Revision sheet: Les gestes et l'art contemporain

Plan du Cours

  1. Définition et gestes du corps
  2. All over et action painting
  3. Actionnisme et accumulation
  4. Cadavre exquis et collage
  5. Dessin et empreinte
  6. Écriture et typographie
  7. Frottage et graffiti
  8. Happening et hasard
  9. Kinesthésie et land art
  10. Mouvement, nudité et performance
  11. Readymade et répétition
  12. Vide, plein et variation

1. Définition et gestes du corps

Notions clés & Définitions

  • Geste : Un geste est un mouvement du corps, surtout des bras et des mains, qui peut ĂȘtre rĂ©alisĂ© par un acteur ou un danseur.
  • Gestes du corps : Les gestes du corps sont l’extension du corps de l’artiste dans l’espace, du mouvement des mains aux actions impliquant tout le corps.
  • Gestes de l’instrument : Les gestes de l’instrument correspondent aux traces laissĂ©es par l’outil, qui renseignent sur la maniĂšre d’utiliser les matĂ©riaux.
  • Geste pictural : Le geste pictural est la forme et la qualitĂ© de la trace produite sur le support, utilisĂ©e comme tĂ©moignage du mouvement de l’artiste.

Points essentiels

  • Le terme geste vient du latin gestus et renvoie au mouvement du corps, particuliĂšrement des bras et des mains.
  • En arts plastiques, le geste peut ĂȘtre reprĂ©sentĂ© et sa valeur expressive aide Ă  comprendre le tableau.
  • Les traces sur le support servent Ă  dĂ©duire la qualitĂ© du geste (amples, prĂ©cis, rapides, saccadĂ©s, nerveux, violents, etc.).
  • Avec les impressionnistes, la trace devient plus nettement affirmĂ©e dans la peinture.
  • Avec l’expressionnisme abstrait, notamment chez Pollock, le geste devient une gestuelle portĂ©e par l’action peinte.

2. All over et action painting

Notions clés & Définitions

  • All over : All over dĂ©signe une rĂ©partition picturale uniforme qui recouvre toute la surface et donne l’impression de continuitĂ© au-delĂ  des bords.
  • Action painting : Action painting dĂ©signe une peinture oĂč l’acte de l’artiste compte autant que le rĂ©sultat, avec une pratique qui exclut prĂ©paration et repentir.
  • Dripping : Dripping est une technique de peinture par coulures, associĂ©e ici Ă  la dynamique de l’action picturale d’un artiste.
  • Happening : Happening est une pratique qui met l’art au cƓur d’une vie vĂ©cue, en rompant les rapports conventionnels entre acteur et spectateur.

Points essentiels

  • All over supprime le centre d’intĂ©rĂȘt : la surface est dĂ©structurĂ©e et organisĂ©e pour que l’Ɠil ne se fixe pas sur un foyer unique.
  • Dans l’action painting, la toile est pensĂ©e comme une arĂšne d’action plutĂŽt qu’un espace pour reproduire, analyser ou reprĂ©senter une image.
  • L’action painting vise un engagement total, avec l’idĂ©e que ce qui passe sur la toile n’est pas une image mais un fait/action.
  • Le dripping, dĂ©veloppĂ© Ă  partir de 1947 par Pollock, est frĂ©quemment rattachĂ© Ă  l’action painting.
  • Le happening se dĂ©veloppe notamment pour dĂ©noncer les usages ordinaires qui sĂ©parent l’acteur du spectateur.

Astuce mémo

All over = plus de centre (tout-couvert) ; Action painting = toile-arĂšne sans repentir.

3. Actionnisme et accumulation

Notions clés & Définitions

  • Actionnisme : L’actionnisme regroupe des pratiques artistiques oĂč l’Ɠuvre passe par des actions spectaculaires et ritualisĂ©es menĂ©es face au public ou pour ĂȘtre enregistrĂ©es.
  • Mouvement viennois : Le mouvement viennois dĂ©signe un courant d’actionnisme apparu vers 1960, centrĂ© sur des mises en scĂšne du corps et de la violence Ă©rotique, avec une forte rĂ©fĂ©rence Ă  des thĂšmes freudiens.
  • Accumulation : L’accumulation est un entassement ou un regroupement d’objets (de mĂȘme nature ou diffĂ©rents), terme souvent associĂ© Ă  des Ɠuvres des Nouveaux rĂ©alistes.
  • Perception - Compression - Entasser : La formule perception-compression-entasser dĂ©crit une technique de Nouveaux rĂ©alistes oĂč l’entassement d’objets est liĂ© Ă  leur inclusion dans la rĂ©sine.

