📋 Plan du Cours
- Théorie de l'emploi de Keynes
- Macro-économie et agrégats
- Intervention étatique
- Préférences monétaires
- Taux d’intérêt et liquidité
- Dépense et consommation
- Propension à consommer
- Investissement et capital
- Demande effective
- Sous-emploi et chômage involontaire
- Rôle de l’État
📖 1. Théorie de l'emploi de Keynes
🔑 Notions clés & Définitions
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Équilibre de sous-emploi : Situation où l’économie est stable mais ne réalise pas le plein emploi, avec un niveau de production insuffisant pour absorber toute la main-d'œuvre disponible. Selon Keynes (1936), cet équilibre est la norme dans le système capitaliste, contrairement à la vision néoclassique qui suppose un marché du travail toujours en plein emploi.
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Théorie générale de l’emploi et de la monnaie : ouvrage de Keynes (1936) qui remet en question la théorie néoclassique en affirmant que l’économie peut se stabiliser en situation de sous-emploi, et que la demande effective détermine le niveau d’emploi.
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Crise économique liée aux réparations allemandes : contexte historique analysé par Keynes (1919), où les réparations imposées à l’Allemagne après la Première Guerre mondiale ont entraîné une contraction du budget public, pouvant provoquer une crise économique, sociale et politique, notamment la montée de régimes totalitaires.
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Critique de la théorie néoclassique sur le déséquilibre durable : Keynes (1936) critique l’idée que les marchés s’ajustent automatiquement pour atteindre le plein emploi, soulignant que la demande globale peut rester insuffisante, menant à un chômage involontaire et à un équilibre de sous-emploi.
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Rôle central des anticipations dans l’économie : Keynes insiste sur l’importance des anticipations des agents économiques, qui, face à l’incertitude, influencent leurs décisions d’investissement et de consommation, affectant ainsi la demande globale et l’emploi.
📝 Points essentiels
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La situation normale du système capitaliste n’est pas un équilibre de plein emploi, mais un équilibre de sous-emploi, où la demande globale est insuffisante pour garantir le plein emploi (voir équilibre de sous-emploi).
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La crise de 1929 et la Grande Dépression illustrent la faillite de la vision néoclassique, qui considère que les marchés s’ajustent spontanément pour éliminer le chômage involontaire.
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Keynes développe une approche macro-économique, centrée sur les agrégats tels que la consommation, l’investissement, et l’épargne, pour analyser le fonctionnement de l’économie.
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La demande effective, composée de la consommation, de l’investissement et de la demande autonome, détermine le niveau de production et d’emploi. En cas de demande insuffisante, l’économie peut se stabiliser en sous-emploi.
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L’État doit intervenir pour stimuler la demande par des politiques conjoncturelles, notamment en augmentant la dépense publique, pour réduire le chômage involontaire et atteindre le plein emploi.
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Les anticipations jouent un rôle crucial : face à l’incertitude, les agents économiques forment des prévisions qui influencent leurs comportements, ce qui peut renforcer ou aggraver la crise.
💡 À retenir
Keynes montre que l’économie peut rester en sous-emploi durable si la demande globale est insuffisante, et que l’intervention de l’État est essentielle pour corriger cette situation et favoriser le plein emploi.
📖 2. Macro-économie et agrégats
🔑 Notions clés & Définitions
- Agrégats macro-économiques : grands indicateurs représentant l’ensemble de l’économie, tels que la consommation, l’investissement, et l’épargne, permettant d’analyser le comportement global du système économique (voir méthodologie macro-économique keynésienne).
- Consommation (C) : dépense des ménages pour l’achat de biens et services, dépendant du revenu et influencée par la propension à consommer.
- Investissement (I) : dépenses des entreprises pour l’acquisition de capital, fonction de l’efficacité marginale du capital et du taux d’intérêt, essentiel pour la croissance économique.
- Épargne (S) : part du revenu non consommée, motif de précaution, transaction ou spéculation, dont la répartition influence la demande globale.
