Revision sheet: Effets sociaux sur la performance individuelle

Plan du Cours

  1. Facilitation sociale et réponse dominante
  2. Expériences fondatrices de Triplett
  3. Simple présence, compétition et explications
  4. Drive de Zajonc et réponse dominante
  5. Dimension évaluative et modÚle de Cottrell
  6. Distraction-conflit de Baron et effet Stroop
  7. De la facilitation Ă  la paresse sociale
  8. Paresse sociale de Ringelmann et perte d’effort
  9. ThĂ©orie de l’impact social et auto-Ă©valuation
  10. Auto-efficacité, effort collectif et facteurs modérateurs

1. Facilitation sociale et réponse dominante

Notions clés & Définitions

  • Facilitation sociale : La facilitation sociale est l’amĂ©lioration de la performance quand des autres sont prĂ©sents, surtout pour des tĂąches simples ou bien apprises.
  • Inhibition sociale : L’inhibition sociale correspond Ă  la dĂ©tĂ©rioration de la performance quand la prĂ©sence d’autrui fait Ă©merger une rĂ©ponse dominante inadaptĂ©e.
  • RĂ©ponse dominante : La rĂ©ponse dominante est la rĂ©ponse la plus frĂ©quente ou la plus probable, qui tend Ă  ĂȘtre renforcĂ©e en prĂ©sence d’autres personnes.
  • Paresse sociale : La paresse sociale dĂ©signe la baisse d’effort qui peut apparaĂźtre quand l’individu travaille dans un groupe plutĂŽt qu’en responsabilitĂ© individuelle.
  • Triplett : Triplett est l’initiateur des premiers travaux expĂ©rimentaux montrant que la prĂ©sence d’autrui peut modifier la performance.

Points essentiels

  • La question fondatrice est de savoir si l’individu est plus performant avec autrui ou sans autrui.
  • La dĂ©finition initiale dĂ©crit une meilleure exĂ©cution de tĂąches simples ou bien apprises en prĂ©sence d’autres personnes.
  • La dĂ©finition plus rĂ©cente explique l’effet par le renforcement des rĂ©ponses prĂ©dominantes sous l’influence de la prĂ©sence d’autrui.
  • Si la rĂ©ponse dominante est correcte pour la tĂąche, la prĂ©sence d’autrui produit une facilitation sociale.
  • Si la rĂ©ponse dominante est incorrecte pour la tĂąche, la prĂ©sence d’autrui produit une inhibition sociale.
  • Les observations de Triplett sur 2000 coureurs (25 miles/40 km) comparent seul contre la montre, avec un meneur, et avec d’autres coureurs, et concluent Ă  moins de kilomĂštres parcourus seuls.

Astuce mémo

Dominante = frĂ©quence : prĂ©sence d’autrui → rĂ©ponse dominante renforcĂ©e → bonne rĂ©ponse = facilitation, mauvaise rĂ©ponse = inhibition.

2. Expériences fondatrices de Triplett

Notions clés & Définitions

  • Co-action : La co-action dĂ©signe une situation oĂč plusieurs personnes agissent en mĂȘme temps, ce qui peut modifier leurs performances par rapport au travail seul.
  • Facilitation sociale : La facilitation sociale est l’augmentation des performances quand autrui est prĂ©sent, par rapport Ă  une situation sans autrui.
  • Effet de simple prĂ©sence : L’effet de simple prĂ©sence correspond Ă  l’idĂ©e que voir les mouvements d’autrui stimule nos propres rĂ©ponses, via un mĂ©canisme cognitif.
  • Effet de compĂ©tition : L’effet de compĂ©tition explique la facilitation sociale par la rivalitĂ© induite par la co-prĂ©sence, qui augmente la motivation.
  • Facilitation sociale chez les animaux : La facilitation sociale chez les animaux regroupe les observations oĂč la prĂ©sence d’un congĂ©nĂšre modifie la performance ou le comportement, mĂȘme sans compĂ©tition explicite.

