Revision sheet: Introduction aux arômes et perception sensorielle

Plan du Cours

  1. Définition des arômes
  2. Histoire et marché des arômes
  3. Définitions du goût
  4. Perception des odeurs
  5. Perception des saveurs
  6. Perception trijéminale
  7. Interactions multisensorielles
  8. Matières premières aromatiques
  9. Molécules et substances aromatiques
  10. Arômes thermiques et Maillard
  11. Arômes de fumée et évaluation

1. Définition des arômes

Notions clés & Définitions

  • Arômes : Produits ajoutés aux denrées pour leur conférer ou modifier une odeur et/ou un goût, sans être destinés à être consommés tels quels.
  • Industrie des arômes : Mélanges concentrés de matières premières naturelles ou synthétiques appliqués dans une matrice alimentaire pour apporter un goût particulier.
  • Odeur : Sensation provoquée par la stimulation des nerfs olfactifs par des substances volatiles, via la voie directe (orthonasale) ou la voie rétronasale.

Points essentiels

  • Au sens réglementaire UE 1334/2008, les arômes correspondent à des produits non consommés en l’état et ajoutés pour conférer ou modifier odeur et/ou goût.
  • Les catégories réglementaires incluent notamment substances aromatisantes, préparations aromatisantes, arômes obtenus par traitement thermique, arômes de fumée, précurseurs d’arôme et autres arômes ou leurs mélanges.
  • Un arôme ajoute une contribution sensorielle mais n’apporte aucune contribution nutritive à l’aliment dans lequel il est incorporé.
  • En pratique, un arôme est une sensation d’odeur générée quand des composés volatils de l’aliment stimulent le système olfactif par voie rétronasale.
  • Les matières premières d’un arôme peuvent inclure des additifs autorisés comme supports ou solvants et des denrées comme alcool, sel, eau ou sirop de sucre.

Astuce mémo

Arômes = ajout + non consommé tel quel (UE 1334/2008) : odeur et/ou goût, surtout via composés volatils rétronasaux.

2. Histoire et marché des arômes

Notions clés & Définitions

  • Arômes alimentaires : Les arômes sont des produits ajoutés aux aliments pour leur conférer ou modifier l’odeur et/ou le goût, sans être consommés en l’état.
  • Arôme industriel : Un arôme industriel correspond à des mélanges complexes de matières premières naturelles ou synthétiques formulés pour apporter un goût spécifique à une matrice alimentaire.
  • Règlement UE n°1334/2008 : Le règlement UE n°1334/2008 encadre la définition réglementaire des arômes et leurs catégories d’ingrédients.
  • Marché B to B des arômes : Le marché B to B concerne des arômes très concentrés destinés à l’industrie, manipulés selon des normes de dosage et de sécurité.

Points essentiels

  • Au sens industriel, les arômes sont des mélanges complexes de matières premières naturelles ou synthétiques, utilisés pour améliorer ou modifier le goût sans apporter de contribution nutritive à l’aliment.
  • Au sens réglementaire (règlement UE n°1334/2008), les arômes sont des produits non destinés à être consommés en l’état et ajoutés pour conférer ou modifier l’odeur et/ou le goût.
  • L’appertisation (stérilisation par conserve) est mise au point en 1795, et elle augmente le besoin d’aromatisation des aliments industriels.
  • La pasteurisation est découverte en 1865 (traitement à des températures plus basses que la stérilisation : 60–81°C contre >121°C).
  • Les arômes sont présents dans tous les secteurs agroalimentaires car les produits industriels transformés (boissons, confiserie, biscuits apéritifs, soupes déshydratées) nécessitent une aromatisation.
  • Le marché des arômes est principalement B to B car les arômes ne sont pas consommables en l’état et exigent un respect strict de normes (dosage, sécurité) pour protéger le consommateur et les acteurs industriels.

Astuce mémo

Feu/Fumaison → conservation et goûts nouveaux, puis Appertisation (1795) et Pasteurisation (1865) → explosion du besoin d’aromatisation, soutenue par un marché B to B.

