đ Plan du Cours
- Principe de légalité des peines et individualisation des sanctions pénales
- Classification des peines selon la gravitĂ© de lâinfraction
- Peines correctionnelles principales et complémentaires
- Peines contraventionnelles et sanctions complémentaires spécifiques
- Concours dâinfractions et cumul des peines
- Modes dâajournement et mise Ă lâĂ©preuve des peines
- Dispositions relatives Ă lâexĂ©cution, suspension et extinction des peines
- Régime spécifique des peines pour crimes à caractÚre politique
- Récidive : régime, effets et mesures spécifiques
- Mesures de faveur individuelles et collectives effaçant ou réduisant la peine
- ImmunitĂ©s et causes dâexemption ou de dispense de peine
- Effets juridiques de lâamnistie et de la rĂ©habilitation sur la condamnation
đ 1. Principe de lĂ©galitĂ© des peines et individualisation des sanctions pĂ©nales
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Principe de la lĂ©galitĂ© des peines : Principe selon lequel il nây a pas de peine sans texte la prĂ©voyant : la loi prĂ©voit les peines criminelles et correctionnelles, tandis que le rĂšglement prĂ©voit les peines contraventionnelles.
- EfficacitĂ© des sanctions pĂ©nales : FinalitĂ© rattachĂ©e Ă la loi du 15 aoĂ»t 2014, prĂ©sentĂ©e comme renforcĂ©e par lâart. 130-1 du CP qui distingue les fonctions de la peine et ses buts.
đ Points essentiels
- Une peine est une sanction prĂ©vue par un texte que le juge pĂ©nal peut infliger Ă toute personne reconnue coupable dâune infraction.
- La peine est fixĂ©e par rĂ©fĂ©rence Ă un texte selon la gravitĂ© de lâinfraction : plus lâinfraction est grave, plus la peine est lourde.
- Lâart. 130-1 du CP (insĂ©rĂ© par la loi Taubira du 15 aoĂ»t 2014) distingue les fonctions de la peine (effet du chĂątiment sur chaque condamnĂ©) et ses buts (consĂ©quences de la rĂ©alisation de ces fonctions pour la protection de la sociĂ©tĂ©, la prĂ©vention de nouvelles infractions et la restauration de lâĂ©quilibre social).
đĄ Ă retenir
Une peine est une sanction prĂ©vue par un texte que le juge pĂ©nal peut infliger Ă toute personne reconnue coupable dâune infraction.
đ 2. Classification des peines selon la gravitĂ© de lâinfraction
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Peines criminelles : Les peines applicables aux personnes morales a) Les peines criminelles et correctionnelles (CP, art.
- Peines complĂ©mentaires : Les peines complĂ©mentaires peuvent ĂȘtre prononcĂ©es Ă titre principal.
đ Points essentiels
- La classification des peines, selon la gravitĂ© de lâinfraction commise ou tentĂ©e, distingue les peines criminelles, correctionnelles et contraventionnelles (Ă©chelle des peines).
- Il nây a pas de peine sans texte : les peines criminelles et correctionnelles sont prĂ©vues par la loi, tandis que les peines contraventionnelles sont prĂ©vues par le rĂšglement.
- Le travail dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral (TIG) est une peine de substitution Ă lâemprisonnement.
- Lorsque le dĂ©lit est puni dâune peine dâemprisonnement, la juridiction peut prononcer, Ă la place de lâemprisonnement, une ou plusieurs peines privatives ou restrictives de libertĂ©.
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- ; - le travail dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral (TIG), qui est une peine de substitution Ă lâemprisonnement. En effet, lorsquâun dĂ©lit est puni dâune peine dâemprisonnement, la juridiction (le tribunal correctionnel, juge des dĂ©lits) peut prescrire, Ă la place de lâemprisonnement, que le condamnĂ© accomplira, pour une durĂ©e de 20 Ă 400 h4, un TIG non rĂ©munĂ©rĂ© au profit soit dâune personne morale de droit public, soit â nouveautĂ© rĂ©sultant de la loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de rĂ©forme pour la justice â dâune personne morale de droit privĂ© chargĂ©e dâune mission de service public ou dâune association habilitĂ©es Ă mettre en Ćuvre des TIG (CP, art. 131-8 mod. par la loi du 23 mars 2019 prĂ©citĂ©e). Lorsque le prĂ©venu est prĂ©sent Ă lâaudience, la peine de TIG ne peut ĂȘtre prononcĂ©e si celui-ci la refuse. Le prĂ©sident du tribunal, avant le prononcĂ© du jugement, informe le prĂ©venu de son droit de refuser lâaccomplissement dâun TIG et reçoit sa rĂ©ponse. Lorsque le prĂ©venu nâest pas prĂ©sent Ă lâaudience mais y est reprĂ©sentĂ© par son avocat, cette peine peut ĂȘtre prononcĂ©e sâil a fait connaĂźtre par Ă©crit son accord. Lorsque le prĂ©venu nâest pas prĂ©sent Ă lâaudience et nâa pas fait connaĂźtre son accord, cette peine peut ĂȘtre prononcĂ©e mais, avant la mise Ă exĂ©cution de la peine de TIG, le juge de lâapplication des peines (JAP) doit informer le condamnĂ© de son droit de refuser lâaccomplissement dâun travail et recevoir sa rĂ©ponse. En cas de refus, tout ou partie de lâemprisonnement ou de lâamende fixĂ©e par la juridiction peut ĂȘtre mis Ă exĂ©cution, sous rĂ©serve, sâil y a lieu, des possibilitĂ©s dâamĂ©nagement ou de conversion. En principe, il doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© dans un dĂ©lai de 18 mois (CP, art. 131-
- â Il existe une distinction, selon la gravitĂ© de lâinfraction commise ou tentĂ©e, entre : - les peines criminelles, - les peines correctionnelles - et les peines contraventionnelles.
đĄ Ă retenir
La classification des peines, selon la gravitĂ© de lâinfraction commise ou tentĂ©e, distingue les peines criminelles, correctionnelles et contraventionnelles (Ă©chelle des peines).
đ 3. Peines correctionnelles principales et complĂ©mentaires
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Travail dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral (TIG) : Peine de substitution Ă lâemprisonnement : lorsquâun dĂ©lit est puni dâune peine dâemprisonnement, la juridiction peut prescrire, Ă la place de lâemprisonnement, que le condamnĂ© accomplira un TIG non rĂ©munĂ©rĂ© pour une durĂ©e de 20 Ă 400 heures.
đ Points essentiels
- La violation des obligations rĂ©sultant du TIG constitue une infraction punie de 2 ans dâemprisonnement et/ou de 30 000 ⏠dâamende (CP, art. 434-42).
- La sanction-rĂ©paration peut ĂȘtre prononcĂ©e Ă la place ou en mĂȘme temps que lâamende pour les personnes morales (CP, art. 131-37, 2° ; art. 131-39-1).