Points essentiels

  • Triplett (1898) observe que les participants sont plus rapides en situation de co-action que lorsqu’ils travaillent seuls.
  • Allport propose deux explications possibles : la simple prĂ©sence d’autrui (stimulation cognitive) et la compĂ©tition/rivalitĂ© en co-prĂ©sence (stimulation motivationnelle).
  • La simple prĂ©sence d’autrui est difficile Ă  trancher car la tĂąche de Triplett est compĂ©titive, ce qui confond stimulation cognitive et motivation.
  • Meumann (1904) retrouve la diffĂ©rence sur des tests de mĂ©moire entre conditions seul et prĂ©sence d’une autre personne sans compĂ©tition.
  • Zentall et Hogan (1976) montrent chez des pigeons plus de picorage quand un compagnon est dans une cage adjacente, qu’il puisse picorer ou non.
  • Harlow (1932) observe chez des rats moins de consommation de nourriture seuls que lorsqu’ils sont en prĂ©sence d’autres rats, et un accouplement plus rapide et plus frĂ©quent en prĂ©sence d’autres couples.

Astuce mémo

Co-action = plus rapide ; Simple prĂ©sence = cerveau s’active ; CompĂ©tition = motivation s’enflamme.

3. Simple présence, compétition et explications

Notions clés & Définitions

  • Condition « seul » : La condition « seul » correspond au fait que le participant travaille individuellement, sans coaction avec d’autres personnes.
  • Condition « en groupe » : La condition « en groupe » correspond au fait que les participants rĂ©alisent la tĂąche ensemble, en coaction, par petits groupes de 5.
  • Plan intra-sujet contrebalancĂ© : Le plan intra-sujet contrebalancĂ© fait alterner, pour chaque participant, des passations en « seul » puis en « en groupe » avec un ordre inversĂ© selon les participants.
  • TĂąche de complĂ©tion de mots : La tĂąche de complĂ©tion de mots est une activitĂ© oĂč les participants doivent produire des associations en complĂ©tant des mots pendant une durĂ©e fixĂ©e.
  • RĂ©ponse dominante : La rĂ©ponse dominante est un comportement qui a une forte probabilitĂ© d’apparaĂźtre dans une situation donnĂ©e.

Points essentiels

  • Les participants font 2 passations en condition « seul » puis 2 en condition « en groupe », avec un ordre contrebalancĂ© entre participants.
  • La tĂąche dure 3 minutes par passation, avec un arrĂȘt au bout d’1 minute en tirant un trait sur la page.
  • Dans la condition « seul », l’arrĂȘt est signalĂ© par un buzzer, alors que dans la condition « en groupe » il est gĂ©rĂ© par l’expĂ©rimentateur.
  • Les mesures portent sur la quantitĂ© (nombre de mots) et la qualitĂ© (qualitĂ© des mots) du travail produit.
  • Dans l’expĂ©rience d’Allport (1920), 14 sujets sur 15 produisent plus d’associations en groupe qu’en condition « seul ».
  • Les moyennes d’Allport (1920) sont de 60,3 associations en « seul » contre 63,6 en « en groupe » pour la quantitĂ© de travail.

Astuce mémo

Seul = plus profond, Groupe = plus de mots (quantitĂ© ↑, qualitĂ© dĂ©pend du type de tĂąche).

4. Drive de Zajonc et réponse dominante

Notions clés & Définitions

  • Drive de Zajonc : Le drive de Zajonc dĂ©signe l’augmentation de tension/excitation qui survient en prĂ©sence d’autrui et influence la performance.
  • RĂ©ponse dominante : La rĂ©ponse dominante est le comportement le plus probable dans une situation donnĂ©e, qui tend Ă  ĂȘtre Ă©mis sous l’effet de la tension.
  • Facilitation sociale : La facilitation sociale correspond Ă  une amĂ©lioration de la performance quand la prĂ©sence d’autrui augmente l’excitation.
  • TĂąche en cours d’acquisition : Une tĂąche en cours d’acquisition est une activitĂ© oĂč les rĂ©ponses ne sont pas encore maĂźtrisĂ©es, donc plus sensible aux effets de la tension.

