📋 Plan du Cours
- Définir et mesurer emploi, chômage et sous-emploi
- Définitions BIT et France Travail du chômage
- Taux de chômage et controverses de mesure
- Sous-emploi et halo autour du chômage
- Taux d’emploi et indicateurs complémentaires
- Chômage selon âge, sexe et catégories sociales
- Comparaisons internationales et modèles de chômage
- Institutions et salaire minimum dans le chômage structurel
- Coût du travail et cotisations sociales
- Chômage classique et vision néoclassique du marché
- Chômage conjoncturel et demande effective keynésienne
- Politiques de formation et insertion des chômeurs
📖 1. Définir et mesurer emploi, chômage et sous-emploi
🔑 Notions clés & Définitions
- Chômage BIT : Le chômage BIT désigne une situation mesurée selon les critères du Bureau international du travail, utilisée pour comparer les pays.
- Taux de chômage BIT : Le taux de chômage BIT rapporte le nombre de chômeurs BIT à la population active, exprimé en pourcentage.
- Chômage France Travail : Le chômage France Travail correspond aux catégories issues des inscriptions et des obligations de recherche d’emploi gérées par France Travail.
- Catégories A à G : Les catégories A à G classent les personnes selon leur situation vis-à-vis de l’emploi, de la disponibilité et de la recherche active.
- Sous-emploi : Le sous-emploi regroupe des personnes qui travaillent moins qu’elles ne le souhaiteraient, souvent en lien avec le temps partiel.
📝 Points essentiels
- Pour être chômeur au sens BIT, il faut être en âge de travailler (15 ans ou plus), sans emploi et sans avoir travaillé au moins 1h durant la semaine de référence.
- Au sens BIT, le chômeur doit être disponible pour prendre un emploi immédiatement (dans les 15 jours) et mener des démarches actives de recherche.
- En France, le taux de chômage BIT est mesuré par l’INSEE à partir d’une enquête auprès d’environ 110 000 personnes.
- Au 3e trimestre, le taux de chômage BIT est de 7,7% en France, avec 18,8% pour les moins de 25 ans, 7,1% pour les 25-49 ans et 5,1% pour les plus de 50 ans.
- Pour les jeunes sortis de l’école depuis 1 à 4 ans sans diplôme, le chômage atteint 43%.
- France Travail mesure le chômage à partir des inscriptions mensuelles et distingue plusieurs catégories (dont la catégorie A la plus médiatisée).
💡 Astuce mémo
BIT = 15 ans + 1h max + 15 jours dispo + démarches actives.
📖 2. Définitions BIT et France Travail du chômage
🔑 Notions clés & Définitions
- Chômage BIT : Le chômage BIT est une mesure du chômage fondée sur les critères statistiques du Bureau international du travail, visant à capter le chômage au sens strict.
- Chômage effectif : Le chômage effectif désigne le chômage tel qu’il reflète réellement les difficultés d’accès à l’emploi dans la société, au-delà des seules définitions statistiques.
- Sous-emploi : Le sous-emploi regroupe les situations où une personne travaille moins que ce qu’elle souhaiterait ou dans des conditions d’emploi jugées insuffisantes.
- Halo autour du chômage : Le halo autour du chômage regroupe des personnes proches de l’inactivité, mais pas comptées comme chômeurs au sens strict, car elles ne remplissent pas tous les critères.
- Cessation anticipée d’activité : La cessation anticipée d’activité correspond à une sortie du comportement de recherche active d’emploi, ce qui rapproche ces personnes de l’inactivité.
📝 Points essentiels
- Le chômage BIT peut sous-estimer le chômage réel car il ne capture pas entièrement le sous-emploi et le halo autour du chômage.
- Le sous-emploi concerne surtout des emplois précaires ou atypiques, davantage présents chez les salariés les moins qualifiés et surtout les femmes.
- Le halo autour du chômage est décrit comme une zone tampon entre emploi et inactivité, avec des personnes plus proches de l’inactivité que de l’emploi.
