đ Plan du Cours
- Facilitation sociale et réponse dominante
- Expériences fondatrices de Triplett
- Simple présence, compétition et explications
- Drive de Zajonc et réponse dominante
- Dimension évaluative et modÚle de Cottrell
- Distraction-conflit de Baron et effet Stroop
- De la facilitation Ă la paresse sociale
- Paresse sociale de Ringelmann et perte dâeffort
- ThĂ©orie de lâimpact social et auto-Ă©valuation
- Auto-efficacité, effort collectif et facteurs modérateurs
đ 1. Facilitation sociale et rĂ©ponse dominante
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Facilitation sociale : La facilitation sociale est lâamĂ©lioration de la performance quand des autres sont prĂ©sents, surtout pour des tĂąches simples ou bien apprises.
- Inhibition sociale : Lâinhibition sociale correspond Ă la dĂ©tĂ©rioration de la performance quand la prĂ©sence dâautrui fait Ă©merger une rĂ©ponse dominante inadaptĂ©e.
- RĂ©ponse dominante : La rĂ©ponse dominante est la rĂ©ponse la plus frĂ©quente ou la plus probable, qui tend Ă ĂȘtre renforcĂ©e en prĂ©sence dâautres personnes.
- Paresse sociale : La paresse sociale dĂ©signe la baisse dâeffort qui peut apparaĂźtre quand lâindividu travaille dans un groupe plutĂŽt quâen responsabilitĂ© individuelle.
- Triplett : Triplett est lâinitiateur des premiers travaux expĂ©rimentaux montrant que la prĂ©sence dâautrui peut modifier la performance.
đ Points essentiels
- La question fondatrice est de savoir si lâindividu est plus performant avec autrui ou sans autrui.
- La dĂ©finition initiale dĂ©crit une meilleure exĂ©cution de tĂąches simples ou bien apprises en prĂ©sence dâautres personnes.
- La dĂ©finition plus rĂ©cente explique lâeffet par le renforcement des rĂ©ponses prĂ©dominantes sous lâinfluence de la prĂ©sence dâautrui.
- Si la rĂ©ponse dominante est correcte pour la tĂąche, la prĂ©sence dâautrui produit une facilitation sociale.
- Si la rĂ©ponse dominante est incorrecte pour la tĂąche, la prĂ©sence dâautrui produit une inhibition sociale.
- Les observations de Triplett sur 2000 coureurs (25 miles/40 km) comparent seul contre la montre, avec un meneur, et avec dâautres coureurs, et concluent Ă moins de kilomĂštres parcourus seuls.
đĄ Astuce mĂ©mo
Dominante = frĂ©quence : prĂ©sence dâautrui â rĂ©ponse dominante renforcĂ©e â bonne rĂ©ponse = facilitation, mauvaise rĂ©ponse = inhibition.
đ 2. ExpĂ©riences fondatrices de Triplett
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Co-action : La co-action dĂ©signe une situation oĂč plusieurs personnes agissent en mĂȘme temps, ce qui peut modifier leurs performances par rapport au travail seul.
- Facilitation sociale : La facilitation sociale est lâaugmentation des performances quand autrui est prĂ©sent, par rapport Ă une situation sans autrui.
- Effet de simple prĂ©sence : Lâeffet de simple prĂ©sence correspond Ă lâidĂ©e que voir les mouvements dâautrui stimule nos propres rĂ©ponses, via un mĂ©canisme cognitif.
- Effet de compĂ©tition : Lâeffet de compĂ©tition explique la facilitation sociale par la rivalitĂ© induite par la co-prĂ©sence, qui augmente la motivation.
- Facilitation sociale chez les animaux : La facilitation sociale chez les animaux regroupe les observations oĂč la prĂ©sence dâun congĂ©nĂšre modifie la performance ou le comportement, mĂȘme sans compĂ©tition explicite.
đ Points essentiels
- Triplett (1898) observe que les participants sont plus rapides en situation de co-action que lorsquâils travaillent seuls.
