Revision sheet: Engagement collectif et mobilisation sociale

Plan du Cours

  1. Formes traditionnelles et nouvelles
  2. Paradoxe de l'action collective
  3. DiplÎme et catégorie sociale
  4. Jeunes et effet générationnel
  5. Engagement politique et genre
  6. Pluralité de l'action collective
  7. Objets de mobilisation
  8. Acteurs de la mobilisation
  9. Répertoires d'action collective
  10. Luttes minoritaires et régionalisme
  11. Nouveaux mouvements sociaux

1. Formes traditionnelles et nouvelles

Notions clés & Définitions

  • Engagement politique : Action des citoyens visant les gouvernants pour exprimer une opinion ou formuler des revendications concernant la CitĂ© politique, sans se limiter Ă  la recherche d’un mandat Ă©lectif.
  • Militantisme : Forme active et durable d’adhĂ©sion Ă  un parti ou Ă  un syndicat, oĂč l’individu s’implique rĂ©guliĂšrement et bĂ©nĂ©volement dans la vie de l’organisation.
  • Parti politique : Association rassemblant des citoyens autour d’une pensĂ©e commune, engagĂ©e dans la compĂ©tition Ă©lectorale pour exercer ou influencer le pouvoir politique.
  • Engagement associatif : Engagement en faveur d’une association qui soutient une cause ou une idĂ©e pour le bien commun, via des actes comme don, bĂ©nĂ©volat ou participation Ă  des actions.
  • Consommation engagĂ©e : Choix de consommation guidĂ© par des valeurs et des convictions, souvent reliĂ©s Ă  l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et Ă  une cause.

Points essentiels

  • L’engagement politique se distingue du fait de candidater Ă  un poste : l’action vise l’expression et les revendications plus que l’exercice direct du pouvoir par suffrage Ă©lectoral.
  • Le vote est prĂ©sentĂ© comme une expression d’opinion liĂ©e au moment du scrutin, typiquement rĂ©alisĂ©e de façon individuelle au bureau de vote.
  • Le militant est opposĂ© Ă  l’adhĂ©rent simple : l’implication du militant est rĂ©guliĂšre, dans la durĂ©e et bĂ©nĂ©vole, avec participation aux rĂ©unions et diffusion de positions.
  • Le syndicat est dĂ©fini comme une association dont l’objet exclusif est la dĂ©fense des intĂ©rĂȘts professionnels d’individus ou de groupes de personnes.
  • Le don et le bĂ©nĂ©volat sont des formes d’engagement associatif les plus connues au service d’une cause ou d’une idĂ©e.
  • La consommation engagĂ©e inclut des pratiques comme le boycott (refuser d’acheter) et le buycott (acheter pour soutenir de meilleures conditions, via des labels).

2. Paradoxe de l'action collective

Notions clés & Définitions

  • Action collective : L’action collective est une action commune et concertĂ©e visant des objectifs partagĂ©s par plusieurs membres d’un groupe.
  • Passager clandestin : Le passager clandestin est un individu qui profite de la rĂ©ussite d’une mobilisation sans en supporter les coĂ»ts, en comptant sur les autres.
  • Incitations sĂ©lectives : Les incitations sĂ©lectives modifient le calcul coĂ»t-avantage individuel pour encourager la participation plutĂŽt que la non-mobilisation.
  • RĂ©tributions symboliques : Les rĂ©tributions symboliques sont des bĂ©nĂ©fices non monĂ©taires obtenus grĂące Ă  l’engagement, comme l’estime de soi ou le sentiment d’utilitĂ©.
  • Paradoxe de l’action collective : Le paradoxe de l’action collective explique qu’un groupe peut avoir intĂ©rĂȘt Ă  se mobiliser tout en restant inactif Ă  cause de rationalitĂ©s individuelles.

