đ Plan du Cours
- Double sens du terme organisation
- Définition et propriétés des organisations
- Typologie des organisations privées publiques tiers-secteur
- Structure organisationnelle : définition et coordination
- Hiérarchie et organigramme dans les organisations
- Structures fonctionnelle divisionnelle et leurs limites
- Structure matricielle : principes et arbitrages
- Structure en réseau et régulation de type marché
- Configurations de Mintzberg : adhocratie et contrĂŽle
- Organisation missionnaire et standardisation des valeurs
- Théorie de la contingence : congruence et fit
- ModÚle de Greiner : crises et évolution des structures
đ 1. Double sens du terme organisation
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Organisation (sens 1) : Une organisation désigne un groupe de personnes étudié par la théorie des organisations, avec ses frontiÚres et sa coordination durable.
- Organisation (sens 2) : Une organisation dĂ©signe la maniĂšre dont un groupe est constituĂ© et fonctionne, câest-Ă -dire son mode dâorganisation ou sa structure.
- Organiser : Organiser signifie rendre apte Ă la vie, ce qui relie le fonctionnement dâun groupe Ă sa capacitĂ© dâexister et dâagir.
- Structure : La structure (ou mode dâorganisation) correspond au second sens du terme organisation, câest-Ă -dire lâagencement du fonctionnement du groupe.
đ Points essentiels
- Le mot organisation a deux sens distincts : le groupe de personnes et le mode de fonctionnement du groupe.
- Les deux sens sont liĂ©s : un groupe devient actif parce quâil se dote dâun mode de fonctionnement.
- Le risque dâambiguĂŻtĂ© vient du fait que « organisation » peut renvoyer soit Ă la thĂ©orie des organisations, soit Ă la thĂ©orie de lâorganisation.
- Dans ce cours, organisation est utilisĂ© pour le sens 1, et structure (ou mode dâorganisation) pour le sens 2.
- La thĂ©orie des organisations porte sur le premier sens, tandis que « thĂ©orie de lâorganisation » renvoie plutĂŽt au second sens.
- Le choix de vocabulaire vise Ă clarifier lâobjet dâĂ©tude : entitĂ© coordonnĂ©e vs agencement du fonctionnement.
đĄ Astuce mĂ©mo
Organisation = Entité (sens 1) ; Structure = Fonctionnement (sens 2).
đ 2. DĂ©finition et propriĂ©tĂ©s des organisations
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Organisation hiĂ©rarchique : Organisation structurĂ©e par niveaux de commandement oĂč les communications et ordres passent par paliers successifs.
- Principes de gestion de Fayol : Ensemble de principes de management formulĂ©s par Henri Fayol pour organiser lâautoritĂ©, la discipline et la circulation des ordres.
- Organigramme : Document qui rĂ©sume la structure hiĂ©rarchique dâune organisation et rend visibles les relations de commandement.
- Structure fonctionnelle : Structure qui regroupe lâorganisation en directions spĂ©cialisĂ©es par grandes fonctions (production, marketing, RH, etc.).
- Structure divisionnelle : Structure qui regroupe lâorganisation par segments stratĂ©giques, marchĂ©s ou zones gĂ©ographiques, avec un directeur par division.
đ Points essentiels
- Une organisation militaire romaine est décrite comme une hiérarchie en cohortes, manipules, centuries et décuries, unité de base commandée par un décurion.
- Le principe dâautoritĂ© correspond au droit de commander et au pouvoir de se faire obĂ©ir.
- Le principe de discipline impose le respect de conventions liĂ©es Ă lâobĂ©issance, lâassiduitĂ©, lâactivitĂ©, la tenue et les signes extĂ©rieurs de respect.
- Le principe dâunitĂ© du commandement impose quâun agent ne reçoive dâordres que dâun seul supĂ©rieur hiĂ©rarchique.
