Revision sheet: Les Fondements de l'Organisation

Plan du Cours

  1. Double sens du terme organisation
  2. Définition et propriétés des organisations
  3. Typologie des organisations privées publiques tiers-secteur
  4. Structure organisationnelle : définition et coordination
  5. Hiérarchie et organigramme dans les organisations
  6. Structures fonctionnelle divisionnelle et leurs limites
  7. Structure matricielle : principes et arbitrages
  8. Structure en réseau et régulation de type marché
  9. Configurations de Mintzberg : adhocratie et contrĂŽle
  10. Organisation missionnaire et standardisation des valeurs
  11. Théorie de la contingence : congruence et fit
  12. ModÚle de Greiner : crises et évolution des structures

1. Double sens du terme organisation

Notions clés & Définitions

  • Organisation (sens 1) : Une organisation dĂ©signe un groupe de personnes Ă©tudiĂ© par la thĂ©orie des organisations, avec ses frontiĂšres et sa coordination durable.
  • Organisation (sens 2) : Une organisation dĂ©signe la maniĂšre dont un groupe est constituĂ© et fonctionne, c’est-Ă -dire son mode d’organisation ou sa structure.
  • Organiser : Organiser signifie rendre apte Ă  la vie, ce qui relie le fonctionnement d’un groupe Ă  sa capacitĂ© d’exister et d’agir.
  • Structure : La structure (ou mode d’organisation) correspond au second sens du terme organisation, c’est-Ă -dire l’agencement du fonctionnement du groupe.

Points essentiels

  • Le mot organisation a deux sens distincts : le groupe de personnes et le mode de fonctionnement du groupe.
  • Les deux sens sont liĂ©s : un groupe devient actif parce qu’il se dote d’un mode de fonctionnement.
  • Le risque d’ambiguĂŻtĂ© vient du fait que « organisation » peut renvoyer soit Ă  la thĂ©orie des organisations, soit Ă  la thĂ©orie de l’organisation.
  • Dans ce cours, organisation est utilisĂ© pour le sens 1, et structure (ou mode d’organisation) pour le sens 2.
  • La thĂ©orie des organisations porte sur le premier sens, tandis que « thĂ©orie de l’organisation » renvoie plutĂŽt au second sens.
  • Le choix de vocabulaire vise Ă  clarifier l’objet d’étude : entitĂ© coordonnĂ©e vs agencement du fonctionnement.

Astuce mémo

Organisation = Entité (sens 1) ; Structure = Fonctionnement (sens 2).

2. Définition et propriétés des organisations

Notions clés & Définitions

  • Organisation hiĂ©rarchique : Organisation structurĂ©e par niveaux de commandement oĂč les communications et ordres passent par paliers successifs.
  • Principes de gestion de Fayol : Ensemble de principes de management formulĂ©s par Henri Fayol pour organiser l’autoritĂ©, la discipline et la circulation des ordres.
  • Organigramme : Document qui rĂ©sume la structure hiĂ©rarchique d’une organisation et rend visibles les relations de commandement.
  • Structure fonctionnelle : Structure qui regroupe l’organisation en directions spĂ©cialisĂ©es par grandes fonctions (production, marketing, RH, etc.).
  • Structure divisionnelle : Structure qui regroupe l’organisation par segments stratĂ©giques, marchĂ©s ou zones gĂ©ographiques, avec un directeur par division.

Points essentiels

  • Une organisation militaire romaine est dĂ©crite comme une hiĂ©rarchie en cohortes, manipules, centuries et dĂ©curies, unitĂ© de base commandĂ©e par un dĂ©curion.
  • Le principe d’autoritĂ© correspond au droit de commander et au pouvoir de se faire obĂ©ir.
  • Le principe de discipline impose le respect de conventions liĂ©es Ă  l’obĂ©issance, l’assiduitĂ©, l’activitĂ©, la tenue et les signes extĂ©rieurs de respect.
  • Le principe d’unitĂ© du commandement impose qu’un agent ne reçoive d’ordres que d’un seul supĂ©rieur hiĂ©rarchique.
  • Le principe hiĂ©rarchique impose que les communications passent palier par palier entre autoritĂ©s et vers l’autoritĂ© supĂ©rieure.
  • L’organigramme concrĂ©tise la structure hiĂ©rarchique en montrant la façon dont les principes de Fayol s’appliquent dans l’organisation.

