📋 Plan du Cours
- Psychologie clinique et stéréotypes
- Histoire des classifications en psychiatrie
- Histoire du DSM
- Difficultés du DSM-I et DSM-II
- Dépression et changement de paradigme
- Position psychanalytique et actualité des classifications
- Psychopathologie psychanalytique
- Freud et les topiques
- Sexualité infantile et développement psychique
- Classification des maladies et définition du trouble
- Diagnostic Project et outils standardisés
- Approche en réseau de symptômes
📖 1. Psychologie clinique et stéréotypes
🔑 Notions clés & Définitions
- Psychologie clinique : La psychologie clinique étudie les troubles psychiques et les moyens d’aider les personnes concernées.
- Sémiologie : La sémiologie est la discipline médicale qui décrit et recueille symptômes et signes pour orienter un diagnostic.
- Nosologie : La nosologie étudie les critères qui servent à classer et organiser les maladies.
- Approche dimensionnelle : L’approche dimensionnelle voit les troubles comme des phénomènes continus, distingués par un gradient d’intensité.
- Approche catégorielle : L’approche catégorielle considère les troubles comme des entités principalement discrètes, séparées de la normalité par rupture de caractéristiques.
📝 Points essentiels
- Les stéréotypes posent problème surtout parce qu’ils sont incomplets, même lorsqu’ils contiennent une part de vérité.
- Le DSM-IV a introduit des diagnostics décrivant des schémas de provocation et d’hostilité, avec des symptômes comme défiance, négativité et irritabilité.
- Le cours relie l’extension des catégories diagnostiques à des effets sociaux, notamment la hausse de la médication chez les enfants dans certains contextes.
- La sémiologie vise à relever et présenter symptômes et signes afin de soutenir l’identification d’un trouble.
- La nosologie porte sur les critères de classification des maladies, tandis que la nosographie décrit les maladies selon leurs caractères distinctifs.
- Le diagnostic est un raisonnement qui cherche l’origine d’un trouble à partir des observations, tests et examens cliniques.
💡 Astuce mémo
Dimensionnel = échelle (gradient) ; Catégoriel = cases (rupture).
📖 2. Histoire des classifications en psychiatrie
🔑 Notions clés & Définitions
- Frontière normal pathologique : La frontière normal/pathologique désigne la difficulté à décider quand des comportements ou expériences relèvent d’un trouble, avec des variations possibles selon la culture.
- Anamnèse : L’anamnèse est la collecte de l’histoire du patient qui sert de base au diagnostic psychiatrique.
- Sémiologie : La sémiologie regroupe l’ensemble des symptômes observés et décrits chez le patient pour orienter le regroupement syndromique.
- Perspective kraepelinienne : La perspective kraepelinienne vise à identifier une entité clinique correspondant à une maladie à partir du diagnostic.
- Maladie vs trouble : La distinction maladie/trouble repose sur la présence ou non d’une étiologie identifiée reliant signes et mécanismes.
📝 Points essentiels
- Les critères souvent mobilisés pour juger le pathologique incluent le caractère inhabituel, la déviance sociale, les altérations perceptives, la souffrance significative, des comportements inadaptés et la dangerosité.
- La démarche diagnostique comprend anamnèse, sémiologie menant au regroupement syndromique, recherche de causes organiques, formulation d’hypothèses, mise en place d’un traitement puis suivi de l’évolution.
- Dans la logique maladie, l’étiologie connue permet de relier signes et syndromes à des processus physiopathologiques et psychopathologiques, ce qui soutient la nosographie médicale.
- Dans la logique trouble, l’absence d’étiologie identifiée conduit à ne disposer que d’hypothèses, et la différenciation se fait surtout par comparaison des caractéristiques observables.
- La perspective kraepelinienne privilégie l’idée que le diagnostic vise l’identification d’une entité/maladie plutôt qu’un simple regroupement descriptif.
- Les classifications modernes citées incluent le DSM-IV-TR, présenté comme multiaxial et a-théorique, servant d’outil pour un travail individualisé avec le patient.
💡 Astuce mémo
Normal vs pathologique = critères multiples (inhabituel + social + perception + souffrance + comportements + danger).