Points essentiels

  • Les actionnistes associent souvent l’action Ă  des rituels, parfois rĂ©alisĂ©s hors de la prĂ©sence du public et devant un appareil-photo.
  • Le mouvement viennois traite l’acte artistique comme un moyen de transgresser des formes de rĂ©pression politique, sociale et sexuelle via une « violence Ă©rotique » et des substances physiologiques comme le sang, le

  • En 1963, Alfons Schilling prĂ©sente au public un agneau Ă©corchĂ© baignant dans son sang, avec des viscĂšres dĂ©posĂ©s sur un linge blanc.
  • Lors de l’action de Schilling, l’artiste asperge le public et l’espace en faisant tournoyer l’animal, puis jette des Ɠufs crus sur les murs et se met Ă  mastiquer une rose.
  • Dans les Nouveaux rĂ©alistes, Arman relie l’entassement d’objets Ă  leur inclusion dans la rĂ©sine, mĂ©thode rĂ©sumĂ©e par « Perception - Compression - Entasser ».
  • Le terme « accumulation » est trĂšs souvent utilisĂ© pour qualifier surtout les Ɠuvres d’Arman dans ce contexte, mĂȘme si d’autres artistes de l’École de Nice sont aussi associĂ©s Ă  ce vocabulaire.

Astuce mémo

PCE = Perception → Compression → Entasser : des objets entassĂ©s sont ensuite « comprimĂ©s » et inclus en rĂ©sine.

4. Cadavre exquis et collage

Notions clés & Définitions

  • Cadavre exquis : Jeu artistique et procĂ©dĂ© d’assemblage oĂč des participants produisent une composition en chaĂźne, chaque apport modifiant le rĂ©sultat global.
  • Valentine Hugo : Personne mentionnĂ©e comme associĂ©e au cadavre exquis dans les Ă©lĂ©ments fournis.
  • AndrĂ© Breton : Personne citĂ©e en lien avec le cadavre exquis dans les Ă©lĂ©ments fournis.
  • Papiers collĂ©s : Technique de collage oĂč des fragments de matĂ©riaux rĂ©els sont intĂ©grĂ©s Ă  l’espace pictural pour crĂ©er une discontinuitĂ© au lieu de l’illusion.
  • Pablo Picasso : Artiste citĂ© pour sa pratique des papiers collĂ©s et pour une Ɠuvre exposĂ©e tardivement aprĂšs sa crĂ©ation.

Points essentiels

  • Dans les annĂ©es 1910, les papiers collĂ©s constituent l’une des premiĂšres Ă©tapes de la pratique du collage chez les cubistes.
  • DĂšs 1912, Braque fait entrer dans ses tableaux des signes-images qui mĂȘlent couleurs et matiĂšres.
  • L’intĂ©gration de fragments de rĂ©alitĂ© provoque une rupture avec le trompe-l’Ɠil en mettant en question le principe d’imitation.
  • L’Ɠuvre de Picasso Nature morte Ă  la Chaise cannĂ©e, créée en 1912, reste longtemps conservĂ©e puis n’est exposĂ©e Ă  Paris qu’en 1930, attirant Louis Aragon.
  • Louis Aragon qualifie cette Ɠuvre d’« acte capital de la peinture moderne » et elle ouvre la voie aux papiers collĂ©s, assemblages et au collage en gĂ©nĂ©ral.

5. Dessin et empreinte

Notions clés & Définitions

  • Dessin : Le dessin est l’inscription visuelle d’un geste, oĂč des traces fabriquĂ©es par la main transforment la perception du spectateur.
  • Empreinte : L’empreinte est une marque de corps ou d’objet obtenue soit par pression, soit par frottage qui rĂ©vĂšle un relief existant.
  • AnthropomĂ©tries : Les anthropomĂ©tries dĂ©signent des empreintes corporelles transformĂ©es en Ɠuvre par apposition sur des supports de grande taille.
  • Empreinte corporelle : L’empreinte corporelle renvoie au fait que le corps peut produire directement des traces sans intermĂ©diaire.
  • Ecriture automatique : L’écriture automatique dĂ©signe l’idĂ©e d’une production non guidĂ©e consciemment, que le frottage rendrait comparable selon Max Ernst.