- Les personnes du halo sont présentées comme des salariés « problématiques » car elles sont plus proches de la formation et peuvent cesser de rechercher activement un emploi.
- La cessation anticipée d’activité correspond à l’autorisation de ne plus rechercher activement une activité, ce qui les éloigne du chômage BIT strict.
- Le halo autour du chômage représente 1,9 million de personnes, soit 4,5% des actifs, selon les chiffres donnés dans la section.
💡 Astuce mémo
BIT = « strict » : si tu ajoutes sous-emploi + halo, tu obtiens le chômage plus proche du réel.
📖 3. Taux de chômage et controverses de mesure
🔑 Notions clés & Définitions
- Chômage structurel : Chômage durable lié à des rigidités du marché du travail, qui persiste même quand la conjoncture s’améliore.
- Chômage conjoncturel : Chômage lié aux fluctuations de l’activité économique, qui varie avec la croissance et tend à s’inverser quand elle repart.
- Modèle anglo-saxon : Modèle de marché du travail où la perte d’emploi entraîne en général un retour plus rapide à l’emploi, donc un chômage moins long.
- Modèle européen : Modèle de marché du travail où la perte d’emploi peut se traduire par un chômage plus durable, avec un niveau structurellement plus élevé.
- CPP du marché du travail : Idée d’un marché du travail où l’ajustement entre offre et demande de travail se fait rapidement, rapprochant le chômage d’une logique plus cyclique.
📝 Points essentiels
- Le chômage mondial a globalement baissé sur ~20 ans, mais avec des variations irrégulières.
- Deux périodes sont présentées comme particulièrement difficiles, dont la crise des subprimes.
- En Europe, le chômage est structurellement plus élevé qu’aux États-Unis, ce qui rend le marché du travail moins cyclique.
- Quand la croissance repart, l’Europe crée moins d’emplois que les États-Unis, mais quand elle baisse, elle détruit aussi moins d’emplois.
- Le modèle anglo-saxon est décrit comme plus « fluide » : le chômage dure moins longtemps et le retour à l’emploi est plus rapide.
- Le modèle européen est décrit comme moins fluide : le chômage peut s’installer sur la durée, avec du chômage de masse ou de longue durée.
💡 Astuce mémo
Europe = chômage qui s’installe ; Anglo-saxon = chômage qui se résorbe vite.
📖 4. Sous-emploi et halo autour du chômage
🔑 Notions clés & Définitions
- Cotisations sociales salariales : Cotisations sociales salariales : prélèvements effectués sur le salaire brut par le salarié pour financer la protection sociale.
- Salaire net : Salaire net : montant effectivement perçu par le salarié avant impôt sur le revenu, après déduction des cotisations salariales.
- Cotisations sociales patronales : Cotisations sociales patronales : versements réalisés par l’employeur en plus du salaire brut, qui augmentent le coût du travail.
- Coût total du travail : Coût total du travail : somme du salaire brut et des cotisations (salariales et patronales) qui pèse sur le coût d’embauche.
- Chômage classique : Chômage classique : chômage expliqué par un déséquilibre du marché du travail dû à des rigidités empêchant l’ajustement des salaires.
📝 Points essentiels
- Les cotisations salariales sont déduites du salaire brut et servent à financer la protection sociale, ce qui réduit mécaniquement le salaire net.
- Exemple chiffré : pour un salaire brut de 2500€ (exemple), les cotisations salariales peuvent être de 542,9, donnant un salaire net d’environ 1957€.
- Les cotisations salariales représentent environ 22% du salaire, ce qui explique la baisse du net par rapport au brut.
- Les cotisations patronales s’ajoutent au salaire brut et augmentent le coût du travail, ce qui peut freiner l’embauche surtout pour les moins qualifiés.
- Le coût total du travail peut peser sur la création d’emploi, mais il finance aussi la sécurité sociale, ce qui rend la logique « coût vs modèle social » apparemment contradictoire.
