Revision sheet: Histoire et évolution du droit romain

📋 Plan du Cours

  1. Histoire du droit et école historique
  2. Fondation de Rome et ius primitif
  3. Loi des Douze Tables et République
  4. Empire romain et sources impériales
  5. Droit canonique et sources chrétiennes
  6. Royaumes barbares et période mérovingienne
  7. Renouveau carolingien et ordre judiciaire
  8. Redécouverte du droit romain médiéval
  9. Universités et écoles juridiques
  10. Rédaction et réformation des coutumes
  11. Codification moderne et inflation législative

📖 1. Histoire du droit et école historique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Droit objectif : En droit, l’ensemble des règles qui régissent la vie sociale et qui sont assorties d’une sanction par la puissance publique.
  • Droits subjectifs : En droit, la prérogative attribuée à un individu lui permettant de jouir d’une chose ou d’exiger d’autrui une prestation.
  • École historique du droit : Courant de pensée juridique qui refuse de réduire le droit à des règles étatiques écrites et privilégie l’étude de son évolution historique.
  • Volksgeist : Notion allemande désignant l’« esprit du peuple », opposé à l’idée de fixer durablement le droit dans un code.
  • Friedrich von Savigny : Juriste et historien prussien associé à la création de l’école historique du droit.

📝 Points essentiels

  • D’après Savigny, définir le droit comme un simple ensemble de règles imposées par l’État est impossible, car le droit ne se réduit pas à l’écrit.
  • Étudier l’histoire du droit sert à comprendre que le droit actuel résulte de choix passés, parfois opportunistes et parfois autoritaires, face à des problèmes concrets.
  • Les réflexions reliant histoire et droit commencent au XVIe siècle puis prennent une grande ampleur au XIXe siècle en Europe, notamment en Allemagne.
  • L’école historique du droit s’oppose à la codification qui figerait le droit, car elle estime que le droit doit pouvoir évoluer avec les circonstances.
  • En Allemagne au XIXe siècle, le droit romain et le droit germanique coexistent et les juristes contestent l’enfermement du droit dans un code.
  • Gustave Hugo publie en 1821 une Histoire du droit romain, et présente l’histoire comme une part scientifique essentielle du droit.

💡 Astuce mémo

Savigny refuse le « droit-codex » : le droit se comprend par son histoire (et non par l’écrit étatique).

📖 2. Fondation de Rome et ius primitif

🔑 Notions clés & Définitions

  • Ius : Notion romaine primitive désignant à la fois la prospérité accordée par les Dieux et le droit exprimé par les autorités habilitées à le dire.
  • Jus dicere : Fonction de dire/interpréter le droit, assurée par les pontifes, qui participent à l’exercice de la justice à Rome à l’époque archaïque.
  • Mores : Ensemble des coutumes ancestrales que les pères conservent et font évoluer, servant de base aux premières règles applicables dans la cité.
  • Lex : Acte proclamé qui tire sa force contraignante du bon prononcé et de la proclamation officielle, selon une logique de validité par la formule.
  • Lex dicta : Expression de la loi proclamée, correspondant à l’énoncé public qui rend la lex valable et lui donne un effet obligatoire.

📝 Points essentiels

  • La fondation de Rome est fixée à -753 avant notre ère par Romulus, dans un contexte de royauté avant la République.
  • À Rome archaïque, le roi cumule des fonctions de prêtre et de juge tandis que les pères de clans conservent le pouvoir et fixent les mores via leur autorité politique.
  • Le ius archaïque associe le droit à des formules à efficacité rituelle : la prospérité dépend d’un respect exact des paroles et actes.
  • Dans la Rome républicaine, la revendication plébéienne vise une loi écrite pour limiter le pouvoir judiciaire des magistrats et sécuriser les décisions.
  • La loi des XII Tables est adoptée vers 450 avant notre ère par une commission de décemvirs, puis exposée publiquement afin que les procès reposent sur ce qui est mentionné dans le texte.

💡 Astuce mémo

Jus dicere = Pontifes disent le droit : sans la bonne parole, la lex n’a pas d’effet.

