Revision sheet: Les droits de l'homme et leur protection

📋 Plan du Cours

  1. Notion de droits de l'homme
  2. Origines et objet des droits de l'homme
  3. Droits liés à la dignité humaine
  4. Libertés d'expression, d'opinion et de réunion
  5. ÉgalitĂ© et non-discrimination
  6. Libertés syndicales et droit de grÚve
  7. Légalité des peines et présomption d'innocence
  8. Constitutionnalisation des droits humains
  9. Institutions nationales de protection
  10. ContrĂŽle juridictionnel et accĂšs Ă  la justice

📖 1. Notion de droits de l'homme

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Droits de l’homme : Ensemble des rĂšgles qui organisent les relations entre les personnes au nom de la dignitĂ© humaine en reconnaissant les droits nĂ©cessaires Ă  l’épanouissement de chacun.
  • Juridicisation des droits de l’homme : Mouvement par lequel des droits de l’homme deviennent de vĂ©ritables normes juridiques, intĂ©grĂ©es et protĂ©gĂ©es dans les ordres internes et internationaux.
  • Droits naturels : IdĂ©e selon laquelle certains droits sont inhĂ©rents Ă  la qualitĂ© humaine et ne proviennent pas d’une loi positive en vigueur.
  • UniversalitĂ© des droits de l’homme : CaractĂšre selon lequel la condition d’ĂȘtre humain suffit pour ĂȘtre titulaire des droits, sans considĂ©ration de contexte ni de discrimination.
  • InaliĂ©nabilitĂ© des droits de l’homme : CaractĂšre selon lequel les droits ne peuvent ĂȘtre supprimĂ©s de façon dĂ©finitive car personne ne peut en ĂȘtre privĂ©, malgrĂ© des restrictions possibles en cas prĂ©cis.

📝 Points essentiels

  • Les droits de l’homme placent les individus au cƓur de l’ordre juridique en faisant d’eux des sujets de droit titulaires de droits et tenus Ă  des obligations.
  • Les droits de l’homme se rattachent Ă  une histoire marquĂ©e par une consĂ©cration et une protection renforcĂ©e par des garanties juridictionnelles.
  • Les origines philosophiques associent l’émergence Ă  l’école moderne du droit naturel et Ă  l’idĂ©e d’un contrat social chez Grotius, Hobbes et Locke.
  • Les grands textes fondateurs citĂ©s incluent le Bill of Rights britannique de fĂ©vrier 1689, la DĂ©claration d’indĂ©pendance amĂ©ricaine de juillet 1776 et la DĂ©claration française du 26 aoĂ»t 1789.
  • Les droits de l’homme sont universels, inaliĂ©nables et indivisibles, interdĂ©pendants et solidaires : respecter certains droits n’autorise pas Ă  en ignorer d’autres.
  • MĂȘme si une restriction peut exister dans un cas prĂ©cis (par exemple en cas de condamnation), les droits de l’homme ne peuvent pas ĂȘtre privativement supprimĂ©s en eux-mĂȘmes.

💡 Astuce mĂ©mo

Triade Ă  mĂ©moriser : dignitĂ© humaine → universels, inaliĂ©nables, indivisibles (donc aucun droit isolĂ©ment).

📖 2. Origines et objet des droits de l'homme

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Droit naturel moderne : Courant philosophique oĂč les droits tiennent Ă  la nature humaine, indĂ©pendamment des lois positives, et servent de fondement Ă  la vie en sociĂ©tĂ©.
  • Contrat social : Convention issue de la volontĂ© mutuelle par laquelle des individus acceptent de se regrouper en sociĂ©tĂ© afin d’assurer cohĂ©sion et sĂ©curitĂ©.
  • PremiĂšre gĂ©nĂ©ration : CatĂ©gorie des droits civils et politiques formant le noyau dur des droits de l’homme et garantissant notamment l’intĂ©gritĂ© physique et certaines libertĂ©s.

