📋 Plan du Cours
- Double sens du terme organisation
- Définition et propriétés des organisations
- Typologie des organisations privées publiques tiers-secteur
- Structure organisationnelle : définition et coordination
- Hiérarchie et organigramme dans les organisations
- Structures fonctionnelle divisionnelle et leurs limites
- Structure matricielle : principes et arbitrages
- Structure en réseau et régulation de type marché
- Configurations de Mintzberg : adhocratie et contrôle
- Organisation missionnaire et standardisation des valeurs
- Théorie de la contingence : congruence et fit
- Modèle de Greiner : crises et évolution des structures
📖 1. Double sens du terme organisation
🔑 Notions clés & Définitions
- Organisation (sens 1) : Une organisation désigne un groupe de personnes étudié par la théorie des organisations, avec ses frontières et sa coordination durable.
- Organisation (sens 2) : Une organisation désigne la manière dont un groupe est constitué et fonctionne, c’est-à-dire son mode d’organisation ou sa structure.
- Organiser : Organiser signifie rendre apte à la vie, ce qui relie le fonctionnement d’un groupe à sa capacité d’exister et d’agir.
- Structure : La structure (ou mode d’organisation) correspond au second sens du terme organisation, c’est-à-dire l’agencement du fonctionnement du groupe.
📝 Points essentiels
- Le mot organisation a deux sens distincts : le groupe de personnes et le mode de fonctionnement du groupe.
- Les deux sens sont liés : un groupe devient actif parce qu’il se dote d’un mode de fonctionnement.
- Le risque d’ambiguïté vient du fait que « organisation » peut renvoyer soit à la théorie des organisations, soit à la théorie de l’organisation.
- Dans ce cours, organisation est utilisé pour le sens 1, et structure (ou mode d’organisation) pour le sens 2.
- La théorie des organisations porte sur le premier sens, tandis que « théorie de l’organisation » renvoie plutôt au second sens.
- Le choix de vocabulaire vise à clarifier l’objet d’étude : entité coordonnée vs agencement du fonctionnement.
💡 Astuce mémo
Organisation = Entité (sens 1) ; Structure = Fonctionnement (sens 2).
📖 2. Définition et propriétés des organisations
🔑 Notions clés & Définitions
- Organisation hiérarchique : Organisation structurée par niveaux de commandement où les communications et ordres passent par paliers successifs.
- Principes de gestion de Fayol : Ensemble de principes de management formulés par Henri Fayol pour organiser l’autorité, la discipline et la circulation des ordres.
- Organigramme : Document qui résume la structure hiérarchique d’une organisation et rend visibles les relations de commandement.
- Structure fonctionnelle : Structure qui regroupe l’organisation en directions spécialisées par grandes fonctions (production, marketing, RH, etc.).
- Structure divisionnelle : Structure qui regroupe l’organisation par segments stratégiques, marchés ou zones géographiques, avec un directeur par division.
📝 Points essentiels
- Une organisation militaire romaine est décrite comme une hiérarchie en cohortes, manipules, centuries et décuries, unité de base commandée par un décurion.
- Le principe d’autorité correspond au droit de commander et au pouvoir de se faire obéir.
- Le principe de discipline impose le respect de conventions liées à l’obéissance, l’assiduité, l’activité, la tenue et les signes extérieurs de respect.
- Le principe d’unité du commandement impose qu’un agent ne reçoive d’ordres que d’un seul supérieur hiérarchique.
- Le principe hiérarchique impose que les communications passent palier par palier entre autorités et vers l’autorité supérieure.
- L’organigramme concrétise la structure hiérarchique en montrant la façon dont les principes de Fayol s’appliquent dans l’organisation.
💡 Astuce mémo
Autorité + Discipline + Unité + Hiérarchie = ADUIH (les ordres montent/descendent par paliers, sans double commandement).
📖 3. Typologie des organisations privées publiques tiers-secteur
🔑 Notions clés & Définitions
- Maison d’édition : Une organisation privée qui produit et commercialise des contenus, et qui peut choisir entre mutualisation interne et prestataire externe pour certaines fonctions.
- Service transversal mutualisé : Un dispositif organisationnel qui regroupe des fonctions communes entre plusieurs entités et fournit un service interne facturé via une logique de PCI.
- Prestataire externe : Un fournisseur externe choisi par une entité pour réaliser une fonction lorsque la mutualisation ne convient pas en tarif ou en qualité.