📖 3. Loi des Douze Tables et République

🔑 Notions clés & Définitions

  • Loi des Douze Tables : Texte juridique archaïque romain qui fixe, dès l’origine, la structure générale du procès par des règles liées aux actions.
  • Actions de la loi : Procédure républicaine permettant de faire valoir ses droits devant l’autorité publique selon des formes très précises.
  • Procédure formulaire : Mécanisme républicain où le préteur rédige une formule qui autorise ensuite le juge à condamner ou absoudre.
  • Rôle du préteur : Autorité républicaine qui reçoit l’exposé du demandeur, rédige la formule et donne au juge le cadre de décision.

📝 Points essentiels

  • Les Douze Tables énumèrent la nature du procès et montrent une volonté précoce d’écrire les règles d’encadrement de la justice.
  • La procédure des actions de la loi est très formaliste et une seule erreur commise interrompt le procès.
  • La procédure formulaire républicaine se déroule entre -149 et -125 et se compose de deux phases.
  • Le demandeur demande au préteur une action : le préteur rédige la formule qui expose faits et prétentions.
  • Grâce à la formule, le demandeur va devant le juge, qui peut condamner ou absoudre le défendeur.
  • Le préteur agit avec une légitimité populaire pour faire fonctionner la justice sous la République.

💡 Astuce mémo

Formule du préteur = droit du juge : sans formule claire, le procès s’arrête sur une erreur.

📖 4. Empire romain et sources impériales

🔑 Notions clés & Définitions

  • Code de Justinien : Recueil impérial qui présente des textes ayant une valeur officielle et une force applicable devant les tribunaux selon la forme fixée par ses rédacteurs.
  • Digeste : Compilation de fragments de jurisconsultes organisée par la méthode officielle de Justinien pour produire un ensemble à valeur de loi impériale.
  • Institutes : Manuel d’enseignement juridique préparé avec le Digeste, structuré autour des personnes, des biens et des actions.
  • Novelles : Recueil(s) de constitutions nouvelles prises après la seconde édition du Code, rassemblées en collections distinctes.
  • Compilations de Justinien : Ensemble formé notamment par le Code, le Digeste, les Institutes et les Novelles, qui permet la connaissance du droit classique.

📝 Points essentiels

  • Le code de Justinien est présenté comme officiellement applicable et remplace définitivement les codes antérieurs devant les tribunaux selon la forme du recueil.
  • Le Digeste est publié le 16 décembre 533, avec une application ordonnée dès le 30 décembre 533 comme ayant valeur officielle et autorité de loi impériale.
  • L’ordre de redécouvrir et d’actualiser les jurisconsultes est donné le 15 décembre 530, puis la commission trie et modernise les textes pour les adapter au droit du VIe siècle.
  • Les Institutes paraissent avant le Digeste, le 21 novembre 533, et entrent en vigueur comme le Digeste le 30 décembre 533.
  • Les Novelles complètent l’œuvre après la seconde édition du Code et existent notamment via l’Epitome de Julien (124 novelles de 535 à 555) et la collection grecque de 165 novelles (158 novelles de Justinien et quelques-unes de Julien II et Tibère II).
  • La postérité des compilations de Justinien est tardive : en Orient, redécouverte vers le IXe siècle, et en Occident, vers la fin du IXe siècle, ce qui finit par faire du droit romain un droit commun européen.

💡 Astuce mémo

Code=officiel et remplace; Digeste=tri+modernise (15/12/530) puis loi (16/12/533); Institutes=manuel (21/11/533); Novelles=après le Code (recueils de textes nouveaux).

📖 5. Droit canonique et sources chrétiennes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Droit canonique : Droit propre à l’Église, fondé sur ses règles et décisions, utilisé pour organiser la vie ecclésiastique et encadrer les pratiques juridiques.
  • Canons de conciles : Dispositions adoptées par les assemblées ecclésiastiques réunies pour statuer sur des questions de doctrine et de discipline.
  • Décrétales pontificales : Décisions ou réponses juridiques issues de l’activité législative des papes, rassemblées comme sources pour l’Église.
  • Collections canoniques : Recueils qui compilent et ordonnent des canons, des décrétales et d’autres textes ecclésiastiques afin de rendre le droit de l’Église utilisable.
  • Dionysiana : Collection canonique attribuée à Denis le Petit, diffusée en Occident comme base de l’élaboration juridique canonique.