📝 Points essentiels

  • Les origines des droits de l’homme sont Ă  la fois philosophiques et historiques, mĂȘlant des idĂ©es de droit naturel et l’adoption de grands textes de rĂ©fĂ©rence.
  • Grotius rattache l’organisation sociale Ă  la nature humaine plutĂŽt qu’au cosmos, Hobbes fonde l’existence du pouvoir sur la nature belliqueuse, et Locke justifie l’État par la nĂ©cessitĂ© de protĂ©ger des droits individuels.
  • Le Bill of Rights britannique date de fĂ©vrier 1689 et sert de source d’inspiration Ă  d’autres textes de protection des libertĂ©s.
  • La DĂ©claration d’indĂ©pendance amĂ©ricaine proclame en juillet 1776 l’égalitĂ© des hommes et des droits inaliĂ©nables liĂ©s Ă  la vie, Ă  la libertĂ© et Ă  la recherche du bonheur, complĂ©tĂ©e par les 8 premiers amendements adoptĂ©s en novembre 1791.
  • La DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen du 26 aoĂ»t 1789 consacre des droits Ă  caractĂšre abstrait et universaliste, avec une prĂ©sentation individuelle, absolue et privatve.
  • Les droits de l’homme sont des droits inhĂ©rents Ă  la personne visant Ă  protĂ©ger de la violence arbitraire et Ă  Ă©viter la nĂ©gligence des besoins fondamentaux, avec des droits civils et politiques (1re gĂ©nĂ©ration), Ă©conomiques, sociaux et culturels (2e), et de solidaritĂ© (3e).

💡 Astuce mĂ©mo

Philo + textes : droit naturel et contrat social, puis 1689 (Bill of Rights) → 1776 (DĂ©claration) → 1789 (Droits du citoyen) → 1948 (DĂ©claration universelle).

📖 3. Droits liĂ©s Ă  la dignitĂ© humaine

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Principe de dignitĂ© : Principe juridique qui reconnaĂźt que chaque personne appartient Ă  l’humanitĂ© et dispose d’un droit au respect de sa dignitĂ©.
  • DignitĂ© absolue : CaractĂšre du principe de dignitĂ© qui implique une exigence maximale de protection, notamment contre les traitements atteignant l’ĂȘtre humain.
  • DignitĂ© intangible : CaractĂšre du principe de dignitĂ© qui interdit que l’individu en dispose, et empĂȘche toute cession ou mise en commerce.
  • InviolabilitĂ© du corps humain : Principe selon lequel le corps humain ne peut ĂȘtre “disponible” au point qu’un simple consentement rende licites les atteintes commises par un tiers.
  • IndisponibilitĂ© du corps humain : Principe qui place le corps humain hors du commerce juridique, interdisant les conventions portant sur sa valeur patrimoniale.

📝 Points essentiels

  • La dignitĂ© est qualifiĂ©e d’absolue et sert de base aux droits Ă©gaux et inaliĂ©nables, notamment contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dĂ©gradants.
  • La dignitĂ© est intangible : elle ne peut ni ĂȘtre cĂ©dĂ©e ni faire l’objet de commerce, et elle ne doit pas dĂ©pendre de dĂ©cisions arbitraires portant sur son titulaire ou son Ă©tendue.
  • L’intangibilitĂ© vise l’atteinte issue d’un tiers utilisant une personne Ă  un intĂ©rĂȘt Ă©tranger, ce qui justifie par exemple la rĂ©pression du proxĂ©nĂ©tisme plutĂŽt que la prostitution.
  • Le principe de dignitĂ© s’applique Ă  toutes les Ă©tapes de la vie, de son dĂ©but Ă  sa fin, impliquant inviolabilitĂ© et indisponibilitĂ© du corps humain.
  • Le consentement du sujet ne suffit pas Ă  rendre licites les actes d’un tiers : les conventions confĂ©rant une valeur patrimoniale au corps ou Ă  ses Ă©lĂ©ments sont nulles (art. 16-1 code civil).
  • Le droit Ă  la “mort provoquĂ©e” n’existe pas : l’euthanasie active, oĂč un tiers provoque dĂ©libĂ©rĂ©ment la mort, n’est pas admise et la vie demeure sacrĂ©e.

💡 Astuce mĂ©mo

A-I pour la dignité : Absolue et Intangible ; I-I pour le corps : Inviolable et Indisponible, du début à la fin.