- Méthodologie macro-économique keynésienne : approche qui étudie les relations entre grands agrégats économiques pour comprendre le fonctionnement de l’économie, en intégrant notamment l’incertitude et les anticipations des agents.
- Répartition du revenu entre consommation et épargne : processus par lequel le revenu national est divisé entre la dépense de consommation et l’épargne, influencée par la propension à consommer et le taux d’intérêt.
📝 Points essentiels
- La macro-économie, selon Keynes, s’appuie sur une méthodologie qui privilégie l’étude des agrégats pour analyser la dynamique économique, contrairement à la micro-économie qui se concentre sur les comportements individuels.
- La consommation dépend du revenu selon la loi psychologique fondamentale, avec une propension moyenne à consommer (c = C/R) inférieure à 1, et une propension marginale à consommer (cm = ΔC/ΔR) positive, indiquant que l’augmentation du revenu entraîne une hausse de la consommation mais à un rythme décroissant.
- L’investissement est déterminé par l’efficacité marginale du capital et le taux d’intérêt, l’entreprise investissant tant que le rendement marginal du capital dépasse le coût du financement.
- La répartition du revenu entre consommation et épargne est influencée par la propension à consommer et par le taux d’intérêt, qui agit comme un prix de la monnaie et une récompense pour la renonciation à la liquidité.
- La demande effective, concept central chez Keynes, désigne la demande anticipée par les producteurs, composée de la consommation, de l’investissement et de la demande autonome, et détermine le niveau de production et d’emploi.
- La théorie de Keynes conteste la loi de Say, en soulignant que la demande globale peut être insuffisante, entraînant un équilibre de sous-emploi et un chômage involontaire, notamment en raison de l’incertitude et de la préférence pour la liquidité.
💡 À retenir
La macro-économie keynésienne met en avant l’importance des agrégats, de la demande effective et de la répartition du revenu pour comprendre la croissance, l’emploi et la stabilité économique, en insistant sur le rôle de l’État dans la régulation de ces grands indicateurs.
📖 3. Intervention étatique
🔑 Notions clés & Définitions
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Politique économique conjoncturelle : Ensemble des mesures prises par l’État pour réguler l’économie à court terme, notamment en ajustant la dépense publique, les taux d’intérêt ou la redistribution des revenus afin de soutenir la demande globale et lutter contre le chômage involontaire (d’après Keynes).
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Politique budgétaire : Utilisation par l’État de ses recettes (impôts, taxes) et dépenses (investissements, transferts) pour influencer l’économie. Elle peut inclure l’acceptation des déficits budgétaires pour stimuler la demande et soutenir l’emploi, notamment en période de crise.
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Politique de redistribution des revenus : Ensemble des mesures visant à réduire les inégalités économiques en transférant des ressources des catégories les plus riches vers les plus pauvres, afin d’accroître leur propension à consommer et relancer la demande effective (d’après Keynes).
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Acceptation des déficits budgétaires : Approche où l’État privilégie la dépense publique même si elle entraîne un déficit, dans le but de stimuler la demande globale, d’éviter la crise et de favoriser la croissance économique, en particulier lors de récessions.
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Politique de taux d’intérêt bas : Stratégie monétaire visant à réduire le coût du crédit, encourager l’investissement et la consommation, et ainsi soutenir la demande globale. Elle est souvent institutionnalisée par les banques centrales pour favoriser la croissance et l’emploi.
📝 Points essentiels
Selon Keynes, l’État doit intervenir activement dans l’économie pour pallier les défaillances du marché, notamment en période de sous-emploi. La politique conjoncturelle, par la dépense publique et la redistribution, permet d’accroître la demande autonome et de réduire le chômage involontaire. L’acceptation des déficits budgétaires est une stratégie essentielle pour financer ces interventions, en particulier lorsque la croissance est faible ou en crise. La politique de taux d’intérêt bas, souvent mise en œuvre par les banques centrales, facilite l’investissement en réduisant le coût du crédit, ce qui stimule la demande globale. La redistribution des revenus vers les catégories moins riches, qui ont une propension à consommer plus élevée, est également cruciale pour relancer la demande effective. Ces mesures s’inscrivent dans une logique de politique économique structurelle et conjoncturelle visant à stabiliser et relancer l’économie.