📝 Points essentiels

  • Les trois sources majeures du droit de l’Église sont les canons des conciles, les décrétales pontificales et les collections canoniques.
  • Au 6e siècle, la législation pontificale décline notamment parce que 34 papes se succèdent en deux siècles avec une durée moyenne de pontificat inférieure à 6 ans.
  • Le pape Vigile règne de 537 à 555 et publie des décrétales tout en soutenant une politique visant le retour du droit romain en Italie.
  • Grégoire le Grand règne de 590 à 604 et émet plus de 550 décrétales regroupées dans un registre, puis en extraits intégrés à des collections canoniques.
  • En Gaul mérovingienne, 45 conciles sont tenus entre 611 et 696, avec une différence entre conciles provinciaux (autour de l’archevêque) et conciles interprovinciaux (à l’initiative d’un prince laïque).
  • La Dionysiana de Denis le Petit rassemble et traduit en latin des canons de conciles œcuméniques et reprend aussi des décrétales, ce qui lui donne une large diffusion en Occident.

📖 6. Royaumes barbares et période mérovingienne

🔑 Notions clés & Définitions

  • Edit de Rothari : L’édit est une loi lombarde rédigée sous Rothari en 643 à Pavie, présentée comme le fruit d’un accord entre le peuple et le roi.
  • Lois de Liutprand : Les lois de Liutprand sont des ajouts lombards promulgués entre 713 et 735, complétant l’ensemble commencé par l’édit de Rothari.
  • Bréviaire d’Alaric : Le bréviaire est un recueil de droit utilisé dans le royaume franc, dont l’usage se diffuse notamment à partir du règne de Clovis.
  • Épitomé : L’épitomé est un abrégé du bréviaire d’Alaric, réalisé au VIIIe siècle pour adapter le texte et ensuite maintenu jusqu’au XIe siècle.

📝 Points essentiels

  • Dans la région lombarde, l’édit de Rothari est promulgué à Pavie en 643, par consentement du peuple et du roi.
  • Entre 713 et 735, les lois de Liutprand complètent l’édit de Rothari avant d’être ensuite enrichies par la législation carolingienne.
  • Dès le règne de Clovis, l’usage du bréviaire d’Alaric se généralise en Gaule.
  • En 768, Pépin le Bref confirme le droit d’utiliser ce texte, qui fait ensuite l’objet d’abrégés (épitomés) au VIIIe siècle jusqu’au XIe siècle inclus.

💡 Astuce mémo

Rothari 643 à Pavie → Liutprand 713-735 → puis Carolingiens ; côté francs : Alaric diffusé sous Clovis, confirmé en 768 par Pépin, abrégé en épitomés jusqu’au XIe.

📖 7. Renouveau carolingien et ordre judiciaire

🔑 Notions clés & Définitions

  • Faux isidoriens : Collection de textes fabriqués au but de fixer des règles de procédure et de protéger le droit des évêques et de l’Église.
  • Hincmar de Reims : Archevêque de Reims, juriste sollicité pour organiser des procédures ecclésiastiques à partir d’autorités patristiques et canoniques.
  • Ordo judicarius : Ensemble de règles du procès visant une procédure « de bon ordre », construit sous les Carolingiens puis théorisé ensuite.
  • Présomption d’innocence : Principe procédural selon lequel on ne condamne pas sur de simples soupçons, et la culpabilité doit être établie par des preuves.

📝 Points essentiels

  • Entre 858 et 869, le procès de la reine Theutberge (divorce contesté) se tient devant un concile à Aix-la-Chapelle en 860.
  • Hincmar reprend les faux isidoriens pour construire une procédure de jugement et il s’appuie aussi sur les épîtres de Paul et d’autres autorités.
  • La logique de « bon procès » exige des preuves pour formuler l’accusation et pour fonder la condamnation, ce qui s’oppose au jugement fondé sur des soupçons.
  • Si une condamnation repose sur des aveux extorqués ou si une partie n’est pas présente lors de la sentence, un recours au pape est possible.
  • Hincmar développe une théorie de l’ordre judiciaire fondée sur deux cas : enquête avec témoins et preuves lorsque les faits sont secrets (ou peu connus), condamnation directe lorsque les faits sont publics et certains.
  • En 868, Charles le Chauve organise un concile en 869 pour juger l’évêque de Laon après un refus de comparaître et un appel au pape, tandis qu’Hincmar rédige son inventaire procédural en s’appuyant sur le droit romain (bréviaire d’Alaric) et des autorités canoniques.