- Le principe hiĂ©rarchique impose que les communications passent palier par palier entre autoritĂ©s et vers lâautoritĂ© supĂ©rieure.
- Lâorganigramme concrĂ©tise la structure hiĂ©rarchique en montrant la façon dont les principes de Fayol sâappliquent dans lâorganisation.
đĄ Astuce mĂ©mo
Autorité + Discipline + Unité + Hiérarchie = ADUIH (les ordres montent/descendent par paliers, sans double commandement).
đ 3. Typologie des organisations privĂ©es publiques tiers-secteur
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Maison dâĂ©dition : Une organisation privĂ©e qui produit et commercialise des contenus, et qui peut choisir entre mutualisation interne et prestataire externe pour certaines fonctions.
- Service transversal mutualisé : Un dispositif organisationnel qui regroupe des fonctions communes entre plusieurs entités et fournit un service interne facturé via une logique de PCI.
- Prestataire externe : Un fournisseur externe choisi par une entité pour réaliser une fonction lorsque la mutualisation ne convient pas en tarif ou en qualité.
- Structure fonctionnelle-divisionnelle : Une structure hybride combinant des fonctions support et des divisions organisĂ©es par types de produits ou dâactivitĂ©s.
- Organigramme : Une représentation simplifiée de la structure formelle qui ne capture pas les relations informelles entre personnes ou services.
đ Points essentiels
- Les maisons dâĂ©dition de Sejer sont en concurrence entre elles, ce qui influence leurs choix dâorganisation des fonctions.
- Les fonctions mutualisées (ex. informatique) sont fournies par des services transversaux et donnent lieu à des facturations sous forme de PCI.
- Une maison dâĂ©dition est un client du service informatique mutualisĂ© lorsquâelle utilise ce service.
- Par exception (rare), une maison dâĂ©dition peut prĂ©fĂ©rer un prestataire externe si elle nâest pas satisfaite du tarif ou de la qualitĂ©.
- Certaines fonctions jugĂ©es stratĂ©giques (notamment commerciales) ne sont pas mutualisĂ©es pour Ă©viter la diffusion dâinformations sensibles vers un concurrent.
- Chaque maison dâĂ©dition dispose de son propre prestataire pour limiter le risque de transmission dâinformations Ă une maison concurrente au sein de Sejer.
đĄ Astuce mĂ©mo
Concurrence + sensibilité = mutualisation limitée (PCI possible, prestataire si stratégique).
đ 4. Structure organisationnelle : dĂ©finition et coordination
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Division du travail : La division du travail consiste Ă rĂ©partir les tĂąches entre diffĂ©rents acteurs de lâorganisation.
- Besoin de coordination : Le besoin de coordination dĂ©signe la nĂ©cessitĂ© dâorganiser les interactions entre les tĂąches sĂ©parĂ©es pour que lâensemble fonctionne.
- Supervision directe : La supervision directe est un mĂ©canisme oĂč un supĂ©rieur donne des ordres et contrĂŽle lâexĂ©cution de ses subordonnĂ©s.
- Ajustement mutuel : Lâajustement mutuel est un mĂ©canisme oĂč la coordination se fait par Ă©changes informels entre acteurs, sans hiĂ©rarchie directe.
- Standardisation des procĂ©dures : La standardisation des procĂ©dures est un mĂ©canisme oĂč des procĂ©dures dĂ©crivent prĂ©cisĂ©ment comment rĂ©aliser les tĂąches.
đ Points essentiels
- La structure organisationnelle sert à répartir le travail, et cette division rend la coordination indispensable.
- Mintzberg distingue six mécanismes de coordination assimilables à des modes de contrÎle.
- La supervision directe crée une relation asymétrique chef-subordonné, efficace surtout dans les petites structures et en période de crise.
- Lâajustement mutuel repose sur une coordination par communication informelle, par exemple via un brainstorming en Ă©quipe crĂ©ative.
