đ Plan du Cours
- Notion de droits de l'homme
- Origines et objet des droits de l'homme
- Droits liés à la dignité humaine
- Libertés d'expression, d'opinion et de réunion
- ĂgalitĂ© et non-discrimination
- Libertés syndicales et droit de grÚve
- Légalité des peines et présomption d'innocence
- Constitutionnalisation des droits humains
- Institutions nationales de protection
- ContrĂŽle juridictionnel et accĂšs Ă la justice
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Droits de lâhomme : Ensemble des rĂšgles qui organisent les relations entre les personnes au nom de la dignitĂ© humaine en reconnaissant les droits nĂ©cessaires Ă lâĂ©panouissement de chacun.
- Juridicisation des droits de lâhomme : Mouvement par lequel des droits de lâhomme deviennent de vĂ©ritables normes juridiques, intĂ©grĂ©es et protĂ©gĂ©es dans les ordres internes et internationaux.
- Droits naturels : IdĂ©e selon laquelle certains droits sont inhĂ©rents Ă la qualitĂ© humaine et ne proviennent pas dâune loi positive en vigueur.
- UniversalitĂ© des droits de lâhomme : CaractĂšre selon lequel la condition dâĂȘtre humain suffit pour ĂȘtre titulaire des droits, sans considĂ©ration de contexte ni de discrimination.
- InaliĂ©nabilitĂ© des droits de lâhomme : CaractĂšre selon lequel les droits ne peuvent ĂȘtre supprimĂ©s de façon dĂ©finitive car personne ne peut en ĂȘtre privĂ©, malgrĂ© des restrictions possibles en cas prĂ©cis.
đ Points essentiels
- Les droits de lâhomme placent les individus au cĆur de lâordre juridique en faisant dâeux des sujets de droit titulaires de droits et tenus Ă des obligations.
- Les droits de lâhomme se rattachent Ă une histoire marquĂ©e par une consĂ©cration et une protection renforcĂ©e par des garanties juridictionnelles.
- Les origines philosophiques associent lâĂ©mergence Ă lâĂ©cole moderne du droit naturel et Ă lâidĂ©e dâun contrat social chez Grotius, Hobbes et Locke.
- Les grands textes fondateurs citĂ©s incluent le Bill of Rights britannique de fĂ©vrier 1689, la DĂ©claration dâindĂ©pendance amĂ©ricaine de juillet 1776 et la DĂ©claration française du 26 aoĂ»t 1789.
- Les droits de lâhomme sont universels, inaliĂ©nables et indivisibles, interdĂ©pendants et solidaires : respecter certains droits nâautorise pas Ă en ignorer dâautres.
- MĂȘme si une restriction peut exister dans un cas prĂ©cis (par exemple en cas de condamnation), les droits de lâhomme ne peuvent pas ĂȘtre privativement supprimĂ©s en eux-mĂȘmes.
đĄ Astuce mĂ©mo
Triade Ă mĂ©moriser : dignitĂ© humaine â universels, inaliĂ©nables, indivisibles (donc aucun droit isolĂ©ment).
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Droit naturel moderne : Courant philosophique oĂč les droits tiennent Ă la nature humaine, indĂ©pendamment des lois positives, et servent de fondement Ă la vie en sociĂ©tĂ©.
- Contrat social : Convention issue de la volontĂ© mutuelle par laquelle des individus acceptent de se regrouper en sociĂ©tĂ© afin dâassurer cohĂ©sion et sĂ©curitĂ©.
- PremiĂšre gĂ©nĂ©ration : CatĂ©gorie des droits civils et politiques formant le noyau dur des droits de lâhomme et garantissant notamment lâintĂ©gritĂ© physique et certaines libertĂ©s.
đ Points essentiels
- Les origines des droits de lâhomme sont Ă la fois philosophiques et historiques, mĂȘlant des idĂ©es de droit naturel et lâadoption de grands textes de rĂ©fĂ©rence.
- Grotius rattache lâorganisation sociale Ă la nature humaine plutĂŽt quâau cosmos, Hobbes fonde lâexistence du pouvoir sur la nature belliqueuse, et Locke justifie lâĂtat par la nĂ©cessitĂ© de protĂ©ger des droits individuels.