- Structure fonctionnelle-divisionnelle : Une structure hybride combinant des fonctions support et des divisions organisées par types de produits ou d’activités.
- Organigramme : Une représentation simplifiée de la structure formelle qui ne capture pas les relations informelles entre personnes ou services.
📝 Points essentiels
- Les maisons d’édition de Sejer sont en concurrence entre elles, ce qui influence leurs choix d’organisation des fonctions.
- Les fonctions mutualisées (ex. informatique) sont fournies par des services transversaux et donnent lieu à des facturations sous forme de PCI.
- Une maison d’édition est un client du service informatique mutualisé lorsqu’elle utilise ce service.
- Par exception (rare), une maison d’édition peut préférer un prestataire externe si elle n’est pas satisfaite du tarif ou de la qualité.
- Certaines fonctions jugées stratégiques (notamment commerciales) ne sont pas mutualisées pour éviter la diffusion d’informations sensibles vers un concurrent.
- Chaque maison d’édition dispose de son propre prestataire pour limiter le risque de transmission d’informations à une maison concurrente au sein de Sejer.
💡 Astuce mémo
Concurrence + sensibilité = mutualisation limitée (PCI possible, prestataire si stratégique).
📖 4. Structure organisationnelle : définition et coordination
🔑 Notions clés & Définitions
- Division du travail : La division du travail consiste à répartir les tâches entre différents acteurs de l’organisation.
- Besoin de coordination : Le besoin de coordination désigne la nécessité d’organiser les interactions entre les tâches séparées pour que l’ensemble fonctionne.
- Supervision directe : La supervision directe est un mécanisme où un supérieur donne des ordres et contrôle l’exécution de ses subordonnés.
- Ajustement mutuel : L’ajustement mutuel est un mécanisme où la coordination se fait par échanges informels entre acteurs, sans hiérarchie directe.
- Standardisation des procédures : La standardisation des procédures est un mécanisme où des procédures décrivent précisément comment réaliser les tâches.
📝 Points essentiels
- La structure organisationnelle sert à répartir le travail, et cette division rend la coordination indispensable.
- Mintzberg distingue six mécanismes de coordination assimilables à des modes de contrôle.
- La supervision directe crée une relation asymétrique chef-subordonné, efficace surtout dans les petites structures et en période de crise.
- L’ajustement mutuel repose sur une coordination par communication informelle, par exemple via un brainstorming en équipe créative.
- La standardisation des procédures est conçue par la technostructure qui formalise la meilleure façon de faire et décompose le travail en étapes.
- La standardisation des procédures soutient le contrôle budgétaire et peut aussi encadrer des tâches complexes via protocoles, check-lists ou manuels.
💡 Astuce mémo
Division du travail → coordination : « qui fait quoi » impose « comment s’aligner ».
📖 5. Hiérarchie et organigramme dans les organisations
🔑 Notions clés & Définitions
- Standardisation par les procédures : Mécanisme de coordination où l’on oriente l’action grâce à des étapes prescrites et répétables.
- Standardisation par les qualifications : Mécanisme de coordination où l’on affecte les tâches selon le niveau de compétence ou le type de spécialisation requis.
- Standardisation par les résultats : Mécanisme de coordination où l’on pilote l’organisation en évaluant et en contrôlant les performances obtenues.
- Standardisation par les normes : Mécanisme de coordination où l’on oriente les comportements à partir de valeurs et de règles partagées par le groupe.
- Configurations structurelles de Mintzberg : Typologie des organisations décrivant, pour chaque forme, une partie dominante et un mode de coordination principal.
📝 Points essentiels
- La standardisation par les procédures consiste à suivre une liste et à appeler le prochain disponible si le précédent ne répond pas.
- La standardisation par les qualifications consiste à orienter un client vers un spécialiste correspondant au type de dossier (ex. droit pénal).
- La standardisation par les résultats consiste à diriger un client vers l’avocat jugé le plus efficace du cabinet quand l’enjeu est présenté comme très élevé.
- La standardisation par les normes consiste à orienter le client vers une personne jugée la plus appropriée au regard des valeurs internes du cabinet.
- Mintzberg propose six configurations structurelles de base, chacune combinant une partie dominante et un mode de coordination dominant.