💡 À retenir
L’intervention étatique, par des politiques conjoncturelles, budgétaires et de redistribution, constitue un levier essentiel pour stimuler la demande, réduire le chômage involontaire et soutenir la croissance, notamment en acceptant temporairement des déficits budgétaires et en maintenant des taux d’intérêt faibles.
📖 4. Préférences monétaires
🔑 Notions clés & Définitions
- Préférence pour la liquidité : Tendance des agents économiques à détenir de la monnaie plutôt que d’autres actifs, en raison de la capacité de la monnaie à être échangée rapidement contre des biens ou services (source : chapitre 7, Keynes).
- Motifs de détention de monnaie : Raisons pour lesquelles les agents choisissent de détenir de la monnaie, comprenant :
- Transaction : La détention de monnaie nécessaire pour effectuer des échanges courants.
- Précaution : La monnaie conservée pour faire face à des risques ou des imprévus.
- Spéculation : La détention de monnaie pour profiter de variations futures des taux d’intérêt ou des prix d’actifs, dans une optique de plus-value ou de revenu (source : chapitre 7, Keynes).
- Monnaie comme réserve de richesse : La monnaie est considérée comme un actif liquide permettant de préserver la valeur du patrimoine, notamment en temps d’incertitude (source : chapitre 7, Keynes).
- Incertitude et information imparfaite : La réalité économique est marquée par une connaissance limitée du présent et de l’avenir, ce qui pousse les agents à privilégier la liquidité pour réduire leur vulnérabilité face à cette incertitude (source : chapitre 7, Keynes).
📝 Points essentiels
- La préférence pour la liquidité est une des principales motivations pour la détention de monnaie, influencée par l’incertitude et la nécessité de faire face aux risques (motif de précaution).
- Les motifs de détention (transaction, précaution, spéculation) déterminent la demande de monnaie, qui varie selon le taux d’intérêt, la situation économique et l’incertitude.
- La monnaie joue un rôle central en tant que réserve de richesse et outil de gestion face à l’incertitude, ce qui explique sa préférence dans un contexte d’information imparfaite.
- La détention de monnaie est influencée par la préférence pour la liquidité, qui peut augmenter en période d’incertitude ou de volatilité économique, renforçant la demande de monnaie.
- La théorie de Keynes insiste sur le fait que cette préférence pour la liquidité peut conduire à une insuffisance de la demande globale, impactant l’emploi et la croissance (voir section 3).
💡 À retenir
La préférence pour la liquidité, motivée par les motifs de transaction, précaution et spéculation, explique la demande de monnaie dans un contexte d’incertitude et d’information imparfaite, jouant un rôle clé dans la dynamique économique selon Keynes.
📖 5. Taux d’intérêt et liquidité
🔑 Notions clés & Définitions
- Taux d’intérêt comme prix de la monnaie : Le taux d’intérêt représente le coût ou la récompense associé à la détention ou à l’emprunt de monnaie, déterminé par l’offre et la demande de monnaie (voir "détermination du taux d’intérêt par offre et demande de monnaie").
- Fonction du taux d’intérêt (récompense pour renoncement à la liquidité) : Le taux d’intérêt sert de rémunération à ceux qui acceptent de renoncer à la liquidité immédiate pour obtenir des revenus futurs, incitant à épargner ou à prêter (voir "taux d’intérêt comme prix de la monnaie").
- Détermination du taux d’intérêt par offre et demande de monnaie : Le taux d’intérêt est fixé par l’équilibre entre l’offre de monnaie, institutionnalisée par les banques, et la demande de monnaie pour des motifs de transaction, précaution ou spéculation.
