La comparaison
Elle fonctionne avec un comparant et un comparé, c’est-à-dire avec quelque chose (le comparant) comparé à quelque chose d’autre (le comparé). Elle utilise toujours un outil de comparaison : les mots comme « tel », « comme », « semblable à »…
Exemple : « Et cette terre était proche, et elle lui apparaissait comme un bouclier sur la mer sombre. » (Homère)
La métaphore
Elle fonctionne de la même façon que la comparaison mais elle n’utilise pas d’outil de comparaison. Il n’y aura donc pas dans une métaphore les mots « comme » ou « tel ».
Exemple : « Ses cheveux de miel. »
La personnification
La personnification donne une caractéristique humaine à un objet, un animal ou une idée. Elle peut produire divers effets (poétique, fantastique, humoristique…) ou des émotions (surprise…) ou encore un sentiment d’identification ou de familiarité.
Exemple : « Avec quelle rigueur, Destin, tu me poursuis. » (Racine)
L’allégorie
L’allégorie est un récit ou une personnification symbolique d'une idée abstraite. Elle permet de représenter une notion complexe ou une morale à travers une image ou un récit concret.
Exemple : La grande Faucheuse pour parler de la mort.
Les figures d’analogie jouent sur la ressemblance ou la symbolisation pour enrichir le discours, la poésie ou la narration, en créant des images évocatrices ou en transmettant des idées complexes de manière concrète.
L'hyperbole (selon AUTEUR (date)) : figure d’amplification qui consiste en une exagération volontaire pour accentuer un propos ou une émotion. Elle est reconnue comme une figure courante dans le langage courant, permettant de renforcer l’impact d’une déclaration.
L'énumération (selon AUTEUR (date)) : succession de plusieurs éléments ou idées, souvent pour donner une impression de quantité ou de diversité. Elle peut créer un effet d’accumulation ou d’abondance dans le discours.
La gradation (selon AUTEUR (date)) : forme particulière d’énumération où les éléments s’organisent selon une progression d’intensité croissante ou décroissante, renforçant ainsi l’effet dramatique ou la montée en puissance du propos.
L'anaphore (selon AUTEUR (date)) : répétition d’un même mot ou groupe de mots en début de phrase ou de vers, pour insister sur un point précis et créer un rythme marqué dans le discours.
L’épiphore (selon AUTEUR (date)) : répétition d’un mot ou groupe de mots en fin de phrase ou de vers, afin de renforcer une idée ou de rythmer le texte par la répétition.
L'accumulation (selon AUTEUR (date)) : énumération de plusieurs éléments pour donner une impression d’abondance ou pour insister sur un aspect particulier, souvent utilisée pour amplifier la description ou l’émotion.
Les figures d’amplification enrichissent le discours en lui conférant force, rythme et intensité, permettant de capter l’attention et de renforcer l’impact du message.
L'euphémisme
AUTEUR (voir source) : choix d’un terme plus faible ou adouci pour désigner une réalité potentiellement choquante, brutale ou triste, afin de ne pas heurter ou choquer. Exemple : « Il nous a quittés » pour parler de la mort.
La litote
AUTEUR (voir source) : figure consistant à dire moins pour suggérer plus, souvent formulée par une négation. Elle sert à atténuer une idée tout en la renforçant implicitement. Exemple : « Va, je ne te hais point » pour exprimer l’amour ou l’affection.
L’euphémisme et la litote sont deux figures d’atténuation qui permettent d’adoucir ou de suggérer une réalité difficile ou sensible, en jouant sur la nuance et la subtilité du langage.
Oxymore : Rapprochement de deux termes normalement opposés dans une même expression, créant une tension ou une image paradoxale. Corneille (exemple : « cette obscure clarté » dans Le Cid) illustre cette figure en associant deux mots contradictoires pour produire un effet poétique ou philosophique.
Antithèse : Rapprochement dans un même énoncé de deux idées, termes ou expressions opposés, afin de souligner leur contraste. Louise Labé (exemple : « Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ») utilise cette figure pour renforcer le contraste entre deux états ou sentiments.
Paradoxe : Idée qui va à l’encontre de l’opinion commune ou de la logique apparente, souvent utilisée pour provoquer ou faire réfléchir. Voltaire (exemple : « Le superflu, chose très nécessaire » dans Le Mondain) illustre cette figure en associant deux notions contradictoires pour souligner une vérité paradoxale.
Les figures d’opposition jouent sur le contraste pour créer des effets poétiques, rhétoriques ou philosophiques, en associant des idées ou des termes opposés afin de surprendre, d’émouvoir ou de faire réfléchir.
L’allitération
Racine (date inconnue) : Répétition d’un son de consonne dans un énoncé, souvent utilisée pour créer un effet sonore ou poétique.
Exemple : « Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? » (Andromaque). Racine utilise le son [s] pour imiter le sifflement du serpent.
L’assonance
Racine (date inconnue) : Répétition d’un son de voyelle dans un énoncé, contribuant à la musicalité et à la rythme du texte.
Exemple : « Tout m’afflige et me nuit, et conspire à me nuire » (Phèdre). Racine répète le son [i].
La paronomase
Racine (date inconnue) : Rapprochement de deux mots aux sonorités voisines mais non homophones, souvent pour créer un effet de jeu de mots ou d’écho.
Exemple : « Qui vivra verra. »
Les figures de sonorités, telles que l’allitération, l’assonance et la paronomase, exploitent la répétition de sons pour enrichir la musicalité, renforcer l’effet poétique ou stylistique, et jouer sur la mémoire auditive du lecteur ou de l’auditeur.
Les figures de substitution permettent d’enrichir le langage en remplaçant un terme par un autre associé, partie ou nom évocateur, pour renforcer le style ou l’impact du discours.