💡 Astuce mémo

Deux ordres chez Hincmar : secret = enquête ; public certain = condamnation directe.

📖 8. Redécouverte du droit romain médiéval

🔑 Notions clés & Définitions

  • Digeste vieux : Le Digeste vieux est la partie la plus ancienne du Digeste, diffusée dès la fin du XIe siècle et la plus étudiée dans les universités.
  • Infortiat : L’Infortiat est un ensemble de livres du Digeste (livres 5 à 39) mis en circulation seulement à partir d’environ 1130.
  • Digeste neuf : Le Digeste neuf est la partie du Digeste (livres 39 à 50) découverte avant l’Infortiat, qui connaît ensuite un succès lié aux contrats et aux adages.
  • Authentiques : Les authentiques sont des résumés de novelles romaines, insérés dans le code grâce à Irnerius et utilisés par les juristes médiévaux.

📝 Points essentiels

  • Le Digeste vieux couvre les livres 1 à 24 et porte notamment sur les sources du droit et le droit des personnes (droit de la famille).
  • L’Infortiat correspond aux livres 5 à 39 et n’est réellement diffusé qu’à partir des années 1130 car il intéresse peu les médiévaux.
  • Le Digeste neuf regroupe les livres 39 à 50 et traite notamment du droit des contrats, avec des adages et des règles appréciés par les juristes médiévaux.
  • Le codex est redécouvert avec suppression des trois derniers livres consacrés au droit administratif et à des matières connexes, le reste servant à l’enseignement universitaire.
  • Le volumen, appelé « petit volume », réunit les institutes (3 livres) et l’authentique, avec notamment des traductions complètes des novelles au XIe siècle.
  • Irnerius est présenté comme auteur des premiers résumés de novelles (insérés ensuite, avec des mises à jour jusqu’au début du XIIIe siècle), et il existe aussi des « livres des fiefs » ajoutés au début du XIIIe siècle à partir d’un édit sur les fiefs de Conrad II.

💡 Astuce mémo

Ordre à mémoriser : vieux (1-24) → Infortiat (5-39, diffusion ~1130) → neuf (39-50, contrats).

📖 9. Universités et écoles juridiques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Décrétistes : Les juristes canonistes appelés décrétistes commentent le Decret de Gratien et produisent des gloses et outils d’interprétation à partir des sources canoniques.
  • Décrétales : Les décrets papaux rassemblés sous forme de collections servent de sources pour commenter Gratien et nourrir l’argumentation canonique.
  • Universitas médiévale : L’universitas est une corporation regroupant maîtres et étudiants, organisée pour défendre l’enseignement et l’autonomie face aux autorités locales.
  • Méthode scolastique : La méthode scolastique est un enseignement fondé sur l’analyse raisonnée des textes, qui transforme la lecture en argumentation et en discussion.
  • École d’Orléans : L’école d’Orléans regroupe des maîtres du droit romain qui développent la pratique du commentaire et marquent la transition vers l’étude moins “mot à mot”.

📝 Points essentiels

  • Vers 1150-1165, les décrétistes (puis Rufin et Étienne de Tournai en France) commentent Gratien et utilisent ensuite le droit nouveau des décrétales, en y ajoutant du droit romain.
  • Huguccio, canoniste de Bologne, compose une grande somme sur Gratien tout en mobilisant des décrétales et le droit romain, ce qui fait naître une fusion romano-canonique.
  • En 1219, Honorius III interdit les études de droit romain à Paris, créant une tension entre carrière ecclésiastique et désir de devenir avocat.
  • L’école d’Orléans commence l’enseignement du droit romain en 1235 avec l’autorisation du pape Grégoire IX, puis obtient le statut d’université en 1306 avec Clément V.
  • La méthode scolastique suit en pratique trois étapes : littera (analyse grammaticale), sensus (sens logique) et sententia (conclusion discutée).
  • Vers 1213 à Paris, les maîtres obtiennent la transmission des licencia docendi, tandis qu’à Oxford le chancelier est élu par les universitaires.