- Allport propose deux explications possibles : la simple prĂ©sence dâautrui (stimulation cognitive) et la compĂ©tition/rivalitĂ© en co-prĂ©sence (stimulation motivationnelle).
- La simple prĂ©sence dâautrui est difficile Ă trancher car la tĂąche de Triplett est compĂ©titive, ce qui confond stimulation cognitive et motivation.
- Meumann (1904) retrouve la diffĂ©rence sur des tests de mĂ©moire entre conditions seul et prĂ©sence dâune autre personne sans compĂ©tition.
- Zentall et Hogan (1976) montrent chez des pigeons plus de picorage quand un compagnon est dans une cage adjacente, quâil puisse picorer ou non.
- Harlow (1932) observe chez des rats moins de consommation de nourriture seuls que lorsquâils sont en prĂ©sence dâautres rats, et un accouplement plus rapide et plus frĂ©quent en prĂ©sence dâautres couples.
đĄ Astuce mĂ©mo
Co-action = plus rapide ; Simple prĂ©sence = cerveau sâactive ; CompĂ©tition = motivation sâenflamme.
đ 3. Simple prĂ©sence, compĂ©tition et explications
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Condition « seul » : La condition « seul » correspond au fait que le participant travaille individuellement, sans coaction avec dâautres personnes.
- Condition « en groupe » : La condition « en groupe » correspond au fait que les participants réalisent la tùche ensemble, en coaction, par petits groupes de 5.
- Plan intra-sujet contrebalancé : Le plan intra-sujet contrebalancé fait alterner, pour chaque participant, des passations en « seul » puis en « en groupe » avec un ordre inversé selon les participants.
- TĂąche de complĂ©tion de mots : La tĂąche de complĂ©tion de mots est une activitĂ© oĂč les participants doivent produire des associations en complĂ©tant des mots pendant une durĂ©e fixĂ©e.
- RĂ©ponse dominante : La rĂ©ponse dominante est un comportement qui a une forte probabilitĂ© dâapparaĂźtre dans une situation donnĂ©e.
đ Points essentiels
- Les participants font 2 passations en condition « seul » puis 2 en condition « en groupe », avec un ordre contrebalancé entre participants.
- La tĂąche dure 3 minutes par passation, avec un arrĂȘt au bout dâ1 minute en tirant un trait sur la page.
- Dans la condition « seul », lâarrĂȘt est signalĂ© par un buzzer, alors que dans la condition « en groupe » il est gĂ©rĂ© par lâexpĂ©rimentateur.
- Les mesures portent sur la quantité (nombre de mots) et la qualité (qualité des mots) du travail produit.
- Dans lâexpĂ©rience dâAllport (1920), 14 sujets sur 15 produisent plus dâassociations en groupe quâen condition « seul ».
- Les moyennes dâAllport (1920) sont de 60,3 associations en « seul » contre 63,6 en « en groupe » pour la quantitĂ© de travail.
đĄ Astuce mĂ©mo
Seul = plus profond, Groupe = plus de mots (quantitĂ© â, qualitĂ© dĂ©pend du type de tĂąche).
đ 4. Drive de Zajonc et rĂ©ponse dominante
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Drive de Zajonc : Le drive de Zajonc dĂ©signe lâaugmentation de tension/excitation qui survient en prĂ©sence dâautrui et influence la performance.
- RĂ©ponse dominante : La rĂ©ponse dominante est le comportement le plus probable dans une situation donnĂ©e, qui tend Ă ĂȘtre Ă©mis sous lâeffet de la tension.
- Facilitation sociale : La facilitation sociale correspond Ă une amĂ©lioration de la performance quand la prĂ©sence dâautrui augmente lâexcitation.
- TĂąche en cours dâacquisition : Une tĂąche en cours dâacquisition est une activitĂ© oĂč les rĂ©ponses ne sont pas encore maĂźtrisĂ©es, donc plus sensible aux effets de la tension.