đĄ Ă retenir
Les peines correctionnelles se structurent notamment autour de la substitution (TIG, peines de stage) et de la rĂ©paration (sanction-rĂ©paration). Le TIG est un TIG non rĂ©munĂ©rĂ© de 20 Ă 400 heures, tandis que la sanction-rĂ©paration peut accompagner ou remplacer lâamende pour les personnes morales.
đ 4. Peines contraventionnelles et sanctions complĂ©mentaires spĂ©cifiques
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Pour toutes les contraventions : Les peines privatives ou restrictives de droits et les peines complémentaires.
đ Points essentiels
- Pour une escroquerie commise par une personne morale, lâamende maximale peut atteindre 1 875 000 ⏠(375 000 ⏠à 5).
- Les peines dâamende en matiĂšre contraventionnelle ont un montant maximal dĂ©pendant de la gravitĂ© de la contravention exprimĂ©e par son taux.
- Master 1 CCA/DSCG UE1 â 2025/2026 Chap. 1 â Le droit pĂ©nal gĂ©nĂ©ral / II â La peine 24/02/26 00:51 â 33 pages 11 - confiscation de lâanimal ayant Ă©tĂ© utilisĂ© pour commettre lâinfraction ou Ă lâencontre duquel lâinfraction a Ă©tĂ© commise ; - interdiction, pour une durĂ©e de 3 ans au plus, de dĂ©tenir un animal ; - retrait pour une durĂ©e dâ1 an au plus des titres de conduite en mer des navires de plaisance Ă moteur et, Ă lâencontre de toute personne embarquĂ©e sur un navire Ă©tranger, lâinterdiction pour 1 an au plus de pratiquer la navigation dans les eaux territoriales ou les eaux intĂ©rieures maritimes françaises. â Le rĂšglement qui rĂ©prime une contravention de la 5Ăšme classe peut, en outre, prĂ©voir la peine complĂ©mentaire dâinterdiction, pour une durĂ©e de 3 ans au plus, dâĂ©mettre des chĂšques autres que ceux qui permettent le retrait de fonds par le tireur auprĂšs du tirĂ© ou ceux qui sont certifiĂ©s. Le rĂšglement qui rĂ©prime une contravention de la 5Ăšme classe peut aussi prĂ©voir, Ă titre de peine complĂ©mentaire, la peine de TIG pour une durĂ©e de 20 Ă 120 h. CUMUL DES PEINES CONTRAVENTIONNELLES La peine dâamende ne peut pas ĂȘtre cumulĂ©e avec une peine privative ou restrictive de droits, car les peines principales sont alternatives (amende ouâŠ). Les peines complĂ©mentaires peuvent ĂȘtre prononcĂ©es Ă titre principal. Les peines contraventionnelles peuvent se cumuler entre elles. La loi ne prĂ©voit pas de peine dâemprisonnement. 2. Les peines applicables aux personnes morales a) Les peines criminelles et correctionnelles (CP, art. 131-37 Ă 131-39-
- Le montant maximal de lâamende pour les personnes morales est Ă©gal Ă 5 fois celui prĂ©vu pour les personnes physiques pour la mĂȘme contravention.
- Lorsque le rĂšglement rĂ©primant une contravention prĂ©voit, pour une personne physique, des modalitĂ©s particuliĂšres, le juge sây conforme dans le cadre lĂ©gal.
đĄ Ă retenir
En matiĂšre contraventionnelle, la gravitĂ© commande le plafond de lâamende via lâappartenance Ă une classe (38 âŹ, 150 âŹ, 450 âŹ, 750 âŹ, 1 500 âŹ). Pour les personnes morales, ce plafond est multipliĂ© par 5, ce qui peut conduire Ă 1 875 000 ⏠pour une escroquerie (375 000 ⏠à 5).
đ 5. Concours dâinfractions et cumul des peines
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Cumul des peines : RĂšgle applicable en cas de poursuites sĂ©parĂ©es : les peines prononcĂ©es pour chaque infraction peuvent se cumuler, mais sans dĂ©passer le maximum lĂ©gal encouru pour lâinfraction la plus sĂ©vĂšrement punie.
- Exemple : Celui qui a commis un dĂ©lit dâescroquerie encourt 5 ans dâemprisonnement.
- Concours dâinfractions : 132-2 du CP : « Il y a concours dâinfractions lorsquâune infraction est commise par une personne avant que celle-ci ait Ă©tĂ© dĂ©finitivement condamnĂ©e pour une autre infraction.
đ Points essentiels
- Le concours dâinfractions se distingue de la rĂ©cidive : le concours relĂšve du non-cumul des peines en cas de peines de mĂȘme nature, tandis que la rĂ©cidive agit sur le maximum de la peine encourue.
- Lorsque les peines encourues sont de mĂȘme nature, la juridiction ne peut prononcer quâune peine dans la limite du maximum lĂ©gal le plus Ă©levĂ© (principe de non-cumul des peines).
- La récidive a pour effet, en principe, de doubler le maximum de la peine encourue.
- La minoration de la peine peut ĂȘtre remise en cause par des textes spĂ©ciaux dans des cas trĂšs particuliers (exception de principe).
