Revision sheet: Introduction à la prévention et à l'ergonomie au travail

Plan du Cours

  1. Mise en situation et analyse des risques
  2. SPSTI et services de prévention en santé au travail
  3. Compétences et missions de l’IPRP en SPSTI
  4. Rôle du technicien de prévention et exemples d’actions
  5. Préventeur en entreprise et politique QHSE
  6. Enjeux de prévention social juridique économique
  7. Sources de droit et obligation de sécurité de l’employeur
  8. Danger risque exposition et démarche d’évaluation
  9. Culture de prévention et écarts travail prescrit réel
  10. Méthodes d’évaluation et construction du Document Unique
  11. Plan d’actions de prévention et revue annuelle
  12. Ergonomie : courants, objectifs et analyse du travail réel

1. Mise en situation et analyse des risques

Notions clés & Définitions

  • Manon saisonnière : Personne de la mise en situation, exposée à des risques lors du dépotage rapide de palettes dans un restaurant de camping.
  • Palette livrée : Charge manutentionnée à l’arrivée, dont le déballage rapide crée un danger de chute d’objets.
  • Chaussures de travail : Équipement de protection attendu pour limiter les blessures lors de la manutention, ici non utilisé car Manon travaille en claquettes.
  • IPRP : Intervenant en prévention des risques professionnels, mobilisé pour des missions de diagnostic et de conseil en santé et sécurité au travail.

Points essentiels

  • Dans la situation, le danger principal est la chute d’une conserve depuis un carton abîmé pendant la manutention rapide.
  • Le risque est aggravé par l’absence de chaussures de travail adaptées, remplacées par des claquettes.
  • Le geste de rattrapage sans lâcher la conserve augmente le risque de lombalgie (mal de dos) en plus de la blessure aux orteils.
  • Une analyse de risque doit relier danger, situation de travail et facteurs aggravants (vitesse, état des cartons, circulation, EPI).
  • Une mesure prioritaire consiste à sécuriser la manutention (contrôle/tri des cartons abîmés, méthode de dépotage) et à imposer des chaussures de travail adaptées.
  • Une mesure complémentaire vise à réduire les efforts et postures à risque (organisation du travail et consignes de gestes) pour limiter les lombalgies.

Astuce mémo

Danger chute + EPI absent = blessure; geste de rattrapage = dos en plus.

2. SPSTI et services de prévention en santé au travail

Notions clés & Définitions

  • Enjeu social humain : Enjeu lié aux effets humains des accidents et maladies au travail, notamment la désinsertion professionnelle et la reprise du travail.
  • Enjeu juridique : Enjeu qui découle des obligations de l’employeur et des règles de responsabilité en matière de santé et sécurité au travail.
  • Enjeu économique : Enjeu qui regroupe les coûts directs et indirects liés aux AT/MP, ainsi que les impacts organisationnels et d’image.
  • Danger : Notion décrivant une propriété intrinsèque d’un produit, équipement ou procédé pouvant causer un dommage.
  • Risque : Notion décrivant l’exposition d’un travailleur à un danger, par exemple via des situations de travail ou des procédés.

Points essentiels

  • Trois catégories d’enjeux structurent la prévention : social/humain, juridique et économique.
  • En désinsertion professionnelle (France, enquête SUMER), après un arrêt > 6 mois, 50% des salariés ne reprennent pas à temps complet, et après un arrêt > 12 semaines, moins de 60% reprennent leur activité.
  • Cas de lombalgie : l’enjeu social se traduit par une faible probabilité de reprise et une trajectoire d’emploi dégradée en cas d’inaptitude.
  • Qualification faible et ancienneté élevée (ex. 11 ans) sont associées à un profil type de salarié inapte, avec un taux de retour à l’emploi d’environ 18% à 1 an après licenciement.
  • Sources de droit : traités/accords internationaux, droit communautaire, Constitution, lois et règlements, puis accords nationaux/branche/entreprise, usages, règlement intérieur et décision de l’employeur, contrat de trav
  • L’article L4121-1 du Code du travail impose à l’employeur des mesures pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale, avec prévention, information/formation et organisation adaptée, en adaptant aux “ch

Astuce mémo

Danger = “ce qui peut blesser” ; Risque = “qui est exposé” (Danger → exposition → dommage).