Astuce mémo

Autorité + Discipline + Unité + Hiérarchie = ADUIH (les ordres montent/descendent par paliers, sans double commandement).

3. Typologie des organisations privées publiques tiers-secteur

Notions clés & Définitions

  • Maison d’édition : Une organisation privĂ©e qui produit et commercialise des contenus, et qui peut choisir entre mutualisation interne et prestataire externe pour certaines fonctions.
  • Service transversal mutualisĂ© : Un dispositif organisationnel qui regroupe des fonctions communes entre plusieurs entitĂ©s et fournit un service interne facturĂ© via une logique de PCI.
  • Prestataire externe : Un fournisseur externe choisi par une entitĂ© pour rĂ©aliser une fonction lorsque la mutualisation ne convient pas en tarif ou en qualitĂ©.
  • Structure fonctionnelle-divisionnelle : Une structure hybride combinant des fonctions support et des divisions organisĂ©es par types de produits ou d’activitĂ©s.
  • Organigramme : Une reprĂ©sentation simplifiĂ©e de la structure formelle qui ne capture pas les relations informelles entre personnes ou services.

Points essentiels

  • Les maisons d’édition de Sejer sont en concurrence entre elles, ce qui influence leurs choix d’organisation des fonctions.
  • Les fonctions mutualisĂ©es (ex. informatique) sont fournies par des services transversaux et donnent lieu Ă  des facturations sous forme de PCI.
  • Une maison d’édition est un client du service informatique mutualisĂ© lorsqu’elle utilise ce service.
  • Par exception (rare), une maison d’édition peut prĂ©fĂ©rer un prestataire externe si elle n’est pas satisfaite du tarif ou de la qualitĂ©.
  • Certaines fonctions jugĂ©es stratĂ©giques (notamment commerciales) ne sont pas mutualisĂ©es pour Ă©viter la diffusion d’informations sensibles vers un concurrent.
  • Chaque maison d’édition dispose de son propre prestataire pour limiter le risque de transmission d’informations Ă  une maison concurrente au sein de Sejer.

Astuce mémo

Concurrence + sensibilité = mutualisation limitée (PCI possible, prestataire si stratégique).

4. Structure organisationnelle : définition et coordination

Notions clés & Définitions

  • Division du travail : La division du travail consiste Ă  rĂ©partir les tĂąches entre diffĂ©rents acteurs de l’organisation.
  • Besoin de coordination : Le besoin de coordination dĂ©signe la nĂ©cessitĂ© d’organiser les interactions entre les tĂąches sĂ©parĂ©es pour que l’ensemble fonctionne.
  • Supervision directe : La supervision directe est un mĂ©canisme oĂč un supĂ©rieur donne des ordres et contrĂŽle l’exĂ©cution de ses subordonnĂ©s.
  • Ajustement mutuel : L’ajustement mutuel est un mĂ©canisme oĂč la coordination se fait par Ă©changes informels entre acteurs, sans hiĂ©rarchie directe.
  • Standardisation des procĂ©dures : La standardisation des procĂ©dures est un mĂ©canisme oĂč des procĂ©dures dĂ©crivent prĂ©cisĂ©ment comment rĂ©aliser les tĂąches.

Points essentiels

  • La structure organisationnelle sert Ă  rĂ©partir le travail, et cette division rend la coordination indispensable.
  • Mintzberg distingue six mĂ©canismes de coordination assimilables Ă  des modes de contrĂŽle.
  • La supervision directe crĂ©e une relation asymĂ©trique chef-subordonnĂ©, efficace surtout dans les petites structures et en pĂ©riode de crise.
  • L’ajustement mutuel repose sur une coordination par communication informelle, par exemple via un brainstorming en Ă©quipe crĂ©ative.
  • La standardisation des procĂ©dures est conçue par la technostructure qui formalise la meilleure façon de faire et dĂ©compose le travail en Ă©tapes.
  • La standardisation des procĂ©dures soutient le contrĂŽle budgĂ©taire et peut aussi encadrer des tĂąches complexes via protocoles, check-lists ou manuels.