- Master 1 CCA/DSCG UE1 â 2025/2026 Chap. 1 â Le droit pĂ©nal gĂ©nĂ©ral / II â La peine 24/02/26 00:51 â 33 pages 11 - confiscation de lâanimal ayant Ă©tĂ© utilisĂ© pour commettre lâinfraction ou Ă lâencontre duquel lâinfraction a Ă©tĂ© commise ; - interdiction, pour une durĂ©e de 3 ans au plus, de dĂ©tenir un animal ; - retrait pour une durĂ©e dâ1 an au plus des titres de conduite en mer des navires de plaisance Ă moteur et, Ă lâencontre de toute personne embarquĂ©e sur un navire Ă©tranger, lâinterdiction pour 1 an au plus de pratiquer la navigation dans les eaux territoriales ou les eaux intĂ©rieures maritimes françaises. â Le rĂšglement qui rĂ©prime une contravention de la 5Ăšme classe peut, en outre, prĂ©voir la peine complĂ©mentaire dâinterdiction, pour une durĂ©e de 3 ans au plus, dâĂ©mettre des chĂšques autres que ceux qui permettent le retrait de fonds par le tireur auprĂšs du tirĂ© ou ceux qui sont certifiĂ©s. Le rĂšglement qui rĂ©prime une contravention de la 5Ăšme classe peut aussi prĂ©voir, Ă titre de peine complĂ©mentaire, la peine de TIG pour une durĂ©e de 20 Ă 120 h. CUMUL DES PEINES CONTRAVENTIONNELLES La peine dâamende ne peut pas ĂȘtre cumulĂ©e avec une peine privative ou restrictive de droits, car les peines principales sont alternatives (amende ouâŠ). Les peines complĂ©mentaires peuvent ĂȘtre prononcĂ©es Ă titre principal. Les peines contraventionnelles peuvent se cumuler entre elles. La loi ne prĂ©voit pas de peine dâemprisonnement. 2. Les peines applicables aux personnes morales a) Les peines criminelles et correctionnelles (CP, art. 131-37 Ă 131-39-
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- ; - le travail dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral (TIG), qui est une peine de substitution Ă lâemprisonnement. En effet, lorsquâun dĂ©lit est puni dâune peine dâemprisonnement, la juridiction (le tribunal correctionnel, juge des dĂ©lits) peut prescrire, Ă la place de lâemprisonnement, que le condamnĂ© accomplira, pour une durĂ©e de 20 Ă 400 h4, un TIG non rĂ©munĂ©rĂ© au profit soit dâune personne morale de droit public, soit â nouveautĂ© rĂ©sultant de la loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de rĂ©forme pour la justice â dâune personne morale de droit privĂ© chargĂ©e dâune mission de service public ou dâune association habilitĂ©es Ă mettre en Ćuvre des TIG (CP, art. 131-8 mod. par la loi du 23 mars 2019 prĂ©citĂ©e). Lorsque le prĂ©venu est prĂ©sent Ă lâaudience, la peine de TIG ne peut ĂȘtre prononcĂ©e si celui-ci la refuse. Le prĂ©sident du tribunal, avant le prononcĂ© du jugement, informe le prĂ©venu de son droit de refuser lâaccomplissement dâun TIG et reçoit sa rĂ©ponse. Lorsque le prĂ©venu nâest pas prĂ©sent Ă lâaudience mais y est reprĂ©sentĂ© par son avocat, cette peine peut ĂȘtre prononcĂ©e sâil a fait connaĂźtre par Ă©crit son accord. Lorsque le prĂ©venu nâest pas prĂ©sent Ă lâaudience et nâa pas fait connaĂźtre son accord, cette peine peut ĂȘtre prononcĂ©e mais, avant la mise Ă exĂ©cution de la peine de TIG, le juge de lâapplication des peines (JAP) doit informer le condamnĂ© de son droit de refuser lâaccomplissement dâun travail et recevoir sa rĂ©ponse. En cas de refus, tout ou partie de lâemprisonnement ou de lâamende fixĂ©e par la juridiction peut ĂȘtre mis Ă exĂ©cution, sous rĂ©serve, sâil y a lieu, des possibilitĂ©s dâamĂ©nagement ou de conversion. En principe, il doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© dans un dĂ©lai de 18 mois (CP, art. 131-
đĄ Ă retenir
Le concours dâinfractions se distingue de la rĂ©cidive : le concours relĂšve du non-cumul des peines en cas de peines de mĂȘme nature, tandis que la rĂ©cidive agit sur le maximum de la peine encourue.
đ 6. Modes dâajournement et mise Ă lâĂ©preuve des peines
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Ajournement aux fins dâinvestigations : ModalitĂ© dâajournement en matiĂšre correctionnelle ou contraventionnelle : le juge peut ajourner le prononcĂ© de la peine afin de rĂ©aliser des investigations sur la personnalitĂ© ou la situation matĂ©rielle, familiale et sociale.
đ Points essentiels
- En matiÚre correctionnelle ou contraventionnelle, aprÚs avoir déclaré le prévenu coupable, le juge peut ajourner le prononcé de la peine selon 5 modalités possibles afin de permettre une dispense de peine.
- Les 5 modalitĂ©s dâajournement sont : ajournement simple, ajournement avec mise Ă lâĂ©preuve, ajournement avec injonction, ajournement aux fins dâinvestigations sur la personnalitĂ© ou la situation matĂ©rielle, familiale et sociale, et ajournement aux fins de consignation dâune somme dâargent.
- Lâajournement simple suppose notamment que le reclassement soit en voie dâĂȘtre acquis et que le dommage causĂ© soit en voie dâĂȘtre rĂ©parĂ©.
- Lâajournement avec mise Ă lâĂ©preuve est une modalitĂ© distincte : la personne physique est mise Ă lâĂ©preuve pendant un dĂ©lai maximal dâ1 an, et la dĂ©cision Ă lâaudience de renvoi tient compte de la conduite pendant ce dĂ©lai.
-
- ajournement aux fins de consignation dâune somme d'argent (c5).
- Master 1 CCA/DSCG UE1 â 2025/2026 Chap. 1 â Le droit pĂ©nal gĂ©nĂ©ral / II â La peine 24/02/26 00:51 â 33 pages 20 Avant la loi de 2005 prĂ©citĂ©e, la rĂ©itĂ©ration nâĂ©tait pas expressĂ©ment prĂ©vue par le CP et lâauteur encourait la mĂȘme peine que pour une 1Ăšre infraction. Le juge pouvait toutefois prononcer une sanction plus lourde quâĂ lâencontre dâun dĂ©linquant primaire. DĂ©sormais, selon lâart. 132-16-7 du CP : « Il y a rĂ©itĂ©ration dâinfractions pĂ©nales lorsquâune personne a dĂ©jĂ Ă©tĂ© condamnĂ©e dĂ©finitivement pour un crime ou un dĂ©lit et commet une nouvelle infraction qui ne rĂ©pond pas aux conditions de la rĂ©cidive lĂ©gale. Les peines prononcĂ©es pour lâinfraction commise en rĂ©itĂ©ration se cumulent sans limitation de quantum9 et sans possibilitĂ© de confusion avec les peines dĂ©finitivement prononcĂ©es lors de la condamnation prĂ©cĂ©dente. » En dâautres termes, la 1Ăšre infraction nâest officiellement pas prise en compte dans la rĂ©pression de la 2nde. Toutefois, lâauteur de la nouvelle infraction aura, sauf effacement, une trace de la 1Ăšre sur son CJ, qui pourra influencer la juridiction de jugement dans sa dĂ©cision. Donc, si la rĂ©itĂ©ration dâinfractions peut influer sur le prononcĂ© de la peine, elle ne permet pas, comme la rĂ©cidive, dâen augmenter le maximum encouru. De plus, la loi du 5 mars 2007 relative Ă la prĂ©vention de la dĂ©linquance, prĂ©cise quâ« en matiĂšre correctionnelle, lorsque lâinfraction est commise en Ă©tat de rĂ©cidive lĂ©gale ou de rĂ©itĂ©ration, la juridiction motive spĂ©cialement le choix de la nature, du quantum et du rĂ©gime de la peine quâelle prononce au regard des peines encourues » (CP, art. 132-24 issu de la loi du 5 mars 2007). b3) Le concours rĂ©el dâinfractions (CP, art. 132-2 Ă 132-
- Lâajournement avec injonction permet au juge dâordonner des mesures dans les cas prĂ©vus par les lois et rĂšglements.
- Lâajournement avec mise Ă lâĂ©preuve est une modalitĂ© dâajournement distincte de lâajournement simple et vise une logique de contrĂŽle/obligations.