- Institutionnalisation du taux d’intérêt par les banques : Les banques jouent un rôle central en fixant le taux d’intérêt, en fonction des politiques monétaires et de l’offre de monnaie qu’elles proposent sur le marché.
📝 Points essentiels
- Le taux d’intérêt est considéré comme le prix de la monnaie, reflétant la récompense pour renoncer à la liquidité immédiate (voir "fonction du taux d’intérêt").
- La demande de monnaie pour motifs de transaction, précaution ou spéculation influence directement le taux d’intérêt, qui équilibre l’offre de monnaie institutionnalisée par les banques.
- Selon Keynes, le taux d’intérêt peut être institutionnalisé par les banques, qui fixent ce taux en fonction de leur politique monétaire et de la confrontation entre l’offre et la demande de monnaie.
- La liquidité, liée à la capacité d’un actif à être échangé rapidement contre de la monnaie, est un facteur clé dans la détermination du taux d’intérêt, car elle influence la demande de monnaie.
- La rémunération (taux d’intérêt) incite à épargner ou à prêter, en récompensant la renonciation à la liquidité immédiate, ce qui influence la propension à épargner et à investir.
💡 À retenir
Le taux d’intérêt, en tant que prix de la monnaie, est déterminé par l’équilibre entre l’offre et la demande de monnaie, institutionnalisé par les banques, et sert de récompense pour la renonciation à la liquidité.
📖 6. Dépense et consommation
🔑 Notions clés & Définitions
- Dépense monétaire : somme totale dépensée dans une économie, comprenant la dépense de consommation des ménages et la dépense d’investissement des entreprises (voir section 7).
- Dépense de consommation des ménages : part de la dépense monétaire consacrée à l’achat de biens et services pour satisfaire les besoins courants, dépendante du revenu selon la loi psychologique fondamentale de Keynes.
- Dépense d’investissement des entreprises : part de la dépense monétaire consacrée à l’acquisition de capital pour augmenter la capacité productive, influencée par l’efficacité marginale du capital et le taux d’intérêt (voir section 8).
- Propension moyenne à consommer (c) : ratio entre la consommation totale (C) et le revenu (R), c = C/R, caractéristique de la part moyenne du revenu consacrée à la consommation.
- Propension marginale à consommer (cm) : variation de la consommation (ΔC) divisée par la variation du revenu (ΔR), indiquant la part supplémentaire du revenu consacrée à la consommation lorsque celui-ci augmente.
- Théorie de la demande effective : concept selon lequel la production et l’emploi dépendent de la demande anticipée, remettant en cause la loi de Say, notamment en raison de l’incertitude et de la préférence pour la liquidité (voir section 9).
📝 Points essentiels
- La dépense monétaire est la somme de la dépense de consommation des ménages et de la dépense d’investissement des entreprises, constituant la base de la demande globale (voir section 7).
- La consommation dépend du revenu selon la loi psychologique fondamentale de Keynes : lorsque le revenu augmente, la consommation augmente, mais à un rythme plus lent, ce qui implique une propension marginale à consommer inférieure à 1.
- La propension moyenne à consommer (c) est généralement inférieure à 1, reflétant que tout revenu supplémentaire n’est pas entièrement consommé, une partie étant épargnée. La propension marginale à consommer (cm) est positive ou nulle, indiquant que toute augmentation du revenu entraîne une hausse de la consommation.
- La dépense d’investissement est déterminée par l’efficacité marginale du capital et le taux d’intérêt : l’investissement se poursuit tant que le rendement marginal du capital dépasse le coût (voir section 8).
- Keynes critique la loi de Say en soulignant que la demande globale peut être insuffisante, ce qui entraîne un déséquilibre entre la production et l’emploi, et donc un chômage involontaire.
💡 À retenir
La dépense monétaire, composée de la consommation des ménages et de l’investissement des entreprises, constitue le moteur de la demande globale, dont la dynamique dépend des comportements liés au revenu, au taux d’intérêt, et à l’incertitude économique.