3. Définitions du goût

Notions clés & Définitions

  • Saveurs de base : Les saveurs de base sont les grandes catégories gustatives détectées par l’humain : sucré, umami, acide, salé et amer.
  • Molécules sapides : Les molécules sapides sont les substances non volatiles qui peuvent être perçues dans la cavité buccale et déclencher la transduction gustative.
  • Seuil de perception : Le seuil de perception est la concentration minimale d’un stimulus gustatif à partir de laquelle il est détecté ou reconnu, selon le niveau d’apprentissage.
  • OAV Odor Activity Value : L’OAV est un indicateur qui compare la concentration d’un composé à son seuil de perception dans l’eau afin d’estimer sa contribution au profil global.

Points essentiels

  • Le sucré signale des sources d’énergie, l’umami signale des acides aminés, le salé contribue à l’équilibre électrolytique, l’acide et l’amer servent plutôt de signaux d’alerte contre des aliments potentiellement nocifs.
  • Les seuils de détection et de reconnaissance correspondent respectivement à la concentration minimale perçue sans nommer puis à celle permettant de nommer l’odorant après apprentissage.
  • L’OAV se calcule comme un rapport entre la concentration et le seuil de perception dans l’eau, et donne une idée de l’impact qualitatif d’un composé dans un mélange.
  • L’adaptation réduit temporairement la perception après exposition à une même odeur (saturation partielle des récepteurs pendant quelques minutes), tandis que l’habituation fait disparaître la perception lors d’une exposition prolongée à une odeur monotone.
  • Les concentrations associées aux seuils varient fortement selon les molécules : 1 g d’éthanol dans 10 L (100 ppm), 1 g d’amyl acetate dans 200 000 L (0,005 ppm) et 1 g d’un pyrazine (0,002 ppb).
  • Les seuils sont souvent exprimés en ppm (1 ppm = 1 mg d’odorant dilué dans 1 kg d’eau) et peuvent varier selon l’individu et la moyenne bibliographique.

4. Perception des odeurs

Notions clés & Définitions

  • Interactions entre odorants : Interactions entre odorants : des combinaisons d’odeurs modifient la perception à des niveaux allant du récepteur jusqu’au traitement cognitif.
  • Interactions suppressives : Interactions suppressives : un odorant réduit l’intensité ou la qualité perçue d’un autre odorant dans le mélange.
  • Interactions synergiques : Interactions synergiques : la présence de plusieurs odorants augmente l’intensité perçue d’un ou plusieurs odorants.
  • Perceptual blending : Perceptual blending : le cerveau perçoit le mélange comme une seule entité globale plutôt que comme des constituants séparés.

Points essentiels

  • Les interactions entre odorants apparaissent à plusieurs niveaux : compétition au niveau des récepteurs, inhibition latérale entre neurones, et modulation par la cognition.
  • Au niveau des récepteurs, des odorants peuvent agir en agonistes ou antagonistes, via competition et synergie pour la liaison au récepteur.
  • Au niveau cognitif, la réponse olfactive est modulée par la mémoire, les expériences et les émotions.
  • En interactions suppressives, l’intensité ou la qualité d’un odorant diminue quand il est mélangé à un autre.
  • En interactions synergiques, l’intensité d’un ou plusieurs odorants augmente dans le mélange.
  • L’odorat humain détecte mal la complexité d’un mélange au-delà d’environ 3 à 4 constituants, y compris chez les experts, ce qui s’explique par une perception synthétique du mélange.

Astuce mémo

Suppression = baisse; Synergie = hausse; Blending = 1 seul parfum (comme “café” ou “chocolat”).

5. Perception des saveurs

Notions clés & Définitions

  • Adaptation gustative : L’adaptation gustative est la diminution progressive de la réponse aux saveurs après exposition prolongée, plus faible que pour l’odorat.
  • Pouvoir sucrant : Le pouvoir sucrant exprime l’intensité sucrée relative d’un composé par rapport à un référent, indépendamment de sa valeur calorique.
  • Récepteurs du sucré T1R2-T1R3 : Les récepteurs du sucré sont des dimères GPCR (T1R2-T1R3) qui détectent des molécules sucrantes et déclenchent la transduction neuronale.