đĄ Ă retenir
Lâajournement est un report du prononcĂ© de la peine en matiĂšre correctionnelle ou contraventionnelle, dĂ©clinĂ© en 5 modalitĂ©s. La mise Ă lâĂ©preuve correspond Ă une modalitĂ© autonome avec un dĂ©lai maximal dâ1 an et une apprĂ©ciation de la conduite Ă lâaudience de renvoi.
đ 7. Dispositions relatives Ă lâexĂ©cution, suspension et extinction des peines
đ Points essentiels
- Le sursis est une mesure de faveur accordée par le juge à un délinquant remplissant certaines conditions prévues par la loi.
- Lorsque les conditions ne sont pas remplies, la condamnation est réputée non avenue (CP, art. 132-28).
- Master 1 CCA/DSCG UE1 â 2025/2026 Chap. 1 â Le droit pĂ©nal gĂ©nĂ©ral / II â La peine 24/02/26 00:51 â 33 pages 20 Avant la loi de 2005 prĂ©citĂ©e, la rĂ©itĂ©ration nâĂ©tait pas expressĂ©ment prĂ©vue par le CP et lâauteur encourait la mĂȘme peine que pour une 1Ăšre infraction. Le juge pouvait toutefois prononcer une sanction plus lourde quâĂ lâencontre dâun dĂ©linquant primaire. DĂ©sormais, selon lâart. 132-16-7 du CP : « Il y a rĂ©itĂ©ration dâinfractions pĂ©nales lorsquâune personne a dĂ©jĂ Ă©tĂ© condamnĂ©e dĂ©finitivement pour un crime ou un dĂ©lit et commet une nouvelle infraction qui ne rĂ©pond pas aux conditions de la rĂ©cidive lĂ©gale. Les peines prononcĂ©es pour lâinfraction commise en rĂ©itĂ©ration se cumulent sans limitation de quantum9 et sans possibilitĂ© de confusion avec les peines dĂ©finitivement prononcĂ©es lors de la condamnation prĂ©cĂ©dente. » En dâautres termes, la 1Ăšre infraction nâest officiellement pas prise en compte dans la rĂ©pression de la 2nde. Toutefois, lâauteur de la nouvelle infraction aura, sauf effacement, une trace de la 1Ăšre sur son CJ, qui pourra influencer la juridiction de jugement dans sa dĂ©cision. Donc, si la rĂ©itĂ©ration dâinfractions peut influer sur le prononcĂ© de la peine, elle ne permet pas, comme la rĂ©cidive, dâen augmenter le maximum encouru. De plus, la loi du 5 mars 2007 relative Ă la prĂ©vention de la dĂ©linquance, prĂ©cise quâ« en matiĂšre correctionnelle, lorsque lâinfraction est commise en Ă©tat de rĂ©cidive lĂ©gale ou de rĂ©itĂ©ration, la juridiction motive spĂ©cialement le choix de la nature, du quantum et du rĂ©gime de la peine quâelle prononce au regard des peines encourues » (CP, art. 132-24 issu de la loi du 5 mars 2007). b3) Le concours rĂ©el dâinfractions (CP, art. 132-2 Ă 132-
- 132-23 du CP, en cas de condamnation Ă une peine privative de libertĂ©, non assortie du sursis, dont la durĂ©e est Ă©gale ou supĂ©rieure Ă 10 ans, prononcĂ©e pour les infractions spĂ©cialement prĂ©vues par la loi (enlĂšvement et sĂ©questration, dĂ©tournement dâavion ou de tout autre moyen de transport, proxĂ©nĂ©tisme, extorsion, vol en bande organisĂ©e, attentat, actes de terrorisme, fausse monnaieâŠ), le condamnĂ© ne peut bĂ©nĂ©ficier, pendant une pĂ©riode de sĂ»retĂ©, des dispositions concernant la suspension ou le fractionnement de la peine, le placement Ă lâextĂ©rieur, les permissions de sortir, la semi-libertĂ© et la libĂ©ration conditionnelle.
đĄ Ă retenir
Le sursis (notamment le sursis simple) agit sur lâexĂ©cution de la peine : la personne est dispensĂ©e, et la condamnation devient rĂ©putĂ©e non avenue si les conditions et dĂ©lais sont respectĂ©s. Le sursis probatoire est un sursis rĂ©servĂ© aux personnes physiques et encadrĂ© par des conditions strictes (durĂ©e de lâemprisonnement, rĂ©cidive, antĂ©cĂ©dents et dĂ©lai de probation).
đ 8. RĂ©gime spĂ©cifique des peines pour crimes Ă caractĂšre politique
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Condamnations pour crimes ou dĂ©lits : - le bulletin n° 3 (B3), relevĂ© encore plus partiel, qui ne comporte que les condamnations pour crimes ou dĂ©lits supĂ©rieures Ă 2 ans dâemprisonnement sans sursis, ainsi que certaines dĂ©chĂ©ances ou incapacitĂ©s en cours dâexĂ©cution, ne peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© quâĂ la personne quâil concerne (ou Ă son reprĂ©sentant lĂ©gal sâil sâagit dâun mineur ou dâun majeur sous tutelle).
đ Points essentiels
- Pour les crimes à caractÚre politique, on parle de détention criminelle, dans le régime des peines criminelles.
- Lorsque, pour un crime donnĂ©, aucune peine dâamende nâest prĂ©vue Ă lâencontre des personnes physiques, lâamende encourue par les personnes morales est de 1 MâŹ.