📖 7. Propension à consommer
🔑 Notions clés & Définitions
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Propension moyenne à consommer (c = C/R) : rapport entre la consommation totale (C) et le revenu total (R). Elle indique la part du revenu consacrée à la consommation en moyenne. Keynes (1936) montre que cette propension est inférieure à 1 dans une nation, ce qui signifie que la consommation ne représente pas tout le revenu.
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Propension marginale à consommer (cm = ΔC/ΔR) : variation de la consommation (ΔC) divisée par la variation du revenu (ΔR). Elle mesure la part supplémentaire du revenu qui est consacrée à la consommation lorsque le revenu augmente. Keynes (1936) précise que cette propension est positive ou nulle, et inférieure à 1, car une partie du revenu supplémentaire est épargnée.
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Loi psychologique fondamentale de Keynes : principe selon lequel la consommation dépend du revenu, avec une augmentation de la consommation lorsque le revenu augmente, mais à un rythme inférieur à celui de l’augmentation du revenu. Elle implique que la propension moyenne et marginale à consommer sont des notions clés pour comprendre le comportement de consommation.
📝 Points essentiels
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La propension moyenne (c) donne une idée de la part du revenu consacrée à la consommation en moyenne, et reste généralement inférieure à 1 dans une économie. Elle permet d’évaluer la consommation globale à partir du revenu total.
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La propension marginale (cm) est essentielle pour analyser comment une variation du revenu influence la consommation. Elle est positive, ce qui signifie que lorsque le revenu augmente, la consommation augmente aussi, mais moins vite que le revenu, car une partie est épargnée.
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La loi psychologique fondamentale de Keynes établit que la consommation est une fonction croissante du revenu, mais avec une pente inférieure à 1, ce qui explique la propension marginale à consommer inférieure à 1.
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La distinction entre ces deux notions permet de comprendre la dynamique de la consommation dans le cadre de la théorie keynésienne, notamment en lien avec la demande globale et la propension à épargner.
💡 À retenir
La propension moyenne à consommer indique la part du revenu consacrée à la consommation en moyenne, tandis que la propension marginale à consommer mesure la réaction de la consommation à une variation du revenu ; toutes deux sont fondamentales pour analyser la consommation selon Keynes (1936).
📖 8. Investissement et capital
🔑 Notions clés & Définitions
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Efficacité marginale du capital : KEYNES (1936) : rapport entre la rentabilité supplémentaire générée par la dernière unité de capital investi et le coût de cet investissement. Elle mesure le rendement attendu de l’investissement et détermine si celui-ci est rentable par rapport au taux d’intérêt.
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Investissement fonction du taux d’intérêt : La décision d’investissement des entreprises dépend du taux d’intérêt, qui influence la rentabilité de l’investissement. Plus le taux d’intérêt est élevé, moins l’investissement est attractif, car le coût du financement augmente.
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Relation entre investissement et rendement du capital : L’investissement est réalisé tant que le rendement marginal du capital dépasse le taux d’intérêt. Si le rendement est inférieur au taux d’intérêt, l’investissement devient non rentable, ce qui limite la croissance du capital.
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Choix d’investissement selon comparaison entre efficacité marginale et taux d’intérêt : La décision d’investir repose sur la comparaison entre l’efficacité marginale du capital et le taux d’intérêt. L’investissement est favorable lorsque l’efficacité marginale du capital est supérieure au taux d’intérêt, et il s’arrête lorsque cette dernière devient inférieure.
📝 Points essentiels
- La rentabilité de l’investissement dépend de l’efficacité marginale du capital, qui doit être comparée au taux d’intérêt pour déterminer la faisabilité de l’investissement (KEYNES, 1936).
- L’investissement est une fonction décroissante du taux d’intérêt : lorsque celui-ci augmente, l’investissement tend à diminuer, car la rentabilité marginale du capital devient moins attractive.
- La décision d’investissement est donc influencée par la relation entre la rentabilité attendue (efficacité marginale du capital) et le coût de financement (taux d’intérêt).