- Structure simple : la supervision directe du patron domine et l’organisation n’a pas besoin de déléguer via une ligne hiérarchique inexistante ou très réduite, ce qui limite l’usage utile de procédures lourdes de gestion
💡 Astuce mémo
Procédures → Qualifications → Résultats → Normes : qui fait quoi, selon quoi, pour quoi, et selon quelles valeurs.
📖 6. Structures fonctionnelle divisionnelle et leurs limites
🔑 Notions clés & Définitions
- Idéaux-types de Weber : Les idéaux-types sont des modèles théoriques purs qui servent à comprendre et classer des organisations, même s’ils sont rarement observés tels quels.
- Hybridation organisationnelle : L’hybridation organisationnelle désigne le fait que, dans la réalité, plusieurs configurations structurelles coexistent ou se combinent au sein d’une même organisation.
- One best way : Le one best way est l’idée qu’il existe une structure « optimale » unique pour organiser efficacement le travail.
- Division du travail : La division du travail est le principe qui consiste à répartir les tâches en opérations distinctes afin d’augmenter la productivité.
- Organisation scientifique du travail : L’organisation scientifique du travail est une approche qui cherche la meilleure méthode de travail grâce à une analyse scientifique et à des procédures standardisées.
📝 Points essentiels
- Les configurations structurelles issues de typologies sont des idéaux-types au sens de Weber, donc rarement observées en état « pur ».
- Dans la plupart des organisations, on observe plutôt une hybridation ou une coexistence de configurations structurelles.
- La typologie de Mintzberg sert d’abord au diagnostic organisationnel, sans jugement de valeur sur les configurations.
- Le one best way vise à identifier une structure la plus adaptée, et les premiers théoriciens cherchent une « meilleure » organisation possible.
- Adam Smith justifie la division du travail par un accroissement de la puissance productive du travail.
- L’accroissement chez Adam Smith provient de l’habileté individuelle, de l’économie de temps entre tâches et de l’invention de machines qui abrègent le travail.
💡 Astuce mémo
Idéaux-types = « modèles propres » rarement vus ; Réalité = « mélange » pour diagnostiquer.
📖 7. Structure matricielle : principes et arbitrages
🔑 Notions clés & Définitions
- Autorité traditionnelle : L’autorité traditionnelle est une forme de légitimité fondée sur des coutumes anciennes, respectées par habitude et validées par leur ancienneté.
- Autorité charismatique : L’autorité charismatique est une légitimité basée sur la grâce personnelle d’un individu, perçue comme exceptionnelle et inspirant un dévouement aux qualités du chef.
- Autorité rationnelle-légale : L’autorité rationnelle-légale est une légitimité fondée sur la validité de statuts légaux et sur des compétences définies par des règles rationnellement établies.
- Bureaucratie weberienne : La bureaucratie weberienne est un mode d’organisation caractérisé par des règles, une hiérarchie de contrôle, et une séparation entre fonction et personne.
- Cercles vicieux bureaucratiques : Les cercles vicieux bureaucratiques sont des enchaînements où des buts deviennent des fins, la rigidité crée des tensions, puis de nouvelles règles aggravent le problème.
📝 Points essentiels
- Weber distingue trois sources de légitimité de l’autorité : traditionnelle, charismatique et rationnelle-légale.
- Dans la bureaucratie, les compétences sont fixées par des lois ou règlements et une hiérarchie peut contrôler le travail des subordonnés.
- La bureaucratie impose une séparation entre la fonction et l’homme qui l’occupe.
- Le statut des fonctionnaires protège l’emploi à vie, avec un recrutement par concours/examens/diplômes et une rémunération par salaire fixe.
- L’avancement repose sur des critères objectifs, et l’autorité s’exerce via la règle plutôt que via la personne.
- Weber considère que l’autorité rationnelle-légale rend possible le refus d’un ordre non légitime, grâce aux garanties statutaires et aux règles encadrant l’ordre.
💡 Astuce mémo
Légitimité = Tradition (habitude) / Charisme (personne) / Rationnel-légal (règle).
📖 8. Structure en réseau et régulation de type marché
🔑 Notions clés & Définitions
- Entreprise virtuelle : Une entreprise virtuelle est une forme de coopération où des partenaires produisent ensemble des services complexes, souvent dématérialisés, sans dépendre d’une localisation unique.
- Chaîne de valeur : Une chaîne de valeur désigne l’enchaînement des activités qui transforment et font circuler la production, chaque acteur apportant une expertise spécifique.