Points essentiels

  • La thĂ©orie du drive de Zajonc (1965) relie la prĂ©sence d’autrui Ă  une hausse de tension/excitation qui modifie la performance.
  • La rĂ©ponse dominante est dĂ©finie comme le comportement ayant une trĂšs forte probabilitĂ© d’apparaĂźtre dans une situation donnĂ©e.
  • Sous drive, la hausse de motivation favorise l’expression de la rĂ©ponse dominante plutĂŽt que l’apprentissage des bonnes rĂ©ponses.
  • En phase d’acquisition (tĂąche complexe, rĂ©ponses pas encore maĂźtrisĂ©es), la prĂ©sence d’autrui peut gĂȘner l’acquisition et donc rĂ©duire la performance.
  • En phase de maĂźtrise (tĂąche simple, rĂ©ponses dĂ©jĂ  apprises), la prĂ©sence d’autrui facilite la performance via l’activation de la rĂ©ponse dominante.
  • L’expĂ©rience de Zajonc et Sales (1966) utilise 39 hommes (18–24 ans) payĂ©s 1,5 $ et une tĂąche de prononciation en turc avec 62 essais.

Astuce mémo

Drive = Tension → RĂ©ponse dominante : prĂ©sence d’autrui aide quand c’est dĂ©jĂ  appris, gĂȘne quand c’est encore en apprentissage.

5. Dimension évaluative et modÚle de Cottrell

Notions clés & Définitions

  • Phase d’acquisition : La phase d’acquisition correspond Ă  l’apprentissage oĂč les bonnes rĂ©ponses ne sont pas encore maĂźtrisĂ©es.
  • Performance : La performance dĂ©signe le niveau atteint quand les rĂ©ponses exactes sont maĂźtrisĂ©es et peuvent ĂȘtre produites correctement.
  • Facilitation sociale : La facilitation sociale est le renforcement de la rĂ©ponse dominante (correcte ou incorrecte) en prĂ©sence d’autres personnes.
  • Audience Ă©valuative : L’audience Ă©valuative correspond Ă  la prĂ©sence d’autrui perçu comme susceptible d’évaluer la performance.
  • Audience non Ă©valuative : L’audience non Ă©valuative correspond Ă  la prĂ©sence d’autrui perçu comme ne pouvant pas Ă©valuer la performance.

Points essentiels

  • En acquisition, la prĂ©sence d’autrui peut avoir un effet positif une fois que les rĂ©ponses exactes sont maĂźtrisĂ©es, mais elle gĂȘne l’acquisition elle-mĂȘme.
  • L’audience et la co-action facilitent la performance tout en gĂȘnant l’acquisition selon la logique acquisition→performance.
  • Quand la tĂąche est simple et repose sur des rĂ©ponses dĂ©jĂ  apprises, la prĂ©sence d’autrui devient facilitatrice (ex. tĂąche motrice complexe).
  • L’étude de Zajonc et Sales (1966) ne met pas en Ă©vidence d’inhibition sociale pendant la phase d’acquisition.
  • La facilitation sociale est dĂ©finie comme le renforcement de la rĂ©ponse prĂ©dominante en prĂ©sence d’autres (Zajonc, 1965).
  • Cottrell (1972) propose que l’autrui n’est pas perçu comme neutre : il est perçu comme une source potentielle d’évaluation.

Astuce mémo

Évaluation = Facilitation : si autrui peut juger, la rĂ©ponse dominante “monte” ; sinon, pas d’amĂ©lioration attendue.

6. Distraction-conflit de Baron et effet Stroop

Notions clés & Définitions

  • ModĂšle distraction-conflit de Baron : Le modĂšle explique que la prĂ©sence d’autrui dĂ©tourne l’attention et crĂ©e un conflit entre sources d’information, ce qui change la performance selon la tĂąche.
  • HypothĂšse de Cottrell : L’hypothĂšse affirme que la facilitation sociale dĂ©pend d’une dimension Ă©valuative d’autrui, pas seulement de sa prĂ©sence.
  • Effet Stroop : L’effet Stroop correspond au fait que reconnaĂźtre la couleur d’un mot prend plus de temps quand le sens du mot et la couleur sont incongruents.
  • Paradigme de Stroop : Le paradigme consiste Ă  prĂ©senter des mots de couleurs dans diffĂ©rentes conditions (audience seule, attentive, inattentive, invisible) pour tester l’impact de la prĂ©sence d’autrui.