3. Compétences et missions de l’IPRP en SPSTI

Notions clés & Définitions

  • Document Unique : Le Document Unique (DU) est un document qui recense les risques professionnels et sert de base à un plan d’actions de prévention.
  • DUERP : Le DUERP désigne le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels, utilisé pour structurer l’évaluation et la prévention des risques.
  • Unité de Travail : Une Unité de Travail (UT) regroupe des situations de travail proches, pour évaluer les risques de façon cohérente et ciblée.
  • Évaluation des risques professionnels : L’évaluation des risques professionnels (EvRP) est une démarche qui identifie les dangers, estime le niveau de risque et planifie des mesures de prévention.
  • Plan d’action : Le plan d’action est l’ensemble des mesures de prévention décidées après l’évaluation, avec des échéances et un suivi.

Points essentiels

  • Le DU vise l’amélioration des situations de travail réelles via des actions de prévention et une démarche participative d’amélioration continue.
  • Le DU constitue un état des lieux des risques susceptibles de provoquer un accident du travail ou une maladie professionnelle.
  • La méthode « classique » associe tâches et risques, puis calcule un niveau de risque R à partir de la gravité G et de la fréquence F (R = G × F).
  • Après le calcul, on identifie les moyens de maîtrise déjà en place et on définit les actions de prévention à mettre en œuvre.
  • Pour aboutir au DU : définir les UT, réaliser l’évaluation par UT, construire le plan d’action avec des échéances court/moyen/long termes, mettre en œuvre, puis réviser au moins 1 fois par an.
  • La définition des UT s’appuie notamment sur des familles d’activité et sur la question des risques communs si des salariés de l’UT se réunissent.

Astuce mémo

DU = « état des lieux + actions » ; UT = « même risques » ; R = G × F.

4. Rôle du technicien de prévention et exemples d’actions

Notions clés & Définitions

  • Évaluation de l’exposition au radon : L’évaluation de l’exposition au radon est une démarche qui mesure et caractérise le risque lié au radon dans un lieu afin d’orienter les actions de prévention.
  • Fiche PRESANSE : La fiche PRESANSE est un document de référence qui présente des repères et une méthode pour traiter le risque radon en contexte de prévention.
  • Outil d’évaluation radon : L’outil d’évaluation radon est un support permettant d’estimer le niveau de risque et de guider les décisions de prévention.
  • Subvention CARSAT radon : La subvention CARSAT radon est un dispositif financier destiné à soutenir des actions de prévention liées au risque radon, sous conditions.
  • Ergothérapie : L’ergothérapie est une profession de santé qui vise à maintenir, restaurer et permettre des activités humaines de façon sécurisée et autonome.

Points essentiels

  • Le risque radon se traite par une évaluation de l’exposition afin de déterminer le niveau de risque et les mesures à mettre en place.
  • La démarche s’appuie sur des ressources dédiées comme une fiche PRESANSE et un outil d’évaluation pour structurer l’analyse du risque.
  • Des actions de prévention radon peuvent être soutenues financièrement via une subvention CARSAT, selon des conditions d’attribution précisées dans le document.
  • L’ergothérapie est une profession réglementée par le Code de la santé publique et requiert une formation de 3 ans fixée par le ministère chargé de la santé.
  • L’ergothérapie vise à prévenir, réduire ou supprimer les situations de handicap en tenant compte des habitudes de vie et de l’environnement.
  • L’ergothérapeute évalue les effets physiques et psychiques d’une lésion ou maladie, ainsi que les facteurs psychosociaux et environnementaux influençant la capacité d’agir.

Astuce mémo

Radon = Évaluer → Agir (PRESANSE + outil) ; Ergothérapie = Soigner par l’activité (travail/activité → autonomie).