- Comparaison européenne : le coût horaire du travail varie fortement, par exemple 11€ en Roumanie contre 54€ au Luxembourg, dans une zone concurrentielle.
💡 Astuce mémo
Coût du travail = salaire + cotisations (net baisse, embauche coûte plus) ; chômage classique = rigidité du salaire (SMIC) empêche l’ajustement.
📖 5. Taux d’emploi et indicateurs complémentaires
🔑 Notions clés & Définitions
- Taux d’emploi vacant : Indicateur du nombre de postes à pourvoir rapporté à l’ensemble des emplois, utilisé pour repérer les tensions sur le marché du travail.
- Chômage de longue durée : Situation où le chômage dure longtemps, souvent favorisée quand la recherche d’emploi devient moins active.
- Rigidités salariales : Ensemble des mécanismes qui empêchent l’ajustement rapide des salaires entre offre et demande sur le marché du travail.
- Règles de protection de l’emploi : Ensemble des règles encadrant l’embauche et surtout les licenciements, qui augmentent le coût et la difficulté des ajustements.
- Barrières liées au coût : Obstacles à l’embauche liés au niveau et aux composantes du coût du travail (ex. salaire minimum, préavis, indemnités).
📝 Points essentiels
- Le rôle du SMIC est de réduire les ajustements spontanés entre offre et demande, ce qui peut accroître le chômage surtout chez les moins qualifiés.
- Les syndicats peuvent influencer la formation des salaires en pesant sur la répartition de la valeur ajoutée en faveur des salariés, même si le taux de syndicalisation est faible (environ 10%).
- Dans l’analyse libérale, une indemnisation du chômage jugée trop proche du salaire peut désinciter la recherche active et augmenter la part de chômage de longue durée.
- Les conventions collectives et le droit du travail augmentent le coût du travail, ce qui est présenté comme défavorable aux entreprises et favorable aux salariés.
- Quand le coût du travail dépasse le salaire d’équilibre, la conséquence attendue est un chômage « classique » lié à l’ajustement impossible.
- L’augmentation du coût du travail pénalise d’abord les moins qualifiés et peut favoriser la substitution du capital au travail.
💡 Astuce mémo
SMIC + droit du travail = ajustement bloqué → chômage surtout chez les moins qualifiés.
📖 6. Chômage selon âge, sexe et catégories sociales
🔑 Notions clés & Définitions
- Chômage structurel : Chômage durable lié à un désajustement entre les caractéristiques des emplois et celles des travailleurs, même quand la conjoncture n’est pas la cause principale.
- Chômage frictionnel : Chômage de transition dû aux changements sectoriels qui obligent les salariés à chercher, s’adapter et se former avant d’être productifs sur un nouvel emploi.
- Appariement sur le marché du travail : Mécanisme d’adéquation entre l’offre de travail (qualifications, attentes) et la demande de travail (postes, rémunérations) qui conditionne la vitesse de retour à l’emploi.
- Inadéquation des compétences : Désajustement entre les compétences disponibles chez les travailleurs et celles exigées par les emplois, souvent mis en avant pour expliquer des recrutements difficiles.
- Inadéquation spatiale : Désajustement géographique entre les lieux où les emplois sont créés et ceux où résident les travailleurs, qui freine la recherche et l’accès aux postes.
📝 Points essentiels
- Conjoncture favorable : la croissance (PIB en hausse) s’accompagne d’un chômage plus faible et d’un taux d’emploi vacant élevé.
- Conjoncture défavorable : le ralentissement voire la récession augmente le chômage et fait baisser le taux d’emploi vacant.
- Cas où chômage et emploi vacant sont tous deux élevés : la conjoncture peut rester favorable, mais l’appariement ne fonctionne pas bien.
- Cas où la conjoncture se dégrade : le chômage augmente mécaniquement et le taux d’emploi vacant diminue, tout en restant élevé.