Points essentiels

  • La facilitation sociale apparaĂźt surtout quand l’audience est Ă©valuative (capacitĂ© d’évaluer, yeux non bandĂ©s) et pour une tĂąche simple.
  • Sans capacitĂ© d’évaluation (audience non Ă©valuative), la performance ne s’amĂ©liore pas malgrĂ© la prĂ©sence d’autrui.
  • Selon Baron, la prĂ©sence d’autrui mobilise une partie de l’attention et pousse Ă  se focaliser sur certains aspects de la tĂąche.
  • Le modĂšle prĂ©dit un avantage quand la tĂąche requiert de sĂ©lectionner peu d’indices et d’en ignorer d’autres.
  • Le modĂšle prĂ©dit un dĂ©ficit quand la tĂąche exige de traiter de nombreux Ă©lĂ©ments car les ressources attentionnelles deviennent insuffisantes.
  • Dans le Stroop, la rĂ©ponse dominante est la lecture du sens du mot, ce qui peut entrer en conflit avec la tĂąche de nommer la couleur.

Astuce mémo

Baron = Attention “triĂ©e” : peu d’indices → ça aide, beaucoup d’indices → ça surcharge (conflit).

7. De la facilitation Ă  la paresse sociale

Notions clés & Définitions

  • Facilitation sociale : La facilitation sociale dĂ©signe l’amĂ©lioration des performances individuelles quand la prĂ©sence d’autrui augmente la mobilisation pendant une tĂąche.
  • DĂ©tĂ©rioration sociale : La dĂ©tĂ©rioration sociale correspond Ă  la baisse des performances individuelles quand la prĂ©sence d’autrui perturbe l’exĂ©cution de la tĂąche.
  • ModĂšle distraction-conflit : Le modĂšle distraction-conflit explique que la prĂ©sence d’un public crĂ©e un conflit entre distraction et focalisation sur la tĂąche, modulant la performance.
  • Paresse sociale : La paresse sociale est l’idĂ©e que les individus rĂ©duisent leurs efforts quand ils coopĂšrent pour un objectif commun plutĂŽt que d’agir seuls.

Points essentiels

  • La prĂ©sence d’autrui peut amĂ©liorer ou inhiber les performances selon le contexte de la tĂąche et la situation sociale.
  • Le modĂšle distraction-conflit de Baron (1986) relie la performance Ă  l’interaction entre distraction et conflit attentionnel induits par l’audience.
  • L’effet Stroop augmente le temps de reconnaissance de la couleur quand les mots sont incongruents.
  • Chez Huguet et al. (1999), l’effet Stroop est prĂ©sent en condition seule et audience inattentive, puis diminue en audience attentive et audience invisible.
  • Les prĂ©dictions de Baron sont cohĂ©rentes avec la diminution de l’interfĂ©rence Stroop quand l’audience est attentive ou invisible.
  • La facilitation sociale s’explique par des facteurs Ă©motionnels (drive/arousal), cognitifs (attention) et motivationnels (Ă©valuation, comparaison sociale).

Astuce mémo

Drive (arousal) + Attention (audience) + Motivation (Ă©valuation) → facilitation ou dĂ©tĂ©rioration; puis en coopĂ©ration → paresse sociale.

8. Paresse sociale de Ringelmann et perte d’effort

Notions clés & Définitions

  • Paresse sociale : PhĂ©nomĂšne oĂč des individus fournissent moins d’effort quand ils agissent en groupe pour un objectif commun que lorsqu’ils sont seuls responsables de leurs actes.
  • ExpĂ©rience de tir Ă  la corde : ExpĂ©rience de Ringelmann oĂč des participants tirent au maximum sur une corde dans des conditions allant de l’individu seul Ă  plusieurs personnes.
  • Rendement potentiel : Mesure thĂ©orique de la performance attendue si chaque membre du groupe fournissait son effort individuel habituel sans rĂ©duction.
  • Rendement effectif : Mesure observĂ©e de la performance rĂ©elle produite par les membres du groupe lorsqu’ils agissent ensemble.