5. Préventeur en entreprise et politique QHSE

Notions clés & Définitions

  • Ergonomie : L’ergonomie est une discipline scientifique dont l’objet est le travail, étudié pour améliorer les situations de travail.
  • Travail : Le travail est une notion polysémique qui renvoie à une activité, une activité professionnelle, un ensemble d’opérations et aussi à des effets produits.
  • Analyse de l’activité : L’analyse de l’activité est une démarche d’ergonomie qui étudie ce que font réellement les personnes au travail pour en améliorer les conditions.
  • Ergonome : L’ergonome est un acteur de prévention qui intervient à partir des situations de travail pour agir sur les conditions de réalisation.
  • TMS et RPS : Les TMS et les RPS sont des atteintes de santé liées au travail, qui motivent des demandes d’intervention en ergonomie.

Points essentiels

  • L’ergonomie vise des évolutions des situations de travail, pas seulement les conditions matérielles, mais aussi les aspects socio-organisationnels.
  • L’objectif est de permettre un travail réalisé dans le respect de la santé et de la sécurité, avec confort, satisfaction et efficacité.
  • L’ergonomie analyse le travail pour favoriser des conditions favorables au développement des valeurs humaines engagées.
  • Le travail peut être défini de plusieurs façons (activité de production, activité professionnelle rémunérée, opérations à accomplir, charge, lieu d’exercice, effet/résultat, etc.).
  • Le travail implique plusieurs variables : situation administrative, organisation, environnement, outils, compétences, interactions et valeurs.
  • Les demandes d’intervention en ergonomie peuvent concerner notamment les TMS et les RPS, puis donner lieu à bilan et restitutions.

Astuce mémo

ERGONOMIE = lois du travail (ergon + nomos) ; Travail = activité + organisation + environnement + outils + compétences + interactions + valeurs.

6. Enjeux de prévention social juridique économique

Notions clés & Définitions

  • Approche systémique : Approche qui étudie l’activité humaine en tenant ensemble les dimensions physiques, cognitives, sociales, organisationnelles et environnementales.
  • Travail prescrit : Ensemble des exigences et consignes définies par l’organisation pour encadrer ce que l’opérateur doit faire.
  • Travail réel : Travail tel qu’il est réellement réalisé par l’opérateur, avec ses ajustements et régulations en situation.
  • Écart travail prescrit travail réel : Différence entre ce qui est demandé dans les prescriptions et ce qui est effectivement fait, avec ses effets sur l’activité.
  • Ergonomie francophone : Courant centré sur l’activité des hommes au travail, fondé sur l’analyse du travail réel pour transformer et/ou concevoir les systèmes.

Points essentiels

  • L’ergonomie vise une analyse globale de l’activité en intégrant des facteurs physiques, cognitifs, sociaux, organisationnels et environnementaux.
  • Le travail est une notion relative : elle varie selon les sociétés et dans le temps, ce qui rend sa définition plurielle.
  • Le travail implique plusieurs variables : situation administrative, organisation, environnement, outils, compétences, interactions et valeurs de l’institution.
  • Deux opérateurs peuvent répondre à une même consigne avec des stratégies différentes, ce qui rend l’observation indispensable.
  • Analyser le travail réel consiste à étudier ce qui est réellement effectué, pas seulement ce qui est prescrit.
  • L’écart prescrit-réel se lit à travers la tâche et l’activité, et s’accompagne de régulations de l’agent en situation de travail.

Astuce mémo

Prescrit = “ce qui est écrit”, Réel = “ce qui est fait” : l’écart révèle les régulations.

7. Sources de droit et obligation de sécurité de l’employeur

Notions clés & Définitions

  • Sources de droit : Ensemble des documents et autorités qui créent ou précisent les règles applicables, du niveau le plus général au plus concret.
  • Obligation de sécurité : Obligation de l’employeur de prévenir les risques professionnels et de protéger la santé et la sécurité des salariés.
  • Travail prescrit : Ensemble des consignes et prescriptions qui définissent ce que le salarié doit faire dans son poste.
  • Travail réel : Ensemble de ce que le salarié fait effectivement pour atteindre l’objectif malgré les contraintes concrètes du terrain.