- Master 1 CCA/DSCG UE1 â 2025/2026 Chap. 1 â Le droit pĂ©nal gĂ©nĂ©ral / II â La peine 24/02/26 00:51 â 33 pages 11 - confiscation de lâanimal ayant Ă©tĂ© utilisĂ© pour commettre lâinfraction ou Ă lâencontre duquel lâinfraction a Ă©tĂ© commise ; - interdiction, pour une durĂ©e de 3 ans au plus, de dĂ©tenir un animal ; - retrait pour une durĂ©e dâ1 an au plus des titres de conduite en mer des navires de plaisance Ă moteur et, Ă lâencontre de toute personne embarquĂ©e sur un navire Ă©tranger, lâinterdiction pour 1 an au plus de pratiquer la navigation dans les eaux territoriales ou les eaux intĂ©rieures maritimes françaises. â Le rĂšglement qui rĂ©prime une contravention de la 5Ăšme classe peut, en outre, prĂ©voir la peine complĂ©mentaire dâinterdiction, pour une durĂ©e de 3 ans au plus, dâĂ©mettre des chĂšques autres que ceux qui permettent le retrait de fonds par le tireur auprĂšs du tirĂ© ou ceux qui sont certifiĂ©s. Le rĂšglement qui rĂ©prime une contravention de la 5Ăšme classe peut aussi prĂ©voir, Ă titre de peine complĂ©mentaire, la peine de TIG pour une durĂ©e de 20 Ă 120 h. CUMUL DES PEINES CONTRAVENTIONNELLES La peine dâamende ne peut pas ĂȘtre cumulĂ©e avec une peine privative ou restrictive de droits, car les peines principales sont alternatives (amende ouâŠ). Les peines complĂ©mentaires peuvent ĂȘtre prononcĂ©es Ă titre principal. Les peines contraventionnelles peuvent se cumuler entre elles. La loi ne prĂ©voit pas de peine dâemprisonnement. 2. Les peines applicables aux personnes morales a) Les peines criminelles et correctionnelles (CP, art. 131-37 Ă 131-39-
- Master 1 CCA/DSCG UE1 â 2025/2026 Chap. 1 â Le droit pĂ©nal gĂ©nĂ©ral / II â La peine 24/02/26 00:51 â 33 pages 20 Avant la loi de 2005 prĂ©citĂ©e, la rĂ©itĂ©ration nâĂ©tait pas expressĂ©ment prĂ©vue par le CP et lâauteur encourait la mĂȘme peine que pour une 1Ăšre infraction. Le juge pouvait toutefois prononcer une sanction plus lourde quâĂ lâencontre dâun dĂ©linquant primaire. DĂ©sormais, selon lâart. 132-16-7 du CP : « Il y a rĂ©itĂ©ration dâinfractions pĂ©nales lorsquâune personne a dĂ©jĂ Ă©tĂ© condamnĂ©e dĂ©finitivement pour un crime ou un dĂ©lit et commet une nouvelle infraction qui ne rĂ©pond pas aux conditions de la rĂ©cidive lĂ©gale. Les peines prononcĂ©es pour lâinfraction commise en rĂ©itĂ©ration se cumulent sans limitation de quantum9 et sans possibilitĂ© de confusion avec les peines dĂ©finitivement prononcĂ©es lors de la condamnation prĂ©cĂ©dente. » En dâautres termes, la 1Ăšre infraction nâest officiellement pas prise en compte dans la rĂ©pression de la 2nde. Toutefois, lâauteur de la nouvelle infraction aura, sauf effacement, une trace de la 1Ăšre sur son CJ, qui pourra influencer la juridiction de jugement dans sa dĂ©cision. Donc, si la rĂ©itĂ©ration dâinfractions peut influer sur le prononcĂ© de la peine, elle ne permet pas, comme la rĂ©cidive, dâen augmenter le maximum encouru. De plus, la loi du 5 mars 2007 relative Ă la prĂ©vention de la dĂ©linquance, prĂ©cise quâ« en matiĂšre correctionnelle, lorsque lâinfraction est commise en Ă©tat de rĂ©cidive lĂ©gale ou de rĂ©itĂ©ration, la juridiction motive spĂ©cialement le choix de la nature, du quantum et du rĂ©gime de la peine quâelle prononce au regard des peines encourues » (CP, art. 132-24 issu de la loi du 5 mars 2007). b3) Le concours rĂ©el dâinfractions (CP, art. 132-2 Ă 132-
- La dĂ©tention criminelle sâinscrit dans le rĂ©gime des peines criminelles (logique de gravitĂ©).
- Dans certains crimes, il peut exister une absence de peine dâamende prĂ©vue Ă lâencontre des personnes physiques, ce qui influence le rĂ©gime de lâamende encourue par les personnes morales.
- Lorsque aucun montant dâamende nâest prĂ©vu pour les personnes physiques pour un crime donnĂ©, lâamende encourue par les personnes morales est fixĂ©e Ă 1 M⏠(selon la source).
- Pour les crimes Ă caractĂšre politique, on parle de dĂ©tention criminelle3 ; - lâamende.
đĄ Ă retenir
RĂ©flexe : crimes politiques = dĂ©tention criminelle (rĂ©gime des peines criminelles). En parallĂšle, vĂ©rifier le rĂ©gime dâamende : si aucune amende nâest prĂ©vue pour les personnes physiques pour ce crime, lâamende des personnes morales est de 1 MâŹ.
đ 9. RĂ©cidive : rĂ©gime, effets et mesures spĂ©cifiques
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- RĂ©cidive : GĂ©nĂ©rale, c-Ă -d que le fait de commettre nâimporte quel autre crime aggrave les peines.
đ Points essentiels
- En matiĂšre de dĂ©lit, la rĂ©cidive est spĂ©ciale : le 2nd dĂ©lit doit ĂȘtre de mĂȘme nature que lâinfraction initiale.
- En principe, la récidive a pour effet de doubler le maximum de la peine encourue.
- Master 1 CCA/DSCG UE1 â 2025/2026 Chap. 1 â Le droit pĂ©nal gĂ©nĂ©ral / II â La peine 24/02/26 00:51 â 33 pages 20 Avant la loi de 2005 prĂ©citĂ©e, la rĂ©itĂ©ration nâĂ©tait pas expressĂ©ment prĂ©vue par le CP et lâauteur encourait la mĂȘme peine que pour une 1Ăšre infraction. Le juge pouvait toutefois prononcer une sanction plus lourde quâĂ lâencontre dâun dĂ©linquant primaire. DĂ©sormais, selon lâart. 132-16-7 du CP : « Il y a rĂ©itĂ©ration dâinfractions pĂ©nales lorsquâune personne a dĂ©jĂ Ă©tĂ© condamnĂ©e dĂ©finitivement pour un crime ou un dĂ©lit et commet une nouvelle infraction qui ne rĂ©pond pas aux conditions de la rĂ©cidive lĂ©gale. Les peines prononcĂ©es pour lâinfraction commise en rĂ©itĂ©ration se cumulent sans limitation de quantum9 et sans possibilitĂ© de confusion avec les peines dĂ©finitivement prononcĂ©es lors de la condamnation prĂ©cĂ©dente. » En dâautres termes, la 1Ăšre infraction nâest officiellement pas prise en compte dans la rĂ©pression de la 2nde. Toutefois, lâauteur de la nouvelle infraction aura, sauf effacement, une trace de la 1Ăšre sur son CJ, qui pourra influencer la juridiction de jugement dans sa dĂ©cision. Donc, si la rĂ©itĂ©ration dâinfractions peut influer sur le prononcĂ© de la peine, elle ne permet pas, comme la rĂ©cidive, dâen augmenter le maximum encouru. De plus, la loi du 5 mars 2007 relative Ă la prĂ©vention de la dĂ©linquance, prĂ©cise quâ« en matiĂšre correctionnelle, lorsque lâinfraction est commise en Ă©tat de rĂ©cidive lĂ©gale ou de rĂ©itĂ©ration, la juridiction motive spĂ©cialement le choix de la nature, du quantum et du rĂ©gime de la peine quâelle prononce au regard des peines encourues » (CP, art. 132-24 issu de la loi du 5 mars 2007). b3) Le concours rĂ©el dâinfractions (CP, art. 132-2 Ă 132-
đĄ Ă retenir
La rĂ©cidive correspond Ă une nouvelle infraction commise aprĂšs une condamnation dĂ©finitive, avec un effet principal consistant Ă doubler le maximum de la peine encourue. Elle se distingue notamment par la rĂ©cidive spĂ©ciale en matiĂšre de dĂ©lits (mĂȘme nature) et par des dĂ©lais en matiĂšre de crimes et de dĂ©lits (5 ou 10 ans pour certains crimes, 5 ans pour les dĂ©lits), le dĂ©lai courant Ă partir de lâexpiration de la peine prĂ©cĂ©dente ou de sa prescription.