- La théorie souligne que l’investissement n’est pas uniquement déterminé par la rentabilité du capital, mais aussi par la comparaison entre efficacité marginale et taux d’intérêt, ce qui explique la sensibilité de l’investissement aux fluctuations de ces deux variables.
💡 À retenir
L’investissement dépend de la comparaison entre l’efficacité marginale du capital et le taux d’intérêt : il est rentable lorsque cette efficacité dépasse le coût du financement, ce qui guide les choix d’investissement des entreprises.
📖 9. Demande effective
🔑 Notions clés & Définitions
- Demande effective : Concept développé par Keynes (1936), désignant la demande anticipée par les producteurs qui détermine le niveau de production et d’emploi dans l’économie. Elle inclut la consommation, l’investissement et la demande autonome, et constitue la véritable force motrice de l’activité économique, en opposition à la loi de Say.
- Refus de la loi de Say : Critique de Say selon laquelle toute production crée sa propre demande, ce qui suppose un équilibre automatique. Keynes montre que cette loi ne tient pas en présence d’incertitude et d’épargne, pouvant entraîner une insuffisance de demande globale et un chômage involontaire.
- Incertitude liée à l’épargne : La difficulté pour les agents économiques de prévoir l’avenir, ce qui influence leur propension à épargner ou consommer. Selon Keynes, cette incertitude modifie la relation entre revenu et demande, rendant la demande globale dépendante des anticipations plutôt que de l’offre.
- Composantes de la demande effective :
- Demande en biens de consommation : dépend du revenu et de la propension à consommer.
- Demande en biens d’investissement : fonction du taux d’intérêt et de l’efficacité marginale du capital.
- Demande autonome : demande indépendante de la production, notamment celle des administrations publiques et du reste du monde.
📝 Points essentiels
- Keynes (1936) remet en cause la loi de Say, affirmant que la production ne crée pas nécessairement sa propre demande, surtout en contexte d’incertitude et de préférence pour la liquidité. La demande globale peut être insuffisante, menant à un chômage involontaire et à un équilibre de sous-emploi.
- La demande effective est la demande anticipée par les producteurs, qui détermine leur niveau de production et d’emploi. Elle est composée de la consommation, de l’investissement et de la demande autonome.
- La composante autonome de la demande est indépendante du revenu et joue un rôle crucial dans la détermination du niveau de production en période de crise ou de faible revenu.
- La théorie de Keynes insiste sur le rôle de l’incertitude et de la psychologie des agents, qui peuvent décider de réduire leur demande même si l’offre est disponible, ce qui peut entraîner une insuffisance de la demande globale.
- La relation entre demande effective et emploi montre que l’économie peut rester en situation de sous-emploi si la demande anticipée est insuffisante, ce qui justifie l’intervention de l’État pour stimuler la demande autonome et relancer l’activité.
💡 À retenir
La demande effective, selon Keynes, est la véritable force motrice de l’économie, pouvant entraîner un sous-emploi en cas d’insuffisance, ce qui remet en cause la vision auto-régulatrice du marché et justifie l’intervention étatique.
📖 10. Sous-emploi et chômage involontaire
🔑 Notions clés & Définitions
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Équilibre de sous-emploi : Situation où l’économie atteint un point d’équilibre où la demande globale est insuffisante pour assurer le plein emploi, conduisant à un niveau de production inférieur à celui qui permettrait d’absorber toute la main-d'œuvre disponible. Selon Keynes (1936), cet équilibre n’est pas un déséquilibre temporaire, mais une caractéristique normale du système capitaliste en l’absence d’intervention.
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Chômage involontaire : Situation où des travailleurs souhaitant travailler au salaire en vigueur ne parviennent pas à trouver d’emploi, en raison d’une demande globale insuffisante. Keynes montre que ce chômage peut exister même lorsque le marché du travail est en équilibre, car cet équilibre dépend de la demande effective, et non du seul marché du travail.