Points essentiels

  • Un dessin matĂ©rialise le geste et le mouvement de la main grĂące Ă  des traces, ce qui fait percevoir des relations plutĂŽt qu’un chaos global.
  • Une empreinte correspond Ă  une marque en creux ou en relief par pression d’un corps sur un matĂ©riau plus ou moins dur, ou Ă  une trace par frottage sur un support souple qui Ă©pouse le relief.
  • Le 9 mars 1960, Yves Klein organise une action-spectacle avec environ vingt minutes de silence pendant lesquelles trois femmes enduisent leur corps de peinture bleue puis apposent leurs empreintes sur de grandes


Astuce mémo

Empreinte = PRESSE ou FROTTE : creux/relief ou trace qui épouse le relief.

6. Écriture et typographie

Notions clés & Définitions

  • Écriture : L’écriture est un procĂ©dĂ© de notation du langage par des signes destinĂ©s Ă  la vue, nĂ© de la pictographie et Ă©voluant vers des signes d’idĂ©es.
  • Pictographie : La pictographie est un systĂšme oĂč des dessins simplifiĂ©s cherchent Ă  reprĂ©senter visuellement l’apparence d’un objet.
  • IdĂ©ographie : L’idĂ©ographie est un systĂšme oĂč les signes ne dĂ©crivent plus directement des objets, mais reprĂ©sentent des idĂ©es.
  • Calligraphie : La calligraphie est une pratique qui travaille la forme des caractĂšres en articulant sens et qualitĂ©s dĂ©coratives.
  • Écriture picturale : L’écriture picturale dĂ©signe, par analogie, une action de tracer chargĂ©e de sens, appliquĂ©e Ă  des images plutĂŽt qu’au seul langage.

Points essentiels

  • Le tracĂ© de l’écriture peut ĂȘtre traitĂ© comme un fait esthĂ©tique, et pas seulement comme une transcription du langage.
  • La calligraphie exploite Ă  la fois la fonction sĂ©mantique des caractĂšres et leur pouvoir dĂ©coratif.
  • Quand la recherche de la forme prime, la lisibilitĂ© peut ĂȘtre sacrifiĂ©e.
  • Dans le dĂ©bat Ă©crit/oral, Platon prĂ©sente l’écrit comme une reprĂ©sentation dĂ©formante et Rousseau privilĂ©gie la voix, notamment parce que l’écriture autorise l’anonymat.
  • Derrida dĂ©fend les prĂ©rogatives de l’écrit contre le logocentrisme et le phonocentrisme qui valorisent la voix.
  • Le mot Ă©criture peut aussi ĂȘtre employĂ© au sens figurĂ© analogique pour toute action de tracer une forme pour la vue, comme en Ă©criture picturale ou cinĂ©matographique.

7. Frottage et graffiti

Notions clés & Définitions

  • Frottage : Technique artistique fondĂ©e sur le frottement qui fait apparaĂźtre des traces issues d’un matĂ©riau prĂ©existant.
  • Graffiti : Pratique de marquage apparue Ă  New York dans les annĂ©es 1970, rĂ©alisĂ©e dans l’espace public au lieu de rester dans l’Ɠuvre.
  • Tag : Marque d’identitĂ© qui correspond Ă  un nom, un surnom et une forme d’immatriculation utilisĂ©e dans le graffiti.

Points essentiels

  • Selon Jasper Johns, l’empreinte se comprend comme un objet rĂ©vĂ©lant des traces d’un matĂ©riau antĂ©rieur, particuliĂšrement visibles grĂące au frottage.
  • Max Ernst prĂ©sente le frottage comme un Ă©quivalent de l’écriture automatique, en rĂ©duisant la part de contrĂŽle conscient de l’auteur.
  • Max Ernst situe la dĂ©couverte du frottage au 10 aoĂ»t 1925 et dĂ©crit une posture de « spectateur » de la naissance de l’Ɠuvre.
  • Le graffiti investit les rues et lieux publics Ă  New York dans les annĂ©es 1970, souvent sous forme de tags rĂ©alisĂ©s avec des bombes de couleur jugĂ©es agressives.
  • Le mot tag dĂ©signe une marque d’identitĂ© (nom, surnom, immatriculation) et l’art du graffiti circule ensuite en Europe grĂące aux initiatives de GĂ©rard Zlotykamien.