- La standardisation des procédures est conçue par la technostructure qui formalise la meilleure façon de faire et décompose le travail en étapes.
- La standardisation des procédures soutient le contrÎle budgétaire et peut aussi encadrer des tùches complexes via protocoles, check-lists ou manuels.
đĄ Astuce mĂ©mo
Division du travail â coordination : « qui fait quoi » impose « comment sâaligner ».
đ 5. HiĂ©rarchie et organigramme dans les organisations
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Standardisation par les procĂ©dures : MĂ©canisme de coordination oĂč lâon oriente lâaction grĂące Ă des Ă©tapes prescrites et rĂ©pĂ©tables.
- Standardisation par les qualifications : MĂ©canisme de coordination oĂč lâon affecte les tĂąches selon le niveau de compĂ©tence ou le type de spĂ©cialisation requis.
- Standardisation par les rĂ©sultats : MĂ©canisme de coordination oĂč lâon pilote lâorganisation en Ă©valuant et en contrĂŽlant les performances obtenues.
- Standardisation par les normes : MĂ©canisme de coordination oĂč lâon oriente les comportements Ă partir de valeurs et de rĂšgles partagĂ©es par le groupe.
- Configurations structurelles de Mintzberg : Typologie des organisations décrivant, pour chaque forme, une partie dominante et un mode de coordination principal.
đ Points essentiels
- La standardisation par les procédures consiste à suivre une liste et à appeler le prochain disponible si le précédent ne répond pas.
- La standardisation par les qualifications consiste à orienter un client vers un spécialiste correspondant au type de dossier (ex. droit pénal).
- La standardisation par les rĂ©sultats consiste Ă diriger un client vers lâavocat jugĂ© le plus efficace du cabinet quand lâenjeu est prĂ©sentĂ© comme trĂšs Ă©levĂ©.
- La standardisation par les normes consiste à orienter le client vers une personne jugée la plus appropriée au regard des valeurs internes du cabinet.
- Mintzberg propose six configurations structurelles de base, chacune combinant une partie dominante et un mode de coordination dominant.
- Structure simple : la supervision directe du patron domine et lâorganisation nâa pas besoin de dĂ©lĂ©guer via une ligne hiĂ©rarchique inexistante ou trĂšs rĂ©duite, ce qui limite lâusage utile de procĂ©dures lourdes de gestion
đĄ Astuce mĂ©mo
ProcĂ©dures â Qualifications â RĂ©sultats â Normes : qui fait quoi, selon quoi, pour quoi, et selon quelles valeurs.
đ 6. Structures fonctionnelle divisionnelle et leurs limites
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- IdĂ©aux-types de Weber : Les idĂ©aux-types sont des modĂšles thĂ©oriques purs qui servent Ă comprendre et classer des organisations, mĂȘme sâils sont rarement observĂ©s tels quels.
- Hybridation organisationnelle : Lâhybridation organisationnelle dĂ©signe le fait que, dans la rĂ©alitĂ©, plusieurs configurations structurelles coexistent ou se combinent au sein dâune mĂȘme organisation.
- One best way : Le one best way est lâidĂ©e quâil existe une structure « optimale » unique pour organiser efficacement le travail.
- Division du travail : La division du travail est le principe qui consiste Ă rĂ©partir les tĂąches en opĂ©rations distinctes afin dâaugmenter la productivitĂ©.
- Organisation scientifique du travail : Lâorganisation scientifique du travail est une approche qui cherche la meilleure mĂ©thode de travail grĂące Ă une analyse scientifique et Ă des procĂ©dures standardisĂ©es.
đ Points essentiels
- Les configurations structurelles issues de typologies sont des idéaux-types au sens de Weber, donc rarement observées en état « pur ».
- Dans la plupart des organisations, on observe plutĂŽt une hybridation ou une coexistence de configurations structurelles.
- La typologie de Mintzberg sert dâabord au diagnostic organisationnel, sans jugement de valeur sur les configurations.