- Une économie peut générer plus de chômage en conjoncture favorable à emploi vacant identique, ce qui suggère un chômage structurel plus fort (inadéquation).
- Le chômage frictionnel prolonge la recherche car le chômeur compare coûts et avantages (ancien métier/salaire, qualification du poste, indemnisation) et consacre du temps à la prospection.
💡 Astuce mémo
Conjoncture = chômage qui bouge ; structurel = appariement qui coince (compétences ou espace).
📖 7. Comparaisons internationales et modèles de chômage
🔑 Notions clés & Définitions
- Ségrégation spatiale : La ségrégation spatiale est un phénomène qui concentre des populations dans certains quartiers ou départements, ce qui peut éloigner les lieux de résidence des lieux d’emploi.
- Asymétrie d’information : L’asymétrie d’information est une situation où les acteurs d’un échange ne disposent pas des mêmes informations, ce qui perturbe le fonctionnement du marché du travail.
- Sélection adverse : La sélection adverse est un problème ex ante où une partie ne connaît pas parfaitement les caractéristiques de l’autre avant la signature du contrat.
- Aléa moral : L’aléa moral est un problème ex post où, après le contrat, l’une des parties ne peut pas observer parfaitement l’effort ou le comportement de l’autre.
- Salaire d’efficience : Le salaire d’efficience est une politique consistant à payer au-dessus du salaire du marché pour attirer, motiver et fidéliser les salariés.
📝 Points essentiels
- La distance entre lieux d’emploi et lieux de résidence peut freiner la recherche d’emploi car le coût et le temps de trajet rendent la mobilité pendulaire dissuasive.
- L’accès à l’information sur les emplois disponibles peut être difficile, surtout quand les salariés subissent une asymétrie d’informations structurelle.
- Des solutions proposées sont l’amélioration des transports, la circulation de l’information sur les emplois et des incitations fiscales pour attirer des entreprises dans certains quartiers.
- La sélection adverse survient avant le contrat : l’employeur peut embaucher un candidat dont les compétences ne correspondent pas au poste.
- L’aléa moral survient après le contrat : l’employeur ne peut pas surveiller parfaitement l’effort, ce qui peut réduire la productivité.
- Le salaire d’efficience vise à motiver et fidéliser en payant plus que le salaire du marché, ce qui réduit aussi les départs et l’absentéisme.
💡 Astuce mémo
Distance + info = chômage : trajets découragent, asymétrie bloque l’accès aux bons emplois.
📖 8. Institutions et salaire minimum dans le chômage structurel
🔑 Notions clés & Définitions
- Chômage structurel : Le chômage structurel correspond à un chômage durable lié à des désajustements du marché du travail, pas seulement à une conjoncture de court terme.
- Salaire minimum : Le salaire minimum est un niveau plancher légal du salaire qui peut modifier le coût du travail et donc l’embauche.
- Coût microéconomique du travail : Le coût microéconomique du travail est l’impact du salaire sur les décisions des entreprises, notamment l’embauche et la production.
- Revenu macroéconomique : Le revenu macroéconomique est la part du salaire qui influence la demande globale via le pouvoir d’achat des ménages.
- Demande effective : La demande effective est la demande anticipée qui détermine le niveau de production et d’emploi dans l’économie.
📝 Points essentiels
- Le salaire peut être analysé comme coût microéconomique pour les entreprises, mais aussi comme revenu macroéconomique qui détermine la demande effective.
- Dans l’approche keynésienne, le chômage est d’abord perçu comme conjoncturel, donc lié à l’insuffisance de demande effective.
- La demande effective dépend en amont de la consommation et de l’investissement, ce qui relie directement la demande au chômage.
- L’État devient un acteur légitime car la relance de l’emploi/production passe par une intervention pour soutenir la demande effective.
- Les ménages consomment une part plus élevée de leur revenu disponible quand ils sont plus pauvres, ce qui soutient la consommation finale et la demande effective.