📖 3. Histoire du DSM
🔑 Notions clés & Définitions
- Buchez et Morel : Approche des troubles où la description seule ne suffit pas pour classer, car il faut rechercher des causes pour fonder la classification.
- Falret : Tendance de classification inspirée d’autres disciplines scientifiques, visant des classes définies par des ensembles de dispositions et non par un seul trait.
- SMP : Société de médecine pratique qui fixe des critères de classification des troubles après les débats sur la difficulté de classer en psychiatrie.
- Kendell et Jablensky : Auteurs qui discutent la définition de la maladie et montrent le rôle du contexte et des signes cliniques dans l’établissement des diagnostics.
- Kraepelin : Psychiatre dont le Traité de 1883 fonde une distinction majeure entre deux grandes entités de troubles à partir de l’observation et de l’évolution.
📝 Points essentiels
- Buchez et Morel répondent à l’objection sur le contexte en estimant que la classification doit s’appuyer sur les causes, car la description ne constitue pas un principe suffisant.
- Falret (à la SMP) propose des classes définies par un ensemble de dispositions présentes pour tous les objets de la classe, plutôt que par une seule caractéristique.
- Falret exige que les classes soient organisées hiérarchiquement pour identifier clairement les caractéristiques qui les composent.
- Falret ajoute que les dispositions d’une classe doivent partager une évolution comparable, avec un ordre d’acquisition prédictible.
- La SMP fixe au moins 8 critères de classification : cause étiologique, substrat anatomique, prise en charge, actualité hospitalière, phénoménologie, caractère naturel, aspect psychologique, évolution temporelle.
- Kendell et Jablensky soulignent que le terme de maladie repose souvent sur une compréhension implicite, alors que la définition dépend de critères comme l’étiquette sociale, l’écart à un idéal de santé et la déviation à
💡 Astuce mémo
Cause→Classe : causes d’abord (Buchez/Morel) ; puis SMP classe par ensemble + hiérarchie + évolution (Falret).
📖 4. Difficultés du DSM-I et DSM-II
🔑 Notions clés & Définitions
- Wines : Wines est un responsable administratif qui a produit un rapport sur des catégories de personnes considérées comme défaillantes, dépendantes ou délinquantes.
- American Medico-Psychological Association : L’American Medico-Psychological Association est l’organisation qui deviendra l’American Psychiatric Association et qui a été sollicitée pour une nomenclature.
- Statistical Manual for the Useof Institutions for the Insane : Le Statistical Manual for the Useof Institutions for the Insane est une classification publiée pour faciliter le recueil de données dans les institutions.
- American Psychiatric Association : L’American Psychiatric Association est l’organisation dont l’autorité institutionnelle s’est renforcée via la demande gouvernementale de classification.
- Group for the Advancement in Psychiatry : Le Group for the Advancement in Psychiatry est un groupe créé en 1946 pour étendre l’action de la psychiatrie au-delà du cadre asilaire.
📝 Points essentiels
- Les classifications antérieures mélangeaient des éléments d’étiologie, de symptomatologie et de description, rendant la catégorisation difficile.
- Wines a utilisé sept catégories de troubles : manie, mélomanie, démence, mélancolie, folie paralytique, épilepsie, dipsomanie.
- Le rapport de Wines a servi à formuler des hypothèses sur les liens entre troubles mentaux et variables comme genre, âge, statut marital, lieu d’habitation et groupe ethnique.
- Le comité demandé par le Bureau du recensement a jugé en 1917 la situation de la nomenclature « très négative » et a insisté sur le besoin d’un système uniforme.
- L’absence d’uniformité empêchait la comparabilité des données entre États et entre pays, ce qui limitait l’usage statistique.
- En 1918, la classification publiée répertoriait 22 catégories : 20 liées à une étiologie biologique et 2 correspondant à des psychoses non diagnostiquées et à des patients sans psychoses.
💡 Astuce mémo
Wines = 7 catégories ; Comité = uniformité ; 1918 = 22 cases ; GAP 1946 = psychiatrie hors asile.
📖 5. Dépression et changement de paradigme
🔑 Notions clés & Définitions
- Group for the Advancement in Psychiatry (GAP) : Le GAP est un groupe de pression fondé en 1946 pour élargir le rôle de la psychiatrie à un champ social et politique plus vaste que l’asile.