- Le one best way vise à identifier une structure la plus adaptée, et les premiers théoriciens cherchent une « meilleure » organisation possible.
- Adam Smith justifie la division du travail par un accroissement de la puissance productive du travail.
- Lâaccroissement chez Adam Smith provient de lâhabiletĂ© individuelle, de lâĂ©conomie de temps entre tĂąches et de lâinvention de machines qui abrĂšgent le travail.
đĄ Astuce mĂ©mo
Idéaux-types = « modÚles propres » rarement vus ; Réalité = « mélange » pour diagnostiquer.
đ 7. Structure matricielle : principes et arbitrages
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- AutoritĂ© traditionnelle : LâautoritĂ© traditionnelle est une forme de lĂ©gitimitĂ© fondĂ©e sur des coutumes anciennes, respectĂ©es par habitude et validĂ©es par leur anciennetĂ©.
- AutoritĂ© charismatique : LâautoritĂ© charismatique est une lĂ©gitimitĂ© basĂ©e sur la grĂące personnelle dâun individu, perçue comme exceptionnelle et inspirant un dĂ©vouement aux qualitĂ©s du chef.
- AutoritĂ© rationnelle-lĂ©gale : LâautoritĂ© rationnelle-lĂ©gale est une lĂ©gitimitĂ© fondĂ©e sur la validitĂ© de statuts lĂ©gaux et sur des compĂ©tences dĂ©finies par des rĂšgles rationnellement Ă©tablies.
- Bureaucratie weberienne : La bureaucratie weberienne est un mode dâorganisation caractĂ©risĂ© par des rĂšgles, une hiĂ©rarchie de contrĂŽle, et une sĂ©paration entre fonction et personne.
- Cercles vicieux bureaucratiques : Les cercles vicieux bureaucratiques sont des enchaĂźnements oĂč des buts deviennent des fins, la rigiditĂ© crĂ©e des tensions, puis de nouvelles rĂšgles aggravent le problĂšme.
đ Points essentiels
- Weber distingue trois sources de lĂ©gitimitĂ© de lâautoritĂ© : traditionnelle, charismatique et rationnelle-lĂ©gale.
- Dans la bureaucratie, les compétences sont fixées par des lois ou rÚglements et une hiérarchie peut contrÎler le travail des subordonnés.
- La bureaucratie impose une sĂ©paration entre la fonction et lâhomme qui lâoccupe.
- Le statut des fonctionnaires protĂšge lâemploi Ă vie, avec un recrutement par concours/examens/diplĂŽmes et une rĂ©munĂ©ration par salaire fixe.
- Lâavancement repose sur des critĂšres objectifs, et lâautoritĂ© sâexerce via la rĂšgle plutĂŽt que via la personne.
- Weber considĂšre que lâautoritĂ© rationnelle-lĂ©gale rend possible le refus dâun ordre non lĂ©gitime, grĂące aux garanties statutaires et aux rĂšgles encadrant lâordre.
đĄ Astuce mĂ©mo
Légitimité = Tradition (habitude) / Charisme (personne) / Rationnel-légal (rÚgle).
đ 8. Structure en rĂ©seau et rĂ©gulation de type marchĂ©
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Entreprise virtuelle : Une entreprise virtuelle est une forme de coopĂ©ration oĂč des partenaires produisent ensemble des services complexes, souvent dĂ©matĂ©rialisĂ©s, sans dĂ©pendre dâune localisation unique.
- ChaĂźne de valeur : Une chaĂźne de valeur dĂ©signe lâenchaĂźnement des activitĂ©s qui transforment et font circuler la production, chaque acteur apportant une expertise spĂ©cifique.
- CommunautĂ©s open source : Une communautĂ© open source regroupe des dĂ©veloppeurs qui collaborent Ă distance via Internet pour construire un logiciel, malgrĂ© lâabsence de rencontres physiques.