Points essentiels

  • Le paradoxe d’Olson montre qu’un groupe peut choisir de ne rien faire mĂȘme si la mobilisation paraĂźt avantageuse pour ses membres.
  • La stratĂ©gie du passager clandestin consiste Ă  laisser les autres se mobiliser pour bĂ©nĂ©ficier du rĂ©sultat sans payer les coĂ»ts.
  • Dans la grĂšve, le non grĂ©viste peut profiter de la hausse obtenue sans subir les retenues de salaires, ce qui dĂ©courage la participation.
  • Les incitations sĂ©lectives positives crĂ©ent des avantages rĂ©servĂ©s aux participants, par exemple des services ou une protection accordĂ©s aux seuls adhĂ©rents.
  • Les incitations sĂ©lectives nĂ©gatives rendent le non-engagement coĂ»teux via des sanctions sociales, comme la perte de rĂ©putation auprĂšs des collĂšgues grĂ©vistes.
  • Les rĂ©tributions symboliques recouvrent notamment l’estime morale, le plaisir d’ĂȘtre ensemble et le sentiment d’utilitĂ© pour le groupe.

Astuce mémo

Passager clandestin = profiter du rĂ©sultat sans payer le prix : si tout le monde fait ça, l’action ne dĂ©marre pas.

3. DiplÎme et catégorie sociale

Notions clés & Définitions

  • CatĂ©gorie socio-professionnelle : Notion dĂ©crivant le positionnement social des individus Ă  partir de leur activitĂ© professionnelle, utilisĂ©e pour comparer qui s’engage et qui est Ă©lu.
  • Capital culturel : Ressource liĂ©e aux savoirs et compĂ©tences culturellement valorisĂ©s, qui influence l’accĂšs et la maĂźtrise des pratiques de militantisme.
  • CompĂ©tences objectives militantes : Ensemble de capacitĂ©s concrĂštes (parler en public, Ă©crire, planifier des actions) indispensables pour militer et inĂ©galement rĂ©parties.

Points essentiels

  • La participation et la reprĂ©sentation en politique varient selon le diplĂŽme et la catĂ©gorie socio-professionnelle, ce qu’illustrent des comparaisons entre population, candidats et dĂ©putĂ©s Ă©lus.
  • Militer suppose des compĂ©tences objectives comme la prise de parole, l’écriture et la planification, qui sont distribuĂ©es de façon inĂ©gale dans la population.
  • Les compĂ©tences nĂ©cessaires au militantisme sont largement corrĂ©lĂ©es au capital culturel, ce qui favorise certains groupes plutĂŽt que d’autres.

Astuce mémo

CompĂ©tences de militantisme ≈ capital culturel : plus de capital, plus de compĂ©tences actionnables, donc plus d’engagement possible.

4. Jeunes et effet générationnel

Notions clés & Définitions

  • Effet gĂ©nĂ©rationnel : Concept dĂ©signant le fait que les gĂ©nĂ©rations n’ont pas la mĂȘme probabilitĂ© d’utiliser l’action protestataire selon le contexte Ă©conomique et politique qu’elles ont vĂ©cu.
  • Socialisation par les Ă©vĂ©nements : MĂ©canisme par lequel des Ă©vĂ©nements marquants vĂ©cus Ă  l’adolescence ou en jeune Ăąge orientent durablement les maniĂšres d’envisager et de pratiquer l’engagement.
  • Mai 1968 : ÉvĂ©nement politique prĂ©sentĂ© comme fondateur d’une gĂ©nĂ©ration plus encline que les autres Ă  recourir Ă  l’engagement protestataire.
  • Action protestataire : Forme d’engagement centrĂ©e sur des actions de contestation, dont le recours varie selon la gĂ©nĂ©ration et les opportunitĂ©s du contexte.

Points essentiels

  • La probabilitĂ© de recourir Ă  l’action protestataire varie avec le contexte Ă©conomique, politique et social de la sociĂ©tĂ© dans laquelle les individus grandissent.
  • Les comportements politiques de la gĂ©nĂ©ration ayant Ă©tĂ© adolescente ou jeune adulte lors de mai 1968 montrent une tendance plus forte Ă  l’engagement que les autres gĂ©nĂ©rations.
  • L’effet gĂ©nĂ©rationnel s’explique par l’influence socialisatrice des Ă©vĂ©nements comme mai 1968 sur les pratiques d’engagement.