Points essentiels

  • Les produits gras forment un film sur la langue et réduisent l’accès des substances souvent hydrophiles aux récepteurs gustatifs, diminuant la perception des saveurs.
  • Une baisse de température diminue l’activité des cellules gustatives, et gras ou froid rendent la perception moins intense donc les produits sont souvent surdosés en sucre.
  • Les amers et acides ont en général des seuils très bas, ce qui facilite leur détection et leur rejet potentiel lié à la toxicité.
  • Les seuils moyens (mol/L) sont Sour HCl 0,0009 ; Salty NaCl 0,01 ; Sweet Sucrose 0,01 ; Bitter Quinine 0,000008 ; Umami Glutamate 0,001.
  • La liaison sur T1R2-T1R3 active des mécanismes intracellulaires avec production d’un second messager, entrée de Ca2+Ca^{2+} et dépolarisation de la cellule.
  • Le sel joue un double rôle sur le sucré : à faible NaCl il agit comme exhausteur, alors qu’à forte NaCl il masque l’impression sucrée (à 4% saccharose, +0,1% NaCl perçu plus sucré, +0,5% NaCl perçu moins sucré).

Astuce mémo

Gras ou froid = accès aux récepteurs ↓ → perception ↓ → sucre compensé (surdosage).

6. Perception trijéminale

Notions clés & Définitions

  • Sensibilisation trigéminale : Réponse nerveuse augmentée quand un stimulus trijéminal comme la capsaïcine est répété à intervalles courts, entraînant une forte montée de l’activité.
  • Désensibilisation trigéminale : Réponse nerveuse diminuée quand le même stimulus trijéminal est présenté avec des intervalles plus longs, ce qui réduit la réaction.
  • Sensation trijéminale froide : Sensation de baisse de température perçue dans la cavité buccale, déclenchée par des composés comme le menthol et le xylitol.
  • Sensation trijéminale chaude : Sensation de hausse de température perçue dans la cavité buccale, déclenchée par des composés comme le gingembre et le VEE.
  • Récepteurs TRP trigéminaux : Canaux ioniques trans-membranaires (TRPs) présents dans les neurones trigéminaux capables d’être activés par des stimuli thermiques, chimiques ou mécaniques.

Points essentiels

  • Avec la capsaïcine, des stimulations répétées toutes 1 min augmentent fortement la réponse nerveuse, tandis que des intervalles de 15 min la diminuent (Holley, 2006).
  • Les sensations trijéminales incluent froid (menthol, xylitol), chaud (gingembre, VEE), anesthésiant (clou de girofle), brûlant (piments, pipérine) et piquant/picotement (spilanthol, poivre du Sichuan, CO2).
  • Le CO2 peut activer soit des récepteurs tactiles responsables de picotements, soit des nocirécepteurs responsables d’une sensation irritante/douloureuse.
  • La transduction somesthétique buccale et nasale passe vers le cortex via les nerfs trigéminal (V), glossopharyngien (IX) et vague (X), avec un réflexe d’axone pouvant déclencher une réponse rapide locale via libération de neuropeptides.
  • TRPM8 répond à des températures inférieures à 28°C (jusqu’à 10°C) et transmettrait un froid “agréable”, alors que TRPA1 contribuerait à un froid douloureux sous 15°C.
  • Menthol et capsaïcine activent à la fois des composantes thermiques et nociceptives, et le menthol se dissout dans l’eau par un processus endothermique qui aide à produire la sensation de froid.

Astuce mémo

1 min = capsaïcine qui “monte” (sensibilisation) ; 15 min = ça “redescend” (désensibilisation).

7. Interactions multisensorielles

Notions clés & Définitions

  • Stimulation rétro-nasale : Perception olfactive déclenchée par des composés volatils qui remontent vers le nez pendant la dégustation.
  • Intégration goût-odeur : Combinaison des informations olfactives et gustatives qui construit l’impression finale d’arôme en bouche.
  • Composés volatils aromatiques : Molécules majoritairement volatiles capables d’atteindre le système olfactif et de contribuer à la perception globale.

Points essentiels

  • Les saveurs perçues peuvent venir de molécules non volatiles, alors que la majorité des composés responsables des arômes passent surtout par la stimulation rétro-nasale.
  • Un composé odorant doit être suffisamment lipophile et assez volatil pour atteindre le système olfactif et interagir avec des récepteurs olfactifs en concentration suffisante.
  • L’impression d’arôme dépend de l’ajustement simultané des signaux : odeur rétro-nasale des volatils et goût des molécules sapides dissoutes.