đ Points essentiels
- La thĂ©orie du drive de Zajonc (1965) relie la prĂ©sence dâautrui Ă une hausse de tension/excitation qui modifie la performance.
- La rĂ©ponse dominante est dĂ©finie comme le comportement ayant une trĂšs forte probabilitĂ© dâapparaĂźtre dans une situation donnĂ©e.
- Sous drive, la hausse de motivation favorise lâexpression de la rĂ©ponse dominante plutĂŽt que lâapprentissage des bonnes rĂ©ponses.
- En phase dâacquisition (tĂąche complexe, rĂ©ponses pas encore maĂźtrisĂ©es), la prĂ©sence dâautrui peut gĂȘner lâacquisition et donc rĂ©duire la performance.
- En phase de maĂźtrise (tĂąche simple, rĂ©ponses dĂ©jĂ apprises), la prĂ©sence dâautrui facilite la performance via lâactivation de la rĂ©ponse dominante.
- LâexpĂ©rience de Zajonc et Sales (1966) utilise 39 hommes (18â24 ans) payĂ©s 1,5 $ et une tĂąche de prononciation en turc avec 62 essais.
đĄ Astuce mĂ©mo
Drive = Tension â RĂ©ponse dominante : prĂ©sence dâautrui aide quand câest dĂ©jĂ appris, gĂȘne quand câest encore en apprentissage.
đ 5. Dimension Ă©valuative et modĂšle de Cottrell
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Phase dâacquisition : La phase dâacquisition correspond Ă lâapprentissage oĂč les bonnes rĂ©ponses ne sont pas encore maĂźtrisĂ©es.
- Performance : La performance dĂ©signe le niveau atteint quand les rĂ©ponses exactes sont maĂźtrisĂ©es et peuvent ĂȘtre produites correctement.
- Facilitation sociale : La facilitation sociale est le renforcement de la rĂ©ponse dominante (correcte ou incorrecte) en prĂ©sence dâautres personnes.
- Audience Ă©valuative : Lâaudience Ă©valuative correspond Ă la prĂ©sence dâautrui perçu comme susceptible dâĂ©valuer la performance.
- Audience non Ă©valuative : Lâaudience non Ă©valuative correspond Ă la prĂ©sence dâautrui perçu comme ne pouvant pas Ă©valuer la performance.
đ Points essentiels
- En acquisition, la prĂ©sence dâautrui peut avoir un effet positif une fois que les rĂ©ponses exactes sont maĂźtrisĂ©es, mais elle gĂȘne lâacquisition elle-mĂȘme.
- Lâaudience et la co-action facilitent la performance tout en gĂȘnant lâacquisition selon la logique acquisitionâperformance.
- Quand la tĂąche est simple et repose sur des rĂ©ponses dĂ©jĂ apprises, la prĂ©sence dâautrui devient facilitatrice (ex. tĂąche motrice complexe).
- LâĂ©tude de Zajonc et Sales (1966) ne met pas en Ă©vidence dâinhibition sociale pendant la phase dâacquisition.
- La facilitation sociale est dĂ©finie comme le renforcement de la rĂ©ponse prĂ©dominante en prĂ©sence dâautres (Zajonc, 1965).
- Cottrell (1972) propose que lâautrui nâest pas perçu comme neutre : il est perçu comme une source potentielle dâĂ©valuation.
đĄ Astuce mĂ©mo
Ăvaluation = Facilitation : si autrui peut juger, la rĂ©ponse dominante âmonteâ ; sinon, pas dâamĂ©lioration attendue.
đ 6. Distraction-conflit de Baron et effet Stroop
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- ModĂšle distraction-conflit de Baron : Le modĂšle explique que la prĂ©sence dâautrui dĂ©tourne lâattention et crĂ©e un conflit entre sources dâinformation, ce qui change la performance selon la tĂąche.
- HypothĂšse de Cottrell : LâhypothĂšse affirme que la facilitation sociale dĂ©pend dâune dimension Ă©valuative dâautrui, pas seulement de sa prĂ©sence.
