Quiz: Introduction au droit administratif français — 24 questions

Detailed questions and answers

1. Quel événement a limité les compétences du Parlement de Paris en excluant les affaires liées à l’État ou au gouvernement ?

Le décret du 16 fructidor an III
Les lois des 16 et 24 août 1790
L’édit de Saint-Germain de 1641
La loi du 24 mai 1872

L’édit de Saint-Germain de 1641

Explanation

L’édit de Saint-Germain de 1641 limite bien les compétences du Parlement de Paris pour les affaires d’État ou de gouvernement. Les lois de 1790 et le décret de fructidor concernent surtout la séparation des autorités et l’interdiction faite aux tribunaux judiciaires d’intervenir dans l’administration.

2. Quel arrêt consacre la compétence de droit commun du juge administratif en supprimant la nécessité préalable de saisir le ministre ?

Aramu
Cadot
Dame Lamotte
Blanco

Cadot

Explanation

L’arrêt Cadot du 13 décembre 1889 fait du juge administratif le juge de droit commun des litiges administratifs. L’arrêt Blanco concerne plutôt l’autonomie des règles applicables à la responsabilité de l’administration.

3. Que signifie le caractère exorbitant du droit administratif ?

Il ne concerne que les contrats civils
Il déroge au droit commun lorsque l’administration agit comme puissance publique
Il applique principalement les règles du droit privé à l’administration
Il se limite aux relations entre personnes privées

Il déroge au droit commun lorsque l’administration agit comme puissance publique

Explanation

Le droit administratif est dit exorbitant parce qu’il applique des règles qui dérogent au droit privé, surtout lorsque l’administration agit comme puissance publique. Il ne se confond donc pas avec le droit civil.

4. Quelle est la valeur des principes généraux du droit par rapport aux normes internes ?

Ils sont sous la loi mais au-dessus du pouvoir réglementaire
Ils ne s’imposent qu’en présence d’un texte
Ils sont au-dessus de la Constitution mais sous la loi
Ils ont la même valeur qu’un règlement ordinaire

Ils sont sous la loi mais au-dessus du pouvoir réglementaire

Explanation

Les principes généraux du droit se situent sous la loi mais au-dessus du pouvoir réglementaire, ce qui les rend opposables à l’administration. Ils peuvent être dégagés même en l’absence de texte, comme dans l’arrêt Aramu.

5. Quelle décision du Conseil constitutionnel a rattaché la valeur constitutionnelle à la DDHC de 1789 et aux préambules de 1946 et de 1958 ?

L’arrêt Commune d’Annecy du 3 octobre 2008
La décision du 16 juillet 1971 relative au contrat d’association
L’arrêt Association Eau et rivière de Bretagne du 29 juin 2006
La décision du 19 juin 2008 relative aux OGM

La décision du 16 juillet 1971 relative au contrat d’association

Explanation

La décision du 16 juillet 1971 a consacré la valeur constitutionnelle de la Déclaration de 1789 ainsi que des préambules de 1946 et de 1958. Les autres décisions citées concernent surtout la Charte de l’environnement ou son invocabilité.

6. Quelle disposition de la Charte de l’environnement est jugée suffisamment précise pour être invoquée directement devant le juge administratif ?

L’article 5
Le préambule de 1946
Le bloc de constitutionnalité dans son ensemble
L’article 1er

L’article 5

Explanation

L’article 5 de la Charte énonce le principe de précaution dans des termes assez clairs pour être invoqué directement. À l’inverse, l’article 1er est jugé trop imprécis pour être invoqué seul sans mesure de mise en œuvre.

7. Quel est le domaine attribué à l’article 37 de la Constitution ?

Les matières expressément réservées à la loi
Les matières qui relèvent du pouvoir réglementaire autonome
Les droits civiques et le régime électoral
Les délits et les peines

Les matières qui relèvent du pouvoir réglementaire autonome

Explanation

L’article 37 donne un caractère réglementaire à toutes les matières qui ne relèvent pas du domaine de la loi défini par l’article 34. Il fonde donc le pouvoir réglementaire autonome.

8. Quel effet la question prioritaire de constitutionnalité a-t-elle eu sur la théorie de la loi écran ?

Elle l’a supprimée pour toutes les matières réglementaires
Elle l’a remplacée par le contrôle de conventionnalité
Elle l’a réduite lorsque la disposition législative est censurée
Elle l’a rendue plus forte en empêchant tout contrôle

Elle l’a réduite lorsque la disposition législative est censurée

Explanation

La QPC a réduit le champ de la loi écran : si la disposition législative est censurée comme contraire à la Constitution, le juge administratif peut en tenir compte pour annuler l’acte pris sur ce fondement. La loi écran n’empêche donc plus systématiquement le contrôle.

9. Quel arrêt a admis que le Conseil d’État pouvait apprécier lui-même la réciprocité d’un traité dans un débat contradictoire ?