Astuce mémo

Contexte vĂ©cu Ă  l’adolescence → socialisation → engagement plus probable (effet gĂ©nĂ©rationnel).

5. Engagement politique et genre

Notions clés & Définitions

  • Engagement syndical : L’engagement syndical dĂ©signe la participation des individus aux syndicats, notamment par adhĂ©sion, prise de parole et mobilisation collective.
  • DisponibilitĂ© : La disponibilitĂ© correspond au temps et aux marges d’action disponibles pour s’investir hors du foyer, influencĂ©e par la rĂ©partition des tĂąches domestiques.
  • Matrica masculiniste : La matrice masculiniste dĂ©signe des logiques et attentes de conflit au sein d’instances comme certains syndicats, historiquement plus centrĂ©es sur des styles masculins.

Points essentiels

  • Les femmes sont moins reprĂ©sentĂ©es que les hommes dans certains espaces de l’engagement politique, par exemple parmi les adhĂ©rents syndicaux et les dĂ©putĂ©s.
  • À niveau de diplĂŽme donnĂ©, les femmes restent moins familiarisĂ©es avec les enjeux et acteurs politiques, ce qui s’accompagne d’une part plus Ă©levĂ©e de « sans-opinion » sur des questions politiques.
  • La moindre disponibilitĂ© liĂ©e Ă  l’assignation au travail domestique est prĂ©sentĂ©e comme un obstacle Ă  l’investissement des femmes dans des engagements extĂ©rieurs au foyer.
  • La logique de lutte du syndicat ouvrier est dĂ©crite comme reposant sur une matrice masculiniste, fondĂ©e sur des rapports de force et une valorisation de la puissance.
  • Le texte signale aussi des formes d’engagement oĂč les femmes sont particuliĂšrement visibles, comme l’action sanitaire et sociale, la dĂ©fense de leurs conditions et les mobilisations environnementales, y compris lors des gilets jaunes (2018-2019).

Astuce mémo

ReprĂ©sentation + ressources + temps + codes : moins de femmes dans les lieux formels, puis compensation par causes oĂč elles s’impliquent fortement.

6. Pluralité de l'action collective

Notions clés & Définitions

  • Conflits du travail : Type d’action collective visant des revendications liĂ©es au travail, comme l’emploi, les salaires et les conditions de travail.
  • Revendications immatĂ©rielles : Type d’action collective centrĂ© sur des enjeux de valeurs et de reconnaissance plutĂŽt que sur des gains matĂ©riels directs.
  • Luttes minoritaires : Type d’action collective portĂ© par des groupes minorisĂ©s pour dĂ©fendre des droits et lutter contre des dominations spĂ©cifiques.
  • Dominations sociales : Ensemble de rapports de pouvoir visĂ©s par des mobilisations qui se structurent contre des formes de domination (sociale, culturelle, politique, etc.).

Points essentiels

  • Les objets de mobilisation se diversifient : du travail (salaires, emploi, conditions) vers des enjeux immatĂ©riels comme la tolĂ©rance, la lutte contre le racisme, l’écologisme ou l’animalisme.
  • Les luttes minoritaires ciblent des revendications de reconnaissance et d’égalitĂ©, par exemple pour le handicap, la jeunesse ou des minoritĂ©s ethniques et culturelles rĂ©gionales.
  • Les mobilisations peuvent s’opposer au patronat et aux actionnaires quand elles visent des conflits Ă©conomiques et du travail.
  • La mobilisation peut aussi lutter contre des dominations variĂ©es : masculine, État central, hĂ©tĂ©ronormĂ©e, lobby industriel ou complexe militaro-industriel.

Astuce mémo

Triade pour classer les mobilisations : travail (intĂ©rĂȘts pro) → immatĂ©riel (valeurs) → minoritĂ©s (reconnaissance/Ă©galitĂ©).