- Effet Stroop : Lâeffet Stroop correspond au fait que reconnaĂźtre la couleur dâun mot prend plus de temps quand le sens du mot et la couleur sont incongruents.
- Paradigme de Stroop : Le paradigme consiste Ă prĂ©senter des mots de couleurs dans diffĂ©rentes conditions (audience seule, attentive, inattentive, invisible) pour tester lâimpact de la prĂ©sence dâautrui.
đ Points essentiels
- La facilitation sociale apparaĂźt surtout quand lâaudience est Ă©valuative (capacitĂ© dâĂ©valuer, yeux non bandĂ©s) et pour une tĂąche simple.
- Sans capacitĂ© dâĂ©valuation (audience non Ă©valuative), la performance ne sâamĂ©liore pas malgrĂ© la prĂ©sence dâautrui.
- Selon Baron, la prĂ©sence dâautrui mobilise une partie de lâattention et pousse Ă se focaliser sur certains aspects de la tĂąche.
- Le modĂšle prĂ©dit un avantage quand la tĂąche requiert de sĂ©lectionner peu dâindices et dâen ignorer dâautres.
- Le modÚle prédit un déficit quand la tùche exige de traiter de nombreux éléments car les ressources attentionnelles deviennent insuffisantes.
- Dans le Stroop, la réponse dominante est la lecture du sens du mot, ce qui peut entrer en conflit avec la tùche de nommer la couleur.
đĄ Astuce mĂ©mo
Baron = Attention âtriĂ©eâ : peu dâindices â ça aide, beaucoup dâindices â ça surcharge (conflit).
đ 7. De la facilitation Ă la paresse sociale
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Facilitation sociale : La facilitation sociale dĂ©signe lâamĂ©lioration des performances individuelles quand la prĂ©sence dâautrui augmente la mobilisation pendant une tĂąche.
- DĂ©tĂ©rioration sociale : La dĂ©tĂ©rioration sociale correspond Ă la baisse des performances individuelles quand la prĂ©sence dâautrui perturbe lâexĂ©cution de la tĂąche.
- ModĂšle distraction-conflit : Le modĂšle distraction-conflit explique que la prĂ©sence dâun public crĂ©e un conflit entre distraction et focalisation sur la tĂąche, modulant la performance.
- Paresse sociale : La paresse sociale est lâidĂ©e que les individus rĂ©duisent leurs efforts quand ils coopĂšrent pour un objectif commun plutĂŽt que dâagir seuls.
đ Points essentiels
- La prĂ©sence dâautrui peut amĂ©liorer ou inhiber les performances selon le contexte de la tĂąche et la situation sociale.
- Le modĂšle distraction-conflit de Baron (1986) relie la performance Ă lâinteraction entre distraction et conflit attentionnel induits par lâaudience.
- Lâeffet Stroop augmente le temps de reconnaissance de la couleur quand les mots sont incongruents.
- Chez Huguet et al. (1999), lâeffet Stroop est prĂ©sent en condition seule et audience inattentive, puis diminue en audience attentive et audience invisible.
- Les prĂ©dictions de Baron sont cohĂ©rentes avec la diminution de lâinterfĂ©rence Stroop quand lâaudience est attentive ou invisible.
- La facilitation sociale sâexplique par des facteurs Ă©motionnels (drive/arousal), cognitifs (attention) et motivationnels (Ă©valuation, comparaison sociale).
đĄ Astuce mĂ©mo
Drive (arousal) + Attention (audience) + Motivation (Ă©valuation) â facilitation ou dĂ©tĂ©rioration; puis en coopĂ©ration â paresse sociale.
đ 8. Paresse sociale de Ringelmann et perte dâeffort
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Paresse sociale : PhĂ©nomĂšne oĂč des individus fournissent moins dâeffort quand ils agissent en groupe pour un objectif commun que lorsquâils sont seuls responsables de leurs actes.