💡 Astuce mémo

Littera–Sensus–Sententia : “mots, sens, jugement” (analyse → logique → conclusion).

📖 10. Rédaction et réformation des coutumes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Rédaction officielle des coutumes : Ensemble des procédures royales qui font passer des coutumes locales du domaine oral vers un texte fixé et publié.
  • Réformation des coutumes : Mouvement d’origine royale au XVIe siècle visant à corriger et harmoniser les coutumes, en s’appuyant sur la jurisprudence et le droit romain.
  • Enquête par la coutume : Procédure par laquelle une coutume devait être établie en justice comme règle applicable, avant d’être supprimée.

📝 Points essentiels

  • L’ordonnance de Montil-les-Tours (1454) ordonne la rédaction des coutumes pour en faciliter la preuve et éviter des procès plus longs et coûteux.
  • La rédaction suit 5 étapes : avant-projet des juges locaux assistés, examen par commissaires du roi (parfois au Parlement), vote des ordres du bailliage, lecture publique des articles et déclaration en lois perpétuelles du lieu.
  • Sous l’impulsion de Christophe de Thou au Parlement de Paris, la coutume de Paris passe d’environ 150 articles en 1510 à 372 articles après réformation.
  • L’ordonnance de Colbert (1667) supprime l’enquête par la coutume, et seules les juridictions royales délivrent les actes notariés attestant les coutumes.
  • Le mouvement de rédaction se clôture tardivement avec la dernière coutume rédigée en Lorraine en 1784.
  • Le risque majeur de la rédaction est la fossilisation de règles archaïques, comme le droit féodal encore appliqué jusqu’au 4 août 1789.

💡 Astuce mémo

1454 = on écrit (preuve), XVIe = on réforme (harmoniser), 1667 = on n’enquête plus (texte suffisant).

📖 11. Codification moderne et inflation législative

🔑 Notions clés & Définitions

  • Inflation législative : Fait que la quantité de lois augmente fortement, surtout en réponse à des transformations économiques et sociales rapides.
  • Décodification : Processus par lequel des règles nouvelles se développent en dehors du code, ce qui réduit la cohérence primitive de la codification.
  • Droit du travail hors code civil : Ensemble de règles relatives au travail qui finissent par être ajoutées en dehors du Code civil, obligeant à compléter celui-ci.
  • Famille nucléaire : Modèle familial centré sur le couple et les enfants, qui s’impose quand l’exode rural transforme durablement l’organisation sociale.

📝 Points essentiels

  • Jusqu’au milieu du XIXe siècle, la législation civile en France reste peu abondante et les réformes ponctuelles ne bouleversent pas l’architecture issue de la codification.
  • À partir du milieu du XIXe siècle, la révolution industrielle et l’exode rural imposent de modifier ou compléter le Code civil pour tenir compte de l’évolution des structures familiales et patrimoniales.
  • Vers les années 1860, le législateur intervient pour adapter certaines règles du Code civil et pour ajouter des dispositions auparavant restées en dehors de la codification.
  • Le phénomène est qualifié de décodification car la codification perd sa cohérence primitive à cause d’ajouts et de corrections extérieurs au code, notamment en matière de droit du travail.
  • À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, une révision générale du Code civil est envisagée mais n’a pas lieu à cause de la Première Guerre mondiale.

💡 Astuce mémo

Industrialisation→exode→famille nucléaire→patrimoine évolue→lois hors code→décodification.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
-753Fondation de Rome (Romulus)
450Adoption de la loi des XII Tables
533Publication du Digeste de Justinien et mise en application
1454Ordonnance de Montil-les-Tours : rédaction des coutumes
1789Chute de l’Ancien Régime (puis période contemporaine depuis 1789)

📊 Tableaux de synthèse

Procédure : actions de la loi vs procédure formulaire

ÉtapeActions de la loiFormulaire (république → empire)
Rôle cléPréteur (cadre procédural)Préteur rédige une formule donnant au juge le cadre
FormalisteFormalisme très strictFormule : sans formule claire/si erreur, procès s’arrête
Deux phasesProcès fondé sur actions précises(i) demande au préteur (formule) puis (ii) juge condamne/absout