- DSM-I : Le DSM-I est la première classification diagnostique majeure issue de l’évolution des idées à l’APA, publiée en 1952 et organisée en deux grandes catégories.
- DSM-III : Le DSM-III marque le début d’un basculement à l’APA vers une approche biologique, avec une perte d’influence des psychiatres psychodynamiques.
- National Institute of Mental Health (NIMH) : Le NIMH est l’organisme qui lance et encadre la recherche sur les causes des écarts diagnostiques et sur la standardisation des diagnostics.
- Diagnostic Project : Le Diagnostic Project est une étude comparative lancée par le NIMH pour analyser des diagnostics posés à partir d’outils standardisés chez des patients de 35 à 59 ans.
📝 Points essentiels
- L’expérience de guerre a renforcé le statut de la psychiatrie au niveau de la médecine et de la chirurgie dans les instances de commandement militaires.
- La démobilisation a conduit des psychiatres militaires à réorganiser l’APA et à fonder en 1946 le GAP pour changer la société via la psychiatrie.
- Le DSM-I (publié en 1952) a remplacé la logique de révision du système depuis 1918 par un changement de classification reflétant le contexte d’élaboration.
- Le DSM-I distingue des troubles liés à un dysfonctionnement cérébral d’origine somatique et des troubles liés à la difficulté d’adaptation, où les perturbations cérébrales sont secondaires.
- Dans la logique DSM-I, les troubles psychotiques incluent réactions maniaco-dépressives/paranoïdes et schizophrénie, tandis que les troubles psychonévrotiques regroupent anxiété, dissociation, conversion, phobies, obs.-c
- Les psychanalystes américains n’ont pas supprimé les explications biologiques : ils ont ajouté la névrose et une étiologie psychogène (dépression réactionnelle et névrotique) tout en conservant la dépression endogène.
💡 Astuce mémo
GAP→Société, DSM-I→Deux voies (Somatique vs Adaptation), DSM-III→Biologie, NIMH→Standardiser, Diagnostic Project→Comparer avec outils.
📖 6. Position psychanalytique et actualité des classifications
🔑 Notions clés & Définitions
- Present State Examination PSE : Le PSE est un outil d’évaluation standardisée des symptômes actuels, utilisé pour construire des profils psychopathologiques à partir de la présence ou non de signes.
- Psychiatric Status Schedule PSS : Le PSS est un outil d’évaluation psychiatrique développé par Spitzer, servant à structurer la collecte d’informations cliniques pour établir des profils de symptômes.
- Diagnostic Project : Le Diagnostic Project est une étude comparative qui applique des procédures d’évaluation standardisées à des patients hospitalisés dans deux pays pour tester la fiabilité diagnostique.
- CIM 8 : La CIM 8 est la classification internationale des maladies utilisée comme cadre de critères diagnostiques dans l’étude, introduite en 1965.
- DSM-III : Le DSM-III est une classification diagnostique dont Spitzer est présenté comme principal artisan, avec une logique centrée sur la définition opérationnelle des catégories.
📝 Points essentiels
- Le Diagnostic Project compare 145 admissions (35-59 ans) entre Brooklyn (hôpital d’État, États-Unis) et Netherne (Londres, Grande-Bretagne) avec des outils standardisés.
- L’entretien structuré combinant PSE et PSS comporte environ 500 questions dichotomiques et couvre plusieurs sections de troubles (dépression, anxiété, dépersonnalisation…).
- Les entretiens sont réalisés rapidement après l’admission (80% dans les 2 jours, tous dans les 3 jours) puis complétés par un entretien standardisé sur l’histoire personnelle et un entretien auprès d’un proche.
- Les diagnostics sont posés à partir des informations issues de trois entretiens selon les critères de la CIM 8 (8e édition, introduite en 1965).
- Les psychiatres du Diagnostic Project posent moins de diagnostics de schizophrénie que les psychiatres de l’hôpital américain (30% vs 57%) et plus de troubles de l’humeur (37% vs 17%).
- Au Royaume-Uni, la tendance est identique : moins de schizophrénie avec le Diagnostic Project (23% vs 35%) et plus de troubles de l’humeur (59% vs 46%).