- ThĂ©orie de la contingence : La thĂ©orie de la contingence affirme quâaucune structure nâest optimale en toutes circonstances, car la performance dĂ©pend de lâadĂ©quation aux conditions.
- Congruence organisationnelle : La congruence (fit) est lâalignement entre un facteur de contingence et la structure choisie, qui rend lâorganisation plus performante que des alternatives.
đ Points essentiels
- Une structure en rĂ©seau peut dĂ©passer une logique de partenariat classique en sâappuyant sur des coopĂ©rations distribuĂ©es et spĂ©cialisĂ©es.
- Lâentreprise virtuelle se rapproche dâune production de services complexes dĂ©matĂ©rialisĂ©s, rendue possible par les technologies de lâinformation.
- La comparaison implicite avec Benetton souligne que la coopĂ©ration peut ĂȘtre gĂ©ographiquement contrainte ou au contraire affranchie par le numĂ©rique.
- Dans lâesprit de Davidow et Malone, la collaboration Ă distance Ă©voque les communautĂ©s open source oĂč des dĂ©veloppeurs coordonnent leurs contributions via Internet.
- La thĂ©orie de la contingence remplace lâidĂ©e de one best way par lâidĂ©e quâune structure est optimale seulement dans certaines circonstances.
- Les facteurs de contingence incluent des éléments internes (taille, ùge, stratégie) et externes (environnement).
đĄ Astuce mĂ©mo
Réseau = « virtuel » : services dématérialisés + partenaires spécialisés + coordination via Internet.
đ 9. Configurations de Mintzberg : adhocratie et contrĂŽle
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Adhocratie : Configuration organisationnelle oĂč la coordination repose surtout sur lâajustement mutuel et lâadaptation, plutĂŽt que sur des rĂšgles stables.
- ContrĂŽle de gestion : MĂ©canisme de pilotage qui organise la mesure et la rĂ©gulation des activitĂ©s, en sâappuyant sur des dispositifs formalisĂ©s ou non.
- Standardisation : Mode de contrĂŽle fondĂ© sur des rĂ©fĂ©rences fixes qui encadrent lâexĂ©cution des tĂąches rĂ©pĂ©titives.
- Ajustement mutuel : MĂ©canisme de coordination oĂč les acteurs se coordonnent directement entre eux pour rĂ©soudre les problĂšmes au fil de lâactivitĂ©.
- Structure informelle : Ensemble de rÚgles et de pratiques non écrites qui coexistent avec la structure formelle et influencent le travail réel.
đ Points essentiels
- Il nâexiste pas de systĂšme de contrĂŽle universel « idĂ©al » : les dispositifs sont des assemblages hĂ©tĂ©rogĂšnes adaptĂ©s aux contraintes de lâactivitĂ©.
- On identifie souvent un mĂ©canisme de contrĂŽle dominant pour caractĂ©riser la configuration structurelle dâune organisation.
- La typologie de Woodward relie la technologie au contrĂŽle : plus on se rapproche de la production en continu, plus la chaĂźne hiĂ©rarchique sâallonge et la proportion de cadres augmente.
- La production de masse se prĂȘte davantage Ă des standards classiques, alors que ces standards sont peu adaptĂ©s Ă lâartisanat ou Ă la gestion de projet.
- La taille accroßt la différenciation structurelle : grandes entreprises = postes plus spécialisés, plus de composants structurels et composants plus grands.
- Dans les petites structures, la polyvalence rend difficile la fixation de standards chiffrĂ©s (ex. rythme de dactylographie) car les interruptions perturbent lâexĂ©cution.
đĄ Astuce mĂ©mo
ContrĂŽle = Technologie Ă Taille : continu et grandes tailles â hiĂ©rarchie et formalisation ; masse â standards ; projet/artisanat â moins de standards, plus dâadaptation.