📖 4. LibertĂ©s d'expression, d'opinion et de rĂ©union

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • LibertĂ© d’expression : La libertĂ© d’expression est un droit de formuler et diffuser librement ses idĂ©es, principalement encadrĂ© pour Ă©viter les abus prĂ©vus par la loi.
  • LibertĂ© d’opinion : La libertĂ© d’opinion protĂšge les convictions intĂ©rieures, puis leur expression dans la sphĂšre sociale, sous rĂ©serve d’un encadrement garantissant l’égalitĂ© et la neutralitĂ© de l’État.
  • LibertĂ© de rĂ©union : La libertĂ© de rĂ©union permet de s’assembler et d’organiser ou participer Ă  une rencontre, publique ou privĂ©e, selon la forme de l’invitation.
  • LibertĂ© de manifestation : La libertĂ© de manifestation est l’expression publique d’une opinion ou revendication, qui peut ĂȘtre restreinte fortement lorsqu’elle se dĂ©roule sur la voie publique.

📝 Points essentiels

  • En CĂŽte d’Ivoire, la Constitution consacre la libertĂ© d’expression et la libertĂ© d’opinion ainsi que la libertĂ© de rĂ©union et la libertĂ© d’association.
  • La libertĂ© d’expression couvre surtout la presse et les mĂ©dias, et doit Ă©viter des atteintes telles que la diffamation injuste, la divulgation de secrets de dĂ©fense nationale ou l’incitation Ă  la haine.
  • La libertĂ© d’opinion est un droit « nĂ©gatif » dans son aspect interne (for intĂ©rieur), mais son expression externe impose un encadrement liĂ© Ă  la neutralitĂ© de l’État et des services publics.
  • La libertĂ© de rĂ©union impose Ă  l’État de ne pas entraver sans raison valable les rĂ©unions pacifiques et d’assurer leur protection, tout en lui permettant d’interdire les rĂ©unions non pacifiques dangereuses.
  • Une manifestation est une affirmation publique rattachĂ©e Ă  l’expression, et lorsqu’elle a lieu sur la voie publique elle est trĂšs souvent soumise Ă  restrictions avec distinction entre manifestations prĂ©parĂ©es et attroupements spontanĂ©s.

💡 Astuce mĂ©mo

Expression = ce que tu dis (presse, idĂ©es) ; Opinion = ce que tu crois (for intĂ©rieur) ; RĂ©union/Manifestation = comment tu t’assembl es (pacifique vs risque d’ordre public).

📖 5. ÉgalitĂ© et non-discrimination

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Principe d’égalitĂ© : Approche constitutionnelle imposant que tous les individus soient traitĂ©s comme Ă©gaux, notamment en matiĂšre de droits et de traitement juridique.
  • ÉgalitĂ© devant la loi : Principe selon lequel la loi s’applique de la mĂȘme façon Ă  tous, qu’elle protĂšge ou qu’elle punisse.
  • Discrimination constitutionnellement condamnĂ©e : Atteinte Ă  l’égalitĂ© interdite par les textes constitutionnels lorsqu’elle repose sur des critĂšres explicitement visĂ©s.
  • Discriminations positives : Mesures favorables pouvant ĂȘtre admises pour rĂ©duire des inĂ©galitĂ©s, Ă  condition qu’elles soient justifiĂ©es et limitĂ©es Ă  des situations comparables.

📝 Points essentiels

  • Le texte constitutionnel proclame que tous les ĂȘtres humains naissent libres et Ă©gaux en droits, et l’égalitĂ© s’exprime aussi devant la loi en la mĂȘme rĂšgle pour tous.
  • Les discriminations fondĂ©es sur le sexe ou les opinions politiques, religieuses ou philosophiques doivent ĂȘtre censurĂ©es par le juge en raison de leur interdiction expresse.
  • Des discriminations dites positives peuvent ĂȘtre autorisĂ©es pour favoriser notamment les femmes, mais seulement pour des personnes dans des situations identiques ou pour la satisfaction de l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.
  • Le principe d’égalitĂ© n’a pas de domaines d’application limitĂ©s et rĂ©git l’exercice de l’ensemble des droits et libertĂ©s en empĂȘchant toute discrimination injustifiĂ©e.
  • Le principe d’égalitĂ© est dĂ©clinĂ© constitutionnellement en 6 domaines : Ă©gal accĂšs Ă  la santĂ©, Ă  l’instruction et Ă  l’emploi, droit de propriĂ©tĂ©, droit d’entreprendre, droit Ă  un environnement sain, Ă©gal accĂšs Ă  la justice (articles 7, 15-20, 19).