- ExpĂ©rience de tir Ă la corde : ExpĂ©rience de Ringelmann oĂč des participants tirent au maximum sur une corde dans des conditions allant de lâindividu seul Ă plusieurs personnes.
- Rendement potentiel : Mesure théorique de la performance attendue si chaque membre du groupe fournissait son effort individuel habituel sans réduction.
- Rendement effectif : Mesure observĂ©e de la performance rĂ©elle produite par les membres du groupe lorsquâils agissent ensemble.
đ Points essentiels
- Ringelmann observe que la force moyenne par personne diminue quand le nombre de tireurs augmente, avec un exemple de force moyenne jusquâĂ 63 kg par personne en condition individuelle.
- Le calcul thĂ©orique suppose une addition des efforts individuels (2 personnes : 2Ă63 kg ; 3 personnes : 3Ă63 kg ; 8 personnes : 8Ă63 kg), mais la performance rĂ©elle est infĂ©rieure.
- Le rĂ©sultat de Ringelmann se calcule en comparant, pour chaque membre, lâĂ©cart entre rendement potentiel et rendement effectif, puis en prenant une moyenne de ces diffĂ©rences.
- Le phénomÚne est interprété comme une réduction des efforts individuels, le travail à fournir étant reporté sur les autres.
- Lâeffet sâaccentue avec la taille du groupe, ce qui entraĂźne une perte dâefficacitĂ© quantifiable par la soustraction rendement rĂ©el â rendement potentiel.
đĄ Astuce mĂ©mo
Paresse sociale = « plus on est, moins on tire » (la somme thĂ©orique reste 2Ă, 3Ă⊠mais le rĂ©el baisse).
đ 9. ThĂ©orie de lâimpact social et auto-Ă©valuation
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Paresse sociale : La paresse sociale dĂ©signe la baisse dâeffort observĂ©e quand des personnes pensent agir en groupe plutĂŽt quâen situation individuelle.
- ThĂ©orie de lâimpact social : La thĂ©orie de lâimpact social explique la paresse sociale par la diminution de lâinfluence perçue quand une demande externe se rĂ©partit entre plusieurs cibles.
- Auto-Ă©valuation : Lâauto-Ă©valuation correspond Ă la capacitĂ© dâun individu Ă se comparer ou Ă se juger Ă partir de retours, ce qui conditionne son investissement dans lâeffort.
- Dilution de responsabilitĂ© : La dilution de responsabilitĂ© est lâidĂ©e que la responsabilitĂ© individuelle diminue quand lâeffort de chacun se fond dans la masse, rĂ©duisant la motivation.
- Auto-efficacitĂ© : Lâauto-efficacitĂ© est la croyance en sa capacitĂ© Ă rĂ©ussir, et une faible perception peut conduire Ă rĂ©duire ses efforts.
đ Points essentiels
- Dans lâĂ©tude 1 de LatanĂ© et al. (1979), des participants crient et applaudissent le plus fort possible, mais avec impossibilitĂ© de coordination (yeux bandĂ©s et casque), et la baisse dâeffort en condition « groupe » persi
- Les rĂ©sultats de LatanĂ© et al. (1979) montrent que la diffĂ©rence dâeffort vient dâune rĂ©duction des efforts, pas dâun simple problĂšme de coordination.
- Dans la thĂ©orie de lâimpact social (LatanĂ©, 1981), la diffusion de lâinfluence dĂ©pend du nombre de sources/cibles, de la force des sources (statut, pouvoir, etc.) et de la proximitĂ© source-cible.
- En travail collectif, une demande dâune source externe se divise entre les cibles, ce qui rĂ©duit lâimpact social et entraĂźne une diminution de lâeffort.
- Lâexplication par lâimpossibilitĂ© dâauto-Ă©valuation (Harkins, 1987) repose sur lâabsence de comparaison sociale, ce qui dĂ©motive et rĂ©duit la performance.
- Williams et al. (1981) montrent que lâeffet de paresse sociale disparaĂźt quand les participants croient que leurs contributions personnelles sont identifiables.