Points essentiels

  • Ringelmann observe que la force moyenne par personne diminue quand le nombre de tireurs augmente, avec un exemple de force moyenne jusqu’à 63 kg par personne en condition individuelle.
  • Le calcul thĂ©orique suppose une addition des efforts individuels (2 personnes : 2×63 kg ; 3 personnes : 3×63 kg ; 8 personnes : 8×63 kg), mais la performance rĂ©elle est infĂ©rieure.
  • Le rĂ©sultat de Ringelmann se calcule en comparant, pour chaque membre, l’écart entre rendement potentiel et rendement effectif, puis en prenant une moyenne de ces diffĂ©rences.
  • Le phĂ©nomĂšne est interprĂ©tĂ© comme une rĂ©duction des efforts individuels, le travail Ă  fournir Ă©tant reportĂ© sur les autres.
  • L’effet s’accentue avec la taille du groupe, ce qui entraĂźne une perte d’efficacitĂ© quantifiable par la soustraction rendement rĂ©el − rendement potentiel.

Astuce mémo

Paresse sociale = « plus on est, moins on tire » (la somme thĂ©orique reste 2×, 3×
 mais le rĂ©el baisse).

9. ThĂ©orie de l’impact social et auto-Ă©valuation

Notions clés & Définitions

  • Paresse sociale : La paresse sociale dĂ©signe la baisse d’effort observĂ©e quand des personnes pensent agir en groupe plutĂŽt qu’en situation individuelle.
  • ThĂ©orie de l’impact social : La thĂ©orie de l’impact social explique la paresse sociale par la diminution de l’influence perçue quand une demande externe se rĂ©partit entre plusieurs cibles.
  • Auto-Ă©valuation : L’auto-Ă©valuation correspond Ă  la capacitĂ© d’un individu Ă  se comparer ou Ă  se juger Ă  partir de retours, ce qui conditionne son investissement dans l’effort.
  • Dilution de responsabilitĂ© : La dilution de responsabilitĂ© est l’idĂ©e que la responsabilitĂ© individuelle diminue quand l’effort de chacun se fond dans la masse, rĂ©duisant la motivation.
  • Auto-efficacitĂ© : L’auto-efficacitĂ© est la croyance en sa capacitĂ© Ă  rĂ©ussir, et une faible perception peut conduire Ă  rĂ©duire ses efforts.

Points essentiels

  • Dans l’étude 1 de LatanĂ© et al. (1979), des participants crient et applaudissent le plus fort possible, mais avec impossibilitĂ© de coordination (yeux bandĂ©s et casque), et la baisse d’effort en condition « groupe » persi
  • Les rĂ©sultats de LatanĂ© et al. (1979) montrent que la diffĂ©rence d’effort vient d’une rĂ©duction des efforts, pas d’un simple problĂšme de coordination.
  • Dans la thĂ©orie de l’impact social (LatanĂ©, 1981), la diffusion de l’influence dĂ©pend du nombre de sources/cibles, de la force des sources (statut, pouvoir, etc.) et de la proximitĂ© source-cible.
  • En travail collectif, une demande d’une source externe se divise entre les cibles, ce qui rĂ©duit l’impact social et entraĂźne une diminution de l’effort.
  • L’explication par l’impossibilitĂ© d’auto-Ă©valuation (Harkins, 1987) repose sur l’absence de comparaison sociale, ce qui dĂ©motive et rĂ©duit la performance.
  • Williams et al. (1981) montrent que l’effet de paresse sociale disparaĂźt quand les participants croient que leurs contributions personnelles sont identifiables.

Astuce mémo

Impact social = « plus de cibles = moins d’impact par personne » ; Auto-Ă©valuation = « sans comparaison, moins d’effort ».