7. Objets de mobilisation

Points essentiels

  • Les conflits du travail portent notamment sur la hausse de salaire, la dĂ©fense de l’emploi, l’amĂ©lioration des conditions, et la baisse du temps de travail.
  • Les revendications immatĂ©rielles visent par exemple la tolĂ©rance contre le racisme, la dĂ©fense des droits LGBT+, l’écologisme, ou encore l’humanitaire en faveur des migrants.
  • Les luttes minoritaires regroupent aussi bien les fĂ©minismes (contre la domination masculine) que des mobilisations contre des domination d’État central (rĂ©gionalisme), ou envers les catĂ©gories empĂȘchĂ©es (jeunes, personnes handicapĂ©es).
  • Les luttes minoritaires peuvent ĂȘtre dirigĂ©es contre le patronat ou les actionnaires, contre des formes de domination hĂ©tĂ©ronormĂ©e, ou contre des dominations liĂ©es au colonialisme et aux pays dĂ©veloppĂ©s.
  • Dans l’antiracisme, l’exemple citĂ© est la lutte contre le racisme visant les MaghrĂ©bins en France, ainsi que la marche des beurs de 1983.

Astuce mémo

Travail = salaire/temps/conditions ; ImmatĂ©riel = valeurs/droits/Ă©galitĂ© ; MinoritĂ©s = reconnaissance contre une domination (masculine, État central, hĂ©tĂ©ronormĂ©e, etc.).

8. Acteurs de la mobilisation

Notions clés & Définitions

  • Syndicat : Organisation formelle de salariĂ©s ou de professionnels qui porte des revendications collectives via des actions structurĂ©es.
  • Coordination professionnelle informelle : Structure temporaire rassemblant un groupe de mĂ©tier pour organiser une mobilisation, puis disparaissant quand le conflit se rĂšgle.
  • Association fĂ©ministe : Organisation qui rassemble des personnes autour d’une cause (par exemple le fĂ©minisme) et s’organise pour faire avancer des revendications.
  • Groupement d’action : Collectif peu institutionnalisĂ© qui mobilise autour d’évĂ©nements et s’appuie sur des rĂ©seaux, y compris via les rĂ©seaux sociaux.

Points essentiels

  • Les organisations formelles typiques de la mobilisation incluent les syndicats.
  • Une coordination de groupe professionnel est propre Ă  un corps de mĂ©tiers et peut s’éteindre aprĂšs la rĂ©solution du conflit.
  • Les associations peuvent porter des causes comme le fĂ©minisme, avec des exemples citĂ©s tels que NousToutes et Osez le fĂ©minisme.
  • Les groupements d’action mobilisent souvent par l’organisation de marches autour d’enjeux (notamment climatiques) relayĂ©es par les rĂ©seaux sociaux.
  • Les acteurs ciblent le plus souvent des structures de domination comme le patronat, les actionnaires ou des institutions liĂ©es Ă  l’État central, selon les luttes.

Astuce mémo

Syndicat = cadre; Coordination = temporaire; Association = cause; Groupement = événement en réseaux.

9. Répertoires d'action collective

Notions clés & Définitions

  • PĂ©tition en entreprise : Une forme de revendication Ă©crite remise directement sur le lieu de travail pour soutenir une action collective.
  • GrĂšve perlĂ©e : Une action de conflit qui ralentit le travail ou le rend volontairement dĂ©fectueux sans arrĂȘter totalement l’activitĂ©.
  • DĂ©brayage : Une action de retrait du travail sur une durĂ©e courte, comme un arrĂȘt pendant une partie d’une journĂ©e.
  • Militantisme viral : Un mode d’action fondĂ© sur l’usage des NTIC pour diffuser rapidement des idĂ©es et mobiliser Ă  grande Ă©chelle.
  • DĂ©sobĂ©issance civile : Une forme d’action collective non conventionnelle qui passe par la violation assumĂ©e de certaines rĂšgles pour faire pression.