Astuce mémo

Division du travail → coordination : « qui fait quoi » impose « comment s’aligner ».

5. Hiérarchie et organigramme dans les organisations

Notions clés & Définitions

  • Standardisation par les procĂ©dures : MĂ©canisme de coordination oĂč l’on oriente l’action grĂące Ă  des Ă©tapes prescrites et rĂ©pĂ©tables.
  • Standardisation par les qualifications : MĂ©canisme de coordination oĂč l’on affecte les tĂąches selon le niveau de compĂ©tence ou le type de spĂ©cialisation requis.
  • Standardisation par les rĂ©sultats : MĂ©canisme de coordination oĂč l’on pilote l’organisation en Ă©valuant et en contrĂŽlant les performances obtenues.
  • Standardisation par les normes : MĂ©canisme de coordination oĂč l’on oriente les comportements Ă  partir de valeurs et de rĂšgles partagĂ©es par le groupe.
  • Configurations structurelles de Mintzberg : Typologie des organisations dĂ©crivant, pour chaque forme, une partie dominante et un mode de coordination principal.

Points essentiels

  • La standardisation par les procĂ©dures consiste Ă  suivre une liste et Ă  appeler le prochain disponible si le prĂ©cĂ©dent ne rĂ©pond pas.
  • La standardisation par les qualifications consiste Ă  orienter un client vers un spĂ©cialiste correspondant au type de dossier (ex. droit pĂ©nal).
  • La standardisation par les rĂ©sultats consiste Ă  diriger un client vers l’avocat jugĂ© le plus efficace du cabinet quand l’enjeu est prĂ©sentĂ© comme trĂšs Ă©levĂ©.
  • La standardisation par les normes consiste Ă  orienter le client vers une personne jugĂ©e la plus appropriĂ©e au regard des valeurs internes du cabinet.
  • Mintzberg propose six configurations structurelles de base, chacune combinant une partie dominante et un mode de coordination dominant.
  • Structure simple : la supervision directe du patron domine et l’organisation n’a pas besoin de dĂ©lĂ©guer via une ligne hiĂ©rarchique inexistante ou trĂšs rĂ©duite, ce qui limite l’usage utile de procĂ©dures lourdes de gestion

Astuce mémo

ProcĂ©dures → Qualifications → RĂ©sultats → Normes : qui fait quoi, selon quoi, pour quoi, et selon quelles valeurs.

6. Structures fonctionnelle divisionnelle et leurs limites

Notions clés & Définitions

  • IdĂ©aux-types de Weber : Les idĂ©aux-types sont des modĂšles thĂ©oriques purs qui servent Ă  comprendre et classer des organisations, mĂȘme s’ils sont rarement observĂ©s tels quels.
  • Hybridation organisationnelle : L’hybridation organisationnelle dĂ©signe le fait que, dans la rĂ©alitĂ©, plusieurs configurations structurelles coexistent ou se combinent au sein d’une mĂȘme organisation.
  • One best way : Le one best way est l’idĂ©e qu’il existe une structure « optimale » unique pour organiser efficacement le travail.
  • Division du travail : La division du travail est le principe qui consiste Ă  rĂ©partir les tĂąches en opĂ©rations distinctes afin d’augmenter la productivitĂ©.
  • Organisation scientifique du travail : L’organisation scientifique du travail est une approche qui cherche la meilleure mĂ©thode de travail grĂące Ă  une analyse scientifique et Ă  des procĂ©dures standardisĂ©es.