Astuce mémo

TAG = Identité : nom, surnom, immatriculation sur les murs.

8. Happening et hasard

Notions clés & Définitions

  • Allan Kaprow : Allan Kaprow est l’artiste qui emploie le terme happening et en prĂ©cise les caractĂ©ristiques Ă  partir de ses conceptions de l’action.
  • GutaĂŻ : GutaĂŻ dĂ©signe un groupe d’artistes japonais dont les actions, menĂ©es Ă  partir de 1954, sont rapprochĂ©es de l’esprit du happening.
  • 3 Stoppages Étalons : 3 Stoppages Étalons est une Ɠuvre de Marcel Duchamp qui transforme la chute d’un Ă©talon en trajectoires variables produites par le hasard.
  • Loi du hasard : La loi du hasard est, chez Hans (Jean) Arp, le principe d’une composition obtenue par abandon Ă  l’inconscient plutĂŽt que par volontĂ© contrĂŽlĂ©e.

Points essentiels

  • Pour Allan Kaprow, le happening est un environnement avec une dimension temporelle, situĂ© dans un lieu non rĂ©servĂ© Ă  l’art et prenant souvent la forme d’un Ă©vĂ©nement unique.
  • Kaprow insiste sur une frontiĂšre la plus indistincte possible entre happening et vie quotidienne, en permettant aux thĂšmes et actions d’exister hors du contexte strictement artistique.
  • Kaprow recommande l’improvisation, la participation de non-professionnels et une seule exĂ©cution pour le happening.
  • À propos des “gabarits du hasard”, Duchamp laisse tomber des fils depuis 1 m de hauteur : en dĂ©formant “à son grĂ©â€, ils produisent des traces diffĂ©rentes et donc de nouvelles formes.
  • Arp dĂ©crit un travail oĂč la volontĂ© est bannie et l’exĂ©cution rendue automatique, de façon Ă  “travailler selon la loi du hasard” plutĂŽt que d’imposer une composition.

Astuce mémo

Kaprow = action + temps vĂ©cu + hors du “lieu art” + une seule fois ; Duchamp/Arp = hasard qui produit la forme (chute ou dĂ©coupe sans volontĂ©).

9. Kinesthésie et land art

Notions clés & Définitions

  • Land art : Le land art regroupe des Ɠuvres produites dans et avec le paysage, oĂč le geste et la trace laissĂ©e par l’artiste comptent autant que l’objet final.
  • Geste ritualisĂ© : Le geste ritualisĂ© dĂ©signe une maĂźtrise si prĂ©cise qu’elle devient une pratique en elle-mĂȘme, conditionnant la composition et sa lisibilitĂ©.
  • Trace dans le paysage : La trace dans le paysage est la marque provoquĂ©e par un mouvement de l’artiste, qui fait fonction de forme.
  • Marche comme forme : La marche comme forme correspond au fait que les pas de l’artiste dans le paysage tiennent lieu d’Ɠuvre.

Points essentiels

  • Le land art utilise la nature comme renouvellement des matĂ©riaux et fait dĂ©pendre la forme de l’action sur le site.
  • Quand le geste produit une trace physique, la relation artiste–lieu devient indissociable de ce qui est dĂ©placĂ©, creusĂ©, plantĂ© ou retournĂ©.
  • Le caractĂšre Ă©phĂ©mĂšre du geste implique souvent que l’Ɠuvre ne subsiste que par enregistrement, et la photographie sert alors surtout Ă  la documenter.
  • Richard Long utilise la marche : les pas de l’artiste dans le paysage valent comme forme de l’Ɠuvre.
  • La photographie est gĂ©nĂ©ralement un document (sauf chez Udo et Goldsworthy), alors que chez ces artistes elle peut aussi constituer une Ɠuvre de forme plus traditionnelle.