10. Auto-efficacité, effort collectif et facteurs modérateurs

Notions clés & Définitions

  • Auto-efficacitĂ© : L’auto-efficacitĂ© dĂ©signe la croyance de compĂ©tence qui influence l’effort et la persistance, surtout quand l’individu doit agir dans un cadre collectif ou ĂȘtre Ă©valuĂ©.
  • Auto-efficacitĂ© collective : L’auto-efficacitĂ© collective correspond Ă  la croyance du groupe en sa capacitĂ© Ă  rĂ©ussir, et elle devient dĂ©terminante quand la tĂąche exige une forte interdĂ©pendance.
  • ThĂ©orie de l’effort collectif : La thĂ©orie de l’effort collectif propose un modĂšle intĂ©gratif expliquant la baisse d’effort en groupe Ă  partir de plusieurs relations perçues entre performances et rĂ©sultats.
  • Paresse sociale : La paresse sociale est la diminution de l’effort individuel dans une tĂąche collective, qui dĂ©pend de la perception des liens entre contributions, performances et rĂ©sultats.
  • Facilitation-inhibition sociale : La facilitation-inhibition sociale dĂ©crit l’effet de la prĂ©sence d’une audience ou de co-acteurs sur les performances individuelles, avec des tendances opposĂ©es selon le contexte.

Points essentiels

  • L’effet de paresse sociale peut disparaĂźtre quand les participants pensent que leurs contributions personnelles sont identifiables (Williams et al., 1981).
  • En faible auto-efficacitĂ©, les individus rĂ©duisent leurs efforts individuels, et la baisse est plus marquĂ©e quand ils sont Ă©valuĂ©s.
  • Quand la tĂąche impose une forte interdĂ©pendance, les performances dĂ©pendent davantage de l’auto-efficacitĂ© collective que de l’auto-efficacitĂ© personnelle.
  • La thĂ©orie de l’effort collectif (Karau & Williams, 2001) regroupe les facteurs prĂ©cĂ©dents dans un modĂšle intĂ©gratif.
  • La diminution des efforts en situation collective apparaĂźt si l’individu ne perçoit pas au moins une relation entre contribution/performance individuelle, performance du groupe, rĂ©sultats du groupe et rĂ©sultats individu​
  • Les relations Ă  percevoir sont : performance individuelle ↔ performance du groupe, performance du groupe ↔ rĂ©sultats du groupe, rĂ©sultats du groupe ↔ rĂ©sultats de l’individu (Fenouillet, 2016).

Astuce mémo

Auto-efficacitĂ© = carburant : faible croyance → effort baisse, et en interdĂ©pendance c’est le carburant collectif qui pilote.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1898Triplett observe une meilleure performance en co-action (meneur/autres coureurs vs seul contre la montre) et initie les travaux sur la facilitation sociale
1965Zajonc propose la thĂ©orie du drive reliant la prĂ©sence d’autrui Ă  une hausse de tension et au renforcement de la rĂ©ponse dominante
1979LatanĂ© et al. montrent la paresse sociale mĂȘme quand la coordination est impossible (yeux bandĂ©s et casque)

Tableaux de synthĂšse

Facilitation vs détérioration (logique réponse dominante)

PrĂ©sence d’autruiRĂ©ponse dominanteEffet attendu
PrĂ©sence d’autruiRĂ©ponse dominante correcteFacilitation sociale
PrĂ©sence d’autruiRĂ©ponse dominante incorrecteDĂ©tĂ©rioration sociale