Points essentiels

  • La hausse de l’abstention signale un recul de l’engagement politique par le vote.
  • Les conflits du travail se dĂ©placent de la grĂšve longue et des grandes mobilisations vers des actions plus ciblĂ©es comme la pĂ©tition, la grĂšve perlĂ©e et le dĂ©brayage.
  • La grĂšve perlĂ©e combine ralentissement et exĂ©cution volontairement dĂ©fectueuse pour appuyer des revendications sans arrĂȘt total de l’activitĂ©.
  • Le dĂ©brayage correspond Ă  des arrĂȘts trĂšs brefs du travail, par exemple sur un crĂ©neau d’une journĂ©e dans les transports.
  • Les NMS privilĂ©gient des rĂ©pertoires spĂ©cifiques : organisation plus dĂ©centralisĂ©e et horizontale (assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales, comitĂ©s de quartiers) et diffusion via NTIC, parfois avec des hacktivistes.
  • Ils s’appuient aussi sur des mises en rĂ©seau d’actions locales pour atteindre une dimension plus universelle, en recourant Ă  des formes moins institutionnelles comme la dĂ©sobĂ©issance civile.

Astuce mémo

Période courte, impact continu : Pétition (écrit), GrÚve perlée (ralentit/défaille), Débrayage (brÚve coupure).

10. Luttes minoritaires et régionalisme

Notions clés & Définitions

  • Mouvement de dĂ©fense gay : Mouvement social nĂ© aux États-Unis aprĂšs une rĂ©volte contre la police dans un bar gay, visant la dĂ©fense de l’orientation sexuelle face aux arrestations.
  • RĂ©gionalisme corse : Courant rĂ©gionaliste centrĂ© sur la Corse, illustrĂ© par des Ă©vĂ©nements comme ceux d’AlĂ©ria en 1975.
  • Mobilisation occitane : Mobilisation de rĂ©gionalistes, paysans et Ă©cologistes en Occitanie durant les annĂ©es 1970 contre un projet d’extension du camp militaire sur le Larzac.
  • IntersectionnalitĂ© : Approche qui dĂ©nonce des dominations qui se recoupent, produisant ensemble un processus de domination mis en cause par les mouvements concernĂ©s.

Points essentiels

  • En 1969, au Stonewall Inn de Greenwich Village, des clients se rĂ©voltent contre la police malgrĂ© l’interdiction de manifester son orientation sexuelle et les arrestations lors des descentes.
  • Les Ă©vĂ©nements d’AlĂ©ria en 1975 sont prĂ©sentĂ©s comme un repĂšre du rĂ©gionalisme corse.
  • Dans les annĂ©es 1970, la mobilisation rĂ©gionale contre l’extension du camp militaire sur le plateau du Larzac aboutit Ă  un abandon du projet.
  • L’intersectionnalitĂ© explique comment des formes de domination diffĂ©rentes se combinent quand elles se recoupent, ce que les mouvements cherchent Ă  dĂ©noncer.

Astuce mémo

Stonewall contre la police + AlĂ©ria 1975 + Larzac (annĂ©es 70) : trois terrains, une mĂȘme logique de rĂ©sistance minoritaire et rĂ©gionale.

11. Nouveaux mouvements sociaux

Notions clés & Définitions

  • Post-matĂ©rialisme : Notion associĂ©e aux revendications centrĂ©es sur la reconnaissance et l’identitĂ©, souvent prĂ©sentĂ©es comme distinctes des enjeux strictement matĂ©riels.
  • MatĂ©rialisme intriquĂ© : Combinaison au sein de certains nouveaux mouvements sociaux d’objectifs post-matĂ©rialistes avec des demandes concrĂštes comme l’égalitĂ© salariale.
  • Reconnaissance des mĂ©tiers fĂ©minisĂ©s : Principe selon lequel certains conflits et mobilisations visent aussi Ă  faire reconnaĂźtre des professions dĂ©valorisĂ©es car trĂšs fĂ©minisĂ©es.