- Le Bill of Rights britannique date de fĂ©vrier 1689 et sert de source dâinspiration Ă dâautres textes de protection des libertĂ©s.
- La DĂ©claration dâindĂ©pendance amĂ©ricaine proclame en juillet 1776 lâĂ©galitĂ© des hommes et des droits inaliĂ©nables liĂ©s Ă la vie, Ă la libertĂ© et Ă la recherche du bonheur, complĂ©tĂ©e par les 8 premiers amendements adoptĂ©s en novembre 1791.
- La DĂ©claration des droits de lâhomme et du citoyen du 26 aoĂ»t 1789 consacre des droits Ă caractĂšre abstrait et universaliste, avec une prĂ©sentation individuelle, absolue et privatve.
- Les droits de lâhomme sont des droits inhĂ©rents Ă la personne visant Ă protĂ©ger de la violence arbitraire et Ă Ă©viter la nĂ©gligence des besoins fondamentaux, avec des droits civils et politiques (1re gĂ©nĂ©ration), Ă©conomiques, sociaux et culturels (2e), et de solidaritĂ© (3e).
đĄ Astuce mĂ©mo
Philo + textes : droit naturel et contrat social, puis 1689 (Bill of Rights) â 1776 (DĂ©claration) â 1789 (Droits du citoyen) â 1948 (DĂ©claration universelle).
đ 3. Droits liĂ©s Ă la dignitĂ© humaine
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Principe de dignitĂ© : Principe juridique qui reconnaĂźt que chaque personne appartient Ă lâhumanitĂ© et dispose dâun droit au respect de sa dignitĂ©.
- DignitĂ© absolue : CaractĂšre du principe de dignitĂ© qui implique une exigence maximale de protection, notamment contre les traitements atteignant lâĂȘtre humain.
- DignitĂ© intangible : CaractĂšre du principe de dignitĂ© qui interdit que lâindividu en dispose, et empĂȘche toute cession ou mise en commerce.
- InviolabilitĂ© du corps humain : Principe selon lequel le corps humain ne peut ĂȘtre âdisponibleâ au point quâun simple consentement rende licites les atteintes commises par un tiers.
- Indisponibilité du corps humain : Principe qui place le corps humain hors du commerce juridique, interdisant les conventions portant sur sa valeur patrimoniale.
đ Points essentiels
- La dignitĂ© est qualifiĂ©e dâabsolue et sert de base aux droits Ă©gaux et inaliĂ©nables, notamment contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dĂ©gradants.
- La dignitĂ© est intangible : elle ne peut ni ĂȘtre cĂ©dĂ©e ni faire lâobjet de commerce, et elle ne doit pas dĂ©pendre de dĂ©cisions arbitraires portant sur son titulaire ou son Ă©tendue.
- LâintangibilitĂ© vise lâatteinte issue dâun tiers utilisant une personne Ă un intĂ©rĂȘt Ă©tranger, ce qui justifie par exemple la rĂ©pression du proxĂ©nĂ©tisme plutĂŽt que la prostitution.
- Le principe de dignitĂ© sâapplique Ă toutes les Ă©tapes de la vie, de son dĂ©but Ă sa fin, impliquant inviolabilitĂ© et indisponibilitĂ© du corps humain.
- Le consentement du sujet ne suffit pas Ă rendre licites les actes dâun tiers : les conventions confĂ©rant une valeur patrimoniale au corps ou Ă ses Ă©lĂ©ments sont nulles (art. 16-1 code civil).
- Le droit Ă la âmort provoquĂ©eâ nâexiste pas : lâeuthanasie active, oĂč un tiers provoque dĂ©libĂ©rĂ©ment la mort, nâest pas admise et la vie demeure sacrĂ©e.
đĄ Astuce mĂ©mo
A-I pour la dignité : Absolue et Intangible ; I-I pour le corps : Inviolable et Indisponible, du début à la fin.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- LibertĂ© dâexpression : La libertĂ© dâexpression est un droit de formuler et diffuser librement ses idĂ©es, principalement encadrĂ© pour Ă©viter les abus prĂ©vus par la loi.