💡 Astuce mĂ©mo

EgalitĂ© = mĂȘme loi, mĂȘme traitement ; pas de discriminations interdites ; et seulement exceptions « positives » justifiĂ©es — puis 6 terrains Ă  connaĂźtre : santĂ©, instruction/emploi, propriĂ©tĂ©, entreprendre, environnement, justice.

📖 6. LibertĂ©s syndicales et droit de grĂšve

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Section syndicale : La section syndicale est un regroupement de salariĂ©s créé par un syndicat reprĂ©sentatif dans l’entreprise, sans personnalitĂ© juridique propre.
  • DĂ©lĂ©guĂ© syndical : Le dĂ©lĂ©guĂ© syndical est un salariĂ© mandatĂ© par un syndicat reprĂ©sentatif pour reprĂ©senter le syndicat dans l’entreprise, notamment auprĂšs de l’employeur.
  • Droit de grĂšve : Le droit de grĂšve est la facultĂ© de cesser le travail de façon collective et concertĂ©e afin d’appuyer des revendications professionnelles.
  • PrĂ©avis de grĂšve : Le prĂ©avis de grĂšve est la formalitĂ© prĂ©alable imposĂ©e dans certains contextes, dĂ©posĂ©e avant le mouvement pour permettre la nĂ©gociation.
  • Faute lourde : La faute lourde est une faute d’une gravitĂ© particuliĂšre pouvant entraĂźner, en cas de participation Ă  la grĂšve, des consĂ©quences disciplinaires et la suspension de la rĂ©munĂ©ration.

📝 Points essentiels

  • La constitution d’un syndicat ne nĂ©cessite pas d’autorisation prĂ©alable, mais impose notamment la rĂ©daction des statuts et leur dĂ©pĂŽt Ă  la mairie avec la liste nominative des dirigeants.
  • Le droit de grĂšve exclut la grĂšve perlĂ©e et la grĂšve du zĂšle, et l’occupation des lieux de travail est illicite et constitutive d’une faute lourde.
  • La grĂšve surprise est interdite : les salariĂ©s choisissent le moment de la cessation aprĂšs dĂ©pĂŽt d’un prĂ©avis permettant la nĂ©gociation, au moins dans les services publics soumis Ă  prĂ©avis.
  • Le prĂ©avis de grĂšve doit ĂȘtre dĂ©posĂ© par les reprĂ©sentants des salariĂ©s, notifiĂ© par Ă©crit Ă  l’autoritĂ© compĂ©tente, et sa durĂ©e est de six jours ouvrables.
  • La grĂšve ne rompt pas le contrat de travail, mais la sanction Ă  raison d’un fait commis pendant la grĂšve suppose une faute lourde et, en cas de grĂšve, les grĂ©vistes perdent leur salaire.
  • Le lock-out est interdit, mais peut ĂȘtre admis seulement s’il est justifiĂ© par un impĂ©ratif de sĂ©curitĂ© ou si la procĂ©dure de la grĂšve n’a pas Ă©tĂ© respectĂ©e.

💡 Astuce mĂ©mo

Préavis obligatoire : six jours ouvrables pour éviter la grÚve surprise et permettre la négociation.

📖 7. LĂ©galitĂ© des peines et prĂ©somption d'innocence

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • LĂ©galitĂ© des dĂ©lits et des peines : Principe pĂ©nal exigeant que seules les infractions dĂ©finies par la loi et les peines prĂ©vues par la loi puissent fonder une condamnation.
  • Non-rĂ©troactivitĂ© des peines : Principe pĂ©nal interdisant d’appliquer Ă  des faits antĂ©rieurs une loi qui aggrave la sanction ou crĂ©e une nouvelle infraction.
  • PrĂ©somption d’innocence : Principe judiciaire imposant de considĂ©rer toute personne accusĂ©e comme innocente jusqu’à ce que sa culpabilitĂ© soit Ă©tablie par une procĂ©dure offrant les garanties de dĂ©fense.