Procédure sous l’Empire : formulaire vs cognitio

CaractéristiqueFormulaire républicaineProcédure cognitoire
StructureDeux phases : préteur puis jugeJuge impérial mène le procès jusqu’au bout (fonctionnaire juge)
InitiativeProcès structuré par les parties selon formuleDimension plus publique/étatique ; possibilité d’enquête par le juge
Voie de recoursCadre fixé par la procédure antérieureAppel possible

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre droit objectif (règles avec sanction publique) et droits subjectifs (prérogative d’un individu).
  2. Croire que la loi des XII Tables est un code moderne : c’est un corpus archaïque lié aux actions/procès, pas une “codification” au sens actuel.
  3. Mélanger lex et ius : ius renvoie à la notion primitive (prospérité/efficacité + droit) tandis que la lex est la loi proclamée avec effet par la bonne formule.
  4. Oublier que, sous l’Empire, l’édit du préteur se fige (jusqu’à la rédaction de l’edit perpetuel) alors que la législation impériale devient la première source.
  5. Se tromper sur les sources canoniques : canons de conciles ≠ décrétales pontificales, et elles ne relèvent pas du même producteur.
  6. Dire que les gloses expliquent “mot à mot” tout au long du Moyen Âge : elles évoluent vers le commentaire (glose ordinaire puis passage au commentaire).
  7. Penser que la rédaction des coutumes supprime toute évolution : elle fossilise des règles archaïques (ex. droit féodal jusqu’au 4 août 1789).

✅ Checklist Examen

  1. Situer l’évolution générale : Antiquité (jusqu’à 476), Moyen Âge (fin Ve→XVe), Temps modernes (fin XVe→révolution), époque contemporaine (depuis 1789).
  2. Définir droit objectif et droits subjectifs, et rappeler l’idée de Savigny (impossible de réduire le droit à des règles étatiques écrites).
  3. Expliquer l’ius archaïque : jus dicere par les pontifes, rôle des mores, et effet rituel/formulaire de la lex (lex dicta).
  4. Rappeler le cadre procédural républicain : loi des XII Tables (vers 450), actions de la loi, et procédure formulaire (préteur puis juge).
  5. Présenter les compilations de Justinien : Code (publié 7 avril 529 puis 16 nov 534), Digeste (15/16 décembre 533), Institutes (21 nov 533), Novelles (après seconde édition du Code).
  6. Citer les 3 sources majeures du droit de l’Église : canons des conciles, décrétales pontificales, collections canoniques (dont la Dionysiana).
  7. Décrire la justice mérovingienne/carolingienne par sources : bréviaire d’Alaric (diffusion sous Clovis puis confirmation en 768), capitulaires, et usage du droit romain via abrégés/épitomés jusqu’au XIe siècle.
  8. Expliquer la redécouverte médiévale du Digeste : digeste vieux (1-24), Infortiat (~diffusion vers 1130), Digeste neuf (39-50) et la logique des ajouts (authentiques).
  9. Décrire l’enseignement universitaire : universitas, méthode scolastique (littera/sensus/sententia), et la transition gloses → commentaire (école d’Orléans).
  10. Caractériser la montée du jus commune : fusion romano-canonique, idée de droit commun (romain interprété + canonique), et sa portée par interprétation doctrinale.
  11. Exposer l’Ancien Régime : rédaction officielle des coutumes (ordonnance de Montil-les-Tours, phases) puis réformation (XVIe→XIIIe fin), et suppression de l’enquête par l’ordonnance de Colbert (1667).
  12. Conclure sur la codification : ordonnances de réformation (Villers-Cotterêts 1539 ; Blois 1579 ; encadrement judiciaire/procédural), puis codification révolutionnaire et œuvre de Napoléon (projet + promulgation 1804 ; complétée par 1806-1811).

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1. Quelle idée caractérise le mieux l’école historique du droit ?

2. Qu'est-ce que l'école historique du droit et quelle est sa principale opposition à la codification?

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École historique du droit — rôle ?

Étude de l'évolution historique du droit.

École historique du droit

Refuse de réduire le droit aux règles écrites.

Ius primitif — définition ?

Droit archaïque lié à la prospérité divine et aux mores.

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