Paulin
Aquarone
Cheriet-Benseghir
Chevrol

Cheriet-Benseghir

Explanation

L’arrêt Cheriet-Benseghir permet au Conseil d’État d’apprécier lui-même la réciprocité, dans le cadre d’un débat contradictoire. L’arrêt Chevrol, au contraire, avait été critiqué pour avoir imposé l’avis ministériel au juge.

10. Quel principe général du droit international le juge administratif peut-il prendre en compte sans lui faire prévaloir la loi ?

Le principe de souveraineté absolue de l’État
Le principe de réciprocité des traités
La compétence exclusive du ministre des affaires étrangères
Les principes généraux du droit internationaux

Les principes généraux du droit internationaux

Explanation

Le juge administratif peut prendre en compte des principes généraux du droit internationaux, mais ils ne peuvent pas faire échec à la loi. En cas de conflit avec la loi, la primauté n’est pas reconnue à ce principe.

11. Quel arrêt de la CEDH a condamné la pratique qui imposait au juge l’avis du ministre des affaires étrangères sur la réciprocité d’un traité ?

L’arrêt Aramu
L’arrêt Cheriet-Benseghir
L’arrêt Chevrol
L’arrêt Blanco

L’arrêt Chevrol

Explanation

L’arrêt Chevrol sanctionne l’idée qu’un ministre puisse imposer son appréciation de la réciprocité au juge sans véritable débat contradictoire. L’arrêt Cheriet-Benseghir est au contraire la réponse du Conseil d’État qui permet au juge d’apprécier lui-même cette réciprocité.

12. Quel arrêt du Conseil d’État permet désormais au juge d’apprécier lui-même la réciprocité d’un traité ?

L’arrêt Aquarone
L’arrêt Cheriet-Benseghir
L’arrêt Cadot
L’arrêt Dame Lamotte

L’arrêt Cheriet-Benseghir

Explanation

L’arrêt Cheriet-Benseghir marque l’évolution de la jurisprudence en confiant au juge administratif l’appréciation de la réciprocité, dans le cadre d’un débat contradictoire. Les autres arrêts concernent d’autres questions, comme le recours pour excès de pouvoir ou la hiérarchie des normes.

13. Dans quelles conditions une directive de l’Union peut-elle être invoquée directement contre un acte individuel ?

Lorsque le délai de transposition est expiré et que ses dispositions sont précises et inconditionnelles
Uniquement si elle a été reprise par une loi interne
Seulement contre les actes réglementaires et jamais contre les décisions individuelles
Dès son adoption, même sans transposition

Lorsque le délai de transposition est expiré et que ses dispositions sont précises et inconditionnelles

Explanation

Depuis l’évolution jurisprudentielle illustrée par Perreux, une directive peut être invoquée contre un acte individuel si le délai de transposition est expiré et si ses dispositions sont suffisamment précises et inconditionnelles. Une simple adoption de la directive ne suffit pas.

14. Quel est l’effet principal d’une directive non transposée dans les délais sur un acte interne incompatible ?

L’acte interne incompatible devient inapplicable
La directive disparaît et ne peut plus être invoquée
L’acte interne est automatiquement abrogé par le Parlement
L’acte interne reste valable tant qu’un juge constitutionnel ne l’a pas censuré

L’acte interne incompatible devient inapplicable

Explanation

Quand le délai de transposition est expiré, la directive peut rendre inapplicables les dispositions internes incompatibles. Le juge administratif ne raisonne donc pas comme si l’acte interne conservait pleinement ses effets.

15. Quel fondement constitutionnel impose le respect du droit de l’Union européenne par les autorités et juges internes ?

L’article 66 de la Constitution
L’article 34 de la Constitution
Le Préambule de 1946
L’article 88-1 de la Constitution

L’article 88-1 de la Constitution

Explanation

L’article 88-1 consacre l’exigence de respect du droit de l’Union par les autorités et les juges internes. Les autres textes renvoient à d’autres matières constitutionnelles, comme la répartition loi/règlement ou la liberté individuelle.

16. Dans quel cas le juge civil peut-il apprécier la légalité d’un acte administratif au regard du droit de l’Union européenne ?

Uniquement pour les actes réglementaires généraux
Seulement après renvoi obligatoire au juge administratif
Jamais, car seul le juge administratif peut contrôler le droit de l’Union
Lorsque la contestation repose sur cette non-conformité, surtout si l’acte est manifestement illégal

Lorsque la contestation repose sur cette non-conformité, surtout si l’acte est manifestement illégal

Explanation

Le juge civil peut contrôler la légalité d’un acte administratif au regard du droit de l’Union lorsque le moyen d’illégalité est fondé sur cette non-conformité. Si l’illégalité est manifeste, il n’est pas nécessaire de recourir à une question préjudicielle.

17. Qu’est-ce qui caractérise une voie de fait ?

Une atteinte extrême à une liberté individuelle ou l’extinction d’un droit de propriété par une action matérielle de l’administration
Une simple irrégularité de procédure dans une décision administrative
Une erreur de droit commise par un préfet
Un litige contractuel entre deux personnes publiques

Une atteinte extrême à une liberté individuelle ou l’extinction d’un droit de propriété par une action matérielle de l’administration

Explanation

La voie de fait suppose une atteinte particulièrement grave, réalisée par l’administration, à une liberté individuelle ou au droit de propriété. Elle entraîne un basculement vers le juge judiciaire dans les hypothèses retenues par la jurisprudence.