📝 Points essentiels

  • En CĂŽte d’Ivoire, l’article 71 de la Constitution rĂ©serve au lĂ©gislateur la dĂ©termination des crimes et dĂ©lits ainsi que des peines applicables.
  • Le principe de lĂ©galitĂ© impose au juge une interprĂ©tation stricte des textes, excluant toute mĂ©thode qui en dĂ©forme le sens ou en Ă©tende la portĂ©e au dĂ©triment de l’accusĂ©.
  • En CĂŽte d’Ivoire, l’article 21 de la Constitution interdit de poursuivre ou d’inculper sur la base d’une loi promulguĂ©e aprĂšs les faits reprochĂ©s.
  • La non-rĂ©troactivitĂ© admet une exception : seules les lois pĂ©nales plus favorables Ă  l’accusĂ© s’appliquent rĂ©troactivement.
  • En CĂŽte d’Ivoire, l’article 22 de la Constitution prĂ©voit que tout prĂ©venu est prĂ©sumĂ© innocent jusqu’à ce que sa culpabilitĂ© soit Ă©tablie Ă  l’issue d’une procĂ©dure offrant les garanties indispensables Ă  sa dĂ©fense.
  • En cas de charges insuffisantes, la charge de la preuve incombe Ă  la partie poursuivante et le juge doit prononcer la relaxe de l’intĂ©ressĂ©.

💡 Astuce mĂ©mo

Loi d’abord, peine ensuite : pas de condamnation sans texte prĂ©alable, et accusĂ© innocent tant que la culpabilitĂ© n’est pas prouvĂ©e.

📖 8. Constitutionnalisation des droits humains

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Constitutionnalisation des droits humains : Processus juridique consistant Ă  inscrire dans la Constitution des principes et libertĂ©s relatifs aux droits de l’homme afin de leur donner une valeur suprĂȘme.
  • Titres constitutionnels des libertĂ©s : Dispositif constitutionnel qui consacre dans le texte fondamental une section ou un titre dĂ©diĂ© Ă  la dĂ©claration des droits de l’homme et aux libertĂ©s fondamentales.
  • DĂ©claration universelle de 1948 : RĂ©fĂ©rence internationale souvent reprise dans les Constitutions africaines pour fonder la liste et l’orientation des droits garantis.
  • EffectivitĂ© symbolique : IdĂ©e selon laquelle l’inscription constitutionnelle peut rester surtout affichĂ©e si les pratiques rĂ©elles de protection ne suivent pas.

📝 Points essentiels

  • Depuis la derniĂšre dĂ©cennie du XXe siĂšcle, les Constitutions issues de la dĂ©mocratisation en Afrique dĂ©taillent avec prĂ©cision les droits et libertĂ©s qu’elles entendent garantir.
  • Beaucoup de Constitutions structurent leurs droits par un titre entier consacrĂ© Ă  une dĂ©claration des droits de l’homme et des libertĂ©s fondamentales, souvent au dĂ©but du texte.
  • Le processus se poursuit aprĂšs les indĂ©pendances en faisant rĂ©fĂ©rence Ă  la DĂ©claration universelle de 1948 ainsi qu’aux chartes de l’ONU et de l’Union africaine.
  • L’inscription constitutionnelle est prĂ©sentĂ©e comme favorable aux droits, car le prĂ©ambule et les titres rĂ©vĂšlent une orientation idĂ©ologique vers la protection de la personne et des libertĂ©s publiques.
  • MalgrĂ© ces inscriptions, l’effectivitĂ© peut ĂȘtre contestĂ©e: des violations graves observĂ©es rendent douteuse la capacitĂ© rĂ©elle des Constitutions Ă  protĂ©ger au quotidien.
  • Le texte constitutionnel peut rĂ©pondre Ă  des considĂ©rations politiques de “sĂ©duction” plus qu’à une adhĂ©sion de fond, sans empĂȘcher l’existence d’un cadre normatif stimulant.

💡 Astuce mĂ©mo

Inscrire dans la Constitution = vitrine ; vĂ©rifier l’application = vĂ©ritable effectivitĂ©.

📖 9. Institutions nationales de protection

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Commission nationale des droits de l’homme : Organisme Ă©tatique chargĂ©, au niveau national, de contribuer Ă  la promotion, Ă  la protection et au suivi des droits de l’homme.
  • Principes de Paris : Ensemble de recommandations Ă©laborĂ©es pour guider les commissions nationales officielles des droits de l’homme vers un fonctionnement crĂ©dible et indĂ©pendant.
  • Autonomie financiĂšre : CaractĂ©ristique des institutions nationales des droits de l’homme qui leur permet de financer leurs actions sans dĂ©pendre du pouvoir exĂ©cutif.
  • Organes de rĂ©gulation : Institutions spĂ©cialisĂ©es visant Ă  limiter l’emprise de l’Administration sur des secteurs sensibles comme les Ă©lections et les mĂ©dias.