đ 10. Organisation missionnaire et standardisation des valeurs
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Structure informelle : La structure informelle dĂ©signe des formes dâorganisation qui coexistent avec la structure formelle et influencent la division du travail et la coordination.
- Groupe de travail : Un groupe de travail est un collectif interne qui développe ses propres normes de comportement et peut orienter les efforts de ses membres.
- Sentiment dâappartenance : Le sentiment dâappartenance correspond Ă lâattachement ressenti, souvent davantage liĂ© au groupe de travail quâĂ lâorganisation entiĂšre.
- Leadership autocratique : Le leadership autocratique est un style oĂč les dĂ©cisions sont principalement imposĂ©es par le dirigeant plutĂŽt que construites avec le groupe.
- Leadership dĂ©mocratique : Le leadership dĂ©mocratique est un style oĂč les dĂ©cisions sont davantage partagĂ©es ou construites avec les membres du groupe.
đ Points essentiels
- La direction ne dĂ©tient pas toujours le monopole de la division du travail et de la coordination, car des groupes de travail structurent aussi lâorganisation.
- Mayo a observĂ© quâun groupe de travailleurs pouvait rĂ©duire volontairement sa production malgrĂ© lâexistence de primes.
- Dans de nombreuses organisations, lâappartenance au groupe de travail domine lâappartenance Ă lâorganisation entiĂšre.
- Likert voit lâorganisation en groupe de travail comme un moyen dâimpliquer plus de personnes dans la dĂ©cision et de rĂ©duire les tensions liĂ©es Ă un contrĂŽle trop hiĂ©rarchique.
- Lewin et des chercheurs associés ont étudié des formes de leadership optimales, notamment autocratique, démocratique et laisser-faire.
- Des paramÚtres culturels peuvent expliquer des différences entre organisations, au-delà des facteurs strictement structurels.
đĄ Astuce mĂ©mo
Groupe dâabord : normes du groupe â effort ajustĂ© (mĂȘme avec primes) ; puis styles de leadership Ă tester (auto/dĂ©mo/laissez-faire).
đ 11. ThĂ©orie de la contingence : congruence et fit
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Congruence organisationnelle : La congruence organisationnelle dĂ©signe lâalignement entre la structure, les responsabilitĂ©s et les mĂ©canismes de contrĂŽle pour Ă©viter les dysfonctionnements.
- Fit structure-contrĂŽle : Le fit structure-contrĂŽle correspond Ă lâadĂ©quation entre le type de structure (centralisĂ©e, dĂ©centralisĂ©e, coordonnĂ©e) et le systĂšme de gestion/contrĂŽle associĂ©.
- Croissance par dĂ©lĂ©gation : La croissance par dĂ©lĂ©gation est une phase oĂč lâentreprise dĂ©centralise les dĂ©cisions vers des entitĂ©s responsables de leurs rĂ©sultats.
- Croissance par coordination : La croissance par coordination est une phase oĂč lâentreprise combine autonomie opĂ©rationnelle et coordination par des dispositifs centraux.
- Crise de contrĂŽle : La crise de contrĂŽle est la dĂ©gradation qui survient quand le contrĂŽle Ă distance devient illusoire et que lâorganisation se fragmente en fiefs.
đ Points essentiels
- Quand les performances baissent, les responsables fonctionnels peuvent se renvoyer la responsabilitĂ©, ce qui rĂ©vĂšle une crise dâautonomie liĂ©e au manque dâautonomie dĂ©cisionnelle.
- La crise dâautonomie se rĂ©sout par une structure plus dĂ©centralisĂ©e, avec des entitĂ©s dirigĂ©es par des managers responsables de rĂ©sultats et dâun ensemble de responsabilitĂ©s (technique, commerciale, etc.).
- Dans la croissance par dĂ©lĂ©gation, la direction gĂ©nĂ©rale gĂšre un portefeuille dâactivitĂ©s et tranche surtout via le choix et le remplacement des managers selon les rĂ©sultats.