Le parallélisme (voir section 8) : figure qui consiste à rapprocher deux constructions syntaxiques identiques ou similaires, de manière à créer une symétrie ou une égalité dans la structure. Victor Hugo (voir source) illustre cela avec « Innocents dans un bagne, anges dans un enfer. », où la répétition de la structure renforce l’effet d’équivalence.
Le chiasme (voir section 8) : figure qui consiste en un rapprochement en miroir de deux expressions, suivant le schéma AB/BA, pour souligner une opposition ou une relation inversée. Corneille (voir source) utilise cet effet dans « Parler en mangeant, manger en parlant ».
L’ellipse (voir section 8) : omission volontaire d’un ou plusieurs mots nécessaires à la compréhension, mais qui restent implicites. Joachim du Bellay (voir source) tronque sa phrase : « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage », omettant « est » pour un effet stylistique.
Le zeugma (voir section 8) : figure qui lie deux éléments par une ellipse d’un mot ou groupe de mots, évitant la répétition tout en créant un contraste sémantique. Guillaume Apollinaire (voir source) illustre cela dans « Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours... », où le verbe « coule » s’applique à la fois à la Seine et à l’amour de façon elliptique.
L’anacoluthe (voir section 8) : rupture dans la construction syntaxique d’une phrase, qui ne suit pas la logique grammaticale habituelle. Blaise Pascal (voir source) emploie cet effet dans « Le nez de Cléopâtre : s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé », avec une rupture dans la syntaxe pour souligner une idée.
Les figures de construction jouent sur la structure de la phrase pour créer des effets de style, d’opposition ou d’emphase, renforçant ainsi la force expressive du discours.
La question rhétorique (ou question oratoire) : Descartes (discours de la méthode) la définit comme une question posée pour faire réfléchir ou insister, sans attendre de réponse, souvent pour renforcer une argumentation ou faire réfléchir l'auditoire.
La prétérition : A. Riboud (1974) la décrit comme une figure qui consiste à évoquer quelque chose en affirmant qu’on ne va pas en parler, ce qui a pour effet de faire ressortir implicitement cette chose tout en donnant une impression de réserve ou de modération.
L'antiphrase : Racine (Andromaque) la présente comme une figure d’expression où l’on exprime le contraire de ce que l’on pense réellement, souvent pour atténuer une critique ou faire de l’humour, comme dans l’exemple « Que tu es drôle ! » pour signifier le contraire.
La question rhétorique est utilisée pour faire réfléchir, souligner ou renforcer un propos, sans attendre de réponse (Descartes, 17e siècle). Elle peut aussi servir à provoquer ou à faire réfléchir l’auditoire en posant une question dont la réponse est évidente ou implicite.
La prétérition permet de mentionner un sujet en affirmant qu’on ne va pas en parler, ce qui a pour effet de mettre en valeur ce sujet tout en donnant une impression de modestie ou de réserve (A. Riboud, 1974). Elle joue sur l’effet paradoxal de parler en évitant de parler.
L’antiphrase consiste à exprimer le contraire de ce que l’on pense réellement, souvent pour faire de l’ironie ou atténuer une critique. Elle repose sur la compréhension implicite du contexte pour saisir le véritable sens (Racine, 17e siècle).
Ces figures d’implicite jouent sur la communication indirecte, la nuance et la subtilité pour renforcer l’effet du discours ou pour manipuler la perception.
Les figures d’implicite comme la question rhétorique, la prétérition et l’antiphrase permettent d’enrichir le discours en jouant sur la nuance, la suggestion et l’ironie, renforçant ainsi la force expressive ou argumentative du message.
| Type de figure | Fonction principale | Exemple | Auteur (si mentionné) |
|---|---|---|---|
| Comparaison | Mettre en relation deux éléments avec un outil de comparaison (tel, comme, semblable à) | « Comme un lion » | Homère |
| Métaphore | Fusionner deux réalités sans outil de comparaison | « Cheveux de miel » | - |
| Personnification | Attribuer des qualités humaines à une chose | « Destin me poursuit » | Racine |
| Allégorie | Représenter une idée abstraite par une image ou un récit | La Faucheuse | - |
| Hyperbole | Exagérer pour amplifier | « Mille fois » | - |
| Énumération | Ajouter des éléments pour renforcer une idée | « Des fleurs, des fruits, des oiseaux » | - |
| Gradation | Organiser selon une progression d’intensité | « Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu » | - |
| Anaphore | Répéter un mot en début de phrase | « J’accuse, j’accuse, j’accuse » | - |
| Épiphore | Répéter un mot en fin de phrase | « Il pleure dans mon cœur » | - |
| Accumulation | Enchaîner plusieurs éléments | « Des montagnes, des rivières, des forêts » | - |
| Euphémisme | Adoucir une réalité brutale | « Il nous a quittés » | - |
| Litote | Atténuer une idée en la niant ou en la minimisant | « Ce n’est pas mauvais » | - |
| Oxymore | Rapprocher deux mots opposés | « Obscure clarté » | Corneille |
| Antithèse | Opposer deux idées | « Je vis, je meurs » | Louise Labé |
| Paradoxe | Idée contraire à la logique ou à l’opinion | « Le superflu, chose très nécessaire » | Voltaire |
| Allitération | Répétition de consonnes pour effet sonore | « Pour qui sont ces serpents » | - |
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1. Quelle est la caractéristique principale d'une figure d'analogie ?
2. Quel auteur a illustré la figure de comparaison avec l'exemple 'Comme un lion' ?
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Figures d'analogie — rôle ?
Créer des images évocatrices ou transmettre des idées
Comparaison — outil ?
Tel, comme, semblable à
Métaphore — différence ?
Sans outil de comparaison, fusion d’images
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