📝 Points essentiels

  • Les Principes de Paris ont Ă©tĂ© adoptĂ©s par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies en 1993 pour encadrer les commissions nationales officielles des droits de l’homme.
  • En CĂŽte d’Ivoire, la CNDHCI a Ă©tĂ© créée par la dĂ©cision n° 2005-08/PR du 15 juillet 2005 avec des missions de concertation, consultation, Ă©valuation et proposition pour la protection et la dĂ©fense des droits de l’homme.
  • L’indĂ©pendance des institutions nationales est fragilisĂ©e lorsque les membres sont nommĂ©s par le chef de l’exĂ©cutif et lorsque leurs ressources financiĂšres sont limitĂ©es.
  • Les institutions nationales des droits de l’homme sont dotĂ©es de la personnalitĂ© morale et d’une autonomie financiĂšre afin de garantir leur indĂ©pendance vis-Ă -vis du pouvoir exĂ©cutif qui les crĂ©e.
  • Le BĂ©nin a créé la Haute AutoritĂ© de l’Audiovisuel et de la Communication par la loi organique n° 92-021 du 21 aoĂ»t 1992.
  • En CĂŽte d’Ivoire, la CNCA (Conseil national de la Communication et de l’Audiovisuel) a Ă©tĂ© créée par le dĂ©cret n° 278-2006 du 23 aoĂ»t 2006 pour rĂ©guler le secteur de l’audiovisuel.

💡 Astuce mĂ©mo

Paris 1993 = boussole des commissions nationales des droits de l’homme.

📖 10. Contrîle juridictionnel et accùs à la justice

🔑 Notions clĂ©s & DĂ©finitions

  • Garantie juridictionnelle constitutionnelle : La garantie juridictionnelle constitutionnelle dĂ©signe la possibilitĂ© de faire contrĂŽler par un juge la conformitĂ© de la Constitution, y compris vis-Ă -vis des lois.
  • ContrĂŽle par voie d’exception : Le contrĂŽle par voie d’exception est un contrĂŽle incident soulevĂ© au cours d’un procĂšs ordinaire, quand l’inconstitutionnalitĂ© est discutĂ©e Ă  titre prĂ©alable.
  • ContrĂŽle par voie d’action : Le contrĂŽle par voie d’action permet d’attaquer directement une loi prĂ©sumĂ©e inconstitutionnelle, ce qui peut renforcer la protection tout en augmentant le risque d’encombrement.
  • Exception d’inconstitutionnalitĂ© : L’exception d’inconstitutionnalitĂ© est un moyen permettant Ă  un plaideur de contester l’application d’une loi en arguant qu’elle serait contraire Ă  la Constitution.
  • DĂ©lais de dĂ©cision constitutionnelle : Le dĂ©lai de dĂ©cision constitutionnelle correspond au temps accordĂ© au juge constitutionnel pour statuer aprĂšs la saisine.

📝 Points essentiels

  • La protection juridictionnelle des droits relĂšve des juridictions, avec en sommet la juridiction constitutionnelle.
  • Quand une inconstitutionnalitĂ© est soulevĂ©e, le juge ordinaire doit surseoir et renvoyer au juge constitutionnel si la question dĂ©pend de sa compĂ©tence.
  • S’agissant du contrĂŽle par voie d’exception, la loi reste en principe applicable hors du litige en cours.
  • En CĂŽte d’Ivoire, la Constitution de 2000 prĂ©voit que tout plaideur peut soulever l’exception d’inconstitutionnalitĂ© d’une loi devant toute juridiction.
  • Le juge constitutionnel se prononce dans un dĂ©lai de trois (3) mois Ă  compter de la saisine.
  • Les difficultĂ©s d’accĂšs Ă  la justice en Afrique tiennent notamment Ă  l’organisation judiciaire, Ă  la mĂ©connaissance ou complexitĂ© du procĂšs et au coĂ»t.

💡 Astuce mĂ©mo

Exception = litige en cours : la loi vit ailleurs ; Action = attaque directe : risque d’encombrement.