8. Matières premières aromatiques

Notions clés & Définitions

  • Huile essentielle : Extrait aromatique naturel concentré obtenu à partir d’une matière végétale, essentiellement constitué de composés volatils.
  • Oléorésine : Extrait aromatique naturel issu d’une matière végétale, constitué d’une fraction riche en composés aromatiques.
  • Concentré volatil : Fraction concentrée de substances volatiles hydrosolubles récupérées des eaux d’évaporation d’un jus de fruit, de légume ou d’une infusion aqueuse de plante.
  • Hydrolysats : Extraits obtenus par hydrolyse de protéines pour produire des notes aromatiques, souvent utilisées comme sources d’exhausteurs de goût.

Points essentiels

  • En extraction au CO2 supercritique, on ajuste température et pression selon l’extrait visé (HE ou oléorésine), puis on abaisse la pression avant le séparateur pour précipiter les solutés et recycler ou éliminer le CO2.
  • Le CO2 supercritique étant peu polaire, l’ajout d’un co-solvant polaire (éthanol ou eau) améliore le rendement d’extraction.
  • Les concentrés volatils proviennent des eaux d’évaporation et peuvent être utilisés pour des fruits autres que les agrumes, pour lesquels il n’existe pas d’HE ou d’oléorésines.
  • Des isolats sont obtenus par distillation fractionnée des huiles essentielles, comme l’anéthole (badiane) ou le menthol.
  • Les hydrolysats de type EMC/EMDI sont produits par fermentation de sous-produits laitiers pour des notes fromagères, tandis que les HVP proviennent de protéines végétales hydrolysées pour des notes viande et/ou bouillon.
  • Les HVP sont économiques mais peuvent contenir des allergènes (soja, blé) et des MCPD’s, cancérogènes, pour les HVP obtenus par hydrolyse acide.

9. Molécules et substances aromatiques

Notions clés & Définitions

  • Molécules aromatiques : Molécules chimiquement définies qui portent l’essentiel de l’impact sensoriel d’un arôme fini et appartiennent à de nombreuses familles organiques.
  • Substance aromatisante naturelle : Substance aromatisante obtenue par des procédés physiques, enzymatiques ou microbiologiques à partir de matières d’origine végétale, animale ou microbiologique.
  • Hémisynthèse : Synthèse chimique réalisée à partir de composés naturels préexistants, dont une partie de la structure est déjà présente.
  • Hétérocycles : Famille de composés aromatiques caractérisés par un ou plusieurs cycles avec au moins deux éléments, formés surtout lors des fermentations/enzymatiques et du chauffage.

Points essentiels

  • En aromatique, environ 2000 molécules sont couramment utilisées par les sociétés et une seule peut suffire à représenter une note, mais le plus souvent une combinaison crée la signature globale.
  • Les molécules aromatiques se classent notamment par structure (aliphatique, alicyclique, terpènes, aromatiques, hétérocycles), par fonctions (alcools, acides, esters, aldéhydes) et par type de notes.
  • La prédiction “structure chimique → odeur” est tentante mais pas toujours fiable, et des travaux visent plutôt un modèle lié aux cycles internes d’énergie des cellules vivantes.
  • Les substances aromatisantes naturelles peuvent être produites par extraction, hydro-distillation, fractionnement et séparation, ou par fermentation/bioconversion via microorganismes ou enzymes.
  • Environ 2500 substances aromatisantes sont répertoriées sur la liste positive de l’Union européenne.
  • Les γ- et δ-lactones existent sous deux énantiomères (R et S) dans la nature, la forme R étant la plus intéressante aromatiquement car son seuil de perception est plus faible.

10. Arômes thermiques et Maillard

Notions clés & Définitions

  • Arômes obtenus par traitement thermique : Arômes obtenus par traitement thermique : produits formés par chauffage d’un mélange où au moins un ingrédient contient de l’azote (amino) et un autre est un sucre réducteur.
  • Réaction de Maillard : Réaction de Maillard : ensemble de réactions déclenchées par le chauffage entre acides aminés et sucres réducteurs, responsables des composés colorés et aromatiques.
  • Dégradation de Strecker : Dégradation de Strecker : transformation d’acides aminés pendant la Maillard qui génère des aldéhydes de Strecker et des précurseurs d’hétérocycles soufrés.