Points essentiels

  • L’obligation de sécurité vise la prévention des risques, pas seulement la réaction après un accident ou une maladie.
  • Les règles applicables proviennent de plusieurs niveaux (textes et normes), qui peuvent se compléter ou se préciser entre eux.
  • Pour comprendre le travail, on distingue ce qui est demandé (travail prescrit) et ce qui est réellement réalisé (travail réel).
  • L’analyse du travail doit intégrer l’activité réelle, car l’écart entre prescrit et réel révèle des contraintes non visibles au premier regard.
  • L’observation du comportement et l’échange avec les opérateurs sont nécessaires pour comprendre l’activité et éviter des conclusions hâtives.
  • En ergonomie, on décrit d’abord ce qui est observé puis on questionne, afin de limiter les jugements et interprétations non vérifiées.

Astuce mémo

Prescrit = consigne écrite ; Réel = gestes et choix du terrain (écart = indices de risque).

8. Danger risque exposition et démarche d’évaluation

Notions clés & Définitions

  • Travail prescrit : Le travail prescrit correspond à ce qui est demandé officiellement à l’opérateur, sous forme de consignes et d’objectifs à atteindre.
  • Travail réel : Le travail réel désigne ce que l’opérateur fait effectivement, avec ses ajustements et ses gestes dans la situation réelle.
  • Activité de travail : L’activité de travail regroupe l’ensemble des actions et régulations mises en œuvre par l’opérateur pour réaliser la tâche dans son contexte.
  • Fait : Un fait est une information observable et vérifiable, formulée de manière précise et généralement positive.
  • Opinion : Une opinion est une interprétation subjective d’un événement, dépendante de la compréhension et du jugement de la personne.

Points essentiels

  • Observer et décrire d’abord avant d’interpréter, puis questionner pour éviter des conclusions hâtives.
  • Formuler des hypothèses avec des formulations prudentes comme « il semble » ou « on peut supposer » plutôt que d’affirmer.
  • Exemple « pesage d’algues » : le prescrit est de conditionner des algues en barquettes, tandis que le réel inclut les gestes d’attraper, déposer, ajuster le poids, tasser et fermer.
  • Ce qui est observable : gestes, postures, équipements de protection, présence/absence d’échanges verbaux, collègues, performance et moyens techniques.
  • Ce qui n’est pas directement observable : coactivité, répartition des tâches, ambiance, quantité de barquettes, temps, motivation, contrats, état psychologique.
  • Ambiances physiques à relever : lumière (laboratoire sans fenêtres), thermique (produits humides en espace réfrigéré), sonore (bruit de fond + radio).

Astuce mémo

Prescrit = consigne ; Réel = gestes + ajustements ; Observer→Décrire→Questionner→Hypothèses.

9. Culture de prévention et écarts travail prescrit réel

Notions clés & Définitions

  • Travail prescrit : Le travail prescrit correspond aux tâches et consignes définies à l’avance, qui cadrent ce que les salariés sont censés faire.
  • Travail réel : Le travail réel désigne ce que les salariés font effectivement en situation, avec les contraintes, imprévus et ajustements du quotidien.
  • Écarts travail prescrit réel : Les écarts entre travail prescrit et travail réel sont les différences observables entre les consignes et la pratique effective.
  • Analyse de la demande : L’analyse de la demande est la première étape d’intervention qui consiste à comprendre le besoin exprimé, ses causes possibles et ses objectifs.
  • Reformulation de la demande : La reformulation de la demande consiste à préciser et élargir le besoin initial pour le centrer sur l’activité et construire l’intervention.