📅 Repùres chronologiques

DateÉvĂ©nement
février 1689Bill of Rights britannique
juillet 1776DĂ©claration d’indĂ©pendance des Etats-Unis d’AmĂ©rique
novembre 1791Adoption des 8 premiers amendements (Bill of Rights)
26 AoĂ»t 1789DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen
10 dĂ©cembre 1948DĂ©claration Universelle des droits de l’homme
4 novembre 1950Convention europĂ©enne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertĂ©s fondamentales
27 juin 1981Charte africaine des droits de l’homme et des peuples
07 décembre 2000Charte européenne des droits fondamentaux
1993Adoption par l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies des Principes de Paris
15 juillet 2005Décision n° 2005-08/PR portant création de la CNDHCI

📊 Tableaux de synthùse

GĂ©nĂ©rations et finalitĂ©s des droits de l’homme

CatégorieFinalité / contenus clésExemples dans le cours
1re gĂ©nĂ©ration (droits civils et politiques)Noyau dur des droits, protection de l’intĂ©gritĂ© physique et satisfaction des besoins vitaux ; jouissance des libertĂ©s civiles et politiquesProtection de l’intĂ©gritĂ© physique ; libertĂ©s civiles et politiques
2e génération (droits économiques, sociaux et culturels)Droit de propriété et liberté professionnelle (libérale/individualiste) ; protection sociale minimale et protection du travailleur (solidarité) ;Droit de propriété ; liberté professionnelle ; protection sociale minimale ; éducation ; progrÚs scientifique
3e gĂ©nĂ©ration (droits de la solidaritĂ©)DĂ©veloppement, paix/solidaritĂ©, droit des peuples Ă  disposer d’eux-mĂȘmes, environnement sain et durableDroit au dĂ©veloppement ; droit Ă  la paix et Ă  la solidaritĂ© ; disposer de soi-mĂȘme ; environnement sain et durable

ContrÎle de constitutionnalité : exception vs action

Type de contrĂŽleMoment / logiqueEffet sur la loi
Par voie d’exceptionIncident au cours d’un procĂšs ordinaire, quand l’inconstitutionnalitĂ© est discutĂ©e Ă  titre prĂ©alableLa loi reste en principe applicable hors du litige en cours
Par voie d’actionAttaque directe d’une loi prĂ©sumĂ©e inconstitutionnellePeut renforcer la protection mais augmente le risque d’encombrement

⚠ PiĂšges & confusions frĂ©quents

  1. Confondre droits de l’homme et libertĂ©s publiques : les libertĂ©s publiques exigent le rĂŽle du droit positif et de l’État, alors que les droits de l’homme sont inhĂ©rents Ă  la personne humaine.
  2. Croire que l’inaliĂ©nabilitĂ© supprime toute limitation : le cours admet des restrictions dans des cas prĂ©cis (ex. condamnation) sans privation dĂ©finitive du droit.
  3. InterprĂ©ter la dignitĂ© intangible comme une absence totale de sanction : le cours prĂ©cise que l’intangibilitĂ© interdit l’abus de dignitĂ© nĂ© de l’intervention d’un tiers.
  4. Confondre inviolabilitĂ© et indisponibilitĂ© du corps : l’inviolabilitĂ© vise les atteintes par autrui malgrĂ© le consentement, l’indisponibilitĂ© exclut le corps du commerce juridique.
  5. ÉgalitĂ© et discrimination : penser qu’une diffĂ©rence de traitement suffit Ă  constituer une discrimination constitutionnellement condamnĂ©e, alors que seules certaines discriminations sur critĂšres interdits sont visĂ©es, et les discriminations positives peuvent ĂȘtre admises si justifiĂ©es et limitĂ©es.
  6. MĂ©langer exception d’inconstitutionnalitĂ© et contrĂŽle par voie d’action : l’exception concerne le litige en cours (la loi « vit ailleurs »), l’action vise une attaque directe.
  7. Penser que la grÚve rompt le contrat de travail : le cours dit que non, sauf faute lourde, et que les grévistes perdent leur salaire pendant la cessation de travail.