Points essentiels

  • Les arômes obtenus par traitement thermique proviennent du chauffage d’ingrédients dont au moins un est azoté (amino) et un sert de sucre réducteur, avec température interne du produit ≤180°C.
  • La durée du traitement à 180°C ne dépasse pas 15 minutes, puis elle augmente si la température baisse selon la règle “doublement à -10°C”, jusqu’à un maximum de 12 heures.
  • Le pH atteint pendant le traitement ne doit pas dépasser 8,0, et à pH<8 on estime que la Maillard ne génère pas de substances toxiques.
  • Les 3 voies de Maillard démarrent par la formation de glycosylamines, et les réarrangements d’Amadori et Heyns se produisent spontanément même à 25°C.
  • La voie A mène à des 1- et 3-deoxyosones (dicarbonyls) qui, via cyclisation et réactions impliquant le H2S issu de la cystéine, forment des hétérocycles “viande”.
  • La voie C (Strecker) forme des aldéhydes de Strecker et des α-aminocarbonyls, précurseurs de pyrazines et d’hétérocycles à composante soufrée, avec notamment H2S et methional/methanethiol selon les acides aminés de départ.

Astuce mémo

Amino + Sucre réducteur + chaleur = glycosylamines → Amadori/Heyns → Strecker + hétérocycles (notes “viande grillée”).

11. Arômes de fumée et évaluation

Notions clés & Définitions

  • Arôme de fumée : Produit obtenu par fractionnement et purification d’une fumée condensée, donnant des produits primaires et/ou des arômes de fumée dérivés.
  • Liste fermée des arômes de fumée : En Europe, seuls certains arômes de fumée sont autorisés, avec une liste limitée fixée par la réglementation.
  • Benzopyrène dans les arômes de fumée : Contaminant issu de la fumée dont l’apport dans les aliments est strictement encadré pour limiter les risques.

Points essentiels

  • Les arômes de fumée sont principalement utilisés en arômes salés, comme alternative au fumage traditionnel ou pour une note spécifique en soupes, sauces et snacks.
  • Ils peuvent aussi être employés à faible dose dans des arômes sucrés « bruns » comme la vanille et le café.
  • Les arômes de fumée ne sont pas des arômes « artificiels » et ne peuvent pas être qualifiés de naturels au sens du Règlement (CE) n°1334/2008.
  • La réglementation encadre strictement la présence de benzopyrène via une liste « fermée » de 10 arômes de fumée autorisés dans l’UE (Règlement (UE) n°1321/2013).
  • Chaque arôme de fumée autorisé a une dose maximale d’emploi selon la denrée alimentaire.

Astuce mémo

Fumée = règle “liste fermée” : 10 arômes autorisés (UE 1321/2013) car le benzopyrène est strictement contrôlé.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1795Appertisation (stérilisation par conserve) mise au point
1865Pasteurisation découverte
1912Découverte de l’échelle de Scoville / invention de l’échelle de mesure des piments
1912Découverte (par Maillard) que le chauffage d’un mélange d’acides aminés et de sucres forme des pigments
1953Publication du mécanisme de la réaction de Maillard
2008Règlement UE n°1334/2008 encadrant la définition et les catégories d’arômes
1321/2013Règlement (UE) mettant en place la liste « fermée » de 10 arômes de fumée autorisés

Tableaux de synthèse

Sens industriel vs sens réglementaire des arômes

ApprocheCritèresCaractère
IndustrielleMélanges complexes de matières premières naturelles ou synthétiques, appliqués dans une matrice pour apporter un goûtN’apporte aucune contribution nutritive à l’aliment
Réglementaire (UE 1334/2008)Produits non destinés à être consommés en l’état, ajoutés pour conférer une odeur et/ou un goût ou modifier ceux-ci, issus/constitués de catégories listéesRègles de catégories (substances/préparations/arômes thermiques/arômes de fumée/précurseurs/autres)

Voies de perception chimique en bouche et nez

PerceptionVoieStimulus principal
OdeurOrthonasale (voie directe) ou rétronasale (voie indirecte)Substances volatiles
Arôme / flaveurRétro-nasaleComposés volatils présents dans l’aliment
SaveurCavité buccale (langue et cavité buccale)Substances solubles (molécules sapides non volatiles)
Sensibilité trijéminaleMuqueuses buccale/nasaleStimulation du nerf trijumeau (piquant/brûlant/froid/astringence…), via TRP