18. Quelle juridiction protège en principe la liberté individuelle au titre de l’article 66 de la Constitution ?

Le Tribunal des conflits
Le juge administratif
Le juge judiciaire
Le Conseil d’État statuant comme juge de cassation

Le juge judiciaire

Explanation

L’article 66 confie la protection de la liberté individuelle au juge judiciaire. Le juge administratif reste toutefois compétent pour annuler certains actes administratifs, notamment en matière d’entrée, de séjour et d’éloignement des étrangers.

19. Quelle affirmation décrit le mieux le rôle du rapporteur public après la réforme de 2006 ?

Il ne peut intervenir qu’en matière pénale
Il remplace le ministre des affaires étrangères pour apprécier la réciprocité
Il statue à la place du juge lors du délibéré
Il présente des conclusions à l’audience, sans assister en principe au délibéré devant le TA et la CAA

Il présente des conclusions à l’audience, sans assister en principe au délibéré devant le TA et la CAA

Explanation

Le rapporteur public succède au commissaire du gouvernement et présente ses conclusions à l’audience. Depuis le décret du 1er août 2006, il n’assiste plus au délibéré devant le tribunal administratif et la cour administrative d’appel.

20. Quel arrêt a conduit à adapter la procédure devant la juridiction administrative pour respecter l’article 6 § 1 de la CEDH ?

L’arrêt Couitéas
L’arrêt Martinie
L’arrêt Camino
L’arrêt Blanco

L’arrêt Martinie

Explanation

L’arrêt Martinie a conduit la CEDH à condamner la France pour méconnaissance du droit à un procès équitable. Cette condamnation a entraîné des réformes sur la place du commissaire du gouvernement, devenu rapporteur public.

21. Quel est l’effet principal du contrôle de l’erreur de fait exercé par le juge en contentieux administratif ?

Vérifier la matérialité des faits sur lesquels l’administration s’est fondée
Substituer systématiquement sa propre appréciation à celle de l’administration
Annuler l’acte uniquement en cas d’erreur de droit
Contrôler seulement l’opportunité de la décision administrative

Vérifier la matérialité des faits sur lesquels l’administration s’est fondée

Explanation

Le contrôle de l’erreur de fait consiste à vérifier que les faits retenus par l’administration sont exacts et matériellement établis. Le juge ne se limite donc pas à l’opportunité, mais à la réalité des faits invoqués.

22. Dans quels cas le juge administratif peut-il moduler dans le temps les effets d’une annulation prononcée en recours pour excès de pouvoir ?

Pour confirmer rétroactivement la légalité de l’acte annulé
Pour éviter un vide juridique ou des conséquences excessivement graves
Pour réserver l’annulation aux seuls requérants ayant demandé une indemnité
Pour transformer l’annulation en simple suspension

Pour éviter un vide juridique ou des conséquences excessivement graves

Explanation

Le juge peut différer les effets d’une annulation lorsqu’une rétroactivité immédiate créerait un vide juridique ou des conséquences trop graves. L’arrêt Association AC illustre précisément cette faculté de modulation.

23. Quel est le critère central permettant d’engager la responsabilité administrative sans faute sur le fondement de la rupture de l’égalité devant les charges publiques ?

L’existence d’un préjudice anormal supporté par une personne au bénéfice de tous
La démonstration d’une faute lourde de l’administration
La preuve d’un enrichissement personnel de l’administration
L’illégalité préalable obligatoire de l’acte administratif

L’existence d’un préjudice anormal supporté par une personne au bénéfice de tous

Explanation

La responsabilité sans faute pour rupture de l’égalité devant les charges publiques suppose qu’une personne supporte une charge spéciale et anormale au profit de la collectivité. Il n’est pas nécessaire de prouver une faute de l’administration.

24. Quels sont les trois filtres successifs à vérifier pour obtenir une indemnisation en responsabilité administrative selon la logique classique exposée ?

Compétence du juge, recevabilité et légalité externe
Préjudice certain, causalité adéquate et imputabilité du dommage
Intérêt à agir, délai de recours et acte faisant grief
Faute lourde, illégalité manifeste et urgence

Préjudice certain, causalité adéquate et imputabilité du dommage

Explanation

La responsabilité administrative repose d’abord sur un préjudice certain, puis sur un lien de causalité adéquate, et enfin sur l’imputabilité du dommage à une personne publique. Les autres propositions mélangent des conditions de recevabilité ou des notions de contentieux de légalité.

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Origines du droit administratif — date ?

Édit de Saint-Germain, 1641.

Séparation des autorités — loi ?

Lois des 16 et 24 août 1790.

Justice retenue — définition ?

Décision administrative après avis du Conseil d’État.

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