✅ Checklist Examen

  1. DĂ©finir les droits de l’homme (dĂ©finition de RenĂ© Cassin) et expliquer leur place comme sujets de droit titulaires de droits et tenus d’obligations.
  2. Citer les origines philosophiques : école moderne du droit naturel ; expliquer le contrat social chez Grotius, Hobbes et Locke et le rÎle des droits individuels chez Locke.
  3. PrĂ©senter les origines historiques et au moins trois « grands textes » du cours, avec leurs dates mentionnĂ©es (ex. Bill of Rights 1689, DĂ©claration d’indĂ©pendance 1776, DĂ©claration de 1789, DĂ©claration universelle de 1948).
  4. Expliquer l’objet des droits de l’homme : protection contre la violence arbitraire et prĂ©vention de la nĂ©gligence des besoins fondamentaux ; puis distinguer les trois catĂ©gories (1re, 2e, 3e gĂ©nĂ©rations) et leurs droits majeurs.
  5. Donner les trois caractĂšres des droits de l’homme : universalitĂ©, inaliĂ©nabilitĂ© (avec l’idĂ©e de restrictions possibles dans des cas prĂ©cis), indivisibilitĂ©/interdĂ©pendance/solidaritĂ©.
  6. DĂ©finir les libertĂ©s publiques Ă  partir du rapport homme/pouvoir : rĂŽle de la loi (prééminence) et intervention du juge, puis distinguer les trois systĂšmes d’amĂ©nagement (rĂ©pressif, prĂ©ventif, dĂ©claration prĂ©alable).
  7. DĂ©finir les droits fondamentaux : notion plus prĂ©cise que droits de l’homme/libertĂ©s publiques, consacrĂ©e Ă  un niveau constitutionnel et impliquant indisponibilitĂ© ; rappeler la place du juge constitutionnel telle que dĂ©crite dans le cours.
  8. Lister les droits consubstantiels : ceux relevant de la dignitĂ© (caractĂšre absolu et intangible ; champ d’application du dĂ©but Ă  la fin) et expliquer inviolabilitĂ© et indisponibilitĂ© du corps humain (avec le consentement et le commerce juridique).
  9. Expliquer les libertĂ©s/ droits liĂ©s Ă  la libertĂ© et Ă  l’égalitĂ© : libertĂ© d’expression et limitations ; libertĂ© d’opinion comme droit nĂ©gatif (for intĂ©rieur) et neutralitĂ© ; libertĂ© de rĂ©union/association et libertĂ© de manifestation (manifestations organisĂ©es vs attroupements).
  10. PrĂ©senter le principe d’égalitĂ© : Ă©galitĂ© devant la loi et discriminations constitutionnellement condamnĂ©es, puis les 6 domaines d’application citĂ©s (santĂ©, instruction/emploi, propriĂ©tĂ©, entreprendre, environnement sain, justice).
  11. Expliquer les libertés syndicales et le droit de grÚve selon le cours : section syndicale vs délégué syndical ; grÚve perlée/zÚle et occupation illicite ; préavis (et six jours ouvrables) ; grÚve ne rompt pas le contrat (sauf faute lourde) et lock-out interdit (sauf conditions).
  12. Expliquer la lĂ©galitĂ© et la non-rĂ©troactivitĂ© en matiĂšre pĂ©nale (articles constitutionnels citĂ©s) puis la prĂ©somption d’innocence, la charge de la preuve et le rĂŽle du juge en cas de charges insuffisantes.
  13. Expliquer la constitutionnalisation des droits humains : logique de titres consacrant une dĂ©claration et dĂ©bat sur l’effectivitĂ© ; puis dĂ©crire les institutions nationales (CNDHCI et Principes de Paris) et les organes de rĂ©gulation (ex. CNCA) selon les Ă©lĂ©ments donnĂ©s.
  14. DĂ©crire le contrĂŽle juridictionnel : contrĂŽle par voie d’exception vs voie d’action ; exception d’inconstitutionnalitĂ© devant toute juridiction ; dĂ©lai de dĂ©cision constitutionnelle (trois mois) ; et les difficultĂ©s d’accĂšs Ă  la justice en Afrique (organisation, mĂ©connaissance/complexitĂ©, coĂ»t).

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1. Quel Ă©noncĂ© dĂ©finit le mieux les droits de l’homme ?

2. Quelle est la dĂ©finition des droits de l’homme selon RenĂ© Cassin, en tant qu’ensemble de rĂšgles ?

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Droits de l’homme — dĂ©finition ?

RÚgles organisant les relations au nom de la dignité humaine.

Droits de l'homme

RÚgles organisant relations, dignité, droits fondamentaux.

Origines philosophiques — rîle ?

Droit naturel et contrat social pour légitimer les droits.

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