- La décentralisation exige un systÚme comptable orienté centres de profit, avec facturation interne et reporting pour mesurer les résultats des entités.
- à un certain stade, le contrÎle à distance peut dégénérer en féodalités ou balkanisation, avec des frais généraux discrétionnaires qui réduisent la rentabilité remontant au siÚge.
- Une crise de rentabilité peut déclencher une défiance des actionnaires et faciliter une OPA, puis un raider peut « vider » les barons pour restaurer la rentabilité financiÚre.
đĄ Astuce mĂ©mo
DĂ©lĂ©gation = centres de profit + contrat rĂ©sultats ; si ça dĂ©rape â fĂ©odalitĂ©s â crise de rentabilitĂ©.
đ 12. ModĂšle de Greiner : crises et Ă©volution des structures
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Croissance par la direction : La croissance par la direction correspond Ă une phase oĂč lâentreprise se dĂ©veloppe en renforçant lâencadrement et en formalisant des procĂ©dures administratives et comptables.
- Crise dâautonomie : La crise dâautonomie dĂ©signe le moment oĂč des responsables fonctionnels se renvoient la responsabilitĂ© et manquent de prise en charge claire.
- Divisionnalisation : La divisionnalisation est une structuration par unités autonomes, souvent organisée en centres de profit, pour mieux piloter la performance.
- Structure de groupe : La structure de groupe regroupe plusieurs entités sous une logique de coordination, avec consolidation et reporting au niveau du groupe.
- Isomorphisme institutionnel : Lâisomorphisme institutionnel dĂ©crit le fait que des organisations dâun mĂȘme champ adoptent des structures de plus en plus semblables pour gagner en lĂ©gitimitĂ©.
đ Points essentiels
- Le modĂšle de Greiner dĂ©crit une succession de phases de croissance, chacune suivie dâune crise qui pousse Ă changer de structure.
- Phase 2 : lâapparition dâun encadrement intermĂ©diaire et de procĂ©dures administratives et comptables formalisĂ©es accompagne la croissance par la direction.
- Crise dâautonomie : les responsables fonctionnels manquent de responsabilitĂ© et crĂ©ent des jeux de renvoi entre fonctions.
- Phase 3 : la divisionnalisation met en place des centres de profit, avec facturation interne et importance du contrĂŽle de gestion.
- Crise de contrĂŽle : la division peut mener Ă une balkanisation, câest-Ă -dire une fragmentation nuisible des logiques de pilotage.
- Phase 4 : la croissance par coordination sâappuie sur une structure de groupe, avec consolidation, reporting groupe et rentabilitĂ© du capital investi comme logique de pilotage.
đĄ Astuce mĂ©mo
Greiner = Direction â Autonomie (crise) â Division (centres de profit) â ContrĂŽle (balkanisation) â Groupe (coordination) ; NĂ©o-institutionnel = LĂ©gitimitĂ© par imitation/coercition/normes.
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| 1971 | Etzioni (1971) : citation sur la vie immergĂ©e dans les organisations et lâĂtat comme organisation |
| 1916 | Fayol (1916) : définition de 14 principes de gestion (autorité, discipline, unité du commandement, hiérarchique) |
| 1987 | Robbins (1987) : dĂ©finition de lâorganisation comme entitĂ© de coordination Ă frontiĂšres identifiables et durable |
đ Tableaux de synthĂšse
Typologie des structures (Mintzberg) et mécanisme dominant
| Configuration | Partie dominante | Mécanisme dominant |
|---|
| Structure simple | Sommet stratégique | Supervision directe |
| Bureaucratie mécaniste | Technostructure | Standardisation des procédés |
| Bureaucratie professionnelle | Centre opérationnel | Standardisation des qualifications |
| Structure divisionnalisée | Ligne hiérarchique | Standardisation des résultats |
| Adhocratie | Support logistique | Ajustement mutuel |
| Organisation missionnaire | Idéologie | Standardisation des normes |
â ïž PiĂšges & confusions frĂ©quents
- Confondre le double sens : « organisation » (entitĂ© de coordination) vs « structure/mode dâorganisation » (façon de fonctionner).