đ 10. Mesures de faveur individuelles et collectives effaçant ou rĂ©duisant la peine
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Cette peine : Lorsque le prĂ©venu nâest pas prĂ©sent Ă lâaudience mais y est reprĂ©sentĂ© par son avocat, cette peine peut ĂȘtre prononcĂ©e sâil a fait connaĂźtre par Ă©crit son accord.
đ Points essentiels
- Lâamnistie est une mesure de faveur collective votĂ©e par le Parlement.
- Lâamnistie concerne uniquement les infractions mentionnĂ©es par la loi dâamnistie : ce nâest donc pas une mesure gĂ©nĂ©rale.
- Lâamnistie peut ĂȘtre prononcĂ©e Ă lâĂ©gard de toute personne (physique ou morale) condamnĂ©e pour un crime, un dĂ©lit ou une contravention et ayant exĂ©cutĂ© sa peine.
- Master 1 CCA/DSCG UE1 â 2025/2026 Chap. 1 â Le droit pĂ©nal gĂ©nĂ©ral / II â La peine 24/02/26 00:51 â 33 pages 20 Avant la loi de 2005 prĂ©citĂ©e, la rĂ©itĂ©ration nâĂ©tait pas expressĂ©ment prĂ©vue par le CP et lâauteur encourait la mĂȘme peine que pour une 1Ăšre infraction. Le juge pouvait toutefois prononcer une sanction plus lourde quâĂ lâencontre dâun dĂ©linquant primaire. DĂ©sormais, selon lâart. 132-16-7 du CP : « Il y a rĂ©itĂ©ration dâinfractions pĂ©nales lorsquâune personne a dĂ©jĂ Ă©tĂ© condamnĂ©e dĂ©finitivement pour un crime ou un dĂ©lit et commet une nouvelle infraction qui ne rĂ©pond pas aux conditions de la rĂ©cidive lĂ©gale. Les peines prononcĂ©es pour lâinfraction commise en rĂ©itĂ©ration se cumulent sans limitation de quantum9 et sans possibilitĂ© de confusion avec les peines dĂ©finitivement prononcĂ©es lors de la condamnation prĂ©cĂ©dente. » En dâautres termes, la 1Ăšre infraction nâest officiellement pas prise en compte dans la rĂ©pression de la 2nde. Toutefois, lâauteur de la nouvelle infraction aura, sauf effacement, une trace de la 1Ăšre sur son CJ, qui pourra influencer la juridiction de jugement dans sa dĂ©cision. Donc, si la rĂ©itĂ©ration dâinfractions peut influer sur le prononcĂ© de la peine, elle ne permet pas, comme la rĂ©cidive, dâen augmenter le maximum encouru. De plus, la loi du 5 mars 2007 relative Ă la prĂ©vention de la dĂ©linquance, prĂ©cise quâ« en matiĂšre correctionnelle, lorsque lâinfraction est commise en Ă©tat de rĂ©cidive lĂ©gale ou de rĂ©itĂ©ration, la juridiction motive spĂ©cialement le choix de la nature, du quantum et du rĂ©gime de la peine quâelle prononce au regard des peines encourues » (CP, art. 132-24 issu de la loi du 5 mars 2007). b3) Le concours rĂ©el dâinfractions (CP, art. 132-2 Ă 132-
-
- ; - le bulletin n° 2 (B2), relevĂ© partiel, qui comporte la plupart des condamnations pour crimes ou dĂ©lits, Ă lâexception de celles prononcĂ©es contre des mineurs ou celles avec sursis considĂ©rĂ©es comme non avenues, nâest dĂ©livrĂ© quâĂ certaines autoritĂ©s administratives ou militaires pour des motifs prĂ©cis (accĂšs Ă des emplois publics ou Ă certaines professions, obtention dâune distinction honorifiqueâŠ) (CPP, art. 775 et 776) ; - le bulletin n° 3 (B3), relevĂ© encore plus partiel, qui ne comporte que les condamnations pour crimes ou dĂ©lits supĂ©rieures Ă 2 ans dâemprisonnement sans sursis, ainsi que certaines dĂ©chĂ©ances ou incapacitĂ©s en cours dâexĂ©cution, ne peut ĂȘtre dĂ©livrĂ© quâĂ la personne quâil concerne (ou Ă son reprĂ©sentant lĂ©gal sâil sâagit dâun mineur ou dâun majeur sous tutelle). Il ne doit en aucun cas ĂȘtre dĂ©livrĂ© Ă un tiers (CPP, art. 777 et R. 82), sous peine de 7 500 ⏠dâamende (CPP, art. 781). â Le CJ des personnes morales ne comporte que 2 bulletins (voir plus haut, I, C, 3, c1). Le casier est ouvert au nom des personnes morales aprĂšs contrĂŽle de leur identitĂ© au moyen du RĂ©pertoire national des E et des Ă©tablissements. Il enregistre les condamnations pour crime, dĂ©lit ou contravention de 5Ăšme classe prononcĂ©es par une juridiction rĂ©pressive (CPP, art. 768-
- Lâamnistie est dâorigine prĂ©sidentielle : le PrĂ©sident de la RĂ©publique dĂ©cide ou non de son application Ă lâoccasion de sa prise de fonction, et la loi dâamnistie prĂ©cise les conditions dâapplication.
đĄ Ă retenir
Lâamnistie est une mesure de faveur collective et dâorigine prĂ©sidentielle : elle efface la condamnation pour lâavenir et entraĂźne la remise de la peine sans restitution, mais uniquement pour les infractions mentionnĂ©es par la loi dâamnistie.
đ 11. ImmunitĂ©s et causes dâexemption ou de dispense de peine
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- ImmunitĂ© familiale : Enfin, lâimmunitĂ© familiale nâest pas non plus un obstacle Ă un procĂšs civil.
đ Points essentiels
- LâimmunitĂ© familiale ne fait pas disparaĂźtre lâinfraction et nâest pas considĂ©rĂ©e comme un fait justificatif.
- Les co-auteurs peuvent ĂȘtre poursuivis dĂšs lors quâils ne bĂ©nĂ©ficient pas eux-mĂȘmes de lâimmunitĂ© familiale.
- La Cour de cassation admet que lâimmunitĂ© familiale sâĂ©tend aux complices dĂšs lors que ceux-ci ne bĂ©nĂ©ficient pas eux-mĂȘmes de cette immunitĂ©.