- Les entreprises investissent davantage si le taux d’intérêt est inférieur au rendement escompté de l’investissement, d’où l’importance d’un taux d’intérêt relativement bas via la politique monétaire.
💡 Astuce mémo
Salaire = coût pour embaucher, salaire = revenu pour consommer : si la demande effective baisse, le chômage monte.
📖 9. Coût du travail et cotisations sociales
🔑 Notions clés & Définitions
- Chômage conjoncturel : Chômage lié à une insuffisance temporaire de la demande effective, qui peut baisser si la demande est relancée.
- Demande effective : Notion macroéconomique qui désigne la demande réellement adressée aux entreprises, déterminant la production et donc l’emploi.
- Relance keynésienne : Politique budgétaire visant à soutenir la demande globale pour relancer la croissance et réduire le chômage conjoncturel.
- Politique des revenus : Relance qui cible les ménages à bas revenus afin d’augmenter leur consommation, donc la demande effective.
- Minijobs allemands : Dispositif d’emplois faiblement rémunérés permettant d’alléger le coût du travail via une structure de charges très réduite.
📝 Points essentiels
- La relance keynésienne n’agit efficacement sur le chômage que si le chômage provient d’une insuffisance de la demande effective, donc pas d’un chômage structurel.
- Si 1) et 2) sont vraies, alors le chômage est conjoncturel et la relance de la demande effective peut soutenir la croissance et l’emploi.
- Pour que la relance crée des emplois, les entreprises doivent pouvoir répondre à la hausse de demande, sinon l’effet se limite aux importations.
- La relance est moins efficace si la demande des ménages se dirige vers des biens industriels importés plutôt que vers des services produits en France.
- La hausse de l’investissement suppose que les entreprises anticipent une demande suffisante à long terme, ce qui dépend fortement de la confiance.
- Si les entreprises n’investissent pas, une partie de la demande effective n’est pas alimentée par l’investissement et la relance devient nettement moins efficace.
💡 Astuce mémo
Demande→Production→Emploi : relance efficace seulement si la demande est réelle, répondue, et investie.
📖 10. Chômage classique et vision néoclassique du marché
🔑 Notions clés & Définitions
- Chômage classique : Le chômage classique désigne le chômage expliqué par un désajustement lié au fonctionnement du marché du travail, notamment quand le coût du travail freine l’embauche.
- Vision néoclassique du marché : La vision néoclassique du marché explique le chômage par l’ajustement des prix et des coûts, en particulier via le salaire et le coût du travail.
- Allègement du coût du travail : Les allègements du coût du travail sont des mesures qui réduisent les charges supportées par les employeurs pour encourager l’embauche.
- Minijobs allemands : Les minijobs allemands sont des emplois à bas salaire avec un seuil où les charges sociales sont supprimées, afin de faciliter l’emploi flexible.
- Trappe à bas salaire : La trappe à bas salaire est une situation où les dispositifs d’allègement incitent à rester autour du SMIC, ce qui limite la progression des rémunérations.
📝 Points essentiels
- La logique néoclassique vise à réduire le chômage en abaissant le coût du travail pour rendre l’embauche plus rentable.
- En Allemagne, les minijobs reposent sur un seuil autour de 450€ où le brut correspond au net et où il n’y a pas de charges sociales pour employeur ni salarié.
- Les minijobs offrent une grande flexibilité d’horaires, ce qui facilite l’emploi des jeunes et des étudiants pour financer leurs études.
- Le modèle minijobs réduit le chômage, mais il crée un déficit de protection car l’absence de cotisations limite l’accès aux droits (maladie, chômage, retraite).
- La précarité augmente si le dispositif devient durable et concerne un nombre croissant de salariés, ce qui réduit à long terme les protections statutaires.
- En France depuis le début des années 90 (notamment sous Balladur), les cotisations sociales patronales ont fortement baissé pour les salariés proches du SMIC afin de créer davantage d’emplois non qualifiés.