Points essentiels

  • La première étape d’intervention de l’ergonome est d’analyser la demande via un premier niveau d’informations, avec questions et hypothèses.
  • L’analyse sert à reformuler la demande pour cibler et élargir, puis construire une intervention centrée sur l’activité plutôt que sur le seul symptôme.
  • Identifier le demandeur dès le début est indispensable car les enjeux varient selon les fonctions et les acteurs impliqués.
  • Pour une demande de formation aux « bonnes postures », il faut vérifier la dépendance des patients, l’organisation du travail, la possibilité de travailler en binôme et la disponibilité/formation des aides techniques.
  • Pour une demande « bruit et fatigue » dans un bureau partagé, il faut explorer le travail collaboratif, les allées et venues, la concentration requise et les tensions liées à l’aménagement.
  • Pour une demande après achat de sièges, l’ergonome doit évaluer les réglages possibles, les marges de manœuvre et la plus-value attendue, car l’intervention peut être limitée si c’est trop tard ou sans levier d’action.

Astuce mémo

Prescrit = plan ; Réel = terrain : l’ergonome cherche l’écart en commençant par analyser puis reformuler.

10. Méthodes d’évaluation et construction du Document Unique

Notions clés & Définitions

  • Document Unique : Document Unique d’évaluation des risques qui formalise l’évaluation des risques professionnels et sert de base aux actions de prévention.
  • Analyse de la demande : Étape de l’intervention qui consiste à comprendre la demande, recueillir des indicateurs et reformuler la question de travail.
  • Analyse de l’activité de travail : Démarche qui étudie ce que font réellement les opérateurs pour identifier les déterminants des facteurs de risque.
  • Travail prescrit : Ensemble des règles, procédures et modalités attendues qui encadrent le travail tel qu’il est défini.
  • Activité réelle de travail : Ensemble des actions effectivement réalisées par les opérateurs, avec leurs adaptations aux contraintes du terrain.

Points essentiels

  • L’intervention ergonomique vise une vision représentative des postes et une vision systémique pour proposer des aménagements adaptés.
  • La démarche suit une logique : analyse de la demande puis instruction, analyse de l’activité, diagnostic, restitution et suivi de la transformation.
  • La prise de connaissance de la demande inclut la rencontre des demandeurs et le recueil d’indicateurs liés à la santé au travail et au contexte de l’entreprise.
  • La reformulation de la demande sert à l’élargir et à la centrer sur l’activité, afin de mieux analyser les déterminants des risques.
  • L’instruction de l’étude identifie des situations cibles, choisit des méthodes (comité de pilotage, questionnaire, observations, entretiens) et fixe un calendrier.
  • L’analyse de l’activité repose sur l’enchaînement : observer, repérer les contraintes, poser des hypothèses, puis vérifier ces hypothèses par le terrain.

Astuce mémo

Demande → Instruction → Activité → Diagnostic → Restitution (D-I-A-D-R).

11. Plan d’actions de prévention et revue annuelle

Notions clés & Définitions

  • Analyse de l’activité de travail : Démarche qui décrit ce que font réellement les travailleurs et ce que révèlent leurs conditions, pour orienter des actions de prévention.
  • Recueil de données : Collecte structurée d’informations (documents, indicateurs, observations, verbalisations) pour comprendre l’activité et ses effets.
  • Méthodes d’observation : Approches d’enquête basées sur des questions et la verbalisation, pour distinguer faits, opinions et hypothèses.
  • Entretiens et verbalisations : Dispositifs où les opérateurs expliquent leur vécu et leurs choix, afin d’accéder au travail réel.
  • Travail prescrit et travail réel : Contraste entre ce qui est attendu par l’organisation et ce qui est effectivement réalisé par les travailleurs.