- LibertĂ© dâopinion : La libertĂ© dâopinion protĂšge les convictions intĂ©rieures, puis leur expression dans la sphĂšre sociale, sous rĂ©serve dâun encadrement garantissant lâĂ©galitĂ© et la neutralitĂ© de lâĂtat.
- LibertĂ© de rĂ©union : La libertĂ© de rĂ©union permet de sâassembler et dâorganiser ou participer Ă une rencontre, publique ou privĂ©e, selon la forme de lâinvitation.
- LibertĂ© de manifestation : La libertĂ© de manifestation est lâexpression publique dâune opinion ou revendication, qui peut ĂȘtre restreinte fortement lorsquâelle se dĂ©roule sur la voie publique.
đ Points essentiels
- En CĂŽte dâIvoire, la Constitution consacre la libertĂ© dâexpression et la libertĂ© dâopinion ainsi que la libertĂ© de rĂ©union et la libertĂ© dâassociation.
- La libertĂ© dâexpression couvre surtout la presse et les mĂ©dias, et doit Ă©viter des atteintes telles que la diffamation injuste, la divulgation de secrets de dĂ©fense nationale ou lâincitation Ă la haine.
- La libertĂ© dâopinion est un droit « nĂ©gatif » dans son aspect interne (for intĂ©rieur), mais son expression externe impose un encadrement liĂ© Ă la neutralitĂ© de lâĂtat et des services publics.
- La libertĂ© de rĂ©union impose Ă lâĂtat de ne pas entraver sans raison valable les rĂ©unions pacifiques et dâassurer leur protection, tout en lui permettant dâinterdire les rĂ©unions non pacifiques dangereuses.
- Une manifestation est une affirmation publique rattachĂ©e Ă lâexpression, et lorsquâelle a lieu sur la voie publique elle est trĂšs souvent soumise Ă restrictions avec distinction entre manifestations prĂ©parĂ©es et attroupements spontanĂ©s.
đĄ Astuce mĂ©mo
Expression = ce que tu dis (presse, idĂ©es) ; Opinion = ce que tu crois (for intĂ©rieur) ; RĂ©union/Manifestation = comment tu tâassembl es (pacifique vs risque dâordre public).
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Principe dâĂ©galitĂ© : Approche constitutionnelle imposant que tous les individus soient traitĂ©s comme Ă©gaux, notamment en matiĂšre de droits et de traitement juridique.
- ĂgalitĂ© devant la loi : Principe selon lequel la loi sâapplique de la mĂȘme façon Ă tous, quâelle protĂšge ou quâelle punisse.
- Discrimination constitutionnellement condamnĂ©e : Atteinte Ă lâĂ©galitĂ© interdite par les textes constitutionnels lorsquâelle repose sur des critĂšres explicitement visĂ©s.
- Discriminations positives : Mesures favorables pouvant ĂȘtre admises pour rĂ©duire des inĂ©galitĂ©s, Ă condition quâelles soient justifiĂ©es et limitĂ©es Ă des situations comparables.
đ Points essentiels
- Le texte constitutionnel proclame que tous les ĂȘtres humains naissent libres et Ă©gaux en droits, et lâĂ©galitĂ© sâexprime aussi devant la loi en la mĂȘme rĂšgle pour tous.
- Les discriminations fondĂ©es sur le sexe ou les opinions politiques, religieuses ou philosophiques doivent ĂȘtre censurĂ©es par le juge en raison de leur interdiction expresse.
- Des discriminations dites positives peuvent ĂȘtre autorisĂ©es pour favoriser notamment les femmes, mais seulement pour des personnes dans des situations identiques ou pour la satisfaction de lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.
- Le principe dâĂ©galitĂ© nâa pas de domaines dâapplication limitĂ©s et rĂ©git lâexercice de lâensemble des droits et libertĂ©s en empĂȘchant toute discrimination injustifiĂ©e.
- Le principe dâĂ©galitĂ© est dĂ©clinĂ© constitutionnellement en 6 domaines : Ă©gal accĂšs Ă la santĂ©, Ă lâinstruction et Ă lâemploi, droit de propriĂ©tĂ©, droit dâentreprendre, droit Ă un environnement sain, Ă©gal accĂšs Ă la justice (articles 7, 15-20, 19).