💡 Astuce mémo
PSE+PSS = Profil Symptomatique; Projet Diagnostic = moins de schizophrénie, plus de troubles de l’humeur.
📖 7. Psychopathologie psychanalytique
🔑 Notions clés & Définitions
- Systèmes de classification diagnostique : Les systèmes de classification diagnostique regroupent les patients en catégories pour décrire et comparer des troubles à partir de critères partagés.
- Validité des catégories diagnostiques : La validité désigne le degré auquel une catégorie diagnostique correspond réellement à une entité distincte et utile pour décrire les patients.
- DSM-III : Le DSM-III est une version du Manuel diagnostique et statistique qui vise à rendre les critères d’attribution plus explicites et moins dépendants d’une étiologie supposée.
- Trouble dépressif majeur : Le trouble dépressif majeur est une sous-catégorie des troubles de l’humeur définie par la présence d’au moins un épisode dépressif majeur.
- Position psychanalytique : La position psychanalytique explique les troubles par des mécanismes inconscients, considérés comme moteurs de la symptomatologie.
📝 Points essentiels
- Les classifications servent d’aide à la décision en fournissant des informations sur guérison, rechute, aggravation et retentissement invalidant.
- Les enquêtes utilisant des catégories diagnostiques peuvent repérer des facteurs de risque et aider à prédire début et évolution, même si elles n’identifient pas complètement les causes.
- Pour Kendell et Jablensky, l’utilité dépend surtout de la quantité/qualité des données disponibles et de la capacité à produire des implications nouvelles par rapport à d’autres troubles.
- Le DSM-III cherche à retirer du diagnostic les étiquettes trop liées à une étiologie spécifique afin d’améliorer la fidélité des diagnostics dans le temps et entre praticiens.
- Le DSM-IV (1994) confirme l’approche du DSM-III et le DSM-IV-TR (2000) apporte des modifications mineures.
- Dans le DSM-IV, la dépression correspond au trouble dépressif majeur, défini par au moins un épisode dépressif majeur et l’absence d’autres troubles, avec des critères positifs (symptômes, durée, retentissement fonctionn
💡 Astuce mémo
Classification = Aide à la décision (guérison/rechute/invalidité) ; DSM-III = critères explicites, moins d’étiologie ; Psychanalyse = inconscient (perte → retournement contre soi).
📖 8. Freud et les topiques
🔑 Notions clés & Définitions
- Deuil et Mélancolie : Œuvre freudienne où les troubles de l’humeur sont expliqués par une perte de l’objet et une agressivité retournée contre soi.
- Principe de plaisir : Notion freudienne selon laquelle l’appareil psychique cherche à satisfaire des désirs inconscients propres à l’individu.
- Principe de réalité : Notion freudienne qui décrit l’opposition imposée par le monde social aux désirs, via des règles et contraintes.
- Réification des concepts diagnostiques : Processus par lequel une étiquette clinique devient traitée comme une entité réelle, au lieu de rester un simple outil de classement.
- DSM-4 : Nomenclature diagnostique qui définit le trouble comme un syndrome ou modèle associé à une détresse, un handicap ou un risque élevé, et non comme une réponse culturellement attendue.
📝 Points essentiels
- La perspective psychanalytique met au centre les mécanismes inconscients pour comprendre l’étiologie des troubles plutôt que de se limiter aux signes observables.
- Dans Deuil et Mélancolie, la perte de l’objet et le retournement contre soi de l’agressivité initialement dirigée vers l’objet perdu structurent l’explication des troubles.
- Les troubles sont décrits comme dynamiques et individuels, car ils traduisent l’ajustement singulier entre désirs inconscients (principe de plaisir) et contraintes de la vie sociale (principe de réalité).
- La névrose est présentée comme une réalité essentielle du psychisme, et non comme une invasion morbide, ce qui déplace l’enjeu vers le conflit interne et le lien social.
- La critique de la réification vise les classifications descriptives : elles confondent ce qui est visible avec ce qui est cliniquement pertinent, et peuvent uniformiser à tort des présentations hétérogènes.