Points essentiels

  • Les nouveaux mouvements sociaux peuvent mĂȘler des revendications post-matĂ©rialistes et des demandes matĂ©rialistes comme l’égalitĂ© des salaires, sans que l’un efface l’autre.
  • La mobilisation des infirmiĂšres (1988) illustre une lutte pour la reconnaissance d’un mĂ©tier dĂ©valorisĂ©, au-delĂ  d’une simple hausse de pouvoir d’achat.
  • Les revendications sur les professions peu reconnues s’appuient sur une idĂ©e de valeurs dites fĂ©minines (attention Ă  l’autre, douceur) jugĂ©es « naturelles » donc insuffisamment valorisĂ©es.
  • La dĂ©sobĂ©issance civile correspond Ă  une transgression intentionnelle et publique d’une rĂšgle juridique intĂ©grĂ©e Ă  une stratĂ©gie politique.
  • Les nouveaux mouvements sociaux s’appuient sur des rĂ©pertoires liĂ©s au numĂ©rique et Ă  la mise en rĂ©seau, comme les pĂ©titions en ligne (ex. Gilets jaunes Ă  partir du 29 mai 2018) et les campagnes virales (ex. Me too lancĂ© en 2006).

Astuce mémo

Post-matĂ©rialiste + matĂ©riel = mĂȘme combat pour la reconnaissance et l’égalitĂ© (ex. salaires) ; numĂ©rique pour faire circuler vite.

RepĂšres chronologiques

DateÉvĂ©nement
1966Publication de The logic of collective action par Mancur Olson
mai 1968ÉvĂ©nement prĂ©sentĂ© comme fondateur d’une socialisation Ă  l’engagement protestataire
1969DĂ©but du mouvement de dĂ©fense gay aux États-Unis (Stonewall Inn, clients se rĂ©voltent contre la police)
1975ÉvĂ©nements d’AlĂ©ria prĂ©sentĂ©s comme repĂšre du rĂ©gionalisme corse
1983Marche des beurs (marche contre le racisme en France)
1988Mobilisation des infirmiĂšres (reconnaissance d’un mĂ©tier dĂ©valorisĂ©)
1999Action de José Bové (12 août 1999) contre le chantier du McDonald de Millau
2002ArrivĂ©e du Front National au second tour de l’élection prĂ©sidentielle (influence possible sur l’attitude politique des jeunes)
2006Lancement de la campagne « Me too » par Tarana Burke
01-2019Article cité sur les « gilets jaunes » et les gratifications symboliques

Tableaux de synthĂšse

Formes d’engagement politique : vote vs militantisme

FormeDéfinition/objectifCaractÚre
VoteExpression d’une opinion Ă  l’occasion d’une Ă©lection (prĂ©fĂ©rence pour un parti/candidat, vote blanc)Acte individuel (isoloir) et liĂ© au temps du scrutin
MilitantismeAdhĂ©rent actif qui s’implique rĂ©guliĂšrement, dans la durĂ©e et bĂ©nĂ©volement (parti ou syndicat)Participation rĂ©guliĂšre (rĂ©unions/dĂ©bats) + diffusion de positions (tracts, journaux
)

RĂ©pertoires d’action collective : conventionnel vs non conventionnel

TypeExemplesBut (forme de pression)
ConventionnelsGrÚve, manifestation, pétition, grÚve perlée, débrayageAgir de façon structurée sur des revendications collectives
Non conventionnelsDésobéissance civile, occupation (ex. Zad), sit-inTransgresser/perturber des rÚgles ou occuper des espaces dans un dessein politique