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Rôle des anticipations des entreprises sur la demande : Les entreprises, face à l’incertitude, font des prévisions sur la demande future pour déterminer leur niveau de production et d’embauche. Si elles anticipent une demande faible, elles réduisent leur production, ce qui entraîne un chômage involontaire, même si l’offre de travail est abondante.
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Salaire institutionnalisé par négociations et syndicats : Le salaire n’est pas fixé par le marché du travail seul, mais résulte de négociations entre employeurs et syndicats. Ce salaire institutionnalisé peut être supérieur au salaire d’équilibre, contribuant à une rigidité à la baisse, ce qui favorise la persistance du chômage involontaire en cas de demande insuffisante.
📝 Points essentiels
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Keynes (1936) remet en cause la théorie néoclassique selon laquelle le marché du travail s’ajuste rapidement pour atteindre le plein emploi. Il affirme que l’équilibre économique peut se faire à un niveau de sous-emploi, où la demande globale est insuffisante pour absorber toute la main-d'œuvre disponible.
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La demande effective, composée de la consommation, de l’investissement et de la demande autonome, détermine le niveau de production et d’emploi. En cas de demande insuffisante, les entreprises anticipent une faible demande et réduisent leur production, ce qui entraîne un chômage involontaire.
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La rigidité des salaires, notamment leur fixation par négociation et syndicats, empêche leur ajustement à la baisse en période de crise, ce qui contribue à maintenir le chômage involontaire même en présence d’un équilibre de sous-emploi.
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La distinction entre équilibre de marché et équilibre macroéconomique est centrale : un équilibre peut exister à un niveau de production inférieur au plein emploi, avec un chômage involontaire persistant.
💡 À retenir
L’équilibre de sous-emploi, selon Keynes, résulte d’un déficit de demande globale, où le chômage involontaire peut persister en raison des anticipations des entreprises et de la rigidité des salaires institutionnalisés, ce qui rend l’intervention de l’État nécessaire pour stimuler la demande et favoriser le plein emploi.
📖 11. Rôle de l’État
🔑 Notions clés & Définitions
- Fluctuation de la propension à consommer : Variations dans la proportion du revenu que les ménages consacrent à la consommation, influencées par des facteurs économiques et sociaux, qui peuvent entraîner des déséquilibres dans la demande globale (voir section 7).
- Préférence pour la liquidité : Tendance des agents économiques à détenir de la monnaie plutôt que d’autres actifs, en raison de l’incertitude et de la nécessité de disposer de moyens de paiement immédiats (voir section 4).
- Efficacité marginale du capital : Rendement supplémentaire généré par la dernière unité de capital investi, qui influence la décision d’investissement des entreprises (voir section 8).
- Consommation trop faible : Situation où la demande effective est insuffisante pour absorber la production, souvent liée à une inégalité de revenus qui favorise l’épargne des plus riches, réduisant la demande globale (voir section 10).
- Taux d’intérêt trop élevé : Niveau du prix de la monnaie qui, lorsqu’il est excessif, décourage l’investissement et l’épargne, freinant la croissance économique et l’emploi (voir section 5).
- Obligations des pouvoirs publics : Actions que l’État peut entreprendre pour stimuler la demande, notamment par la dépense publique, la politique de taux d’intérêt bas, et la redistribution des revenus vers les catégories moins riches (voir section 3).
📝 Points essentiels
- La fluctuation de la propension à consommer, en variant, peut provoquer des déséquilibres dans la demande globale, contribuant aux cycles économiques et aux crises (voir section 7).
- La préférence pour la liquidité, selon KEYNES (1936), résulte de l’incertitude et de la nécessité de disposer de monnaie pour faire face aux risques, ce qui peut réduire la demande d’investissement et ralentir l’économie (voir section 4).
- L’efficacité marginale du capital détermine si les investissements sont rentables ; si elle est inférieure au taux d’intérêt, les entreprises sont incitées à réduire ou à cesser d’investir, ce qui freine la croissance (voir section 8).
