantes

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre hallucination négative (déni d’une perception attendue) et déni simple d’une représentation : en psychose, le déni porte sur la réalité même de la perception.
  2. Croire que le délire est seulement un « contenu » à supprimer : chez Clérambault et Freud, il peut être une adaptation/une tentative de guérison.
  3. Mélanger paranoïa et schizophrénie : la paranoïa se caractérise par un délire cohérent et systématisé, avec conservation de la personnalité, contrairement à la dissociation schizophrénique.
  4. Inverser les temps de Freud : perte de réalité en deux temps = déni puis reconstitution (néo-réalité) via hallucination et délire.
  5. Prendre l’autisme de Bleuler pour l’autisme infantile actuel : chez Bleuler, il s’agit d’un repli sur soi/désobjectalisation.
  6. Confondre forclusion et refoulement : la forclusion (Nom-du-Père) empêche l’inscription symbolique et le retour se fait dans le Réel (hallucinations/délire).
  7. Oublier la spécificité de l’érotomanie : ce n’est pas forcément un délire sexuel, mais une conviction d’être aimé par une personne socialement élevée, avec phases espoir/dépit/rancune.

✅ Checklist Examen

  1. Expliquer pourquoi les représentations culturelles (cinéma/littérature) peuvent illustrer des mécanismes de psychose tout en restant marquées par le spectaculaire.
  2. Définir aliénation mentale et décrire la perte de réalité en deux temps chez Freud (déni puis néo-réalité).
  3. Exposer la perte de contact vital avec la réalité chez Minkowski et relier la notion de rupture au flux vivant environnant.
  4. Présenter la distinction névrose/psychose selon l’école de l’aliénisme : conscience des troubles vs adhésion au délire.
  5. Citer les apports de Kraepelin et Bleuler sur la base déficitaire et sur la dissociation comme mécanisme primaire (symptômes fondamentaux vs secondaires).
  6. Décrire la clinique générale des psychoses : versant chaud/versant froid (Racamier) et dimensions positive/négative (Andreasen & Olsen).
  7. Expliquer l’automatisme mental psychotique : absence de distance critique, adhésion totale au vécu, et rôle de la démétaphorisation du langage.
  8. Maîtriser les critères DSM et CIM de la schizophrénie tels que présentés : DSM (2/5 + retentissement ≥ 6 mois) et CIM (groupe A puis groupe B).
  9. Décrire le processus schizophrénique de Tausk en trois temps (altération, aliénation, interprétation projective) et la « machine à influencer » comme support corporel.
  10. Définir forclusion du Nom-du-Père et retour du forclos, puis articuler avec l’antoedipe et le fantasme d’auto-engendrement (Racamier).
  11. Classer les hallucinations selon Séglas (groupes auditifs) et rappeler l’idée d’Henri Ey sur l’échec du filtre conscient.
  12. Comparer les psychoses chroniques systématisées (paranoïa/paraphrénie/psychose hallucinatoire chronique) et savoir les risques cliniques (passage à l’acte, contexte suicidaire).
  13. Exposer la clinique de la MDD : triplet mélancolique (humeur dépressive, ralentissement psychomoteur, douleur morale), idées délirantes congruentes (ruine/Cotard) et risque suicidaire.
  14. Décrire la phase maniaque : euphorie/tachythymie, tachypsychie, logorrhée/fuite des idées, désinhibition et conduites à risque, puis les formes (hypomanie, manie franche, états mixtes).

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1. Quel mode de représentation rend surtout visibles des expériences de folie par des mises en scène spectaculaires ?

2. Quel auteur est décrit comme mettant au centre le lien corps-esprit à partir de sa propre expérience de la maladie mentale ?

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Représentations culturelles de la folie

Le cinéma et la littérature illustrent la folie à travers des images spectaculaires et témoignages intimes.

Aliéné — définition ?

Rupture du lien avec la réalité, souvent lors de l’échange clinique.

Clinique des psychoses — symptômes ?

Dissociation, hallucinations, délire, désorganisation.

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