Points essentiels

  • Le plan d’actions de prévention s’appuie sur une analyse de l’activité, pas seulement sur des documents ou des impressions.
  • Le recueil de données mobilise des traces internes (rapports annuels, tableaux de bord, procédures, descriptions de poste, organigrammes) et aussi l’aménagement des espaces et l’usure des équipements.
  • L’analyse doit couvrir plusieurs dimensions : économique et commerciale, sociale, législative et réglementaire, géographique, et technique.
  • Les méthodes d’observation exigent de poser des questions et de faire verbaliser, tout en évitant les conclusions hâtives.
  • On formule des hypothèses à vérifier, et on évite les jugements de valeurs en distinguant le fait de l’opinion.
  • Les mesures (bruit, chaleur, cardiofréquencemètre, éclairement/luminance, poids, rythmes, répétitivité, verbatims) ne sont pas systématiques : elles servent à montrer des effets du travail sur l’opérateur et ses choix.

Astuce mémo

Faits → Opinions : on questionne, on observe, puis on teste des hypothèses (pas de jugement).

12. Ergonomie : courants, objectifs et analyse du travail réel

Notions clés & Définitions

  • Code du Travail L4121-1 : Obligation légale de l’employeur visant à assurer la sécurité et à protéger la santé physique et mentale des travailleurs.
  • Document unique : Outil de traçabilité qui recense les risques professionnels et sert de base aux actions de prévention dans l’entreprise.
  • IPRP : Intervenant en prévention des risques professionnels, regroupant plusieurs métiers dotés de compétences techniques, organisationnelles ou médicales.
  • CSE : Instance représentative du personnel qui intervient dans le dialogue social et contribue à faire remonter les problématiques liées aux conditions de travail.
  • CSSCT : Commission spécialisée du CSE, mobilisée pour traiter des sujets de santé, sécurité et conditions de travail selon l’organisation de l’entreprise.

Points essentiels

  • L’employeur doit prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.
  • La prévention passe par des actions concrètes : formations, information, actions de prévention, organisation adaptée et moyens adaptés.
  • Les actions de prévention peuvent inclure l’embauche d’un acteur de prévention, une intervention ergonomique et la mise en place d’une démarche structurée.
  • Le document unique fait partie des dispositifs de prévention et doit être tenu à jour pour soutenir les actions menées.
  • Les instances représentatives (représentants/délégués, CSE, CSSCT, DS) servent d’interlocuteurs entre hiérarchie et salariés et portent les revendications.
  • Le nombre d’instances dépend des effectifs : pour plus de 11 salariés, 1 représentant suffit ; au-delà de 25, au moins 2 ; pour plus de 50, 1 CSE et 1 CSSCT sont requis selon l’exemple donné.

Astuce mémo

L4121-1 = Sécurité + Santé mentale : prévention = moyens + organisation + acteurs + document unique.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1989Directive européenne 89/391/CEE relative à la prévention
1991Transposition en France de la directive européenne (loi)
2001Décret relatif au Document Unique
2002Décret de 2002 précisant le contenu du Document Unique
2 août 2021Loi du 2 août 2021 (Plan d’actions s’intègre au Document Unique)
mars 2022Décret de mars 2022 (mise en œuvre du Plan d’actions dans le Document Unique)
2015Participation à une réunion d’information sur le Document Unique
2016Préparation à un accompagnement à l’évaluation des risques pour 6 entités
20176 réunions d’évaluation + 1 réunion de synthèse des actions d’amélioration
2018Étude ergonomique d’un site (Ergonome) et étude d’un 2nd site (Ergonome + Conseiller en Prévention)

Tableaux de synthèse

Types de prévention en ergonomie

TypeMoment d’interventionObjectif
Prévention primaireAvant « le mal »Anticiper et limiter les dysfonctionnements, l’apparition de douleurs, en pensant dès la conception les environnements de travail
Prévention secondaireQuand « ça commence à faire mal »Supprimer ou limiter les douleurs en faisant évoluer les conditions de travail et en les adaptant aux opérateurs
Prévention tertiaireQuand le mal est installéLimiter les douleurs, éviter les complications et les rechutes, adapter les conditions de travail au handicap