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre facilitation sociale et paresse sociale : la premiĂšre concerne des performances individuelles en prĂ©sence d’autrui, la seconde des efforts en situation collective.
  2. Croire que la simple prĂ©sence suffit toujours : selon Cottrell, l’effet dĂ©pend de la dimension Ă©valuative (audience Ă©valuative vs non Ă©valuative).
  3. Inverser la logique drive : sous drive, la prĂ©sence d’autrui renforce la rĂ©ponse dominante (correcte ou incorrecte) plutĂŽt que d’aider l’apprentissage.
  4. Oublier la distinction acquisition vs performance : la prĂ©sence d’autrui peut gĂȘner l’acquisition mais faciliter la performance quand les rĂ©ponses sont maĂźtrisĂ©es.
  5. Se tromper sur Baron : l’attention n’est pas “toujours” utile, elle aide si la tĂąche requiert peu d’indices Ă  sĂ©lectionner et nuit si beaucoup d’élĂ©ments doivent ĂȘtre traitĂ©s.
  6. InterprĂ©ter Ringelmann comme un problĂšme de coordination : LatanĂ© et al. montrent que la baisse d’effort persiste quand la coordination est impossible.
  7. Penser que l’effet de paresse sociale est identique pour tous : il peut disparaütre si les contributions personnelles sont perçues comme identifiables (Williams et al., 1981).

Checklist Examen

  1. DĂ©finir la facilitation sociale, l’inhibition/dĂ©tĂ©rioration sociale, la rĂ©ponse dominante et expliquer la rĂšgle : rĂ©ponse dominante correcte vs incorrecte.
  2. Rappeler l’observation fondatrice de Triplett (2000 coureurs, 25 miles/40 km) et la conclusion (moins de kilomùtres parcourus seuls).
  3. Expliquer les deux explications d’Allport (simple prĂ©sence vs compĂ©tition/rivalitĂ©) et pourquoi la tĂąche de Triplett limite le tranchage.
  4. PrĂ©senter Meumann (1904) et l’idĂ©e de tests de mĂ©moire seul vs prĂ©sence sans compĂ©tition, puis citer les observations chez les animaux (Zentall & Hogan, Harlow).
  5. DĂ©crire l’expĂ©rience d’Allport (1920) : plan intra-sujet contrebalancĂ©, tĂąche de complĂ©tion de mots (3 minutes, arrĂȘt Ă  1 minute), mesures quantitĂ©/qualitĂ© et rĂ©sultats (60,3 vs 63,6 ; 14/15).
  6. Expliquer la théorie du drive de Zajonc (1965) : tension/excitation, réponse dominante, et prédiction facilitation vs détérioration selon la qualité de la réponse dominante.
  7. RĂ©sumer Zajonc et Sales (1966) : participants, tĂąche turque, phase d’apprentissage sans feedback, deux conditions (seuls vs en groupe) et rĂ©sultats (mots frĂ©quents vs non-frĂ©quents ; pas d’inhibition en acquisition).
  8. Expliquer l’approche de Cottrell (1972) : autrui non neutre, audience Ă©valuative vs non Ă©valuative, et rĂ©sultats attendus/observĂ©s avec l’expĂ©rience (yeux bandĂ©s).
  9. Expliquer le modÚle distraction-conflit de Baron (1986) et relier-le au Stroop : prédictions selon congruence/incongruence et selon audience attentive/inattentive/invisible.
  10. DĂ©crire Huguet et al. (1999) : effet Stroop prĂ©sent en condition seule et audience inattentive, puis diminuĂ© en audience attentive et audience invisible, et l’interprĂ©tation par Baron.
  11. Expliquer la paresse sociale (Ringelmann) : expérience de tir à la corde, rendement potentiel vs rendement effectif, calcul par soustraction et accentuation avec la taille du groupe.
  12. PrĂ©senter les explications de la paresse sociale : impact social (LatanĂ©, 1981), impossibilitĂ© d’auto-Ă©valuation (Harkins, 1987) et rĂŽle de l’auto-Ă©fficacitĂ©/effort collectif (Bandura, Karau & Williams), plus au moins un
  13. date de modération

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1. Dans quel cas la facilitation sociale apparaĂźt-elle le plus souvent ?

2. Que dĂ©signe la rĂ©ponse dominante dans l’explication de la facilitation sociale ?

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Facilitation sociale — dĂ©finition ?

Amélioration de performance avec autrui en tùche simple

Inhibition sociale — dĂ©finition ?

Détérioration de performance avec autrui si réponse inadaptée

RĂ©ponse dominante — rĂŽle ?

RenforcĂ©e par la prĂ©sence d’autrui, influence la performance

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