đĄ Ă retenir
LâimmunitĂ© familiale ne supprime pas lâinfraction : elle bloque la poursuite en constituant une cause dâirrecevabilitĂ© de lâaction publique, avec des effets qui peuvent concerner les complices si eux-mĂȘmes ne bĂ©nĂ©ficient pas de lâimmunitĂ©.
đ 12. Effets juridiques de lâamnistie et de la rĂ©habilitation sur la condamnation
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Effets de lâajournement : Fins de consignation La dĂ©cision sur la peine intervient au plus tard dans un dĂ©lai dâ1 an aprĂšs la dĂ©cision dâajournement.
đ Points essentiels
- Lâamnistie efface la condamnation pour lâavenir, mais en laisse subsister les consĂ©quences passĂ©es.
- La rĂ©habilitation intervient aprĂšs un certain temps Ă©coulĂ© : 3 ans pour le paiement dâune amende par une personne physique et 5 ans pour le paiement dâune amende par une personne morale.
- Le dĂ©cĂšs du condamnĂ© et la dissolution de la personne morale, sauf si la dissolution est prononcĂ©e par la juridiction pĂ©nale, empĂȘchent ou arrĂȘtent lâexĂ©cution de la peine (CP, art. 133-).
-
- ; - le travail dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral (TIG), qui est une peine de substitution Ă lâemprisonnement. En effet, lorsquâun dĂ©lit est puni dâune peine dâemprisonnement, la juridiction (le tribunal correctionnel, juge des dĂ©lits) peut prescrire, Ă la place de lâemprisonnement, que le condamnĂ© accomplira, pour une durĂ©e de 20 Ă 400 h4, un TIG non rĂ©munĂ©rĂ© au profit soit dâune personne morale de droit public, soit â nouveautĂ© rĂ©sultant de la loi du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de rĂ©forme pour la justice â dâune personne morale de droit privĂ© chargĂ©e dâune mission de service public ou dâune association habilitĂ©es Ă mettre en Ćuvre des TIG (CP, art. 131-8 mod. par la loi du 23 mars 2019 prĂ©citĂ©e). Lorsque le prĂ©venu est prĂ©sent Ă lâaudience, la peine de TIG ne peut ĂȘtre prononcĂ©e si celui-ci la refuse. Le prĂ©sident du tribunal, avant le prononcĂ© du jugement, informe le prĂ©venu de son droit de refuser lâaccomplissement dâun TIG et reçoit sa rĂ©ponse. Lorsque le prĂ©venu nâest pas prĂ©sent Ă lâaudience mais y est reprĂ©sentĂ© par son avocat, cette peine peut ĂȘtre prononcĂ©e sâil a fait connaĂźtre par Ă©crit son accord. Lorsque le prĂ©venu nâest pas prĂ©sent Ă lâaudience et nâa pas fait connaĂźtre son accord, cette peine peut ĂȘtre prononcĂ©e mais, avant la mise Ă exĂ©cution de la peine de TIG, le juge de lâapplication des peines (JAP) doit informer le condamnĂ© de son droit de refuser lâaccomplissement dâun travail et recevoir sa rĂ©ponse. En cas de refus, tout ou partie de lâemprisonnement ou de lâamende fixĂ©e par la juridiction peut ĂȘtre mis Ă exĂ©cution, sous rĂ©serve, sâil y a lieu, des possibilitĂ©s dâamĂ©nagement ou de conversion. En principe, il doit ĂȘtre rĂ©alisĂ© dans un dĂ©lai de 18 mois (CP, art. 131-
- Elle nâefface pas la condamnation.
- Lâamnistie peut ĂȘtre lĂ©gale ou judiciaire.
- La rĂ©habilitation permet de restituer au condamnĂ© les droits perdus par lâeffet de la condamnation, notamment du fait des peines complĂ©mentaires.
đĄ Ă retenir
Lâamnistie efface la condamnation pour lâavenir sans effacer les consĂ©quences passĂ©es, tandis que la rĂ©habilitation vise la restitution des droits perdus par lâeffet de la condamnation aprĂšs un dĂ©lai (3 ans pour une personne physique, 5 ans pour une personne morale).
𧩠Compléments de couverture
- La loi Taubira du 15 aoĂ»t 2014 a insĂ©rĂ© dans le CP un nouvel art. 130-1 qui distingue les fonctions de la peine (effet du chĂątiment sur chaque condamnĂ©) et ses buts (consĂ©quences pour la sociĂ©tĂ©), avec une finalitĂ© explicite : « Afin dâassurer la protection de la sociĂ©tĂ©, de prĂ©venir la commission de nouvelles infractions et de restaurer lâĂ©quilibre social, dans le respect des intĂ©rĂȘts de la victime » et deux fonctions numĂ©rotĂ©es (1° sanctionner lâauteur ; 2° favoriser lâamendement, lâinsertion ou la rĂ©insertion).
- La source liste des exemples de peines criminelles complĂ©mentaires lorsque la loi le prĂ©voit : « la privation des droits civiques », « la confiscation des biens », « lâinterdiction dâadministrer son patrimoine », et « lâaffichage et la diffusion de la dĂ©cision de justice par voie de presse ou tout moyen de communication audiovisuel aux frais de la personne condamnĂ©e ».
- Pour les peines correctionnelles principales, la source donne des exemples de peines restrictives de droits avec des durĂ©es maximales : « lâinterdiction, pour une durĂ©e de 3 ans au plus, de frĂ©quenter certains condamnĂ©s », « lâinterdiction pendant 5 ans au plus de conduire certains vĂ©hicules », et « lâinterdiction de chasser, de dĂ©tenir une arme soumise Ă autorisation ».
- Pour les contraventions, la source dĂ©taille des peines complĂ©mentaires possibles prĂ©vues par le rĂšglement, avec durĂ©es : « suspension, pour une durĂ©e de 3 ans au plus, du permis de conduire », « interdiction de dĂ©tenir ou de porter, pour une durĂ©e de 3 ans au plus, une arme soumise Ă autorisation », et « retrait du permis de chasser, avec interdiction de solliciter la dĂ©livrance dâun nouveau permis pendant 3 ans au plus ».
- Remarque La contrainte pénale, supprimée par la loi du 23 mars 2019 précitée depuis le 24 mars 2020, avait été créée par la loi Taubira du 15 août 2014 précitée.
- 1 â Le droit pĂ©nal gĂ©nĂ©ral / II â La peine 24/02/26 00:51 â 33 pages 19 Le CJ est automatisĂ© et tenu Ă Nantes depuis 1982 sous lâautoritĂ© du ministre de la Justice (CPP, art.
- Chap. 1 â Le droit pĂ©nal gĂ©nĂ©ral / II â La peine 24/02/26 00:51 â 33 pages 29 Ă©valuation de la personnalitĂ© et de la situation matĂ©rielle, familiale et sociale du condamnĂ© par le SPIP.