đĄ Astuce mĂ©mo
Impact social = « plus de cibles = moins dâimpact par personne » ; Auto-Ă©valuation = « sans comparaison, moins dâeffort ».
đ 10. Auto-efficacitĂ©, effort collectif et facteurs modĂ©rateurs
đ Notions clĂ©s & DĂ©finitions
- Auto-efficacitĂ© : Lâauto-efficacitĂ© dĂ©signe la croyance de compĂ©tence qui influence lâeffort et la persistance, surtout quand lâindividu doit agir dans un cadre collectif ou ĂȘtre Ă©valuĂ©.
- Auto-efficacitĂ© collective : Lâauto-efficacitĂ© collective correspond Ă la croyance du groupe en sa capacitĂ© Ă rĂ©ussir, et elle devient dĂ©terminante quand la tĂąche exige une forte interdĂ©pendance.
- ThĂ©orie de lâeffort collectif : La thĂ©orie de lâeffort collectif propose un modĂšle intĂ©gratif expliquant la baisse dâeffort en groupe Ă partir de plusieurs relations perçues entre performances et rĂ©sultats.
- Paresse sociale : La paresse sociale est la diminution de lâeffort individuel dans une tĂąche collective, qui dĂ©pend de la perception des liens entre contributions, performances et rĂ©sultats.
- Facilitation-inhibition sociale : La facilitation-inhibition sociale dĂ©crit lâeffet de la prĂ©sence dâune audience ou de co-acteurs sur les performances individuelles, avec des tendances opposĂ©es selon le contexte.
đ Points essentiels
- Lâeffet de paresse sociale peut disparaĂźtre quand les participants pensent que leurs contributions personnelles sont identifiables (Williams et al., 1981).
- En faible auto-efficacité, les individus réduisent leurs efforts individuels, et la baisse est plus marquée quand ils sont évalués.
- Quand la tĂąche impose une forte interdĂ©pendance, les performances dĂ©pendent davantage de lâauto-efficacitĂ© collective que de lâauto-efficacitĂ© personnelle.
- La thĂ©orie de lâeffort collectif (Karau & Williams, 2001) regroupe les facteurs prĂ©cĂ©dents dans un modĂšle intĂ©gratif.
- La diminution des efforts en situation collective apparaĂźt si lâindividu ne perçoit pas au moins une relation entre contribution/performance individuelle, performance du groupe, rĂ©sultats du groupe et rĂ©sultats individuâ
- Les relations Ă percevoir sont : performance individuelle â performance du groupe, performance du groupe â rĂ©sultats du groupe, rĂ©sultats du groupe â rĂ©sultats de lâindividu (Fenouillet, 2016).
đĄ Astuce mĂ©mo
Auto-efficacitĂ© = carburant : faible croyance â effort baisse, et en interdĂ©pendance câest le carburant collectif qui pilote.
đ
RepĂšres chronologiques
| Date | ĂvĂ©nement |
|---|
| 1898 | Triplett observe une meilleure performance en co-action (meneur/autres coureurs vs seul contre la montre) et initie les travaux sur la facilitation sociale |
| 1965 | Zajonc propose la thĂ©orie du drive reliant la prĂ©sence dâautrui Ă une hausse de tension et au renforcement de la rĂ©ponse dominante |
| 1979 | LatanĂ© et al. montrent la paresse sociale mĂȘme quand la coordination est impossible (yeux bandĂ©s et casque) |
đ Tableaux de synthĂšse
Facilitation vs détérioration (logique réponse dominante)
| PrĂ©sence dâautrui | RĂ©ponse dominante | Effet attendu |
|---|
| PrĂ©sence dâautrui | RĂ©ponse dominante correcte | Facilitation sociale |
| PrĂ©sence dâautrui | RĂ©ponse dominante incorrecte | DĂ©tĂ©rioration sociale |
â ïž PiĂšges & confusions frĂ©quents
- Confondre facilitation sociale et paresse sociale : la premiĂšre concerne des performances individuelles en prĂ©sence dâautrui, la seconde des efforts en situation collective.