Astuce mémo

Marche = Forme ; Trace = ƒuvre ; ÉphĂ©mĂšre → Photo/document (sauf Udo & Goldsworthy).

10. Mouvement, nudité et performance

Notions clés & Définitions

  • NƓuds et ventres : Notions issues de l’acoustique dĂ©crivant des positions oĂč l’amplitude des vibrations d’air est minimale (nƓuds) ou maximale (ventres).
  • Art kinesthĂ©sique : Approche oĂč le mouvement est conçu comme un processus qui fait naĂźtre la ligne et la forme plutĂŽt que comme simple effet visible.
  • NuditĂ© : Mise en jeu du corps comme objet artistique, pouvant passer par la confrontation directe du spectateur aux zones intimes et Ă  leurs significations.
  • Performance (Ă©phemeralitĂ©) : Forme artistique Ă©phĂ©mĂšre dont l’action se concentre sur le geste de l’artiste et ne repose pas sur la participation du spectateur.
  • CorporalitĂ© sensorimotrice : IdĂ©e selon laquelle les expĂ©riences liĂ©es au mouvement et au toucher influencent notre maniĂšre de penser et de reprĂ©senter les corps.

Points essentiels

  • Dans Hallway Nodes, un couloir diffusait un son continu produit par des oscillateurs, avec deux haut-parleurs Ă©mettant une sinusoĂŻde de 50 Hz, reliĂ©e au vocabulaire acoustique nƓuds/ventres.
  • Le texte rapproche la forme de l’énergie et du mouvement : chez Paul Klee, la forme naĂźt du mouvement, de l’énergie, ou de leur rapport.
  • Remi Delaplace explore la corporalitĂ© en lien avec des expĂ©riences sensorimotrices, notamment gravitation, trajectoire et lĂ©vitation, pour construire des rĂ©cits spatiaux.
  • Sun Yuan et Peng Yu, Can’t Help Myself (2016), montre une action oĂč un bras mĂ©canique tente de contrĂŽler un liquide rouge qui s’écoule, l’action et le corps restant au premier plan.
  • Dans la performance-manifeste Le Baiser de l’artiste, Orlan propose d’embrasser les visiteurs contre une somme, en incarnant une sculpture-distributeur.
  • Dans Orlan, Origine de la guerre (1989), le corps fĂ©minin de Courbet est remplacĂ© par un photomontage d’un homme exhibant un sexe en Ă©rection, interprĂ©tĂ© comme un signifiant du dĂ©sir chez Lacan.

11. Readymade et répétition

Notions clés & Définitions

  • Readymade : Objet dĂ©jĂ  fabriquĂ© promu au rang d’Ɠuvre d’art par son dĂ©placement dans un contexte artistique, ce qui change sa signification.
  • RĂ©pĂ©tition du motif : RĂ©alisation rĂ©pĂ©tĂ©e d’un mĂȘme motif qui peut devenir une obsession et relier le travail Ă  l’idĂ©e d’infini.
  • Roman Opalka : Artiste dont la dĂ©marche s’appuie sur une progression chiffrĂ©e pensĂ©e comme un travail Ă©tirĂ© « Ă  l’infini » sur de longues annĂ©es.
  • Infinity via le temps : Principe oĂč le passage du temps contribue directement Ă  transformer l’Ɠuvre, jusqu’à former une durĂ©e considĂ©rĂ©e comme illimitĂ©e.

Points essentiels

  • Une premiĂšre version du readymade est conçue en 1913 dans l’atelier de Neuilly, avant d’ĂȘtre abandonnĂ©e lors du dĂ©part pour les États-Unis en aoĂ»t 1915.
  • La notion de readymade s’impose Ă  Marcel Duchamp en 1916 Ă  New York, oĂč il assemble une seconde roue de bicyclette et un tabouret.
  • PlacĂ©e dans le musĂ©e, l’Ɠuvre ready-made interroge la nature de l’art et le rĂŽle de l’artiste (artisan ou « pur esprit »).
  • Pour la rĂ©pĂ©tition, le motif devient une obsession depuis l’ñge de 10 ans, avec un lien explicite Ă  la notion d’infini.
  • Le travail de Roman Opalka est prĂ©sentĂ© comme « Ă  l’infini » de 1965 Ă  2011, avec le temps comme matĂ©riau de l’Ɠuvre.