- La consommation trop faible, liée à des inégalités de revenus, limite la demande effective, entraînant un sous-emploi et une insuffisance de la production (voir section 10).
- Un taux d’intérêt élevé peut encourager l’épargne mais décourager l’investissement, aggravant la faiblesse de la demande et la stagnation économique (voir section 5).
- Pour pallier ces problèmes, KEYNES recommande que l’État intervienne par la dépense publique, la politique de taux d’intérêt bas, et la redistribution des revenus afin de stimuler la demande et favoriser l’emploi (voir section 3).
💡 À retenir
Les déséquilibres du capitalisme, tels que la faible consommation, le taux d’intérêt élevé et la préférence pour la liquidité, peuvent être atténués par une intervention active de l’État, notamment par la politique budgétaire et la redistribution, pour soutenir la demande et l’emploi.
📊 Tableaux de Synthèse
| Thème | Notions clés | Concepts principaux | Auteur / Référence |
|---|
| Théorie de l'emploi de Keynes | Équilibre de sous-emploi | Situation où demande globale insuffisante pour le plein emploi, stabilité à long terme en sous-emploi | Keynes (1936) |
| Demande effective | Demande anticipée par les agents, détermine production et emploi | Keynes (1936) |
| Crise de 1929 | Illustration de l’échec du marché auto-ajusteur, montée du chômage | Keynes (1936), contexte historique |
| Macro-économie et agrégats | Agrégats macro-économiques | Consommation (C), Investissement (I), Épargne (S) | Keynes (1936) |
| Propension à consommer | Propension moyenne (C/R), marginal (ΔC/ΔR) | Keynes (1936) |
| Demande effective | Composition : C + I + demande autonome | Keynes (1936) |
| Intervention étatique | Politique conjoncturelle | Dépense publique, politique monétaire, redistribution | Keynes (1936) |
| Acceptation des déficits | Dépenses même si déficit pour stimuler la demande | Keynes (1936) |
⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes
- Confondre équilibre de plein emploi et équilibre de sous-emploi, en pensant que le marché s’ajuste toujours vers le plein emploi.
- Confondre demande effective et demande autonome : la première inclut la réaction des agents face à la situation économique.
- Croire que la théorie néoclassique suppose toujours un marché du travail en plein emploi, alors que Keynes remet en question cette hypothèse.
- Confondre propension à consommer (c) et propension marginale à consommer (cm) : la première est moyenne, la seconde marginale.
- Penser que l’épargne ne peut pas réduire la demande globale, alors qu’elle peut, dans certains cas, la freiner.
- Confondre politique budgétaire et politique monétaire, en oubliant leur rôle spécifique dans la stimulation de la demande.
- Sous-estimer l’impact des anticipations et de l’incertitude sur l’investissement et la consommation.
✅ Checklist Examen
- Connaître la définition de l’équilibre de sous-emploi selon Keynes et sa différence avec l’équilibre de plein emploi.
- Expliquer le concept de demande effective et son rôle dans la détermination du niveau d’emploi.
- Identifier les agrégats macro-économiques principaux : consommation, investissement, épargne.
- Définir la propension moyenne et marginale à consommer, et leur influence sur la consommation.
- Analyser le rôle de l’investissement dans la croissance selon Keynes, en lien avec l’efficacité marginale du capital.
- Comprendre la critique keynésienne de la loi de Say et la notion de demande insuffisante.
- Décrire le rôle de l’État dans la politique conjoncturelle : dépenses publiques, déficit, redistribution.
- Connaître la différence entre politique budgétaire et politique monétaire, et leur impact sur la demande.
- Maîtriser la notion de demande autonome et sa contribution à la demande effective.
- Identifier les effets des anticipations et de l’incertitude sur l’investissement et la consommation.
- Savoir comment la politique monétaire peut encourager l’investissement par la baisse des taux d’intérêt.
- Connaître la référence de Keynes (1936) sur la théorie générale de l’emploi et de la monnaie.