💡 Astuce mémo
Coût du travail ↓ → embauche ↑ (mais droits ↓) : « minijob = emploi flexible, protection fragile ».
📖 11. Chômage conjoncturel et demande effective keynésienne
🔑 Notions clés & Définitions
- Demande effective keynésienne : Notion keynésienne selon laquelle le niveau d’activité dépend de la demande anticipée, ce qui détermine l’emploi à court terme.
- Chômage conjoncturel : Chômage lié aux fluctuations de l’activité économique, qui varie avec la conjoncture plutôt qu’avec les caractéristiques structurelles du marché du travail.
- Pertes de recettes publiques : Baisse des recettes de l’État due à des revenus plus faibles et à une consommation moindre, réduisant les ressources fiscales.
- Flexibilité quantitative : Forme de flexibilité qui ajuste les effectifs ou le volume horaire aux besoins de l’entreprise pour répondre rapidement aux variations de la demande.
- Flexibilité qualitative : Forme de flexibilité qui modifie l’organisation du travail via l’externalisation ou la réaffectation des salariés à d’autres tâches.
📝 Points essentiels
- Une relance par la baisse des charges peut créer des emplois sans effet durable sur l’emploi si les dépenses publiques sont jugées inutiles et si l’ajustement reste surtout financier.
- Les bas salaires réduisent l’impôt sur le revenu perçu par l’État, ce qui diminue ses recettes.
- La TVA issue de la consommation rapporte moins quand la consommation baisse, ce qui réduit aussi les recettes de l’État.
- Le contrat 0h illustre une flexibilité recherchée pour un appariement rapide entre offre et demande de travail, avec absence de garantie d’heures.
- Dans un contrat 0h, l’employeur ne garantit aucune heure et le salarié travaille selon les besoins, avec des droits essentiels (maladie, chômage, maternité, congés payés) non ouverts.
- La généralisation de ces formes de flexibilité peut précariser durablement car l’incertitude devient la norme (logement, crédits, mutuelle).
💡 Astuce mémo
Demande effective = demande → production → emploi (court terme).
🔑 Notions clés & Définitions
- Chômage structurel : Le chômage structurel désigne un chômage durable lié à un décalage entre les compétences disponibles et les besoins des entreprises.
- Formation initiale : La formation initiale correspond au parcours des jeunes dans le système éducatif jusqu’à l’entrée dans la vie active.
- Formation continue : La formation continue vise la montée en compétences des adultes déjà insérés ou le rebond après un changement contraint.
- Compte personnel de formation : Le compte personnel de formation est un dispositif qui finance la formation des actifs (salariés ou chômeurs) via des abondements annuels des employeurs.
- Grand plan d’investissement dans les compétences : Le grand plan d’investissement dans les compétences regroupe des actions ciblant des publics et des métiers prioritaires pour renforcer le capital humain.
📝 Points essentiels
- Deux leviers publics sont mobilisables pour lutter contre le chômage structurel : la formation initiale et la formation continue.
- La formation initiale a fortement augmenté depuis 2017 afin de rapprocher l’école de l’entreprise via l’apprentissage et la formation en alternance.
- En 2024, plus de 900 000 jeunes sont concernés par l’alternance pour améliorer l’employabilité et réduire l’inadéquation offre/demande.
- La formation continue concerne les adultes en emploi pour actualiser des compétences ou se reconvertir après un licenciement.
- Le compte personnel de formation est abondé chaque année par les employeurs et permet à chaque actif de financer sa propre formation.
- Former est présenté comme un droit et une obligation pour maintenir productivité, compétences et capital humain, donc l’appariement sur le marché du travail.
💡 Astuce mémo
Chômage structurel = compétences mal ajustées → former au départ (alternance) + former tout au long de la vie (CPF).