- Communautés open source : Une communauté open source regroupe des développeurs qui collaborent à distance via Internet pour construire un logiciel, malgré l’absence de rencontres physiques.
- Théorie de la contingence : La théorie de la contingence affirme qu’aucune structure n’est optimale en toutes circonstances, car la performance dépend de l’adéquation aux conditions.
- Congruence organisationnelle : La congruence (fit) est l’alignement entre un facteur de contingence et la structure choisie, qui rend l’organisation plus performante que des alternatives.
📝 Points essentiels
- Une structure en réseau peut dépasser une logique de partenariat classique en s’appuyant sur des coopérations distribuées et spécialisées.
- L’entreprise virtuelle se rapproche d’une production de services complexes dématérialisés, rendue possible par les technologies de l’information.
- La comparaison implicite avec Benetton souligne que la coopération peut être géographiquement contrainte ou au contraire affranchie par le numérique.
- Dans l’esprit de Davidow et Malone, la collaboration à distance évoque les communautés open source où des développeurs coordonnent leurs contributions via Internet.
- La théorie de la contingence remplace l’idée de one best way par l’idée qu’une structure est optimale seulement dans certaines circonstances.
- Les facteurs de contingence incluent des éléments internes (taille, âge, stratégie) et externes (environnement).
💡 Astuce mémo
Réseau = « virtuel » : services dématérialisés + partenaires spécialisés + coordination via Internet.
📖 9. Configurations de Mintzberg : adhocratie et contrôle
🔑 Notions clés & Définitions
- Adhocratie : Configuration organisationnelle où la coordination repose surtout sur l’ajustement mutuel et l’adaptation, plutôt que sur des règles stables.
- Contrôle de gestion : Mécanisme de pilotage qui organise la mesure et la régulation des activités, en s’appuyant sur des dispositifs formalisés ou non.
- Standardisation : Mode de contrôle fondé sur des références fixes qui encadrent l’exécution des tâches répétitives.
- Ajustement mutuel : Mécanisme de coordination où les acteurs se coordonnent directement entre eux pour résoudre les problèmes au fil de l’activité.
- Structure informelle : Ensemble de règles et de pratiques non écrites qui coexistent avec la structure formelle et influencent le travail réel.
📝 Points essentiels
- Il n’existe pas de système de contrôle universel « idéal » : les dispositifs sont des assemblages hétérogènes adaptés aux contraintes de l’activité.
- On identifie souvent un mécanisme de contrôle dominant pour caractériser la configuration structurelle d’une organisation.
- La typologie de Woodward relie la technologie au contrôle : plus on se rapproche de la production en continu, plus la chaîne hiérarchique s’allonge et la proportion de cadres augmente.
- La production de masse se prête davantage à des standards classiques, alors que ces standards sont peu adaptés à l’artisanat ou à la gestion de projet.
- La taille accroît la différenciation structurelle : grandes entreprises = postes plus spécialisés, plus de composants structurels et composants plus grands.
- Dans les petites structures, la polyvalence rend difficile la fixation de standards chiffrés (ex. rythme de dactylographie) car les interruptions perturbent l’exécution.
💡 Astuce mémo
Contrôle = Technologie × Taille : continu et grandes tailles → hiérarchie et formalisation ; masse → standards ; projet/artisanat → moins de standards, plus d’adaptation.
📖 10. Organisation missionnaire et standardisation des valeurs
🔑 Notions clés & Définitions
- Structure informelle : La structure informelle désigne des formes d’organisation qui coexistent avec la structure formelle et influencent la division du travail et la coordination.
- Groupe de travail : Un groupe de travail est un collectif interne qui développe ses propres normes de comportement et peut orienter les efforts de ses membres.
- Sentiment d’appartenance : Le sentiment d’appartenance correspond à l’attachement ressenti, souvent davantage lié au groupe de travail qu’à l’organisation entière.
- Leadership autocratique : Le leadership autocratique est un style où les décisions sont principalement imposées par le dirigeant plutôt que construites avec le groupe.
- Leadership démocratique : Le leadership démocratique est un style où les décisions sont davantage partagées ou construites avec les membres du groupe.
📝 Points essentiels
- La direction ne détient pas toujours le monopole de la division du travail et de la coordination, car des groupes de travail structurent aussi l’organisation.
- Mayo a observé qu’un groupe de travailleurs pouvait réduire volontairement sa production malgré l’existence de primes.
- Dans de nombreuses organisations, l’appartenance au groupe de travail domine l’appartenance à l’organisation entière.