Points essentiels

  • Les configurations structurelles issues de typologies sont des idĂ©aux-types au sens de Weber, donc rarement observĂ©es en Ă©tat « pur ».
  • Dans la plupart des organisations, on observe plutĂŽt une hybridation ou une coexistence de configurations structurelles.
  • La typologie de Mintzberg sert d’abord au diagnostic organisationnel, sans jugement de valeur sur les configurations.
  • Le one best way vise Ă  identifier une structure la plus adaptĂ©e, et les premiers thĂ©oriciens cherchent une « meilleure » organisation possible.
  • Adam Smith justifie la division du travail par un accroissement de la puissance productive du travail.
  • L’accroissement chez Adam Smith provient de l’habiletĂ© individuelle, de l’économie de temps entre tĂąches et de l’invention de machines qui abrĂšgent le travail.

Astuce mémo

Idéaux-types = « modÚles propres » rarement vus ; Réalité = « mélange » pour diagnostiquer.

7. Structure matricielle : principes et arbitrages

Notions clés & Définitions

  • AutoritĂ© traditionnelle : L’autoritĂ© traditionnelle est une forme de lĂ©gitimitĂ© fondĂ©e sur des coutumes anciennes, respectĂ©es par habitude et validĂ©es par leur anciennetĂ©.
  • AutoritĂ© charismatique : L’autoritĂ© charismatique est une lĂ©gitimitĂ© basĂ©e sur la grĂące personnelle d’un individu, perçue comme exceptionnelle et inspirant un dĂ©vouement aux qualitĂ©s du chef.
  • AutoritĂ© rationnelle-lĂ©gale : L’autoritĂ© rationnelle-lĂ©gale est une lĂ©gitimitĂ© fondĂ©e sur la validitĂ© de statuts lĂ©gaux et sur des compĂ©tences dĂ©finies par des rĂšgles rationnellement Ă©tablies.
  • Bureaucratie weberienne : La bureaucratie weberienne est un mode d’organisation caractĂ©risĂ© par des rĂšgles, une hiĂ©rarchie de contrĂŽle, et une sĂ©paration entre fonction et personne.
  • Cercles vicieux bureaucratiques : Les cercles vicieux bureaucratiques sont des enchaĂźnements oĂč des buts deviennent des fins, la rigiditĂ© crĂ©e des tensions, puis de nouvelles rĂšgles aggravent le problĂšme.

Points essentiels

  • Weber distingue trois sources de lĂ©gitimitĂ© de l’autoritĂ© : traditionnelle, charismatique et rationnelle-lĂ©gale.
  • Dans la bureaucratie, les compĂ©tences sont fixĂ©es par des lois ou rĂšglements et une hiĂ©rarchie peut contrĂŽler le travail des subordonnĂ©s.
  • La bureaucratie impose une sĂ©paration entre la fonction et l’homme qui l’occupe.
  • Le statut des fonctionnaires protĂšge l’emploi Ă  vie, avec un recrutement par concours/examens/diplĂŽmes et une rĂ©munĂ©ration par salaire fixe.
  • L’avancement repose sur des critĂšres objectifs, et l’autoritĂ© s’exerce via la rĂšgle plutĂŽt que via la personne.
  • Weber considĂšre que l’autoritĂ© rationnelle-lĂ©gale rend possible le refus d’un ordre non lĂ©gitime, grĂące aux garanties statutaires et aux rĂšgles encadrant l’ordre.

Astuce mémo

Légitimité = Tradition (habitude) / Charisme (personne) / Rationnel-légal (rÚgle).

8. Structure en réseau et régulation de type marché

Notions clés & Définitions

  • Entreprise virtuelle : Une entreprise virtuelle est une forme de coopĂ©ration oĂč des partenaires produisent ensemble des services complexes, souvent dĂ©matĂ©rialisĂ©s, sans dĂ©pendre d’une localisation unique.
  • ChaĂźne de valeur : Une chaĂźne de valeur dĂ©signe l’enchaĂźnement des activitĂ©s qui transforment et font circuler la production, chaque acteur apportant une expertise spĂ©cifique.
  • CommunautĂ©s open source : Une communautĂ© open source regroupe des dĂ©veloppeurs qui collaborent Ă  distance via Internet pour construire un logiciel, malgrĂ© l’absence de rencontres physiques.
  • ThĂ©orie de la contingence : La thĂ©orie de la contingence affirme qu’aucune structure n’est optimale en toutes circonstances, car la performance dĂ©pend de l’adĂ©quation aux conditions.
  • Congruence organisationnelle : La congruence (fit) est l’alignement entre un facteur de contingence et la structure choisie, qui rend l’organisation plus performante que des alternatives.