đĄ Astuce mĂ©mo
EgalitĂ© = mĂȘme loi, mĂȘme traitement ; pas de discriminations interdites ; et seulement exceptions « positives » justifiĂ©es â puis 6 terrains Ă connaĂźtre : santĂ©, instruction/emploi, propriĂ©tĂ©, entreprendre, environnement, justice.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Section syndicale : La section syndicale est un regroupement de salariĂ©s créé par un syndicat reprĂ©sentatif dans lâentreprise, sans personnalitĂ© juridique propre.
- DĂ©lĂ©guĂ© syndical : Le dĂ©lĂ©guĂ© syndical est un salariĂ© mandatĂ© par un syndicat reprĂ©sentatif pour reprĂ©senter le syndicat dans lâentreprise, notamment auprĂšs de lâemployeur.
- Droit de grĂšve : Le droit de grĂšve est la facultĂ© de cesser le travail de façon collective et concertĂ©e afin dâappuyer des revendications professionnelles.
- Préavis de grÚve : Le préavis de grÚve est la formalité préalable imposée dans certains contextes, déposée avant le mouvement pour permettre la négociation.
- Faute lourde : La faute lourde est une faute dâune gravitĂ© particuliĂšre pouvant entraĂźner, en cas de participation Ă la grĂšve, des consĂ©quences disciplinaires et la suspension de la rĂ©munĂ©ration.
đ Points essentiels
- La constitution dâun syndicat ne nĂ©cessite pas dâautorisation prĂ©alable, mais impose notamment la rĂ©daction des statuts et leur dĂ©pĂŽt Ă la mairie avec la liste nominative des dirigeants.
- Le droit de grĂšve exclut la grĂšve perlĂ©e et la grĂšve du zĂšle, et lâoccupation des lieux de travail est illicite et constitutive dâune faute lourde.
- La grĂšve surprise est interdite : les salariĂ©s choisissent le moment de la cessation aprĂšs dĂ©pĂŽt dâun prĂ©avis permettant la nĂ©gociation, au moins dans les services publics soumis Ă prĂ©avis.
- Le prĂ©avis de grĂšve doit ĂȘtre dĂ©posĂ© par les reprĂ©sentants des salariĂ©s, notifiĂ© par Ă©crit Ă lâautoritĂ© compĂ©tente, et sa durĂ©e est de six jours ouvrables.
- La grĂšve ne rompt pas le contrat de travail, mais la sanction Ă raison dâun fait commis pendant la grĂšve suppose une faute lourde et, en cas de grĂšve, les grĂ©vistes perdent leur salaire.
- Le lock-out est interdit, mais peut ĂȘtre admis seulement sâil est justifiĂ© par un impĂ©ratif de sĂ©curitĂ© ou si la procĂ©dure de la grĂšve nâa pas Ă©tĂ© respectĂ©e.
đĄ Astuce mĂ©mo
Préavis obligatoire : six jours ouvrables pour éviter la grÚve surprise et permettre la négociation.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Légalité des délits et des peines : Principe pénal exigeant que seules les infractions définies par la loi et les peines prévues par la loi puissent fonder une condamnation.
- Non-rĂ©troactivitĂ© des peines : Principe pĂ©nal interdisant dâappliquer Ă des faits antĂ©rieurs une loi qui aggrave la sanction ou crĂ©e une nouvelle infraction.
- PrĂ©somption dâinnocence : Principe judiciaire imposant de considĂ©rer toute personne accusĂ©e comme innocente jusquâĂ ce que sa culpabilitĂ© soit Ă©tablie par une procĂ©dure offrant les garanties de dĂ©fense.
đ Points essentiels
- En CĂŽte dâIvoire, lâarticle 71 de la Constitution rĂ©serve au lĂ©gislateur la dĂ©termination des crimes et dĂ©lits ainsi que des peines applicables.
- Le principe de lĂ©galitĂ© impose au juge une interprĂ©tation stricte des textes, excluant toute mĂ©thode qui en dĂ©forme le sens ou en Ă©tende la portĂ©e au dĂ©triment de lâaccusĂ©.