- Croire que lâorganigramme dĂ©crit tout : il ne capture pas les relations informelles (appartenances, proximitĂ© spatiale, etc.).
- MĂ©langer les mĂ©canismes de coordination : supervision directe (chef ordonne) nâest pas ajustement mutuel (coordination informelle).
- Inverser standardisation des procédures et des résultats : procédures = comment faire ; résultats = niveau de performance attendu.
- Penser quâil existe un « one best way » universel : la thĂ©orie de la contingence affirme quâune structure nâest optimale que selon les circonstances.
- Confondre crise de contrĂŽle et crise dâautonomie dans Greiner : contrĂŽle = balkanisation/fĂ©odalitĂ©s ; autonomie = renvoi de responsabilitĂ©s et absence de prise en charge claire.
- Croire que la bureaucratie est toujours efficace : les cercles vicieux bureaucratiques montrent comment la rigidité engendre de nouvelles rÚgles aggravantes.
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Checklist Examen
- DĂ©finir lâorganisation (entitĂ© de coordination Ă frontiĂšres identifiables, durable, orientĂ©e vers des objectifs partagĂ©s) et expliquer le double sens du mot organisation.
- Expliquer pourquoi la structure est nécessaire : division du travail et besoin de coordination.
- Lister et caractĂ©riser les principes de Fayol (autoritĂ©, discipline, unitĂ© du commandement, hiĂ©rarchique) et relier-les Ă lâorganigramme.
- Comparer structure fonctionnelle et structure divisionnelle : logique (fonctions vs segments/marchés/zones) et conséquences sur la coordination.
- DĂ©crire la structure matricielle et lâarbitrage quâelle impose (combinaison de deux dimensions) ainsi que le problĂšme dâunitĂ© du commandement.
- Expliquer la structure (en) rĂ©seau : rĂ©gulation de type marchĂ©, mutualisation via services transversaux et logique de facturation (PCI) dans lâexemple Sejer.
- PrĂ©senter les six mĂ©canismes de coordination de Mintzberg et donner pour chacun un exemple dâorientation/contrĂŽle.
- Relier les configurations de Mintzberg à leur partie dominante et au mécanisme de coordination dominant (structure simple, bureaucratie mécaniste, bureaucratie professionnelle, divisionnalisée, adhocratie, missionnaire).
- Expliquer pourquoi les configurations de Mintzberg sont des idĂ©aux-types (rarement observĂ©es « en pur ») et pourquoi lâhybridation est frĂ©quente.
- Expliquer lâidĂ©e « one best way » et rĂ©sumer la division du travail chez Adam Smith (habiletĂ©, Ă©conomie de temps, machines) puis lâorganisation scientifique du travail chez Taylor (Ă©tude scientifique, instructions Ă©crite
- Décrire la bureaucratie weberienne : sources de légitimité (traditionnelle/charismatique/rationnelle-légale) et caractéristiques (rÚgles, hiérarchie, séparation fonction/homme, statut, recrutement, avancement).
- Expliquer lâentreprise virtuelle : dĂ©finition (entitĂ© de coordination, spĂ©cialisĂ©e, coordonnant des entreprises, technologies de lâinformation) et lâidĂ©e de rĂ©seau dynamique/chaĂźne de valeur.
- Expliquer la thĂ©orie de la contingence : facteurs internes/externes, congruence/fit, et pourquoi il nây a pas dâoptimisation universelle.
- DĂ©crire lâinfluence de lâenvironnement (stable vs turbulent) et lâidĂ©e de diffĂ©renciation-intĂ©gration (coexistence de mĂ©canismes bureaucratiques et organiques).
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