- Likert voit l’organisation en groupe de travail comme un moyen d’impliquer plus de personnes dans la décision et de réduire les tensions liées à un contrôle trop hiérarchique.
- Lewin et des chercheurs associés ont étudié des formes de leadership optimales, notamment autocratique, démocratique et laisser-faire.
- Des paramètres culturels peuvent expliquer des différences entre organisations, au-delà des facteurs strictement structurels.
💡 Astuce mémo
Groupe d’abord : normes du groupe → effort ajusté (même avec primes) ; puis styles de leadership à tester (auto/démo/laissez-faire).
📖 11. Théorie de la contingence : congruence et fit
🔑 Notions clés & Définitions
- Congruence organisationnelle : La congruence organisationnelle désigne l’alignement entre la structure, les responsabilités et les mécanismes de contrôle pour éviter les dysfonctionnements.
- Fit structure-contrôle : Le fit structure-contrôle correspond à l’adéquation entre le type de structure (centralisée, décentralisée, coordonnée) et le système de gestion/contrôle associé.
- Croissance par délégation : La croissance par délégation est une phase où l’entreprise décentralise les décisions vers des entités responsables de leurs résultats.
- Croissance par coordination : La croissance par coordination est une phase où l’entreprise combine autonomie opérationnelle et coordination par des dispositifs centraux.
- Crise de contrôle : La crise de contrôle est la dégradation qui survient quand le contrôle à distance devient illusoire et que l’organisation se fragmente en fiefs.
📝 Points essentiels
- Quand les performances baissent, les responsables fonctionnels peuvent se renvoyer la responsabilité, ce qui révèle une crise d’autonomie liée au manque d’autonomie décisionnelle.
- La crise d’autonomie se résout par une structure plus décentralisée, avec des entités dirigées par des managers responsables de résultats et d’un ensemble de responsabilités (technique, commerciale, etc.).
- Dans la croissance par délégation, la direction générale gère un portefeuille d’activités et tranche surtout via le choix et le remplacement des managers selon les résultats.
- La décentralisation exige un système comptable orienté centres de profit, avec facturation interne et reporting pour mesurer les résultats des entités.
- À un certain stade, le contrôle à distance peut dégénérer en féodalités ou balkanisation, avec des frais généraux discrétionnaires qui réduisent la rentabilité remontant au siège.
- Une crise de rentabilité peut déclencher une défiance des actionnaires et faciliter une OPA, puis un raider peut « vider » les barons pour restaurer la rentabilité financière.
💡 Astuce mémo
Délégation = centres de profit + contrat résultats ; si ça dérape → féodalités → crise de rentabilité.
📖 12. Modèle de Greiner : crises et évolution des structures
🔑 Notions clés & Définitions
- Croissance par la direction : La croissance par la direction correspond à une phase où l’entreprise se développe en renforçant l’encadrement et en formalisant des procédures administratives et comptables.
- Crise d’autonomie : La crise d’autonomie désigne le moment où des responsables fonctionnels se renvoient la responsabilité et manquent de prise en charge claire.
- Divisionnalisation : La divisionnalisation est une structuration par unités autonomes, souvent organisée en centres de profit, pour mieux piloter la performance.
- Structure de groupe : La structure de groupe regroupe plusieurs entités sous une logique de coordination, avec consolidation et reporting au niveau du groupe.
- Isomorphisme institutionnel : L’isomorphisme institutionnel décrit le fait que des organisations d’un même champ adoptent des structures de plus en plus semblables pour gagner en légitimité.
📝 Points essentiels
- Le modèle de Greiner décrit une succession de phases de croissance, chacune suivie d’une crise qui pousse à changer de structure.
- Phase 2 : l’apparition d’un encadrement intermédiaire et de procédures administratives et comptables formalisées accompagne la croissance par la direction.
- Crise d’autonomie : les responsables fonctionnels manquent de responsabilité et créent des jeux de renvoi entre fonctions.
- Phase 3 : la divisionnalisation met en place des centres de profit, avec facturation interne et importance du contrôle de gestion.
- Crise de contrôle : la division peut mener à une balkanisation, c’est-à-dire une fragmentation nuisible des logiques de pilotage.
- Phase 4 : la croissance par coordination s’appuie sur une structure de groupe, avec consolidation, reporting groupe et rentabilité du capital investi comme logique de pilotage.