Astuce mémo

Readymade = objet dĂ©jĂ -lĂ  + musĂ©e = nouveau sens; RĂ©pĂ©tition = motif qui revient + temps qui s’étire vers l’infini.

12. Vide, plein et variation

Notions clés & Définitions

  • Le Vide : Le Vide : exposition oĂč Yves Klein retire toutes les Ɠuvres et transforme l’espace pour faire dominer le vide matĂ©riel.
  • Le Plein : Le Plein : exposition d’Arman oĂč les salles sont saturĂ©es de dĂ©chets, visibles mĂȘme depuis l’extĂ©rieur par les fenĂȘtres.
  • Galerie Iris Clert : Galerie Iris Clert : espace parisien oĂč Klein puis Arman organisent respectivement Le Vide et Le Plein.
  • Cocktail bleu : Cocktail bleu : boisson bleue servie lors du vernissage d’Arman, prĂ©sentĂ©e comme un mĂ©lange contenant gin, Cointreau et bleu de mĂ©thylĂšne.

Points essentiels

  • En 1958, Klein organise Ă  la galerie Iris Clert « Le Vide » : il retire Ɠuvres et vitrines puis repeint l’espace Ă  la chaux.
  • Deux ans plus tard, Arman occupe la mĂȘme galerie avec « Le Plein » en remplissant les salles de dĂ©chets afin qu’ils se voient depuis l’extĂ©rieur.
  • Klein veut dĂ©passer l’idĂ©e d’un art fondĂ© sur la production matĂ©rielle d’Ɠuvres, tandis qu’Arman met en avant l’essence industrielle de l’humanitĂ© moderne.
  • Lors du vernissage d’Arman pour son trentiĂšme anniversaire, le hall comporte des tentures bleues, la vitrine est peinte en bleu et un cocktail bleu est servi aux 3 500 invitĂ©s.
  • La quantitĂ© d’ordures de « Le Plein » rend la salle peu lisible de l’intĂ©rieur, avec une visibilitĂ© surtout par la vitrine, en opposition directe avec le concept de « Vide » de Klein.
  • Les invitations d’Arman sont envoyĂ©es sur de simples boĂźtes de sardines portant l’inscription « Arman – Le Plein – Iris Clert ».

Astuce mémo

Klein = chaux et murs nus (Vide) ; Arman = salles pleines de dĂ©chets (Plein) : mĂȘme lieu, deux extrĂȘmes.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1947Dripping associĂ© Ă  l’action painting (dĂ©veloppĂ© Ă  partir de 1947 chez Pollock).
9 mars 1960Action-spectacle d’Yves Klein avec environ vingt minutes de silence (trois femmes enduisent leur corps de peinture bleue puis apposent des empreintes).
10 août 1925Découverte du « frottage » chez Max Ernst (jour mémorable de la découverte).
1913Premiùre version du readymade conçue dans l’atelier de Neuilly.
aoĂ»t 1915Abandon de la premiĂšre version du readymade lors du dĂ©part pour les États-Unis.
1916La notion de readymade s’impose à Marcel Duchamp à New York.
1963Action d’Alfons Schilling prĂ©sentant au public un agneau Ă©corchĂ© baignant dans son sang.
1958Yves Klein organise « Le Vide » à la galerie Iris Clert (retrait et repeint à la chaux).
deux ans plus tardArman occupe la mĂȘme galerie avec « Le Plein » (salles saturĂ©es de dĂ©chets).

Tableaux de synthĂšse

All over vs action painting

NotionCaractéristiqueEffet sur le regard
All overRĂ©partition uniforme sur toute la surface, semblant se prolonger au-delĂ  des bordsSuppression du centre d’intĂ©rĂȘt, surface dĂ©structurĂ©e.
Action paintingEngagement total excluant prĂ©paration et repentir; toile pensĂ©e comme arĂšne d’actionCe qui passe sur la toile n’est pas une image mais un fait/action.