Points essentiels

  • Une structure en rĂ©seau peut dĂ©passer une logique de partenariat classique en s’appuyant sur des coopĂ©rations distribuĂ©es et spĂ©cialisĂ©es.
  • L’entreprise virtuelle se rapproche d’une production de services complexes dĂ©matĂ©rialisĂ©s, rendue possible par les technologies de l’information.
  • La comparaison implicite avec Benetton souligne que la coopĂ©ration peut ĂȘtre gĂ©ographiquement contrainte ou au contraire affranchie par le numĂ©rique.
  • Dans l’esprit de Davidow et Malone, la collaboration Ă  distance Ă©voque les communautĂ©s open source oĂč des dĂ©veloppeurs coordonnent leurs contributions via Internet.
  • La thĂ©orie de la contingence remplace l’idĂ©e de one best way par l’idĂ©e qu’une structure est optimale seulement dans certaines circonstances.
  • Les facteurs de contingence incluent des Ă©lĂ©ments internes (taille, Ăąge, stratĂ©gie) et externes (environnement).

Astuce mémo

Réseau = « virtuel » : services dématérialisés + partenaires spécialisés + coordination via Internet.

9. Configurations de Mintzberg : adhocratie et contrĂŽle

Notions clés & Définitions

  • Adhocratie : Configuration organisationnelle oĂč la coordination repose surtout sur l’ajustement mutuel et l’adaptation, plutĂŽt que sur des rĂšgles stables.
  • ContrĂŽle de gestion : MĂ©canisme de pilotage qui organise la mesure et la rĂ©gulation des activitĂ©s, en s’appuyant sur des dispositifs formalisĂ©s ou non.
  • Standardisation : Mode de contrĂŽle fondĂ© sur des rĂ©fĂ©rences fixes qui encadrent l’exĂ©cution des tĂąches rĂ©pĂ©titives.
  • Ajustement mutuel : MĂ©canisme de coordination oĂč les acteurs se coordonnent directement entre eux pour rĂ©soudre les problĂšmes au fil de l’activitĂ©.
  • Structure informelle : Ensemble de rĂšgles et de pratiques non Ă©crites qui coexistent avec la structure formelle et influencent le travail rĂ©el.

Points essentiels

  • Il n’existe pas de systĂšme de contrĂŽle universel « idĂ©al » : les dispositifs sont des assemblages hĂ©tĂ©rogĂšnes adaptĂ©s aux contraintes de l’activitĂ©.
  • On identifie souvent un mĂ©canisme de contrĂŽle dominant pour caractĂ©riser la configuration structurelle d’une organisation.
  • La typologie de Woodward relie la technologie au contrĂŽle : plus on se rapproche de la production en continu, plus la chaĂźne hiĂ©rarchique s’allonge et la proportion de cadres augmente.
  • La production de masse se prĂȘte davantage Ă  des standards classiques, alors que ces standards sont peu adaptĂ©s Ă  l’artisanat ou Ă  la gestion de projet.
  • La taille accroĂźt la diffĂ©renciation structurelle : grandes entreprises = postes plus spĂ©cialisĂ©s, plus de composants structurels et composants plus grands.
  • Dans les petites structures, la polyvalence rend difficile la fixation de standards chiffrĂ©s (ex. rythme de dactylographie) car les interruptions perturbent l’exĂ©cution.

Astuce mémo

ContrĂŽle = Technologie × Taille : continu et grandes tailles → hiĂ©rarchie et formalisation ; masse → standards ; projet/artisanat → moins de standards, plus d’adaptation.