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 15 ans ou plus | Âge minimal pour être chômeur au sens BIT |
| 1er janvier | Date de fixation annuelle du SMIC en France |
| 450€ | Seuil des minijobs allemands autour duquel brut = net et charges sociales supprimées |
📊 Tableaux de synthèse
Mesures du chômage : BIT vs France Travail
| Indicateur | Base de mesure | Critère central |
|---|
| Chômage BIT | Enquête INSEE auprès d’environ 110 000 personnes | Répondre à tous les critères BIT (15 ans ou plus, sans emploi, pas travaillé 1h, dispo 15 jours, démarches actives) |
| Chômage France Travail | Inscriptions mensuelles et catégories | Catégorie A (acte positif de recherche) la plus médiatisée ; autres catégories selon disponibilité et activité réduite |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre actif occupé et chômeur : travailler à mi-temps mais vouloir plus n’est pas forcément du chômage au sens BIT.
- Croire que le chômage BIT mesure tout le chômage : il sous-estime le sous-emploi et le halo autour du chômage.
- Mélanger catégories France Travail et définition BIT : la catégorie A dépend des inscriptions et de l’acte positif, pas des critères BIT.
- Interpréter « chômage élevé » comme uniquement conjoncturel : le cours distingue chômage conjoncturel et chômage structurel (appariement, compétences, institutions).
- Penser que baisser le salaire résout toujours le chômage : l’approche keynésienne critique ce cercle vicieux (pauvreté → baisse conso → chômage).
- Confondre coût du travail et salaire net : les cotisations salariales réduisent le net, tandis que les cotisations patronales augmentent le coût total.
- Croire que la relance keynésienne marche toujours : elle est efficace seulement si le chômage vient d’une insuffisance de demande effective et si l’offre/les entreprises répondent.
✅ Checklist Examen
- Donner la définition du chômeur au sens BIT et citer les critères (âge, 0 emploi, pas travaillé 1h, disponibilité 15 jours, démarches actives).
- Expliquer comment l’INSEE mesure le taux de chômage BIT (enquête, effectif enquêté) et savoir interpréter les taux par âge donnés (moins de 25 ans, 25-49, plus de 50).
- Décrire la mesure du chômage par France Travail : base (inscriptions mensuelles) et rôle des catégories, en particulier la catégorie A et l’acte positif de recherche.
- Calculer le taux de chômage BIT à partir de la formule (nombre de chômeurs BIT / population active x 100) et rappeler l’idée que le BIT est le seul chiffre officiel pour comparer les pays.
- Expliquer la différence entre sous-emploi et halo autour du chômage, et pourquoi le chômage BIT sous-estime le chômage effectif en France.
- Maîtriser les indicateurs complémentaires : taux de chômage (par catégories) et taux d’emploi (actifs occupés / population active x 100), avec l’idée que le taux d’emploi finance le reste.
- Présenter les explications du chômage structurel par rigidités et institutions : salaire minimum (SMIC), syndicats, indemnisation, conventions collectives/droit du travail, règles de protection de l’emploi.
- Expliquer la vision néoclassique du chômage classique : flexibilité des salaires, rôle du SMIC comme rigidité, et conséquences attendues (désincitation à embaucher pour les moins qualifiés).
- Expliquer les règles de protection de l’emploi (préavis, motivation, indemnisation, encadrement CDD/intérim) et le lien avec la flexibilité plus lente vs pays anglo-saxons.
- Décrire le chômage frictionnel : changements sectoriels, calcul coût-avantage de la prospection, rôle de l’indemnisation et de l’information, et les deux pistes proposées (réduire indemnisation / améliorer information).
- Expliquer l’inadéquation des compétences et l’inadéquation spatiale : difficultés de recrutement, rôle de l’école, distance et ségrégation, et solutions (transports, information, incitations d’implantation).
- Présenter l’asymétrie d’information et ses deux problèmes (sélection adverse ex ante, aléa moral ex post) puis le salaire d’efficience (paye au-dessus du salaire du marché pour motiver/fidéliser).
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