- En CĂŽte dâIvoire, lâarticle 21 de la Constitution interdit de poursuivre ou dâinculper sur la base dâune loi promulguĂ©e aprĂšs les faits reprochĂ©s.
- La non-rĂ©troactivitĂ© admet une exception : seules les lois pĂ©nales plus favorables Ă lâaccusĂ© sâappliquent rĂ©troactivement.
- En CĂŽte dâIvoire, lâarticle 22 de la Constitution prĂ©voit que tout prĂ©venu est prĂ©sumĂ© innocent jusquâĂ ce que sa culpabilitĂ© soit Ă©tablie Ă lâissue dâune procĂ©dure offrant les garanties indispensables Ă sa dĂ©fense.
- En cas de charges insuffisantes, la charge de la preuve incombe Ă la partie poursuivante et le juge doit prononcer la relaxe de lâintĂ©ressĂ©.
đĄ Astuce mĂ©mo
Loi dâabord, peine ensuite : pas de condamnation sans texte prĂ©alable, et accusĂ© innocent tant que la culpabilitĂ© nâest pas prouvĂ©e.
đ 8. Constitutionnalisation des droits humains
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Constitutionnalisation des droits humains : Processus juridique consistant Ă inscrire dans la Constitution des principes et libertĂ©s relatifs aux droits de lâhomme afin de leur donner une valeur suprĂȘme.
- Titres constitutionnels des libertĂ©s : Dispositif constitutionnel qui consacre dans le texte fondamental une section ou un titre dĂ©diĂ© Ă la dĂ©claration des droits de lâhomme et aux libertĂ©s fondamentales.
- DĂ©claration universelle de 1948 : RĂ©fĂ©rence internationale souvent reprise dans les Constitutions africaines pour fonder la liste et lâorientation des droits garantis.
- EffectivitĂ© symbolique : IdĂ©e selon laquelle lâinscription constitutionnelle peut rester surtout affichĂ©e si les pratiques rĂ©elles de protection ne suivent pas.
đ Points essentiels
- Depuis la derniĂšre dĂ©cennie du XXe siĂšcle, les Constitutions issues de la dĂ©mocratisation en Afrique dĂ©taillent avec prĂ©cision les droits et libertĂ©s quâelles entendent garantir.
- Beaucoup de Constitutions structurent leurs droits par un titre entier consacrĂ© Ă une dĂ©claration des droits de lâhomme et des libertĂ©s fondamentales, souvent au dĂ©but du texte.
- Le processus se poursuit aprĂšs les indĂ©pendances en faisant rĂ©fĂ©rence Ă la DĂ©claration universelle de 1948 ainsi quâaux chartes de lâONU et de lâUnion africaine.
- Lâinscription constitutionnelle est prĂ©sentĂ©e comme favorable aux droits, car le prĂ©ambule et les titres rĂ©vĂšlent une orientation idĂ©ologique vers la protection de la personne et des libertĂ©s publiques.
- MalgrĂ© ces inscriptions, lâeffectivitĂ© peut ĂȘtre contestĂ©e: des violations graves observĂ©es rendent douteuse la capacitĂ© rĂ©elle des Constitutions Ă protĂ©ger au quotidien.
- Le texte constitutionnel peut rĂ©pondre Ă des considĂ©rations politiques de âsĂ©ductionâ plus quâĂ une adhĂ©sion de fond, sans empĂȘcher lâexistence dâun cadre normatif stimulant.
đĄ Astuce mĂ©mo
Inscrire dans la Constitution = vitrine ; vĂ©rifier lâapplication = vĂ©ritable effectivitĂ©.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Commission nationale des droits de lâhomme : Organisme Ă©tatique chargĂ©, au niveau national, de contribuer Ă la promotion, Ă la protection et au suivi des droits de lâhomme.
- Principes de Paris : Ensemble de recommandations Ă©laborĂ©es pour guider les commissions nationales officielles des droits de lâhomme vers un fonctionnement crĂ©dible et indĂ©pendant.
- Autonomie financiĂšre : CaractĂ©ristique des institutions nationales des droits de lâhomme qui leur permet de financer leurs actions sans dĂ©pendre du pouvoir exĂ©cutif.