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre danger et risque : le danger est une propriété intrinsèque, le risque est l’exposition à ce danger.
  2. Dire que l’ergonome intervient seulement après un accident ou uniquement pour l’aménagement de bureaux : l’intervention vise l’analyse du travail réel et peut agir en amont.
  3. Prendre une opinion pour un fait : par exemple conclure « Louis est maladroit » au lieu de décrire un événement observable et vérifiable.
  4. Observer sans questionner : en ergonomie, on décrit d’abord ce qui est visible puis on questionne pour comprendre et formuler des hypothèses.
  5. Confondre travail prescrit et travail réel : prescrit = ce qui est demandé, réel = ce qui est effectivement fait avec régulations.
  6. Croire que le Document Unique se met à jour « quand on veut » : il y a des mises à jour au moins annuelles dès 11 salariés et aussi lors d’aménagement important ou d’information supplémentaire.
  7. Réduire l’analyse de l’activité à des mesures systématiques : les mesures (bruit, chaleur, etc.) ne sont pas systématiques, elles servent à montrer des effets et des choix.

Checklist Examen

  1. Analyser une situation de travail en identifiant danger, situation d’exposition et facteurs aggravants (ex. vitesse, état des cartons, EPI absent).
  2. Proposer une mesure prioritaire de prévention en lien direct avec le danger (ex. sécuriser la manutention) puis une mesure complémentaire sur les efforts/postures à risque (ex. lombalgie).
  3. Expliquer le rôle de l’IPRP en SPSTI : compétences techniques/organisationnelles, missions de diagnostic et de conseil en objectif exclusif de prévention, et communication des résultats au médecin du travail.
  4. Citer les missions du technicien de prévention : informer sur les obligations, sensibiliser, observer/analyser, réaliser des métrologies, accompagner l’évaluation des risques et intervenir au CSE/CSSCT.
  5. Définir enjeu social/humain, juridique et économique de la prévention, et relier l’enjeu social à la désinsertion professionnelle (ex. arrêts > 6 mois et > 12 semaines).
  6. Rappeler les sources de droit et l’idée que l’obligation de sécurité vise la prévention (pas seulement la réaction après AT/MP), avec adaptation aux changements.
  7. Maîtriser la distinction danger/risque et les étapes d’évaluation : identifier situations de travail, dangers associés, puis évaluer les risques.
  8. Connaître les 9 principes généraux de prévention (L4121-2) et savoir les associer à une logique de prévention (éviter, évaluer, combattre à la source, etc.).
  9. Expliquer le Document Unique : objectif (améliorer situations réelles), contenu (inventaire des risques par unité de travail, y compris ambiances thermiques) et règles de mise à jour.
  10. Décrire la méthode « classique » d’évaluation : tâches → risques → gravité G et fréquence F → R = G × F → moyens de maîtrise existants → actions à mettre en œuvre.
  11. Savoir construire le DU : définir les UT, évaluer par UT, définir un plan d’action avec échéances court/moyen/long termes, mettre en œuvre puis réviser au moins 1 fois par an.
  12. Expliquer la méthodologie d’intervention de l’ergonome : analyse de la demande (questions/hypothèses puis reformulation), instruction, analyse de l’activité (observer/repérer/poser/vérifier), diagnostic, restitution et,
  13. différencier fait et opinion et rappeler la logique d’observation→description→questionnement→hypothèses, en distinguant ce qui est observable de ce qui ne l’est pas directement.
  14. Présenter l’ergonomie : objectifs (santé/sécurité, confort, satisfaction, efficacité), variables du travail, et courants (ergonomie francophone centrée sur l’activité réelle vs anglosaxonne Human Factors).

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1. Lors d’un dépotage rapide de palettes, quel danger principal explique le risque de blessure observé ?

2. Quel est le rôle d’un SPSTI dans la prévention en santé au travail ?

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Mise en situation — définition ?

Analyse concrète d'une activité pour évaluer les risques.

Risques — lien avec danger ?

Risques liés à l'exposition au danger.

SPSTI — rôle ?

Coordonner prévention et santé au travail.

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