- CP, art. 434-42) ; 4 280 h avant la loi du 23 mars 2019 prĂ©citĂ©e, 210 h au plus avant la « loi Taubira » du 15 aoĂ»t 2014 relative Ă lâindividualisation des peines et renforçant lâefficacitĂ© des sanctions pĂ©nales. D.
- Lâextinction de la peine avec effacement de la condamnation b1) Lâamnistie (CP, art.
- Remarque Dans le nouveau CP (c-à -d depuis 1992/1994), les peines accessoires, c-à -d les peines attachées de plein droit à une condamnation pénale, ont disparu.
- Lâexemption de peine Dans certains cas, la loi prĂ©voit une exemption qui sâimpose au juge.
- Autres exemples dâexemption de peine : lâimmunitĂ© parlementaire (Constitution de 1958, art.
- 133-7 Ă 133-8) Câest une mesure de faveur individuelle, prononcĂ©e exclusivement par le PrĂ©sident de la RĂ©publique (Constit.
- Remarque Comme nous lâavons dĂ©jĂ relevĂ©, seule la peine dâamende peut ĂȘtre utilisĂ©e dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale Ă lâencontre dâune personne morale coupable dâune contravention, dâun dĂ©lit ou dâun crime.
- 720-1-1 du CPP issu de la loi du 4 mars 2002 sur les droits des malades, dite « loi Kouchner », et, p.
- 132-24 du CP, modifiĂ© par la loi Taubira du 15 aoĂ»t 2014 prĂ©citĂ©e, qui dispose que « les peines peuvent ĂȘtre personnalisĂ©es selon les modalitĂ©s » que ce code prĂ©voit12.
- 131-5-1 du CP â stage de citoyennetĂ©, ou de sensibilisation Ă la sĂ©curitĂ© routiĂšre, ou de sensibilisation aux dangers de lâusage de produits stupĂ©fiants⊠â, dâaccomplir un TIG13, etc.
- 30 ans pour les crimes dâeugĂ©nisme, de clonage reproductif, de disparition forcĂ©e dâune personne, les actes criminels de terrorisme, le trafic de stupĂ©fiantsâŠ), - 6 ans pour les dĂ©lits, sauf exception (ex.
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| 2014 | Loi du 15 aoĂ»t 2014 relative Ă lâindividualisation des peines et renforçant lâefficacitĂ© des sanctions pĂ©nales (art. 130-1 du CP ; art. 132-16-7 du CP ; art. 132-24 du CP modifiĂ©) |
| 2019 | Avant la loi du 23 mars 2019 : durée maximale de 210 h au plus avant la « loi Taubira » du 15 août 2014 |
| 2020 | Depuis le 24 mars 2020 : création mentionnée dans le cours (référence à la loi Taubira du 15 août 2014) |
đ Tableaux de SynthĂšse
Légalité des peines : loi vs rÚglement
| Catégorie | Source | Principe |
|---|
| Peines criminelles et correctionnelles | La loi | Pas de peine sans texte : prévues par la loi |
| Peines contraventionnelles | Le rÚglement | Pas de peine sans texte : prévues par le rÚglement |
RĂ©cidive : effets selon la nature de lâinfraction
| Type de récidive | Condition | Effet |
|---|
| RĂ©cidive gĂ©nĂ©rale | Commettre nâimporte quel autre crime | Aggrave les peines |
| RĂ©cidive en matiĂšre de dĂ©lit | 2nd dĂ©lit de mĂȘme nature que lâinfraction initiale | En principe : double le maximum de la peine encourue |
â ïž PiĂšges & Confusions FrĂ©quentes
- Confondre la source des peines : les peines criminelles et correctionnelles sont prévues par la loi, alors que les peines contraventionnelles sont prévues par le rÚglement.
- Croire quâil existe « pas de peine sans texte » seulement pour les contraventions : le principe vaut aussi pour les peines criminelles et correctionnelles.
- MĂ©langer les modalitĂ©s dâajournement : lâajournement avec mise Ă lâĂ©preuve est une modalitĂ© distincte avec un dĂ©lai maximal dâ1 an.
- Penser que la rĂ©itĂ©ration (avant 2005) et la rĂ©itĂ©ration/rĂ©cidive « dĂ©sormais » ont le mĂȘme rĂ©gime : le cours indique quâavant la loi de 2005, la rĂ©itĂ©ration nâĂ©tait pas expressĂ©ment prĂ©vue et que lâauteur encourait la mĂȘme peine.
- Oublier que, selon lâart. 132-16-7 du CP citĂ©, les peines prononcĂ©es en rĂ©itĂ©ration se cumulent sans limitation de quantum et sans possibilitĂ© de confusion avec les peines de la condamnation prĂ©cĂ©dente.
- Confondre rĂ©cidive gĂ©nĂ©rale et rĂ©cidive en matiĂšre de dĂ©lit : la rĂ©cidive gĂ©nĂ©rale vise nâimporte quel autre crime, tandis que pour les dĂ©lits le 2nd dĂ©lit doit ĂȘtre de mĂȘme nature.
â
Checklist Examen
- Savoir formuler le principe de légalité des peines : « pas de peine sans texte ».
- Distinguer la source : loi pour les peines criminelles et correctionnelles, rĂšglement pour les peines contraventionnelles.
- Relier la peine Ă la gravitĂ© de lâinfraction : plus lâinfraction est grave, plus la peine est lourde (selon le cours).
- ConnaĂźtre lâart. 130-1 du CP : fonctions de la peine (effet du chĂątiment) et buts (protection de la sociĂ©tĂ©, prĂ©vention, restauration de lâĂ©quilibre social).
- Retenir que le TIG est une peine de substitution Ă lâemprisonnement (et quâil est non rĂ©munĂ©rĂ© de 20 Ă 400 heures selon le cours).
- Rappeler que lâajournement permet, aprĂšs dĂ©claration de culpabilitĂ©, dâajourner le prononcĂ© de la peine selon 5 modalitĂ©s.
- Distinguer les 5 modalitĂ©s dâajournement (ajournement simple ; avec mise Ă lâĂ©preuve ; avec injonction ; aux fins dâinvestigations sur la personnalitĂ©/situation ; aux fins de consignation).
- Savoir que lâajournement avec mise Ă lâĂ©preuve implique une mise Ă lâĂ©preuve pendant un dĂ©lai maximal dâ1 an.
- En rĂ©cidive : distinguer rĂ©cidive gĂ©nĂ©rale (aggrave les peines) et rĂ©cidive en matiĂšre de dĂ©lit (2nd dĂ©lit de mĂȘme nature ; double le maximum en principe).
- ConnaĂźtre la rĂšgle citĂ©e de lâart. 132-16-7 du CP : cumul sans limitation de quantum et absence de confusion avec les peines de la condamnation prĂ©cĂ©dente.
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