- Organes de rĂ©gulation : Institutions spĂ©cialisĂ©es visant Ă limiter lâemprise de lâAdministration sur des secteurs sensibles comme les Ă©lections et les mĂ©dias.
đ Points essentiels
- Les Principes de Paris ont Ă©tĂ© adoptĂ©s par lâAssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies en 1993 pour encadrer les commissions nationales officielles des droits de lâhomme.
- En CĂŽte dâIvoire, la CNDHCI a Ă©tĂ© créée par la dĂ©cision n° 2005-08/PR du 15 juillet 2005 avec des missions de concertation, consultation, Ă©valuation et proposition pour la protection et la dĂ©fense des droits de lâhomme.
- LâindĂ©pendance des institutions nationales est fragilisĂ©e lorsque les membres sont nommĂ©s par le chef de lâexĂ©cutif et lorsque leurs ressources financiĂšres sont limitĂ©es.
- Les institutions nationales des droits de lâhomme sont dotĂ©es de la personnalitĂ© morale et dâune autonomie financiĂšre afin de garantir leur indĂ©pendance vis-Ă -vis du pouvoir exĂ©cutif qui les crĂ©e.
- Le BĂ©nin a créé la Haute AutoritĂ© de lâAudiovisuel et de la Communication par la loi organique n° 92-021 du 21 aoĂ»t 1992.
- En CĂŽte dâIvoire, la CNCA (Conseil national de la Communication et de lâAudiovisuel) a Ă©tĂ© créée par le dĂ©cret n° 278-2006 du 23 aoĂ»t 2006 pour rĂ©guler le secteur de lâaudiovisuel.
đĄ Astuce mĂ©mo
Paris 1993 = boussole des commissions nationales des droits de lâhomme.
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Garantie juridictionnelle constitutionnelle : La garantie juridictionnelle constitutionnelle désigne la possibilité de faire contrÎler par un juge la conformité de la Constitution, y compris vis-à -vis des lois.
- ContrĂŽle par voie dâexception : Le contrĂŽle par voie dâexception est un contrĂŽle incident soulevĂ© au cours dâun procĂšs ordinaire, quand lâinconstitutionnalitĂ© est discutĂ©e Ă titre prĂ©alable.
- ContrĂŽle par voie dâaction : Le contrĂŽle par voie dâaction permet dâattaquer directement une loi prĂ©sumĂ©e inconstitutionnelle, ce qui peut renforcer la protection tout en augmentant le risque dâencombrement.
- Exception dâinconstitutionnalitĂ© : Lâexception dâinconstitutionnalitĂ© est un moyen permettant Ă un plaideur de contester lâapplication dâune loi en arguant quâelle serait contraire Ă la Constitution.
- Délais de décision constitutionnelle : Le délai de décision constitutionnelle correspond au temps accordé au juge constitutionnel pour statuer aprÚs la saisine.
đ Points essentiels
- La protection juridictionnelle des droits relĂšve des juridictions, avec en sommet la juridiction constitutionnelle.
- Quand une inconstitutionnalité est soulevée, le juge ordinaire doit surseoir et renvoyer au juge constitutionnel si la question dépend de sa compétence.
- Sâagissant du contrĂŽle par voie dâexception, la loi reste en principe applicable hors du litige en cours.
- En CĂŽte dâIvoire, la Constitution de 2000 prĂ©voit que tout plaideur peut soulever lâexception dâinconstitutionnalitĂ© dâune loi devant toute juridiction.
- Le juge constitutionnel se prononce dans un délai de trois (3) mois à compter de la saisine.
- Les difficultĂ©s dâaccĂšs Ă la justice en Afrique tiennent notamment Ă lâorganisation judiciaire, Ă la mĂ©connaissance ou complexitĂ© du procĂšs et au coĂ»t.
đĄ Astuce mĂ©mo
Exception = litige en cours : la loi vit ailleurs ; Action = attaque directe : risque dâencombrement.