- Le DSM-4 définit le trouble par l’existence d’une détresse concomitante ou d’un handicap, ou d’un risque significativement élevé, et exclut une simple réponse culturellement admise à un événement comme le décès d’un être
💡 Astuce mémo
Plaisir vs Réalité = conflit; Perte + Agressivité retournée = Mélancolie; Étiquette qui devient chose = Réification.
📖 9. Sexualité infantile et développement psychique
🔑 Notions clés & Définitions
- Sexualité infantile : Notion psychanalytique désignant l’émergence précoce de manifestations sexuelles dans le développement psychique de l’enfant.
- Développement psychique : Ensemble des transformations du fonctionnement mental au cours du temps, incluant la structuration et l’évolution des processus psychiques.
- Souvenir traumatique : Événement psychiquement marqué dont la remémoration oriente l’analyse clinique et peut être pris comme objectif de prise en charge.
- Approches dimensionnelles : Approches de classification qui décrivent les troubles par des dimensions continues plutôt que par des catégories séparées par seuils.
- Approche en réseau de symptômes : Modèle où les symptômes sont reliés par des interactions causales entre « nœuds », plutôt que regroupés par une cause latente unique.
📝 Points essentiels
- La clinique peut traiter le souvenir traumatique comme un objectif, d’autant plus que le patient est reconnu comme victime.
- Les classifications ont évolué historiquement et ont pu concurrencer la psychanalyse sur le terrain de la légitimité psychiatrique.
- L’évolution décrite par Lanteri-Laura passe par : folie/aliénation au XIXe siècle, positivisme au XIXe, domination de la notion de structure au XXe, puis exclusion de l’étiologie avec le DSM-III en 1980.
- L’exclusion de l’étiologie modifie les contours de la psychiatrie et permet son extension vers un champ plus vaste que la « folie », ce qui la met en concurrence avec la psychanalyse.
- Widlöcher distingue mécanisme et cause : la dépression implique des réactions à l’environnement et à soi, avec un cerveau produisant cette réaction, et les causes peuvent relever soit de l’environnement/personnalité, ou/
- Widlöcher soutient qu’on ne peut pas analyser tous les processus mentaux au même niveau d’observation : la psychanalyse éclaire des structures de pensée et l’intentionnalité, tandis que certains ralentissements relèvent,
📖 10. Classification des maladies et définition du trouble
🔑 Notions clés & Définitions
- Psychopathologie : La psychopathologie étudie l’organisation psychique d’un sujet malade ou en déviation, en décrivant sa structure et son développement.
- Phénomènes psychiques : Les phénomènes psychiques désignent les manifestations internes étudiées par la psychopathologie, y compris dans leurs liens avec le corps.
- Sujet : Le sujet est la personne considérée dans sa singularité, comme partenaire d’une relation clinique unique avec le thérapeute.
- Psychanalyse : La psychanalyse est à la fois une méthode d’investigation des processus mentaux et une technique de traitement des désordres psychiques.
- Métapsychologie : La métapsychologie regroupe des conceptions théoriques qui fondent la psychanalyse et permettent d’en étendre l’explication.
📝 Points essentiels
- La psychopathologie s’intéresse aux phénomènes psychiques plutôt qu’aux actions observables des individus.
- La psychopathologie étudie aussi les rapports entre vie psychique et corps, par exemple quand une angoisse se manifeste par des symptômes corporels.
- La psychopathologie vise la compréhension d’un sujet singulier, en tenant compte de l’organisation globale du psychisme individuel.
- La psychanalyse combine une exploration des processus mentaux et une prise en charge thérapeutique des troubles psychiques.
- La psychanalyse s’appuie sur un ensemble conceptuel appelé métapsychologie pour structurer son approche.
- La relation thérapeute–sujet est décrite comme un espace relationnel spécifique, propre à chaque cure.
💡 Astuce mémo
Psychopathologie = Psyché (phénomènes) + Corps, pas les actes ; Psychanalyse = Explorer (processus) + Traiter (désordres).
📖 11. Diagnostic Project et outils standardisés
🔑 Notions clés & Définitions
- Pulsion sexuelle : Les pulsions sexuelles sont des forces psychiques orientées vers le plaisir et la décharge de la frustration.
- Pulsion d’autoconservation : Les pulsions d’autoconservation sont des forces psychiques qui poussent l’individu à préserver sa vie et sa santé.