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre odeur et arôme: l’odeur se perçoit par voie orthonasale, tandis que l’arôme correspond à l’odeur générée par voie rétronasale pendant la dégustation.
  2. Penser qu’un arôme apporte des nutriments: le cours insiste que les arômes n’apportent aucune contribution nutritive.
  3. Mélanger seuil de détection et seuil de reconnaissance: détecter sans nommer n’est pas reconnaître (après apprentissage).
  4. Croire que les saveurs sont localisées sur des zones de la langue: le cours précise que la cartographie “4 zones” est erronée (surtout forte à la base pour l’amertume).
  5. Interpréter adaptation et habituation comme la même chose: l’adaptation est temporaire sur quelques minutes, l’habituation correspond à une perte lors d’exposition prolongée à une odeur monotone.
  6. Relier uniquement la complexité d’un mélange à la capacité humaine à l’analyser: le cours indique une discrimination limitée au-delà d’environ 3 à 4 constituants (même chez les experts).
  7. Prendre les arômes de fumée pour des arômes “naturels” ou des arômes artificiels: le cours précise qu’ils ne sont pas « artificiels » et ne peuvent pas être qualifiés de naturels au sens du Règlement (CE) n°1334/2008.

Checklist Examen

  1. Définir arôme, odeur et saveur avec les voies de perception (orthonasale vs rétronasale vs cavité buccale) telles que présentées dans le cours.
  2. Citer la définition réglementaire des arômes (UE 1334/2008) et les catégories d’ingrédients listées (substances/préparations/arômes thermiques/arômes de fumée/précurseurs/autres).
  3. Expliquer la différence de logique “industrielle” vs “réglementaire” sur ce qu’est un arôme et son impact nutritionnel.
  4. Retrouver les repères historiques liés à l’appertisation (1795) et à la pasteurisation (1865) et relier l’essor à la nécessité d’aromatisation des produits processés.
  5. Décrire les notions clés de la perception olfactive: récepteurs, transduction, codage en “image olfactive”, et rôle des régions cérébrales (cortex olfactif, système limbique).
  6. Distinguer interactions entre odorants: suppressives, synergiques et perceptual blending (mélange perçu comme une seule entité).
  7. Décrire la perception des saveurs: molécule sapide dissoute, transduction (dépolarisation/second messager), nerfs gustatifs et relais vers thalamus/cortex gustatif.
  8. Expliquer la perception trijéminale: stimuli (froid/chaud/anesthésiant/brûlant/picotement), sensibilisation/désensibilisation et la place des TRP (ex. TRPM8, TRPA1, TRPV1).
  9. Relier goût/odeur et autres sens via la stimulation rétronasale et l’influence de la congruence et de l’état émotionnel sur la perception.
  10. Lister les matières premières aromatiques naturelles: HE, oléorésines, concentrés volatils, hydrolysats, et les procédés associés (distillation/CO2 supercritique/solvants/fermentation).
  11. Classer les molécules aromatiques selon des familles (structure, fonctions, types de notes) et rappeler l’idée “structure → odeur” non toujours fiable.
  12. Expliquer les arômes obtenus par traitement thermique: conditions (azote + sucre réducteur, température/pH/durée, règle de doublement) et les 3 voies de Maillard (glycosylamines, voies A/B/C dont Strecker).
  13. Définir les arômes de fumée et rappeler le cadre “liste fermée” des 10 arômes autorisés et la logique de sécurité (benzopyrène encadré).
  14. Décrire la méthodologie d’évaluation des matières premières aromatiques (milieu neutre, seuils de reconnaissance, vocabulaire discriminant) et l’idée des cartes/entraînement à reconnaître des composés à l’aveugle.

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1. Quelle définition correspond le mieux à un arôme au sens réglementaire et fonctionnel ?

2. Quel point caractérise le mieux l’industrie des arômes dans l’alimentation ?

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Arômes — définition ?

Produits ajoutés pour modifier odeur ou goût.

Industrie des arômes — rôle ?

Créer des mélanges concentrés pour l'alimentation.

Odeur — stimulation ?

Substances volatiles via voie orthonasale ou rétronasale.

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