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| février 1689 | Bill of Rights britannique |
| juillet 1776 | DĂ©claration dâindĂ©pendance des Etats-Unis dâAmĂ©rique |
| novembre 1791 | Adoption des 8 premiers amendements (Bill of Rights) |
| 26 AoĂ»t 1789 | DĂ©claration des droits de lâhomme et du citoyen |
| 10 dĂ©cembre 1948 | DĂ©claration Universelle des droits de lâhomme |
| 4 novembre 1950 | Convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de lâhomme et des libertĂ©s fondamentales |
| 27 juin 1981 | Charte africaine des droits de lâhomme et des peuples |
| 07 décembre 2000 | Charte européenne des droits fondamentaux |
| 1993 | Adoption par lâAssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies des Principes de Paris |
| 15 juillet 2005 | Décision n° 2005-08/PR portant création de la CNDHCI |
đ Tableaux de synthĂšse
GĂ©nĂ©rations et finalitĂ©s des droits de lâhomme
| Catégorie | Finalité / contenus clés | Exemples dans le cours |
|---|
| 1re gĂ©nĂ©ration (droits civils et politiques) | Noyau dur des droits, protection de lâintĂ©gritĂ© physique et satisfaction des besoins vitaux ; jouissance des libertĂ©s civiles et politiques | Protection de lâintĂ©gritĂ© physique ; libertĂ©s civiles et politiques |
| 2e génération (droits économiques, sociaux et culturels) | Droit de propriété et liberté professionnelle (libérale/individualiste) ; protection sociale minimale et protection du travailleur (solidarité) ; | Droit de propriété ; liberté professionnelle ; protection sociale minimale ; éducation ; progrÚs scientifique |
| 3e gĂ©nĂ©ration (droits de la solidaritĂ©) | DĂ©veloppement, paix/solidaritĂ©, droit des peuples Ă disposer dâeux-mĂȘmes, environnement sain et durable | Droit au dĂ©veloppement ; droit Ă la paix et Ă la solidaritĂ© ; disposer de soi-mĂȘme ; environnement sain et durable |
ContrÎle de constitutionnalité : exception vs action
| Type de contrĂŽle | Moment / logique | Effet sur la loi |
|---|
| Par voie dâexception | Incident au cours dâun procĂšs ordinaire, quand lâinconstitutionnalitĂ© est discutĂ©e Ă titre prĂ©alable | La loi reste en principe applicable hors du litige en cours |
| Par voie dâaction | Attaque directe dâune loi prĂ©sumĂ©e inconstitutionnelle | Peut renforcer la protection mais augmente le risque dâencombrement |
â ïž PiĂšges & confusions frĂ©quents
- Confondre droits de lâhomme et libertĂ©s publiques : les libertĂ©s publiques exigent le rĂŽle du droit positif et de lâĂtat, alors que les droits de lâhomme sont inhĂ©rents Ă la personne humaine.
- Croire que lâinaliĂ©nabilitĂ© supprime toute limitation : le cours admet des restrictions dans des cas prĂ©cis (ex. condamnation) sans privation dĂ©finitive du droit.
- InterprĂ©ter la dignitĂ© intangible comme une absence totale de sanction : le cours prĂ©cise que lâintangibilitĂ© interdit lâabus de dignitĂ© nĂ© de lâintervention dâun tiers.
- Confondre inviolabilitĂ© et indisponibilitĂ© du corps : lâinviolabilitĂ© vise les atteintes par autrui malgrĂ© le consentement, lâindisponibilitĂ© exclut le corps du commerce juridique.
- ĂgalitĂ© et discrimination : penser quâune diffĂ©rence de traitement suffit Ă constituer une discrimination constitutionnellement condamnĂ©e, alors que seules certaines discriminations sur critĂšres interdits sont visĂ©es, et les discriminations positives peuvent ĂȘtre admises si justifiĂ©es et limitĂ©es.
- MĂ©langer exception dâinconstitutionnalitĂ© et contrĂŽle par voie dâaction : lâexception concerne le litige en cours (la loi « vit ailleurs »), lâaction vise une attaque directe.
- Penser que la grÚve rompt le contrat de travail : le cours dit que non, sauf faute lourde, et que les grévistes perdent leur salaire pendant la cessation de travail.