💡 Astuce mémo
Greiner = Direction → Autonomie (crise) → Division (centres de profit) → Contrôle (balkanisation) → Groupe (coordination) ; Néo-institutionnel = Légitimité par imitation/coercition/normes.
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 1971 | Etzioni (1971) : citation sur la vie immergée dans les organisations et l’État comme organisation |
| 1916 | Fayol (1916) : définition de 14 principes de gestion (autorité, discipline, unité du commandement, hiérarchique) |
| 1987 | Robbins (1987) : définition de l’organisation comme entité de coordination à frontières identifiables et durable |
📊 Tableaux de synthèse
Typologie des structures (Mintzberg) et mécanisme dominant
| Configuration | Partie dominante | Mécanisme dominant |
|---|
| Structure simple | Sommet stratégique | Supervision directe |
| Bureaucratie mécaniste | Technostructure | Standardisation des procédés |
| Bureaucratie professionnelle | Centre opérationnel | Standardisation des qualifications |
| Structure divisionnalisée | Ligne hiérarchique | Standardisation des résultats |
| Adhocratie | Support logistique | Ajustement mutuel |
| Organisation missionnaire | Idéologie | Standardisation des normes |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre le double sens : « organisation » (entité de coordination) vs « structure/mode d’organisation » (façon de fonctionner).
- Croire que l’organigramme décrit tout : il ne capture pas les relations informelles (appartenances, proximité spatiale, etc.).
- Mélanger les mécanismes de coordination : supervision directe (chef ordonne) n’est pas ajustement mutuel (coordination informelle).
- Inverser standardisation des procédures et des résultats : procédures = comment faire ; résultats = niveau de performance attendu.
- Penser qu’il existe un « one best way » universel : la théorie de la contingence affirme qu’une structure n’est optimale que selon les circonstances.
- Confondre crise de contrôle et crise d’autonomie dans Greiner : contrôle = balkanisation/féodalités ; autonomie = renvoi de responsabilités et absence de prise en charge claire.
- Croire que la bureaucratie est toujours efficace : les cercles vicieux bureaucratiques montrent comment la rigidité engendre de nouvelles règles aggravantes.
✅ Checklist Examen
- Définir l’organisation (entité de coordination à frontières identifiables, durable, orientée vers des objectifs partagés) et expliquer le double sens du mot organisation.
- Expliquer pourquoi la structure est nécessaire : division du travail et besoin de coordination.
- Lister et caractériser les principes de Fayol (autorité, discipline, unité du commandement, hiérarchique) et relier-les à l’organigramme.
- Comparer structure fonctionnelle et structure divisionnelle : logique (fonctions vs segments/marchés/zones) et conséquences sur la coordination.
- Décrire la structure matricielle et l’arbitrage qu’elle impose (combinaison de deux dimensions) ainsi que le problème d’unité du commandement.
- Expliquer la structure (en) réseau : régulation de type marché, mutualisation via services transversaux et logique de facturation (PCI) dans l’exemple Sejer.
- Présenter les six mécanismes de coordination de Mintzberg et donner pour chacun un exemple d’orientation/contrôle.
- Relier les configurations de Mintzberg à leur partie dominante et au mécanisme de coordination dominant (structure simple, bureaucratie mécaniste, bureaucratie professionnelle, divisionnalisée, adhocratie, missionnaire).
- Expliquer pourquoi les configurations de Mintzberg sont des idéaux-types (rarement observées « en pur ») et pourquoi l’hybridation est fréquente.
- Expliquer l’idée « one best way » et résumer la division du travail chez Adam Smith (habileté, économie de temps, machines) puis l’organisation scientifique du travail chez Taylor (étude scientifique, instructions écrite
- Décrire la bureaucratie weberienne : sources de légitimité (traditionnelle/charismatique/rationnelle-légale) et caractéristiques (règles, hiérarchie, séparation fonction/homme, statut, recrutement, avancement).
- Expliquer l’entreprise virtuelle : définition (entité de coordination, spécialisée, coordonnant des entreprises, technologies de l’information) et l’idée de réseau dynamique/chaîne de valeur.
- Expliquer la théorie de la contingence : facteurs internes/externes, congruence/fit, et pourquoi il n’y a pas d’optimisation universelle.
- Décrire l’influence de l’environnement (stable vs turbulent) et l’idée de différenciation-intégration (coexistence de mécanismes bureaucratiques et organiques).
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