- Pulsion de vie : Les pulsions de vie regroupent les tendances qui maintiennent l’organisation psychique et la continuité de l’être.
- Pulsion de mort : Les pulsions de mort renvoient à une tendance au retour au néant, repérable surtout par la répétition et la destructivité.
- Libido : La libido est l’énergie de la pulsion sexuelle qui investit progressivement des zones du corps au cours du développement.
📝 Points essentiels
- Freud distingue deux grandes théories des pulsions : sexuelles/autoconservation puis vie/mort.
- Dans la première théorie, les pulsions sexuelles visent le plaisir et la décharge, tandis que les pulsions d’autoconservation visent manger, boire et rester en bonne santé.
- Dans la théorie de 1920, la pulsion de mort est difficile à repérer et se manifeste par répétition, agressivité et conduites de retour au vide.
- La pulsion de vie peut aussi devenir pathologique, notamment via la désintrication pulsionnelle qui rend l’équilibre instable.
- Les stades du développement organisent l’investissement libidinal : oral, anal, phallique, puis génital à la puberté.
- Le complexe d’Œdipe et ses issues participent au devenir de la libido et à la formation d’instances comme le surmoi, ce qui influence ensuite le rapport aux interdits.
💡 Astuce mémo
Sexe→décharge, Autoconservation→survie ; Vie→organisation, Mort→répétition destructrice ; Libido→investit des zones (oral→anal→phallique→génital).
📖 12. Approche en réseau de symptômes
🔑 Notions clés & Définitions
- Attention en égal suspens : Attitude analytique où l’analyste suspend ses jugements pour écouter le patient avec la même disponibilité, en s’appuyant sur la distance acquise par sa propre analyse.
- Association libre : Technique d’écoute où le patient dit ce qui lui vient, afin d’accéder à l’inconscient et de travailler les résistances.
- Interprétation psychanalytique : Outil privilégié de l’analyste qui repère des schémas récurrents dans le discours et relie pensées manifestes et sens latent.
- Transfert : Processus par lequel des désirs inconscients se rejettent sur des objets, notamment l’analyste, sous forme de répétition de prototypes infantiles vécus comme actuels.
- Contre-transfert : Réactions inconscientes de l’analyste face au transfert du patient, considérées comme le pendant du transfert dans la relation analytique.
📝 Points essentiels
- L’interprétation vise à faire franchir un cap en retrouvant le sens latent à partir des pensées manifestes repérées par l’écoute.
- L’interprétation n’est possible que si l’analyste maintient une attention en égal suspens, condition de l’écoute et de la pertinence clinique.
- La libre association sert de base à l’interprétation en permettant de repérer des schémas qui reviennent dans le discours du patient.
- L’interprétation s’appuie sur l’idée que, quand on parle, on exprime plus que ce qu’on voulait consciemment dire.
- Le transfert actualise sur l’analyste des émotions déjà vécues dans de grandes relations antérieures, ce qui aide à conscientiser schémas et mécanismes.
- Le psychodrame analytique met en scène des scènes jouées par le patient avec des co-thérapeutes pour faire vivre une situation conflictuelle improvisée.
💡 Astuce mémo
Écoute sans biais → association libre → interprétation; transfert = patient rejoue, contre-transfert = analyste réagit.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| - 16 janvier | Début du cours (I) sur la psychologie clinique |
| 1883 | Traité de psychiatrie de Kraepelin fondant la distinction majeure entre deux entités |
| 1918 | Publication de la classification répertoriant 22 catégories |
| 1952 | Publication du DSM-I |
| 1965 | Introduction de la CIM 8 |
| 1980 | Introduction du DSM-III excluant l’étiologie |
| 1994 | Publication du DSM-IV |
| 2000 | Publication du DSM-IV-TR |
| 1946 | Création du Group for the Advancement in Psychiatry (GAP) |
📊 Tableaux de synthèse
Maladie vs trouble (logique étiologique)
| Terme | Étiologie | Différenciation |
|---|
| Maladie | Étiologie identifiée | Relier signes/syndromes à des processus physiopathologiques et psychopathologiques |
| Trouble | Étiologie non identifiée | Différencier surtout par similarités/différences des caractéristiques observables |
DSM-I : deux grandes catégories
| Catégorie | Cause/élément central | Rôle du cerveau |
|---|
| Troubles à cause somatique | Dysfonctionnement des fonctions cérébrales dû à des facteurs somatiques | Principalement dû à des facteurs somatiques |
| Troubles liés à l’adaptation | Difficulté à s’adapter à l’environnement | Perturbations cérébrales secondaires |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre sémiologie et nosologie : la première décrit/releve symptômes et signes, la seconde classe selon des critères.