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Checklist Examen
- DĂ©finir les droits de lâhomme (dĂ©finition de RenĂ© Cassin) et expliquer leur place comme sujets de droit titulaires de droits et tenus dâobligations.
- Citer les origines philosophiques : école moderne du droit naturel ; expliquer le contrat social chez Grotius, Hobbes et Locke et le rÎle des droits individuels chez Locke.
- PrĂ©senter les origines historiques et au moins trois « grands textes » du cours, avec leurs dates mentionnĂ©es (ex. Bill of Rights 1689, DĂ©claration dâindĂ©pendance 1776, DĂ©claration de 1789, DĂ©claration universelle de 1948).
- Expliquer lâobjet des droits de lâhomme : protection contre la violence arbitraire et prĂ©vention de la nĂ©gligence des besoins fondamentaux ; puis distinguer les trois catĂ©gories (1re, 2e, 3e gĂ©nĂ©rations) et leurs droits majeurs.
- Donner les trois caractĂšres des droits de lâhomme : universalitĂ©, inaliĂ©nabilitĂ© (avec lâidĂ©e de restrictions possibles dans des cas prĂ©cis), indivisibilitĂ©/interdĂ©pendance/solidaritĂ©.
- DĂ©finir les libertĂ©s publiques Ă partir du rapport homme/pouvoir : rĂŽle de la loi (prééminence) et intervention du juge, puis distinguer les trois systĂšmes dâamĂ©nagement (rĂ©pressif, prĂ©ventif, dĂ©claration prĂ©alable).
- DĂ©finir les droits fondamentaux : notion plus prĂ©cise que droits de lâhomme/libertĂ©s publiques, consacrĂ©e Ă un niveau constitutionnel et impliquant indisponibilitĂ© ; rappeler la place du juge constitutionnel telle que dĂ©crite dans le cours.
- Lister les droits consubstantiels : ceux relevant de la dignitĂ© (caractĂšre absolu et intangible ; champ dâapplication du dĂ©but Ă la fin) et expliquer inviolabilitĂ© et indisponibilitĂ© du corps humain (avec le consentement et le commerce juridique).
- Expliquer les libertĂ©s/ droits liĂ©s Ă la libertĂ© et Ă lâĂ©galitĂ© : libertĂ© dâexpression et limitations ; libertĂ© dâopinion comme droit nĂ©gatif (for intĂ©rieur) et neutralitĂ© ; libertĂ© de rĂ©union/association et libertĂ© de manifestation (manifestations organisĂ©es vs attroupements).
- PrĂ©senter le principe dâĂ©galitĂ© : Ă©galitĂ© devant la loi et discriminations constitutionnellement condamnĂ©es, puis les 6 domaines dâapplication citĂ©s (santĂ©, instruction/emploi, propriĂ©tĂ©, entreprendre, environnement sain, justice).
- Expliquer les libertés syndicales et le droit de grÚve selon le cours : section syndicale vs délégué syndical ; grÚve perlée/zÚle et occupation illicite ; préavis (et six jours ouvrables) ; grÚve ne rompt pas le contrat (sauf faute lourde) et lock-out interdit (sauf conditions).
- Expliquer la lĂ©galitĂ© et la non-rĂ©troactivitĂ© en matiĂšre pĂ©nale (articles constitutionnels citĂ©s) puis la prĂ©somption dâinnocence, la charge de la preuve et le rĂŽle du juge en cas de charges insuffisantes.
- Expliquer la constitutionnalisation des droits humains : logique de titres consacrant une dĂ©claration et dĂ©bat sur lâeffectivitĂ© ; puis dĂ©crire les institutions nationales (CNDHCI et Principes de Paris) et les organes de rĂ©gulation (ex. CNCA) selon les Ă©lĂ©ments donnĂ©s.
- DĂ©crire le contrĂŽle juridictionnel : contrĂŽle par voie dâexception vs voie dâaction ; exception dâinconstitutionnalitĂ© devant toute juridiction ; dĂ©lai de dĂ©cision constitutionnelle (trois mois) ; et les difficultĂ©s dâaccĂšs Ă la justice en Afrique (organisation, mĂ©connaissance/complexitĂ©, coĂ»t).
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