10. Organisation missionnaire et standardisation des valeurs

Notions clés & Définitions

  • Structure informelle : La structure informelle dĂ©signe des formes d’organisation qui coexistent avec la structure formelle et influencent la division du travail et la coordination.
  • Groupe de travail : Un groupe de travail est un collectif interne qui dĂ©veloppe ses propres normes de comportement et peut orienter les efforts de ses membres.
  • Sentiment d’appartenance : Le sentiment d’appartenance correspond Ă  l’attachement ressenti, souvent davantage liĂ© au groupe de travail qu’à l’organisation entiĂšre.
  • Leadership autocratique : Le leadership autocratique est un style oĂč les dĂ©cisions sont principalement imposĂ©es par le dirigeant plutĂŽt que construites avec le groupe.
  • Leadership dĂ©mocratique : Le leadership dĂ©mocratique est un style oĂč les dĂ©cisions sont davantage partagĂ©es ou construites avec les membres du groupe.

Points essentiels

  • La direction ne dĂ©tient pas toujours le monopole de la division du travail et de la coordination, car des groupes de travail structurent aussi l’organisation.
  • Mayo a observĂ© qu’un groupe de travailleurs pouvait rĂ©duire volontairement sa production malgrĂ© l’existence de primes.
  • Dans de nombreuses organisations, l’appartenance au groupe de travail domine l’appartenance Ă  l’organisation entiĂšre.
  • Likert voit l’organisation en groupe de travail comme un moyen d’impliquer plus de personnes dans la dĂ©cision et de rĂ©duire les tensions liĂ©es Ă  un contrĂŽle trop hiĂ©rarchique.
  • Lewin et des chercheurs associĂ©s ont Ă©tudiĂ© des formes de leadership optimales, notamment autocratique, dĂ©mocratique et laisser-faire.
  • Des paramĂštres culturels peuvent expliquer des diffĂ©rences entre organisations, au-delĂ  des facteurs strictement structurels.

Astuce mémo

Groupe d’abord : normes du groupe → effort ajustĂ© (mĂȘme avec primes) ; puis styles de leadership Ă  tester (auto/dĂ©mo/laissez-faire).

11. Théorie de la contingence : congruence et fit

Notions clés & Définitions

  • Congruence organisationnelle : La congruence organisationnelle dĂ©signe l’alignement entre la structure, les responsabilitĂ©s et les mĂ©canismes de contrĂŽle pour Ă©viter les dysfonctionnements.
  • Fit structure-contrĂŽle : Le fit structure-contrĂŽle correspond Ă  l’adĂ©quation entre le type de structure (centralisĂ©e, dĂ©centralisĂ©e, coordonnĂ©e) et le systĂšme de gestion/contrĂŽle associĂ©.
  • Croissance par dĂ©lĂ©gation : La croissance par dĂ©lĂ©gation est une phase oĂč l’entreprise dĂ©centralise les dĂ©cisions vers des entitĂ©s responsables de leurs rĂ©sultats.
  • Croissance par coordination : La croissance par coordination est une phase oĂč l’entreprise combine autonomie opĂ©rationnelle et coordination par des dispositifs centraux.
  • Crise de contrĂŽle : La crise de contrĂŽle est la dĂ©gradation qui survient quand le contrĂŽle Ă  distance devient illusoire et que l’organisation se fragmente en fiefs.

Points essentiels

  • Quand les performances baissent, les responsables fonctionnels peuvent se renvoyer la responsabilitĂ©, ce qui rĂ©vĂšle une crise d’autonomie liĂ©e au manque d’autonomie dĂ©cisionnelle.
  • La crise d’autonomie se rĂ©sout par une structure plus dĂ©centralisĂ©e, avec des entitĂ©s dirigĂ©es par des managers responsables de rĂ©sultats et d’un ensemble de responsabilitĂ©s (technique, commerciale, etc.).
  • Dans la croissance par dĂ©lĂ©gation, la direction gĂ©nĂ©rale gĂšre un portefeuille d’activitĂ©s et tranche surtout via le choix et le remplacement des managers selon les rĂ©sultats.
  • La dĂ©centralisation exige un systĂšme comptable orientĂ© centres de profit, avec facturation interne et reporting pour mesurer les rĂ©sultats des entitĂ©s.
  • À un certain stade, le contrĂŽle Ă  distance peut dĂ©gĂ©nĂ©rer en fĂ©odalitĂ©s ou balkanisation, avec des frais gĂ©nĂ©raux discrĂ©tionnaires qui rĂ©duisent la rentabilitĂ© remontant au siĂšge.
  • Une crise de rentabilitĂ© peut dĂ©clencher une dĂ©fiance des actionnaires et faciliter une OPA, puis un raider peut « vider » les barons pour restaurer la rentabilitĂ© financiĂšre.