Le Vide vs Le Plein (Iris Clert)

ExpositionPrincipe spatialCe qui domine
Le Vide (Klein)Retrait des Ɠuvres et vitrines, espace repeint Ă  la chauxLe vide matĂ©riel domine.
Le Plein (Arman)Remplissage des salles de dĂ©chets visibles depuis l’extĂ©rieurLa saturation domine (peu lisible de l’intĂ©rieur).

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre geste pictural (qualitĂ©/forme de la trace) et geste de l’instrument (traces liĂ©es Ă  l’utilisation des matĂ©riaux).
  2. Croire que all over = composition centrée « juste mieux répartie » au lieu de « déstructurée sans foyer ».
  3. MĂ©langer action painting et happening : l’action painting exclut prĂ©paration/repentir et vise l’acte sur toile, tandis que le happening implique un environnement Ă©vĂ©nementiel et une temporalitĂ©.
  4. RĂ©duire l’actionnisme au seul scandale : le cours insiste aussi sur la ritualisation, parfois hors prĂ©sence du public, et sur les thĂšmes freudiens/violence Ă©rotique.
  5. Assimiler empreinte à simple « dessin » : une empreinte est une marque en creux/relief (pression) ou une trace par frottage révélant un relief.
  6. Intervertir frottage et Ă©criture automatique : le frottage est un procĂ©dĂ© technique (rĂ©vĂ©lation par frottement) prĂ©sentĂ© comme Ă©quivalent de l’automatisme chez Max Ernst.
  7. Confondre happening et event : le cours donne Kaprow (improvisation, non-professionnels, une seule exĂ©cution) et John Cage/Merce Cunningham (coexistence d’activitĂ©s, anarchie en pratique).

Checklist Examen

  1. Définir le geste (latin gestus) et expliquer comment les traces sur le support servent à déduire la qualité du geste.
  2. Distinguer gestes du corps et gestes de l’instrument, puis donner 2 exemples de qualitĂ©s possibles d’un geste.
  3. DĂ©finir all over et expliquer ce qu’il fait au centre d’intĂ©rĂȘt et Ă  la fixation du regard.
  4. Définir action painting et préciser ce que cela exclut (préparation/repentir) et ce qui doit passer sur la toile (fait/action).
  5. Relier dripping Ă  l’action painting et rappeler l’idĂ©e d’une Ă©nergie mise en avant plutĂŽt que d’un rĂ©sultat illustratif.
  6. DĂ©finir actionnisme et caractĂ©riser le mouvement viennois (vers 1960, ritualisation, violence Ă©rotique, substances physiologiques) avec l’exemple Schilling.
  7. DĂ©finir accumulation et exposer « Perception - Compression - Entasser » comme technique Nouveaux rĂ©alistes liĂ©e Ă  l’inclusion dans la rĂ©sine.
  8. Expliquer le rĂŽle des papiers collĂ©s dans la rupture avec le trompe-l’Ɠil et la mise en question de l’imitation, puis rappeler l’exemple Picasso (Nature morte Ă  la Chaise cannĂ©e).
  9. Définir dessin (matérialisation du geste par traces) et empreinte (pression ou frottage révélant un relief existant).
  10. DĂ©finir l’écriture (procede de notation), distinguer pictographie/idĂ©ographie, puis rappeler le point sur la calligraphie et la lisibilitĂ© sacrifiĂ©e.
  11. DĂ©finir frottage et graffiti, rappeler tag (nom/surnom/immatriculation) et l’idĂ©e que le graffiti investit l’espace public new-yorkais dans les annĂ©es 1970.
  12. DĂ©finir happening (Kaprow) et la loi du hasard (Arp), puis relier au principe d’indistinction entre happening et vie quotidienne + improvisation + non-professionnels + une seule exĂ©cution.
  13. Expliquer kinesthĂ©sie et la maniĂšre dont le land art fait de la marche/pas une forme, avec l’éphĂ©mĂšre et le rĂŽle de la photographie (documenter).
  14. Définir performance (éphemeralité) et préciser ce qui est mis au premier plan (geste du corps), puis relier nudité comme mise en jeu du corps comme objet artistique.

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Geste — dĂ©finition ?

Mouvement du corps, surtout des bras et mains.

Geste en arts plastiques

Mouvement du corps ou de l'outil, trace expressive

All over — effet ?

Surface dĂ©structurĂ©e, sans centre d’intĂ©rĂȘt.

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