- Croire que l’approche dimensionnelle et l’approche catégorielle s’opposent sur “vrai/faux” : elles diffèrent surtout sur la logique de gradient vs rupture.
- Oublier que le diagnostic est un raisonnement cherchant l’origine à partir d’observations/tests/examens, et pas seulement un regroupement descriptif.
- Mélanger maladie et trouble : la différence majeure est l’identification (ou non) de l’étiologie reliant signes/syndromes à des mécanismes.
- Penser que DSM-IV-TR “crée” forcément des maladies nouvelles sans lien avec l’outil : le cours insiste surtout sur l’extension des catégories et ses effets sociaux.
- Confondre PSE et PSS : PSE évalue les symptômes actuels pour construire des profils, PSS structure la collecte pour établir des profils de symptômes.
- Interpréter la réification comme un simple “oubli” : c’est le fait qu’une étiquette diagnostique devienne traitée comme une entité réelle, uniformisant des présentations hétérogènes.
✅ Checklist Examen
- Définir psychologie clinique, sémiologie, nosologie, nosographie, diagnostic et diagnostic différentiel, puis donner l’idée centrale de l’approche dimensionnelle vs catégorielle.
- Lister les critères généraux du pathologique (inhabituel, déviance sociale, altérations perceptives, souffrance significative, comportements inadaptés, dangerosité) et décrire la démarche diagnostique complète en étapes.
- Expliquer la différence maladie vs trouble en termes d’étiologie et préciser comment se fait la différenciation entre troubles quand l’étiologie est inconnue.
- Présenter Kraepelin et la logique néo-kraepelinienne : diagnostic visant l’identification d’une entité/maladie à partir de l’observation et de l’évolution.
- Raconter l’origine du DSM côté statistique : rôle de Wines, sept catégories, puis le comité pour une nomenclature uniforme et la publication de 1918 avec 22 catégories.
- Expliquer le débat SMP : pourquoi Morel privilégie l’étiologie (hérédité/dégénérescence) et comment Falret propose des classes par ensemble de dispositions (hiérarchie + évolution prédictible) et les 8 critères de la SMP
- Décrire le DSM-I (1952) : ses deux grandes catégories (somatique vs adaptation) et les sous-types psychotiques/psychonévrotiques tels que présentés.
- Expliquer le Diagnostic Project : NIMH, objectif de standardisation, échantillon (145 admissions, 35-59 ans), outils PSE/PSS, CIM 8, et les résultats (moins de schizophrénie, plus de troubles de l’humeur).
- Définir validité des catégories diagnostiques et rappeler l’idée DSM-III : critères explicites, moins dépendants d’une étiologie supposée, pour améliorer fidélité/fonctionnement dans le temps et entre praticiens.
- Donner la définition DSM-IV du trouble (détresse/handicap/risque élevé, exclusion d’une réponse culturellement attendue) et relier au thème de la réification et de la critique psychanalytique.
- Expliquer la psychopathologie : étude des phénomènes psychiques (y compris rapports au corps), du sujet singulier et de la relation thérapeute–sujet.
- Définir psychanalyse et métapsychologie, puis résumer les topiques (inconscient/préconscient/conscient ; Ça/Moi/Surmoi) et le rôle du refoulement et des principes de plaisir/réalité.
- Présenter la sexualité infantile : pulsions (sexuelles/autoconservation puis vie/mort), stades (oral/anal/phallique/génital), et le complexe d’Œdipe (angoisse/castration, formation du Surmoi).
- Décrire le cadre analytique et la règle fondamentale (libre association, abstinence, attention en égal suspens), puis définir transfert et contre-transfert et le rôle de l’interprétation (cap, sens latent, schémas récurr
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