Astuce mémo

DĂ©lĂ©gation = centres de profit + contrat rĂ©sultats ; si ça dĂ©rape → fĂ©odalitĂ©s → crise de rentabilitĂ©.

12. ModÚle de Greiner : crises et évolution des structures

Notions clés & Définitions

  • Croissance par la direction : La croissance par la direction correspond Ă  une phase oĂč l’entreprise se dĂ©veloppe en renforçant l’encadrement et en formalisant des procĂ©dures administratives et comptables.
  • Crise d’autonomie : La crise d’autonomie dĂ©signe le moment oĂč des responsables fonctionnels se renvoient la responsabilitĂ© et manquent de prise en charge claire.
  • Divisionnalisation : La divisionnalisation est une structuration par unitĂ©s autonomes, souvent organisĂ©e en centres de profit, pour mieux piloter la performance.
  • Structure de groupe : La structure de groupe regroupe plusieurs entitĂ©s sous une logique de coordination, avec consolidation et reporting au niveau du groupe.
  • Isomorphisme institutionnel : L’isomorphisme institutionnel dĂ©crit le fait que des organisations d’un mĂȘme champ adoptent des structures de plus en plus semblables pour gagner en lĂ©gitimitĂ©.

Points essentiels

  • Le modĂšle de Greiner dĂ©crit une succession de phases de croissance, chacune suivie d’une crise qui pousse Ă  changer de structure.
  • Phase 2 : l’apparition d’un encadrement intermĂ©diaire et de procĂ©dures administratives et comptables formalisĂ©es accompagne la croissance par la direction.
  • Crise d’autonomie : les responsables fonctionnels manquent de responsabilitĂ© et crĂ©ent des jeux de renvoi entre fonctions.
  • Phase 3 : la divisionnalisation met en place des centres de profit, avec facturation interne et importance du contrĂŽle de gestion.
  • Crise de contrĂŽle : la division peut mener Ă  une balkanisation, c’est-Ă -dire une fragmentation nuisible des logiques de pilotage.
  • Phase 4 : la croissance par coordination s’appuie sur une structure de groupe, avec consolidation, reporting groupe et rentabilitĂ© du capital investi comme logique de pilotage.

Astuce mémo

Greiner = Direction → Autonomie (crise) → Division (centres de profit) → ContrĂŽle (balkanisation) → Groupe (coordination) ; NĂ©o-institutionnel = LĂ©gitimitĂ© par imitation/coercition/normes.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1971Etzioni (1971) : citation sur la vie immergĂ©e dans les organisations et l’État comme organisation
1916Fayol (1916) : définition de 14 principes de gestion (autorité, discipline, unité du commandement, hiérarchique)
1987Robbins (1987) : dĂ©finition de l’organisation comme entitĂ© de coordination Ă  frontiĂšres identifiables et durable

Tableaux de synthĂšse

Typologie des structures (Mintzberg) et mécanisme dominant

ConfigurationPartie dominanteMécanisme dominant
Structure simpleSommet stratégiqueSupervision directe
Bureaucratie mécanisteTechnostructureStandardisation des procédés
Bureaucratie professionnelleCentre opérationnelStandardisation des qualifications
Structure divisionnaliséeLigne hiérarchiqueStandardisation des résultats
AdhocratieSupport logistiqueAjustement mutuel
Organisation missionnaireIdéologieStandardisation des normes