PiÚges & confusions fréquents

  1. Confondre engagement politique et candidature : l’engagement vise l’expression/revendications, tandis que la candidature vise l’exercice du pouvoir par suffrage.
  2. Assimiler l’adhĂ©rent au militant : le militant s’implique rĂ©guliĂšrement, bĂ©nĂ©volement et durablement (rĂ©unions, dĂ©bats, diffusion).
  3. RĂ©duire l’action collective au vote : le cours insiste sur le rĂŽle de la mobilisation au-delĂ  du scrutin et sur la baisse de l’abstention comme signal d’un recul du vote engagĂ©.
  4. Mélanger incitations sélectives positives et négatives : les positives donnent des avantages réservés aux participants, les négatives rendent le non-engagement coûteux (sanctions/sanctions sociales).
  5. Confondre passager clandestin et rétribution symbolique : le passager clandestin cherche un résultat sans payer les coûts, tandis que la rétribution symbolique relÚve de bénéfices non monétaires.
  6. Croire que les jeunes s’engagent surtout par le vote : le cours dĂ©crit un retrait Ă©lectoral (« moratoire Ă©lectoral ») et des formes plus non conventionnelles.
  7. Oublier que les NMS peuvent mĂȘler matĂ©riel et post-matĂ©rialisme : post-matĂ©rialiste + Ă©galitĂ©/salaires et luttes pour la reconnaissance ne s’excluent pas.

Checklist Examen

  1. Section 1 : dĂ©finir l’engagement politique et expliquer en quoi il ne se rĂ©duit pas Ă  candidater (distinction « vivre pour la politique » vs « vivre de la politique »).
  2. Section 1 (vote) : caractĂ©riser le vote comme acte individuel liĂ© au temps du scrutin et liĂ© Ă  l’expression d’une opinion (parti/candidat, vote blanc).
  3. Section 1 (militantisme/organisation) : distinguer militant et adhĂ©rent simple, et donner des exemples d’activitĂ©s (rĂ©unions, dĂ©bats, distribution de tracts).
  4. Section 1 (formes nouvelles) : définir engagement associatif (don, bénévolat) et consommation engagée (boycott, buycott/labels).
  5. Section 2 (paradoxe) : dĂ©finir l’action collective et le passager clandestin, puis expliciter le paradoxe d’Olson.
  6. Section 2 (engagement) : identifier incitations sélectives positives vs négatives et relier chaque type à ses exemples du cours.
  7. Section 2 (rétributions symboliques/opportunités) : expliquer ce que recouvrent les rétributions symboliques, puis citer les trois dimensions de la structure des opportunités politiques (ouverture, réaction, alliances).
  8. Section 3 (variables) : expliquer comment diplĂŽme et catĂ©gorie socio-professionnelle structurent la participation et la reprĂ©sentation en politique, via l’idĂ©e de compĂ©tences/capital culturel.
  9. Section 3 (jeunes) : dĂ©crire les spĂ©cificitĂ©s de l’engagement des jeunes (moratoire Ă©lectoral, abstention, formes non conventionnelles).
  10. Section 3 (effet gĂ©nĂ©rationnel) : donner l’idĂ©e centrale de l’effet gĂ©nĂ©rationnel et le rĂŽle des Ă©vĂ©nements citĂ©s (dont mai 1968).
  11. Section 3 (genre) : justifier pourquoi l’engagement est prĂ©sentĂ© comme genrĂ© (syndicats/dĂ©putĂ©s, disponibilitĂ©, familiarisation aux acteurs/enjeux) tout en rappelant les formes oĂč les femmes sont trĂšs visibles.
  12. Section 4 (transformations) : classer les objets (travail/immatĂ©riel/luttes minoritaires), puis relier chaque catĂ©gorie Ă  « contre qui » et Ă  des acteurs/rĂ©pertoires typiques, y compris l’opposition entre grĂšve longue et rĂ©pertoires plus ciblĂ©s (pĂ©tition, grĂšve perlĂ©e, dĂ©brayage) et l’usage des NMS (NTIC,


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1. Quelle distinction correspond le mieux à l’opposition entre vote et militantisme ?

2. Quelle est la principale diffĂ©rence entre l’engagement politique et le militantisme ?

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Formes traditionnelles et nouvelles

Engagements évoluent, du militantisme classique aux actions numériques.

Engagement politique

Action visant opinions ou revendications, pas mandat.

Paradoxe de l'action collective

Les individus ont intĂ©rĂȘt Ă  ne pas participer, mais la mobilisation collective est souvent bĂ©nĂ©fique.

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