- Croire que la simple prĂ©sence suffit toujours : selon Cottrell, lâeffet dĂ©pend de la dimension Ă©valuative (audience Ă©valuative vs non Ă©valuative).
- Inverser la logique drive : sous drive, la prĂ©sence dâautrui renforce la rĂ©ponse dominante (correcte ou incorrecte) plutĂŽt que dâaider lâapprentissage.
- Oublier la distinction acquisition vs performance : la prĂ©sence dâautrui peut gĂȘner lâacquisition mais faciliter la performance quand les rĂ©ponses sont maĂźtrisĂ©es.
- Se tromper sur Baron : lâattention nâest pas âtoujoursâ utile, elle aide si la tĂąche requiert peu dâindices Ă sĂ©lectionner et nuit si beaucoup dâĂ©lĂ©ments doivent ĂȘtre traitĂ©s.
- InterprĂ©ter Ringelmann comme un problĂšme de coordination : LatanĂ© et al. montrent que la baisse dâeffort persiste quand la coordination est impossible.
- Penser que lâeffet de paresse sociale est identique pour tous : il peut disparaĂźtre si les contributions personnelles sont perçues comme identifiables (Williams et al., 1981).
â
Checklist Examen
- DĂ©finir la facilitation sociale, lâinhibition/dĂ©tĂ©rioration sociale, la rĂ©ponse dominante et expliquer la rĂšgle : rĂ©ponse dominante correcte vs incorrecte.
- Rappeler lâobservation fondatrice de Triplett (2000 coureurs, 25 miles/40 km) et la conclusion (moins de kilomĂštres parcourus seuls).
- Expliquer les deux explications dâAllport (simple prĂ©sence vs compĂ©tition/rivalitĂ©) et pourquoi la tĂąche de Triplett limite le tranchage.
- PrĂ©senter Meumann (1904) et lâidĂ©e de tests de mĂ©moire seul vs prĂ©sence sans compĂ©tition, puis citer les observations chez les animaux (Zentall & Hogan, Harlow).
- DĂ©crire lâexpĂ©rience dâAllport (1920) : plan intra-sujet contrebalancĂ©, tĂąche de complĂ©tion de mots (3 minutes, arrĂȘt Ă 1 minute), mesures quantitĂ©/qualitĂ© et rĂ©sultats (60,3 vs 63,6 ; 14/15).
- Expliquer la théorie du drive de Zajonc (1965) : tension/excitation, réponse dominante, et prédiction facilitation vs détérioration selon la qualité de la réponse dominante.
- RĂ©sumer Zajonc et Sales (1966) : participants, tĂąche turque, phase dâapprentissage sans feedback, deux conditions (seuls vs en groupe) et rĂ©sultats (mots frĂ©quents vs non-frĂ©quents ; pas dâinhibition en acquisition).
- Expliquer lâapproche de Cottrell (1972) : autrui non neutre, audience Ă©valuative vs non Ă©valuative, et rĂ©sultats attendus/observĂ©s avec lâexpĂ©rience (yeux bandĂ©s).
- Expliquer le modÚle distraction-conflit de Baron (1986) et relier-le au Stroop : prédictions selon congruence/incongruence et selon audience attentive/inattentive/invisible.
- DĂ©crire Huguet et al. (1999) : effet Stroop prĂ©sent en condition seule et audience inattentive, puis diminuĂ© en audience attentive et audience invisible, et lâinterprĂ©tation par Baron.
- Expliquer la paresse sociale (Ringelmann) : expérience de tir à la corde, rendement potentiel vs rendement effectif, calcul par soustraction et accentuation avec la taille du groupe.
- PrĂ©senter les explications de la paresse sociale : impact social (LatanĂ©, 1981), impossibilitĂ© dâauto-Ă©valuation (Harkins, 1987) et rĂŽle de lâauto-Ă©fficacitĂ©/effort collectif (Bandura, Karau & Williams), plus au moins un
- date de modération
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