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre le double sens : « organisation » (entitĂ© de coordination) vs « structure/mode d’organisation » (façon de fonctionner).
  2. Croire que l’organigramme dĂ©crit tout : il ne capture pas les relations informelles (appartenances, proximitĂ© spatiale, etc.).
  3. MĂ©langer les mĂ©canismes de coordination : supervision directe (chef ordonne) n’est pas ajustement mutuel (coordination informelle).
  4. Inverser standardisation des procédures et des résultats : procédures = comment faire ; résultats = niveau de performance attendu.
  5. Penser qu’il existe un « one best way » universel : la thĂ©orie de la contingence affirme qu’une structure n’est optimale que selon les circonstances.
  6. Confondre crise de contrĂŽle et crise d’autonomie dans Greiner : contrĂŽle = balkanisation/fĂ©odalitĂ©s ; autonomie = renvoi de responsabilitĂ©s et absence de prise en charge claire.
  7. Croire que la bureaucratie est toujours efficace : les cercles vicieux bureaucratiques montrent comment la rigidité engendre de nouvelles rÚgles aggravantes.

Checklist Examen

  1. DĂ©finir l’organisation (entitĂ© de coordination Ă  frontiĂšres identifiables, durable, orientĂ©e vers des objectifs partagĂ©s) et expliquer le double sens du mot organisation.
  2. Expliquer pourquoi la structure est nécessaire : division du travail et besoin de coordination.
  3. Lister et caractĂ©riser les principes de Fayol (autoritĂ©, discipline, unitĂ© du commandement, hiĂ©rarchique) et relier-les Ă  l’organigramme.
  4. Comparer structure fonctionnelle et structure divisionnelle : logique (fonctions vs segments/marchés/zones) et conséquences sur la coordination.
  5. DĂ©crire la structure matricielle et l’arbitrage qu’elle impose (combinaison de deux dimensions) ainsi que le problĂšme d’unitĂ© du commandement.
  6. Expliquer la structure (en) rĂ©seau : rĂ©gulation de type marchĂ©, mutualisation via services transversaux et logique de facturation (PCI) dans l’exemple Sejer.
  7. PrĂ©senter les six mĂ©canismes de coordination de Mintzberg et donner pour chacun un exemple d’orientation/contrĂŽle.
  8. Relier les configurations de Mintzberg à leur partie dominante et au mécanisme de coordination dominant (structure simple, bureaucratie mécaniste, bureaucratie professionnelle, divisionnalisée, adhocratie, missionnaire).
  9. Expliquer pourquoi les configurations de Mintzberg sont des idĂ©aux-types (rarement observĂ©es « en pur ») et pourquoi l’hybridation est frĂ©quente.
  10. Expliquer l’idĂ©e « one best way » et rĂ©sumer la division du travail chez Adam Smith (habiletĂ©, Ă©conomie de temps, machines) puis l’organisation scientifique du travail chez Taylor (Ă©tude scientifique, instructions Ă©crite
  11. Décrire la bureaucratie weberienne : sources de légitimité (traditionnelle/charismatique/rationnelle-légale) et caractéristiques (rÚgles, hiérarchie, séparation fonction/homme, statut, recrutement, avancement).
  12. Expliquer l’entreprise virtuelle : dĂ©finition (entitĂ© de coordination, spĂ©cialisĂ©e, coordonnant des entreprises, technologies de l’information) et l’idĂ©e de rĂ©seau dynamique/chaĂźne de valeur.
  13. Expliquer la thĂ©orie de la contingence : facteurs internes/externes, congruence/fit, et pourquoi il n’y a pas d’optimisation universelle.
  14. DĂ©crire l’influence de l’environnement (stable vs turbulent) et l’idĂ©e de diffĂ©renciation-intĂ©gration (coexistence de mĂ©canismes bureaucratiques et organiques).

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1. Dans quel sens le terme « organisation » dĂ©signe-t-il un groupe de personnes dotĂ© de frontiĂšres et d’une coordination durable ?

2. Que dĂ©signe le mot « structure » lorsqu’il est employĂ© comme synonyme de mode d’organisation ?

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Organisation — double sens ?

Groupe de personnes vs mode de fonctionnement

Propriétés des organisations

Durables, structurées, orientées vers des objectifs

Typologie privée-publique-tiers-secteur

Différenciation selon but, financement, statut

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